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Full text of "Revue suisse de zoologie"

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REVUE  SUISSE 


ZOOLOGIE 


HERMANN  FOL 


PROIESSEUR    A    l'uMVKRSITÉ    DE    GENÈVE 


mm  mm  n  zoologie 

ET 

ANNALES 

DU 

MUSÉE  D'HISTOIRE  NATURELLE 

DE 

GENÈVE 

PUBLIÉES     SOUS     LA     DIHKCTION     DE 

Maurice    BEDOT 

DlRKCTEUJrt      DU       MUSKE      D'HISTOIKK      N  ATtJK  ELLE 

AVEC    LA    COLLABORATION    DE 

MM.  Auguste  Brot,  Alfred  Cartier,   Victor   Fatio, 

Perceval  de  Loriol,  Alphonse  Pictet,  Henri  de  Saussure 

et  Carl  Vogt 

Membres  de  la  Commission  du  Musée 

TOME  II 

Avec    '24     planches    et     1      poi'ti'ait 


genèvp: 

IMPRIMERIE   AUBERT-SCHUCHARDÏ 
1894 


T^BLE    DES    MA.TIERES 


A^"  /.  Sorti  de  presse  le  SI  mai  I89'i. 

Pages. 

M.  Bedot.  Hermanii  Fol,  sa  vie  et  ses  travaux,  avec  un  portrait 1 

L.  JouBiN.  Céplialopodes  d'Amboine,  avec  les  planches  I,  II,  III  et  IV. .  :23 

A.  LocARD.  Les  Bythinia  do  système  européen,  avec  les  planches  V  et  VI  65 
L.  Zehntner.  Crustacés  de  l'Archipel  Malais,  avec  les  planches  VII,  VIII 

et  IX 135 

N"  S.  Sorti  de  presse  le  li  aoùl  1894. 

0.  FuHRMANN.   Die  Turbellarien   des    Umgebung  von  Basel,  avec  les 

planches  X  et  XI '2\b 

É.  André.  Recherches  sur  la  glande  pédieuse  des  Pulmonés,  avec  les 

planches  XII  et  XIII -291 

A^"  3.  Sorti  de  presse  le  /â  octobre  1894. 

F.  ZscHOKKE.  Die  Thierwelt  der  Juraseen,  mit  Tafel  XIV ,     349 

E.  BÉRANEGK.  Quelques  stades  larvaires  d'un  Chétoptére,  avec  la  plan- 
che XV 377 

H.  DE  Saussure  etL.  Zehntner.  Notice  morphologique  sur  les  Gryllo- 

talpiens,  avec  les  planches  XVI  et  XVII 403 

iV°  4.  Sorti'de  presse  le  W  décembre  4S94. 

M.  Jaqi'et.  Recherches  sur  la  vessie  natatoire  des  Loches  d'Europe,  avec 

la  planche  XVIII 431 

K   Kampmann.  Leber  das  Vorkummen  von  Klappenapparaten  in  den  Ex- 

cretionsorganen  der  Trematoden,  avec  les  planches XIX  et  XX.     443 

M.  Bedot.  Note  sur  une  larve  de  Velelle,  avec  la  planche  XXI 463 

P.  DE  LoRiOL.  Notes  pour  servir  à  l'étude  des  Échinodermes,  avec  les 

planches  XXII,  XXIII  et  XXIV 467 


28740 


TABLE    JDES    iLUTEURS 


ORDRE  ALPHABÉTIQUE 


Pages. 

André,  E.                 Glande  pédieuse  des  Pulmonés 291 

Bedot,  m.                 Hermanii  Fol 1 

Id.                       Larve  de  Velelle 463 

Béraneck,  E.            Larves  de  Chétoptére 377 

FuHRMANN,  0.           Tiirbellarieii 215 

Jaquet,  m.               Vessie  natatoire  des  Loches 431 

JouBiN,  L.                 Céphalopodes  d'Amboine 23 

Kampmann,  K.           Klappenapparaten  der  Trematoden 413 

LocARD,  A.               Bythinia .  .  65 

LoRiOL  (de),  p.         Echinodermes 467 

Saussure  (de),  H  et  Zehntner,  L.  Gryllolalpiens i83 

Zehntner,  L.           Crustacés  de  l'Archipel  Malais 135 

ZscHOKKE,  F.            Thierwelt  der  Juraseen. 34U 


HERMANN    FOL 

^A    VIE    ET    SES    TRAVAUX 


PAR 

Maurice  BEDOT. 


Deux  ans  se  sont  écoulés  depuis  le  jour  où  Hermann  Fol  quit- 
tait le  port  de  Brest  pour  entreprendre  sur  son  yacht  1'  «  Aster  » 
une  exploration  zoologique  de  la  Méditerranée.  Depuis  ce 
moment,  aucune  nouvelle  du  voyageur  n'est,  parvenue  à  sa 
famille,  et  toutes  les  recherches  entreprises  pour  éclaircir  le 
mystère  de  cette  disparition  ont  été  infructueuses. 

Aujourd'hui,  le  doute  n'est  plus  possible.  Les  tristes  pres- 
sentiments des  premiers  temps  se  confirment  chaque  jour  davan- 
tage et  nous  obligent  à  admettre  la  réalité  d'un  sinistre  dans 
lequel  Hermann  Fol  aura  trouvé  la  mort.  La  perte  considérable 
que  la  science  vient  d'éprouver  nous  fait  un  devoir  de  retracer 
brièvement  la  carrière  si  active  de  ce  naturaliste  distingué. 
Nous  tenons  en  outre  à  exprimer  à  sa  famille  la  part  que  le 
monde  savant  et  tous  les  amis. des  sciences  prennent  à  son  irré- 
parable malheur. 

^  Cette  notice  a  été  publiée  dans  les  Archives  des  sciences  physiques  et  natu- 
relles de  Genève,  dont  Hermann  Fol  fut  pendant  longtemps  un  collaborateur 
assidu.  Nous  avons  désiré  la  reproduire  ici,  estimant  qu'elle  avait  une  place 
marquée  dans  la  Revue  suisse  de  zoologie,  qui  est  la  suite  du  Recueil  zoologique 
siiisxe,  fondée  par  notre  regretté  maître. 

Nous  avons  dii,  en  outre,  rectifier  quelques  erreurs  qui  s'étalent  glissées  dans 
l'index  bibliographique  des  œuvres  de  H.  Fol. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  1 


2  MAURICE    BEDOT. 

Hermann  Fol  naquit  à  St-Mandé,  près  de  Paris,  le  23  juil- 
let 1845,  de  parents  genevois.  Après  une  jeunesse  maladive,  il 
fut  envoyé  à  Genève  pour  y  suivre  les  cours  du  Gymnase  et  de 
l'Académie.  C'est  à  ce  moment  que  le  goût  des  sciences  natu- 
relles commença  à  se  développer  chez  lui,  grâce  à  l'enseigne- 
ment de  professeurs  tels  qu'Edouard  Claparède  et  F.-J.  Pictet- 
de  la  Rive. 

Sur  les  conseils  de  Claparède,  Fol  alla  continuer  ses  études 
de  médecine  et  de  zoologie  à  léna.  Il  y  devint  l'élève  assidu 
de  Gegenbaur  et  de  Hseckel,  et  accompagna  ce  dernier  dans 
une  exploration  scientifique  des  îles  Canaries.  Le  voyage  eut 
lieu  pendant  l'hiver  1866-1867,  en  compagnie  de  Richard 
Greef,  actuellement  professeur  à  l'Université  de  Marbourg,  et 
d'un  naturaliste  russe,  M.  Nicolas  de  Miclucho-Maclay. 

Un  vaisseau  de  guerre  prussien,  la  «  Niobé  »,  transporta 
Hseckel  et  ses  compagnons  aux  îles  Canaries.  Ils  avaient  choisi, 
pour  y  passer  l'hiver,  l'île  de  Lanzarote,  d'où  ils  rapportèrent 
un  riche  butin  zoologique.  Le  retour  eut  lieu  par  la  côte  d'Afri- 
que, et  à  Mogador  l'expédition  se  partagea.  Fol  et  Miclucho- 
Maclay  s'arrêtèrent  quelques  jours  dans  ce  port,  pour  y  faire 
les  préparatifs  nécessaires  à  un  voyage  dans  l'intérieur  du  pays  • 
puis  ils  se  rendirent,  accompagnés  de  quelques  soldats  et  servi- 
teurs indigènes,  à  Marokech,  l'ancienne  capitale  du  Maroc.  Le 
voyage  était  périlleux,  à  cette  époque,  à  cause  des  nombreuses 
bandes  de  Maures  qui  parcouraient  et  pillaient  le  pays.  Il  réus- 
sit cependant  fort  bien.  La  petite  caravane  put  regagner  la 
côte  à  Casablanca,  oii  Fol  et  son  compagnon  s'embarquèrent 
pour  l'Espagne.  Cette  expédition  scientifique  eut  une  influence 
décisive  sur  la  carrière  des  deux  jeunes  naturalistes.  Tandis  que 
la  traversée  du  Maroc  déterminait  chez  Miclucho-Maclay  ce 
goût  des  voyages  qui  en  fit  plus  tard  un  des  explorateurs  les 
plus  distingués  de  la  Nouvelle-Guinée,  Fol  se  sentait  attiré  sur- 
tout par  le  charme  de  la  mer.  C'est  à  partir  de  ce  moment  que 


HERMANN   FOL,    SA   VIE    ET    SES    TRAVAUX.  'à 

«e  développa  chez  lui  cette  passion  de  la  navigation  qui  devait 
lui  être  si  funeste. 

De  retour  en  Europe,  Fol  reprit  ses  études  d'abord  à  l'Uni- 
versité d'Heidelberg,  puis  à  Zurich,  et  enfin  à  Berlin.  C'est  là 
qu'il  les  termina  en  1869,  après  avoir  passé  brillamment  les 
examens  du  doctorat  en  médecine. 

C'était  l'habitude,  à  cette  époque,  d'étudier  la  médecine  lors- 
qu'on se  destinait  aux  sciences  naturelles,  mais  la  thèse  pouvait 
traiter  d'un  sujet  purement  zoologique.  Fol  présenta  donc  un 
travail  sur  l'anatomie  et  le  développement  des  Cténophores,  qui 
était  le  fruit  des  recherches  faites  à  Lanzarote.  Il  s'attacha 
surtout  à  décrire  avec  un  grand  soin  le  premier  développement 
et  les  organes  des  sens  des  Cténophores.  Ce  mémoire  ne  passa 
pas  inaperçu.  On  vit  qu'il  s'agissait,  non  pas  seulement  d'un  tra- 
vail péniblement  élaboré  en  vue  d'un  examen  de  doctorat,  mais 
bien  de  recherches  absolument  personnelles  et  dénotant  des 
qualités  d'observation  de  premier  ordre. 

Lorsque  Fol  revint  à  Genève,  il  y  obtint  facilement  l'autori- 
sation de  pratiquer  la  médecine,  mais  il  préféra  s'adonner  entiè- 
rement à  la  zoologie  qui  l'attirait  au  bord  de  la  mer.  Il  installa 
d'abord  un  petit  laboratoire  à  Messine,  où  il  passa  plusieurs 
hivers,  puis,  lorsqu'il  se  fut  créé  une  famille  par  son  mariage 
avec  M^i^  Bourrit,  ces  voyages  devenant  plus  difficiles,  il  son- 
gea à  se  rapprocher  du  pays.  C'est  alors  qu'il  vint  se  fixer  à 
Villefranche,  où  il  chercha  plus  tard  à  établir  une  station  zoo- 
logique. 

Les  années  passées  au  bord  de  la  Méditerranée,  loin  du 
monde  et  à  l'écart  des  stériles  discussions  universitaires,  furent 
les  plus  importantes  et  les  plus  productives  de  la  carrière  de 
F'ol.  C'est  de  cette  époque  que  datent  ses  grands  travaux,  parmi 
lesquels  nous  devons  citer  en  premier  lieu  les  Etudes  stir  le 
développement  des  Mollusques  qui  ont  fait  l'objet  de  plusieurs 
mémoires  publiés  dans  les  Archives  de  zoologie  expérimentale. 


4  MAURICE    15ED0T. 

Ils  renfermaient  une  abondante  moisson  de  faits  nouveaux ^ 
observés  avec  une  scrupuleuse  exactitude  et  une  connaissance 
complète  de  la  technique  micrographique,  à  laquelle  on  commen- 
çait à  reconnaître  une  importance  de  plus  en  plus  grande.  Fol 
s'attachait  avant  tout  à  l'observation  stricte  des  faits  et  à  leur 
interprétation  de  la  manière  la  plus  plausible.  En  revanche,  il 
professait  une  profonde  antipathie  pour  les  théories  qui  ne  lui 
semblaient  pas  appuyées  par  des  preuves  suffisantes,  ce  qui 
explique  les  critiques  parfois  acerbes  que  sa  plume  laissait 
échapper. 

A  mesure  qu'il  avançait  dans  ses  recherches  embryogéniques^ 
Fol  se  sentait  attiré  par  les  problèmes  si  captivants  de  la  fécon- 
dation et  des  premiers  phénomènes  du  développement.  Il  les 
étudia  pendant  plusieurs  années,  principalement  chez  les  Échi- 
nodermes,  et  recueillit  une  quantité  considérable  d'observations, 
publiées  en  1879  dans  les  Mémoires  de  la  Société  de  physique 
et  d'histoire  naturelle  de  Genève,  sous  le  titre  de  :  Recherches 
sur  la  fécondation  et  le  commencement  deVhénogénie  chez  divers 
animaux. 

Dans  cet  ouvrage,  Fol  combattit  l'opinion  des  naturalistes  qui 
considéraient  la  vésicule  germinative  comme  une  véritable  cel- 
lule et  défendit  la  théorie  cellulaire  de  l'ovule.  Il  chercha  à 
déterminer  exactement  la  valeur  et  le  mode  de  formation  des  glo- 
bules polaires  auxquels  il  donna  le  nom  de  corpuscules  de  rebut. 
Enfin,  c'est  à  lui  que  revient  l'honneur  d'avoir  observé  pour  la 
première  fois,  sous  le  microscope,  l'acte  même  de  la  pénétra- 
tion du  zoosperme  dans  l'œuf.  Dans  un  chapitre  spécial,  il  décri- 
vit les  phénomènes  particuliers  observés  dans  les  cas  de  fécon- 
dation d'œufs  malades  et  de  pénétration  de  plusieurs  zoosper- 
mes. Cette  étude  l'amena  à  proposer  une  nouvelle  hypothèse 
sur  la  formation  des  monstres  doubles  ou  multiples,  hypothèse 
qu'il  reprit  plus  tard  dans  un  travail  sur  l'origine  de  l'indivi- 
dualité. 


HERMANN   FOL,    SA   VIE   ET  SES   TRAVAUX.  5 

Le  Conseil  supérieur  de  l'Instruction  publique  d'Italie  avait 
offert  à  Fol,  en  1876,  la  chaire  d'anatomie  comparée  à  l'Uni- 
versité de  Naples.  Il  préféra  ne  pas  quitter  complètement  son 
paj^s  oi^i  il  accepta,  deux  années  plus  tard,  la  chaire  d'embryo- 
génie comparée  et  de  tératologie.  Cette  position  modeste,  qu'il 
occupa  jusqu'en  1886,  avait  l'avantage  de  le  retenir  à  Genève 
pendant  le  semestre  d'été  seulement.  En  hiver,  il  pouvait  conti- 
nuer ses  travaux  au  bord  de  la  mer,  à  Villefranche.  Pendant 
cette  période.  Fol  poursuivit  avec  une  ardeur  infatigable  ses 
recherches  dans  tous  les  domaines  de  la  zoologie.  Profitant  des 
avantages  que  lui  procurait  sa.  position  de  professeur  d'embryo- 
génie, il  fit  une  remarquable  collection  d'embryons  humains, 
dont  l'étude  a  fourni  le  sujet  de  plusieurs  mémoires  importants. 
Pendant  les  dernières  années  de  sa  carrière.  Fol  avait  réuni 
en  outre  une  quantité  considérable  de  matériaux  pour  l'embryo- 
génie comparée  des  Vertébrés.  Il  avait  en  portefeuille  un  tra- 
vail important  dont  les  planches,  admirablement  dessinées, 
étaient  déjà  gravées,  mais  dont  toutes  les  notes  ont  malheureu- 
sement disparu  avec  lui. 

On  peut  difficilement  se  rendre  compte  de  la  merveilleuse 
activité  que  déployait  Fol  dans  tout  ce  qui  touchait  à  ses  occu- 
pations favorites.  Les  travaux  des  élèves  qu'il  avait  réunis  dans 
son  laboratoire  et  son  professorat,  étaient  l'objet  de  sa  cons- 
tante préoccupation. 

En  dehors  de  son  enseignement  ordinaire,  il  donna  à  difte- 
rentes  reprises  des  cours  Hbres  sur  les  parasites  de  l'homme, 
sur  la  zoologie  générale  et  sur-  l'histologie  compai'ée.  Il  savait 
captiver  l'attention  de  ses  auditeurs,  moins  par  sa  parole  un 
peu  froide,  que  par  la  clarté  de  son  exposition  et  de  ses  idées 
et  par  la  nouveauté  de  ses  vues. 

A  côte  de  ses  occupations  scientifiques.  Fol  étudia  avec  pas- 
sion la  photographie,  où  il  espérait  trouver  de  nouvelles  appli- 
cations à  la  micrographie.  Il  se  lança  même  fort  avant  dans 


6  MAURICE   BEDOT. 

cette  voie,  fut  un  des  fondateurs  de  la  Société  photographique 
de  Genève  et  publia,  soit  dans  la  Revue  suisse  de  photographie, 
soit  dans  la  Xattire,  plusieurs  nrticles  se  rapportant  à  ce  sujet. 

Le  Coni?rès  international  d'hygiène,  réuni  à  Genève  en  1882, 
eut  un  intérêt  tout  particulier,  grâce  à  la  présence  et  aux  dis- 
cussions de  deux  savants  éminents,  MM.  Pasteur  et  Koch,  dont 
l'autorité  en  microbiologie  était  universellement  reconnue.  Une 
question  d'une  actualité  aussi  captivante  que  celle  du  rôle  joué 
par  les  microbes  dans  notre  économie,  devait  préoccuper  un 
esprit  comme  celui  de  Fol.  Aussi  le  voyons-nous,  dès  l'année 
suivante,  se  mettre  avec  ardeur  à  l'étude  des  microbes.  Les 
résultats  de  ses  recherches  ont  été  communiqués,  soit  à  la 
Société  de  physique  et  d'histoire  naturelle  de  Genève,  soit  à 
TAcadémie  des  sciences  de  Paris.  A  la  suite  de  ces  travaux,  le 
Conseil  administratif  pria  MM.  Fol  et  P.-L.  Diinant  d'étudier 
la  qualité  des  eaux  qui  alimentent  la  ville  de  Genève. 

Parmi  les  conclusions  auxquelles  est  arrivé  Fol,  dans  le 
domaine  de  la  microbiologie,  il  en  est  plusieurs  qui  ont  été  dis- 
cutées ;  mais  si  ses  travaux  sont  maintenant  dépassés,  grâce  aux 
progrès  rapides  que  cette  science  a  accomplis  depuis  quelques 
années,  on  ne  doit  pas  oublier,  cependant,  que  ce  savant  fut,  à 
Genève,  l'un  des  premiers  à  comprendre  l'importance  capitale 
de  cette  question.  Il  eut  à  cet  égard  une  très  heureuse  influence, 
qui  se  fait  encore  sentir  actuellement. 

Malgré  le  zèle  qu'il  apportait  à  ses  études  sur  les  microbes, 
Fol  nen  continuait  pas  moins  ses  recherches  zoologiques  en 
portant  surtout  son  activité  dans  le  domaine  de  l'anatomie 
microscopique.  Ce  champ  d'observations  laissait  entrevoir  de 
fructueux  résultats,  mais  il  était  souvent  difficile  de  ne  pas 
s'égarer  dans  le  dédale  causé  par  l'abondance  des  observations 
nouvelles  surgissant  de  tous  les  côtés  à  la  fois.  Il  fallait  un 
homme  doué  d'une  façon  remarquable  pour  tenter  de  condenser 
toutes  ces  données  éparses  en  un  ouvrage  d'ensemble.  Fol  entre- 


HERMANN  FOL,  SA  VIE  ET  SES  TRAVAUX,  7 

prit  cette  œuvre  pour  laquelle  il  était  tout  qualifié  par  ses  tra- 
vaux antérieurs  et  par  une  connaissance  approfondie  de  la 
technique  histologique.  La  première  livraison  du  Traité  d'anato- 
mie  mkroscopi(iue,  écrit  en  allemand,  parut  en  1884  et  contient 
seulement  la  technique  histologique.  Les  épreuves  de  la  seconde 
livraison  étaient  imprimées  avant  le  départ  de  Fol.  Nous  espé- 
rons que  son  éditeur  ne  tardera  pas  à  publier  un  ouvrage  d'un 
si  grand  intérêt. 

A  la  même  époque,  Fol  entreprenait  la  publication  du  Becueil 
zoologique  suisse.  Il  n'existait  auparavant,  en  Suisse,  aucun  recueil 
périodique  consacré  exclusivement  à  cette  science;  cette  nou- 
velle publication  comblait  donc  une  lacune  très  sensible.  Elle 
rendit  un  service  important  aux  zoologistes  suisses  et  contribua 
à  augmenter  la  renommée  scientifique  de  notre  pays. 

Un  regrettable  incident  universitaire,  sur  lequel  il  est  inutile 
de  revenir  ici,  engagea  Fol  à  renoncer  à  la  chaire  qu'il  occu- 
pait depuis  neuf  ans.  Il  alla  s'établir  à  Nice.  Quelques  années 
auparavant,  il  avait  cédé  au  gouvernement  français  son  labora- 
toire de  Villefranche.  Cette  station  zoologique  dépendant  de 
l'École  des  hautes  études  était  dirigée,  à  cette  époque,  par  le 
D^  Jules  Barrois.  Lorsque  Fol  quitta  Genève,  le  gouvernement 
français  le  nomma  directeur -adjoint  du  laboratoire  de  Ville- 
franche.  Cette  nouvelle  position  lui  permit  de  continuer  ses 
recherches  favorites  tout  en  cherchant  à  donner  plus  d'extension 
à  la  station  zoologique. 

Tout  ce  qui  touchait  à  la  mer  intéressait  Fol.  A  côté  de  nom- 
breux articles  sur  des  sujets  se  rapportant  à  la  pêche,  on  lui 
doit  une  série  d'observations  très  intéressantes,  faites  avec  la 
collaboration  de  M.  Edouard  Sarasin,  sur  la  pénéti-ation  de  la 
lumière  dans  la  profondeur  de  la  mer  et  des  lacs. 

Mais  l'étude  des  phénomènes  intimes  de  la  fécondation  fut 
toujours  une  de  ses  principales  préoccupations.  Dans  le  dernier 
travail  important  qu'il  publia,  et  qu'il  intitula  le  Quadrille  des- 


8  MAURICE   BEDOT. 

centres.  Fol  décrivit  avec  une  netteté  parfaite  les  différentes 
transformations  que  subissent  le  noyau  spermalique  et  le  noyau 
ovulaire  pendant  la  fécondation.  Il  s'attacha  surtout  à  montrer 
que  la  fécondation  ne  consistait  pas  uniquement  dans  la  réunion 
de  ces  deux  noyaux^  mais  dans  une  série  de  transformations  des 
corpuscules  centraux  qui  les  accompagnent.  Le  spermocentre  et 
l'ovocentre  se  divisent  chacun  en  deux  moitiés  et  la  fécondation 
n'est  achevée  que  lorsque  chaque  moitié  du  spermocentre  s'est 
fusionnée  avec  une  moitié  de  l'ovocentre,  ce  qui  donne  naissance 
aux  deux  corpuscules  polaires  de  la  première  figure  de  division. 

Ces  résultats  viennent  compléter  heureusement  les  Recher- 
ches sur  la  fécondation  qui  seront  toujours  la  partie  la  plus 
remarquable  de  l'œuvre  de  Fol. 

Un  petit  vapeur,  VAmphiaster,  était  attaché  au  laboratoire  de 
Yillefranche.  Fol  l'avait  aménagé  avec  un  soin  tout  particulier 
pour  la  pêche  dans  les  grandes  profondeurs;  il  fit,  à  son  bord, 
de  nombreuses  croisières  au  large  de  Nice  et  jusque  sur  les 
côtes  de  la  Corse.  C'est  alors  que  le  désir  lui  vint  d'entrepren- 
dre un  voyage  de  longue  durée. 

Après  avoir  obtenu  du  ministre  de  l'Instruction  publique  de 
France  une  mission  pour  l'étude  zoologique  des  côtes  de  la  Tuni- 
sie et  de  l'archipel  grec,  il  fit  l'acquisition  d'un  nouveau  yacht, 
V Aster,  qu'il  arma  en  vue  d'une  campagne  de  plusieurs  mois. 
Son  but  était  l'étude  des  Éponges  de  la  Méditerranée,  dont  il 
voulait  faire  une  monographie.  Le  13  mars  1892,  il  s'embar- 
quait au  Havre  à  destination  de  Nice.  Quelques  jours  plus  tard 
V Aster  touchait  à  Benodet,  et  depuis  lors  on  n'a  plus  eu  de  ses 
nouvelles. 

La  disparition  de  ce  savant  est  une  perte  irréparable  pour 
Genève,  car  malgré  les  raisons  qui  l'en  avaient  éloigné,  il  était 
toujours  resté  attaché  à  son  pays.  Il  laisse  une  œuvre  considé- 
rable qui  lui  a  conquis  une  place  bien  marquée  parmi  les  pre- 
miers embryogénistes  de  notre  époque.  Ses  travaux  lui  avaient 


HERMANN   FOL,    SA   VIE   ET    SES   TRAVAUX.  9 

valu  de  nombreuses  distinctions.  Membre  associé  de  plusieurs 
sociétés  savantes,  entre  autres  de  la  Société  impériale  des  amis 
des  sciences  de  Moscou,  et  de  la  Société  belge  de  niicroscopie, 
de  la  Société  royale  de  microscopie  de  Londres,  de  la  Société 
néerlandaise  de  zoologie,  de  l'académie  Léopold  Carolienne, 
il  reçut  en  outre  du  gouvernement  français  la  croix  de  la  Légion 
d'honneur,  en  récompense  des  efforts  qu'il  fit  pour  créer  à  Ville- 
franche  une  station  zoologique. 

Mais  son  plus  beau  titre  de  gloire  est  d'avoir  consacré  toute 
sa  vie  et  toutes  ses  forces  à  la  science,  et  d'être  mort  pour  elle. 


Liste  des  publications  d'Heemaxn  Fol. 

1.  —  1869.  E'm  Beitrag  ziir  Anatomie  IL.  Eniwkkelungsgeschichte 
einiger  Rippenquallen.  Thèse  de  doctorat.  Berlin,  1869,  in-4%  av.  4  pi. 

2.  —  1872.  Étude  swr  les  Appendiculaires  du  détroit  de  Messme. 
Avec  11  pi.  Dans  :  Méni,  de  la  Soc.  de  phjs.  et  d'hist.  nat.  Genève, 
1872,  t.  21,  2'"«  part.  pp.  445-499.  —  A  part:  Bâle,  Georg,  1873,  in-4». 

—  Extrait  dans  :  Archives  de  zool.  exp.  et  gen.  t.  1.  Notes  et  revue, 
pp.  LVII-LIX.  —  Et  dans  :  Jom'nal  de  zool.  (Gervais),  1872.  t.  1, 
pp.  525-528. 

3.  —  1873.  Die  erste  Entivickélimg  des  Geryomdeneies.  Dans  : 
Jenaische  Zeitsch.  1873,  t.  7,  pp.  471-492,  avec  2  pi.  —  Extrait  en 
finançais  sous  le  titre  de  :  Le  premier  développement  des  Géryonies' 
dans  :  Journ.  de  zoologie  (Gervais),  1874,  t.  3,  pp.  154-158,  avec  1  pi. 

—  Extrait  par  l'auteur  sous  le  titre  de  :  Le  premier  développement 
de  l'œuf  chez  les  Oéryonides,  dans  Arch.  des  se.  phys.  et  nat. 
Genève.  Nouv.  période,  1873,  t.  48,  pp.  335-340.  —  Et  dans  :  Arch. 
de  zool.  exp.  et  gén.  Paris,  1874,  t.  3.  Notes  et  revue,  pp.  XVII -XIX. 
(Dans  cet  article,  l'auteur  répudie  les  conclusions  qu'on  lui  a  prêtées 
dans  le  compte  rendu  fantaisiste  cité  plus  haut  et  publié  dans  le 
Journal  de  zoologie.) 

4.  —  1874.  Note  sur  le  développement  des  Mollusques  ptérop)odes  et 
céphalopodes.  Dans  :  Arch.  de  zool.  exp.  et  gén.,  Paris,  1874,  t.  3. 
Notes  et  revue,  pp.  XXXIII-XLIV,  avec  1  pi. 


10  MAURICE    BEDOT. 

5.  —  1874.  Note  sur  un  nouveau  genre  cl' Appendiculaires.  Dans  : 
Archives  de  zool.  exp.  et  gén.  Paris,  1874,  t.  3.  Notes  et  revue, 
pp.  XLIX-LIII,  avec  1  pi. 

6.  —  1874.  Note  sur  Vendosiyle  et  sa  signification  physiologique. 
Dans  :  Arch.  de  zool.  exp.  et  gén.  Paris,  1874,  t.  3.  Notes  et.  revue, 
pp.  LIII-LV. 

7.  —  1875.  Études  sur  le  développement  des  Mollusques,  V  Mém. 
Sur  le  développement  des  Ptéropodes.  Av.  10  pi.  Dans  :  Arch.  de  zool. 
exp.  et  gén.  Paris,  t.  4,  pp.  1-214. 

8.  —  1876.  Note  sur  V  origine  première  des  produits  sexuels.  Dans: 
Archives  des  se.  phys,  et  nat.  Genève,  t.  53,  pp.  104-111.  —  Traduit 
dans  :  Ann.  and  Mag.  of  nat.  hist.  1875.  (4),  vol.  16,  pp.  157-162. 

9.  —  187Ô.  Réponse  à  une  réclamation  de  M.  E.  Ray-LanJcester 
sur  le  développement  des  Mollusques.  Dans  :  Arch.  de  zool.  exp.  et 
gén.  Paris,  1875,  t.  4.  Notes  et  revue,  p.  XXXIII. 

10.  —  1875.  Sur  le  développement  des  Ptéropodes.  Dans  :  Comptes 
rendus  Acad.  se.  Paris,  1875,  t.  80,  pp.  196-199.  —  Traduit  dans: 
Ann.  and  Mag.  nat.  hist.  1875.  (4),  vol.  15,  pp.  439-441. 

11.  —  1875.  Sur  le  développement  des  Hétéropodes.  Dans  :  Comp- 
tes rendus  Acad.  se.  Paris,  1875,  t.  81,  pp.  412-4:14.  —  Traduit  en 
anglais  dans  :  Ann.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (4),  vol.  16,  1875,  pp.  435- 
437. 

12.  —  1875.  Sur  le  développement  des  Gastéropodes  pulmonés. 
Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1875,  t.  81,  ppi.  523-526.  — 
Traduit  en  anglais  dans  :  Ann.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (4),  vol.  16, 
1875,  pp.  375-376. 

13.  —  1875.  Le  système  de  Darwin.  Causerie  scientifique  dans  : 
Journal  de  (ienève,  3  août  1875. 

14.  —  1876.  TJeber  die  Schleimdriise  oder  den  Endostyl  der  Tuni- 
caien.  Avec  1  pi.  Dans  :  Morphol.  Jahrb.  1876,  t.  1,  pp.  222-242. 

15.  —  1876.  Études  sur  le  développement  des  Mollusques.  2*  mém. 
Sur  le  développement  embryonnaire  et  larvaire  des  Hété-opodes.  Avec 
4  pi.  Dans  :  Arch.  de  zool.  exp.  et  gén.  Paris,  1876,  t.  5,  pp.  105-158. 

16.  —  1876.  Sur  le  cœur  larvaire  des  embryons  de  Oryllotalpa. 
Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Cenève.  Voir  le  rap- 
port du  président  dans  :  Méra.  de  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat., 
t.  24,  2'"'^  partie,  1875-1876,  p.  689. 

17.  —  1876.  Sur  les  phénomènes  intimes  de  la  division  cellulaire. 
Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1876,  t.  83.  pp.  667-669.  — 


HERMANN    FOL,    SA   VIE    ET    SES    TRAVAUX.  11 

Traduit  en  anglais  dans  :  Aan.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (4)  vol.  18, 
pp.  509-511. 

18.  —  1870.  Ein  neiies  Compressorium.  Dans  :  Morphol.  Jahrb. 

1876,  t.  2,  pp.  440-444. 

19.  —  1877.  Sur  les  phénomènes  intimes  de  la  fécondation.  Dans  : 
Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1877,  t.  84,  pp.  2G8-270.  —  Traduit 
dans  :  Aun.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (4),  vol.  19,  pp.  352-355. 

20.  —  1877.  Sur  le  premier  développement  d'une  Étoile  de  mer. 
Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1877,  t.  84,  pp.  357-359.  — 
Traduit  dans  :  Ann.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (4),  vol.  20,  pp.  154-150. 

21.  —  1877.  Sur  quelques  fécondations  anormales  chez  l'Étoile  de 
mer.  Dans:  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1877,  t.  84,  pp.  659-661. 

—  Traduit  dans  :  Ann.  and  Mag.of  nat.  hist.  (4),  t.  20,  pp.  158-160. 

22.  —  1877.  Note  sur  la  fécondation  de  l'Étoile  de  mer  et  de  l'Our- 
sin. Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,,  t.  85,  pp.  233-236. 

23.  —  1877 .  Encore  un  mot  sur  la  fécondation  des  Échinodermes. 
Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  1877,  t.  85,  pp.  625-628. 

24.  —  1877.  Sopxi  ifenomeni  intimi  délia  fecondazione  degli  Echi- 
nodermi.  Dans  :  Mém.  R.  Acad.  dei  Liacei.  Roma,  ser.  :>,  t.  1, 
pp.  181-183. 

25.  —  1877.  Sur  le  rôle  du  zoosperme  dans  la  fécondation.  Avec 
ligures.  Dans  :  Journal  de  micrographie,  t.  1,  1877,  pp.  322-32(). 

26.  — -1877.  Sur  le  commencement  de  l'hénogénie  chez  divers  ani- 
maux. Avec  hgures.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.  Genève, 
t.  58,  1877,  pp.  439-472  —Et  dans  :  Archives  de  zool.  expér.  et  gén., 
t.  6,  1877,  pp.   145-169  —  Et  dans  :  Journal  de  micrographie,  t.  1, 

1877,  pp.  119-125;  3"^  année,  lfS79,  pp.  519-526;  4'"'^  année,  1880, 
pp.  14-21,  59-64.  —  Extrait  dans  :  Bull,  belge  de  microsc,  t.  5,  1878- 
1879,  pp.  LXXIV-LXXIX. 

27.  —  1^7 .  Sur  la  J  or  motion  des  œufs  chez  les  Ascidies  simples. 
Dans  :  C.  R.  Soc.  helv.  des  se.  nat.  Bex,  60°'"  sess.,  1877,  pp.  68-70. 

—  Et  dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.  Genève,  t.  60, 1877,  pp.  337- 
340.    -  Et  dans  :  Journal  de  micrographie,  t.  1,  1877,  pp.  281-284. 

28.  —  1877.  Réponse  à  quelques  objections  formulées  contre  mes 
idées  sur  la  pjénétration  du  zoosperme.  Dans  :  Arch.  de  zool.  exi)ér.  et 
gén.,  Paris,  t.  6,  pp.  180-192. 

29.  —  1877.  Un  projet  de  hathomèire.  Dans  :  La  Nature,  Paris, 
1877,  1"  semestre,  pp.  165-1()6. 

30.  —  1877.  Sur  la  fécondation  et  le  premier  développement  de 


12  MAUKICE    BEDOT. 

l'ceuj.  Dans  :  C.  R.  Soc.  helv.  des  se.  nat.  Bex,  60""  sess.,  1877  (1878^ 
pp.  1()5-172.  —  Et  avec  quelques  moditications  dans  :  Arch.  des  se. 
phys.  et  nat.  Genève,  t.  60,  1877,  pp.  321-326. 

31.  —  1877  (1878).  Premiers  ijliénomèms  du  développement  des 
Échinodermes.  (Extrait  du  i)i'ocès-verbal).  Daus  :  Assoe.  franc,  pour 
l'avaueeraent  des  se.  C.  R.  de  la  6'"^=  sess.,  1877  (1878),  pp.  623-624. 

32.  —  1878.  Recherches  sur  la  fécondation  et  le  commencement  de 
l'hénogénie  chez  divers  animaux.  Dans  :  Mém.  Soc.  de  phys.  et  d'hist. 
nat.  Genève,  t.  26,  P«  part.,  1878,  pp.  89  à  250,  pi.  I-YI  et  2'"*  part., 
1879,  pp.  251-397,  pi.  VII  à  X.  —  Et  à  part  :  iii-4%  Genève,  1879. 

33.  —  1879.  Perfectionnements  relatifs  aux  aquariums  d'eau 
salée.  Dans  :  Zoologischer  Anzeiger.  2'°'  année,  1879,  pp.  213-215. 

34.  —  1879.  Lettre  sur  le  phylloxéra  et  les  vignes  américaines. 
Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de  Genève,  9  juillet  1879. 

35.  —  1879.  Sur  la  faune  maritime  de  la  haie  de  Villef 'anche. 
'Dans  :  Bullet.  Soe.  niç.  des  se.  nat.  Nice,  t.  4,  1879,  pp.  241-246. 

36.  —  1879-80.  Étiules  sur  le  développement  des  Mollusques. 
III*  mém.  Sur  le  dévelopimnent  des  Gastéropodes  pulmonés.  Avec 
5  pi.  Dans  :  Arch.  de  zool.  exp.  et  gén.  Paris,  1879-80.  pp.  103-232. 

37.  —  1881.  Contribution  à  la  connaissance  de  la  famille  des  Tin- 
tinnodea.  Av.  1  pi.  Dans  Archives  des  se.  phys.  et  nat.  Genève  (3), 
t.  5,  1881,  pp.  5-24.  —  Traduit  dans  :  Ann.  and.  Mag.  of.  nat  hist. 
{W),  vol.  7,  pp.  237-250^  av.  1  pi.  —  Résumé  dans  :  Journal  R.  microsc. 
soe.  (2),  vol.  1,  P.  5,  pp.  756-759. 

38.  —  1882.  Eiyi  Beitrag  zur  Technik  fur  Zoologen  am  Meeres- 
strande.  Dans:  Zoologischer  Anzeiger.  5*  année,  1882,  pp.  698-699.  — 
Et  sous  le  titre  :  Contribution  à  la  technique  pour  l'étude  des  animaux 
marins,  dans  :  Bull.  Soc.  belge  de  mieroscopie,  t.  9,  pp.  35-36.  —  Et 
dans  :  Journal  de  micrographie,  t.  7,  p.  104. 

39.  —  1882-83.  Sur  le  système  nerveux  de  V  Orthagoriscus  mola. 
Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  9  juin  1881. 
Voir  :  Rapport  annuel  du  président  dans  :  Mém.  Soc.  phys.  et  d'hist. 
nat.  de  Genève,  t.  28,  V^  part.,  1882-83,  pp.  XXXV-XXXVI. 

40.  —  1883.  Sur  le  Sticholonche  zanclea.  Communication  à  la 
Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  4  janvier.  1883.  Dans:  Archives 
des  se.  phys.  et  nat.  Genève  (3),  t.  9,  1883,  pp.  487-488. 

41.  —  1883.  Une  nouvelle  forme  de  drague.  Communication  à  la 
Soe.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  1"  février  1883.  Dans  :  Archi- 
ves des  se.  phys.  et  nat.  Genève  (3),  t.  9,  1883,  pp.  490-491. 


HERMANN    FOL,    SA   VIE    ET   SES   TRAVAUX.  13 

42.  —  1883.  Sur  les  prolongements  de  la  carapace  d'animaux 
inférieurs.  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève, 
le  15  février  LS88.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève, 
1883  (3),  t.  !),  p.'4i)2. 

43.  —  1883.  Sur  un  embryon  humain  de  trois  semaines.  Commu- 
nication à  la  Soc.  médicale  de  Genève,  le  7  mars  1883.  Dans  :  llevue 
médicale  de  la  Suisse  romande,  t.  3,  1883,  p.  213. 

44.  —  1883.  Le  Botriocéphale.  Causerie  scientifique  dans  :  Jour- 
nal de  Genève,  31  mars  1883. 

45.  —  1883.  Effet  produit  par  l'introduction  de  plusieurs  zoo- 
spermes dans  un  même  œuf.  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et 
d'hist.  nat.  Genève,  le  19  avril  1883.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et 
nat.,  Genève  (3),  t.  9,  1883,  pp.  501-502. 

46.  —  1883.  La  Douve  du  foie.  Causerie  scientifique  dans  :  Jour- 
nal de  Genève,  20  mai  1883  (supplément). 

47.  —  1883.  Nouvelle  contribution  à  la  connaissance  de  la  famille 
des  Tintinnodea.  Av.  1  pi.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat. 
Genève  (3),  t.  9,  pp.  555-578.  —  Traduit  dans  :  Ami.  and.  Mag.  of 
nat.  hist.  (5),  vol.  12,  pp.  73-88.  Av.  1  pi. 

48.  —  1883.  Nouveau  procédé  pour  l'injection  des  vaisseaux  san- 
guins. Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le 
7  juin  1883.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3), 
t.  9,  1883,  pp.  59G-597. 

49.  —  1883.  Nouveau  procédé  'pour  durcir  les  tissus  animaux. 
Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  7  juin  1883. 
Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  1^3),  t.  9,  1883,  p.  597. 

50.  —  1883.  Les  microbes.  Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de 
Genève,  24  septembre  et  1""  octobre  1883. 

51.  —  1883.  MultipUcaiion  des  globules  rouges  du  sang  des  Ver- 
tébrés. Communication  à  la  Soc.  de  phys,  et  d'hist.  nat.  Genève,  le 
4  octobre  1883.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3), 
t.  10,  1883,  pp.  419-420. 

52.  —  1883.  Sur  l'origine  des  cellules  du  follicule  et  de  V ovule  chez 
les  Ascidies  et  chez  d'autres  animaux.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad. 
se.  Paris,  t.  90,  pp.  1591-1594.  —  Et  dans  :  Journal  de  micrographie, 
t.  7,  pp.  435-430.  —  Résumé  dans  :  Journal  R.  Microsc.  Soc.  (2), 
vol.  3,  P.  5,  pp.  030-031. 

53.  —  1883.  Sur  l'origine  de  l'individualité  chez  les  animaux  supé- 
rieurs. Dans  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  t.  97,  pp.  497-499.  — 


14  MAURICE    IJEDOl". 

Et  dans  :  Journal  de  micrographie,  7*=  année,  pp.  47.'!-474.  —  Résumé 
dans  :  Journ.  11.  Micr.  Soc.  (2),  vol.  8,  P.  G,  pp.  825-826. 

54.  —  188S.  Su?-  l'origine  de  V individualité  chez  les  animaux  supé- 
rieurs et  sur  les  monstres  doubles.  Dans  :  Verhandlungen  d.  schwei- 
zerischen  naturforscheuden  Gesellschaft  in  Zurich,  1888,  p.  ;->o.  — 
Et  plus  détaillé  dans  :  Compte  rendu  des  travaux  présentés  à  la 
(i(?'"=  session  des  sciences  naturelles,  réunie  à  Zurich  en  1883,  publié 
dans  :  Ai'chives  des  se.  phys.  et  nat.  (3),  t.  10,  1883,  pp.  336-341.  — 
Et  à  part,  pp.  44-49.  (Reproduction  de  l'article  précédent  avec  quel- 
ques modifications.) 

55.  —  1883.  Le  choléra  asiatique.  Causerie  scientifique  dans  : 
Journal  de  Genève,  12  novembre  1883. 

56.  —  1883.  Fol  et  Warynski,  St.  Sur  la  production  artificielle 
de  l'inversion  viscérale  ou  héterotaxie  chez  des  embryons  de  poidet. 
Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  t.  96,  pp.  1674-1676. 

57.  —  1883.  Sur  Vanaiomie  d'un  embryon  humain  de  la  quatrième 
semaine.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.  Paris,  t.  97,  pp.  1563- 
1566. 

58.  —  1883.  Le  laboratoire  de  Bosco ff'.  Av.  fig.  Dans  :  Revue 
scientifique,  t.  32,  n"  14,  pp.  417-422. 

59.  —  1883.  Fol  et  Warynski,  St.  Reclierches  expérimentales  sur 
la  cause  de  quelques  monstruosités  simples  et  de  divers  processus  em- 
hryogéniques.  Dans  :  Revue  médicale  de  la  Suisse  romande,  t.  3, 
pp.  395-413.  Avec  3  pi. 

60.  —  1883.  Sur  l'œuf  et  ses  enveloppes  chez  les  Tuniciers.  Dans  : 
Recueil  zool.  suisse,  t.  1,  pp.  91-160.  Avec  2  pi.  --  Résumé  dans: 
Journ.  R.  Microsc.  Soc.  (2),  vol.  4,  P.  2,  pp.  213-214. 

61.  —  1883.  Un  nouveau  modèle  de  drague  pour  récolter  les  ani- 
maux du  fond  de  la  mer.  Av.  fig.  Dans  :  Arch.  de  zool.  expér.  et  gén. 
(2),  t.  1.  Notes  et  revue,  pp.  I-IV. 

62.  —  1883.  Sur  le  Sticholonche  ZancJea  et  un  nouvel  ordre  de 
Rhizopodes.  Av.  2  pi.  Dans  :  Mémoires  de  l'Institut  national  gene- 
vois, t.  15,  n°  2.  —  Et  à  part  :  Genève,  Georg,  libraire.  —  Résumé 
dans  :  Journ.  R.  Microsc.  Soc.  (2\  vol.  4,  P.  1,  pp.  73-74. 

63.  —  1883.  L'Anguillule  intestinale.  Dans  :  Revue  médicale  de  la 
Suisse  romande,  Genève,  3""^  année,  pp.  578-582. 

64.  —  1883.  Beitrcige  zur  histologischen  Technik.  Dans  :  Zeitsch. 
f.  wissens.  Zool.,  t.  38,  pp.  491-49o. 

65.  —  1883  (1884).  Étude  anatomique  d'un  embryon  humain  de 


IIHKMAXN    FOL,    SA    VIE    ET    SES    TRAVAl'X..  15 

5,6  mm.  Coinmiinicatiou  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le 
H  décembre  18So.  Dans  :  Archives  des  sciences  phys.  et  nat.,  Genève, 
(3),  t.  11,  1884,  pp.  93-95. 

()().  —  1884.  Sur  le  numéro  d'ordre  des  premières  provertèhres 
chez  l'embryon  du  yoidet.  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist. 
nat.  Genève,  le  ;)  janvier  1884.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat., 
Genève  (3),  t.  11,  pp.  104-105.  —  Résumé  dans  :  Journ.  R.  Microsc. 
Soc.  (2),  vol.  4,  P.  4,  p.  541. 

67.  —  1884.  Fol  et  Warynski,  Sï.  L'inversion  viscérale  artifi- 
cielle chez  l embryon  de  poulet  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et 
d'hist.  nat.  Genève,  le  3  janvier  1884.  Dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et 
nat.  Genève  (3),  t.  11,  1884,  p.  105. 

68.  —  1884.  Les  derniers  travaux  de  Thuillier.  Causerie  scientifi- 
que dans  :  Journal  de  Genève,  7  janvier  1884. 

69.  —  1884.  Les  coideurs  invisibles.  Causerie  scientifique  dans  : 
Journal  de  Genève,  21  janvier  1884. 

70.  —  1884.  Fol  et  d'Espine,  Ad.  Sur  la  pleur oimeumonie.  Com- 
munication à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  18  janvier 
1884.  Dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.  (3),  t.  11,  1884,  p.  319. 

71.  —  1884.  Effet  d'un  grand  froid  prolongé  sur  les  germes.  Com- 
munication à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  21  février 
1884.  Dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.  Genève  (3),  t.  11,  1884, 
p.  327. 

72.  —  1884,  Les  animaux  utiles  et  nuisibles.  Causerie  scientifique 
dans  :  Journal  de  Genève,  17  mars  1884. 

73.  —  1884.  Le  mouvement  de  la  croûte  terrestre.  Causerie  scien- 
tifique dans  :  Journal  de  Genève,  2  mai  1884. 

74.  —  1884.  Sur  un  appareil  photographicpie  destiné  à  prendre 
des  poses  d'animaux  en  mouvement.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et 
nat.  (3),  t.  11,  1884,  pp.  517-526. 

75.  —  1884.  Cause  d'insalubrité  des  eaux  potables .  Discussion  à  la 
Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  17  avril  1884.  Dans  :  Arch. 
des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  11,  1884,  pp.  541-542. 

76.  —  1884.  Nouvelle  méthode  pour  le  transvasage  des  bouillons 
stérilisés  et  le  dosage  des  germes  'vivants  contenus  dans  Veau.  Avec 
1  pi.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  11,  pp.  557 
à  574. 

77.  —  1884.  Fol  et  Dunant,  P.-L.  Quantité  de  microbes  patho- 
gènes contenus  dans  les  eaux  qui  alimentent  la  ville  de  Genève.  Commu- 


IG  MAURICE    BEDOr. 

nication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  5  juin  et  le 
3  juillet  1884.  Dans:  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (4),  t.  11, 
1884,  pp.  631-632  et  1. 12,  1884,  pp.  156-158. 

78.  —  1884.  L'évolution  de  la  morale  et  la  morale  de  l'évolution. 
Causei'ie  scientifique  dans  :  Journal  de  Genève.  20  juin  1884. 

7!).  —  1884.  Appareil  de  x^^'otograxilde  instantanée.  Dans  :  La 
Nature,  Paris,  1884,  2"  semestre,  pp.  107-110. 

80.  —  1884.  Sur  le  microbe  du  cliolé'a.  Communication  à  la  Soc. 
de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  3  août,  1884.  Dans  :  Archives  des 
se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  12,  1884,  p.  164. 

81.  —  1884.  Les  fermentations  du  lait.  Causerie  scientifique  dans: 
Journal  de  Genève,  19  septembre  1884. 

82.  —  1884.  Deux  laboratoires  zoologiques  sur  le  littoral  méditer- 
ranéen de  la  France.  Dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3), 
t.  12,  1884.  pp.  185-195. 

83.  —  1884.  Fol  et  Sarasin,  Ed.  Limite  extrême  qu'atteint  la 
lumière  du  jour  dans  la  profondeur  du  lac.  Communication  à  la  Soc. 
de  phys.  et  d'hist.  nat.  de  Genève,  le  2  octobre  1884.  Dans  :  Arch. 
des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  12,  1884,  pp.  599-602. 

84.  —  1884.  Fol  et  Warynski,  St.  Recherches  expérimentales  sur 
la  cause  de  quelques  monstruosités  simples  et  de  divers  processus  em- 
hryogéniques.  Avec  3  pi.  Dans  :  Kecueil  zool.  suisse,  1. 1,  pp.  1-25. 

85.  —  1884.  Sur  la  famille  des  Tintinnodea.  Av.  2  pi.  Dans  : 
Recueil  zool.  suisse,  t.  1,  pp.  27-64. 

8(i.  —  1884.  Bemarcpies  supplémentaires  à  son  mémoire  sur  V ori- 
gine de  V ovule  chez  les  Tuniciers.  Dans  :  Recueil  zool.  suisse,  t.  1, 
pp.  317-318. 

87.  —  1884.  Actualités  histogéniques  ou  embryogéniques.  Dans  : 
Revue  médicale  de  la  Suisse  romande.  4'"''  année,  1884,  pp.  89-109. 

88.  —  1884.  L'anatomie  dhm  embryon  humain  d'un  peu  plus  de 
trois  semaines.  Dans  :  Revue  médicale  de  la  Suisse  romande.  4"""  an- 
née, 1884,  pp.  177-202,  av.  2  pi.  —  Reproduit  avec  quelques  modifi- 
cations, sous  le  titre  de  :  Description  d'un  embryon  humain  de  cinq 
millimètres  et  six  dixièmes,  dans  :  Recueil  zool.  suisse,  t.  1,  1884, 
pp.  357-401,  av.  5  pi. 

89.  —  1884'.  Quelques  réflexions  sur  la  partie  pratique  des  obser- 
vations du  D'  Koch.  A  la  suite  de  la  traduction  des  :  Rapports  du 
D"^  Koch,  datés  de  Calcutta,  au  sujet  du  choléra.  Dans  :  Revue  médi- 
cale de  la  Suisse  romande.  4r^  année,  1884,  pp.  469-471. 


HERMANN  FOL,    SA   VIE   ET   SES   TRAVAUX.  17 

90.  —  1884.  Sur  les  méthodes  de  culture  des  bacilles.  Communica- 
tion à  la  Soc.  médicale  de  Genève,  le  5  novembre  1884.  Dans  :  Revue 
médicale  de  la  Suisse  romande,  4'°"«  année,  1884,  pp.  745-746. 

91.  —  1884.  Filtration  de  l'eau.  Communication  à  la  Soc.  de 
phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  G  novembre  1884.  Dans  :  Arch.  des 
se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  12, 1884,  pp.  608-609. 

92.  —  1884.  La  science  et  la  vanité  nationale.  Causerie  scientifi- 
que dans  :  Journal  de  Genève,  28  novembre  1884. 

93.  —  1884.  Fol  et  Sarasin,  Ed.  Sur  la  pénétration  de  la  lumière 
dans  les  eaux  du  lac  de  Genève.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se. 
Paris,  t.  99,  p.  783. 

94.  —  1884.  Fol  et  Dunant,  P.-L.  Recherches  sur  le  nombre  des 
germes  vivants  que  renferment  quelques  eaux  de  Genève  et  des  environs, 
faites  au  printemps  de  Vannée  1884.  Dans  :  Mém.  Soc.  pbys.  et  d'hist. 
nat.,  Genève,  t.  29,  n»  3.  —  Tirage  à  part  pour  la  Ville  de  Genève, 
section  des  travaux.  Suivi  d'un  :  Rapport  au  Conseil  administratif 
sur  les  expériences  faites  par  M.  le  processeur  Hermann  Fol,  sur 
Vutilité  de  filtres  en  sable  pour  arrêter  le  passage  de  microbes,  en  juil- 
let 1884. 

95.  —  1884.  Lehrbuch  der  vergleichenden  mikroskopisclien  Anato- 
mie  mit  Einschluss  der  vergleichenden  Histologie  und  Histogenie. 
P*  livraison.  Die  Mikroskopisch-Anatomische  Technik.  Leipzig,  W. 
Engelmann,  1884,  in-8''. 

96.  —  1884.  Nouveaux  maux  et  nouveaux  remèdes.  Causerie 
scientifique  dans  :  Journal  de  Genève,  31  décembre  1884. 

97.  —  1884-1886.  Zoologie  générale.  Leçons  données  :à  l'Univer- 
sité de  Genève  pendant  le  semestre  d'hiver  1882-1883.  Recueillies  et 
écrites  avec  l'aide  des  notes  du  professeur  par  un  auditeur  du  cours. 
Autographie.  Genève,  Georg,  libraire,  {""  livraison  1884;  2'"*=  livraison 
1886.  Avec  9  pi. 

98.  —  188Ô.  Les  Microbes.  Résumé  de  deux  conférences  données 
à  l'Aula  de  l'Université  d»  Genève,  en  janvier  1885.  Avec  5  pi.  Auto- 
graphie. Genève,  Georg,  libraire,  1885.  —  Traduit  en  italien  et 
annoté  par  Tebaldo  Falcone,  Napoli. 

99.  —  188Ô.  Fol  et  Dunant,  P.-L.  Sur  l'effet  d'un  repos  prolongé 
et  sur  celui  d'un  filtrage  par  la  porcelaine  sur  la  pureté  de  l'eau.  Dans  : 
Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  13,  1885,  pp.  110-118. 

100.  —  188Ô.  Sur  l'individualité  de  la  cellule  dans  le  règne  animal. 
Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  19  février 

Rev.  Suisse  ue  Zool.,  T.  II.  1894.  2 


18  MAURICE    HEDOT. 

1885.  Dans:  Archives  des  sciences  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  13, 
1885,  pp.  256-257. 

101.  —  188Ô.  La  p-odudion  du  froid  à  l'aide  de  mélanges  de  gaz 
liquéfiahlef!.  Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de  Genève,  7  mars, 
1885. 

102.  —  1885.  La  culture  des  microbes  et  l'analyse  biologique  de 
l'eau  par  les  procédés  les  plus  pratiques.  Dans  :  La  Nature,  Paris, 
1885,  1"-  semestre,  pp.  227-230,  et  pp.  298-302. 

103.  —  1885.  Les  habitants  de  notre  lac.  Causerie  scientifique 
dans  :  Journal  de  Genève,  29  mars  1885. 

104.  —  1885.  Fol  et  Sarasin,  Ed.  Sur  la  profondeur  à  laquelle 
la  lumière  du  jour  pénètre  dans  les  eaux  de  la  Méditerranée.  Commu- 
nication à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  2  avril  1885.  Dans  : 
Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  13,  1885,  pp.  449-453.  — 
Et  avec  quelques  modifications  dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se, 
Paris,  1885,  t.  100,  pp.  991-994. 

105.  —  1885.  Les  modifications  de  la  personnalité.  Causerie  scien- 
tifique dans  :  Journal  de  Genève,  12  mai  1885. 

106.  —  1885.  Sur  Vanatomie  microscopique  du  Dentale.  Dans  : 
Comptes  rendus  Acad.  se,  Paris,  t.  100,  pp.  1352-1355.  —  Résumé 
dans  :  Journal  R.  Microsc.  Soc.  (2),  vol.  5,  P.  4,  pp.  623-624. 

107.  —  1885.  Sur  la  queue  de  l'embryon  humain.  Communication 
à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  4  juin  1885.  Dans  :  Arch. 
des  se.  phys.  et  nat.,  Genève (3),  t.  14,  p.  84-88.  —  Et  dans:  Comptes 
rendus  Acad. se,  Paris,  t.  100,  pp.  1469-1472.  —Résumé  dans  :  Jour- 
nal de  micrographie,  t.  9,  pp.  269-271.  —  Traduit  dans  :  American 
Naturalist,  vol.  19,  pp.  1009-1011.  —  Résumé  dans  :  Journal  R. 
Microsc.  Soc.  (2),  vol.  5,  P.  5,  pp.  781-783. 

108.  —  1885.  Le  choléra  et  les  inoculations  préventives  duD^  Fer- 
ran.  Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de  Genève,  4  juillet  1885. 

109.  —  1885.  Les  conditions  d'existence  des  animaux  aquatiques 
sous  le  rapjjort  de  la  lumière.  Dans  :  Actes  de  la  Soc.  helvétique  des 
sciences  naturelles,  réunie  au  Locle  en  1885.  Neuchâtel,  1886,  pp.  54- 
55.  —  Plus  détaillé  dans  :  Compte  rendu  des  travaux  présentés  à  la 
68'°'  session  de  la  Société  des  sciences  naturelles,  réunie  au  Locle  eu 
1885,  publié  dans  les  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  1. 14, 
pp.  269-271,  1885.  —  Et  à  part  :  pp.  57-59. 

110.  —  1885.  Sur  un  microbe  dont  la  présence  parait  liée  à  la 
virideme  rabique.  Dans:  Comptes  rendus  Acad.  se,  Paris,  t.  101, 


HERMANN    FOL,    SA   VIE    ET   SES   TRAVAUX.  I9 

pp.  127G-1279.  —  Reproduit  avec  de  légères  modifications  dans  : 
Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  14,  1885,  pp.  549-553. 

111.  —  188Ô.  Existence  de  l'intestin  caudal  chez  un  embryon 
humain.  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,, 
le  1"'  octobre  1885.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3), 
t.  14,  1885,  pp.  566-567. 

112.  —  188Ô.  Persistance  de  la  vie  dans  la  tête  des  suppliciés.  — 
Exécution  par  les  anesthésiques.  —  Variations  de  la  température  du 
corps  humain.  —  L'harmonie  dans  les  mouvements  d^ap'ès  les  recher- 
ches de  M.  Louis  Soret.  Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de  Ge- 
nève, 10  octobre  1885. 

113.  —  188Ô.  Zur  Mittelmeerfauna.  Dans  :  Zoologischer  Anzei- 
ger,  8'"«  année,  1885,  pp.  667-670. 

114.  —  1885.  Nouveau  microscoi^e  de  voyage.  Communication  à 
la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  le  3  décembre  1885.  Dans  : 
Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3),  t.  14,  1885,  p.  575. 

115.  —  1885.  Sur  la  rage.  Causerie  scientifique  dans  :  Journal 
de  Genève,  11  décembre  1885. 

116.  —  1885.  Fol  et  Warynski,  St.  Sur  la  méthode  en  tératogé- 
nie  en  réponse  à  un  article  de  Dareste.  Dans  :  Recueil  zool.  suisse,  t.  2, 
pp.  305-326. 

117.  —  1886.  L'instinct  et  V intelligence.  Conférences  données  à 
l'Aula  de  l'Université  de  Genève.  Dans  :  Revue  scientifique,  Paris, 
1886,  t.  37,  pp.  193-197,  pp.  265-269. 

118.  —  1886.  Sur  le  microbe  de  la  rage.  Communication  faite  à 
la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  18  mars  1886.  Dans  :  Arch. 
des  se.  phys.  et  nat.  Genève,  t.  15,  1886,  pp.  414-415. 

119.  —  1886.  Pour  et  contre  la  théorie  de  Darwin.  Causerie  scien- 
tifique dans  :  Journal  de  Genève,  20  mars  1886. 

120.  —  1886.  Fol  et  Sarasin,  Ed.  Sur  la  pénétration  delà  lumière 
dans  la  profondeur  de  la  mer  à  diverses  heures  du  jour.  Communica- 
tion à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève,  15  avril  1886.  Dans  : 
Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève,  t.  15,  1886,  pp.  573-576.  —  Et 
avec  quelques  modifications  dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se,  Paris, 
1886,  t.  102,  pp.  1014-1017. 

121.  —  1886.  Nos  sept  sens.  Causerie  scientifique  dans:  Journal 
de  Genève,  1""  août  1886. 

122.  —  1886.  Sur  la  rage  canine,  sa  cause  et  sa  p^évention.  Dans  : 
Actes  de  la  Soc.  helv.  des  se.  nat.,  réunie  à  Genève  en  1886,  pp.  59- 


20  MAURICE    BEDOT. 

GO.  —  Plus  détaillé  dans  :  Comptes  rendus  des  travaux  présentés  à  la 
C)9""'  session  de  la  Soc.  helv.  des  se.  nat.,  réunie  à  Genève  en  1886, 
publié  dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (.3),  t.  16,  1886, 
pp.  327-330.  —  Et  à  part  :  pp.  109-112. 

123.  —  1886.  Genève  et  son  Université.  Genève,  1886. 

124.  —  1887.  La  découverte  chez  certains  vertébrés  cfun  œil  au 
milieu  du  front.  —  Les  yeux  adventifs  des  poissons.  —  La  xmfection 
de  Vœil  humain.  —  Le  sentiment  de  la  direction  et  V  oreille  interne^ 
Causerie  scientifique  dans  :  Journal  de  Genève,  8  janvier  1887. 

125.  —  1887.  Fol  et  Sarassin,  Ed.  Nouvel  appareil  pour  Vétude 
de  la  pmétration  de  la  lumière  du  jour  dans  les  iwojondeurs  de  la  mer 
et  des  lacs.  Communication  à  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  nat.  Genève, 
le  1"  décembre  1887.  Dans  :  Archives  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève 
(3),  t.  18,  1887,  pp.  582-584. 

126.  —  1887.  Fol  et  Sàrasin,  Ed.  Pénétration  de  la  lumière  dit 
jour  dans  les  eaux  du  lac  de  Genève  et  dans  celles  de  la  Méditerranée. 
Av.  1  pi.  Dans  :  Mém.  Soc.  phys.  et  d'hist.  nat.,  Genève,  t.  29,  n"  13, 
1887.  —  Reproduit  dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève  (3), 
t.  19,  1888,  pp.  447-466.  —  Extrait  dans  :  Revue  scientifique  (3),  t.  41, 
pp.  380-381.  Ce  mémoire  est  la  réunion  des  diverses  notes  sur  le 
même  sujet  qui  sont  citées  plus  haut. 

127.  —  1888.  Sur  la  structure  microscopique  des  muscles  des  Mol- 
lusques. Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.,  Paris,  1. 106, pp.  306-308  — 
Et  dans  :  Journal  de  micrographie,  Paris,  12'°«  année,  pp.  91-92.  — 
Résumé  dans  :  Journal  R.  Mierose.  Soc,  1888,  P.  2,  p.  199. 

128.  —  1888.  Sur  la  répartition  du  tissu  musculaire  strié  chez 
divers  Invertébrés.  Dans  :  Cornistes  rendus  Acad.  se.,  Paris,  t.  106, 
pp.  1178-1180.  —  Résumé  dans  :  Journ.  R.  Mierose.  Soc.,  1888, 
pp.  714-715. 

129.  —  1888.  Note  sur  Vemploi  des  appareils  lumineux  pour  la 
pèche  dans  les  grands  fonds.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se.,  Paris, 
t.  107,  p.  574. 

130.  —  1889.  Expériences  ^photographiques  sur  la  pénétration  de 
la  lumière  dans  la  mer.  Dans  :  Revue  suisse  de  photographie.  Genève, 
1"  année,  1889,  pp.  102-106. 

131.  —  1889.  Sur  Vanatomie  microscopique  du  Dentale.  Av.  4  pi. 
Dans  :  Arch.  de  zool.  expér.  et  gén.  (,2),  t.  7,  pp.  91-148.  PI.  V-VIII. 
—  Résumé  dans  :  Journ.  R.  Mierose.  Soc,  1889,  pp.  737-739. 

132.  —  1889.  Sur  V extrême  limite  de  la  lumière  diurne 


IlERMANN   FOL,    SA   VIE   ET   SES   TRAVAUX.  21 

profondeurs  de  la  Méditerranée.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se, 
Taris,  t,  10;»,  pp.  322-324. 

133.  —  1S90.  Sur  la  fixité  des  épreuves  'photoqraphiqiies.  Dans: 
Revue  suisse  de  photographie.  Genève,  2"'«  année,  1890,  p.  fi-y. 

134.  —  1S90.  Le  tour  de  la  Corse  par  mer.  Conférence  faite  à  la 
Société  des  lettres,  sciences  et  arts  des  Alpes-Maritimes.  Dans  :  Revue 
scientifique.  Paris,  1890,  t.  45,  pp.  144-147. 

135.  —  1S90.  Les  impressions  d'un  scaphandrier.  Conférence  fsiite 
au  Club  nautique  de  Nice.  Dans  :  Revue  scientifique,  Paris,  1890, 
t.  45,  pp.  711-715. 

130.  —  1S!J().  La  pêche  hathypélagique.  Dans  :  La  Nature,  Paris, 
19"""  année  (1891),  20  décembre  1890,  pp.  43-40. 

137.  —  1890.  Ohservaiions  sur  la  vision  sous-marine  faites  dans 
la  Méditerranée  à  Vaide  d'un  scapliandre..  Dans  :  Comi)tes  rendus 
Acad.  se,  Paris,  t.  110,  pp.  1079-1081. 

138.  —  1890.  Sur  Vanatomie  des  Éponges  cornées  du  genre  Hirci- 
nia  et  sur  un  genre  nouveau.  Dans  :  Comptes  rendus  Acad.  se,  Paris, 
t.  110,  pp.  1209-1211.  —  Et  dans  :  Ann.  and  Mag.  of  nat.  hist.  (6), 
vol.  0,  pp.  172-174.  —  Et  dans  :  Journal  de  Mici'ographie,  t.  14, 
pp.  3O0-3O7.  —  Résumé  dans  :  Journal  R.  Microsc.  Soc,  1890,  p.  470. 

139.  —  1891.  La  ressemblance  ent/re  époux.  Conférence  faite  à  la 
Soc.  de  médecine  de  Nice.  Dans  :  Revue  scientifique,  Paris,  1891, 
t.  47,  pp.  47-49. 

140.  —  1891.  Le  quadrille  des  centres,  im  épisode  nouveau  dans 
Vhistoire  de  la  fécondation.  Dans  :  Arch.  des  se.  phys.  et  nat.,  Genève 
(3),  t.  25,  pp.  393-420.  —  Résumé  dans  :  Anat.  Anzeiger,  G.  Jarhrg., 
pp.  260-274.  —  Résumé  av.  10  fig.  dans  :  Atti  R.  Accad.  Lincei  (4), 
Rendic,  vol.  7,  pp.  431-434.  —  Résumé  par  E.  Korschelt,  dans  :  Na- 
turw.  Rundschau,  0.  Jahrg.,  pp.  308-309. 

141.  —  1891.  Contribution  à  V étude  de  la  fécondation.  Av.  10  fig. 
Dans:  Comptes  rendus  Acad.  se,  Paris,  t.  112,  pp.  877-879.  —  Et 
dans  :  Revue  scientifique,  t.  47,  p}).  507-509.  —  Résumé  dans  :  Jour- 
nal R.  Microsc.  Soc,  1891,  P.  4,  p.  447. 

142.  —  1891.  A  propos  de  V accroissement  de  la  p)opulation  fran- 
çaise. Dans  :  Revue  scientifique,  Paris,  1891,  t.  47,  pp.  007-008. 


VOYAGE   DE   MM.    M.    BEDOT   ET   C.    PICTET 

DANS  l'archipel  :viai>ats 


CÉPHALOPODES  D'AMBOINE 


Le  Dr  L.  JOUBIN 

Professeur-adjoint  de  zoologie  à  la  Faculté  des  Sciences  de  Rennes. 
Avec    les    planches    I    à    IV. 


A  la  mémoire  de  Camille  Pidet. 


Avant  de  commencer  la  description  des  Céphalopodes  rap- 
portés d'Amboine  par  C.  Pictet  et  M.  Bedot,  qu'il  me  soit 
permis  d'adresser  à  la  mémoire  de  mon  malheureux  ami  l'hom- 
mage de  mon  plus  affectueux  souvenir.  C'ost  lui  qui,  dans  la 
dernière  lettre  qu'il  ait  écrite,  lettre  restée  inachevée  et  que 
M"^  C.  Pictet  a  bien  voulu  m'adresser,  mettait  à  ma  disposition 
les  Céphalopodes  d'Amboine,  en  me  souhaitant  gaiement  b(m 
courage  et  bonne  chance. 

La  mort  m'a  privé  du  plaisir  de  lui  communiquer  mes  obser- 
vations, et  je  n'ai  plus  d'autre  ressource,  pour  perpétuer  le  sou- 
venir de  nos  relations  disparues,  que  de  donner  son  nom  aux 
espèces  qu'il  a  découvertes  ;  faible  hommage  rendu  à  un  ami  si 
charmant  et  si  sûr,  à  un  naturaliste  de  race  dont  la  mort  est  un 
deuil  pour  tous  ceux  qui  l'ont  connu. 


24 


Première  Partie 
CÉPHALOPODES  ADULTES 

La  faune  de  la  région  indo-malaise  est  fort  riche  en  Céphalo- 
podes, et  pourtant  les  explorations  dont  cette  province  zoolo- 
gique a  été  l'objet  de  la  part  de  naturalistes  sont  relativement 
peu  nombreuses  ;  chacune  d'elles  cependant  a  fourni  une  grande 
variété  de  ces  Mollusques,  ce  qui  prouve  leur  abondance,  et 
laisse  entrevoir  que  beaucoup  d'autres  sont  encore  à  découvrir. 
Il  est  vraisemblable  d'admettre,  d'après  ce  que  nous  connaissons 
jusqu'à  présent,  que  l'Indo-Malaisie  devra  plus  tard  être  consi- 
dérée comme  la  région  du  globe  la  plus  riche  en  Céphalopodes, 
et  l'on  peut  même  présumer  que  ces  animaux  en  constitueront 
une  des  caractéristiques  principales. 

HoYLE,  dans  son  Report  on  the  Geplialopoda  du  Chanenger^ 
résume  en  une  liste  de  48  espèces,  dont  29  sont  spéciales  à  la 
région  indo-malaise,  les  catalogues  des  auteurs  qui  l'ont  précédé 
(Pfeffer  principalement)  ou  résultant  de  ses  propres  recher- 
ches. J'ajoute  à  cette  liste  les  espèces  que  Brock  a  récoltées  et 
décrites  depuis  lors  à  Amboine  et  à  Batavia,  et  dont  la  plupart 
n'existent  pas  dans  le  catalogue  de  Hoyle.  Les  pages  qui  sui- 
vent donnent  la  description  de  2  espèces  nouvelles  d'Amboine, 
et  font  mention  de  8  autres  espèces  déjà  connues,  décrites  soit 
en  Indo-Malaisie,  soit  dans  d'autres  provinces. 

Ces  divers  renseignements,  avec  quelques  légères  modifica- 
tions apportées  aux  travaux  de  mes  devanciers,  me  paraissent 
représenter  exactement,  au  moment  présent,  nos  connaissances 
sur  la  faune  des  Céphalopodes  dans  la  région  zoologique  indo- 
malaise; j'ai  cru  devoir  accepter  pour  celle-ci  les  limites  que 
mon  savant  collègue  Hoyle  lui  assigne  dans  son  célèbre  Report 
du  Challenger. 


CÉPHALOPODES   d'aMBOINE.  25 

Le  tableau  qui  suit  donne,  avec  le  nom  des  espèces  et  celui 
de  leur  auteur,  l'origine  du  renseignement  faunistique  (  Brock, 
HoYLE  et  Pfeffer)  et  les  localités  indo-malaises  où  elles  ont 
été  recueillies. 


LISTE 

DISTRIBUTION 

m 

S  .\UTi:iIRS 

(iÉOGR.\PHIUL'E 

Nautilus  Pompilius  Linné. 

Hoyle, 

Brock. 

Anii)Oine,  PacifKiue. 

Argonauta  Argo  Linné. 

Hoyle. 

Océan  Indien. 

Octopus  vulgaris  Lamarck. 

Hoyle. 

Indo-Malaisie.  etc. 

»     granulatus  Lamarck. 

Hoyle. 

Brock. 

Edam,  Manille,  Maurice. 
Batavia. 

»     areolatus  de  Haan  ^ 

Hoyle, 

Brock, 

Pi 

;tet- 

Hong-Kong,    mer    des 

Bedot. 

Mobiques .   Amboine, 

JXelle-Guinée. 

»     aculeatus  d'Orbigny. 

Hoyle. 

Manille,  Borapora. 

"     macropus  Risso. 

Hoyle. 

Japon,  Indo-Malaisie,  Mé- 
diterranée. 

»     bandensis  Hoyie. 

Hoyle. 

Banda. 

»     punctatus  Gabb. 

Hoyle. 

Indo-Malaisie.  .Fa[)on,  Ca- 
lifornie. 

»     lunulatus  Quoy  et  Gai  m 

Brock. 

Edam,  Pacilique. 

»     horridus  Savigny. 

Bkock. 

Edam.  Amboine.  mer 
Ronge. 

»     Cuoien  d'Orbigny. 

Brock. 

Amboine. 

•)     elegans  Brock. 

Brock. 

Amboine. 

0     Machikii  Hrock. 

liROCK. 

Amboine. 

»     fusiformis  Brock. 

Brock. 

Amboine. 

»     Boscii  (Lesueur)  Hoyle. 

Hoyle, 

l'iCTKT 

-Bedot. 

Amboine.  Australie  sud. 

»     mannoratus  Hoyle. 

HOYLK, 

BlCTET 

Beijot. 

Amboine,  îles  Sandwich. 

>'     Amhoinensis  Brock. 

Brock, 

PlCTET 

Bedot. 

Amboine. 

»     Duplex  Hoyle. 

Hoyle, 

PiCTET 

-Bh 

DCT. 

Australie  sud,  Amboine. 

»     inconspmms  lirock. 

Brock, 

PiCTKT 

Be 

dot. 

Amboine. 

Eledonella  diaphana  Hoyle. 

Hoyle. 

Iles  de  l'Amirauté. 

Cistopus  indiens  Riippel. 

Hoyle. 

Célébès. 

Sepiola  Schneehagenii  Pl'elFer. 

Hoyle. 

Mer  de  Banda. 

»     rossixformis  Pfeller. 

Hoyle. 

Mer  de  la  Sonde. 

»    penares  Tryon. 

Hoyle. 

Singapore. 

Idiosepius  pijgmxiis  Steenstr. 

Hoyle. 

Indo-Malaisie.  océan  In- 
dien. 

Spirnla  Peronii  Lamarck. 

Hoyle. 

Banda,  détroit  de  Torres, 
mers  diverses. 

•  Synonyme  de  Octopus  membranaceus  Quoy  et  Gaimard  et  de  Octopus  pul- 
cher  Brock. 


26 


Sepiadariiim  Kochii  Steenstr. 
Sepia  Smithii  lloyle. 

»    papuensis  Hoyie. 

0     Pagenstecheri  PfeiTer. 

»     singaporensis  Pfefïer. 

»     polynesica  Pfeffer. 


LISTE 

dks  auteurs 
Broc.k. 

HoYLE. 
HOYLE. 
HOYLE. 
HOYLE. 

Pfeffer. 


r>  latimanus  Quoy  et  Gaim.  Hoyle. 

»  aculeata  van  Hasselt.  Hoyle. 

»  indien  trOrbigny.  Hoyle. 

»  7^ostrata  d'Orhiirny.  Hoyle. 

»  Rouxii  d'Orbigny.  Hoyle,  Brock. 

»  eliiplicn  Hoyle.  Hoyle. 

)  brevimana  Steenstrup.  Hoyle. 

»  recurvirostra  Steensirwp.  Hoyle. 

»  sulcata  Hoyle.  Hoyle. 

»  Kiensis  Hoyle.  Hoyle. 

»  Pfefferi  Hoyle.  Hoyle. 

.)  Bmchycheira  Tapparone- 

CanetVi.  Hoyle. 

Sepiella  inermis  Steenstrup.  Hoyle. 

»  curta  Pfeflfer.  Hoyle. 

»  ocellata  PfefTei".  Hoyle. 

»  Maindroni  Rochebrune.  Hoyle. 

Sepioteuthis  Blaincilliana  Fér.  Hoyle. 

j  neoguinaica  Pfefïer.  Hoyle. 

»  lessoniana  Férussae.  Pictet-Bedot,  Hoyli 


"     /«H«/rtto  Quoy  et  Gaim.  Brock. 

Loligo  Picteti  Jonbin.  Pictet-Bedot. 
>     Sumatrensis  Férussae  et 

d'Orb.  Hoyle,  Brock. 

■)     Bleekeri  Keferstein.  Brock,  Pictet-Bedot. 

')     Duvaucelii  d'Orbigny.  Hoyle. 

»     Indica  PfeiFer.  Hoyle. 
«    5H6a/a<«  Gervais  et  V.  Be- 

nedeii.  Hoyle. 

»     Galatheœ  Steenstrup.  Hoyle. 


distribution- 
géographique 

Aniboine,  océan  Indieu. 

Arafoura. 

Indo-Malaisie. 

Hong-Kong. 

Singapore. 

Iles  du  Pacifique. 

Célébès,    >'eiie- Guinée, 

océan  Indien. 
Java,  océan  Indien. 
Océan  Indien. 
Indo-Malaisie,  Australie. 
Amboine,  mer  Rouge. 
Indo-Malaisie. 
Indo-Malaisie. 
Indo-Malaisie. 
Mer  d' Arafoura. 
Mer  d'Arafoura,  Banda. 
Mer  d'Arafoura. 

Indo-Malaisie. 

Indo-Malaisie. 

Java. 

Java. 

Indo-Malaisie,  Japon, 
Pondicbéry. 

Java. 

Nelle-Gninée. 

Neiie-Zélande,  IS'eiie-Gui- 
née,  Java.  Japon,  Am- 
boine. 

Edam.  Australie,  Paci- 
fujue. 

Amboine. 

Amboine,   Japon,    Indo- 
Malaisie. 
Japon,  Amboine. 
Océan  Indien. 
Java,  mer  d'Arafoura. 

Manille,  océan  Indien. 
Philippines.    Indo-Ma- 
laisie. 


CEPHALOPODES    D  AMBOINE. 


27 


LISTE 

DISTRIBUTION 

DUS 

AUTEUBS 

GÉOGRAPHIQUE 

Enoploteuthis  margaritifera 

Ruppel. 

HcYLi:. 

Pacifique,  Méditerranée, 
Amboine. 

Tracheloteuthis  Behnii  Siacnslv 

H.:,YLK. 

Océans  Indien  et  Pacifi- 
que, Indo-Malaisie. 

Teleoteuthis  curta  Pfetfor. 

HOYLE. 

Mer  de  Banda. 

Chiroteulhis  Picteti  Joubin. 

PiC.TET-B 

EDOT. 

Amboine. 

Cranchia  Brockti  PleiFer. 

HoYLE. 

.Xeiie-Guinée. 

Au  total  65  espèces. 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 


Brock. 


Brock. 


HOYLE. 


HOYLE. 


JoUBIN. 


Appellof.  Japanska  Cephalopoder.   K.   Svensk.    Velensk.    Akad. 

ilandi.,  XXI,  1886. 

Zur  Anatomie  und  Systeinatik  der  Cephalopoden.  Zeit- 
schrift  f.  wiss.  Zool.,  XXXVI,  188â. 

Indische  Cephalopoden.  Zoologische  Jahrbiicher,  II, 
1887. 

Diagnoses  of  new  species  of  Cephalopoda  coUected  duriug 
the  Cruise  of  H.  M.  S.  Challenger.  —  Part.  I.  The 
Octopoda.  —  Part.  II.  The  Decapoda.  Ann.  and  Mag. 
of  nat.  history,  série  5,  vol.  XV  et  XVI,  lS8o. 

The  voyage  of  H.  M.  S..  Challenger.  Report  on  tke 
Cephalopoda.  1886. 

Sur  quelques  organes  colorés  de  lapeau  chez  deux  Cépha- 
lopodes du  genre  Chiroteulhis.  Mémoires  de  la  Société 
zooiogique  de  France,  t.  VI,  1893. 
D'Orbigny  et  Fércssac.  Histoire  naturelle  générale  et  particulière  des  Céphalo- 
podes acétalmlifères  vivants  et  fossiles,  1835-1848, 
i  vol.  in-folio. 
C.  PicTET  et  M.  Beuot.  Compte  rendu  d'un  voyage  scientifique  dans  l'Archipel 
malais.  Genève,  1893. 

Die  Cephalopoden  des  Hamburger  Naturhistorischen 
Muséum.  Abhandi.  d.  Xaturwiss.  Vereins  Haniburg, 
VIII,  188i. 

Zoologie  du  voyage  de  l'Astrolabe.  1826  à  1829.  Paris, 
1832. 

Manual  of  Conchology.  Céphalopodes.  Part.  I  à  IV,  1879. 

Mollusques  méditerranéens  observés,  décrits,  figurés  et 
chromolithographies  d'après  le  vivant,  Gênes,  18ol. 


Pfëffer. 


QuoY  et  Gaimahu. 

Tryon. 
Verany. 


28 


OCTOPODES 

OcfojMS  areolatus  de  Haan,  1835. 

1835.  Octopus  areolatus  de  Haan  (d'après  d'Orbigny). 

membranaceus  Quoy  et  Gaimard. 
1819.        »        ocellatus  Gray. 
1886.        ..  .       Appellof.  ' 

1886.  »        areolatus  Hoyle. 

1887.  »        imlcher  Brock. 

J'ai  examiné  deux  échantillons  d'assez  petite  taille  de  cette 
espèce  de  Céphalopode  qui  est  facile  à  déterminer,  grâce  à  la 
description  de  Hoyle  et  de  Brock.  Il  est  étonnant  que  ce 
Céphalopode  ait  donné  lieu  à  des  interprétations  variées,  car  ses 
caractères  sont  bien  nettement  établis,  surtout  à  cause  des  deux 
grandes  taches  ovales  qui  se  remarquent  au-dessus  des  yeux. 


DIMENSIONS    EN   MILLIMETRES  I"  echanlillon 

Longueur  de  la  Ire  paire  de  bras 68  65 

»     2me          „            81  8o 

.'     3me           „            Mutilé  85 

..     4rae          ,            80  95 

»         du  corps  jusqu'à  la  racine  des  bras 32  33 

'>         du  sac  jusqu'à  l'ouverture  palléale 19  21 

Largeur  maximum  du  sac  viscéral 15  15 

Longueur  totale  du  corps 118  123 

Hauteur  de  l'ombrelle  (face  ventrale) 15  11 

»                 "            (face  dorsale) 7  S 

Longueur  de  U  tacbeoculiforme,  non  compris  le  cercle  blanc.  .  "i  5'  ■ 

Il  n'est  pas  possible  de  vérifier  le  sexe  dans  le  premier  échan- 
tillon, car  le  bras  génital  a  été  brisé,  et  un  nouveau  bras  n'ayant 
encore  que  7  millimètres  de  long  est  en  train  de  repousser  sur  le 
moignon. 

Le  sac  viscéral  est  lisse  sur  la  partie  postérieure  du  dos  et  sur 
le  ventre,  mais,  à  mesure  que  l'on  s'approche  des  yeux,  sur  la 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE.  29 

face  dorsale,  les  papilles  et  les  rugosités  augmentent  et  devien- 
nent très  fortes  sur  la  base  des  bras  et  sur  la  membrane  de 
l'ombrelle  ;  celle-ci  est  lisse  sur  la  face  ventrale. 

On  observe  sur  la  paupière  supérieure  et  sur  divers  points  du 
corps  les  papilles  dont  parle  Brock  ;  il  y  en  a  aussi  quelques- 
unes  dorsales  entre  les  yeux  et  les  bras. 

La  tache  oculiforme,  ovale,  ayant  5  à  5  7^  millimètres  dans 
sa  plus  grande  longueur,  est  entourée  par  un  cercle  blanc,  puis 
par  une  zone  plus  foncée  commençant  nettement  après  le  cercle 
blanc.  Ce  détail  a  été  figuré  par  divers  auteurs,  en  particulier 
par  QuoYet  Gaimard,  par  Hoyle  et  par  Appellof.  Elle  existe 
aussi  dans  la  figure  de  Céphalopode  tirée  d'un  livre  chinois  par 
d'Orbigny  et  qu'il  dénomme  Octopus  sinensis. 

Les  yeux  sont  très  saillants,  mais  l'orifice  limité  par  les  pau- 
pières est  extrêmement  petit. 

La  couleur  générale  de  ces  animaux  conservés  dans  l'alcool 
est  d'un  brun  verdâtre,  comme  l'indique  Brock  ;  on  y  remarque 
des  marbrures  irrégulières  dues  à  l'inégalité  de  répartition  des 
chromatophores. 

La  figure  6  de  la  planche  III  de  Hoyle,  qu'il  rapporte  à 
Octopus  areolatm  de  Haan,  est  bonne  comme  ensemble,  mais 
la  tache  oculiforme  est  située  bien  plus  haut  sur  la  membrane 
que  dans  les  échantillons  que  j'ai  examinés;  elle  est  aussi  plus 
petite;  les  détails  qui  la  représentent  dans  la  figure  7  du  même 
auteur  sont  un  peu  différents  de  ce  que  l'on  observe  dans  les 
exemplaires  de  Pictet  et  Bedot.  Il  y  avait  un  bien  plus  grand 
nombre  de  chromatophores  sur  cette  tache  que  dans  l'individu 
de  Hoyle. 

La  disposition  de  cette  tache  me  paraît  plus  exactement 
représentée  dans  la  figure  d'AppELLôF  (Japanska  Cephalopoder , 
pi.  I,  fig.  2  et  4);  mais  l'ensemble  de  l'échantillon  représenté 
dans  la  figure  1  me  paraît  plus  grêle  et  plus  allongé  que  ceux 
que  j'ai  examinés. 


30  L-    JOUUIN. 

J'ai  indiqué  comme  synonyme  à  cette  espèce  VOdopus  mem- 
hranaceus  Quoy  et  Gaimard.  Je  ne  l'ai  fait  qu'avec  un  certain 
doute  pour  les  raisons  que  l'on  va  lire. 

D'abord  je  n'ai  pas  eu  sous  les  yeux  la  planche  originale  de 
ces  deux  auteurs,  mais  seulement  la  reproduction  modifiée  que 
Férussac  et  d'Orbigxy  en  ont  donnée  dans  leurs  Céphalopodes 
acétahidifères. 

Or,  dans  cet  ouvrage  se  trouve  une  figure  (G.  Poulpe, 
pi.  XXVIII,  fig.  1  et  2)  qui  est  fort  mauvaise,  mais  cependant 
se  rapproche  assez  de  l'aspect  général  de  l'animal  que  j'ai  étu- 
dié. Dans  cette  figure  on  peut  voir,  à  mi-chemin  entre  l'œil  et 
le  bord  de  l'ombrelle,  une  tache  noire,  ovale,  entourée  d'un 
cercle  blanc,  et  celui-ci  d'un  liseré  bleu,  qui  est  précisément  la 
caractéristique  la  plus  saillante  de  la  description  de  Brock  ;  les 
dimensions  des  bras,  la  forme  générale  du  corps  se  rapportent 
très  bien  à  cette  espèce,  sauf  un  détail,  la  présence  d'une 
nageoire  membraneuse  sur  le  côté  droit  du  sac  viscéral.  L'au- 
teur n'a  pas  pu  découvrir  trace  de  cette  nageoire  du  côté  gauche. 
Comme  cette  asymétrie  n'est  pas  admissible,  il  est  très  vraisem- 
blable d'admettre  que  la  nageoire  en  question  n'est  que  le  résul- 
tat d'une  contraction  inégale  de  la  peau  due  à  l'action  de  l'alcool. 
Ce  caractère  ne  me  paraît,  de  ce  fait,  d'aucune  valeur. 

Mais,  d'autre  part,  le  texte  de  Férussac  et  d'Orbigny 
ne  coïncide  absolument  pas  avec  la  figure  qu'ils  donnent  de 
ce  poulpe  d'après  Quoy  et  Gaimard.  Voici  en  eff'et  quelques 
passages  extraits  du  texte  (page  44)  :  «  Le  dessous  du  corps  est 
presque  blanc  argenté  ou  satiné,  avec  quelques  points  rouge 
brun  très  espacés;  l'intérieur  de  l'ombrelle  parait  blanc;  mais 
un  caractère  singulier,  dont  nous  ne  trouvons  d'analogue  que 
dans  VOdopus  lunidatus,  et  qui  a  échappé  à  la  sagacité  des 
savants  voyageurs,  car  ils  n'en  font  pas  mention  dans  leur  des- 
cription ni  dans  leur  figure,  est  celui  d'avoir  à  la  base  et  entre 
les  bras  latéraux  une  très  larsfe  tache  noire,  ovale,  absolument 


CÉPHALOPODES   d'aMBOINE.  31 

semblable,  de  chaque  côté  du  corps.  Dans  cette  tache  est  un 
cercle  de  même  forme,  plus  petit,  formé  d'une  ligne  élevée  qui  me 
paraît  avoir  été  blanche;  et  au  centre  se  trouve  une  tache  plus 
claire.  » 

Ces  trois  dernières  lignes  ne  répondent  pas  à  la  figure  que 
donnent  Férussac  et  d'Orbigny,  ni  à  l'échantillon  que  j'ai 
observé,  lequel,  sous  ce  rapport,  concorde  avec  la  figure  de  ces 
deux  auteurs.  La  contradiction  est  évidente  entre  le  texte  et  la 
figure  de  ces  deux  savants  naturalistes. 

Octopus  Amhoinensis  Brock  1887. 

Je  n'ai  observé  qu'un  seul  échantillon,  probablement  femelle, 
de  cette  espèce. 

Le  corps  est  fusiforme,  très  blanc  par  suite  de  l'excessive 
réduction  des  chromatophores.  Les  bras  sont  ronds  et  grêles,  les 
ventouses  petites,  nombreuses  et  très  régulièrement  alignées. 

DIMENSIONS    EN    MILLIMÈTRES 

Longueur  totale 101 

»        jusqu'à  la  naissance  des  bras 18 

»        jusqu'au  bord  du  manteau  (ventral) 1.^ 

Largeur  maximum  du  sac  viscéral 8 

Longueur  de  la  Ire  paire  de  bras 33 

>.     2nie           .             52 

»     3>i>e           ,,             76 

j>             »     4'n«           «            47 

Hauteur  de  l'ombrelle 6 

Longueur  de  la  partie  extérieure  de  l'entonnoir G 

Ce  petit  poulpe  est  de  forme  très  élégante,  et  ne  manque  pas 
de  rapports  avec  Parasira  caréna.  Il  est  extrêmement  peu 
coloré,  et  doit  être,  sur  le  vivant,  presque  hyalin.  On  observe 
sur  le  dessus  des  yeux  deux  grandes  taches  vert  foncé,  en  forme 
de  croissants.  Sur  la  face  dorsale,  au  bas  de  chaque  renflement 
oculaire,  on  observe  un  gros  chromatophore  violet;  entre  les 


32  L.    JOUBIN. 

deux  yeux,  sur  le  dessus  de  la  tête,  il  y  en  a  quatre  petits  occu- 
pant les  angles  d'un  carré. 

Sur  le  premier  et  le  deuxième  bras  dorsal,  on  observe  deux 
rangs  de  petits  chromatophores  rouges,  régulièrement  alignés, 
et  montant  tout  le  long  de  ces  bras.  Sur  le  troisième  bras  il  n'y 
en  a  qu'un  seul  rang  médian,  qui  ne  me  paraît  pas  monter  jus- 
qu'à la  pointe.  Sur  le  quatrième  bras  on  n'en  observe  que  quel- 
ques-uns, situés  tout  à  fait  à  la  base,  derrière  l'entonnoir,  et 
encore  leur  présence  ne  me  paraît  pas  absolument  démontrée. 

Sur  le  sac  viscéral  je  n'ai  pu  trouver  qu'un  très  petit  nombre 
de  chromatophores,  une  vingtaine  tout  au  plus,  situés  à  la  pointe 
postérieure  ;  il  n'y  en  a  pas  un  seul,  ni  sur  les  côtés,  ni  sur  la 
face  ventrale  du  sac  ;  il  y  en  a  deux  ou  trois  sur  l'entonnoir. 

Les  yeux  sont  fort  saillants,  et  l'orifice  palpébral  tout  petit. 

La  fente  palléale  s'arrête  juste  au  niveau  de  l'ouverture  de 
l'œil. 

La  membrane  de  l'ombrelle  est  tout  à  fait  transparente,  très 
mince,  et  sensiblement  égale  en  hauteur  entre  les  huit  bras. 

Odoptis  Boscii  (^Lesueur)  Hoyle,  1885. 

Je  ne  rapporte  qu'avec  doute  à  cette  espèce  deux  poulpes  de 
petite  taille  qui  me  paraissent  s'en  rapprocher  plus  que  d'au- 
cune autre;  ils  en  diffèrent  cependant  par  deux  caractères; 
les  ventouses  péribuccales  sont  plus  nombreuses  sur  un  seul 
rang  que  dans  les  figures  de  Hoyle;  puis  ensuite  Hoyle  figure 
des  tubercules  en  rosette  sur  la  peau  du  dos  ;  chez  mes  deux 
poulpes  il  y  a  bien  des  tubercules,  mais  ils  ne  sont  pas  ainsi 
frangés.  Cela  tient  peut-être  à  ce  que  ces  deux  Céphalopodes 
sont  plus  jeunes  que  celui  qu'a  figuré  Hoyle.  Ces  deux  carac- 
tères étant  mis  de  côté,  les  autres  détails  de  l'organisation 
répondent  bien  à  ceux  à''Octopîis  Boscii.  Ces  poulpes  ont  aussi 
une  certaine  ressemblance  avec  VOctopus  tuberculatus  de  Blain- 
ville. 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE.  33 

DIMENSIONS    EN    MII.MMÈTRKS  I"  nhaiilill«u.     2"' «hanlilloD 

Loni-'iieur  totale 210  loO 

»        jusqu'à  ia  naissance  des  bras 4o  'M) 

jusqu'au  bord  du  manteau  (ventral) 'X\  iO 

Largeur  maximum  du  sac  viscéral 28  17 

Longueur  de  la  Ire  paire  de  bras 1  lo  112 

.     2me           »              Mutilé  110 

■>      :{rae             » 145  1-20 

»     3'ne          ..             (liectocotylisé) —  110 

■'     4>ne          „ 140  Mutilé 

Diamètre  maximum  de  la  tête 18  12 

'         entre  les  deux  yeux 15  12 

Longueur  de  la  partie  externe  de  l'entomioir 17  i» 

')        de  l'hectocotyle —  3 

Femelle.  Mâle. 

Ces  deux  échantillons,  de  sexes  différents,  ne  présentent 
aucune  différence  marquée  en  dehors  du  bras  hectocotylisé  et 
de  la  taille  un  peu  plus  faible  chez  le  mâle.  L'hectocotyle  est 
petit,  mais  la  membrane  longitudinale  de  ce  troisième  bras  droit 
est  très  développée.  La  couleur  est  d'un  brun  verdâtre;  sur  le 
dos  du  sac  on  observe  de  nombreux  tubercules  plus  ou  moins 
rameux,  tandis  que  le  ventre  est  lisse.  Sur  le  dos,  entre  lés 
tubercules,  sur  la  face  externe  des  bras  dorsaux,  la  peau  est 
comme  chagrinée  par  de  nombreux  tubercules  bas.  Sur  les  bras, 
de  distance  en  distance,  il  y  a  des  papilles  rameuses  qui  sont 
bien  développées. 

Les  ventouses  sont  médiocrement  larges;  elles  ont  des  plis 
rayonnant  autour  du  centre,  recouverts  de  toutes  petites 
papilles  ;  un  léger  cercle  membraneux  à  petits  tubercules 
entoure  l'ensemble  de  chaque  ventouse.  Elles  sont  assez  serrées 
sur  les  bras,  très  régulièrement  distribuées,  et  deviennent  très 
nombreuses  à  la  pointe. 

HoYLE  a  recueilli  ses  échantillons  sur  la  côte  sud  de  l'Aus- 
tralie. 

Octopus  inconspicuus  Brock. 

J'ai  reçu  deux  échantillons  de  cette  espèce,  tous  les  deux 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  3 


34  L.    JOUBIN. 

mâles,  à  très  peu  de  chose  près  de  la  même  taille.  Leur  diagnose 
a  été  facile  à  établir  avec  la  description  de  Brock  (page  603), 
dont  ils  ne  s'écartent  que  par  des  détails  secondaires. 


DIMENSIONS    EN    MILLIMETRES 

Longueur  totale  du  corps  y  compris  les  bras 160 

du  corps  jusqu'à  la  naissance  des  bras 37 

•         du  sac  viscéral  jusqu'au  bord  palléal 22 

Largeur  niaxinium  du  sac 19 

Longueur  de  l'entonnoir 18 

»         du  1er  liras  (dorsal) 72 

2rae     ,, 120 

3me     •>      70 

4me    >,     (ventral  ) 85 

Hauteur  de  l'ombrelle 12 

Longueur  de  la  partie  bectocotylisée  du  Sme  bras 3 


Dans  un  des  échantillons  la  neuvième  ventouse  du  bras  hecto- 
cotylisé,  en  comptant  à  partir  de  la  bouche,  est  beaucoup  plus 
grande  et  plus  plate  que  celles  qui  la  précèdent,  et  un  peu  plus 
grande  que  celles  qui  la  suivent  immédiatement.  C'est  d'ail- 
leurs à  partir  de  ce  même  point  que,  sur  les  autres  bras,  les  ven- 
touses s'accroissent  beaucoup  en  diamètre.  On  peut  comparer 
cette  disposition  à  celle  qui  a  été  figurée  par  Férussac  et 
d'Orbigny  pour  Octopus  Fontanianus  d'Orbigny  (voir  Céphalo- 
podes acétabulifères,  pi.  XXVIII,  fig.  v). 

Il  n'y  a  pas  grand'chose  à  ajouter  à  la  description  de  Brock, 
si  ce  n'est  l'aspect  gélatineux  et  semi-transparent  de  la  peau 
chez  ce  Céphalopode.  Cela  est  si  marqué  sur  les  bras  que  les 
ventouses  sont  enfoncées  jusqu'à  leur  orifice  dans  ce  tissu 
d'aspect  infiltré  et  aqueux.  Cette  peau  est  molasse,  et  rappelle 
un  peu  l'aspect  de  ce  même  tissu  chez  VAlloposus  mollis  Verrill. 
C'est  ce  qui  donne  au  sac  et  aux  bras  de  cet  animal  un  aspect 
ramassé  et  trapu  qu'il  n'aurait  pas  sans  cette  peau  tuméfiée.  Cette 
disposition  n'est  qu'assez  vaguement  indiquée  par  le  profil  de 
l'animal  donné  par  Brock  dans  la  figure  4  de  sa  planche  XVI. 


CEPHALOPODES    D  AMBOINE.  OL» 

Odopus  marnioratus  Hoyle,  1886. 

C'est  encore  avec  un  certain  doute  que  je  me  décide  à  rappor- 
ter à  cette  espèce  un  poulpe  d'Amboine  qui  lui  ressemble  par 
beaucoup  de  points,  mais  s'en  écarte  par  quelques  caractères 
dont  le  principal  est  la  longueur  des  bras,  qui  sont,  proportion- 
nellement au  corps,  beaucoup  plus  longs  dans  les  exemplaires 
de  Hoyle  que  dans  le  mien.  Il  est  vrai  que  les  individus  obser- 
vés par  Hoyle  provenaient  des  îles  Sandwich,  et  que  l'on  peut 
admettre  que  ce  sont  deux  variétés  locales  d'une  même  espèce. 
Peut-être  eût-il  été  préférable  d'établir  pour  mon  individu  une 
nouvelle  espèce,  mais  je  laisse  à  d'autres,  mieux  informés,  ce  soin. 

Le  corps,  arrondi,  un  peu  allongé,  est  blanchâtre  sur  la  face 
ventrale,  et  plus  foncé  sur  la  face  dorsale,  où  il  est  aussi  fort 
grenu,  tandis  que  le  ventre  est  lisse.  Les  verrues  sont  tantôt 
rondes,  entre  les  bras  et  les  yeux,  sur  le  milieu  du  dos,  tantôt 
allongées,  sur  la  limite  entre  le  dos  et  le  ventre,  en  arrière  des 
yeux.  On  voit  très  nettement  sur  cet  échantillon  les  marbrures 
que  Hoyle  a  figurées,  et  qui  sont  dues  à  des  chroraatophores 
plus  ou  moins  serrés,  ce  qui  donne  l'apparence  d'une  sorte  de 
réseau.  Sur  le  dessus  des  yeux  sont  deux  cirrhes  que  Hoyle 
mentionne  dans  sa  description,  mais  ne  donne  pas  sur  la  figure  ; 
ce  sont  les  seuls  du  corps. 

La  membrane  ombellifère  n'existe  pour  ainsi  dire  pas  entre 
les  bras  dorsaux,  tandis  qu'elle  est  très  haute  entre  les  bras 
latéraux  et  ventraux.  Elle  envoie  un  prolongement  membraneux 
seulement  sur  les  bras  ventraux. 

Une  tache  foncée  se  trouve  entre  les  deux  yeux,  en  avant, 
assez  près  de  la  racine  des  bras  dorsaux  ;  mais  ses  limites  sont 
difficiles  à  déterminer  à  cause  de  la  disposition  chagrinée  que  la 
peau  a  prise  à  la  suite  de  l'immersion  dans  l'alcool. 

L'ouverture  palléale  ne  va  pas  jusqu'au  bord  interne  des 
yeux. 


36  h,   JOUBIN. 

Voici  le  tableau  des  mesures  que  j'ai  relevées  sur  cet  échan- 
tillon, qui  est  un  mâle,  pourvu  de  son  hectocotyle. 

DIMENSIONS    EN    MILLIMKTRES 

Longueur  totale 145 

»        du  sac  viscéral  (face  ventrale) 33 

Largeur  maximum  du  sac  viscéral 24 

de  la  tête 14 

>               )          entre  les  deux  yeux 16 

Longueur  du  1"  bras 81 

,              2™®     >  92 

3-"«     »    86 

»               3"»^     »    hectocotylisé 72 

,)              4™^     » 92 

Hauteur  de  l'ombrelle  dorsale • 2  à  3 

»                  »            ventrale 18 

Longueur  de  Tentonnoir .- 15 

»        de  ['hectocotyle 3à4 

Octopus  Duplex  B.oy\e^  1885. 

Voici  encore  un  poulpe  auquel  je  ne  me  décide  à  donner  le 
nom  (ïOctojms  Buinlex  qu'après  de  nombreuses  hésitations.  Il  n'a 
en  effet  aucun  caractère  bien  tranché  ;  il  est,  pourrait-on  dire, 
dans  la  «  moyenne  »  pour  toutes  ses  mesures  et  les  rapports  de 
ses  dimensions  entre  elles .  J'ai  pensé  d'abord  en  faire  une 
espèce  nouvelle,  mais,  en  comparant  avec  grand  soin  ses  princi- 
paux caractères,  je  me  suis  décidé  pour  le  nom  que  l'on  vient  de 
lire.  Ce  n'est  pas  qu'il  concorde  rigoureusement  avec  la  descrip- 
tion de  HoYLE,  mais  comme  il  n'a  observé  que  des  individus  de 
petite  taille,  que,  d'autre  part,  les  miens  ne  sont  vraisemblable- 
ment pas  adultes,  il  me  parait  sage  d'en  conclure  que  nous  avons 
examiné  tous  les  deux  des  jeunes  qui  peut-être  se  rattacheront 
plus  tard  à  quelque  autre  espèce. 

J'ai  observé  cinq  individus  de  cette  espèce.  Je  donne  ci-des- 
sous les  mesures  du  plus  grand,  qui  est  une  femelle,  et  du  plus 
grand  mâle. 

L'aspect  général  est  assez  bien  celui  qu'a  figuré  Hoyle  pour 


CÉPHALOPODES   d'aMBOINE.  37 

son  Odopiis  Duplex  (pi.  VII,  fig.  5).  C'est  aussi  à  peu  près  la 
taille  du  plus  grand  de  mes  échantillons.  Le  corps  est  violet 
foncé  sur  le  dos,  plus  clair  ou  jaunâtre  sur  le  ventre  et  dans 
l'intérieur  de  l'ombrelle.  Les  chromatophores  sont  très  serrés, 
surtout  sur  le  dos.  Sur  la  face  ventrale  et  sur  le  dos  des  bras  on 
observe  des  chromatophores  isolés  de  distance  en  distance,  plus 
noirs,  et  régulièrement  répartis.  Ils  tranchent  nettement  sur  le 
fond  plus  clair  du  sac,  sur  les  bras  ils  forment  deux  lignes  alter- 
nantes. Plus  les  échantillons  sont  petits,  plus  ils  sont  nets  ;  sur 
le  plus  grand  de  ceux  d'Amboine  ils  sont  masqués  par  le  grand 
nombre  des  chromatophores  violets,  et  on  peut  à  peine  les  dis- 
tinguer. Il  est  fort  possible  que  dans  les  échantillons  arrivés  à 
une  taille  supérieure  ils  ne  soient  plus  du  tout  perceptibles. 

La  peau  est  toute  garnie  de  très  petites  pustules  basses, 
visibles  seulement  sur  le  dos,  la  tête  et  la  base  des  bras  dorsaux. 
Leur  centre  est  blanc,  grâce  à  un  tout  petit  point  excessivement 
réduit  et  un  peu  en  relief;  c'est  en  quelque  sorte  une.  papille 
tuberculeuse  si  peu  mar-quée  que  la  peau  semble  lisse.  Les  bras 
sont  réguliers,  sensiblement  de  la  même  dimension,  et  reliés  à 
leur  base  par  une  ombrelle  peu  élevée^  J'avais  tout  d'abord 
pensé  que  ce  poulpe  pourrait  être  VOdopus  Indiens  Eapp,  mais 
n'ayant  pas  trouvé  sur  l'ombrelle  les  poches  que  figure  d'Orbi- 
GNY  j'ai  renoncé  à  cette  interprétation;  cependant  il  y  a  un 
aspect  général  commun  à  ces  deux  espèces. 

Les  yeux  sont  assez  saillants,  et  surmontés,  comme  l'indique 
HoYLE,  de  trois  petits  tubercules  dont  le  postérieur  est  le  plus 
développé. 

Les  ventouses  sont  de  taille  moyenne,  les  trois  premières  sur 
un  seul  rang,  l'alternance  ne  commençant  à  être  perceptible 
qu'à  partir  de  la  quatrième. 

On  remarque  sur  la  ligne  médiane  ventrale  du  sac  un  sillon 
dû  à  la  contraction  par  l'alcool. 

Le  bras  hectocotylisé  ne  présente  rien  de  remarquable  ;  sa 


38  L.    JOUBIN. 

gouttière  membraneuse  est  bien  développée  ;  l'iiectocotyle  petit. 

Voici  enfin  la  phrase  que  Hoyle  ajoute  à  sa  description  et 
qui  montre  que  les  hésitations  que  j'ai  éprouvées  ont  été  parta- 
gées : 

<  Ail  my  efforts  to  identify  this  with  any  previously  known 
species  hâve  failed,  which  is  the  more  remarkable,  inasmuch  as 
it  présents  no  very  spécial  distinctive  characters.  It  will  ])roba- 
bly  prove  to  be  identical  with  some  of  the  forms  from  the  same 
région  whicli  hâve  hitherto  been  insufficiently  described.  » 

DIMKXSIONS    EN    MILLIMÈTRES  Femelle.       Mâle. 

Longueur  totale 12  49 

«         de  l'extrémité  postérieure  au  boni  (lu  manteau 14  8 

»                    »                  »           au  centre  de  l'œil 21  13 

Largeur  maximum  du  sac 13  8 

»               »          de  la  tète  (compris  les  yeux) 11  7 

Longueur  du  i"  bras 41  29 

2"'«    -     47  34 

3-    »     44  - 

3""=    »    hectocotylisé —  28 

4''«    »     49  33 

Longueur  du  siphon  au-dessus  du  sac  viscéral 7  4 

Les  deux  individus,  un  mâle  et  une  femelle,  décrits  par 
HoYLE,  ont  été  recueillis  dans  la  baie  de  Twolbld,  au  sud-est  de 
l'Australie. 

DÉCAPODES 

Sepioteutliis  Lessoniana  Férussac  et  d'Orbigny,  1826. 

Parmi  les  Céphalopodes  d'Amboine  se  trouve  un  exemplaire 
de  très  petite  taille,  mais  admirablement  conservé,  de  cette  jolie 
espèce,  qui  semble  avoir  une  aire  de  dispersion  fort  étendue.  On 
l'a  déjà  signalée,  d'après  le  relevé  que  j'ai  fait,  dans  divers 
points  du  Grand  Océan,  à  la  Nouvelle-Guinée,  au  Japon,  à  Java, 
à  Triukomali,  à  la  Nouvelle-Zélande;  Hoyle,  dans  son  Beport 


CÉPHALOPODES   d'aMBOINE.  39 

du  Challenger,  la  donne  encore  comme  provenant  des  îles  Fiji 
et  de  Ternate. 

Ce  Mollusque  peut  atteindre  de  fort  grandes  dimensions, 
puisque  d'Orbigny  en  a  mesuré  un  dont  la  longueur  totale  était 
de  819  millimètres.  Voici  les  mesures  de  celui  d'Amboine  : 

DIMKNSIONS    F,N    MII.IJMÈTBES 

Lonjrueur  totale oO 

»         de  l'extréniité  postérieure  au  l)or(l  du  manteau 27 

»                      •                    ■'            au  centre  de  l'ieil ;M 

Largeur  du  corps 10 

de  la  tête H 

»        de  l"(eil  au  bord  de  l'ondjrelle 7 

Longueur  du  1«''  brus 4 

2"-    ..     8 

;{•"«    ..     11 

»              4"'«    ■>     H 

«              tentacule 18 

Diamètre  total  au  poiid  maximum  des  nageoires 16 

Dans  cet  individu,  les  ventouses  du  tentacule  sont  protégées 
par  une  membrane  ondulée  dans  leurs  deux  tiers  postérieurs, 
tandis  que  sur  les  bords  de  la  pointe  des  tentacules  cette  mem- 
brane n'existe  pas,  et  les  ventojiises  sont  plus  serrées  et  plus 
petites. 

Au-dessus  de  chaque  œil  on  aperçoit,  au  niveau  de  l'insertion 
du  tentacule,  un  très  petit  pore;  je  ne  sais  où  il  conduit,  ni  à 
quoi  il  sert. 

Les  crêtes  sous-oculaires  sont  blanches,  en  forme  d'accent 
circonflexe.  Sur  la  face  ventrale  une  tache  blanche  ovale  se  voit 
sur  le  bord  de  chacun  des  deux  yeux  ;  elle  manque  de  chromato- 
phores,  et  a  un  aspect  rude  qui  tranche  sur  le  brillant  de  la  peau. 

Le  corps  est  entièrement  garni  de  chromatophores;  il  n'y  en 
a  cependant  pas  à  la  face  ventrale  des  nageoires.  Ils  sont  parti- 
culièrement abondants  sur  le  dessus  de  la  tête  et  sur  l'insertion 
dorsale  des  nageoires.  L'ensemble  du  corps  est  rosé,  les  chro- 
matophores d'un  violet  foncé. 


40  L.    .TOUBIN. 

Chiroteuthis  Picteti  n.  sp. 

(PI.  let  II.) 

DiAGNOSE.  Animal  elongatum,  semi  pellucidum,  acummàtum. 
Caput  pro  magnitudim  corports  parvum,  cijlindrlmm,  oculis 
satis  magnis;  hrachia  et  tentaada  ut  in  Chiroteuthis  Veranyi 
dJ'Orhigny,  sed  cupulœ  extremitatis  tentaculorum  non  spherulam 
nigram  ferimt.  Pinnœ  non  terminales^  rotundatœ,  in  dorso  con- 
junctœ;  corpus  longe  suh  alis  exfensimi.  Gladius  tenuis  cujus 
paries  latérales  in  medio  coalescentes  et  recurvœ  tubuliim  for- 
mant, apertura  ovata,  superlore,  obliqua  apertum. 

J'ai  reçu  de  cette  espèce  deux  échantillons  malheureusement 
en  fort  mauvais  état,  malgré  la  fixation  dans  l'acide  picrique. 
Dans  les  deux  exemplaires  la  tète  et  les  bras  étaient  séparés,  au 
niveau  de  la  base  du  siphon,  du  reste  du  corps,  de  sorte  qu'il 
était  difficile  tout  d'abord  de  se  rendre  compte  à  quel  corps 
appartenait  chaque  tète.  A  quelques  indices  j'ai  pu  cependant 
reconstituer  les  deux  animaux  entiers. 

Ces  deux  Céphalopodes  devaient  avoir  une  forme  et  un  aspect 
des  plus  beaux  lorsqu'ils  étaient  vivants.  Ils  sont  plus  élancés  et 
de  dimensions  plus  élégantes  que  le  Chiroteuthis  Veranyi  d'Or- 
bigny,  et  surtout  que  le  Chiroteuthis  îacer^osa  Verrill;  d'après  ce 
que  j'ai  pu  constater  sur  ces  animaux  conservés  dans  l'alcool,  le 
corps  était  absolument  transparent,  bleu,  à  reflets  irisés  verts  et 
jaunes  sur  la  tête,  principalement  dans  le  voisinage  des  yeux.  Des 
taches  rouges  et  violettes  étaient  certainement  apparentes  sur 
les  bras,  comme  on  peut  en  juger  là  oii  les  chromatopliores  ont 
été  conservés. 

Malheureusement  la  déchirure  du  corps  au  niveau  du  siphon 
-a  détruit  la  plupart  des  viscères,  de  sorte  qu'il  est  à  peu  près 


CÉPHAI.OPODES    d'aMBOINE.  41 

impossible  de  se  rendre  compte,  dans  leur  état  actuel,  de  la  dis- 
position des  organes. 

Ces  deux  échantillons  n'étaient  pas  de  même  dimension,  bien 
que  très  grands  tous  les  deux.  J'ai  iiguré  le  plus  petit  des  deux 
en  entier,  et  donné  un  simple  contour  du  sac  viscéral  avec  la 
nageoire  de  l'autre,  sensiblement  plus  grand.  On  peut  se  rendre 
compte  par  ces  deux  dessins  (PI.  I  et  fig.  2,  PI.  II)  que  la  forme 
de  la  région  abdominale  est  un  peu  différente  dans  les  deux 
types;  c'est  peut-être  une  variation  sans  importance,  ou  bien 
cela  tient  à  une  différence  de  sexes;  je  ne  puis  rien  affirmer 
relativement  à  ce  dernier  point,  n'ayant  pu  constater  la  nature 
des  glandes  génitales  que  sur  le  plus  grand  des  deux,  qui  est  une 
femelle;  elles  étaient  complètement  absentes  dans  l'autre.  En 
tout  cas,  sur  aucun  des  deux  animaux  je  n'ai  ti'ouvé  trace  d'hec- 
tocotylisation. 

A.  part  cette  différence  entre  les  deux  abdomens,  la  tête  et  les 
bras  étaient  absolument  identiques  dans  tous  leurs  détails,  et  ce 
qui  sera  dit  de  l'un  se  rapporte  à  l'autre. 

Avant  de  décrire  ces  animaux  il  est  nécessaire  de  dire  que.je 
n'ai  trouvé,  parmi  les  Céphalopodes  actuellement  connus,  aucune 
autre  espèce  qui  s'y  rapporte.  C'est  bien  évidemment  un  Chiro- 
teufhls,  mais  à  première  vue  il  est  certain  que  ce  n'est  ni  Ch. 
BomplamU  Verany,  ni  Ch.  Veranyi  d'Orbigny.  On  ne  peut 
non  plus  les  rattacher  à  Ch.  lacertosa  Verrill;ils  en  diffèrent  par 
la  forme  du  corps  qui,  dans  l'espèce  d'Amboine,  est  prolongé  au 
delà  de  la  nageoire,  par  un  abdomen  cylindrique,  qui  manque 
dans  Ch.  lacertosa;  la  plume  est  aussi  bien  différente  dans  les 
deux  espèces,  de  même  que  la  forme  du  corps  et  des  bras. 

Ce  qui  se  rapproche  le  plus  de  notre  espèce,  c'est  le  fiagment 
de  plume  décrit  par  Hoyle  dans  son  Report  du  Challenger; 
mais,  là  encore,  il  y  a  des  caractères  différents  dans  les  deux  cas, 
ce  qui  fait  que  l'espèce  innommée  de  Hoyle,  et  dont  il  n'a  d'ail- 
leurs pas  vu  autre  chose  que  des  fragments  de  la  plume,  ne  doit 


42  L.    JOUBIN. 

pas  se  confondre  avec  celle  d'Amboine,  avec  laquelle  cependant 
elle  paraît  avoir  des  points  de  ressemblance. 

DIMENSlOiNS    EN    MILLIMÈTRES  ("  cch3iitillOD       J-*  rchantilloa. . 

Longueur  totale  non  compris  les  tentacules 423  570 

»           »       y  compris  les  tentacules 920  1035 

»           I)      du  sac  viscéral 190  235 

Diamètre  maximum  du  sac  viscéral 32  38 

»         minimum               »             6  7 

»         de  la  nageoire 70  82 

Hauteur              <>            78  81 

Diamètre  maximum  entre  les  deux  yeux 35  37 

à  la  naissance  des  bras 28  30 

Longueur  de  la  plume 230 

du!"  bras 110  128 

2">«    > 145  168 

S-»" 148  182 

»             4"'«    .     257  285 

»              tentacule 650  710 

»         de  la  palette  lentaculaire 143  162 

Forme  du  sac  viscéral  (PI.  I  et  PI.  II,  fig.  2).  Le  sac  viscéral 
se  compose  de  deux  parties  ;  l'une  large,  surmontant  la  nageoire, 
l'autre  grêle,  cylindrique,  commençant  à  peu  près  au  niveau  de 
la  nageoire,  contre  laquelle  elle  est  appliquée  et  saillante,  et  qui 
la  dépasse  de  plusieurs  centimètres  dans  la  région  inférieure. 

La  partie  supérieure  du  sac  est  celle  qui  renferme  les  vis- 
cères, on  y  peut  voir,  malgré  l'état  déplorable  des  échantillons, 
des  branchies  courtes,  une  petite  poche  du  noir  avec  des  replis 
lamelleux  dans  l'intérieur  du  réservoir  ;  j'y  ai  aussi  trouvé  des 
lamelles  triangulaires  empilées  qui  me  paraissent  avoir  appar- 
tenu à  des  glandes  nidamentaires.  Cela  dans  le  plus  petit 
échantillon,  celui  qui  a  été  figuré  en  entier  et  qui,  par  consé- 
quent, serait  une  femelle  ;  mais  je  n'ose  affirmer  ce  point.  Dans 
le  plus  grand  j'ai  trouvé  des  fragments  d'ovaire  remplis  de  petits 
œufs  ;  c'est  donc  sûrement  une  femelle. 

Dans  le  plus  petit  échantillon  la  partie  du  sac  supérieure  à  la 
nageoire  est  un  peu  plus  longue  et  plus  grêle  que  dans  le  grand 


CÉPHALOPODES   d'AMBOINE.  48 

échantillon,  où  elle  est  légèrement  plus  courte  et  plus  renflée. 

La  partie  de  l'abdomen  qui  est  accolée  à  la  nageoire  est  cylin- 
drique, grêle,  va  d'abord  en  se  rétrécissant  rapidement,  puis  se 
dilate  ensuite  un  peu  jusqu'à  la  fin  de  la  nageoire,  où  elle  se 
rétrécit  enfin  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  du  corps.  Dans  le 
plus  grand  Chiroteuthis  (PI.  II,  fig.  2)  cette  portion  de  l'abdomen 
située  au  delà  de  la  nageoire  a  une  longueur  égale  à  celle  qui 
est  accolée  à  la  nageoire  ;  dans  le  plus  petit  Chiroteuthis  (PI.  I) 
cette  portion  ultime  de  l'abdomen  n'est  égale  qu'à  ',3  de  la 
hauteur  de  la  nageoire.  A  part  cela,  la  disposition  générale  du 
sac  viscéral  est  la  même  dans  les  deux  cas. 

L'ouverture  supérieure  du  sac  présente,  dans  les  deux  échan- 
tillons, un  prolongement  en  pointe  de  la  région  dorsale  renfer- 
mant la  tête  de  la  plume.  Une  légère  échancrure  symétrique 
marque  le  milieu  du  bord  ventral.  Dans  le  petit  individu  cette 
région  de  l'ouverture  du  sac  est  plus  évasée  que  dans  le  grand 
échantillon. 

Toute  cette  portion  grêle  du  sac,  à  partir  du  haut  de  la 
nageoire,  était  absolument  transparente,  tandis  que  la  portion 
supérieure,  large  et  contenant  les  viscères,  devait  être  plus 
opaque;  elle  est  aussi  très  musculaire,  tandis  que  la  portion 
grêle  est  tout  à  fait  dépourvue  de  muscles,  comme  j'ai  pu  m'en 
assurer.  Il  n'y  a  pas  autre  chose  dans  la  partie  grêle  du  sac  que 
du  tissu  conjonctif  aréolaire  sous-cutané,  renfermant  de  nom- 
breux vaisseaux,  et  en  son  axe  la  plume  elle-même  fort  trans- 
parente. Cet  aspect  vitreux  s'est  conservé,  malgré  l'action  de 
l'alcool,  dans  toute  cette  partie  du  corps,  tandis  que  la  partie 
supérieure  ainsi  que  la  nageoire,  qui  contiennimt  des  muscles 
en  abondance,  sont  devenues  complètement  opaques. 

La  nageoire.  Elle  est  ti-ès  développée  dans  ces  deux  Cépha- 
lopodes, placée  dans  la  région  moyenne  de  l'abdomen,  dont  elle 
occupe  en  longueur  environ  un  tiers  dans  le  grand  échantillon, 
deux  cinquièmes  dans  le  plus  petit.  C'est  une  large  lame  plate. 


44  L.    JOUBIX. 

un  peu  ondulée  sur  ses  bords,  et  qui  est  formée  de  lamelles  mus- 
culaires empilées,  séparées  par  du  tissu  conjonctif.  Des  stries 
marquent  sur  les  deux  surfaces  de  la  nageoire  la  disposition  de 
ces  lamelles  musculaires. 

Dans  le  grand  écliantillon  la  nageoire  est  sensiblement  ronde, 
et  se  prolonge  un  peu  en  bas  sur  le  dos  de  l'abdomen  caudal. 

Dans  le  petit  échantillon  la  nageoire  est  un  peu  plus  haute 
que  large  et  elle  est  arrêtée  brusquement  en  bas.  Elle  diffère 
seulement  par  ces  deux  détails  secondaires  du  même  organe 
chez  l'autre  individu  observé. 

D'après  les  légers  plis  de  la  surface  de  cette  nageoire,  je 
pense  qu'elle  devait  fonctionner  comme  une  hélice,  et  être  ani- 
mée d'ondulations  verticales. 

Les  muscles  de  cette  nageoire  sont  formés  de  lames  muscu- 
laires empilées,  alternativement  longitudinales  et  transversales, 
mêlées  à  un  peu  de  tissu  conjonctif.  Les  lames  longitudinales  se 
dichotomisent  toutes  à  une  certaine  distance  de  l'axe  de  la 
nageoire,  puis  encore  un  peu  plus  loin,  et  ainsi  de  suite,  de  façon 
à  augmenter  la  surface  de  la  nageoire  à  mesure  que  l'on  s'ap- 
proche de  son  bord. 

La  peau  de  la  nageoire  n'était  conservée  que  sur  des  espaces 
très  restreints,  de  sorte  quïl  est  difficile  de  dire  quelle  était  la 
répartition  des  chromatophores. 

L'entonnoir.  Cet  organe  est  fort  petit  par  rapport  à  la  dimen- 
sion générale  du  corps.  Il  n'a  guère  plus  de  25  millimètres 
en  hauteur  et  en  largeur  ;  son  oritice  supérieur  est  en  forme  de 
tube  étroit,  courbé  vers  le  ventre;  son  oritice  inférieur  ne  s'en- 
fonce que  très  peu  dans  lïntérieur  du  sac  viscéral.  Le  bord 
libre,  ventral,  de  cet  organe  est  mince,  et  présente  trois  courbes 
rentrantes,  séparées  par  deux  pointes  saillantes,  symétriques, 
sur  chacune  desquelles  est  placé  un  organe  de  fixation. 

Cet  appareil  tixateur  se  compose  de  deux  surfaces  concaves 
ovales,  à  bord  aplati,  ayant  5  à  6  millimètres  dans  leur  plus 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE,  45 

grand  diamètre,  et  pourvues  de  trois  tubercules  saillants,  dont 
les  deux  inférieurs  sont  fusionnés.  Cela  ressemble  vaguement 
au  pavillon  d'une  oreille.  Au-dessus  est  une  languette  triangu- 
laire, aiguë,  cartilagineuse.  (PI.  II,  fig.  15.) 

Sur  le  bord  interne,  ventral,  du  sac  viscéral,  tout  à  fait  à  la 
limite  marginale,  se  trouvent  les  deux  cartilages  destinés  à 
entrer  dans  les  cavités  ci-dessus  indiquées.  Ils  ont  la  forme  de 
pyramides  quadrangulaires,  dont  deux  faces  seraient  légèrement 
excavées  pour  recevoir  les  tubercules  de  la  fossette  concave.  La 
base  a  3  à  4  millimètres  de  largeur.  (PI.  II,  tig.  16.) 

A  l'intérieur  de  l'entonnoir  on  remarque  une  languette  valvu- 
laire  bien  nette,  mais  peu  développée,  surmontée  d'une  fossette 
])rofonde.  Latéralement  on  trouve  dans  l'entonnoir  deux  replis 
épithéliaux,  analogues  à  ceux  qui  ont  été  figurés  pour  Loligo 
Pldefi.  (PI.  IV,  fig.  10.) 

La  paroi  musculaire  de  l'entonnoir  est  peu  développée,  c'est 
un  organe  évidemment  faible,  et  qui  ne  doit  pas  être  d'une 
grande  utilité  pour  la  locomotion  de  l'animal.  Les  appareils  de 
fixation  ne  sont  pas  non  plus  bien  forts,  et  il  est  à  croire  qu'ils 
ne  produisent  qu'une  adhérence  peu  solide  entre  l'entonnoir 
et  le  bord  du  manteau. 

La  tête  est  cylindrique,  fort  allongée,  munie  de  deux  gros 
yeux  saillants.  Sa  coloration  doit  être  fort  belle  sur  l'animal 
vivant,  car  on  y  remarque  encore,  même  après  ce  long  séjour 
dans  l'alcool,  une  vive  coloration  irisée  en  vert  et  en  jaune.  Au- 
dessus  et  autour  des  yeux,  du  côté  dorsal,  on  remarque  une  zone 
plus  foncée,  pigmentée  en  vert  bleuâtre. 

Les  yeux  sont  aussi  revêtus  de  couleurs  métalliques  cuivrées, 
rouges  et  vertes,  très  intenses.  Le  cristallin  présente  des  zones 
concentriques,  rouge  et  bleu  verdâtre,  qui  lui  donnent  un  très 
singulier  aspect.  L'œil  est  maintenu  par  une  sorte  de  paupière 
oblique  inférieure,  formant  comme  une  demi-cupule  de  soutien, 
qui  monte  jusqu'au  niveau  de  l'orifice  central  pupillaire. 


46  L.    JOUBIN. 

Ces  yeux  et  la  tête  ne  diffèrent  pas  sensiblement  de  ce  que 
Ton  observe  dans  les  autres  espèces  de  Chiroteidhis.  Peut-être 
seulement  la  tête  est-elle  un  peu  plus  svelte  et  plus  grêle, 
comme  d'ailleurs  le  reste  du  corps. 

Membrane  buccale  (PI.  II,  fig.  3).  C'est  une  vaste  mem- 
brane attachée  autour  de  la  lèvre  buccale,  sur  laquelle  elle 
s'insère  ;  elle  s'écarte  de  cette  lèvre  en  se  gonflant,  puis  elle  se 
rétréiîit  en  une  sorte  de  goulot  plus  étroit  qui  est  placé  au-des- 
sus de  l'orifice  buccal.  Cette  sorte  de  cheminée  conique  est 
soutenue  par  des  côtes  saillantes  s'élevant  au-dessus  de  son 
orifice,  qui,  de  ce  fait,  est  dentelé.  Ces  côtes  ne  sont  pas  muscu- 
leuses,  probablement  fort  contractiles  et  érectiles;  il  y  en  a 
sept,  et  elles  sont  reliées  par  une  mince  membrane  à  la  base 
des  bras  qui  les  entourent.  Il  me  paraît  probable  que  ce  tube 
est  fort  élastique,  protractile,  et  que  l'animal  doit  pouvoir  le 
manœuvrer  de  façon  à  recueillir  sur  les  ventouses  des  bras  et 
des  tentacules  les  petits  animaux  dont  elles  ont  pu  se  saisir.  Il 
est  vraisemblable  d'admettre  qu'il  y  a  à  la  pointe  de  ces  côtes 
une  sensibilité  développée  en  vue  de  cette  fonction  spéciale. 

La  première  côte  dorsale,  médiane,  donne  attache  à  deux 
membranes  allant  s'insérer  sur  la  face  dorsale  des  deux  plus 
petits  bras,  les  bras  dorsaux.  Puis,  en  dessous,  les  deux  côtes 
symétriques  (2  et  2')  ont  chacune  à  leur  base  une  membrane 
allant  s'attacher  à  la  face  supérieure  ou  dorsale  des  deuxièmes 
bras.  En  dessous,  les  troisièmes  côtes  symétriques  (3  et  3')  ont 
une  membrane  s'insérant  sur  la  face  ventrale  des  troisièmes 
bras.  Enfin,  en  dessous  on  voit  que  les  quatrièmes  côtes  (4  et  4') 
viennent  également  par  leur  membrane  s'attacher  à  la  face  ven- 
trale des  grands  bras  ventraux. 

Ces  sept  cloisons  forment  comme  autant  de  cordages  qui 
maintiennent  en  place  la  membrane  tubulaire  buccale.  Celle-ci 
est  de  couleur  bleue  ou  violette  intense,  tandis  que  les  côtes  et 
les  cloisons  sont  blanches  et  transparentes.  En  dessous  de  la 


CÉPHALOPODES   d'aMBOINE.  47 

membrane  on  aperçoit  le  commencement  du  bulbe  buccal,  sous 
forme  d'un  anneau  blanc. 

Cette  membrane  buccale  est  plus  développée  que  chez  le 
Chiroteuthis  Veranyl,  où  elle  est  moins  haute  et  où  les  côtes  ne 
sont  pas  saillantes  à  la  pointe,  autant  du  moins  que  l'on  peut 
s'en  rendre  compte  par  les  dessins  de  Verany,  qui  a  observé 
l'animal  vivant,  et  sur  les  échantillons  en  alcool  que  j'ai  étudiés. 

A  l'intérieur  de  la  membrane  buccale  on  peut  voir  sa  surface 
toute  couverte  de  plis  ondulés. 

J'ai  fait  des  coupes  de  cette  membrane  buccale,  et  j'ai  con- 
staté que  les  côtes  saillantes  sont  creuses,  divisées  en  loges  par 
des  cloisons,  et  renferment  de  très  nombreux  vaisseaux  ;  cela 
ressemble  tout  à  fait  à  du  tissu  érectile.  La  membrane  qui  sépare 
les  côtes  est  beaucoup  plus  musculeuse  ;  on  y  rencontre  au  moins 
deux  plans  de  fibres,  les  unes  transversales,  les  autres  circu- 
laires, noyées  dans  un  tissu  conjonctif  compact,  et  entremêlées  à 
de  nombreux  capillaires.  Sur  la  face  profonde  on  remarque  que 
les  plis  cutanés  noirâtres  donnent  en  coupe  des  arborisations 
recouvertes  par  un  épithélium  des  plus  singuliers.  Je  n'ose  me 
prononcer  sur  la  nature  des  cellules  qui  le  composent,  vu  le 
mauvais  état  de  conservation  de  ces  Céphalopodes,  mais  il  m'a 
semblé  que  l'on  se  trouvait  là  en  présence  d'une  grande  quantité 
de  nématocystes.  Toutes  ces  cellules  ont  l'air  écartées  les  unes 
des  autres  ;  elles  sont  arrondies,  à  gros  noyaux,  quelques-unes 
d'entre  elles  toutes  remplies  de  granulations.  Je  ne  sais  que 
penser  exactement  de  ce  singulier  épithélium,  sous  lequel  on 
observe  une  grande  quantité  de  grains  pigmentés  bleuâtres,  for- 
mant une  couche  à  peu  près  continue  dans  toute  l'étendue  de  la 
membrane  buccale.  Ce  sont  eux  qui  lui  donnent  l'aspect  noirâtre 
qu'on  lui  voit  en  regardant  à  l'intérieur  de  la  cavité  supra-buc- 
cale qu'elle  limite. 

La  lèvre  et  le  bec.  Si  l'on  fend  la  membrane  buccale  et  qu'on 
en  rabatte  les  lambeaux,  on  aperçoit  l'entrée  de  la  bouche,  limi- 


48  L.    JOUBIN. 

tée  par  deux  lèvres  circulaires  concentriques.  La  plus  externe 
est  mince,  blanche,  ridée  radialement.  La  plus  interne  est 
épaisse,  charnue,  couverte  de  grosses  papilles  courtes  et  larges 
disposées  en  files  radiales.  Au  centre  de  cette  bouche  est  le  bec, 
dont  on  aperçoit  seulement  les  deux  pointes  des  mandibules,  fort 
acérées,  et  occupant  la  position  ordinaire  de  ces  organes  chez 
les  Céphalopodes. 

La  mandibule  supérieure,  la  plus  courte,  recouverte  par 
l'inférieure,  a  16  millimètres  et  demi  de  longueur,  et  11  milli- 
mètres de  sa  pointe  antérieure  à  sa  pointe  postérieure. 

La  mandibule  inférieure,  recouvrante,  est  formée  de  deux 
parties  dirigées  à  angle  droit  ;  la  pointe  et  le  talon  d'une  part, 
Taileron  de  l'autre.  De  la  pointe  au  bout  du  talon  il  y  a  12  mil- 
limètres; de  la  pointe  à  l'extrémité  de  l'aileron  on  mesure 
11  milhmètres  et  demi.  Le  talon  présente  une  crête  d'insertion 
musculaire  assez  marquée. 

Les  mandibules  de  notre  Chirotetithis  sont  petites  et  relative- 
ment peu  développées  pour  un  Céphalopode  de  cette  grande 
dimension;  elles  sont  aussi  peu  solides,  et  il  n'y  a  de  réellement 
dur  que  les  deux  pointes  aiguës.  Cela  semble  assez  en  rapport 
avec  le  mode  d'alimentation  et  la  petitesse  des  ventouses;  la 
membrane  buccale,  étroite  et  délicate,  ne  permet  pas  non  plus 
l'introduction  de  proies  volumineuses  dans  la  bouche. 

La  radula  (PI.  II,  fig.  9).  Cet  organe  ne  présente  pas 
grand'chose  d'intéressant  à  signaler,  sauf  sa  petite  taille  par 
rapport  à  la  très  grande  dimension  de  l'animal.  On  y  observe 
une  dent  médiane  à  trois  pointes  dont  les  deux  externes  sont 
recourbées  ;  la  première  dent  latérale  est  à  deux  pointes  ;  la  se- 
conde dent  latérale  n'a  qu'une  longue  pointe;  il  en  est  de  même 
de  la  dent  marginale,  oiî  la  pointe  est  fort  longue.  Le  tout  est 
porté  sur  une  membrane  chitineuse  qui  dépasse  latéralement  la 
région  des  dents,  et  présente  sur  ses  bords  un  mince  liseré 
jaune.  L'ensemble  de  la  radula  ne  dépasse  pas  un  centimètre 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE.  49 

de  long  ;  ce  développement  très  faible  est  en  rapport  avec  les 
dimensions  restreintes  du  bec  et  du  bulbe  buccal. 

Les  Iras  (PI.  I,  fig.  1).  Les  bras  de  ce  Céphalopode 
ne  diffèrent  pas  de  la  disposition  qu'ils  affectent  ordinairement 
chez  les  divers  représentants  de  ce  genre  Chiroteiithis.  Ils  sont 
extrêmement  développés  par  rapport  à  la  dimension  totale  du 
corps,  surtout  la  paire  de  bras  ventraux,  qui  est  beaucoup  plus 
grosse  que  les  trois  autres.  Ces  organes  sont,  comme  le  reste  du 
corps,  formés  surtout  de  tissu  spongieux  transparent^  et  les  mus- 
cles y  sont  relativement  peu  abondants  ;  ce  sont  des  bras  bien 
moins  musclés  que  ceux  des  poulpes  qui  sont  des  animaux  beau- 
coup plus  forts  que  ces  délicates  espèces  pélagiques.  Ces  der- 
nières, en  effet,  n'ont  guère  pour  se  protéger  que  leur  transpa- 
rence admirable  et  leur  couleur  d'eau  de  mer  ;  le  peu  de 
muscles  qu'elles  ont  est  affecté  au  service  de  la  nutrition,  et 
encore  de  nombreux  artifices  leur  viennent-ils  en  aide. 

Les  bras  sont  sensiblement  arrondis,  peut-être  un  peu  aplatis 
sur  leurs  faces  en  contact,  mais  surtout  sur  la  face  qui  porte  les 
ventouses  et  que  l'on  pourrait  appeler  buccale.  Ils  se  terminent 
en  pointe  délicate,  qui  est  susceptible  probablement  de  se  dérou- 
ler. Ils  portent  tous  deux  rangs  de  ventouses  alternantes,  les 
deux  ou  trois  plus  voisines  de  la  bouche  n'étant  que  sur  un 
rang.  Vers  la  pointe  des  bras  ces  ventouses  deviennent  excessi- 
vement petites,  à  tel  point  qu'il  est  difficile  de  les  compter  et  de 
voir  si  l'alternance  des  deux  rangs  persiste  ou  s'ils  n'en  forment 
plus  qu'un  seul 

Le  premier  bras  porte  environ  15  paires  de  grandes  ven- 
touses, 20  paires  de  moyennes  et  50  de  très  petites.  Ce  bras  est 
rond  et  dépourvu  complètement  de  membrane  natatoire  ou  de 
carène.  Les  cliromatophores  sont  fort  petits  sur  la  surface 
externe,  mais  plus  grands  entre  les  ventouses. 

Le  deuxième  bras  présente  la  même  disposition  que  le  précé- 
dent, avec  une  très  légère  carène  membraneuse,  à  peine  sail- 

Eev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  4 


50  L.    JOUBIN. 

lante,  dans  la  région  moyenne.  Il  porte  environ  20  paires  de 
grandes  ventouses,  autant  de  moyennes  et  60  très  petites. 

Le  troisième  bras  a  une  épaisse  carène  translucide  bien  mar- 
quée dans  la  région  moyenne,  moins  nette  aux  deux  extrémités. 
On  y  compte  environ  15  paires  de  grandes  ventouses,  20  de 
moyennes  et  70  de  petites,  dont  les  terminales  sont  microsco- 
piques. 

Le  quatrième  bras,  le  plus  grand  de  tous,  a  une  grande  mem- 
brane natatoire  charnue  sur  son  insertion,  mince  et  flottante  sur 
son  bord  libre;  elle  s'étend  dans  toute  la  longueur  du  bras  et 
est  bien  développée  jusqu'à  sa  pointe.  On  y  remarque  que  les 
ventouses  sont  plus  espacées  les  unes  des  autres  que  dans  les 
trois  premiers  bras;  il  y  en  a  18  paires  de  grandes  très  écar- 
tées, s'étendant  jusqu'à  la  partie  moyenne  du  bras,  5  ou 
6  moyennes  seulement  et  un  grand  nombre  de  petites  ventouses 
terminales,  dont  les  15  dernières  environ  semblent  sur  un  seul 
rang,  et  séparées  les  unes  des  autres  par  un  gros  point  noir.  Ces 
ventouses  terminales  sont  tout  à  fait  incolores.  La  ligne  de 
points  vésiculaires  noirs  est  bien  nette,  surtout  à  la  pointe  des 
bras  ;  il  y  en  a  un  entre  chaque  ventouse  du  rang  inférieur,  et 
ceux  de  la  base  sont  situés  plus  profondément  ;  ils  sont  aussi 
plus  gros  et  moins  nets  que  ceux  de  la  pointe  du  bras. 

Les  tentacules  (PI.  I,  fig.  1).  Ces  longs  filaments  pêcheurs 
sont  extrêmement  développés,  et  semblent  plus  solides  que 
dans  les  autres  espèces  de  Chiroteuthis.  Ils  sont  nettement 
arrondis,  complètement  dépourvus  de  chromatophores,  excepté 
dans  la  paroi  de  leurs  ventouses.  Celles-ci  sont  très  plates  et 
vont  être  décrites  un  peu  plus  loin  ;  on  en  trouve  une  à  chaque 
deux  centimètres  environ. 

Les  tentacules  se  terminent  par  une  palette  natatoire,  extrê- 
mement allongée,  légèrement  concave  sur  une  face,  convexe, 
avec  une  arête  longitudinale  saillante,  sur  l'autre.  La  face  con- 
cave est  limitée  latéralement  par  une  membrane  soutenue  par 


CÉPHALOPODES    DAMBOINE.  •    51 

de  nombreux  cartilages  triangulaires  ;  c'est  évidemment  un 
organe  destiné  à  offrir  une  certaine  résistance  à  Teau  lorsque  le 
courant,  frappant  la  face  concave,  étale  la  membrane.  Celle-ci 
sert  également  à  protéger  les  nombreuses  petites  ventouses 
noires  qui  remplissent  la  face  ventrale  concave  de  la  palette. 
Ces  ventouses  sont  disposées  en'  quatre  rangées  longitudinales, 
parallèles,  les  deux  marginales  étant  formées  de  ventouses  à 
pédoncule  fort  long,  tandis  que  les  deux  médianes  sont  à  pédon- 
cule court.  En  outre,  ces  ventouses  sont  disposées  en  lignes 
obliques  de  quatre,  dont  deux  grandes  et  deux  petites,  terminées 
à  leurs  deux  bouts  par  un  cartilage  de  la  membrane  margi- 
nale. La  figure  schématique  (PL  II,  fig.  6)  donne  mieux  Tidée 
qu'une  description  de  cet  arrangement  très  régulier.  Les  sur- 
faces externe  et  interne  sont  recouvertes  de  chromatophores, 
mais  il  n'y  en  a  ni  sur  la  tige  des  ventouses,  ni  sur  les  cartila- 
ges de  soutien  de  la  membrane.  Un  gros  bouton  coloré  termine 
à  sa  pointe  la  palette  tentaculaire  ;  il  m'a  semblé  analogue  à 
celui  de  CkiroteuthisVeranyi  dont  j'ai  fait  ailleurs  la  description. 
Les  ventouses.  A.  Ventouses  des  hras  [V\.  II,  fig.  7).  Ces 
ventouses  sont  toutes  semblables  entre  elles,  à  la  dimension  près, 
sur  les  huit  bras,  et  aussi  bien  à  leur  base  qu'à  leur  extrémité. 
Elles  sont  petites,  pourvues  d'un  pédicule  court  et  grêle,  porté 
sur  un  tubercule  mamelonné,  au  sommet  duquel  il  s'insère.  La 
ventouse  a  une  face  hémisphérique,  tournée  vers  la  pointe  du 
bras  et  une  face  dont  le  pourtour  est  à  trois  angles  arrondis;  c'est 
elle  qui  porte  l'orifice  circulaire.  Celui-ci  est  pourvu  d'un  fort 
cercle  corné  de  couleur  brune,  qui  s'étend  profondément  sous  la 
peau  de  la  ventouse.  Il  n'a  que  des  dents  arrondies,  les  unes, 
très  petites,  au  nombre  de  six  ou  sept,  situées  sur  le  bord  même 
du  cadre  corné,  et  seulement  dans  sa  partie  inférieure  ;  les  autres 
beaucoup  plus  grandes,  en  petit  nombre,  irrégulières,  et  placées 
à  divers  niveaux  dans  l'orifice  de  la  ventouse.  Le  cercle  corné  et 
les  dents  qu'il  porte  m'ont  paru  n'avoir  pas  une  forme  et  une 


52    .  L.    .TOUBIN. 

disposition  bien  constantes.  Il  y  a  des  ventouses  où  les  petites 
dents  marginales  manquent  ;  les  grandes  dents  ne  sont  pas  par- 
tout de  la  même  dimension. 

Le  pédicule,  très  grêle,  s'insère  dans  une  dépression  de  la 
partie  inférieure  de  la  ventouse;  il  est  cylindrique,  strié  lon- 
gitudinalement,  et  s'implante  d'autre  part  dans  une  fossette  du 
mamelon  brachial  limitée  par  un  léger  bourrelet  de  la  peau. 
Les  chromatophores  recouvrent  ce  mamelon,  mais  je  n"en  ai 
pas  vu  sur  le  pédicule  ni  sur  la  ventouse. 

B.  Ventouses  des  tentacules  (PI.  I,  fig.  1).  Tout  le  long 
des  tentacules  sont,  comme  je  l'ai  dit,  réparties  des  ventouses 
sessiles,  très  plates,  en  forme  de  cupules,  colorées  extérieure- 
ment en  brun  foncé  par  de  nombreux  chromatophores.  Ces  ven- 
touses sont  extrêmement  curieuses  et  se  rapprochent  beaucoup 
de  celles  que  j'ai  décrites  dans  une  note  antérieure  chez  CMro- 
teutJiis  Veranyi;  j'ai  fait  allusion,  dans  le  même  travail,  à  ce  que 
Ton  trouve  chez  Ghiroteuthis  Picteti. 

Voici,  très  sommairement  résumée,  la  structure  de  ces  ven- 
touses. Elles  n'ont  ni  pédicule,  ni  cercle  corné  denté,  et  elles 
sont  adaptées  à  une  fonction  toute  particulière.  Elles  sont  for- 
mées d'une  cupule  plate  entourée  de  fibres  musculaires,  consti- 
tuant un  bourrelet  périphérique  élastique  et  contractile,  tapissées 
en  dedans  par  un  épithélium  spécial  et  en  dehors  recouvertes 
de  peau  avec  chromatophores.  C'est  l'épithélium  interne  qui  fait 
l'originalité  de  l'appareil;  il  est  modifié  en  un  réseau  protoplas- 
mique,  extensible  selon  toute  apparence,  tout  criblé  de  petites 
vacuoles,  contenant  quelques  noyaux.  Ce  réseau  doit,  d'après 
son  aspect  et  sa  structure,  être  extrêmement  contractile  ;  il  dé- 
borde largement  la  cavité  de  la  ventouse,  et  sert  évidemment  à 
engluer  les  petits  êtres  qui  passent  à  sa  portée.  Comme  les  ten- 
tacules sont  des  organes  fort  longs,  toujours  en  mouvement,  et 
que  les  ventouses  ainsi  disposées  sont  nombreuses,  il  est  proba- 
ble que  le  Céphalopode  fait  à  l'aide  de  ces  engins  une  pêche 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE.  53 

abondante.  Comment^  une  fois  les  proies  capturées,  l'animal  en 
débarrasse-t-il  ses  ventouses  et  les  introduit-il  dans  sa  bouche? 
Je  considère  comme  probable  qu'il  emploie  à  cet  office  la  mem- 
brane buccale  qui  surmonte  son  bec  ;  elle  est,  comme  nous  l'avons 
vu,  fort  extensible,  munie  de  petites  dents  charnues  délicates,  qui 
vraisemblablement  ont  pour  fonction  de  récolter  dans  le  réseau 
des  ventouses  les  petits  êtres  qui  s'y  trouvent  englués.  Il  est 
bien  entendu  que  ce  ne  sont  là  que  des  suppositions,  mais  qui 
me  paraissent  assez  phiusibles  d'après  ce  que  l'on  peut  induire 
de  la  nature  de  ces  organes. 

C.  Ventouses  de  la  palette  tentaculaire  (PI.  II,  fig.  6).  Ces 
ventouses  sont  fort  petites,  de  couleur  noirâtre,  et  portées 
sur  un  pédoncule  large  à  sa  base,  pointu  au  sommet.  Elles  dif- 
fèrent profondément  de  ce  que  l'on  observe  chez  Chirotetithis 
Veranyi,  où  les  mêmes  ventouses  sont  incolores  et  ont,  au  mi- 
lieu de  leur  pédoncule,  une  grosse  perle  à  côtes  noires.  J'ai  con- 
sidéré, dans  une  autre  publication,  que  la  perle  noire  servait 
d'appât  et  que  la  ventouse  incolore  qui  la  surmonte  complétait 
le  piège  oîi  de  nombreux  petits  êtres  peuvent  se  laisser  prendre. 
Ici  la  ventouse  elle-même  est  entièrement  noire,  et  cumule  par 
conséquent  la  fonction  de  piège  et  d'appât. 

La  ventouse  proprement  dite  se  compose  d'une  armature  de 
chitine  noirâtre,  cylindrique,  ouverte  par  une  large  ouverture 
ovale  à  son  extrémité  supérieure.  Cette  ouverture  est  entourée 
extérieurement  d'un  cadre  frangé,  échancré  au  milieu  et  doublé 
en  dedans  d'une  lamelle  noire  et  cou[)ante  qui  tient  lieu  de 
dents;  au  sommet,  sous  l'échancrure  médiane,  le  cadre  noir  a 
une  dent  mousse  qui  est  comparable,  par  sa  position,  à  la  grande 
pointe  aiguë  que  ChirotentJds  Veramji  présente  à  la  même  place. 

Ces  ventouses  sont  extrêmement  nombreuses  sur  la  palette, 
elles  sont  probablemeiît  très  mobiles  sur  leur  pédicule,  qui 
parait  fort  extensible,  et  doivent  fournir  d'abondantes  récoltes 
à  notre  Céphalopode. 


54  L.    JOURIN. 

La  plume  (PI.  II,  fig.  10  à  14).  Je  n'ai  examiné  qu'une  des 
deux  plumes  entière;  l'autre  était  brisée  et  incomplète.  J'ai  pu 
isoler  celle  du  deuxième  échantillon,  absolument  intacte. 

Sa  longueur  totale  est  de  230  millimètres.  Elle  est  fort 
étroite  sur  les  92  premiers  millimètres,  c'est-à-dire  dans  la 
région  supérieure,  puis  brusquement,  à  peu  près  au  niveau  de 
la  naissance  de  la  nageoire,  elle  s'élargit  et  a  environ  9  milli- 
mètres d'épaisseur  dans  cette  région.  A  partir  de  là  elle  diminue 
insensiblement  de  diamètre  jusqu'à  la  pointe  postérieure  du 
corps,  où  elle  n'a  plus  que  2  millimètres  et  demi  environ.  Au 
point  où  elle  s'élargit  elle  est  largement  ouverte. 

Cette  plume  m'a  paru  occuper  dans  le  corps  une  position  tout 
à  fait  insolite;  au  lieu  d'être  disposée  de  façon  à  ce  que  son  plan 
de  symétrie  soit  dans  le  plan  sagittal,  elle  était  couchée  à  plat 
dans  la  gaine,  de  sorte  que  son  plan  de  symétrie  était  perpendi- 
culaire avec  le  plan  sagittal,  et  coïncidait  avec  celui  des  na- 
geoires. Je  ne  sais  si  c'est  là  une  position  normale,  ou  s'il  faut 
penser  que  cette  plume  a  tourné  de  90°  dans  sa  gaine  par  suite 
des  flottements  et  des  chocs  que  l'animal  a  eu  à  supporter  dans 
ses  voyages  et  pendant  l'examen  que  j'en  ai  fait. 

La  plume  de  ce  Céphalopode  se  rapproche  comme  structure 
des  fragments  décrits  par  Hoyle  dans  son  Report  des  Céphalo- 
podes du  Challenger.  Cependant  il  y  a  quelques  différences  de 
détail  qui  me  font  penser  qu'elles  ne  se  rapportent  pas  à  la  même 
espèce  ;  en  particulier  le  fait  que  les  deux  moitiés  ne  sont  pas 
soudées  en  un  tube  dans  l'espèce  de  Hoyle,  tandis  qu'elles  le 
sont  dans  toute  leur  longueur  chez  Chiroteuthis  Picteti,  de  façon 
à  constituer  un  tube  complet,  me  semble  caractéristique.  On  ne 
trouve  pas  dans  la  plume  de  mon  espèce  un  seul  point  où  la  sec- 
tion produirait  une  figure  semblable  à  la  coupe  4  a,  pi.  XXXI, 
de  resi)èce  de  Hoyle.  En  outre,  sa  figure  2,  même  planche, 
n'a  pas  son  analogue  dans  Chiroteuthis  Picteti. 

Quant  à  Chiroteuthis  lacertosa  Yerrill ,  bien  que  les  coupes  de 


CÉPHALOPODES    d'aMBOINE.  55 

sa  plume  donnent  des  sections  analogues  à  celles  de  Chlroteuthis 
Pïcteti,  on  peut  constater  que  l'ensemble  de  cet  organe  chez  ce 
Céphalopode  est  très  différent  et  ces  deux  espèces,  pour  cette 
raison  encore,  ne  peuvent  être  assimilées. 

Les  figures  12,  13  et  14  (PI.  II)  donneront  beaucoup  mieux 
qu'une  description  détaillée  l'idée  des  rapports  des  parties  de 
la  plume  entre  elles  et  la  disposition  des  rainures  qui  se  remar- 
quent à  sa  surface. 

L'action  de  l'alcool  a  peut-être  influé  sur  sa  consistance  ;  on 
peut  dire  cependant  que  la  partie  supérieure  de  la  plume  est 
très  molle,  tandis  que  la  partie  moyenne,  élargie,  est  plus  solide; 
elle  est  parfaitement  transparente  et  jaune  dans  toute  sa  lon- 
gueur. 

Tissu  contenu  dans  Vintéiieur  du  tube  formé  par  la  plume. 
L'action  de  l'alcool,  en  contractant  les  tissus,  les  détache  de  la 
plume,  qu'ils  remplissent  complètement  sur  le  vivant.  Ce  sont 
des  tissus  mous,  que  l'on  peut  retirer  de  l'intérieur  de  la  plume 
en  entier.  Si  l'on  y  fait  des  coupes  après  coloration  par  le  picro- 
carmin,  on  observe  les  faits  suivants  :  A  la  surface  on  voit  un 
épithélium  à  cellules  cubiques,  à  gros  noyau,  un  peu  plus  hau- 
tes dans  la  région  qui  correspond  à  la  carène  de  la  plume  ;  ce 
sont  elles  qui,  vraisemblablement,  sécrètent  les  couches  inter- 
nes de  la  matière  cornée  qui  compose  la  plume.  Sous  cet  épithé- 
lium se  trouve  une  mince  couche  de  tissu  amorphe,  formant  une 
gaine  continue  tout  autour  du  sac  interne.  Enfin,  à  l'intérieur, 
se  trouve  un  réseau  lâche  de  trabécules  conjonctifs,  fort  irrégu- 
liers, probablement  infiltré  de  liquide,  et  ti'ès  transparent;  il 
remplit  tout  le  sac,  qui,  lui-même,  remplit  toute  la  cavité  de  la 
plume.  A  l'intérieur  de  ce  sac  se  trouve,  conti-e  la  couche  amor- 
phe, un  réseau  de  capillaires  et  de  petits  vaisseaux  superfi- 
ciels. Je  n'ai  pas  pu  suivre  jusqu'en  haut  ces  vaisseaux,  il  me 
paraît  probable  qu'ils  entrent  dans  la  cavité  par  l'orifice  ovale, 
à  bords  ondulés  et  membraneux,  du  tiers  supérieur.  Ces  vais- 


56  L.    JOUBIN. 

seaux,  sur  les  coupes^  sont  remplis  par  une  masse  jaunâtre  coa- 
gulée. 

Lolïgo  Bleekeri  Keferstein. 

J'ai  examiné  un  seul  échantillon,  provenant  d'Amboine,  de  ce 
Loligo,  qui,  jusqu'à  présent,  n'est  connu  que  par  l'individu  figuré 
par  Keferstein,  étudié  ensuite  par  Brock,  et  par  la  notice, 
brève  mais  très  précise,  que  lui  a  consacrée  Appellôf  dans 
ses  Japanska  Cephalopoder.  Il  n'est  actuellement  signalé  qu'au 
Japon  et,  par  conséquent,  constitue  une  espèce  nouvelle  pour 
rindo-Malaisie. 

Voici  la  description  de  l'individu  mâle  que  j'ai  observé  : 

DIMENSIONS    EN   MILLIMÈTRES 

Loiiiriieur  totale 16o 

de  l'extréiiiité  au  bord  médiau  ventral  du  manteau 87 

»                   »            »        dorsal  du  manteau 94 

Hauteur  totale  de  la  nageoire 51 

Diamètre  maximum  de  la  nageoire 53 

»                »          de  la  tête 24 

Hauteur  de  la  tête 17 

>        du  siphon  au-dessus  du  manteau 12 

Diamètre  maximum  du  sac  viscéral 21 

Longueur  du  l*""  bras 33 

-   S'"^    .     39 

3-    »     41 

4'"«    »     38 

tentacule 62 

Un  caractère  des  plus  curieux  de  cet  échantillon  est  que  les 
deux  tentacules,  qui  cependant  sont  de  même  longueur  et  de 
même  diamètre,  sont  tout  à  fait  différents  à  leur  extrémité.  Je 
ne  sais  s'il  faut  considérer  cette  particularité  comme  une  mons- 
truosité; c'est  probable,  car  les  auteurs  que  je  viens  de  citer 
n'en  font  pas  mention. 

Le  corps  est  allongé  et  a  sensiblement  la  forme  d'un  cigare  ; 
son  diamètre  maximum  est  situé  au-dessus  de  la  nageoire,  à 
3  centimètres  environ  du  bord  palléal. 


CÉPHALOPODES    d'aMHOIXE.  57 

La  nageoire  dorsale  n'arrive  pas  jusqu'à  la  pointe  du  corps, 
elle  est  plus  étroite  vers  le  bas  qu'en  haut,  et,  comme  le  dit 
Brock,  elle  a  un  bord  supérieur  plus  court  que  l'inférieur.  Il  y 
a  environ  15  millimètres  entre  les  deux  extrémités  supérieures 
des  deux  nageoires,  à  leur  insertion.  Vers  le  bas  elles  se  rap- 
prochent l'une  de  l'autre  et  sont  fusionnées  vers  la  pointe.  Il  n'y 
a  pas  de  chromatophores  sur  sa  face  ventrale  ;  ils  sont  nombreux 
sur  la  face  dorsale. 

Le  sac  viscéral,  sur  le  bord  ventral  de  son  oritice  supérieur, 
a  deux  pointes  contiguës  au  siphon.  Au  milieu  du  boid  dorsal 
on  remarque  une  pointe  étroite,  très  nette,  saillante,  bien  figu- 
rée par  Appellof. 

La  tête  est  globuleuse,  courte,  et  très  enfoncée  dans  le  sac 
viscéral.  On  y  remarque  plusieurs  détails  intéressants.  A  la  face 
ventrale  une  forte  dépression,  comme  une  sorte  de  niche,  abrite 
le  siphon  ;  cette  cavité  est  entourée  par  une  crête  cutanée,  qui 
forme  un  bord  saillant  à  son  pourtour  ;  elle  se  termine  en  bas, 
vers  le  niveau  moyen  du  siphon,  par  une  sorte  de  dent;  elle  se 
continue  sous  l'œil  par  une  crête  analogue  commençant  aussi 
par  une  dent,  enfin,  passant  sur  la  face  dorsale,  elle  se  relève, 
formant  un  cadre  à  la  moitié  inférieure  de  l'œil.  Elle  se  termine 
là  brusquement.  Mais  sur  le  dos  de  la  tête  elle  rencontre  une 
barre  transversale,  qui  est  encore  une  crête,  interrompue  au 
milieu  par  l'appareil  de  résistance  palléo-céphalique.  En  somme, 
la  tête  est  garnie  d'une  crête  à  peu  près  continue  qui  fait  le  tour 
du  siphon,  passe  sous  les  yeux  et  vient  former  une  bande  sur  le 
dessus  de  la  tête. 

Les  yeux  sont  très  gros  et  s'étendent  depuis  le  bord  du  man- 
teau jusqu'à  la  racine  des  bras.  Au  milieu  du  bord  supérieur  de 
chacun  d'eux,  sur  la  limite  entre  la  paupière  et  la  cornée,  exac- 
tement sous  le  deuxième  bras,  est  un  tout  petit  orifice,  dont 
j'ignore  les  rapports  internes  exacts. 

Le  dessus  de  la  tête  est  pourvu  de  deux  taches  foncées  dues  à 
une  accumulation  très  grande  de  chromatophores. 


58  L.    .TOUBIN. 

Les  bras  n'ont  pas  de  caractères  bien  remarquables  à  noter; 
ils  ont  des  crêtes  natatoires,  et  les  ventouses,  régulièrement  pla- 
cées sur  deux  rangs,  sont  entourées  par  une  mince  membrane 
longitudinale,  soutenue  de  distance  en  distance  par  des  éi)aissis- 
sements  ;  cela  est  particulièrement  développé  dans  le  troisième 
bras,  où  les  ventouses  sont  aussi,  vers  la  pointe  du  bras,  plus 
nombreuses,  ce  qui  altère  leur  arrangement,  régulier  partout 
ailleurs,  en  deux  files  alternantes. 

Le  quatrième  bras  est  hectocotylisé  du  côté  gauche  ;  les  onze 
premières  paires  de  ventouses  à  partir  de  la  base  sont  disposées 
comme  dans  le  bras  correspondant  droit,  mais,  à  partir  de  là, 
c'est-à-dire  vers  le  milieu  des  bras,  elles  s'atrophient  rapide- 
ment et,  au  bout  de  deux  ou  trois  paires,  elles  disparaissent.  On 
ne  voit  plus  alors  que  les  tubercules  basilaires  des  ventouses, 
très  allongés,  mais  terminés  en  pointe.  Ces  deux  séries  de 
papilles  s'étendent  jusqu'au  bout  de  ce  bras  en  diminuant  très 
régulièrement  et  en  alternant  de  même. 

Les  tentacules  sont  très  dissemblables  dans  leur  portion  ter- 
minale. 

Tentacule  droit.  En  coupe  il  est  à  peu  près  triangulaire  ;  à 
partir  du  niveau  où  commencent  les  ventouses,  se  développe  une 
crête  membraneuse  dorsale,  qui  devient  de  plus  en  plus  grande 
à  mesure  que  l'on  s'approche  davantage  de  la  pointe  du  tenta- 
cule. Elle  s'épaissit  aussi  de  façon  à  devenir  charnue.  La  région 
qui  porte  les  ventouses  se  compose  de  deux  parties  :  les  deux 
tiers  inférieurs,  à  ventouses  relativement  grandes,  le  tiers  ter- 
minal, bien  plus  étroit,  à  nombreuses  ventouses  microscopiques. 
La  longueur  totale  occupée  par  les  ventouses  est  d'environ 
22  millimètres.  Les  premières,  à  la  base,  sont  petites,  les  sui- 
vantes sont  plus  grandes  et  ont  environ  2  millimètres  de  dia- 
mètre. Cette  partie  de  la  palette  tentaculaire  est  bordée  par  une 
membrane  soutenue  régulièrement  par  de  petits  tubercules.  Rien 
de  particulier  à  noter  sur  les  cercles  cornés  des  ventouses;  ces 


CÉPHALOPODES  d'aMBOTNE.  59 

organes,  dans  toute  la  longueur  de  la  palette  tentaculaire,  sont 
répartis  sur  quatre  rangs,  très  serrés  à  la  pointe. 

Tentacule  gcmclie.  Tout  en  étant  de  la  même  grosseur  et  à  peu 
près  de  la  même  longueur  que  le  tentacule  droit,  il  en  diffère  ce- 
pendant en  ce  que  la  région  qui  porte  les  ventouses  n'a  que  10 
à  1 1  millimètres  ;  en  outre,  tandis  que  dans  le  tentacule  droit 
cette  région  est  bien  plus  large  que  le  tentacule,  dans  celui-ci  elle 
ne  le  déborde  pas,  et  il  se  continue  en  forme  de  pointe  réguliè- 
rement amincie  comme  uu  poinçon  depuis  sa  base  jusqu'à  son 
sommet.  Les  ventouses  sont  plus  petites,  moins  nombreuses,  et 
ne  se  divisent  pas  en  deux  régions  ;  elles  diminuent  insensible- 
ment du  milieu  de  la  palette  jusqu'à  la  pointe  extrême.  Une  très 
courte  membrane  périphérique  entoure  cette  palette,  qui  n'a 
qu'un  rudiment  de  crête  dorsale  tout  à  fait  à  sa  pointe. 

On  voit  par  cette  description  combien  diffèrent  ses  deux  ten- 
tacules ;  peut-être  y  a-t-il  là  une  modification  spéciale  en  rap- 
port avec  la  génération. 

La  membrane  buccale  est  bien  identique  à  ce  qu'a  décrit 
Brock.  Elle  est  garnie  de  sept  côtes  formant  des  dents  sail- 
lantes sur  son  bord  libre.  La  plus  petite  est  dorsale,  les  deux 
plus  grandes  appartiennent  à  l'avant-dernière  paire.  De  nom- 
breux plisse  voient  à  l'intérieur  de  cette  membrane,  qui  porte 
de  toutes  petites  ventouses  rudimentaires  derrière  les  pointes 
saillantes. 

Sept  minces  replis  cutanés  correspondant  aux  côtes  servent  à 
attacher  cette  sorte  de  ièvi-e  saillante  à  la  racine  des  sept  bras. 
Cela  ressemble  assez  bien^  comme  disposition  générale,  à  ce 
que  j'ai  décrit  et  figuré  plus  haut  pour  Ghiroteuthis  Pïcteti,  à 
part  la  coloration,  qui  ici  est  blanche,  tandis  que  dans  cette 
espèce  précédente  elle  est  violette. 

L'entonnoir,  dont  la  partie  visible  à  l'extérieur  du  manteau 
est  large  et  courte^  est  relié  à  la  tête  par  deux  forts  ligaments. 
En  outre,  sur  ses  bords  il  y  a  deux  longs  cartilages  adhésifs  qui 


60  L.    JOUBIN. 

s'insèrent  sur  deux  très  longs  boutons  saillants  dans  la  cavité 
palléale.  Un  troisième  organe  d'adhésion  se  voit  sur  la  ligne 
médiane  dorsale  du  dos  et  sous  la  pointe  du  manteau.  Les  poches 
latérales  de  l'entonnoir  sont  excessivement  développées,  elles 
contournent  la  masse  viscérale  et  arrivent  jusqu'au  contact  de 
l'organe  adhésif  dorsal.  L'ensemble  de  l'entonnoir  fait  donc 
presque  complètement  le  tour  du  corps. 

Je  ne  puis  rien  dire  sur  la  plume,  n'ayant  pas  voulu  détériorer 
mon  unique  échantillon  pour  l'observer. 

Loligo  Pideti  n.  sp. 

(PI.  III  et  IV.) 

DiAGNOSE.  Corpus  brève,  cylindriciim,  ad  \mrtem  posteriorem 
rotundatum  ;  alis  duabus  separatis,  rohmdatis,  els  Sepiolarum 
simUïbus,  non  extremitatem  posteriorem  attingentïbus,  munitum. 
Capid  corpore  latins;  ocidi  superfldem  capitis  non  superantes, 
iisqiie  ad  basim  brachioriim  attingentes.  Brachia  subœqiialia  ; 
duo  ventralia,  in  çf,  cupiila  unica  ad  basim  munita  ;  brachium 
4  rectum  partent  copidatoriam  plurisidcatam  ferens  ;  brachium 
4  sinistrmnj  lamina  terminali  instructum.  Infimdïbidum  brève, 
latmn.  Cupulœ  bracliiormn  eminentia  centrali  cornea  et  angulata 
munitœ. 

J'ai  reçu  deux  exemplaires  de  ce  singulier  petit  Céphalopode, 
qui  diffère  par  plusieurs  points  intéressants  des  autres  espèces 
du  genre  Loligo. 

Comme  on  peut  le  voir  par  l'examen  de  la  Planche  I,  ce  qui 
frappe  immédiatement  dans  l'extérieur  de  l'animal  c'est  la  briè- 
veté de  son  corps  par  rapport  à  sa  tète,  qui  est  globuleuse,  avec 
des  yeux  petits,  situés  très  en  avant,  presque  au  ras  des  bras,  et 
ne  faisant  aucunement  saillie  à  la  surface  de  la  tête,  tandis  que 
celle-ci  dépasse  de  toutes  parts  l'abdomen. 

En  arrière  la  nageoire  est  double,  plus  étroite  à  son  insertion 


CÉPHALOPODES    d'aMP.OINE.  61 

qu'à  son  bord,  en  forme  de  palette,  et  ressemble  tout  à  fait  à 
celle  des  Sépioles  (PI.  III,  fig.  1). 

Ces  caractères,  joints  à  la  présence  d'un  hectocotyle  tout  dif- 
férent de  celui  que  l'on  voit  d'habitude  chez  les  LoUgo,  permet- 
tent d'établir  une  espèce  nouvelle  très  sûre.  Il  y  a  même  des 
faits,  tels  que  la  présence  d'un  bras  absolument  dépourvu  de 
ventouses,  qui  justifieraient  presque  l'établissement  d'un  genre 
spécial;  mais  n'ayant  pas  observé  la  femelle,  je  n'ai  pas  voulu 
aller  jusqu'à  cette  innovation. 

Voici  les  mesures  relevées  sur  les  deux  échantillons,  qui  sont 
absolument  de  même  taille  : 


DIMKNSIONS    EN    MIMJMKTRES 

Longueur  totale 27 

»         de  l'extrémité  postérieure  au  bord  médian  dorsal  du  manteau.  14.5 

"  ')  »  au  milieu  de  l'œil 17 

Largeur  du  corps 5. S  . 

de  la  tête 6.12 

Distance  de  l'œil  à  la  naissance  des  bras 2 .  75 

Longueur  de  la  nageoire 4 .  25 

Largeur  totale  de  la  nageoire 7.12 

»       de  cbaque  lobe  de  la  nageoire 2 .  75 

Longueur  de  l'hectocotyle ;j 

Diamètre  des  plus  grandes  ventouses  des  bras 0.4 

»  1)  »  du  tentacule 0.17 

Longueur  du  !«'•  liras 4.12 

S-"'    >     5.25 

»  3°»«    » 4.75 

4«    .     2.60 

"  tentacule 7 

La  forme  générale  du  corps  est  celle  d'un  ovoïde  allongé, 
tronqué  en  avant  au  niveau  de  la  tète,  pointu  en  arrière.  Sa  plus 
grande  largeur  s'observe  un  peu  au-dessus  du  milieu  du  sac 
viscéral. 

Deux  petites  nageoires,  à  bord  onduleux,  s'insèrent  sur  le  bas 
du  dos,  mais  sans  aller  jusqu'à  la  pointe;  elles  sont  indépen- 
dantes l'une  de  l'autre,  et  rappellent  un  peu  celles  des  Sepiola. 


62  h.    JOUBIN. 

Elles  sont  plissées,  plus  épaisses  à  leur  insertion,  molles  et 
membraneuses  sur  leur  bord  lii)re  (PI.  IV,  fig.  G).  A  leur  base 
on  remarque  un  amas  de  très  gros  chromatopliores  serrés,  qui 
ne  s'étendent  pas  sur  la  partie  marginale  ;  on  les  rencontre  sur 
les  deux  faces. 

La  tête,  à  peu  près  sphérique,  dépasse  le  bord  supérieur  du 
manteau.  Entre  les  deux  yeux,  sur  les  faces  dorsale  et  ventrale, 
deux  enfoncements  allongés  la  séparent  en  deux  masses  symé- 
triques. 

L'entonnoir  y  détermine  seulement  une  très  légère  dépres- 
sion; il  est  bas,  large  et  fortement  incurvé  vers  le  dehors 
(PL  IV,  tig.  9).  Il  est  marqué  de  chromatopliores. 

Un  sillon  peu  profond  indique  la  naissance  des  bras,  dont  la 
couronne  est  courte,  et  surmonte  la  tète  sans  qu'aucun  semble 
dépasser  les  autres  très  notablement. 

Les  yeux  ne  sont  pas  saillants  et  sont  dirigés  vers  le  haut,  si 
bien  que  la  paupière  supérieure  touche  le  bas  des  bras  latéraux. 

Les  Iras  sont  très  caractéristiques  chez  ce  Céphalopode.  Les 
trois  premières  paires  de  bras  dorsaux  diffèrent  très  peu  entre 
elles,  et  on  peut  les  considérer  comme  de  forme  semblable,  leur 
taille  cependant  est  légèrement  variable,  ainsi  que  le  nombre 
des  ventouses^  qui  augmente  ou  diminue  un  peu  comme  la  lon- 
gueur. Le  deuxième  bras  gauche,  qui  a  été  représenté  (PL  IV, 
fig.  2),  donne  une  idée  très  suffisante  de  ces  six  bras. 

Les  deux  bras  ventraux  sont  absolument  différents  des  autres. 
Celui  de  droite  est  transformé  en  hectocotyle  (PL  IV,  fig.  4)  et 
celui  de  gauche  est  dépourvu  de  ventouses,  sauf  une  rudimen- 
taire  à  sa  base  (PL  IV,  fig.  5). 

L'hectocotyle  est  court,  large,  couvert  de  gros  plis  circulaires 
depuis  sa  base  jusqu'à  son  sommet,  interrompus  par  un  profond 
sillon  extérieur  que  l'on  voit  dans  la  figure  1  de  la  planche  III. 
Ces  plis  sont  au  nombre  de  douze  environ,  si  Ton  y  compte  le 
plus  inférieur  de  tous,  qui  est  mal  marqué,  et  le  plus  terminal, 
qui  est  un  simple  bouton. 


CÉPHALOl'ODES    d'aMBOINE.  63 

Deux  des  plis  de  la  région  moyenne  sont  écartés  l'un  de 
l'autre  et  simulent  une  sorte  de  rudiment  de  ventouse.  Enfin  à 
la  base,  près  de  la  bouche,  on  voit  une  vraie  ventouse,  peu  déve- 
loppée, et  tout  à  fait  sessile. 

Le  bras  ventral  gauche  est  cylindrique,  entièrement  dépourvu 
de  ventouses  dans  toute  sa  longueur,  sauf  à  son  insertion  sur  la 
membrane  buccale,  oîi  il  y  en  a  une  petite,  très  réduite,  ana- 
logue à  celle  de  l'hectocotyle  (PI.  IV,  fig.  5).  A  la  pointe  de  ce 
bras,  vers  la  face  interne,  se  trouve  une  petite  expansion  mem- 
braneuse aplatie,  à  bord  arrondi,  qui  donne  à  la  peinte  de  ce 
bras  un  aspect  bilobé. 

Il  ne  me  souvient  pas  avoir  lu  dans  aucun  mémoire  la  des- 
cription d'une  semblable  structure  des  deux  bras  ventraux  chez 
d'autres  Céphalopodes. 

Les  tentacules  sont  courts,  rétrécis  à  leur  base,  terminés  en 
pointe  recourbée,  dans  la  concavité  de  laquelle  sont  cachées, 
dans  une  fossette  étroite,  des  ventouses  excessivement  petites. 
Le  bord  de  cette  palette  tentaculaire  est  légèrement  denté 
(PL  IV,  fig.  7)  et  un  peu  élevé,  de  façon  à  masquer  presque 
complètement  les  ventouses,  qui  semblent  enfoncées  dans  une 
rainure. 

Les  ventouses  sont  assez  difterentes,  selon  le  point  oiî  on  les 
examine. 

A  la  base  des  bras,  autour  de  la  bouche,  elles  sont  plates  et 
sessiles.  Dans  les  deux  tiers  inférieurs  (Pi.  IV,  fig.  8)  elles  sont  à 
peu  prés  sphériques,  mais  assez  irrégulières,  pourvues  d'un  petit 
pédoncule  grêle,  et  de  leur  partie  supérieure  émerge  une  pointe 
cornée  noirâtre  terminée  par  un  bouton  jaune.  Cette  pointe  cou- 
dée est  entourée  d'un  sillon  peu  profond.  Ces  ventouses  sont 
comparables  à  des  crochets  d'  0 nijchoteutkis  dont  la  pointe  serait 
très  réduite. 

Dans  le  tiers  supérieur  des  bras,  oii  les  ventouses  sont  beau- 
coup plus  petites,  elles  sont  de  forme  différente,  très  creuses,  en 


64  L.    .7  ou  BIX. 

forme  de  cupules,  et  si  près  placées  les  unes  des  autres  qu'elles 
se  recouvrent  un  peu  par  leur  fond  et  semblent  emboîtées  les 
unes  dans  les  autres,  La  tige  qui  les  porte  sïnsère  presque  sur 
leur  bord  libre  (PL  IV,  fig.  12).  Dans  l'intérieur  de  cette 
cupule  on  aperçoit  des  séries  de  stries  obliques  très  régulières, 
cornées,  qui  portent  entre  leurs  intersections  de  petits  boutons 
saillants,  très  minces  sur  le  bord,  plus  gros  vers  le  fond.  Ils 
dépendent  du  revêtement  corné  interne  de  la  ventouse  et  consti- 
tuent, sur  le  bord  interne  de  la  cupule,  un  semis  de  petites 
perles  rondes  très  régulièrement  espacées. 

Les  plus  grosses  ventouses  des  bras  ont  40  à  50  centièmes  de 
millimètre  de  diamètre,  les  plus  petites  n'ont  guère  que  14  à 
16  centièmes. 

Sur  les  tentacules  les  ventouses  sont  encore  plus  petites  ;  elles 
ne  dépassent  guère  1  centième  de  millimètre  de  diamètre.  Elles 
sont  ovales,  aplaties,  insérées  dans  la  fossette  tentaculaire  par 
un  pédoncule  court  et  large;  elles  ont  un  revêtement  corné 
autour  de  leur  orifice,  où  l'on  remarque  des  ornements  saillants 
en  forme  de  pièces  irrégulières  emboîtées.  Il  y  en  a  plusieurs 
plans  en  relief,  s'enfonçant  de  plus  eu  plus  dans  la  cavité,  au 
fond  de  laquelle  on  aperçoit,  comme  une  légère  éminence,  le 
piston  charnu.  La  figure  11,  PI.  IV,  donne  mieux  qu'une  des- 
cription l'idée  de  cette  disposition. 

Les  figures  9  et  10  (^Pl.  IV)  donnent  l'aspect  de  l'entonnoir  vu 
de  profil  à  l'extérieur,  et  ouvert  pour  montrer  l'intérieur.  On  y 
remarque  de  légers  plis  transversaux,  dont  l'un  d'eux,  supérieur, 
est  un  peu  plus  marqué,  mais  sans  cependant  arriver  à  mériter 
le  nom  de  valvule.  Des  deux  côtés  sont  les  deux  paquets  de  cel- 
lules épithéliales  muqueuses,  plus  élevées  que  celles  que  Ton 
observe  ordinairement  chez  les  Loligo. 

Je  n'ai  pas  fait  d'observations  sur  l'anatomie  interne  de  ce 
Céphalopode. 


LES 

BYTHINIA 

DU  SYSTÈME  EUROPÉEN 
REVISION  DES  ESPÈCES  APPARTENANT  A  CE  GENRE 

D'APRÈS  LA  COLLECTION  BOURGUIGNAT 
PAR 

Arnould  LOCARD 

Avec    les    planches    V    et    VI. 


INTRODUCTION 

Dans  le  genre  de  Mollusques  que  nous  nous  proposons  de  pas- 
ser en  revue,  l'espèce  certainement  la  plus  commune  et  la  plus 
répandue,  non  seulement  eu  France,  mais  encore  dans  la  plus 
grande  partie  du  système  européen,  est  celle  que  l'on  désigne 
sous  le  nom  de  BytMnia  tentaculata.  Pendant  longtemps  ce  fut 
même  la  seule  espèce  connue.  Avec  l'extension  si  considérable 
que  Linné,  son  auteur,  accordait  au  type  spécifique,  cette  déno- 
mination de  tentaculata  pouvait  en  effet  s'appliquer  d'une  ma- 
nière générale,  non  seulement  à  toutes  les  formes  que  nous  dé- 
signons aujourd'hui  sous  le  nom  de  BytMnia,  mais  même  encore 
à  d'autres  formes  voisines  désormais  classées  dans  d'autres  gen- 
res. Avant  donc  d'entrer  en  matière,  il  importe  de  procéder  à 
un  historique  sommaire  de  ce  genre^  de  manière  à  pouvoir  le 
définir  ensuite  plus  exactement. 

Rev.  S01SSE  DE  ZooL.,  T.  II.  1894.  5 


66  AKNOULD   LOCARD. 

Durant  près  d'i^n  siècle,  les  naturalistes  furent  loin  d'être 
d'accord  au  sujet  de  l'appellation  générique  des  animaux  dont 
nous  allons  nous  occuper.  Linné,  dans  la  X°^^  comme  dans  la 
Xiime  édition  du  Systema  naturœ\  les  classe  dans  le  genre 
Hélix,  genre  qui  embrassait  alors  aussi  bien  des  Mollusques 
terrestres  que  des  Mollusques  aquatiques,  et  décrit,  le  premier, 
V Hélix  tentaculata.  Gmelin  '  et  Schroter  ',  ses  commentateurs 
confirment  pareille  dénomination  générique  et  spécifique.  Mais, 
après  Linné,  Othon-Frédéric  Muller',  en  1774,  décrit  cette 
même  forme  sous  le  nom  de  Nerita  jaculator,  adoptant  ainsi  une 
coupe  générique  créée  dès  1757  par  Adanson'.  En  Angle- 
terre, Da  Costa,  en  1778,  en  fait  un  Tîirho\  tandis  qu'en 
France,  l'abbé  Poiret,  au  commencement  de  ce  siècle,  le  con- 
sidère comme  un  Bulimus\  et  Draparnaud  comme  un  Cyclo- 
stoma\  John  Fleming,  un  peu  plus  tard',  le  sépare  des  Mol- 

^  Linné,  1758.  Systema  naturœ,  edit.  X,  p.  774,  no  616.  —  Le  Bythinia  ten- 
taculata est  ainsi  classé  entre  les  Limnsea  limosa  et  L.  auricularia.  —  Linné, 
1767.  Systema  naturx,  edit.  XII,  p.  1249,  no  707. 

^  Gmelin,  1788-1790.  Caroli  a  Linné  Systema  naturœ,  etc.,  edit.  XIII,  p.  3662, 
no  146. 

^  ScHKOTER,  1784.  Einleitung  in  die  conckylien  Kentniss,  t.  Il,  p.  171. 

*  O.-F.  MuLLER,  1774.  Vei-mium  terrestrium  et  fluviatilium  historia,  t.  Il, 
p.  18o,  iio  372.  —  Il  est  assez  curieux  de  rappeler  quelles  sont  les  raisons  que 
donne  Muller  pour  justifier  sa  dénomination  nouvelle  :  «  nomen  triviale  tentacu- 
latum  a  tentaculis  onini  cochlece  coinmunibus,  item  janitoris  ab  operculo,  quo 
limax  teslam  claudit,  desunitum  toti  geiieri  commune  deserui,  aliudque  a  spec- 
taculo  aeque  miro  et  jucundo,  quod  16  julii  1769  praebuit,  impertii.  » 

*  AoANSOX,  1757.  Histoire  naturelle  du  Sénégal,  p.  188.  —  Ce  nom  de  Nerita 
était  déjà  fort  ancien,  puisqu'il  en  est  question  dans  Lister,  Aldrovande,  Ronde- 
let, Bellon,  et  même  dans  Aristote  (vide  :  A.  Loc.-vrd,  1884.  Histoire  des  Mollus- 
ques dans  l'antiquité,  p.  118). 

^  Da  (]osta,  1778.  Historia  naturalis  Testaceorum  Britannise,  p.  91,  pi.  V. 
fig.  12. 

^  PoiRET,  1801.  Coquilles  fluviatiles  et  terrestres  observées  dans  le  département 
de  l'Aisne,  Prodrome,  p.  61 

*  Draparnaud,  1801.  Tableau  des  Mollusques  terrestres  et  fluriatiles  de  la 
France,  p.  41.  —  1805.  Histoire  naturelle  des  Mollusques  terrestres  et  (luviatiles 
delà  France,  p.  36,  pi.  I,  fig.  19  et  20.  —  Dans  le  Complément,  Mighaud,  en 
1831,  fait  rentrer  ces  mêmes  formes  dans  le  genre  Paludina. 

'  Fleming,  1814.  In  Edinburg  Encyclopedy,  VII,  t.  I,  p.  78. 


LES    BYTHINIA    DU   SYSTÈME    EUROPEEN.  67 

lusques  terrestres  et  le  classe  dans  le  genre  Limiiœa,  alors  que 
Brard  ' ,  plus  logique  encore,  le  fait  rentrer  dans  le  genre  Pa- 
ludina,  créé  trois  années  auparavant  par  le  chevalier  DE  La- 
MARCK  \  C'est  seulement  en  1826  que  Risso  '  distingue  ces 
mêmes  êtres  sous  le  nom  de  Bythinia  (Bitkijnia),  leur  appli- 
quant une  dénomination  instituée  par  Gray  d'après  un  nom 
manuscrit  de  Priedeaux  ' .  C'est  sous  ce  nom  générique  que 
l'on  désigna  durant  fort  longtemps  toutes  les  nombreuses  formes 
plus  ou  moins  affines  de  l'ancien  Hélix  tentaculata  de  Linné. 

Ce  nom  de  Bythinia  a  du  reste  été  orthographié  de  diverses 
manières.  Graî  écrivait  Bithinia%  et  c'est  ainsi  que  le  D^Paul 
Fischer  l'admet  dans  le  Manuel  de  Conchyliologie  ' ,  en  faisant 
remonter  son  origine  à  un  nom  géographique  inconnu.  Risso 
en  fit  Bifhynia,  Bithynie,  sans  en  donner  la  moindre  raison. 
Nous  adopterons  la  manière  d'écrire  ce  nom  telle  qu'elle  a  été 
proposée  par  Macgillivray  '  et  suivie  par  Moquin-Tandon  ', 

^  Brard,  1813.  Histoire  des  coquilles  terrestres  et  fluviatiles  qui  vivent  aux 
environs  de  Paris,  p.  183,  pi.  VII,  tlg.  :2. 

*  Lamarck,  1812.  Extrait  d'un  cours  de  zoologie  au  Muséum  d'histoire  natu- 
relle de  Paris,  sur  les  animaux  sans  vertèbres. 

'  Risso,  1826.  Histoire  naturelle  de  l'Europe  méridionale,  t.  IV,  p.  100. 

*  E.  Gray,  1821.  A  natural  Arrangement  of  Mollusca,  according  to  their 
internai  structure,  in  the  London  médical  Repository,  t.  XV,  p.  239  (sans  carac- 
tères). —  C'est  très  vraisemblablement  le  naturaliste  anglais  Leach  qui  fit  con- 
naître à  Risso  la  dénomination  proposée  par  Gray.  Bourguignaï  nous  apprend, 
en  effet  {Étude  synonymique  sur  les  Mollusques  des  Alpes  Maritimes  publiés  par 
A.  Risso,  en  1826,  p.  18)  que  Leach  vint,  vers  1820,  passer  une  saison  à  Nice. 
Or,  à  cette  époque,  Leach  avait  composé  un  important  ouvrage  sur  les  Mollus- 
ques de  la  Grande-Bretagne,  ouvrage  qui  ne  fut  publié  qu'en  18o2  par  les  soins 
de  Gray  {A  synopsis  of  the  Mollusca  of  Great-Britain);  dans  cet  ouvrage,  p.  208, 
nous  retrouvons  précisément  ce  nom  de  Bithinia. 

*  Nous  retrouvons  encore  cette  même  orthographe  dans  le  Manual  of  the 
Land  andfresh-watersheUs  of  the  British  Island,Âe  William  Turïon,  édit.  de 
1837,  par  John -Edward  Gray. 

®  Ui"  P.  Fischer,  1885.  Manuel  de  Conchyliologie,  p.  731.  —  Woodward, 
dans  la  précédente  édition  de  ce  même  ouvrage,  écrivait  Bithynia  (vide  ;  p.  26U 
et  552). 

^  Macgillivray,  1843.  A  history  of  the  Molluscous,  etc.,  2e  édit.,  p,  51. 

®  Muquin-Tandon,  1853.  Histoire  naturelle  des  Mollusques  de  France,  t.  II, 
p.  313. 


68  ARNOULD    LOCAED. 

Tryon^  et  BouRGUiGNAT',  qui  font  très  judicieusement  re- 
monter l'origine  de  ce  mot  au  grec  ^vSioa,  a,  ov,  c'est-à-dire 
qui  vit  au  fond  de  l'eau,  d'où  Bythinia. 

Les  nombreuses  découvertes  faites  vers  le  milieu  du  siècle  en- 
richirent bientôt  le  genre  Bythinia  d'un  nombre  considérable 
d'espèces,  souvent  de  taille,  de  galbe,  voire  même  d'organisa- 
tion parfois  fort  diiïérentes.  Un  démembrement  nouveau  s'im- 
posait. C'est  alors  que  Moquin-Tandon,  en  1851  ',  se  basant 
sur  la  manière  d'être  de  l'opercule  qui  clôt  l'ouverture  de  la 
coquille,   sépara  les  Bytliinella  des  véritables  Bythinia  ;  «  Si 
l'on  attachait  de  l'importance,  dit-il,  à  l'organisation  de  l'oper- 
cule, il  faudrait  diviser  les  Bithinies  en  deux  genres,  celles 
dont  l'opercule,  à  stries  concentriques,  offre  un  nucléus  à  peu 
près  central  {B.  tentaculata),  et  celles  dont  l'opercule,  à  stries 
spirales,  présente  un  noyau  tout  à  fait  excentrique  (B.  viridis).  » 
Cependant  le  même  auteur  ne  crut  pas  devoir  admettre  cette 
coupe  générique,  pourtant  si  rationnelle  ;  lorsqu'il  écrivit  son 
Histoire  naturelle  des  Mollusques  de  France',  il  se  borna  à 
diviser  le  genre  Bythinia  en  deux  sous-genres,  les  Bytliinella 
pour  les  petites  formes  ou  groupes  du  B.  viridis,  etc.,  et  les 
Elona  pour  les  formes  du  groupe  du  B.  tentaculata,  etc. 

Cette  coupe  générique  simplement  prévue  par  Moquin-Tan- 
don a  été  admise  par  la  plupart  des  auteurs.  Le  nom  de  Bythi- 
nia fut  donc  réservé  aux  grosses  espèces  voisines  du  B.  tentacu- 
lata,  et  celui  de  Bytliinella  appliqué  aux  petites  formes  affines 
au  B.  viridis.  Mais  parmi  ces  petites  espèces,  il  en  est  plusieurs 


*  Tryon,  1883.  Structural  and  systematic  Concholoyy,  t.  II,  p.  260. 

■'  BouR  JL'iG.NAT,  1877.  Description  de  deux  nouveaux  genres  algériens,  suivie 
d'une  classification  des  familles  et  des  genres  de  Mollusques  terrestres  et  ftuvia- 
tiles  du  système  européen,  p.  40.  —  1887.  Étude  sur  les  noms  génériques  des 
petites  Paludinées  à  opercule  spirescent,  etc.,  p.  22. 

'  Moqui.n-Tanijox,  18ol.  Observations  sur  les  genres  Paludine  et  Bilhinie,  in 
Journal  de  Conchyliologie,  t.  II.  p.  23-29  (en  note). 

*  Moquin-Ta>do.\,  18oo.  Hist.  molL,  t.  II,  p.  olo  etoI6. 


LES   BYTHINIA   DU   SYSTÈME   EUROPEEN.  69 

dont  le  galbe,  plus  particulier,  avait  spécialement  appelé  l'at- 
tention des  naturalistes.  De  là  la  création  de  noms  nouveaux 
sur  la  synonymie  desquels  planait  la  plus  étrange  confusion; 
plus  de  vingt  et  une  dénominations  génériques  avaient  été  pro- 
posées pour  ces  différentes  formes.  Dans  une  savante  étude  des 
plus  approfondies,  sur  les  petites  Paludinidées  à  opercule  spi- 
rescent,  Boueguignat  '  a  démontré  que  quatre  de  ces  dénomi- 
nations devaient  être  supprimées  pour  cause  de  double  emploi, 
et  que  huit  autres  passaient  en  synonymie  pour  cause  de  défaut 
d'antériorité.  Il  reste  ainsi,  pour  les  petites  Bythinella  du  sys- 
tème européen  les  genres  Palndestrina,  Amnkola,  BythineUa, 
Belgrandia,  Perïngïa,  Maresia,  Trochysma,  BytMospeum,  Pau- 
lia  et  Horafia. 

Mais  on  peut  encore  établir  dans  le  genre  Bythinia,  tel  que 
nous  venons  de  le  définir,  au  moins  une  grande  coupe,  basée  sur 
plusieurs  caractères  assez  précis,  notamment  la  manière  d'être 
de  l'ombilic,  le  mode  de  superposition  des  tours,  enfin  l'affleure- 
ment plus  ou  inoins  exact  de  l'opercule  par  rapport  au  péristome. 
Chez  le  B.  tcutaculata,  l'ombilic  est  pour  ainsi  dire  nul,  ou  du 
moins  tout  à  fait  recouvert;  d'autre  part,  les  tours  sont  comme 
jointifs,  séparés  par  une  suture  peu  profonde  ;  enfin  l'opercule 
affleure  exactement  le  péristome.  Chez  le  B.  LeacM,  l'ombilic 
est  au  contraire  réduit  à  une  simple  fente,  mais  néanmoins 
encore  distincte;  les  tours  sont  plus  arrondis,  plus  étages,  sé- 
parés par  une  suture  plus  profonde;  l'opercule  est  un  peu  en- 
foncé dans  Tintérieur  de  l'ouverture.  Cet  ensemble  de  carac- 
tères s'appliquant  aune  série  de  formes  distinctes,  il  en  résulte 
deux  groupes  également  ditïérents,  que  nous  désignerons  sous 
les  noms  de  groupe  du  B.  tentaculata  et  groupe  du  B.  Leachl. 


'  BouRGUKiXAT,  1887.  Étude  sur  les  noms  génériques  des  petites  Paludini- 
dées, etc.  —  Vide  etiam  :  S.  C^lessin,  1880.  Studien  iiber  die  Famitie  der  Palu- 
dinen,  in  Malakozoologische  Blàtter,  iieue  l'^olge,  zwfit.  Btl.,  p.  loi  à  lUO. 


70  ARNOULD    LOCARI). 

C'est  le  mode  de  classement  que  nous  avons  adopté  dans  notre 
Conchyliologie  française  ' . 

Notre  savant  ami,  M.  le  marquis  de  Monterosato,  qui  a 
bien  voulu  mettre  à  notre  disposition  ses  types  d'Italie,  pour 
nous  seconder  dans  notre  tâche,  nous  écrit  qu'il  propose  pour  ce 
second  groupe  le  nom  de  Codiella.  Nous  sommes  heureux 
d'avoir  l'occasion  de  signaler  ici  ce  nom  nouveau,  mais  nous  ne 
pensons  pas  qu'il  y  ait  réellement  lieu  d'élever  au  titre  de  genre 
cette  coupe  un  peu  trop  secondaire. 

D'autre  part,  en  tenant  compte,  comme  l'avait  fait  MoQum- 
Tandon,  du  mode  d'enroulement  des  stries  de  l'opercule, 
Letourneux  proposa,  en  1882',  une  dénomination  générique 
nouvelle  pour  le  BytMnia  Bourguignati  \  celle  de  Digyreidum. 
Inscrit  pour  la  première  fois  dans  notre  Prodrome,  sur  les  indi- 
cations qui  nous  en  avaient  été  données  par  Bourguignat,  ce 
genre  fut  ensuite  également  admis  par  ce  même  auteur  '',  et,  en 
1887,  le  conseiller  Letourneux  publia  la  monographie  des 
espèces  connues  jusqu'à  ce  jour  ets'élevant  à  six  \  Nous  avons 
retrouvé  dans  la  collection  Bourguignat  ces  six  mêmes  espè- 
ces inscrites  sous  le  nom  de  Diggreidum.  Mais  avant  d'aller 
plus  loin,  examinons  quelle  est  la  valeur  de  cette  coupe  généri- 
que et  s'il  y  a  réellement  lieu  de  la  maintenir. 

Le  genre  Digyreidum  ayant  été  basé  sur  la  manière  d'être  de 
l'opercule  du  Bythinia  Bourguignati,  voyons  comment  cet  oper- 
cule est  défini  et  figuré  par  Paladilhe  :  «  Opercule  ovale-sub- 

'  a.  Locakd,  189;{.  Conchiiliologle  française.  Coquilles  des  eaux  douces  et  sau- 
iiiàtres,  p.  71. 

*  A.  Lktouknhux.,  iii  LoGAKn.  1882.  Prodrome  de  malacologie  française,  p.  224- 
i Di(jyrcidum  per  errorem,  pro  Digyreidum). 

^  Buthinia  Bourguignati,  Paladilhe,  1868.  Nouvelles  Miscellanées  malacologi- 
tjues,  \).  101,  pi.  V,  fig.  1-3.  —  Digyreidum  Bourguignati,  Locard.  1N82.  Pro- 
drome, p.  224.  —  1893.  Conch.  franc.,  p.  75,  lig.  7o-76. 

*  BouRouiGXAT,  1883.  Histoire  malacologique  de  l'Abyssinie,  p.  3'J. 

*  A.  Lktoukxkux,  1887.  Aperçu  monographique  du  genre  Digyreidum,  in  Bul- 
letin de  la  Société  malacologique  de  France,  t.  IV^,  pp.  67-72. 


LES   BYTHTNIA.   DU   SYSTEME    EUROPEEN.  71 

piriforme,  affleurant  le  bord  du  péristome,  blanchâtre,  brillant, 
subnacré,  assez  solide,  un  peu  concave  sur  sa  face  externe.  A 
partir  du  nucleus,  qui  est  excentrique  et  plus  rapproché  du  bord 
inférieur  et  interne,  cet  opercule  présente  tout  d'abord  uu  filet 
spiral  (un  ou  deux  tours  bien  marqués) ,  croissant  rapidement 
et  donnant  naissance,  par  sa  concavité,  à  des  rayons  divergents 
et  subspirescents,  ainsi  qu'on  l'observe  sur  l'opercule  des  espè- 
ces du  genre  Amnicola;  puis,  vers  la  périphérie,  le  mode  d'ac- 
croissement change  tout  à  coup  et  est  remplacé  par  des  stries 
concentriques,  qui  caractérisent  l'opercule  des  espèces  du  genre 
BytJùnia  ' .  » 

Nous  devons  tout  d'abord  reconnaître  la  parfaite  exactitude 
de  cette  minutieuse  description,  que  nous  suivons  non  seulement 
sur  la  coquille-type,  mais  encore  sur  la  figure  grossie  de  l'oper- 
cule, donnée  par  Paladilhe.  De  plus,  toutes  les  espèces  classées 
par  BoURGUiGNAT  dans  sa  collection  sous  le  nom  de  Digijrei- 
dum  présentent  bien  en  efi'et  ce  même  caractère.  Mais  en  vérité, 
ce  caractère  bien  précis  qui  ne  s'applique  qu'à  une  partie,  pour 
ainsi  dire  accessoire  de  Tanimal  et  de  sa  coquille,  suffit-il  réel- 
lement pour  constituer  un  genre  nouveau  ?  On  peut  trouver  des 
coquilles  fossiles  ou  simplement  mortes,  et  partant  privées  de  leur 
opercule  :  dès  lors  leur  dénomination  générique  ne  serait  plus 
possible,  par  ce  seul  fait  qu'une  partie  accessoire  de  leur  indi- 
vidu fait  accidentellement  défaut.  Voilà  une  première  critique 
qui  semble  déjà  suffisante  pour  combattre  le  maintien  du  genre 
Digyreidum. 

Mais  les  Bigyreidum  ne  sont  pas  les  seuls  Gastropodes  qui 
aient  un  opercule  à  double  mode  d'enroulement.  En  1855, 
Troschel  avait  déjà  créé  le  genre  Lioplax''  pour  des  Paliidi- 
nidœ  américains  voisins  des  MdantJio.  D'autre  part,  Tryon  a 

'  Paladilhk,  1H()8.  NouceUes  Miscell.  inalac,  p.  lOâ,  pi.  IV,  lig.  2. 
*  Troschel,  1Xo5.  Das  Gebis  der  Schneekens  zur  Beyrilndnmj  einer  naturli- 
cben  classification,  etc.,  p.  100. 


T2  ARNOULD    LOCARD. 

également  signalé,  sous  le  nom  de  GabUa\  l'existence  de  co- 
quilles voisines  des  Bythinïa  avec  «  operculum,  nucleus  sub- 
spiral, afterwards  concentric,  calcareous  »  vivant  dans  les  eaux 
douces  de  l'Australie.  D'autres  genres  fossiles  sont  également 
dans  le  même  cas\  Il  semblait  donc  naturel  d'instituer  le  genre 
Dygireidum,  qui  serait  aux  Bz/thinia  ce  que  les  Lloplax  sont 
aux  Melantho. 

Nous  ignorons  quels  sont  les  caractères  de  ces  genres  exoti- 
ques et  surtout  quel  est  leur  degré  de  fixité;  mais  pour  les  Bigy- 
reidum,  nous  sommes  maintenant  en  mesure  de  les  déclarer  abso- 
lument passagers.  Tout  récemment,  M.  G.  Coutagne  a  consigné 
une  observation  qui  jette  un  jour  tout  nouveau  sur  la  valeur  du 
genre  Bijgireidum.  «  Aux  environs  de  Saint-Chamas  (Bouches- 
du-Rhône)  sur  les  bords  de  l'étang  de  Berre,  se  trouve  une  série 
de  sources,  et  en  particulier,  au  quartier  des  Ragues,  à  deux 
kilomètres  environ  au  sud  de  Saint-Chamas,  une  source  assez 
abondante,  qui  alimente  un  lavoir  public.  Dans  ce  lavoir  des  Ra- 
gues, vivent  des  Bythinia  à  spire  plus  élancée  et  à  suture  plus 
profonde  que  le  Bythinia  tentaculata  type;  j'ai  signalé  ces  Bythi- 
nies  sous  les  noms  de  Sebefhina  et  Matritensis  \  Or,  un  certain 
nombre  de  ces  Bythinies,  un  quart  ou  uu  cinquième  environ, 
ont  leur  opercule  plus  ou  moins  spirescent  au  centre  ;  ce  sont 
donc  des  Bigyreidum  ;  le  reste  a  l'opercule  ordinaire  des  By- 
thinia.  On  peut  constater  dans  cette  station  tous  les  passages 
entre  les  genres  Bigyreidum  et  Bythinia'.  » 

M.  G.  Coutagne  a  bien  voulu  nous  communiquer  ses  échan- 


'  Tkyon,  1884.  Structural  and  sustematic  Conchology,  t.  II,  p.  260. 

2  Neumayria,  Stkkani  (N.  lalnata  Neuinayr.  fossile  de  Transylvanie).  — 
Hylacanta,  Ancev  {H.  tiphobia  Smith,  du  lac  Tanganica). 

^  G.  Coutagne,  18S1.  Notes  sur  la  faune  malacologique  du  bassin  du  Rhône, 
in  Ann.  Soc.  linnéenne  de  Lyon,  t.  XXVIII,  p.  24  (tir.  à  part,  p.  24).  —  Locard, 
1893.  Conch.  française,  p.  73. 

^  G.  CouTAu.VE,  1892.  Note  sur  les  petites  Bythinidées  des  environs  d'Avignon, 
in  Ann.  Soc.  d'agriculture  de  Lyon,  6e  série,  t.  V,   p.  366  (tir.   à   part,   p.  22). 


LES    BYTHINIA   DU   SYSTÈME   EUROPEEN.  73 

tillons,  et  nous  avons  en  effet  constaté  que  si  les  uns  étaient 
bien  de  véritables  Bythinia,  d'autres,  s'ils  avaient  été  trouvés 
seuls,  eussent  été  certainement  classés  dans  le  genre  Digy- 
reidmn. 

Notre  attention  une  fois  appelée  sur  ce  sujet,  nous  avons 
retrouvé  cette  disposition  digyréidienne  chez  des  Bf/fhinia  d'au- 
tres stations,  notamment  de  Fleac  (Charente),  des  environs  de 
Montpellier  (Hérault),  du  Puget  (Var),  etc.,  mais  plus  particu- 
lièrement chez  les  B.  Sehethina,  et  toujours  à  l'état  d'individus 
isolés  au  milieu  de  colonies  normales.  Nous  ajouterons  que  c'est 
bien  là  une  véritable  anomalie,  puisque  le  type  normal  de  l'oper- 
cule des  Bi/thinia,  si  bien  étudié  par  M.  Frédéric  Houssay  ' 
ne  comporte  qu'un  seul  mode  de  développement  par  accroisse- 
ments concentriques  parallèles  ou  subparailèles  au  bord  du 
péristome.  Il  faut  donc  en  conclure  que  ce  prétendu  genre  cor- 
respond à  une  manière  d'être  purement  accidentelle  de  l'oper- 
cule des  Bijthinia.  Il  doit  donc  être  désormais  supprimé. 

Ainsi  établi,  nous  définirons  le  genre  Bythinla  de  la  ma- 
nière suivante,  en  nous  tablant  sur  la  manière  d'être  de  son 
enveloppe  testacée:  coquille  operculée,  turbinée,  dextre,  sub- 
perforée, ovoïde-ventrue,  à  sommet  aigu;  taille  petite;  ouver- 
ture subpiriforme-arrondie,  anguleuse  dans  le  haut  ;  péristome 
continu,  faiblement  épaissi  en  dedans  ;  opercule  calcaire  affleu- 
rant plus  ou  moins  le  péristome,  avec  nucleus  subcentral  et 
formé  de  stries  concentriques,  au  moins  à  la  périphérie. 

Cette  question  étant  ainsi  définitivement  tranchée,  exami- 
nons maintenant  quelle  place  il  convient  d'assigner  aux  Bythi- 
nia  dans  la  classification  zoologique  des  êtres.  Ici  les  données 
deviennent  déjà  plus  conventionnelles,  car  chaque  auteur  a  sa 
manière  particulière  d'envisager  la  famille  malacologique.  Sans 

'  F'.  HoussAv,  1884.  Recherches  sur  l'opercule  et  les  glandes  du  pied  des  Gas- 
téropodes, in  Arch.  de  zoologie  expérimentale.  2e  sér..  t.  II,  pp.  :23o  et  277, 
pi.  XI,  fig.  5-8. 


74  ARXOULD    LOCARD. 

avoir  la  moindre  prétention  de  mettre  tout  le  monde  d'accord, 
passons  rapidement  en  revue  les  différents  modes  proposés  pour 
la  classification  du  genre  qui  nous  occupe. 

Laissant  de  côté  un  passé  déjà  trop  lointain,  nous  ne  parle- 
rons ici  que  des  auteurs  qui  ont  écrit  depuis  1850.  Le  D'  Kïis- 
TER,  dans  les  suites  de  Martini  et  Che:mnitz  ' ,  réunit  dans  un 
seul  genre,  le  genre  Paludiua  tel  que  le  comprenait  de  La- 
MARCK  %  des  formes  aussi  différentes  et  comme  taille  et  comme 
galbe  que  les  F.vivipara\  P.  tentaculata  et  P.  viridis',  pour 
nous  en  tenir  aux  seules  formes  du  système  européen.  Mais  il 
donne  la  description  de  plusieurs  espèces  nouvelles  voisines  du 
P.  feutacidaia.  Nous  aurons,  du  reste,  plusieurs  fois  occasion  de 
revenir  sur  son  important  mémoire. 

Moquix-Taxdon.  en  1866,  divisait  ses  Operculés  brachi- 
fères  en  trois  familles  :  les  Péristomiens,  Valvatidés  et  Néri- 
tacés  ' .  La  famille  des  Péristomiens  de  Lamarck  "  comprend  les 
deux  genres  Bytliima  et  Paludina.  Pour  l'abbé  DuPUY,  qui 
écrivait  à  la  même  époque  ' ,  cette  même  famille  des  Péristo- 
miens renferme  au  contraire  quatre  genres,  les  Vivipara,  Palu- 
dina, Hi/drohia  et  Valvata. 

Également  à  la  même  époque,  Henry  et  Arthur  Adams  '  ont 
proposé  pour  ces  mêmes  genres  un  mode  de  classification  assez 
singulier.  Pour  ces  auteurs,  la  famille  des  VhipandcB  comprend 
les  genres  Vivipara,  Paliidotmis,  Tanalia,Bithijnia  et  Nematura; 
les  vraies  Bythinies  sont  ici  comprises  à  peu  près  comme  l'avait 

'  H.-C.  KiisTKK.  iSo2.  Systematisches  Courhylien-rabinet  von  Martini  ii.  Chem- 
nitz,  die  Gattungen  Paludina,  Hydrocœna  und  Valvata. 
-  Lamak(-k,  1812.  Extrait  d'un  cours,  p.  12o. 
'  Hélix  vivipara,  Linné.  17o8.  Syst.  nat.,  edit.  X,  p.  772. 

*  Btilimux  viridis,  Poiret,  1801.  Coq.  Aisne,  Prodr.,  p.  4o. 

*  Moquin-Tandon.  1855.  Hist.  .}foll.,  t.  II.  p.  ,M'k 
^  Lamarck,  1812.  Extrait  d'un  cours,  p.  117. 

^  DuPUY.  1851.  Histoire  naturelle  des  Mollusques  terrestres  et  des  eaux  douces 
de  fronce,  p.  o3i. 

*  H.  and  A.  Adams,  1858.  The  gênera  of  récent  Mollusca.  t.  I.  p.  337. 


LES   BYTHINIA   DU   SYSTÈME    EUROPÉEN.  75 

fait  Moquin-Tandon  ;  mais,  dans  cette  classification,  les  genres 
Amnicola  et  Hydrohia  démembrés  des  anciennes  petites  Bythi- 
nies  et  qui  vivent  dans  les  eaux  douces,  sont  rangés  avec  les 
Barleeia,  Alvania  et  Rissola  de  la  faune  marine  dans  la  famille 
des  Rissoklœ. 

Tryon,  dans  sa  Conchyliologie',  tout  en  reconnaissant  les 
affinités  qui  peuvent  exister  entre  ces  différentes  formes  mari- 
nes, des  eaux  saumâtres  et  des  eaux  douces,  tranche  la  diffi- 
culté et  divise  sa  famille  des  Rissoidœ  en  plusieurs  sous-familles, 
celle  des  BytJiïmnœ  comprenant  les  genres  Bythinia  et  Steno- 
thyra  (ou  Nematura),  celle  des  Skeneinœ  pour  le  genre  Skeneia, 
celle  des  Rissoinœ  et  Rissoininœ  pour  les  petites  formes  mari- 
nes, et  enfin  celle  des  Hydrohnnœ  pour  les  petites  espèces  des 
eaux  douces  ou  saumâtres.  Cette  classification,  bonne  en  prin- 
cipe, a  pourtant  le  grand  inconvénient  d'introduire  des  sous- 
familles,  qui  compliquent  fort  souvent  la  question  au  lieu  de  la 
simplifier. 

Dans  le  manuel  du  D»"  P.  Fischer  %  nous  retrouvons  un  mode 
de  groupement  analogue,  mais  pourtant  encore  mieux  compris. 
Toutes  ces  différentes  formes  sont  réunies  dans  trois  familles  : 
avec  les  Rissoiidœ  nous  voyons  toutes  nos  petites  formes  mari- 
nes ;  avec  les  Palud'mklœ  ce  sont  au  contraire  les  grosses  for- 
mes des  eaux  douces;  enfin,  sous  le  nom  à!Hydrohndœ,  il  réunit 
tous  les  «  petits  Mollusques  vivipares  qui  habitent  les  eaux 
douces  ou  saumâtres,  et  dont  quelques-uns,  quoique  branchi- 
fères,  passent  une  partie  de  leur  existence  hors  de  l'eau.  » 
Fischer  reconnaît  qu'il  a  été  créé  plus  de  quatre-vingts  genres 
plus  ou  moins  différents  et  qu'il  range  dans  cette  dernière 
famille,  et  lui-même  en  admet  vingt-neuf,  dont  huit  douteux. 
Nous  ne  suivrons  pas  l'auteur  dans  cette  laborieuse  discussion. 


*  Georges-W.  ïkyon,  188.3.  Structural  and  systemalir,  conchotogn,  t.  II,  p.  2.^9. 

*  P.  Fischer,  1885.  Manuel  de  Conchyliologie,  p.  719. 


76  ARNOULD    LOCARD. 

qui  sortirait  quelque  peu  du  cadre  que  nous  nous  sommes  tracé. 
Nous  nous  bornerons  à  rappeler  que  cette  dénomination  d'5>/- 
drobïidœ,  dérivée  du  genre  Hijdrohia,  créée  en  1821  par  Hart- 
mann ' ,  ne  saurait  être  adoptée  en  malacologie  puisque,  comme 
l'a  démontré  Bourguignat  ' ,  elle  a  déjà  été  employée  quatre 
ans  auparavant  par  Leach  pour  un  genre  de  Coléoptère  penta- 
mère  de  la  famille  des  Palpicornes,  tribu  des  Hydrophyliens. 

Nous  allons  retrouver  cette  même  coupe  des  Hydrobia 
d'HARTMANN,  mais  alors  beaucoup  moins  bien  comprise,  dans 
le  Catalog  du  D''  Kobelt'.  Ici,  la  famille  des  Paludinïdœ  de 
Lamarck  est  divisée  en  onze  genres  :  Paludina,  Cleopcdra, 
Bithynia,  Hydrobia^  Vdrella,  Belgrandia,  Locardia,  Bugesia, 
Emericia,  LUhoglyplms  et  Valvata.  On  peut  se  demander  ce 
que  viennent  faire  ici  les  Valvées,  alors  que  tant  d'autres  gen- 
res de  même  valeur,  comme  les  Amnicola,  etc.,  sont  rangés 
dans  une  synonymie  confuse. 

On  doit  au  D''  Paladilhe  une  intéressante  étude  monogra- 
phique sur  les  Paludinidées  françaises  ',  publiée  en  1870.  Ici  au 
moins  nous  voyons  pour  la  première  fois  apparaître  chaque 
genre  avec  sa  valeur  vraie,  et  si  quelques  dénominations  ont  été 
ultérieurement  modifiées,  le  principe  du  groupement  des  genres, 
avec  leurs  caractères  réciproques  et  comparatifs  n'en  ressort 
pas  moins  très  exactement.  L'auteur  divise  sa  famille  des  Palii- 
dinidœ  en  sept  genres  :  Vivipara,  Bythinia,  Amnicola,  Paludi- 


'  Hahtmann.  1821.  System  der  Erd-und  Flussconchylien  der  Schweiz,  in  Neue- 
AliJina,  t.  1,  p.  2.^8.  —  1844.  Sustem  der  Erd-und  Susswasser  Gastropoden 
Europtis,  in  Stubm,  Fauna  Deutsch..  t.  IV,  heft  5,  p.  46. 

^  BouKGUUiNAT,  I880.  Étude  sur  les  noms  génériques  des  petites  Paludinidées 
à  opercule  spirescent,  pp.  6  et  4)5. 

^  Willi.  KoBELT,  1881.  Catalog  der  ini  europaischen  Faunen  gebiet  lehenden 
Conchylien,  p.  136.  —  1883.  Erster  Naclitrag,  in  Nalhrichtshlatt  der  deutschen 
Malakozoologischen  Gesellschaft,  n»»  1  et  2,  p.  16. 

*  Palauilhk,  1871).  Étude  monographique  sur  les  Paludinidées  françaises,  in 
Annales  de  Malacologie,  du  D""  G.  Servaiu,  t.  1,  pp.  164  à  244  (tir.  à  part,  1  hr. 
iii-8,  78  pages). 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPEEN.  77 

nella,  Hi/drohia,  Paludestrina  et  Belfirandia.  Il  donne  la  des- 
cription des  quatre  espèces  de  Bythinies  alors  connues  dans  la 
faune  française. 

M.  le  D'  Agardh  Westerlund  ',  dans  sa  Faune  des  régions 
palœarctiques,  est  l'auteur  qui  nous  donne  les  documents  les  plus 
complets,  les  plus  circonstanciés  sur  les  espèces  du  système 
européen  appartenant  au  genre  Bijtliinia.  Sa  famille  des  Falii- 
dlnidœ  comprend  les  genres  Paludina  et  Cleopatra  ;  à  la  suite, 
il  institue  une  famille  des  Bythlnudœ  comprenant  les  genres 
Bytlùnia  et  Bigyreidum  ;  enfin,  dans  sa  famille  des  Rissoidœ,  il 
réunit  la  plupart  des  autres  petites  espèces  des  eaux  douces  et 
saumâtres  réparties  dans  les  genres  BaikaVm,  Palud'meUa, 
Horatia,  Llthoghiplius,  Emericia,  et  BenedicUa.  Il  donne  la 
description  de  trente  espèces  de  BytMma  et  de  deux  Bigy- 
reidum. 

Enfin,  dans  notre  Conchyliologie  française',  nous  avons 
adopté  un  mode  mixte  qui  nous  a  paru  plus  rationnel.  Comme 
r  avait  fait  le  D""  Fischer,  nous  avons  réuni  dans  la  famille  des 
Viviparidœ  les  grandes  formes  des  groupes  des  Vivipara  con- 
tecta  et  F.  fasckita  ;  dans  la  famille  des  BythineUidœ,  nous 
avons  compris  les  petites  espèces  appartenant  aux  genres  BytJii- 
nia,  Bigyreidum,  Amnicola,  BythineUa,  Paidia,  Belgrandia, 
Paludestrina  et  Peringia,  les  Bugesia,  Bartetia,  Moitessie- 
ria,  etc.,  faisant  alors  partie  de  la  famille  des  Melanidœ. 

Si  nous  ajoutons  à  cette  trop  longue  nomenclature  les  tra- 
vaux de  Georg-Ritter  vON  Frauenfeld,  travaux  où  nous  trou- 
vons soit  des  listes,  soit  des  descriptions  d'espèces  nouvelles', 


'  G. -Agardh  Wkstkblu.xd,  18SG.  Fauna  der  in  dev  Paldarctischen  région 
lebenden  binneii-conchylien,  t.  VI,  p.  3.  —  1890.  Katalog  der  in  der  Palaarc- 
tischen  région  lebenden-conchylien,  p.  170. 

*  A.  Loc.\KD,  1893.  Conchyliologie  française,  p.  68. 

*  G.-R.  VON  Frauenfeld,  1862.  Versuch  einer  Aufzàhlung  der  Arten  der  Gai. 
tung  Bithynia  Lch  und  Nematura  Bus.,  iii  Verhandlungen  der  k.  k.  zoologisch- 
botanischen  Gesellschaft  in  Wien,  t.  XII,  pp.  H44  à  1170.  —  1864.  Verzeichniss 


78  ARNOULD   LOCARD. 

nous  aurons  ainsi  résumé  les  principales  données  historiques 
relatives  aux  formes  dont  nous  allons  donner  le  catalogue. 
Ajoutons  à  cela  les  nombreux  matériaux  réunis  par  notre  bien 
regretté  maître  et  ami  Jules- René  Bourguignat,  si  gracieuse- 
ment mis  à  notre  disposition  par  le  Musée  de  Genève.  Dans 
cette  riche  collection,  nous  trouvons  toutes  les  Bythinies  du 
système  européen  réunies  dans  65  cartons  contenant  près  de 
200  tubes,  se  répartissant  ainsi  :  6  espèces  pour  la  faune 
d'Asie,  Syrie  et  Palestine;  8  espèces  pour  la  faune  d'Egypte; 
8  espèces  pour  la  faune  de  l'Afrique  septentrionale;  37  espèces 
pour  l'Europe  proprement  dite,  et  enfin  6  Digyreidum.  Dans  ce 
nombre,  19  espèces  sont  inédites.  Nous  adressons  ici  nos  bien 
sincères  remerciements  à  notre  savant  ami  M.  Maurice  Bedot, 
directeur  du  Musée  de  Genève,  qui  nous  met  ainsi  si  obligeam- 
ment à  même  de  faire  connaître  toutes  ces  formes  nouvelles. 

Avant  de  terminer,  un  mot  encore  sur  le  modus  Vivendi  de 
nos  espèces.  Les  Bythinies  vivent  toutes  dans  les  eaux  douces 
de  l'ancien  continent,  recherchant  de  préférence  les  milieux  peu 
agités,  à  fond  vaseux,  errant  sur  les  pierres  et  sur  les  rochers, 
grimpant  le  long  des  plantes  aquatiques,  dans  les  mares,  marais, 
fossés,  et  même  dans  les  ruisseaux  et  cours  d'eaux  de  quelque 
importance,  mais  alors  dans  les  stations  plus  particulièrement 
tranquilles.  Là,  elles  constituent  parfois  des  colonies  des  plus 
populeuses. 

Les  Bythinies  ont  encore  un  mode  d'existence  assez  particu- 
lier. Lorsqu'il  veut  jouir  d'un  repos  un  peu  prolongé,  l'animal 
sécrète  un  filament  mucilagineux  qui  passe  entre  l'opercule  et 
les  bords  du  péristome  et  lui  permet  de  rentrer  dans  sa  demeure 
tout  en  restant  suspendu  par  ce  fil  aux  plantes  aquatiques. 

Au  point  de  vue  géologique,  le  genre  Bythima  serait  fort 

der  Namen  der  Fossilen  und  lebenden  Arten  der  Galtung  Paludina  Lam..  Loc. 
cit.,  t.  XIV,  pp.  361  à  .567  (tir.  à  part,  1883.  1  broch.  in-8,  112  pages).  —  1863. 
Zoologische  Miscellen,  Loc.  cit.,  t.  XV,  pp.  324  à  336,  pi.  VlII-XI. 


LES   BYTHINIA   DU    SYSTEME    EUROPEEN.  79 

ancien.  Quoique  bien  souvent  on  ait  confondu  sous  le  nom  de 
B.  tentaculata  des  formes  fossiles  plus  ou  moins  affines,  nous 
rappellerons  que  de  telles  formes  ont  été  indiquées  dans  le 
pléistocène  supérieur  des  vallées  du  Rhône,  de  la  Saône  et  de 
la  Somme,  dans  les  Lover  Brtck-eartlis  et  Rivers-crawels  d'An- 
gleterre, dans  les  Kalk-tufs  de  Thuringe  et  de  Silésie.  Nous  les 
retrouvons  dans  le  pléistocène  moyen  du  Thaï  Loss  de  France 
et  de  Suisse,  dans  les  dépôts  à  Belgrandia  et  Lartetia  des  envi- 
rons de  Paris  et  dans  les  tufs  du  Wurtemberg  ;  plus  ancienne- 
ment encore,  ils  existent  dans  le  pléistocène  inférieur  de  l'hori- 
zon des  sables  de  Mosbach  en  Allemagne,  et  du  Forest-bed 
d'Angleterre;  ils  remonteraient  même  jusque  dans  le  Norwich- 
Crag  du  pliocène  moyen,  et  même  jusque  dans  la  mollasse  d'eau 
douce  du  Lyonnais  et  du  Dauphiné  appartenant  au  niveau  du 
pliocène  inférieur  ' . 

CATALOGUE  DES  BITHINIA  DU  SYSTÈME  EUROPÉEN 

Bythinia  d'Europe. 
A.  Groupe  du  B.  tentaculata. 

Ombilic  tout  à  fait  recouvert  ;  opercule  affleurant  le  péristome. 

a.  Coquille  au  galbe  plus  ou  moins  court  et  ventru;  spire  courte; 
tours  peu  convexes  ;  suture  peu  profonde. 

Bythinia  tentaculata,  Linné.  —  Eelix  tentaculata^  Lin., 
1758.  Systema  naturse,  édit.  X%  p.  774,  n»  616.  —  Nerita 
jaculator,  MuUer,  1776.  Vermium  terrestrium  et  fluviatilium 
historia,  t.  II,  p.  185.  —  Turbo  nucleus,  da  Costa,  1778.  Bri- 
tisch  Conchology^,  P-  91?  pl-  ^?  %•  12.  —  Bulimus  tentaculatus, 

^  A.  LoGARU,  1881.  Études  sur  les  variations  malacologiques,  t.  11,  pp.  228 
à  229. 


80  ARXOULD   LOCAKD. 

Poirei,  1801.  Coquilles  de  l'Aisne,  Prodrome,  p.  61.  —  Cyclo- 
stoma  impur um,  Draparnaud,  1801.  Tableau  des  Mollusques 
terrestres  et  tiuviatiles  de  France,  p.  41.  —  Turlo  janitor, 
Vallot,  1801.  Exercices  d'histoire  naturelle,  p.  6.  —  Cyclo- 
stomajaculator,  Ferussac  père,  1807.  Essai  méthodique,  p.  66. 

—  Lymnœatentaculata,  Fleming,  1814.  In  Edinburg  Encyclo- 
pedy,  t.  VII,  I,  p.  78.  —  Paludina  impura,  Brard,  1815. 
Coquilles  des  environs  de  Paris,  p.  183,  pi.  VII,  fig.  2.  —  Pak- 
(Unajaci(lator,'ètu.der,  1820.  Kurzes  verzeichniss...  Conchylien, 
in  Gartner,  Xaturwiss.  anzeig.  schweiz.  Gesellsch.  Bern,  p.  91. 

—  Turbo  tentaculata,  Sheppart,  1823.  Descriptions  of  seven 
new  British  Land-and  Fresh-water  Shells,  in  Transactions  of 
tlie  Linnean  Society  of  London,  t.  XIV,  p.  152.  —  Bithinia 
jaculator,  Hisso,  1826.  Histoire  naturelle  de  l'Europe  méridio- 
nale, t.  IV,  p.  100.  —  Paludina  tentaculata,  Fleming,  1826.  A 
History  of  British  animais,  p.  315.  —  Bithinia  tentaculata, 
Gray,  in  Turton,  1840.  Mannual  of  the  Land  and  Fresh-water 
Shells  of  the  British  Island,  p.  94,  fig.  20.  —  Bythinia  tentacu- 
lata, Stein,  1850.  Die  Lebenden  Schnecken  und  Muscheln  der 
Umgegend  Berlins,  p.  92.  =  Espèce  très  répandue  dans  pres- 
que toute  l'Europe. 

Bythinia  producta,  Menke.  —  Paludina  impura,  var.  b, 
producta,  Menke,  1830.  Synopsis  methodica  Molluscorum, 
p.  41.  —  Bythinia  tentaculata,  var.  jS,  producta,  Moquiu-Tan- 
don,  1855.  Histoire  naturelle  des  Mollusques  de  France,  t.  II, 
p.  529,  pi.  XXXIX,  fig.  41  (non  pars  auctorura).  —  Bythinia 
producta,  Locard,  1893.  Conchyliologie  française,  p.  72.  = 
Cette  forme,  dont  nous  parlerons  plus  loin,  vit  en  France,  en 
Allemagne,  en  Belgique,  en  iVngleterre,  etc.  Figuré  pi.  VI, 
fig.  26. 

Bythinia  inflata,  Hansen.  —  Paludina  inflata,  Hansen, 
1845.  Ofvers.  of  k.  vet.,  Acad.  Forh.,  p.  24;  Kuster,  1852. 
Syst.   Conch.  Cab.,  p.  34,  pi.   VII,   fig.  20-24.  —   Bythinia 


LES    BYTHINIA    DU   SYSTEME    EUROPEEN.  81 

Troscheli,  Paasch,  var.  inflata,  von  Frauenfeld,  1864.  In  Ver- 
handlungen  der  k.  k.  zoologisch-botanischen  Gesellschaft  in 
Wien,  t.  XIV,  p.  617.  —  Bïthynia  ventricosa,  Gray,  vm\  in- 
flata, Kobelt,  1881.  Catalog  der  im  europaischen  Binnenconchy- 
lien,  p.  137.  —  BytMnia  Leachi,  Sheppart,  var.  inflata,  Wes- 
terlund,  1886.  Fauna  der  in  der  Palaarctischen  région,  VI, 
p.  18.  —  BytMnia  inflata,  Servain,  1888.  Bulletin  de  la  Société 
malacologique  de  France,  t.  V,  p.  303  (non  Westerlund,  1887. 
Sibirien  land-oh  Sôtwatten-Mollusker,  p.  64). —  BytMnia  Trans- 
sylvanica,  Biels,  in  schedis,  teste  S  Clessin,  1887.  Die  Mol- 
lusken-Fauna  Oesterreich-Ungarns  und  der  Schweiz,  p.  624. 
=  Avec  M.  le  D'^  G.  Servain  et  Bourguignat,  nous  maintien- 
drons cette  forme  au  rang  d'espèce,  en  la  faisant  rentrer  dans  le 
groupe  du  B.  tentacidata.  Elle  vit  en  Suède,  en  Danemark,  et 
descend  jusqu'à  Hambourg. 

Bythinia  gravida,  Kay.  —  B.  gravida,  Ray,  1884.  In 
Bulletin  Soc.  malacologique  de  France,  t.  I,  p.  154.  =  Cette 
forme,  très  bien  décrite  par  MM.  Ray  et  Agardh  Westerlund, 
est  peu  répandue  :  la  Seine,  à  Troyes  (Aube);  la  Rance,  au- 
dessous  de  Dinan  (Ille-et- Vilaine);  environs  de  Grenoble  (Isère); 
St-Saulge  (Nièvre);  les  conduites  d'eau  de  la  ville  de  Paris. 
Cette  forme  n'ayant  pas  encore  été  tigurée,  nous  en  reprodui- 
sons le  type  pi.  V,  tig.  21. 

Bythinia  codia,  Bourguignat.  — Paludina  tentaculata  (pars), 
Kûster,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  pi.  VIII,  fig.  6  et  7  (non  aucto- 
rum).  —  Bythinia  codia,  Bourguignat,  1862.  S^cilèges  mala- 
cologiques,  p.  136,  pi.  VIII,  fig.  5  à  7.  —  Bïthynia  tentaculata, 
var.  codia,  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnenconchylien,  p.  137.  := 
Vit  dans  les  eaux  marécageuses  des  environs  de  Pise,  en  Italie. 

Bythinia  Cettinensis,  S.  Clessin.  —  Bythinia  tentaculata, 
var.  minor,  Brusina,  teste  Clessin.  —  Bythinia  Cettinensis, 
Clessin,  1887.  Malakozoologische  Blatter,  neue  folge,  t.  IX, 
p.  62.  =  Cettina  près  Almissa  (Dalmatie). 

Kev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  6 


82  ARNOULD    I-OCARD. 

Bythinia  Tagina,   Servain.  —  Bythinia  Leachi,  Servain, 

1880.  Mollusques  recueillis  en  Espagne  et  en  Portugal,  p.  146 
(non  Sheppart).  — Bythinia  Tagina,  Servain,  1882.  Nov.  sp.  in 
coll.  Brgt   =  Vit  en  Portugal. 

Bythinia  Narentana,  Bourguignat.  —  B.  Narentana, 
Bourguignat,  1883.  Nov.  sp.  in  coll.  =  Vit  en  Dalmatie. 

Bythinia  Bottnica,  Anderson.  —  Bythinia  tentaculata 
(pars),  Westerlund,  1871.  Exposé  critique  des  ^lollusques  de 
la  Suède  et  de  la  Norwège,  p.  148.  —  Bythinia  tentaculata, 
var.  Bottnica,  Anderson,  in  S.  Clessin,  1878.  Malakozoolo- 
gische  Blàtter,  t.  XXV,  p.  71,  pi.  III,  fig.  7.  —  Bythinia  Bott- 
nica, Servain,  1888.  In  Bulletin  Soc.  malacologique  de  France, 
t.  V,  p.  303.  =  Vit  dans  le  sinus  de  Bottnie  en  Suède  et  des- 
cend jusque  dans  l'Elbe  à  Hambourg. 

Bythinia  Gall^ciana,  Castro.  —  B.  Gallœciana,  Castro, 
1886.  Nova  sp.  in  coUect.  Bourg.  =  Le  Portugal. 

Bythinia  sph^rica,  Bourguignat.  —  B.  sphœrica,  Bour- 
guignat, 1886.  Nova  sp.  in  coUect.  Bourg.  =  Le  Portugal. 

Bythinia  Bogica,  Dubois  de  .Montpéreux.  —  Paludina 
Bogensis,  Dubois,  in  Kuster,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  31, 
pi.  VII,  fig.  1  et  2.  —  Bythinia  Bogensis,  von  Frauenfeld,  1864. 
In  Verhandl.  zoolog.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XIV,  p.  580 
(tir.  à  part,    1865,   p.  20).  —   Hydrobia  variabilis,  Kobelt, 

1881.  Catalog  Binnenconchylien,  pp.  140  et- 184.  —  Bythinia 
Bogica,  Bourguignat,  1874.  In  coilect.;  1888.  In  Bulletin  Soc. 
malacologique  de  France,  t.  V,  p.  303.  =  Bourguignat  a 
judicieusement  rectifié  l'orthographe  proposée  par  Dubois  de 
Montpéreux.  Les  eaux  de  la  Bog,  affluent  du  Dnieper  dans  la 
Pologne  russe;  on  retrouve  cette  même  forme  dans  les  allu- 
vion^  de  l'Elbe  aux  environs  de  Hambourg  (Prusse). 

Bythinia  Umbratiga,  von  Frauenfeld.  —  Bifhynia  Um- 
bratica,  von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Ge- 
sellsch.  in  Wien,   t.  XII,  p.  1154.  —  Bythinia   Umhratica, 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTEME   EUROPEEN.  83 

von  Frauenfeld.  1865.  Loc.  cit.,  t.  XIV,  p.  257.  pi.  IX.  = 
Estramadure  (Espagne). 

Bythinia  limnoidea,  Servain.  —  B.  limnoidea,  Servain, 
1881.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  La  Croatie. 

Bythinia  parva,  Locard.  —  B.  parva,  Locard,  1893. 
Conchyliologie  française,  p.  70.  —  Château-soleil  près  Castel- 
lane  (Basses- Alpes);  le  Suran  (Ain);  Canal  du  Midi  (Aude); 
environs  de  Nice  (Alpes -Maritimes);  environs  de  Moulins 
(Allier);  île  Cazeau  ;  les  conduites  d'eau  de  la  ville  de  Paris. 

Bythinia  allopoma,  Westerlund.  —  B.  allopoma,  Wester- 
lund,  1886.  Fauna  Palaarctischen  région,  t.  VI,  p.  15.  =  Le 
type  vient  des  eaux  thermales  de  Viîlarcher-Bad,  en  Carinthie  ; 
environs  de  Pise,  San  Giovano  près  Monfalcone,  dans  le  Frioul 
(Italie)  ;  St-Raphaël,  le  Puget,  Draguignan  (Var);  la  Reyssouse 
(Ain);  canal  du  Midi  à  Fresquel  (Aude);  environs  de  Nice 
(Alpes-Maritimes).  Cette  espèce  n'ayant  pas  encore  été  figurée, 
nous  en  reproduisons  le  type,  pi.  V,  fig.  4,  d'après  M.  Wester- 
lund. 

Bythinia  Aedussonica,  Ray.  —  B.  Ardussonica,  Ray, 
1884.  In  Bulletin  Soc.  malacologique  de  France,  t.  I,  p.  155. 
=  L'Ardusson  près  Nogent  sur  Seine  (Aube).  Nous  reprodui- 
sons, pi.  VI,  fig.  12,  cette  espèce,  qui  n'a  pas  encore  été  figurée. 

b.  Coquille  d'un  galbe  allongé  ;  spire  haute  ;  tours  convexes  ; 
suture  profonde. 

Bythinia  TEOSCHELi,Paasch.  —  Paludina  Troscheli,  Vdiâsch, 
1842.  In  Wiegmann  Archives,  t.  I,  p.  300,  pi.  VI,  fig.  A-D.  — 
Ktister,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  38,  pi.  VIII,  fig.  9  à  11.  = 
Bithynia  Troscheli,  von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.- 
botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XII,  p.  1149.  —  Bithynia  ventri- 
cosa,  var.  Troschelii,  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnenconchylien, 
p.  137.  —  Bythinia  ventricosa  (non  Gray),  S.  Clessin,  1876. 
Deutsche  Excursions-Molluskenfauna,  p.  319,  fig.  175.  =  Vit 
dans  le  nord  de  l'Allemagne. 


84  ARNOULD    LOCARD. 

Bythinia  Michaudi,  Du  val.  —  Paludina  Michaudi,  Du  val, 
1845.  In  Revue  zoologique  de  la  Société  Cuviérienne,  p.  211. 
—  Bythinia  Leachi  (non  Sheppart),  Westerlund,  1886.  Fauna 
Palàarctischen  région^  t.  VI,  p.  17.  —  Bythinia  Michauâi, 
Locard,  1883.  Conchyliologie  française,  p.  73.  =  L'Erve  près 
Cliéméré  (Mayenne);  environs  de  Rennes  (Ille-et- Vilaine)  ;  lac 
de  Cirknitz  près  Adelsberg  (Carniole);  lac  de  Janina  en  Épire 
(Grèce).  Nous  figurons,  pi.  V,  iig.  23,  une  var.  tnajor  de  cette 
coquille. 

Bythinia  decipiens,  Millet.  —  Paludina  decipiens,  Millet, 
1843.  In  Revue  et  Magasin  de  zoologie,  p.  2,  pi.  LXIII,  fig.  2 
(pessima).  —  Bythinia  tentaculata,  Chenu,  1859.  Manuel  de 
Conchyliologie,  t.  I,  p.  311,  fig.  2223.  —  Bythinia  decipiens, 
Bourgnignat,  1874.  In  collect.  —  G.  Servain,  1888.  In  Bulle- 
tin Soc.  malacologique  de  France,  t.  V,  p.  303.  —  Bythinia 
ventricosa  vel  B.  Leachi,  pars  auctorum.  =  Cette  forme  est 
très  répandue  en  France  ;  nous  la  connaissons  dans  les  départe- 
ments suivants  :  Maine-et-Loire,  Mayenne,  Eure,  Seine-Infé- 
rieure; Seine-et-Oise,  Rhône,  Bouches-du-Rhône,  Basses-Pyré- 
nées; les  conduites  d'eau  de  la  ville  de  Paris,  etc.  Bourguignat 
la  possédait  des  localités  étrangères  qui  suivent  :  ruisseau  de 
Vinckel  et  Roth-See  près  Lucerne,  le  lac  de  Neuchâtel 
(Suisse)  ;  marais  de  la  Cettina  en  amont  d'Almissa,  le  Danube  à 
Giurgewo  (Dalmatie);  Monfalcone  (Frioul-Istrie)  ;  environs  de 
Lecco  en  Lombardie,  le  Sebeto  près  Naples,  Chioggia,  Padoue 
(Italie);  le  Guadalaviar  à  Valence  (Espagne);  le  Douro  à  Porto 
(Portugal);  environs  de  Moscou  (Russie)  ;  Manchester  (Angle- 
terre); la  Kerka  (Dalmatie);  l'Elbe  à  Hambourg,  le  Mein  à 
Francfort,  Potsdara  (Prusse).  =  Nous  représentons,  pi.  V,  fig.  6, 
le  type  de  cette  espèce  si  mal  comprise,  et,  fig.  1  de  la  même 
planche,  le  B.  tentaculata  à  titre  de  comparaison. 

Bythinia  ilys^ca,  Letourneux.  —  B.  ilysœca,  Letour- 
neux,  1879.  Nova  spec.  in  collect.  Bourg.  =  De  la  Croatie  et 
de  la  Dalmatie. 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPEEN.  85 

Bythinia  Letoch^,  von  Frauenfeld.  —  Bithi/nia  Letochœ, 
von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in 
Wien,  t.  XII,  p.  1146.  —  Bythinia  Letochœ,  von  Frauenfeld, 
1865.  Loc.  cit.,  t.  XV,  p.  528,  pi.  IX.  —  Bythinia  Lethochai, 
AVesterlund,  1886.  Fauna  Paliiarctischen  région,  t.  VI,  p.  16. 
=  Le  type  vit  en  Espagne  dans  l'Estramadure  ;  Bourguignat  le 
possédait  du  Douro  à  Porto  (Portugal). 

Bythinia  Zamorensis,  Bourguignat.  —  B.  Zamorensis, 
Bourguignat,  1882.  Nova  sp.  in  collect.  =  Du  Douro,  à  Za- 
mora  (Portugal). 

Bythinia  Carvalhoi,  Castro.  —  B.  Carvalhoi,  Castro? 
1886.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  Le  Minho  (Portugal). 

Bythinia  proxima,  von  Frauenfeld.  —  Bithynia  proxima, 
von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in 
Wien,  p.  1149.  —  Bythinia  proxima,  von  Frauenfeld,  1865. 
Loc.  cit.,  p.  527,  pi.  IX.  =  Vit  dans  le  Tyrol  et  en  Italie. 

Bythinia  Lusitanica,  Castro.  —  B.  Lusitanica,  Castro, 
1886.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  Le  Minho  (Portugal). 

Bythinia  Stramicensis,  Locard.  —  B.  Stramicensis,  Lo- 
card,  1893.  Conchyliologie  française,  p.  72.  ~-v  Environs  de 
Crémieu  (Isère). 

Bythinia  Sebethina,  H.  Blanc.  —  B.  Sehethina,  Blanc, 
1879.  In  Collect.  Bourg.  —  Coutagne,  1881.  In  Annales  Soc. 
Linnéenne  de  Lyon,  t.  XXVIII,  p.  24  (tir.  à  part,  p.  24).  — 
Bythinia  tentaculata,  var.  Sebethina,  Westerlund,  1886.  Fauna 
Palâarctischen-reiïion,  t.  VI,  p.  15.  =  Le  type  vient  du 
Sebeto  à  Naples  (Italie);  nous  le  connaissons  en  outre  à:  Adels- 
berg  en  Carinthie;  en  Italie  à  Chioggia,  et  aux  environs  de 
Padoue  ;  dans  les  départements  suivants  de  la  France  :  Drôme, 
Hérault,  Var,  Savoie,  Calvados,  Isère,  Sarthe,  Vaucluse,  Cha- 
rente, Bouches-du-Rhône,  etc.  Nous  l'avons  également  reçu  de 
Borghom  (Suède).  Nous  avons  tiguré,  pi.  V,  fig.  3,  le  type  de 
cette  espèce. 


86  ARNOULD  LOCARD. 

Bythinia  Matritensis,  Graëls.  —  Paludina  impura,  var. 
Matritensis,  Graëls,  1846.  Catalogo  de  los  Molluscos  terres- 
tres y  de  agua  dulce  observados  en  Espafia,  p.  17,  fig.  23-24. 
—  Bythinia  Matritensis,  Bourguignat,  1864.  Malacologie  de 
l'Algérie,  t.  II,  p.  359.  —  Bythinia  tentaculata,  var.  Matriten- 
sis^ Westerlund,  1886.  Fauna  Palâarctischen-region,  t.  VI, 
p.  15.  =  Observé  d'abord  en  Espagne,  dans  les  eaux  du  Tage, 
du  Mançanares,  du  Guadiana  ;  vit  également  en  Italie  aux  envi- 
rons de  Padoue,  et  en  France  dans  les  départements  des  Bou- 
ches-du-Rhône,  de  l'Hérault,  de  l'Aude,  de  l'Isère,  etc.  Nous 
avons  figuré  de  nouveau  cette  espèce,  pi.  Y,  fig.  20. 

Bythinia  Meneghiniana,  Issel.  —  B.  31eneghiniana,  Issel, 
1863.  In  Memoria  délia  Reale  Accademia  di  Torino,  p.  21, 
pi.  I,  fig.  12-13.  =  Bakou  (Transcaucasie  russe). 

Bythinia  potamvECa,  Bourguignat.  — B.potamœca,  1881. 
Nova  sp.  in  collect.  —  Bythinia  potamica,  Locard,  1893.  Con- 
chyliologie française,  p.  73.  =  Le  type  vit  dans  les  gorges 
d'Ollioules  près  de  Toulon  ;  nous  le  retrouvons  à  la  ^eyne, 
St-Raphaël  et  Draguignan  dans  le  Var;  Bourguignat  le  pos- 
sédait de  Monfalcone  dans  le  Frioul,  de  l'Estella  à  Chiavari 
dans  la  Lombardie,  et  de  la  Toscane  en  Italie. 

Bythinia  gractlis,  Locard.  —  Bythinia,  sine  nome  in  col- 
lect. Bourg.  =  Lysimachia,  lac  inférieur  de  Vrachoury  au  nord 
de  Missolonghi  (Grèce). 

B.  Groupe  du  B.  Leachi. 

Ombilic  partiellement  recouvert  ;  opercule  n'affleurant  pas  le 
péristome. 

a.  Coquille  au  galbe  conique  ;  spire  haute  ;  tours  étages. 

Bythinia  Leachi,  Sheppart.  —  Bythinia  ventricosa,  Gray, 
1821.  In  Médical  Repository,  p.  239  (sine  descript.).  —  Gray, 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTÈME   EUROPEEN.  87 

1840.  A  Manual  Shells  of  the  British  Island,  p.  49,  pi.  X, 
fig.  14.  —  Turbo  Leachi,  Sheppart,  1822.  In  Transactions 
Linnean  Society,  t.  XIV,  I,  p.  152.  — -  Paludina  acuta,  Fle- 
ming, 1828.  A  History  of  British  animais,  p.  .315.  —  Paludina 
smiilis,  des  Moulins,  1827.  In  Bulletin  Soc.  linnéenne  de  Bor- 
deaux, t.  II,  p.  65  (non  Michaud).  —  Paludina  ventricosa, 
Brown,  1845.  Illustrations  Conchology  of  Great  Britain  and 
Ireland,  p.  27,  pi.  XIV,  fig.  74-75.  —  Bijthinia  Leachi,  Moquin- 
Tandon^  1855.  Histoire  naturelle  des  Mollusques  de  France, 
t.  II,  p.  527,  pi.  XXXIX,  fig.  20-23.  —  Bythinia  ventricosa, 
Kreglinger,  1870.  Systematisches  Verzeichniss  Deutschland 
Mollusken,  p.  311.  =  Nous  admettons  pour  cette  espèce,  si 
souvent  mal  comprise,  le  type  anglais  qui  se  retrouve  du  reste 
dans  d'autres  pays,  notamment  dans  l'Europe  centrale. 

Bythinia  amm^cia,  Servain.  —  B.  ammœcia,  Servain, 
1888.  In  Bulletin  Soc.  malacologique  de  France,  t.  V,  p.  304. 
—  Bythinia  Leachi,  var.  ammœcia,  Westerlund,  1890.  Fauna 
Palàarctischen-region,  Suppl.,  p.  98.  =  Les  bords  de  l'Alster 
(Prusse).  Nous  avons  figuré  cette  espèce  déjà  décrite,  pi.  V,  tig.  13 . 

Bythinia  Baudoniana,  Gassies.  —  B.  Baudoniana,  Gas- 
sies,  1858.  In  Journal  de  Conchyliologie,  t.  VII,  p  398.  — 
1867.  In  Bulletin  Soc.  Linnéenne  de  Bordeaux,  p.  130,  pi.  I, 
fig,  7.  =  Le  sud-ouest  de  la  France. 

Bythinia  Hispanica,  Servain.  —  B.  Hispanica,  Servain, 
1880.  Mollusques  recueillis  en  Espagne  et  en  Portugal,  p.  147. 
=  Le  Guadalquivir  à  Valence  (Espagne).  Cette  forme,  bien 
décrite,  mais  non  figurée,  est  représentée  pi.  V,  fig.  15. 

Bythinia  socialis,  Westerlund.  —  B.  socialis,  Westerlund, 
1886.  Fauna  Palaarctischen-region,  t.  VI,  p.  19.  —  Kobelt, 
1891.  Rossmâssler's  Iconographie,  neue  Folge,  t.  V,  p.  68, 
pi.  CXXXVII,  fig.  863  (mala).  =  Oreto  près  Palerme  (Sicile). 
Cette  forme  est  figurée  pi.  VI,  fig.  17,  d'après  un  échantillon 
qu'a  bien  voulu  nous  communiquer  M.  Westerlund. 


b8  ARNOULD    LOCARU. 

Bythinia  Boissieri,  de  Charpeutier.  —  Paludina  Boissieri 
de  Charpentier,  in  Ktister,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  35 
pi.  VII,  fig.  30-32.  —  Bythinia  Boissieri,  von  Frauenfeld 
1864.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XIV 
p.  580  (1865,  tir.  à  part,  p.  20).  —  Bithynia  Boissieri,  Kobelt 
1881.  Catalog  Binnenconchylien ,  p.  138.  =  Le  type  a  été 
signalé  à  Rome;  la  marquise  Paulucci  l'indique  aux  environs 
de  Florence,  en  Calabre  et  en  Sicile.  Les  échantillons  de  la 
collection  Bourguignat  proviennent  de  :  Poggio-Reale  près 
Naples,  Marais  Pontins,  fontaine  à  Xaples,  Palerme  (Italie); 
Céphise  près  Athènes,  Lépante^  Lysimachia^  lac  de  Vrachori 
au  nord  de  Messolonghi  (Grèce). 

Bythinia  Blanci,  Bourguignat.  —  B.  Blanci,  Bourguignat, 
1881.  Nova  sp.  in  coUect.  —  Espèce  italienne  de  San  Germano, 
Pise  et  des  marais  de  Toscane. 

Bythinia  Kickxi,  Nyst.  —  Paludina  Kickxii,  Nyst,  in  Ktis- 
ter, 1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  45,  pi.  IX,  fig.  12-13.  — 
Bythinia  ventricosa  (non  Gray),  von  Frauenfeld,  1865.  In 
Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  p.  619  (tir.  à  part, 
p.  59).  —  Bythinia  Leachi,  var.  Kickxii,  Westerlund,  1886. 
Fauna  Palàarctischen-region ,  t.  VI,  p.  17.  =  Cette  forme, 
qui  nous  parait  bien  distincte  du  B.  Leachi,  vit  en  Hollande. 

Bythinia  Celtica,  Bourguignat.  —  B.  Celtica,  Bourgui- 
gnat in  Paladilhe,  1870.  Annales  de  Malacologie,  t.  I,  p.  184 
(tir.  à  part.,  p.  18).  =  Nous  connaissons  cette  forme  dans 
l'Eure  à  Cliartres  (Eure-et-Loire),  l'Erve  (Mayenne),  la  Vi- 
laine à  Rennes  (Ille- et -Vilaine),  à  Blainville  (Calvados),  etc. 
Bourguignat  la  possédait  également  de  Belgique,  mais  sans 
indication  de  localité.  Cette  espèce,  bien  décrite  par  Bourgui- 
gnat, est  représentée  pi.  VI,  fig.  20. 

Bythinia  yiridis,  Letourneux.  —  Digyreidum  viride,  Le- 
tourneux,  1887.  In  Bulletin  Soc.  malacologique  de  France, 
t.  IV,  p.  72.  =  Ruisseaux  près  de  la  ville  de  Corfou  (Grèce). 
Nous  figurons  cette  espèce  pi.  VI,  fig.  22. 


LES   BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPÉEN.  89 

Bythinia  Renei,  Letoiirneiix.  —  THgijreidmn  Benri,  Le- 
tourneux,  1887.  In  Bulletin  Soc.  raalacologique  de  France,  t.  IV, 
p.  70.  =  Marais  de  Cressida  près  Corfou  (Grèce).  Figuré  pi.  VI, 
fig.  19. 

Bythinia  Servainiana,  Letourneux.  —  Digyreidum  Ser- 
vainianum,  Letourneux,  1887.  In  Bulletin  Soc.  malacologique 
de  France,  t.  IV,  p.  71.  =  Marais  de  Cressida  près  Corfou,  Vra- 
chory  au  nord  de  Missolonghi^  le  Céphise  et  son  affluent  près 
Athènes  (Grèce).  Figuré  pi.  VI^  fig.  23, 

Bythinia  Majeavskyi,  Parreys.  —  Bithjnia  Majeivsk>/i, 
Parreys  in  von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan. 
Gesellsch.  in  Wien,  t.  XII,  p.  1153.  —  Bytkima  Majewsky, 
von  Frauenfeld,  1864.  Loc.  cit.,  p.  624  (tir.  à  part,  1885, 
p,  64.  =  M.  Westerlund  signale  cette  forme  dans  la  Dalmatie, 
le  Monténégro,  la  Croatie,  la  Hongrie  et  la  Sibérie. 

Bythinia  Bayonnensis,  Locard.  —  Bythinia,  sine  nome 
in  collect.  Bourg.  =  Lac  de  la  Négresse  près  Bayonne  (Basses- 
Pyrénées). 

Bythinia  elegans,  Locard.  —  Bythinia  sine  nome  in  collect. 
Bourg.  =  Le  Lido  près  Venise  (Italie). 

h.  Coquille  au  galbe  ventru  ;  spire  courte  ;  tours  étages. 

Bythinia  Orsinh,  de  Charpentier.  —  Paludina  Orsinii, 
de  Charpentier,  in  Kiister,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  42, 
pi.  IX,  fig.  1-2.  —  Bythinia  Orsini,  von  Frauenfeld,  1864. 
In  Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XIV,  p.  633 
(tir.  à  part,  1865,  p.  73).  =  Espèce  italienne  dont  le  type 
vit  à  Ascoli,  d :»ns  les  États  de  l'Église  ;  Bourguignat  la  possé- 
dait de  San  Germano  (Italie)  et  du  lac  Copaïs  (Grèce). 

Bythinia  Balatonica,  Servain.  —  B.  Balatonïca,  Ser- 
vain,  1881.  Histoire  malacologique  du  lac  Balaton,  p.  91.  = 
Lac  Balaton  (Hongrie),  environs  de  Hambourg  (Prusse).  Nous 
figurons  cette  espèce  pi.  VI,  fig.  25. 


90  ARNOULD    LOCARD. 

Bythinia  hellenica,  Kobelt.  —  Bythinia  Orsinii,  Roth, 
Spicileg.  Moll.,  p.  35.  —  B.  {Orsinii,  var?)  Jiellenka,  Kobelt, 
1891.  Rossmiissler's  Iconographie,  neue  folge,  t.  V,  p.  67 > 
pi.  CXXXVII,  fig.  860.  =  La  Grèce. 

Bythinia  meridionalis,  von  Frauenfeld.  —  Bithynia  meri- 
dionalis,  von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan. 
Gesellsch.  in  Wien,  t.  XII,  p.  1153.  —  Bythima  meridionalis, 
von  Frauenfeld,  1865.  Loc.  cit.,  pi.  VIII.  =  L'Espagne  et  la 
Calabre. 

Bythinia  Mostarensis,  Megerle  von  Muhlfeld.  —  Bythinia 
Mostarensis,  Muhlfeld,  1873.  Beitrage  zur  Fauna  Bosnica, 
p.  58,  fig.  19.  =  Bosnie  et  Herzégovine. 

Bythinia  Italica,  Paulucci.  —  Bythinia  Leachi,  var.  Ita- 
lica,  Paulucci,  1880.  Escursione  scientifica  nella  Calabria, 
p.  197,  pi.  IX,  fig.  5  (tautum).  —  Codiella  Italica,  de  Monte- 
rosato,  1893.  In  collect.  =  L'iVngitola  près  Pizzo,  environs  de 
Florence  et  de  Palerme  (Italie). 

Bythinia  rubens,  Menke.  —  Paludina  ruhens,  Menke, 
1830.  Synopsis  methodica  MoUuscorum,  2""®  édit.,  p.  134.  — 
Kiister,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  48,  pi.  IX,  fig.  27-29.  — 
Paludina  ferruginea,  De  Cristofori  et  Jàn,  1832.  Catalogus, 
p.  5.  —  Paludina  rubens,  Philippi,  1836.  Enumeratio  MoUus- 
corum Siciliae,  t,  I,  p.  148,  pi.  IX,  fig.  4.  —  Bithinia  ruhens, 
Bourguignat,  1853.  Catalogue  raisonné  des  Mollusques  d'Orient, 
p.  62.  —  Bythinia  ruhens,  von  Frauenfeld,  1864.  In  Verhandl. 
zool.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XIV,  p.  643  (tir.  à  part, 
1865,  p.  83).  —  Paludina  Anapensïs,  Benoît,  in  Paulucci, 
1878.  Matériaux  pour  servir  à  l'étude  de  la  faune  malacologi- 
que  de  l'Italie,  pp.  18  et  47.  =  Le  type  a  été  découvert  en 
Sicile;  on  l'a  retrouvé  en  Grèce,  en  Algérie  et  en  Asie  Mi- 
neure. 

Bythinia  Segestana,  Benoît.  —  B.  Segestana,  Benoît, 
1862.  lUustrazione  sistematica  Testacei  estramarini  délia  Sici- 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPÉEN.  91 

lia,  pi.  VII,  fig.  23.  —  BytMnia  Boissieri,  var.  Segestana,  Wes- 
terlund,  1886.  Fauna  Palaarctischen-region,  t.  VI,  p.  19.  = 
L'Oreto  près  Palerrae,  l'Anapo,  environs  de  Syracuse  (Italie). 

Bythinia  PH.EACINA,  Letoumeux. — B.phœacina,  Letour- 
neux,  1879.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  Marais  de  Cressida, 
la  Messonghi  près  Corfou  (Grèce). 

Bythinia  Stossichiana,  Letourneux.  —  B.  Stossichiana, 
Letourneux,  1879.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  Marais  de 
Cressida  près  Corfou  (Grèce). 

Bythinia  Corcyrensis,  Letourneux.  —  Bïgyreidum  Cor- 
cyrense,  Letourneux,  1887.  In  Bulletin  Soc.  malacologique  de 
France,  t.  IV,  p.  70.  =  Ruisseaux  de  l'île  de  Corfou  (Grèce). 
Nous  figurons  cette  espèce  planche  VI,  fig.  8. 

Bythinia  Gr^ca,  Locard.  —  B.  Hellenica,  Bourguignat, 
1879.  Nova  sp.  in  collect.,  non  Kobelt.  —  B.  Grœca,  Locard, 
1894.  Nova  species.  =  Lac  Copaïs,  dans  la  Béotie,  le  jardin 
des  Plantes  à  Athènes  (Grèce). 

Bythinia  Bourguignati,  Paladilhe.  —  B.  Bourguignati, 
Paladilhe,  1868.  Nouvelles  Miscellanées  malacologiques,  p.  101, 
pi.  V,  fig.  1-3.  —  Digyreidum  Bourguignati,  Letourneux, 
1879.  In  sched.  —  Locard,  1882.  Prodrome  de  Malacologie 
française,  p.  224.  =  Jardin  de  St- Jacques  près  Perpignan  (Py- 
rénées-Orientales) . 

c.  Coquille  au  galbe  pupoïde-ventru ;  spire  très  courte  et  obtuse. 

Bythinia  Walderdorffi,  von  Frauenfeld.  —  B.  Walder- 
dorffi,  von  Frauenfeld,  1865.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Ge- 
sellsch.  in  Wien,  t.  XV,  p.  528,  pi.  IX.  :=.  Le  sud  de  la  Dal- 
matie. 

Bythinia  Schwabi,  von  Frauenfeld.  —  B.  Schwahii,  von 
Frauenfeld,  1865.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in 
Wien,  t.  XV,  p.  528,  pi.  X.  =  La  Macédoine  (Grèce). 


î)2  ARXOULD    LOCARU. 

Bythinia  d'Asie  (Syrie -Palestine). 

Bythinia  rubens,  Menke.  —  Vide  ante  p.  90.  =  Bour- 
guignat  a  signalé  cette  espèce  en  Syrie  :  le  Bahr-el-Houlé,  les 
environs  de  Baalbeck,  Sayda,  environs  de  Damas. 

Bythinia  Sidoniensis,  Mousson.  —  Bithinia  ruhens,  var. 
Sidoniensis,  Mousson,  1861.  Coquilles  terrestres  et  fluvia- 
tiles  recueillies  par  Roth  en  Palestine,  p.  56.  =  Sadja  en 
Syrie. 

Bythinia  Heliopolitana,  Bourguignat.  —  B.  HeliopoU- 
tana,  Bourguignat,  1879.  Nova  sp.  in  collect.  =  Baalbeck 
(Syrie). 

Bythinia  Damasci,  Bourguignat.  —  B.  Bamasci^  Bour- 
guignat, 1879.  Nova  sp.  in  collect.  =  Damas  (Syrie). 

Bythinia  Saulcyi,  Bourguignat.  —  Blthinia  Saulcyi, 
Bourguignat,  1853.  Catalogue  raisonné  des  Mollusques  recueil- 
lis par  M.  T.  de  Saulcy  en  Orient,  p.  63,  pi.  11,  fig.  43-45.  — 
Bythinia  Saulcyi,  Westerlund,  1886.  Fauna  Palilarctischen- 
region,  t.  VI,  p.  21.  =  Environs  de  Baalbeck  et  de  Damas 
(Syrie). 

Bythinia  Hawardierjana,  Bourguignat.  —  Bithinia  Ea- 
wardieriana,  Bourguignat,  1853.  Catalogue  raisonné  des  Mol- 
lusques recueillis  par  M.  T.  de  Saulcy  en  Orient,  p.  63,  pi.  II, 
fig.  46-47.  —  Bythinia  Hawardieriana,  Westerlund,  1886. 
Fauna  Palilarctischen- région,  t.  VI,  p.  31.  =  Le  Bahr-el- 
Houlé  (Syrie). 

Bythinia  succinea,  Locard.  —  Bythinia,  sine  nome  in 
collect.  Bourg.  =  Environs  de  Beyrouth  (Syrie). 

Bythinia  badiella,  Parreys.  —  Paludina  hadiélla,  Par- 
reys  in  Kiister,  1853.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  62,  pi.  XI,  fig.  25- 
28.  —  Bithinia  hadiélla,  Bourguignat,  1856.  Aménités  malaco- 
logiques,  t.  I,  p.   183.  —  Bythinia  hadiélla,  von  Frauenfeld, 


LES   BYTHINIA    DU   SYSTÈME    EUROPEEN.  93 

1864.  In  Verliandl.  zool.-botan.  Gesellsch.  in  Wien,  t.  XIV, 
p.  577  (tir.  à  part,  1865,  p.  17).  =  La  Syrie  et  presque  toute 
la  Mésopotamie;  environs  de  Beyrouth,  de  Damas,  le  Liban, 
aux  environs  de  Deïr-el-Kanir,  Bahr-el-Houlé. 

Bythinia  EJECTA,  Mousson.  —  B.  éjecta,  Mousson,  1874. 
In  Journal  de  Conchyliologie,  t.  XXII,  46.  =  La  Basse-Méso- 
potamie. 

Bythinia  el^ca,  Bourguignat.  —  B.  elœca,  Bourguignat, 
1874.  Nova  sp.  in  coUect.  =  Bahr-el-Houlé  (Syrie). 

Bythinia  d'AFRiQUE  (Egypte). 

Bythinia  Goryi,  Bourguignat.  —  Paludina  decipiens  (non 
Millet),  deFérussacinKiister,  1852.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  35, 
pi.  VII,  fig.  27-29.  —  Bithinia  decipiens,  Roth,  1855.  In  Ma- 
lakologische  Blàtter,  t.  II,  p.  51.  —  Bithinia  Goryi,  Bourgui- 
gnat, 1856.  Aménités  malacologiques,  t.  I,  p.  185.  — Bithinia 
Kusteri,  von  Frauenfeld,  1862.  In  Verhandl.  zool.-botan.  Ge- 
sellsch. in  Wien,  t.  XII,  p.  1151.  —  Von  Frauenfeld,  1864. 
Loc.  cit.,  t.  XIV,  pp.  597  et  619.  —  Bythinia  Goryi,  von 
Frauenfeld,  1864.  Loc.  cit.,  t.  XIV,  p.  610  (tir.  à  part,  1865, 
p.  50).  =  Le  Nil,  lac  Mareotis,  canaux  d'Alexandrie. 

Bythinia  Schweinfurthi,  Letourneux.  —  B.  Schwein- 
furthi,  Letourneux,  1879.  Nova  sp.  — Bourguignat,  1890.  His- 
toire malacologique  du  lac  Tanganica,  p.  51  (sine  descript.) 
(non  Hydrobia  Schweinfurthi,  Martins  et  Jickely).  =  Bords  du 
lac  Mseri,  au  Fayoua. 

Bythinia  Alexandrina,  Bourguignat.  —  Bithinia  Alexan- 
drina,  Bourguignat,  1877.  Description  de  différents  genres  de 
Mollusques  de  l'Egypte,  etc.,  p.  27  (sine  descript.)  —  Bithynia 
Alexandrina,  Bourguignat,  in  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnen- 
conchylien,  p.  138  (sine  descript.).  =  Lac  Mareotis  près 
Alexandrie. 


94  ARNOULD    LOCARD. 

Bythinia  Sennaarica,  Parreys.  —  Paludina  Sennaarensïs, 
Parreys  in  Kiister,  1853.  Syst.  Conch.  Cab.,  p.  44,  pi.  IX, 
fig.  10-11.  —  Bythinia  Sennaarensis,  Martens,  1865.  In  Mala- 
kozoologische  Blàtter,  t.  II,  p.  204.  —  Bigyreidujn  Senaaricum, 
Letourneux  in  Bourguignat,  1883.  Malacologie  de  TAbyssinie, 
p.  130.  —  Bythinia  Sennaariensis,  Kobelt,  1891.  Rossmâss- 
ler's  Iconographie,  neue  folge,  t.  V,  p.  72,  pi.  CXXXVII, 
fig.  868.  =  En  Egypte,  Soudan  et  Abyssinie,  tout  le  cours  du 
Nil-Bleu,  depuis  le  lac  Dembea  jusqu'à  Kartouni,  et  dans  le 
Nil-Blanc  jusqu'en  Egypte  ;  bords  du  lac  Haoussa  dans  le  Choa 
(Ethiopie  méridionale). 

Byihinia  Lhothelleriei,  Bourguignat.  —  Bithinia  Lho- 
thelleriei,  Bourguignat,  1879.  Description  des  Mollusques  de 
l'Egypte,  de  l' Abyssinie,  etc.,  p.  27  (sine  descript.).  —  Bithynia 
Lhotellerii,  Bourguignat,  in  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnen- 
conchylien,  p.  138  (sine  descript.)  =  Canaux  près  Alexan- 
drie. 

Bythinia  Calvertina,  Bourguignat.  —  Bithinia  Calver- 
^««7?^^  Bourguignat,  1879.  Description  de  Mollusques  de  l'Egypte, 
de  l'Abyssinie,  etc.,  p.  27  (sine  descript.).  —  Bithynia  Galver- 
tiana,  Bourguignat,  in  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnenconchy- 
lien,  p.  138  (sine  descript.)  =  Fossés  à  Rambé  près  Alexan- 
drie. 

Bythinia  Letourneuxi,  Bourguignat.  —  Bithinia  Letour- 
neuxi,  Bourguignat,  1879.  Description  de  Mollusques  de 
l'Egypte,  de  l'Abyssinie,  etc.,  p.  27  (sine  descript.).  —  Bithy- 
nia Letourneuxi,  Bourguignat,  in  Kobelt,  1881.  Catalog  Bin- 
nenconchylien,  p.  138  (sine  descript.)  (non  Bythinia  Letour- 
neuxiana,  Bourguignat,  1862.  Spicilèges  malacologiques,  p.  121 , 
qui  est  VÂmnicoJa  Letourneuxiana,  Bourguignat,  1864.  Mala- 
cologie de  l'Algérie,  t.  II,  p.  248,  pi.  XIV,  fig.  58  à  60).  = 
Marais  à  l'est  du  canal  de  Mahmyoudié  (Egypte). 

Bythinia  subbadiella,  Bourguignat.  —  Bithinia  Badiella 


LES   BYTHINIA   DU   SYSTÈME   EUROPÉEN.  95 

(non  Parreys),  Bourguignat,  1879.,  Description  de  Mollusques 
de  l'Egypte,  de  l'Abyssinie,  etc.,  p.  27.  —  Bithinia  suhha- 
diella,  Bourguignat,  1885.  Mollusques  recueillis  par  M.  Paul 
Soleillet  au  Choa,  p.  30.  =  Lac  Mareotis  et  canaux  d'Alexan- 
drie; s'étend  jusqu'au  lac  Haoussa  dans  le  Choa  (Ethiopie  méri- 
dionale). Nous  donnons,  pi.  VI,  hg.  14,  la  figuration  de  cette 
espèce. 

Bythinia  pseudamnicola,  Bourguignat.  ^  Bithynia  pseu- 
damnicola,  Bourguignat,  in  Kobelt,  1881.  Catalog  Binnencon- 
chylien,  p.  138  (sine  descript.).  —  Bithinia  pseudamnicola, 
Bourgui.Gnat,  1879.  Description  de  Mollusques  de  l'Egypte,  de 
l'Abyssinie,  etc.  (sine  descript.).  =  Le  Nil  à  Rosette. 

Bythinia  d'Afrique  (Algérie,  Tunisie). 

Bythinia  tentaculata,  Linné.  (Vide  ante,  p.  79).  = 
Chabet-Beinan  près  Alger. 

Bythinia  Numidica,  Bourguignat.  —  Paludina  ventricosa 
(non  Gray),  Morelet,  1853.  In  Journal  de  Conchyliologie,  t.  IV, 
p.  297.  —  Bythinia  Leachi  (non  Sheppart),  Bourguignat, 
1862.  Spicilèges  inalacologiques,  p.  114.  —  Bythinia  Numidica, 
Bourguignat,  1864.  Malacologie  de  l'Algérie,  t.  II,  p  225, 
pi.  XIII,  fig.  42-44.  =  Environs  de  La  Calle,  dans  l'Oued- 
Sanhadjen,  à  20  kilomètres  sud-ouest  de  Bcine  dans  la  direction 
de  Jemmapes,  les  eaux  du  Senhadga  près  Bône. 

Bythinia  Bourlieri,  Letourneux.  —  B.  BourUeri,  Letour- 
neux,  1883.  Nova  sp.  in  collect.  Bourg.  =  Ouagla. 

Bythinia  Orsinii,  de  Charpentier.  — Vide  ante,  p.  89.  = 
Lac  des  Arbaouam  dans  l'Edough,  lacs  desséchés  des  Seba 
(province  de  Constantine). 

Bythinia  rubens,  Menke.  — Vide  ante,  p.  90.  =  Signalé 
par  M.  Westerlund  dans  TAlgérie  :  Boufarick  près  Alger. 

Bythinia  Hipponensis,  Bourguignat.  —  B.  Hipponensis, 


96  ARNOI'LD    LOCARD. 

Bourguignat,  1879.  Nova  sp.  in  collect.  =  Environs  de  Bône 
(province  de  Constantine). 

Bythinia  Sebanica,  Bourguignat.  —  B.  Sehanka,  Bour- 
guignat, 1879.  Nova  sp.  in  collect.  =  Lacs  desséchés  de  Seba 
(province  de  Constantine). 

Bythinia  HAGENMiiLLERi,  Bourguignat.  —  B.  Hagemniil- 
leri,  Bourguignat,  in  Letourneux  et  Bourguignat,  1887.  Pro- 
drome de  la  Malacologie  de  la  Tunisie,  p.  141.  =  Lac  de  Faid- 
El-Maïz  près  Bône  (province  de  Constantine);  Boghar  près 
Alger;  dans  un  petit  lac  au  sud  de  Bizerte  (Tunisie).  Nous  avons 
représenté  cette  espèce  planche  VI,  fig.  4. 

Bythinia  Punica,  Hagenmiiller.  —  B.  Punka,  Hagen- 
mtiller,  in  Letourneux  et  Bourguignat,  1887.  Prodrome  de  la 
Malacologie  de  la  Tunisie,  p.  141.  —  Lac  de  Faid-El-Maïz  aux 
environs  de  Bône  (province  de  Constantine);  lacs  des  environs 
de  Bizerte  (Tunisie).  Nous  avons  donné  la  figuration  de  cette 
espèce  pi.  VI,  fig.  27. 

DESCRIPTION  DES  ESPÈCES  NOUVELLES  OU  LITIGIEUSES 

Bythinia  producta,  Menke. 
PI.  VI.  fig.  26. 

Historique.  —  Dans  son  Synopsis,  Menke  signale  pour  son 
Paludina  impur  a  quatre  variétés  :  ventricosa,  producta,  torta  et 
ohtusa,  sans  les  définir  davantage.  Il  en  est  résulté  que  ce  terme 
dejjroducta  a  été  diversement  apprécié  par  les  auteurs.  Bour- 
guignat, dans  sa  collection,  enregistre  sous  ce  nom  des  formes 
voisines  du  B.  tentaculata  et  simplement  un  peu  plus  allongées, 
souvent  même  de  taille  plus  petite  que  le  type;  c'est  ainsi  que 
bien  des  naturalistes  ont  compris  cette  forme.  Il  nous  semble 
que  si  jNIenke  avait  voulu  parler  d'une  forme  uniquement  plus 
allongée,  ce  n'est  point  sous  le  nom  de  producta  qu'il  l'aurait 


LES   BYTHINIA    DU   SYSTÈME   EUROPÉEN.  97 

désignée.  Parmi  les  nombreuses  acceptions  que  l'on  peut  attri- 
buer à  cet  adjectif  latin,  la  plus  normale,  celle  que  lui  donnent 
plus  volontiers  les  naturalistes,  correspond  à  l'idée  de  dévelop- 
pement, et  comme  la  coquille  est  plus  haute  que  large,  ce  déve- 
loppement se  fait  surtout  en  hauteur.  C'est  ainsi  que  l'a  com- 
pris Moquin-Tandon,  qui  donne  une  assez  bonne  figuration  de 
notre  coquille;  c'est  ainsi  également  que  nous  l'avons  admis 
dans  notre  Conchyliologie  française  ;  or,  dans  ce  cas,  les  modi- 
fications subies  par  le  galbe  de  la  coquille  sont  telles  qu'il  en 
résulte  non  pas  simplement  une  variété,  mais  bien  une  forme 
nouvelle  et  absolument  distincte. 

Description.  — Coquille  d'un  galbe  ovoïde-allongé,  grand; 
spire  haute,  étroitement  conique,  composée  de  6  à  7  tours  mé- 
diocrement convexes,  à  croissance  rapide  et  relativement  pro- 
gressive, le  dernier  très  grand,  très  haut,  formant  à  lui  seul 
plus  des  deux  tiers  de  la  hauteur  totale,  à  profil  arrondi,  bien 
déclive  vers  l'extrémité;  suture  bien  accusée,  très  oblique; 
sommet  acuminé  ;  ombilic  tout  à  fait  recouvert  ;  ouverture 
bien  oblique,  subarrondie,  avec  son  grand  axe  non  parallèle  à 
l'axe  de  la  coquille,  faiblement  anguleuse  dans  le  haut  ;  péris- 
tome  continu,  non  réfléchi,  faiblement  épaissi  à  l'intérieur  ; 
test  le  plus  souvent  lisse,  parfois  encroûté,  un  peu  brillant, 
orné  de  stries  longitudinales  très  fines,  onduleuses,  à  demi 
effacées,  un  peu  inégales,  subtransparent,  d'un  corné  clair,  un 
peu  jaunacé.  —  Opercule  logé  à  l'entrée  de  l'ouverture,  mince, 
de  même  consistance  que  la  coquille,  presque  opaque,  corné 
blanchâtre,  orné  de  stries  concentriques  subégales. 

Dimensions.  — Hauteur  totale  :  13  à  15  millim. 

Diamètre  maximum  :  "^Vs  ^  ^Vs     * 

Hauteur  de  l'ouverture  :         5'/,  à  6        » 

Observations.  —  Ainsi  défini,  le  B.  producta  est  susceptible 
de  présenter  les  mêmes  variations  que  le  B.  tentaculata  ;  nous 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  7 


98  ARNOULD    LOCARD. 

avons  en  effet  constaté  chez  cette  forme  des  var.  major,  minor, 
curta,  elongata,  ventriœsa,  etc.  Quant  aux  variétés  ex-colore, 
elles  nous  semblent  bien  plus  rares;  en  général  le  test,  chez 
cette  espèce,  est  bien  moins  coloré  que  chez  le  B.  tentaculata ; 
sa  nuance  ordinaire  oscille  dans  une  gamme  corné  clair  dont 
elle  ne  se  départit  que  bien  rarement. 

Si  maintenant  nous  venons  à  comparer  le  B.  producta  au 
B.  tentaculata,  on  le  distinguera  :  à  sa  taille  plus  forte,  à  son 
galbe  plus  allongé ,  ces  deux  conditions  répondant  bien  à 
l'expression  de  producta  telle  qu'on  doit  la  comprendre;  à  ses 
tours  plus  convexes,  séparés  par  une  suture  plus  accusée  et 
surtout  plus  oblique;  à  son  dernier  tour  plus  grand,  plus  haut, 
plus  arrondi;  à  sa  spire  plus  allongée  et  plus  tordue;  à  son 
ouverture  relativement  plus  petite  et  plus  arrondie,  etc. 

Sous  prétexte  qu'il  s'agit  ici  d'une  forme  d'une  grande  taille 
et  d'un  galbe  allongé,  il  ne  faudrait  pas  confondre  notre  espèce 
avec  la  var.  inajor  du  B.  decipiens  dont  nous  aurons  à  parler 
plus.  loin.  Chez  cette  dernière  coquille,  le  dernier  tour  est  tou- 
jours moins  haut,  moins  allongé,  la  spire  est  plus  élancée  et 
plus  conique,  l'accroissement  des  tours  est  plus  régulier  et  plus 
proportionnel.  C'est  très  vraisemblablement  cette  forme  que 
plusieurs  auteurs,  notamment  M.  S.  Clessin,  ont  confondue  avec 
la  forme  p'oducta  de  Menke. 

BytUnia  Tagina,  Servain. 
PI.  V,  tig.  o. 

Historique.  —  C'est  par  erreur  qu'en  1880,  M.  le  D''  G. 
Servain  a  assimilé  la  forme  espagnole  que  nous  allons  décrire 
avec  le  type  du  B.  Leachi  des  auteurs  anglais.  Dès  1882,  nous 
voyons,  d'après  une  étiquette  de  la  collection  Bourguignat,  appa- 
raître la  rectification  de  cette  détermination  première.  Il  y  a 
donc  lieu  de  décrire  à  nouveau  cette  espèce. 


LES    BYTHINIA   DU   SYSTÈME    EUROPÉEN.  99 

Description.  —  Coquille  d'un  ijalbe  ovoïde-allongé  ;  spire 
liante,  un  peu  étroitement  effilée,  composée  de  6  tours,  les  pre- 
miers assez  convexes  et  à  croissance  lente,  les  suivants  comme 
tordus  et  croissant  beaucoup  plus  rapidement,  l'avant-dernier 
bien  développé,  très  convexe-arrondi  surtout  dans  le  haut,  le 
dernier  étroitement  arrondi,  bien  développé  surtout  en  longueur, 
égal  à  un  peu  plus  des  deux  tiers  de  la  hauteur  totale  ;  suture 
très  accusée,  très  oblique  ;  sommet  aigu  ;  ombilic  tout  à  fait 
recouvert;  ouverture  peu  oblique,  ovalaire-arrondie-,  rétrécie 
dans  le  bas,  à  peine  anguleuse  dans  le  haut;  péristome  continu, 
développé,  un  peu  détaché  vers  la  région  ombilicale,  très  légè- 
rement épaissi  en  dedans  ;  test  lisse,  très  brillant,  orné  de  stries 
très  fines,  rapprochées,  à  peine  sensibles,  subtransparent,  d'un 
corné  jaune-ivoire. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  10  millim. 

Diamètre  maximum  :  7 

Hauteur  de  l'ouverture  :  47, 

Observations.  —  Avec  le  B.  Tagina,  commence  la  série  des 
formes  étroites  et  allongées,  mais  conservant  encore  une  assez 
grande  taille.  Nous  rapprocherons  d'abord  cette  espèce  du 
B.  Leachi,  avec  lequel  on  l'a  confondue,  et  nous  observerons 
qu'elle  s'en  distingue  tout  de  suite  :  à  son  ombilic  couvert  par  le 
développement  du  dernier  tour  ;  à  ses  tours  bien  moins  étages, 
bien  moins  convexes,  séparés  par  une  suture  plus  oblique  et 
notablement  moins  profonde;  à  son  dernier  tour  plus  haut  et 
plus  étroitement  allongé  ;  à  son  galbe  général  enfin,  qui  est  d'un 
ovoïde-allongé  et  plus  étiré. 

Comparé  avec  le  B.  tentaculata,  on  le  reconnaîtra  :  à  sa  taille 
plus  petite  ;  à  son  galbe  plus  effilé,  plus  subcylindrico-ovoïde  ; 
au  mode  d'enroulement  de  ses  tours  plus  irrégulier  ;  au  profil 
de  ces  mêmes  tours  plus  convexes,  séparés  par  une  suture  plus 
profonde  et  plus  oblique  ;  à  son  dernier  tour  plus  étroitement 


100  ARNOULD   LOCARD. 

allongé  et  plus  convexe-arrondi  ;  à  son  ouverture  plus  arrondie, 
moins  anguleuse  dans  le  haut,  etc. 

Nous  n'avons  pas  observé  assez  d'échantillons  du  B.  Tagina 
pour  en  suivre  les  variations,  mais  s'il  existait  une  var.  mïnor, 
elle  ne  saurait  non  plus  être  confondue  avec  le  B.  coclia,  car 
celui-ci  a  toujours  ses  tours  supérieurs  beaucoup  moins  déve- 
loppés, tandis  que  le  dernier  tour  est  au  contraire  beaucoup  plus 
allongé  dans  le  sens  de  la  hauteur,  et  terminé  par  une  ouverture 
plus  petite  et  moins  excentrée. 

Bythinia  Narentana,  Bourguignat. 
PI.  V,  fig.  t:"». 

Historique.  —  Cette  espèce  a  été  autrefois  adressée  à  Bour- 
guignat sous  le  nom  de  Pahidina  impura.  Elle  est  tellement 
bien  caractérisée  qu'il  y  a  évidemment  lieu  de  la  considérer 
comme  forme  nouvelle  bien  distincte  de  toutes  les  précédentes. 

Description.  —  Coquille  d'un  galbe  presque  régulièrement 
ovoïde,  un  peu  court,  trapu,  mais  non  ventru;  spire  très  courte, 
composée  de  5  '/,  tours  convexes,  les  premiers  petits,  à  crois- 
sance très  lente,  l'avant-dernier  relativement  très  large  et  très 
peu  haut,  le  dernier  très  grand,  subcylindroïde,  à  profil  simple- 
ment convexe  et  non  arrondi,  égal  aux  trois  quarts  de  la  hauteur 
totale;  suture  presque  horizontale,  assez  accusée;  sommet  un 
peu  aigu  ;  ombilic  presque  tout  à  fait  recouvert  ;  ouverture  peu 
oblique,  faiblement  ovalaire,  avec  son  grand  axe  légèrement 
incliné,  arrondie  un  peu  étroitement  dans  le  bas,  faiblement 
anguleuse  dans  le  haut;  péristome  continu,  bien  épaissi  en 
dedans,  complètement  droit;  test  solide,  assez  épais,  lisse,  bril- 
lant, subtransparent,  orné  de  stries  longitudinales  très  fines, 
irrégulières,  à  demi  effacées,  et  de  malléations  qui  donnent  à 
la  surface  du  test  un  faciès  d'irrégularité,  d'un  corné  jaune 
clair. 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTÈME    EUROPÉEN.  101 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  1 1  millim. 

Diamètre  maximum  :  7'/,     » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  5  '/,     » 

Observations.  —  Chez  le  B.  Narentana,  la  donnée  éminem- 
ment caractéristique  porte  sur  le  galbe  plutôt  cylindrique  du 
dernier  tour  très  développé  en  hauteur  et  surmonté  par  une 
spire  très  courte,  très  ramassée.  On  observe  parfois  quelque 
chose  d'analogue  chez  le  B.  codia,  mais  ici  tous  les  tours  de  la 
spire  sont  au  complet,  tous  sont  bien  nets,  bien  distincts,  tandis 
qu'ils  sont  au  contraire  atrophiés  chez  le  B.  codia.  D'autre  part, 
dans  la  nouvelle  espèce,  le  péristome  est  toujours  très  épais, 
bien  plus  renforcé  que  chez  toutes  les  espèces  que  nous  avons 
étudiées  jusqu'à  présent,  et,  en  outre,  la  disposition  du  dernier 
tour  est  telle  que  si  l'on  ne  distingue  pas  l'ombilic,  du  moins 
son  emplacement  est  bien  mieux  indiqué  que  chez  les  formes 
précédentes.  L'ensemble  de  ces  caractères  nous  paraît  bien  suf- 
fisant pour  que  nous  ne  puissions  confondre  le  B.  Narentana 
avec  ses  autres  congénères. 

Nous  distinguons  chez  cette  espèce  des  var.  major,  niinor  et 
elongata,  qui  se  définissent  d'elles-mêmes,  mais  qui  toutes  con- 
servent ce  cachet  particulier  si  caractéristique  du  type  tel  que 
nous  l'avons  décrit. 

Bythinia  Gallœciana,  Castro. 
PI.  V,  tig.  10. 

Historique.  —  Cette  espèce,  recueillie  par  INI.  José  da  Silva 
e  Castro,  a  été  envoyée  par  lui  à  Bourguignat.  Nous  n'en  con- 
naissons ni  description  ni  figuration. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
ovoïde  un  peu  étroitement  allongé  ;  spire  composée  de  5  tours 
faiblement  convexes,  les  premiers  à  croissance  progressive  et 
assez  rapide,  le  dernier  un  peu  plus  grand,  allongé,  à  profil  peu 


102  ARNOULD   LOCARD. 

arrondi,  déclive  à  son  extrémité  ;  suture  médiocre,  très  peu  obli- 
que; sommet  pointu;  ombilic  totalement  recouvert;  ouverture 
très  peu  oblique,  assez  petite,  ovalaire,  plus  étroite  que  haute, 
avec  son  grand  axe  bien  incliné,  arrondie  en  bas,  anguleuse  en 
haut  ;  péristome  continu,  un  peu  épaissi;  test  lisse,  peu  brillant, 
orné  de  stries  assez  fortes,  irrégulières,  mais  très  effacées, 
d'un  corné  jaune  un  peu  roux.  —  Opercule  logé  à  l'entrée  de  la 
coquille,  un  peu  mince,  légèrement  concave  en  dessus,  orné  de 
stries  concentriques  assez  régulières,  fines  et  serrées,  subopa- 
ques, de  teinte  un  peu  plus  grise  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  9  millim. 

Diamètre  maximum  :  5  '/s     ^^ 

Hauteur  de  l'ouverture  :  4  7»     * 

Observations.  —  Nous  ne  pouvons  comparer  le  B.  Galice- 
ciana  qu'à  la  var.  minor  du  B.  tentaculata  et  du  B.  Tagina;  son 
galbe  et  la  régularité  de  son  mode  d'accroissement  le  distingue- 
ront toujours  facilement  de  toutes  les  autres  espèces  que  nous 
venons  de  passer  en  revue.  Comparé  au  B.  tentaculata,  on  le 
reconnaîtra  :  à  son  galbe  plus  conique,  plus  allongé,  moins  trapu  ; 
à  sa  spire  plus  acuminée  ;  à  sou  dernier  tour  moins  gros,  moins 
ventru,  proportionnellement  moins  développé;  à  ses  tours  moins 
convexes  ;  à  sa  suture  moins  accusée  ;  à  ses  premiers  tours  pro- 
portionnellement plus  hauts  et  d'un  moindre  diamètre,  etc.  Rap- 
proché du  B.  Tagina,  de  même  taille,  on  le  séparera  à  son 
galbe  plus  effilé,  plutôt  aigu;  à  sa  croissance  moins  régulière, 
moins  progressive;  à  son  dernier  tour  proportionnellement  plus 
gros,  plus  développé;  à  son  péristome  et  à  son  opercule  plus 
mince,  etc. 

Bythinia  spliœrica,  Bourguignat. 
PI.  VI,  fig.  9. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
ovoïde-court,  bien  conique  dans  le  haut,  bien  arrondi  dans  le 


LES   BYTHINIA   DU    SYSTÈME   EUROPEEN.  103 

bas;  spire  souvent  tronquée,  composée  de  5  tours  assez  convexes, 
les  premiers  à  croissance  progressive  et  assez  rapide,  le  dernier 
grand,  bien  arrondi-globuleux,  déclive  sur  sa  demi-longueur; 
suture  bien  accusée,  peu  oblique  ;  ombilic  totalement  recou- 
vert ;  ouverture  très  peu  oblique,  petite,  presque  circulaire,  à 
peine  anguleuse  dans  le  haut;  péristome  continu,  assez  mince; 
test  lisse,  un  peu  terne,  orné  de  stries  fines,  irrégulières,  très 
effacées,  d'un  corné  roux  jaunacé.  —  Opercule  logé  à  l'entrée 
de  la  coquille,  un  peu  mince,  assez  concave  en  dessus,  orné  de 
stries  concentriques  assez  régulières,  un  peu  fines  et  serrées, 
subopaque,  d'une  teinte  plus  grise  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  ô'/^    » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  3'/,,    * 

Observations.  —  Nous  ne  pouvons  guère  comparer  cette 
espèce  qu'avec  le  B.  Gallœciana,  qui  vit  dans  les  mêmes  eaux  ; 
on  distinguera  le  B.  sphœrica  :  à  son  galbe  beaucoup  plus  court, 
plus  trapu  et  plus  ventru  ;  à  son  dernier  tour  plus  renflé  et  à 
profil  plus  arrondi;  à  ses  autres  tours  plus  convexes;  à  son 
ouverture  plus  petite  et  plus  circulaire,  etc.  On  peut  encore  le 
rapprocher  du  B.  gravida  ;  mais  il  est  toujours  de  taille  plus 
petite,  d'un  galbe  plus  régulièrement  ovoïde,  avec  un  accroisse- 
ment plus  régulier  et  plus  proportionnel  dans  son  ensemble; 
enfin  son  ouverture  est  plus  petite  et  plus  arrondie. 

BytJiinia  lïmmtidea,  Servain. 

PI.  V,  lig.  «. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  presque 
régulièrement  ovoïde,  un  peu  court  et  ventru;  spire  un  peu 
réduite,  bien  conique,  composée  de  4  \/,  tours  assez  convexes,  à 
croissance  lente  et  progressive,  le  dernier  grand  formant  à  lui 


104  AKNOULD  LOCARD. 

seul  plus  des  deux  tiers  de  la  hauteur  totale,  à  profil  bieu 
arroudi-convexe,  s'atténuant  et  s'allongeant  dans  le  bas,  peu 
déclive  vers  l'extrémité;  suture  accusée,  peu  oblique;  sommet 
assez  aigu  ;  ombilic  tout  à  fait  recouvert  ;  ouverture  bien  obli- 
que, grande,  ovalaire,  avec  son  grand  axe  incliné,  arrondie- 
rétrécie  dans  le  bas,  anguleuse  dans  le  haut;  péristome  con- 
tinu, droit,  épaissi;  test  un  peu  brillant,  lisse,  orné  de  stries 
longitudinales  très  fines,  irrégulières,  rapprochées,  à  demi  efl:a- 
cées,  subtransparent,  d'un  corné  jaune  clair. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  6  \',  millim. 

Diamètre  maximum  :  6 

Hauteur  de  l'ouverture  :  3  7, 

Observations.  —  Cette  petite  Bythinie  ressemble,  au  premier 
abord,  à  un  Limnœa  tentaculafa  de  petite  taille.  Parmi  les 
espèces  que  nous  avons  examinées  jusqu'à  présent,  elle  n'a  de 
réelle  analogie  qu'avec  le  B.  sphœrica;  mais  elle  s'en  distingue  : 
par  sa  taille  plus  petite  ;  par  son  galbe  moins  court,  moins  glo- 
buleux; par  son  dernier  tour  plus  étroitement  allongé,  s'atté- 
nuant plus  rapidement  dans  le  bas;  par  ses  tours  moins  con- 
vexes ;  enfin  par  son  ouverture  bien  plus  étroitement  allongée 
et  plus  anguleuse  dans  la  partie  supérieure. 

Bythinia  parvd,  Locard. 

PI.  V,  fig.  12. 

Historique.  —  Dans  notre  Conchyliologie  française,  nous 
avons  donné  une  description  sommaire  de  cette  jolie  petite 
espèce  ;  nous  croyons  qu'il  y  a  lieu  de  la  compléter  et  de  faire 
ressortir  les  rapports  et  différences  qu'elle  présente  avec  ses 
congénères. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  court  et 
globuleux;  spire  peu  haute,  composée  de  4'/,  tours  bien  con- 


LES  BYTHINIA  DU  SYSTÈME  EUROPÉEN.  105 

vexes,  un  peu  étages,  à  croissance  régulière  et  progressive,  le 
dernier  grand,  presque  exactement  arrondi^  égal  aux  trois  quarts 
de  la  hauteur  totale;  suture  bien  accusée,  un  peu  oblique  au 
dernier  tour;  sommet  aigu;  ombilic  tout  à  fait  recouvert;  ouver- 
ture très  oblique  avec  son  grand  axe  faiblement  incliné,  relati- 
ment  grande,  à  peine  ovalaire,  légèrement  anguleuse  dans  le 
haut,  bien  arrondie  dans  le  bas;  péristome  continu,  droit,  assez 
épaissi  en  dedans  ;  test  solide,  un  peu  épais,  assez  brillant,  orné 
de  stries  très  fines,  très  atténuées,  d'un  corné  jaune  clair,  par- 
fois un  peu  grisâtre.  —  Opercule  logé  à  l'entrée  de  la  coquille, 
mince,  de  même  consistance,  à  peine  concave  en  dessus,  orné 
de  stries  concentriques  subégales,  presque  opaque,  à  peine  plus 
clair  que  le  reste  du  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  6V'„  à  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  4  à  5 

Hauteur  de  l'ouverture  :       3  7.  à  4 

Observations.  Nous  ne  pouvons  rapprocher  le  B.  par  va  que 
de  la  var.  minor  du  B.  tentaculata  ;  mais  on  le  distingue  :  à  son 
galbe  bien  plus  court,  bien  plus  trapu,  presque  globuleux;  à  sa 
spire  constituée  par  des  tours  bien  plus  distincts,  toujours  plus 
convexes,  plus  étages,  séparés  par  une  suture  plus  profonde;  à 
son  dernier  tour  plus  gros  et  à  profil  plus  arrondi;  à  son 
ouverture  plus  circulaire  ;  à  son  test  proportionnellement  plus 
épais,  etc. 

Bi/thinia  ïlysœca,  Letourneux. 
PI.  VI,  lig.  5. 

Historique.  —  Cette  espèce  a  été  rapportée  de  Croatie  et  de 
Dalmatie  par  le  conseiller  Letourneux  ;  nous  n'en  connaissons 
ni  description,  ni  figuration. 

Description.  —  Coquille  d'un  galbe  conoïde  bien  allongé  ; 
spire  assez  haute,  bien  conique,  composée  de  6  tours  bien  con- 


106  ARNOULD    LOCARD. 

vexes,  les  trois  premiers  croissant  lentement  et  progressive- 
ment, ravant-dernier  déjà  notablement  plus  développé,  haut  et 
croissant  plus  rapidement,  le  dernier  très  grand,  à  profil  bien 
arrondi,  très  allongé  en  hauteur,  très  déclive,  à  peine  plus 
grand  que  les  deux  tiers  de  la  hauteur  totale  ;  suture  bien  accu- 
sée, d'abord  presque  di'oite,  ensuite  bien  oblique;  sommet  aigu; 
ombilic  tout  à  fait  recouvert;  ouverture  assez  oblique,  petite, 
subarrondie,  avec  son  grand  axe  faiblement  incliné,  arrondie 
en  bas,  peu  anguleuse  eu  haut;  péristome  continu,  non  réfléchi, 
légèrement  épaissi  en  dedans  ;  test  lisse,  un  peu  brillant,  orné 
de  stries  longitudinales  très  fines,  très  serrées,  peu  visibles, 
subtransparent,  d'un  corné  jaune  verdàtre.  —  Opercule  logé  à 
l'entrée  de  la  coquille,  mmce,  à  peine  concave  en  dessus,  orné 
de  stries  concentriques  très  fines,  presque  régulières,  opaque, 
presque  de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —   Hauteur  totale  :  9  millim. 

Diamètre  maximum  :  5 

Hauteur  de  Touverture  :  3 

Observations.  —  Nous  ne  pouvons  comparer  le  B.  ihjsœca 
quau  B.  decipiens.  Mais  il  s'en  distinguera  :  à  son  galbe  plus 
étroitement  allongé  et  croissant  bien  plus  irrégulièrement  ;  à 
son  avant-dernier  toui-  croissant  plus  rapidement,  et  partant 
plus  développé  ;  à  son  dernier  tour  plus  haut,  plus  étroitement 
effilé,  à  profil  plus  arrondi,  notablement  plus  déclive  à  l'extré- 
mité ;  à  sa  suture  plus  irrégulière,  plus  oblique  au  dernier  tour  ; 
à  son  ouverture  proportionnellement  plus  petite  et  encore  plus 
arrondie,  etc. 

Outre  le  type,  tel  que  nous  venons  de  le  décrire,  nous  signa- 
lerons une  var.  minor  qui  ne  mesure  que  7  '  ^  millim.  de  hau- 
teur, mais  qui  néanmoins  conserve  les  mêmes  caractères  que  le 
t}-pe  dans  son  mode  d'enroulement  des  tours. 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTÈME    EUROPÉEN.  107 

BijHiinia  Zamorensis,  Bourguignat. 
PI.  V.  lig.  2. 

Bescription.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
subovoïde  très  étroitement  allongé;  spire  très  haute,  très  effi- 
lée, composée  de  6  tours  très  convexes,  croissant  très  rapide- 
ment, les  premiers  petits,  l'avant-dernier  relativement  grand 
et  bien  convexe,  le  dernier  bien  arrondi,  allongé  surtout  dans 
le  bas,  très  déclive,  égal  en  hauteur  à  plus  des  deux  tiers  de  la 
hauteur  totale;  suture  très  accusée,  très  oblique;  sommet  très 
aigu  ;  ombilic  totalement  recouvert  ;  ouverture  relativement 
petite,  assez  oblique,  ovalaire,  avec  le  grand  axe  assez  incliné, 
un  peu  rétrécie  dans  le  bas,  anguleuse  dans  le  haut;  péristome 
continu  assez  fortement  épaissi  ;  test  solide,  un  peu  épais,  orné 
de  stries  longitudinales  peu  marquées,  à  demi  effacées,  d'un 
corné  roux  jaunacé. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  ^'/j    * 

Hauteur  de  l'ouverture  :  3 

Observations.  —  De  toutes  les  espèces  que  nous  avons  jus- 
qu'à présent  passées  en  revue,  le  B.  Zmnorensis  représente  la- 
forme  la  plus  étroite  et  la  plus  eltilée  ;  elle  est  à  ce  point  de  vue 
parfaitement  caractérisée.  Nous  ne  pouvons  la  rapprocher  que 
du  B.  Letocliœ,  qui  vit  également  dans  les  mêmes  eaux;  mais 
elle  s'en  distingue  de  suite  :  à  sa  taille  encore  plus  petite  ;  à  son 
galbe  plus  efrilé,  plus  élancé  ;  à  ses  tours  plus  convexes  ;  à  son 
dernier  tour  à  profil  plus  arrondi  et  en  même  temps  plus  effilé 
dans  le  bas  ;  à  sa  suture  plus  profonde  et  plus  oblique,  etc. 


108  ARNOULD    LOCAKD. 

Bythinia  Carvalhoi,  Castro. 

PI.  VI,  fig.  10. 

Historique.  —  Le  B.  Carvalhoi  a  été  recueilli  pour  la  pre- 
mière lois  par  M.  José  Da  Silva  e  Castro,  dans  les  eaux  du 
Minlio;  il  l'a  fait  connaître  à  Bourguignat.  Cette  espèce  n'est 
pas  encore  décrite. 

Description.  —  Coquille  d'un  galbe  ovoïde  assez  allongé  ; 
spire  toujours  tronquée,  probablement  composée  de  6  tours,  les 
deux  derniers  seuls  subsistants,  l'avant-dernier  peu  haut,  peu 
convexe,  le  dernier  arrondi,  mais  assez  allongé,  bien  déclive, 
plus  de  quatre  fois  plus  grand  que  l'avant-dernier  ;  suture  assez 
marquée  ;  sommet  inconnu  ;  ombilic  entièrement  recouvert  ; 
ouverture  peu  oblique,  relativement  petite,  assez  étroitement 
ovalaire,  rétrécie  dans  le  bas,  anguleuse  dans  le  haut;  péris- 
tome  continu,  bien  épaissi,  montrant  même  parfois  trois  ou  qua- 
tre bourrelets  d'accroissement;  test  très  solide,  très  épais,  sou- 
vent corrodé,  opaque,  presque  lisse,  non  brillant,  d'un  brun 
très  sombre.  Opercule  logé  à  l'entrée  de  la  coquille,  épais,  con- 
cave en  dessus,  orné  de  stries  concentriques  très  fines,  peu  visi- 
bles, surtout  au  centre,  plus  accusées  à  la  périphérie,  de  teinte 
plus  grise  que  le  reste  de  la  coquille. 

Dimensions.  —  Hauteur  des  deux  derniers  tours  :  8  à  9  mm. 
Diamètre  maximum  :  6  à  7     » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  4  à  4  '  ',    » 

Ohservatioyis.  —  D'après  les  dimensions  que  nous  venons  de 
donner,  on  peut  conclure  que  le  B.  Carvalhoi  est  normalement 
une  coquille  de  grande  taille;  mais  il  est  assez  remarquable  de 
constater  que  les  huit  échantillons  que  nous  avons  sous  les 
yeux  sont  tous  tronqués  de  manière  à  ce  qu'il  ne  subsiste  plus 
<iue  les  deux  derniers  tours.  En  outre,  en  voyant  la  manière 


LES   BYTHINIA    DU   SYSTÈME    EUROPEEN.  109 

dont  le  test  est  corrodé  par  places,  à  la  façon  de  certains  Unios, 
et  à  la  manière  anormale  dont  se  développe  parfois  l'ouverture, 
on  doit  en  conclure  que  les  animaux  qui  les  habitent  ont  dû 
vivre  dans  un  milieu  qui  était  loin  de  leur  être  favorable. 

Nous  rapprocherons  le  B.  Garvalhoi  du  B,  decipiem,  qui 
en  est  la  forme  la  plus  voisine.  Mais  on  le  distinguera  facile- 
ment :  à  son  galbe  plus  effilé  ;  à  son  dernier  tour  plus  arrondi 
et  plus  allongé  ;  à  sa  spire  tronquée  ;  à  ses  tours  moins  convexes  ; 
à  sa  suture  moins  profonde  ;  à  son  test  particulièrement  solide 
et  épais  ;  à  son  ouverture  moins  arrondie,  etc. 

Bijthinia  Lusitanica,  Castro. 
PI.  VI,  fig.  1. 

Historique.  —  Cette  espèce,  comme  la  précédente,  a  été 
découverte  en  Portugal  par  M.  José  da  Silva  e  Castro.  Elle  est 
encore  inédite. 

Bescriptïon.  —  Coquille  d'un  galbe  presque  régulièrement 
ovoïde,  un  peu  allongé;  spire  assez  haute,  composée  de  six 
tours  très  peu  convexes,  les  premiers  à  croissance  un  peu  lente 
et  régulière,  l'avant-dernier  assez  haut,  le  dernier  allongé,  lar- 
gement convexe  dans  le  milieu,  atténué  dans  le  bas,  égal  à  près 
des  trois  quarts  de  la  hauteur  totale,  bien  déclive  à  son  extré- 
mité; suture  assez  accusée,  mais  peu  profonde,  peu  oblique; 
sommet  aigu,  souvent  corrodé;  ombilic  tout  à  fait  recouvert; 
ouverture  peu  oblique,  un  peu  étroitement  ovalaire  avec  son 
grand  axe  bien  incliné,  assez  anguleuse  dans  le  haut,  un  peu 
arrondie  dans  le  bas;  péristome  continu,  parfois  un  peu  détaché, 
épaissi,  laissant  voir  en  dehors  jusqu'à  trois  ou  quatre  bourre- 
lets d'accroissement;  test  solide,  épais,  encroûté,  parfois  même 
corrodé,  non  brillant,  finement  striolé,  passant  du  corné  brun  au 
noirâtre.  —  Opercule  logé  à  l'entrée  de  la  coquille,  légèrement 
concave  en  dessus,  orné  de  stries  concentriques  très  fines^  de 
même  teinte  que  la  coquille. 


110 

ARNOULD   LOCARD. 

Dimensions.  - 

—  Hauteur  totale  : 

10  millini 

Diamètre  maximum  : 

6       » 

Hauteur  de  l'ouverture  : 

4       * 

Observations.  —  Cette  espèce,  dont  l'aspect  a,  au  premier 
abord,  quelque  analogie  avec  la  précédente,  s'en  distingue  aisé- 
ment, même  lorsque  le  test  a  un  faciès  semblable  comme  colo- 
ration et  usure  :  à  son  galbe  plus  ovoïde-allongé  ;  à  ses  tours 
bien  moins  convexes,  à  son  dernier  tour  moins  gros,  moins  ven- 
tru ;  à  sa  suture  moins  profonde  ;  à  son  ouverture  plus  étroite- 
ment ovalaire,  plus  largement  arrondie  dans  le  bas. 

Sous  le  nom  de  var.  elongafa,  nous  trouvons  dans  la  collec- 
tion Bourguignat,  des  échantillons  provenant  de  la  même  sta- 
tion, mais  alors  d'un  galbe  beaucoup  plus  étroitement  allongé, 
atteignant  jusqu'à  12  millim.  de  hauteur,  tout  en  conservant  les 
mêmes  caractères  que  le  type.  Cette  variété,  tout  comme  le 
type,  a  son  test  parfois  fortement  et  profondément  corrodé,  et 
le  sommet,  du  moins  les  deux  ou  trois  premiers  tours,  fait  sou- 
vent défaut. 

Bythinia  Stramicensis,  Locard. 

PI.  V,  fig.  16. 

Historique.  —  Dans  notre  Conchyliologie  française,  nous 
avons  donné  une  description  sommaire  de  cette  espèce,  sur 
laquelle  il  convient  de  revenir. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  grande,  d'un  galbe 
ovoïde-lancéolé,  bien  allongé;  spire  haute,  bien  acuminée,  com- 
posée de  six  tours  à  peine  convexes,  non  étages,  les  premiers  à 
croissance  régulière,  progressive,  le  dernier  très  grand,  étroite- 
ment ovalaire,  fortement  déclive  à  l'extrémité,  à  profil  large- 
ment convexe,  égale  aux  deux  tiers  de  la  hauteur  totale  ; 
suture  peu  profonde,  assez  oblique,  sommet  pointu;  ombilic  tota- 
lement recouvert;  ouverture  très  oblique,  petite,  arrondie,  fai- 


LES    BYTHINIA    DU    SYSTÈME    EUROPEEN.  111 

blement  anguleuse  dans  le  haut,  bien  arrondie  dans  le  bas,  avec 
son  grand  axe  presque  droit;  péristome  continu,  bien  épaissi  en 
dedans,  droit,  très  légèrement  réfléchi  dans  le  bas;  test  solide, 
épais,  peu  brillant,  orné  de  stries  très  fines,  très  atténuées, 
assez  espacées,  d'un  corné  gris  clair  un  peu  jaunacé.  —  Oper- 
cule logé  à  l'entrée  de  la  coquille,  assez  épais,  à  peine  concave 
en  dessus,  orné  de  stries  concentriques  subégales  assez  effacées, 
d'un  corné  gris  presque  opaque. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  10  à  11  millim. 

Diamètre  maximum  :  4\/,  àô'/, 

Hauteur  de  l'ouverture  :       3  '/,  à  4 

Observations.  —  Avec  son  galbe  allongé,  sa  spire  haute  et 
acuminée,  le  B.  Stramicensis  appartient  bien  incontestablement 
au  groupe  des  B.  Sebethina  et  Matntensis  ;  mais  étant  donné  le 
peu  de  convexité  de  ses  tours  supérieurs^  il  semblerait  au  pre- 
mier abord  devoir  rentrer  dans  le  groupe  du  B.  tentaculata.  On 
le  distinguera  du  B.  tentaculata,  var.  elongata  :  à  sa  spire  encore 
plus  haute  et  plus  allongée  ;  à  son  dernier  tour  plus  étroitement 
ovalaire  et  plus  haut;  à  son  ouverture  plus  petite  et  plus  arron- 
die. Chez  aucune  des  variétés  du  B.  tentaculata,  on  ne  trouve 
une  telle  proportion  entre  la  hauteur  du  dernier  tour  et  le  reste 
de  la  spire. 

Rapproché  des  B.  Sehethina  et  Matritensis,  il  s'en  séparera  : 
par  son  galbe  plus  régulièrement  ovoïde;  par  ses  tours  bien 
moins  convexes,  non  étages;  par  sa  suture  bien  moins  accusée; 
par  son  dernier  tour  plus  largement  convexe  ;  par  son  ouverture 
plus  arrondie,  etc. 

BytJiinia  potamœca,  Bourguignat. 

PI.  V,  fig.  22. 

Historique.  —  Le  type  du  B.potamœca  a  été  obervé  en  1881 
par  Bourguignat,  et  provenait  des  gorges  d'OUioules  dans  le 


112  ARNOULD    LOCARD. 

Var;  depuis  on  a  retrouvé  cette  même  forme  dans  plusieurs 
autres  stations  du  midi;  nous  en  avons  donné  une  description 
sommaire  dans  notre  Conchyliologie  française. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite;  d'un  galbe 
ovoïde-allongé;  5  tours,  les  premiers  assez  convexes,  à  crois- 
sance progressive,  le  dernier  un  peu  gros,  allongé  dans  le  bas, 
arrondi  dans  le  milieu,  lentement  déclive,  égal  en  hauteur  aux 
deux  tiers  et  demi  de  la  hauteur  totale  ;  sommet  bien  acuminé  ; 
suture  assez  accusée  ;  ombilic  entièrement  recouvert  ;  ouverture 
oblique,  subovalaire,  subanguleuse  dans  le  haut,  arrondie  dans 
le  bas;  péristome  peu  épais,  droit,  non  interrompu;  test  assez 
solide,  subopaque,  orné  de  stries  très  fines,  effacées,  d'un  corné 
verdâtre  sombre.  —  Opercule  logé  à  l'entrée  de  la  coquille,  de 
même  consistance  que  le  test,  orné  de  stries  concentriques  assez 
fortes,  presque  de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  7  à  9  millim . 

Diamètre  maximum  :  4:'l,/si6'l^ 

Hauteur  de  l'ouverture  :  S'/*  à  S'/, 
Observations.  —  Le  B.  potamœca  occupe  dans  ce  groupe  la 
même  place  que  le  B.  allopoma  dans  le  groupe  précédent  ;  on  le 
distinguera  de  cette  dernière  espèce  :  à  son  galbe  moins  réguliè- 
rement ovoïde;  à  sa  spire  plus  effilée,  plus  haute;  à  son  dernier 
tour  moins  élevé  et  plus  étroitement  arrondi  ;  à  son  mode  d'ac- 
croissement plus  régulier;  à  sa  suture  plus  accusée;  à  son  ouver- 
ture presque  proportionnellement  plus  grande,  etc. 

En  dehors  du  type, nous  signalerons  des  var.  major,  minor, 
elongata,  ventricosa,  luteola,  etc.,  qui  se  définissent  d'elles- 
mêmes. 

BijtMnia  graciUs,  Locard. 
PI.  VI,  fig.  i;{. 

Historique.  —  Nous  avons  observé  cette  petite  espèce  dans 
la  collection  Bourguignat,  où  elle  figurait  sans  dénomination. 


LES   BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPÉEN.  113 

Description.  —  Coquille  de  très  petite  taille,  d'un  galbe 
ovoïde  un  peu  allongé;  spire  médiocre,  composée  de  5  tours, 
les  premiers  petits  à  croissance  un  peu  lente,  l'avant-dernier 
haut  et  assez  convexe,  le  dernier  notablement  plus  grand,  à 
profil  largement  arrondi,  faiblement  atténué  dans  le  bas,  égal 
aux  trois  quarts  de  la  hauteur  totale;  sommet  un  peu  pointu; 
suture  bien  accusée,  surtout  au  dernier  tour;  ombilic  entière- 
ment recouvert,  indiqué  par  la  dépression  du  dernier  tour  ; 
ouverture  à  peine  oblique,  largement  ovalaire,  à  peine  rétrécie 
dans  le  haut,  avec  son  grand  axe  assez  oblique;  péristome  con- 
tinu, très  légèrement  épaissi,  non  évasé;  test  assez  solide,  terne, 
encroûté,  subopaque,  orné  de  stries  très  atténuées,  d'un  corné 
roux  sombre.  —  Opercule  affleurant  le  péristome,  légèrement 
concave,  orné  de  stries  concentriques,  fines,  presque  de  même 
teinte  que  le  reste  du  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  milllim. 

Diamètre  maximum  :  27^     » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2        » 

Observations.  —  Le  B.  gracilis  a  un  peu  le  faciès  d'un 
Bythinella;  cependant  l'examen  de  son  opercule  nous  permet  de 
constater  qu'il  s'agit  bien  là  d'une  véritable  Bythinie.  Nous  le 
rapprocherons  d'une  var.  minm-  du  B.  allopoma,  et  nous  le  dis- 
tinguerons, outre  la  question  de  taille:  à  son  galbe  plus  pupoïde  ; 
à  sa  spire  un  peu  moins  haute  ;  à  ses  premiers  tours  moins  déve- 
loppés; à  son  avant-dernier  tour  plus  haut;  à  son  dernier  tour 
plus  ventru,  plus  gros;  à  son  ouverture  proportionnellement 
plus  grande  et  plus  arrondie;  à  son  test  plus  épais  et  plus 
encroûté,  etc. 

Bythinia  Blancï,  Bourguignat. 

PI.  V,  fig.  24. 

Historique.  —  Bourguignat  a  reru  cette  espèce  de  M.  E. 
Blanc  sous  le  nom  de  B.  labiata,  Blanc,  nova  species  ;  mais 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  8 


114  ARNOULD    LOCARU. 

pareille  dénomination  ayant  déjà  été  employée  par  Bielz,  Jan 
et  Parreys,  il  convient  de  la  faire  rentrer  en  synonymie. 

Descrijition.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
ovoïde,  court  et  ventru  ;  spire  composée  de  5  '  \  tours  très  con- 
vexes, bien  étages,  à  croissance  très  rapide,  l'avant-dernier 
gros  et  haut,  le  dernier  très  arrondi,  trapu  et  ventru,  déclive  à 
l'extrémité,  égal  à  près  des  trois  quarts  de  la  hauteur  totale; 
suture  très  accusée,  profonde,  oblique  surtout  au  dernier  tour; 
sommet  un  peu  aigu;  ombilic  presque  complètement  masqué; 
ouverture  un  peu  oblique,  relativement  grande,  arrondie,  avec 
son  grand  axe  légèrement  incliné,  faiblement  anguleuse  dans  le 
haut,  bien  arrondie  dans  le  bas;  péristome  continu,  peu  épais, 
légèrement  évasé,  surtout  chez  les  sujets  bien  adultes;  test 
mince,  solide,  peu  brillant,  orné  de  stries  très  fines,  atténuées, 
d'un  corné  roux  jaunacé,  passant  parfois  au  verdâtre.  —  Oper- 
cule logé  à  l'entrée  de  la  coquille,  mince,  orné  de  stries  concen- 
triques très  fines,  subopaque,  d'une  teinte  un  peu  grisâtre. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  7  à  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  5  V  ,  à  6 

Hauteur  de  l'ouverture  :  4 

Observations.  —  Le  B.  Blancï  représente  la  forme  la  plus 
courte  et  la  plus  trapue  de  tout  ce  groupe  ;  on  ne  peut  la  rap- 
procher que  du  B.  Boissieri;  mais  on  le  distinguera  :  à  soa 
galbe  d'un  ovoïde  bien  plus  court  et  bien  plus  ventru  ;  à  sa  spire 
moins  haute  ;  à  son  dernier  tour  bien  plus  gros  et  plus  arrondi  ; 
à  son  ouverture  plus  grande  ;  à  ses  tours  plus  convexes  ;  à  sa 
suture  plus  profonde,  etc.  En  somme,  le  B.  Blanci  joue  dans 
son  groupe  le  même  rôle  que  le  B.  gravïda  dans  le  groupe  du 
B.  tentaculata. 

Bythinia  Bayomiensis,  Locard. 

PI.  VI.  li-.  18. 

Historique.  —  Nous  avons  retrouvé  cette  jolie  petite  forme 
dans  la  collection  Bourguignat,  sans  dénomination. 


LES    BYTHINIA   DU   SYSTÈME   EUROPEEN.  115 

Description.  —  Coquille  de  très  petite  taille,  d'un  galbe 
ovoïde  un  peu  allongé,  un  peu  acuminé;  spire  assez  haute,  com- 
posée de  5  tours,  les  premiers  convexes,  à  croissance  un  peu 
lente,  l'avant-dernier  plus  grand  et  assez  arrondi,  le  dernier 
grand,  d'abord  méplan  dans  le  haut  au  voisinage  de  la  suture, 
presque  plan  dans  son  profil  externe,  puis  arrondi  et  lentement 
atténué  dans  le  bas,  égal  aux  deux  tiers  de  la  hauteur  totale; 
suture  accusée  surtout  au  dernier  tour,  peu  oblique  ;  sommet 
pointu;  ombilic  réduit  à  Tétat  de  fente  en  partie  recouverte, 
mais  néanmoins  distincte;  ouverture  très  peu  oblique^  ovalaire, 
faiblement  rétrécie-subanguleuse  dans  le  haut,  arrondie  dans  le 
bas;  avec  son  grand  axe  assez  oblique;  péristome  continu,  légè- 
rement épaissi,  un  peu  évasé  dans  le  bas;  test  assez  solide, 
subopaque,  terne,  un  peu  encroûté,  orné  de  stries  très  fines, 
très  atténuées,  d'un  corné  verdàtre.  —  Opercule  assez  enfoncé 
dans  l'intérieur  de  l'ouverture,  orné  de  stries  concentriques  peu 
fortes,  presque  de  même  teinte  que  le  reste  du  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  7^  miilim. 

Diamètre  maximum  :  2  7^ 

Hauteur  de  l'ouverture  :  1  7^       » 

Observations.  —  Parmi  les  formes  françaises,  il  en  est  bien 
peu  qui  se  rapprochent  du  B.  Bayonnensis  ;  comparée  au 
B.  Bourguignati  qui  vit  aussi  dans  le  midi,  notre  espèce  s'en  dis- 
tinguera de  suite  :  à  son  galbe  bien  plus  allongé  ;  à  sa  spire 
plus  haute,  plus  acuminée;  à  son  dernier  tour  bien  moins  ventru 
et  d'un  tout  autre  profil  ;  à  son  ombilic,  etc.  On  peut  encore  le 
rapprocher  d'une  var.  minor  du  i?.  allopoma  dont  le  galbe  géné- 
ral a,  au  premier  abord,  quelque  analogie  avec  le  sien;  mais  on 
le  distinguera  :  à  son  dernier  tour  moins  ovoïde,  moins  allongé  ; 
à  sa  suture  si  accusée  au  dernier  tour  par  une  partie  méplane 
qui  l'accompagne;  par  son  ombilic  plus  ouvert  ;  par  son  oper- 
cule plus  enfoncé  dans  l'intérieur  de  l'ouverture,  etc. 


116  ARNOULD   LOCARD. 

Bytliinia  elegans,  Locard. 
PI.  VI,  fig.  11. 

Historique.  —  Cette  espèce  figurait  dans  la  collection  Bour- 
guignat  sans  dénomination. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  conoïde 
un  peu  court  ;  spire  assez  haute,  composée  de  5  tours  à  profil 
très  convexe,  à  croissance  rapide  et  progressive,  le  dernier 
d'abord  méplan  vers  la  suture,  puis  presque  droit  sur  une 
petite  partie  du  bord  externe,  ensuite  arrondi  et  assez  rapide- 
ment atténué  dans  le  bas,  égal  à  un  peu  moins  des  trois  quarts 
de  la  hauteur  totale;  suture  très  profonde,  très  accusée  par  le 
profil  des  tours,  peu  oblique  ;  sommet  pointu;  ombilic  assez 
ouvert,  quoique  en  partie  masqué  ;  ouverture  oblique,  très  lar- 
gement ovalaire;  péristome  continu,  légèrement  épaissi  à  l'in- 
térieur, un  peu' évasé  dans  le  bas  et  au  bord  columellaire  ;  test 
solide,  un  peu  épais,  brillant,  orné  de  stries  conceutiiques  très 
atténuées,  d'un  corné  roux. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  7,  millim. 

Diamètre  maximum  :  3  V,       » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2  * 

Observations.  —  Cette  espèce  est  une  de  celles  dont  les 
tours  sont  le  mieux  découpés,  dont  le  profil  est  le  mieux  carac- 
térisé; elle  peut  être  rapprochée  du  B.  Bayonnensis  dont  le  der- 
nier tour  présente  ce  profil  un  peu  carré  ;  mais  on  la  distin- 
guera :  à  son  galbe  plus  trapu,  plus  large; à  ses  tours  supérieurs 
encore  plus  découpés,  plus  nettement  profilés;  à  sa  suture  plus 
profonde  et  plus  accusée  à  tous  les  tours  ;  à  son  ouverture  plus 
grande  et  plus  circulaire  ;  à  son  ombilic  plus  ouvert,  etc.  On 
peut  encore  la  rapprocher  du  B.  Celtica,  mais  cette  dernière 
forme  est  bien  plus  trapue,  avec  un  dernier  tour  plus  gros  et 


LES    BYTHINIA    DU   SYSTEME    EUROPEEN.  117 

surtout  plus  large,  surmonté  d'une  spire  plus  petite,  plus  acu- 
minée,  etc. 

Bytlnnia  pJiœacina,  Letourneux. 

PI.  V,  fig.  19. 

Historique.  —  Cette  espèce  a  été  rapportée  en  1879  de  l'île 
de  Corfou  par  le  conseiller  Letourneux,  et  est  encore  inédite. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  ovoïde 
très  raccourci,  très  trapu  ;  spire  courte,  composée  de  4V,  tours, 
les  premiers  à  croissance  très  lente,  à  profil  bien  arrondi-con- 
vexe, un  peu  étages,  le  dernier  très  grand,  très  ventru,  étroi- 
tement arrondi  dans  le  haut,  un  peu  allongé  dans  le  bas,  égal 
aux  quatre  cinquièmes  de  la  hauteur  totale  ;  suture  bien  mar- 
quée; sommet  peu  pointu;  ombilic  petit,  un  peu  oblique,  mais 
néanmoins  bien  visible;  ouverture  relativement  grande,  très 
peu  oblique,  ovalaire,  avec  son  grand  axe  légèrement  incliné, 
faiblement  anguleuse  dans  le  haut,  assez  largement  arrondie 
dans  le  bas;  péristome  continu,  un  peu  épaissi  en  dedans;  test 
solide,  épais,  subopaque,  non  brillant,  orné  de  stries  effacées, 
d'un  corné  marron  un  peu  verdâtre.  —  Opercule  assez  épais, 
n'affleurant  pas  tout  à  fait  le  péristome,  peu  concave,  orné  de 
stries  concentriques  assez  fortes,  surtout  à  la  périphérie,  pres- 
que de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  5  millim. 

Diamètre  maximum  :  4 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2'/,    '' 

Observations.  —  Le  B.  phœacina  est  surtout  caractérisé  par 
sa  petite  taille,  courte  et  trapue.  Comparé  au  B.  Celtica  de 
même  taille,  on  le  distinguera:  à  son  ensemble  plus  court,  plus 
ramassé;  à  sa  spire  moins  haute,  comme  rabaissée;  à  son  der- 
nier tour  plus  large,  plus  étroitement  arrondi  ;  à  son  profil  plus 


118  ARNOULl)   LOCARD. 

convexe;  à  ses  tours  moins  étages,  moins  hauts;  à  son  ouver- 
ture plus  petite,  etc.  Ces  mêmes  caractères  le  sépareront  encore 
du  B.  Balatonka.  Parmi  les  nombreux  échantillons  que  ren- 
ferme la  collection  Bourguignat,  nous  distinguons  des  var. 
minor,  curfa,  elongata,  etc.,  qui  se  définissent  d'elles-mêmes, 

Bytliinia  Stossichiana,  Letourneux. 
PI.  V,  %.  7. 

Historique.  —  Comme  la  précédente  espèce,  le  B.  Stossi- 
chiana a  été  rapporté  de  Corfou  par  le  conseiller  Letourneux. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  subsphé- 
rique,  très  globuleux  ;  spire  très  courte,  composée  de  4  tours 
bien  étages,  les  premiers  très  petits,  le  troisième  bien  convexe, 
rapidement  développé  en  largeur,  mais  peu  haut,  le  dernier 
presque  sphérique,  comme  aplati  dans  le  haut,  ensuite  très 
étroitement  arrondi  et  à  peine  atténué  dans  le  bas,  égal  à 
plus  des  tiois  quarts  et  demi  de  la  hauteur  totale;  sommet 
obtus  ;  suture  bien  marquée  ;  ombilic  réduit  à  une  fente,  mais 
bien  accusé  par  la  convexité  du  dernier  tour;  ouverture  obli- 
que, assez  grande,  presque  régulièrement  ovalaire,  avec  son 
grand  axe  oblique,  à  peu  près  aussi  rétrécie  en  haut  qu'en  bas; 
péristome  continu,  faiblement  épaissi,  un  peu  évasé  dans  le  bas 
et  vers  le  bord  columellaire  ;  test  solide,  subopaque,  non  bril- 
lant, orné  de  sti'ies  très  effacées,  très  fines,  d'un  brun  roux  un 
peu  ferrugineux. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  millim. 

Diamètre  maximum  :  à'j,     » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2  7,     » 

Observations.  —  Puisqu'il  existe  un  groupe  pour  les  formes 
à  spire  très  courte,  c'est  dans  ce  groupe  qu'il  conviendrait,  à  la 
rigueur,  de  classer  le  B.  Stossichiana  ;  cependant,  en  vertu  des 
affinités  que  cette  espèce  présente,  et  comme  allure  générale  et 


LES   BYTHINIA    DU   SYSTÈME   EUROPEEN.  119 

comme  habitat,  avec  le  B.  phœacina,  nous  n'avons  pu  nous 
résoudre  à  séparer  ces  deux  espèces.  D'après  ce  qui  précède,  on 
voit  que  le  B.  Stossichiana  se  distinguera  du  B.  phœacina  :  par 
son  galbe  encore  plus  court,  plus  ventru,  plus  globuleux,  puis- 
que son  diamètre  est  presque  égal  à  sa  hauteur  ;  par  sa  spire  plus 
courte  et  plus  surbaissée;  par  son  dernier  tour  encore  phis  glo- 
buleux; par  son  sommet  plus  obtus  ;  par  son  ouverture,  etc. 

Bythinia  Grœca,  Locard. 

PI.  VI,  lii-%  lo. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  ovoïde  court 
et  ventru;  spire  courte,  composée  de  5  tours  bien  convexes,  un 
peu  méplans  en  dessus,  assez  étages,  à  croissance  d'abord  un 
peu  lente,  devenant  plus  rapide  au  dernier  tour,  celui-ci  gros, 
ventru,  arrondi,  un  peu  atténué  dans  le  bas,  déclive  à  l'extré- 
mité, égal  aux  quatre  cinquièmes  de  la  hauteur  totale  ;  suture 
peu  profonde,  oblique  au  dernier  tour;  sommet  un  peu  obtus, 
ombilic  très  petit,  en  partie  masqué  ;  ouverture  relativement 
grande,  presque  droite,  régulièrement  ovalaire,  avec  son  grand 
axe  légèrement  incliné  ;  péristome  mince,  droit,  continu,  légère- 
ment patulescent  dans  le  bas  ;  test  mince,  peu  brillant,  orné  de 
stries  très  fines,  peu  visibles,  d'un  corné  roux  verdâtre.  —  Oper- 
cule légèrement  enfoncé  dans  l'ouverture,  assez  épais,  orné  de 
stries  concentriques  fortes,  d'un  corné  gris  verdâtre. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  5  7^  millim. 

Diamètre  maximum  :  4  » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2  7„ 

Observations.  —  Le  B.  Grœca  ne  peut  être  i-approché 
que  des  B.  Orsinii  et  phœacina.  On  le  distinguera  du  B.  Orsinii  ; 
à  sa  taille  plus  petite;  à  sa  spire  moins  haute;  à  ses  tours  bien 
moins  convexes  et  bien  moins  étages  ;  à  son  dernier  tour  pro- 


120  ARNOULD    LOCARD. 

portionnellement  plus  développé  ;  à  sa  suture  bien  moins  accu- 
sée :  à  son  ouverture  proportionnellement  plus  grande  et  moins 
obli(iue,  etc.  —  Comparé  au  B.  phœacina,  qui  est  l'espèce  la 
plus  voisine,  on  le  reconnaîtra  :  à  son  galbe  un  peu  plus  ovoïde, 
moins  trapu  ;  à  sa  spire  aussi  courte  surmontant  un  dernier 
tour  plus  haut,  plus  lentement  atténué  dans  le  bas.  à  profil 
moins  étroitement  convexe;  à  ses  tours  mieux  étages,  mieux  dis- 
tincts, avec  un  profil  plus  aplati  dans  le  dessus  ;  à  son  dernier 
tour  moins  ventru  ;  à  son  ouverture  plus  grande  et  plus 
droite,  etc. 

Bythinia  HeliopoUtana,  Bourguignat. 

PI.  Y,  (iij.  14. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  forte,  d'un  galbe 
conoïde  assez  allongé;  spire  haute,  un  peu  acuminée,  composée 
de  5  tours  très  convexes,  étages,  à  croissance  rapide  et  pro- 
gressive, le  dernier  allongé  dans  son  ensemble,  d'abord  un  peu 
méplan  dans  le  haut,  ensuite  bien  arrondi  puis  atténué  dans  le 
bas,  fortement  déclive  à  l'extrémité,  égal  à  près  des  trois  quarts 
de  la  hauteur  totale  ;  suture  très  oblique  au  dernier  tour  ;  som- 
met pointu;  ombilic  assez  ouvert,  bien  accusé  par  la  convexité 
du  tour  ;  ouverture  très  oblique,  un  peu  ovalaire,  avec  le  grand 
axe  légèrement  incliné,  un  peu  plus  rétrécie  en  haut  qu'en  bas  ; 
péristome  continu,  détaché,  épaissi  à  l'intérieur,  évasé  dans  le 
bas  et  au  bord  columellaire  ;  test  solide,  un  peu  épais,  peu  bril- 
lant, orné  de  stries  effacées  extrêmement  fines,  d'un  corné 
jaune  un  peu  verdâtre.  —  Opercule  n'affleurant  pas  le  péri- 
stome, un  peu  épais,  à  peine  concave,  orné  de  stries  concentriques 
fines  et  nombreuses,  presque  de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  5  7-,     * 

Hauteur  de  l'ouverture  :  4 


LES   BYTIIINIA   DU   SYSTÈME    EUROPEEN,  121 

Observations.  —  Par  son  galbe,  par  l'allure  de  son  ombilic, 
cette  forme  nouvelle  appartient  au  groupe  du  B.  Leaclii.  On  la 
distinguera  du  type  anglais  :  à  sa  taille  un  peu  plus  petite  ;  à  sa 
spire  moins  haute,  surmontant  un  dernier  tour  bien  plus  haut  et 
plus  allongé,  ce  qui  change  complètement  le  galbe  de  la  coquille  ; 
à  son  ouverture  plus  petite,  plus  ovalaire  et  plus  oblique  ;  à  son 
avant-dernier  tour  notablement  plus  petit  et  moins  convexe. 

On  peut  également  le  rapprocher  du  B.  Sadcyl,  qui,  comme 
lui,  vit  en  Syrie  ;  on  le  reconnaîtra  toujours  :  à  sa  taille  plus 
forte  ;  à  son  ombilic  plus  grand,  surtout  plus  accusé  par  la  con- 
vexité du  dernier  tour  ;  à  son  dernier  tour  plus  étroitement 
arrondi  dans  le  haut,  un  peu  moins  allongé  dans  le  bas;  à  son 
opercule  plus  enfoncé  dans  l'intérieur  de  l'ouverture,  etc. 

Bythinia  Damascl.  Bourguignat. 
PI.  VI,  lig.  21. 

Description.  —  Coquille  assez  petite,  d'un  galbe  presque 
régulièrement  ovoïde;  spire  extrêmement  courte,  très  obtuse, 
composée  de  4  '  ,  tours,  les  premiers  assez  convexes,  à  crois- 
sance très  lente,  le  dernier  très  développé  en  hauteur,  comme 
cylindroïde,  à  profil  arrondi-convexe  dans  le  haut,  lentement 
atténué  dans  le  bas,  sensiblement  égal  aux  cinq  sixièmes  de  la 
hauteur  totale  ;  sommet  subobtus  ;  suture  peu  profonde,  presque 
horizontale,  déclive  à  l'extrémité  du  dernier  tour,  ombilic  réduit 
à  une  fente  à  peine  sensible,  accusé  plutôt  par  la  dépression  du 
dernier  tour  ;  ouverture  grande,  peu  oblique,  ovalaire,  un  peu 
plus  rétrécie  en  haut  qu'en  bas;  péristome  continu,  assez  épais, 
faiblement  évasé  dans  le  bas;  test  solide,  subopaque,  terne, 
orné  de  stries  très  effacées,  un  peu  mallôé,  d'un  corné  roux  jau- 
nacé.  —  Opercule  n'affleurant  pas  le  péristome,  à  peine  con- 
cave en  dessus,  assez  épais,  orné  de  stries  concentriques  nom- 
breuses et  très  fines,  sensiblement  de  même  teinte  que  le  test. 


122  AKXOULD    LOCARD. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  6  millim. 

Diamètre  maximum  :  4 

Hauteur  de  l'ouverture  :  3 

Observations.  —  De  toutes  les  Bythinies  connues,  il  n'en  est 
aucune  qui  présente  un  galbe  aussi  nettement  caractérisé,  avec 
une  spire  aussi  petite,  surmontant  un  dernier  tour  aussi  gros  et 
aussi  allongé.  Le  B.  StossicMana  a  bien  aussi  une  spire  extra- 
courte, mais  elle  surmonte  un  dernier  tour  subglobuleux  et  non 
subcylindroïde.  Ces  deux  formes  sont  donc  absolument  distinctes. 
Nous  comparerons  le  B.  Damasci  au  B.  Saulcyi,  qui  vit  égale- 
ment en  Syrie,  mais  nous  le  distinguons  :  à  son  galbe  plus  régu- 
lièrement ovoïde;  à  sa  spire  beaucoup  plus  courte;  à  son  dernier 
tour  plus  allongé;  à  son  ouverture  sensiblement  plus  grande;  à 
son  ombilic  moins  ouvert,  etc. 

Btjthinia  siiccinea,  Locard. 
PI.  VI,  H.  7. 

Historique.  —  Nous  avons  retrouvé  dans  la  collection  Bour- 
guignat  deux  tubes  renfermant  des  Bythinia  de  Beyrouth,  mais 
non  dénommées;  leur  faciès  et  leur  coloration  rappellent  jus- 
qu'à un  certain  point  celui  du  Siiccinea  ohlonga. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  conoïde- 
allongé;  spire  haute,  acuminée,  composée  de  5  tours  très  con- 
vexes, mais  non  étages,  à  croissance  très  rapide,  le  dernier 
grand,  allongé,  arrondi-convexe  dans  la  partie  médiane,  lente- 
ment atténué  dans  le  bas,  égal  à  plus  des  deux  tiers  de  la  hau- 
teur totale  ;  suture  très  profondément  accusée  ;  sommet  acu- 
miné,  pointu  ;  ombilic  en  partie  masqué,  réduit  à  une  fente  très 
peu  sensible;  ouverture  peu  oblique,  assez  grande,  ovalaire- 
l)iriforme,  rétrécie-subanguleuse  dans  le  haut,  bien  arrondie 
dans  le  bas,  avec  son  grand  axe  faiblement  incliné  ;  péristome 
continu,  épaissi  en  dedans,  évasé  sur  presque  toute  son  étendue; 


LES    BYTHINIA   DU    SYSTÈME    EUROPEEN.  123 

test  solide,  un  peu  épais,  subopaque,  orné  de  stries  très  fines» 
d'un  jaune  succiné.  —  Opercule  assez  fortement  enfoncé  dans 
l'intérieur  de  l'ouverture,  un  peu  concave,  orné  de  stries  con- 
centriques, d'une  teinte  un  peu  plus  grise  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  6  millim. 

Diamètre  maximum  :  S'/,    '' 

Hauteur  de  l'ouverture  :  27.,    =•> 

^  Observations.  —  Le  B.  sucdnea  est  comme  une  très  mi- 
gnonne réduction  du  B.  Sehethina  ;  cependant  on  ne  saurait  le 
confondre  avec  cette  espèce,  étant  donnés  :  sa  taille  beaucoup 
plus  petite;  son  galbe  plus  conique;  ses  tours  à  croissance  moins 
progressive,  son  dernier  tour  étant  proportionnellement  beau- 
coup moins  gros;  son  ouverture  plus  grande  et  plus  ovalaire; 
son  péristome  plus  évasé  ;  son  opercule  bien  plus  enfoncé  dans 
l'ouverture,  etc. 

En  dehors  du  type  tel  que  nous  venons  de  le  décrire,  nous 
signalerons  une  var.  mimr,  qui  ne  dépasse  pas  5  millimètres  de 
hauteur,  et  une  var.  mrta  d'un  galbe  un  peu  plus  ramassé  et 
trapu. 

Bythinia  clœca,  Bourguignat. 

P!.  VI,  lig.  16. 

Description.  —  Coquille  de  très  petite  taille,  presque  exacte- 
ment sphérique  ;  spire  très  courte,  composée  de  4  tours  con- 
vexes, les  trois  premiers  petits  et  à  croissance  lente,  le  dernier 
très  globuleux-arrondi,  non  atténué  dans  le  bas,  à  peine  déclive, 
égal  aux  quatre  cinquièmes  de  la  hauteur  totale;  suture  accusée, 
presque  horizontale;  sommet  très  obtus;  ombilic  en  fente 
assez  large,  bien  accusé  par  la  convexité  des  tours;  ouverture 
relativement  grande,  peu  oblique,  ovalaire,  avec  le  grand  axe 
peu  incliné,  assez  rétrécie  dans  le  haut,  un  peu  étroitement 
arrondie  dans  le  bas;  péristome  continu,  épaissi  en  dedans,  un 


124  AUNOILD    LOCARD. 

peu  réfléchi  dans  le  bas  et  au  bord  columellaire  ;  test  solide, 
subopaque,  terne,  orné  de  stries  presque  effacées,  d'un  corné 
rougeâtre.  —  Opercule  n'affleurant  pas  le  péristome,  un  peu 
concave,  assez  épais,  orné  de  stries  concentriques  accusées,  sur- 
tout à  la  périphérie,  presque  de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  3  millini. 

Diamètre  maximum  :  3 

Hauteur  de  l'ouverture  ;  2'',,    » 

Observations.  —  Cette  curieuse  Bythinie,  avec  son  galbe 
sphérique,  ne  peut  être  comparée  qu'avec  le  B.  Stossichiana. 
Ou  la  distinguera:  à  sa  taille  plus  petite;  à  sa  spire  encore 
un  peu  plus  haute  ;  à  son  dernier  tour  plus  régulièrement 
arrondi,  plus  gh)buleux,  moins  atténué  dans  le  bas,  moins  étroi- 
tement renflé  dans  le  haut  au-dessus  de  l'ouverture;  à  son 
ombilic  encore  plus  large,  plus  accusé;  à  ses  tours  supérieurs 
bien  moins  convexes  et  bien  moins  étages;  à  sa  suture  encore 
moins  profonde  ;  à  son  ouverture  paraissant  proportionnelle- 
ment plus  grande  en  hauteur  et  un  peu  plus  étroitement  ova- 
laire,  etc. 

Bytliinia  Schveinfurtki,  Letourneux. 
PI.  V.  fig.  II. 

Historique.  —  Le  B.  ScJuveinfurtki  a  été  rapporté  d'Egypte 
en  1879  par  le  conseiller  Letourneux;  cette  espèce  est  encore 
inédite. 

Description.  —  Coquille  d'une  taille  assez  grande,  d'un  galbe 
ovoïde  très  allongé,  acuminé  ;  spire  très  haute,  très  élancée, 
composée  de  6  tours  à  croissance  progressive,  rapide  dans  le 
sens  de  la  hauteur,  assez  étages,  à  profil  convexe  surtout  dans 
le  haut,  le  dernier  bien  allongé,  bien  arrondi  en  haut,  lentement 
et  progressivement  atténué  dans  le  bas,  égal  à  près  des  trois 
quarts  de  la  hauteur  totale;  sommet  pointu;  suture  bien  accusée 


LES   BYTHINIA    DU    SYSTEME    EUROPEEN.  125 

par  le  profil  des  tours;  ombilic  en  fente  très  sensible, encore  plus 
accentué  par  la  forte  convexité  du  dernier  tour  ;  ouverture  très 
peu  oblique,  assez  étroitement  ovalaire,  avec  son  grand  axe 
bien  incliné,  un  peu  anguleuse  dans  le  haut,  étroitement  arron- 
die dans  le  bas:  péristome  continu,  é[)aissi  en  dedans,  faible- 
ment évasé  dans  le  bas;  test  solide,  un  peu  épais,  subopaque, 
légèrement  brillant,  orné  de  stries  très  effacées,  d'un  corné 
clair.  —  Opercule  n'affleurant  pas  le  péristome. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  10  milllim. 

Diamètre  maximum  :  5'/, 

Hauteur  de  l'ouverture  :  4 

Observations.  —  Nous  ne  pouvons  comparer  cette  espèce  qu'au 
B.  Goryi  du  Nil  ;  on  la  distinguera:  à  sa  taille  plus  forte;  à  son 
galbe  notablement  plus  allongé;  à  sa  spire  bien  plus  haute  et 
plus  acuminée;  à  ses  tours  au  profil  plus  arrondi  dans  le  haut; 
à  son  dernier  tour  bien  plus  étroitement  allongé,  bien  plus  déve- 
loppé dans  le  bas,  à  profil  moins  étroitement  convexe;  à  son 
ouverture  plus  étroitement  ovalaire,  plus  rétrécie  en  haut  et  en 
bas,  etc. 

BytMnia  Alexanclrina,  Bourguignat. 

PI.  VI,  %.  2S. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
conoïde  élancé;  spire  composée  de  5  tours  très  convexes,  à 
croissance  rapide  en  hauteur,  mais  non  en  diamètre,  le  der- 
nier un  peu  étroit,  haut,  bien  arrondi-convexe  vers  le  milieu, 
atténué  en  haut  et  en  bas,  déclive  à  l'extrémité,  égal  à  un  peu 
plus  de  la  moitié  de  la  hauteur  totale;  suture  très  accusée,  hori- 
zontale; sommet  pointu,  acuminé;  ombilic  entièrement  masqué, 
mais  signalé  par  la  convexité  du  dernier  tour;  ouverture  petite, 
très  oblique,  bien  régulièrement  arrondie,  à  peine  un  peu  sub- 
anguleuse dans  le  haut  ;  péristome  continu,  droit,  épaissi  en 


126  ARNOUr-I)    LOCARD. 

dedans,  non  réfléchi;  test  solide,  un  peu  brillant,  orné  de  stries 
très  tines,  un  peu  irréi-ulières,  très  effacées,  d'un  corné  roux. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  6  \',  millim. 

Diamètre  maximum  :  4         » 

Hauteur  de  l'ouverture.:  2'  ', 

Observations.  —  Le  Bythinia  Alexandriana  appartient  au 
groupe  du  B.  Troscheli,  par  son  galbe  allongé  et  par  son  ombi- 
lic masqué  ;  mais  il  n'a  d'analogie  qu'avec  le  B.  Boissieri  ;  com- 
paré à  cette  dernière  espèce,  on  le  distinguera  :  à. son  galbe 
plus  étroitement  et  plus  régulièrement  conique;  à  sa  spire  plus 
finement  acuminée  ;  à  son  dernier  tour  beaucoup  moins  ventru  ; 
à  l'ensemble  de  ses  tours  moins  étages  quoique  aussi  convexes  ; 
à  son  ouverture  plus  petite  et  plus  arrondie,  etc. 

Malgré  les  données  caractéristiques  fournies  par  l'ombilic, 
nous  rapprocherons  encore  le  B.  Alexandrina  du  B.  Goryi,  qui 
vit  également  en  Egypte,  et  dont  la  taille  est  sensiblement  la 
même  ;  on  le  reconnaîtra  :  à  sa  spire  plus  effilée,  plus  haute, 
plus  acuminée  ;  à  ses  tours  croissant  plus  rapidement  en  hau- 
teur ;  à  son  dernier  tour  plus  haut  et  plus  étroit,  moins  étroite- 
ment arrondi-convexe;  à  son  ouverture  bien  plus  petite,  etc. 

Bythinia  Lliotlielleriei,  Bourguignat. 

PI.  VI,  iig.  c. 

Description.  —  Coquille  de  petite  taille,  d'un  galbe  ovoïde 
assez  élancé;  spire  composée  de  4 '/„  tours  convexes,  les  pre- 
miers petits,  à  croissance  assez  rapide,  l'avant-dernier  gros  et 
haut,  le  dernier  très  grand,  allongé,  à  profil  bien  arrondi-con- 
vexe, assez  lentement  atténué  dans  le  bas,  déclive  à  l'extrémité, 
égal  à  environ  les  deux  tiers  de  la  hauteur  totale  ;  suture  assez 
marquée,  un  peu  oblique  ;  sommet  pointu  ;  ombilic  en  partie 
masqué,  constitué  par  une  légère  fente  accompagnée  d'une  faible 


LES   BYTIIINIA    DU    SYSTÈME    EUROPEEN.  127 

dépression  du  dernier  tour;  ouverture  petite,  assez  oblique, 
subarrondie,  très  faiblement  anguleuse  dans  le  haut;  péristome 
continu,  légèrement  épaissi  en  dedans,  un  peu  évasé  dans  le 
bas  ;  test  assez  épais,  subopaque,  peu  brillant,  orné  de  stries 
très  fines,  effacées,  d'un  corné  roux  verdâtre.  —  Opercule  assez 
mince,  n'affleurant  pas  exactement  le  péristome,  orné  de  stries 
concentriques  assez  fortes,  irrégulièrement  espacées. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  7,,  millim. 

Diamètre  maxinmm  :  3  '/, 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2 

Observations.  —  Nous  ne  pouvons  comparei'  cette  petite 
espèce,  dédiée  par  M.  Bourguignat  à  j\[.  Juba  de  Lliotliellerie, 
qu'au  B.  Goryi  var.  mhwr  ;  on  la  distinguera  :  à  son  galbe  plus 
étroitement  allongé  ;  à  ses  tours  moins  convexes  ;  à  son  avant- 
dernier  tour  plus  gros,  plus  développé  en  hauteur  ;  à  son  der- 
nier tour  un  peu  plus  étroitement  allongé  ;  à  sa  suture  encore 
moins  accusée;  à  sa  région  ombilicale  moins  marquée,  etc. 

Bythinia  Calvertiana,  Bourguignat. 
PI.  VI,  fig.  3. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  forte,  d'un  galbe  subco- 
noïde,  un  peu  court  et  ventru  ;  spire  un  peu  acuminée,  composée 
de  47.  tours  un  peu  convexes,  les  premiers  croissant  lentement 
en  diamètre,  mais  assez  rapidement  en  hauteur,  le  dernier 
gros,  ventru,  à  peine  atténué  dans  le  bas,  déclive  à  l'extrémité, 
égal  à  un  peu  moins  des  quatre  cinquièmes  de  la  hauteur  totale  ; 
suture  assez  accusée,  presque  horizontale,  oblique  seulement  au 
dernier  tour;  sommet  pointu;  ombilic  réduit  à  une  fente  étroite, 
en  partie  masqué;  ouverture  oblique,  subpiriforme,  avec  son 
grand  axe  incliné,  rétrécie  en  haut,  arrondie  en  bas;  péristome 
continu,  légèrement  épaissi,  à  peine  un  peu  dilaté  dans  la  partie 


128  ARNOULI)    LOCARD. 

inférieure;  test  solide,  assez  épais,  un  peu  terne,  subopaque, 
orné  de  stries  très  fines,  irrégulières,  très  effacées,  d'un  corné 
roux  un  peu  verdâtre.  —  Ombilic  affleurant  presque  le  péri- 
stome,  assez  épais,  un  peu  concave,  orné  de  stries  concentriques 
médiocres,  de  même  teinte  que  le  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  5  millim. 

Diamètre  maximum  :  4 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2V',     » 

Ob'ser valions,  —  De  toutes  les  formes  égyptiennes  que  nous 
venons  de  passer  en  revue,  c'est  le  B.  Calvertiana  qui  repré- 
sente la  forme  la  plus  courte,  la  plus  globuleuse;  comparé  au 
B.  Gonji,  on  le  reconnaîtra:  à  sa  taille  plus  petite;  à  son  galbe 
plus  court  et  plus  trapu;  à  sa  spire  bien  plus  courte,  bien  moins 
acuminée  ;  à  son  dernier  tour  bien  plus  globuleux,  bien  plus 
trapu,  etc. 

On  peut  également  rapprocher  le  B.  Calvertiana  du  B.  Or- 
sïnii,  avec  lequel  il  a  quelque  analogie  ;  mais  il  sera  facile  de  le 
distinguer  :  à  sa  spire  encore  plus  courte;  à  ses  tours  supérieurs 
plus  petits,  moins  hauts  et  moins  étages;  à  sa  suture  bien 
moins  accusée  ;  à  son  dernier  tour  plus  régulièrement  arrondi  ; 
à  son  ouverture  plus  petite;  à  son  péristome  moins  évasé  ;  à  son 
opercule  moins  enfoncé  dans  l'intérieur  de  l'ouverture,  etc.  Ces 
caractères  distinctifs  ressortent  mal  sur  notre  figuration,  qui 
représente  une  forme  à  spire  trop  haute  et  trop  acuminée. 

BytUnia  Letourneuxi,  Bourguignat. 

PI.  V,  lig.  y. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
régulièrement  ovoïde,  très  couit,  très  ramassé-ventru  ;  spire 
extrêmement  courte,  composée  de  47.,  tours,  les  premiers  très 
petits,  faiblement  convexes,  le  dernier  très  grand,  bien  arrondi- 


LES   BYTHINIA    DU   SYSTÈME   EUROPÉEN.  129 

ventru,  faiblement  déclive  à  l'extrémité,  égal  à  un  peu  plus 
des  quatre  cinquièmes  de  la  hauteur  totale  ;  suture  très  peu 
accusée;  sommet  obtus;  ombilic  en  partie  masqué,  réduit  à 
l'état  de  fente,  accusé  surtout  par  la  saillie  du  dernier  tour.  ; 
ouverture  assez  grande,  très  oblique,  subarrondie,  avec  son 
grand  axe  un  peu  incliné,  faiblement  anguleuse  dans  le  haut  ; 
péristome  continu,  assez  épais,  peu  brillant,  à  peine  striolé, 
d'un  corné  roux  clair. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  \/,  millim. 

Diamètre  maximum  :  3  7^       * 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2  '/, 

Observations.  —  Le  B.  Letourneuxi  ne  peut  être  comparé, 
étant  donné  son  galbe  si  globuleux,  qu'avec  le  B.  Stossickiana  ; 
c'est  en  effet  la  forme  la  plus  courte,  la  plus  ventrue  de  toutes 
les  formes  égyptiennes  connues.  On  le  distinguera  donc  du  type 
grec  :  à  son  galbe  un  peu  moins  trapu,  plus  régulièrement 
ovoïde,  aussi  atténué  en  haut  qu'en  bas,  par  suite  du  peu  de 
saillie  de  la  spire  ;  à  ses  tours  notablement  moins  convexes  et 
moins  étages;  à  sa  suture  moins  profonde;  à  son  dernier  tour 
moins  étroitement  arrondi  ;  à  son  ouverture  plus  circulaire  ; 
enfin  à  son  ombilic  moins  bien  accusé. 

Bythinia  pseudamnicola,  Bourguignat. 
PI.  VI,  fig.  2. 

Description.  —  Coquille  de  très  petite  taille,  d'un  galbe 
presque  régulièrement  ovoïde,  faiblement  allongé;  spire  courte, 
composée  de  S'/,  tours,  les  premiers  très  peu  convexes,  l'avant- 
dernier  assez  haut,  le  dernier  haut,  ovoïde-ventru,  faiblement 
atténué  dans  le  bas,  bien  déclive  à  l'extrémité,  égal  à  plus  des 
trois  quarts  de  la  hauteur  totale;  suture  peu  marquée,  non 
déclive,  si  ce  n'est  à  l'extrémité  du  dernier  tour;  sommet  sub- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  9 


130  AllNOULD    LOCARD. 

obtus:  ombilic  très  petit,  en  partie  masqué,  réduit  à  l'état  de 
fente  peu  visible;  ouverture  subarrondie,  un  peu  excentrée, 
avec  le  grand  axe  légèrement  oblique,  faiblement  anguleuse 
dans  le  haut,  assez  arrondie  dans  le  bas  ;  péristome  continu, 
un  peu  épaissi  en  dedans,  à  peine  évasé  à  la  partie  inférieure; 
test  solide,  épais,  subopaque,  terne,  parfois  un  peu  encroûté, 
orné  de  stries  très  fines,  comme  effacées,  d'un  corné  roux  ver- 
dâtre.  —  Opercule  affleurant  presque  le  péristome,  assez  con- 
cave, épais,  orné  de  stries  concentriques  très  fines,  de  même 
teinte  que  le  reste  du  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  3  millim. 

Diamètre  maximum  :  2 

Hauteur  de  l'ouverture  :  T/i 

Observations.  —  Au  premier  abord,  on  peut  confondre  cette 
espèce  avec  un  Amnicola.  C'est  donc  à  bien  juste  titre  que 
Bourguignat  l'a  nommée  pseudamnicola.  Parmi  les  Bythinia 
connus,  nous  ne  pouvons  comparer  cette  petite  forme  qu'avec  le 
B.  Ardussonica,  dont  la  taille  est  sensiblement  la  môme.  Mais 
on  la  reconnaîtra  toujours  :  à  son  galbe  plus  ovoïde,  moins 
trapu  ;  à  ses  tours  non  étages,  bien  moins  convexes,  bien  moins 
distincts;  à  sa  suture  beaucoup  moins  profonde;  à  son  dernier 
tour  plus  allongé,  plus  lentement  atténué  dans  le  bas;  à  son 
ombilic  bien  moins  ouvert;  à  son  test  plus  épais;  à  son  opercule 
plus  concave,  orné  de  stries  plus  atténuées,  etc. 

Le  B.  pseudamnicola  aurait  encore  quelque  analogie  avec  le 
B.  Schivabi;  quoique  nous  ne  connaissions  cette  dernière  espèce 
que  par  sa  description  et  la  figuration  qu'en  a  donnée  von  Frauen- 
feld,  nous  voj'Ons  que  notre  espèce  du  Nil  s'en  sépare  :  par  son 
galbe  plus  ovoïde,  moins  trapu,  moins  ramassé;  par  ses  tours 
supérieurs  moins  distincts,  moins  convexes  ;  par  sa  suture  bien 
moins  accusée;  par  son  dernier  tour  plus  haut  et  plus  régulière- 
ment développé,  moins  étroitement  arrondi  dans  le  haut;  par 
son  ouverture  moins  anguleuse  à  sa  partie  supérieure,  etc. 


LES    UYTHINIA    DU    SYSTÈME   EUROPEEN.  131 

Bi/thinia  BourUeri,  Bourguignat. 

PI.  V(,  fig.  24. 

Description.  —  Coquille  de  taille  moyenne,  d'un  galbe  très 
étroitement  ovoïde,  bien  allongé-acuminé  en  dessus,  assez 
lentement  atténué  en  dessous  ;  spire  élancée,  composée  de 
5  '/„  tours  de  plus  en  plus  convexes-arrondis,  à  croissance  rapide 
dans  le  sens  de  la  hauteur,  Tavant-dernier  très  haut^  le  dernier 
étroitement  arrondi,  bien  déclive,  égal  aux  cinq  septièmes  de  la 
hauteur  totale;  suture  très  accusée  surtout  au  dernier  tour, 
oblique  également  à  ce  même  tour;  sommet  très  pointu;  ombi- 
lic un  peu  masqué,  relativement  assez  grand,  avec  fente  pro- 
fonde, évasée  à  son  entrée;  ouverture  petite,  oblique,  très  peu 
excentrée,  légèrement  ovalaire,  avec  son  grand  axe  assez 
incliné,  presque  également  rétrécie  en  haut  et  en  bas;  péri- 
stome  continu,  légèrement  épaissi,  bien  évasé  au  bord  columel- 
laire  et  dans  le  bas;  test  un  peu  mince,  solide,  subtransparent, 
non  brillant,  encroûté,  orné  de  stries  longitudinales  sensibles, 
fines,  subégales,  d'un  corné  jaunacé. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  8  millim. 

Diamètre  maximum  :  .       4       > 

Hauteur  de  l'ouverture  :  3 

Observations.  —  Le  B.  BourUeri  est  remarquable  par  la 
quasi  régularité  de  son  mode  d'accroissement,  par  suite  du 
développement  que  prennent  les  premiers  tours,  et  par  la  peti- 
tesse de  son  ouverture.  A  ce  double  point  de  vue,  il  présente 
une  certaine  analogie  avec  le  B.  Zamorensis  ;  mais  il  s'en  dis- 
tingue :  par  son  galbe  plus  grêle  et  plus  effilé  ;  par  sa  spire  plus 
acuminée;  par  ses  tours  croissant  encore  plus  régulièrement; 
par  son  dernier  tour  plus  grêle  et  plus  étroitement  arrondi  ;  par 
son  ouverture  encore  plus  petite  et  moins  excentrée,  etc. 


132  ARNOULD    LOCARD. 

Nous  le  comparerons  également  avec  le  B.  Numidica,  qui  vit 
aussi  en  Algérie;  on  le  reconnaîtra  :  à  son  galbe  plus  régulière- 
ment conique  et  plus  effilé  dans  son  ensemble  ;  à  sa  spire  plus 
finement  acuminée;  à  ses  tours  moins  convexes;  à  sa  suture 
moins  profonde;  à  son  dernier  tour  moins  gros,  moins  ventru, 
plus  déclive  à  son  extrémité  ;  à  son  ouverture  plus  petite,  plus 
ovalaire  et  moins  excentrée,  etc. 

Bythinia  Hipponensis,  Bourguignat. 

PI.  V.  flg.  17. 

Description.  —  Coquille  de  taille  assez  petite,  d'un  galbe 
ovoïde-globuleux;  spire  un  peu  courte,  composée  de  4  tours 
bien  convexes,  les  premiers  à  croissance  régulière  et  progres- 
sive, peu  hauts,  le  dernier  grand,  d'abord  un  peu  étroitement 
arrondi-convexe  dans  le  haut,  ensuite  un  peu  atténué  dans  le 
bas,  assez  déclive  à  l'extrémité,  égal  à  près  des  trois  quarts  de 
la  hauteur  totale;  suture  très  accusée,  faiblement  oblique;  som- 
met un  peu  pointu;  ombilic  presc^ue  entièrement  recouvert, 
réduit  à  une  fente  peu  sensible^  accusé  plutôt  par  la  disposition 
du  dernier  tour  ;  ouverture  à  peine  oblique,  relativement  grande, 
très  largement  ovalaire,  un  peu  plus  rétrécie  en  haut  qu'en 
bas,  avec  son  grand  axe  assez  oblique  ;  péristome  continu,  un 
peu  épaissi,  légèrement  évasé,  sauf  dans  le  haut;  test  mince, 
solide,  un  peu  brillant,  subtransparent,  orné  de  stries  très  fines, 
très  effacées,  d'un  corné  roux  très  clair.  —  Opercule  peu  épais, 
à  peine  concave  en  dessus,  orné  de  stries  concentriques  très 
fines,  de  même  teinte  que  le  reste  du  test. 

Dimensions.  —  Hauteur  totale  :  4  7^  millim. 

Diamètre  maximum  :  S'/, 

Hauteur  de  l'ouverture  :  2 

Observations.  —  Le  B.  Hipponensis  est  voisin  du  B.  Orsinii, 
et,  comme  on  le  voit,  ces  deux  espèces  se  trouvent  également  en 


LES   BYTHINIA   DU   SYSTÈME   EUROPÉEN.  133 

Algérie.  Comparé  avec  des  échantillons  de  même  taille,  on  le 
reconnaîtra  :  à  son  galbe  plus  globuleux  dans  son  ensemble; 
à  sa  spire  moins  haute  et  moins  acumiuée  ;  à  son  avant-dernier 
tour  plus  petit  surtout  en  hauteur;  à  son  dernier  tour  plus 
ramassé-ventru,  moins  rétréci  dans  le  bas;  à  sa  suture  moins 
accusée;  à  son  ouverture  plus  grande,  plus  ovalaire,  plus  excen- 
trée ;  à  son  test  plus  déhcat  ;  à  son  péristome  plus  évasé,  etc. 

Outre  la  forme  que  nous  venons  de  décrire  et  qui  paraît  la 
plus  commune,  il  existe  une  var.  ventricosa  encore  plus  courte, 
plus  ramassée  et  qui  partant  s'éloigne  encore  davantage  du 
B.  Orsinii. 

Bythima  Sehanica,  Bourguignat. 

PI.  V,  li-.  18. 

Description.  —  Coquille  de  très  petite  taille,  d'un  galbe 
ovoïde,  un  peu  court  et  trapu;  spire  composée  de  4  tours  bien 
convexes,  les  premiers  à  croissance  un  peu  lente  et  progressive, 
le  dernier  plus  grand,  bien  arrondi,  un  peu  atténué  dans  le  bas, 
égal  à  un  peu  plus  des  trois  quarts  de  la  hauteur  totale;  som- 
met un  peu  pointu;  suture  bien  marquée;  ombilic  très  petit,  en 
partie  recouvert,  accusé  surtout  par  la  convexité  du  dernier 
tour;  ouverture  très  oblique,  ovalaire,  avec  son  grand  axe  bien 
incliné,  un  peu  plus  rétrécie-anguleuse  en  haut  qu'en  bas;  péri- 
stome continu,  légèrement  épaissi  en  dedans,  à  peine  évasé  vers 
le  bas;  test  sohde,  subopaque,  brillant,  à  peine  striolé,  d'un 
corné  roux  un  peu  verdàtre.  —  Opercule  n'aftieurant  pas  tout 
à  fait  le  péristome,  à  peine  concave,  orné  de  stries  concentri- 
ques fines  et  peu  régulières,  de  teinte  plus  grise  que  le  test. 

Bhnenslons.  —  Hauteur  totale  :  4  miliim. 

Diamètre  maximum  :  2  7^      » 

Hauteur  de  l'ouverture  :  IV.      » 


134  ARNOULD   LOCARD. 

Observations.  —  Nous  comparerons  cette  petite  forme  avec  le 
B.  Orsinii,  qui  vit  également  dans  la  province  de  Constantine. 
On  la  distinguera  :  à  sa  taille  bien  plus  petite,  même  lorsqu'on 
a  affaire  à  une  var.  minor  du  B.  Orsinii;  à  son  galbe  moins 
haut  ;  à  sa  spire  plus  courte,  plus  trapue  ;  à  ses  tours  moins 
étages  et  moins  distincts  ;  à  son  dernier  tour  proportionnelle- 
ment plus  développé  et  plus  arrondi  ;  à  son  ombilic  moins 
ouvert,  etc. 


VOYAGE   DE   MM.    M.    liEDOÏ   ET   C.    PICTET 
DANS    l'archipel    MALAIS 


CRUSTACES 

DE  L'ARCHIPEL  MALAIS 


le  Dr  L.  ZEHNTNER 

Préparateur  an  Musée  d'Histoire  naturelle  de  Genève. 
Avec  les  planches  VII.  VIII  et  IX. 


Les  Crustacés  dont  l'étude  nous  a  fourni  le  sujet  de  ce 
mémoire  ont  été  récoltés  en  1890,  dans  l'Archipel  malais,  par 
MM.  C.  PiCTET  et  M.  Bedot.  Si  l'on  considère  le  fait  que  cette 
collection  a  été  rassemblée  par  des  zoologistes  qui  n'avaient 
pas  pour  unique  but  la  récolte  des  Crustacés,  on  sera  étonné  de 
la  quantité  des  formes  variées  qu'elle  contient.  Cela  nous  donne 
une  nouvelle  preuve  de  la  richesse  carcinologique  de  l'Océan 
indien. 

Parmi  les  94  espèces  que  nous  avons  étudiées,  21  nous 
paraissent  nouvelles,  et  l'une  d'entre  elles  exige  la  création  d'un 
nouveau  genre.  Ce  chiffre,  assez  élevé,  trouve  son  explication 
dans  le  fait  qu'une  grande  quantité  de  ces  Crustacés  ont  été 
récoltés  dans  des  blocs  de  vieux  Madrépores  et  de  Tubipores 
cassés  à  coups  de  hache.  Ces  polypiers  renferment  toujours  une 
faune  très  riche  et  intéressante.  En  revanche,  les  Crustacés 
récoltés  de  cette  façon  sont  tous  de  petite  taille,  ce  qui  se  com- 
prend aisément. 


136 


!..    ZEIINTNER. 


La  plus  grande  partie  de  cette  collection  provient  de  la  baie 
d'Amboine.  Quelques  espèces  ont  été  prises  à  Dell  (Sumatra)  et 
à  Sarawak  (Bornéo).  Nous  y  avons  ajouté  une  espèce  de  Tel- 
plmsa  provenant  de  Ceylan. 

Le  tableau  suivant  donnera  une  idée  de  la  manière  dont  sont 
représentés  les  différents  groupes  : 

Oxyrhynques. 
Cyclométopes 
Catométopes . 
Oxystomes  .  . 
Anomoures .  . 
Macroures  .  . 
Stomatopodes 
Cirripèdes. .  . 

Total . 


7  espèces 

dont 

2 

nouvelles 

.      29 

» 

5 

» 

.      10 

» 

3 

» 

2 

» 

0 

» 

.      13 

» 

3 

» 

.     25 

>. 

8 

» 

4       » 

» 

0 

» 

4        » 

» 

0 

» 

.     94 

» 

21 

» 

Ordre   DECAPODA, 


Sous-Ordre  BRACHYURA. 

Groupe   OXYRHYNCHA. 

Genre  Hyastenus  White. 

Hyastenus  suhinermis  n.  sp. 

PI.  VII.  fig.  2  et  -2a. 

La  carapace  de  cette  espèce  est  complètement  inerme.  On 
ne  trouve  que  des  dents  épibranchiales,  comme  chez  le  H.  dia- 
cantJms  de  Haan  {Fmma  Japonïca,  Cmstacea,  pi.  24,  fig.  1). 
De  plus,  le  bord  postérieur  est  armé,  au  milieu,  d'une  dent  tuber- 
culiforme.  Par  ces  caractères,  notre  espèce  se  rapproche  beau- 


CRUSTACÉS   1)E    l'aRCHIPEL   MALAIS.  137 

coup  de  l'espèce  de  de  Haan,  du  H.  ovatiis  Dana  et  de  ses 
congénères  ;  elle  semble  cependant  s'en  distinguer  en  diffé- 
rents points.  La  carapace  est  plus  large  aux  régions  hépa- 
tiques que  chez  H.  diacanthus.  La  région  stomacale  est  plus 
bombée,  sans  trace  d'un  tubercule  médian;  les  régions  bran- 
chiales par  contre  sont  moins  dilatées,  leur  dent  est  plus 
grêle,  et  nettement  courbée  en  haut.  L'orbite,  en  dessus,  est  à 
peu  près  comme  chez  le  H.  oryx  A.  M.  Edw.  (Nouv.  Arch. 
Mus.,  t.  8,  p.  250,  pi.  14,  fig.  1);  mais  la  dent  qui  se  trouve 
derrière  la  fissure  est  plus  dégagée,  plus  pointue,  recourbée  en 
avant,  et  n'est  pas  suivie  en  arrière  de  tubercules  émoussés.  La 
région  ptérygostomienne  est  garnie,  en  dessous,  de  3  fortes  dents 
qui  sont  visibles  quand  on  regarde  le  Crustacé  par-dessus.  L'ar- 
ticle basilaire  des  antennes  externes  porte  à  son  angle  antéro- 
externe  un  processus  en  forme  de  doigt  et  dont  la  forme  est 
semblable  à  celle  de  la  pièce  correspondante  du  H.  Pleione 
(De  Man,  Archiv  ftir  Naturgesch.  1887,  pi.  VII,  fig.  3a).  — 
La  cornée  des  yeux  est  ornée  de  deux  dents  styliformes,  l'une 
en  dessus,  l'autre  dirigée  en  avant.  Les  pattes  sont  en  général 
plus  courtes  et  plus  faibles  que  chez  les  espèces  voisines.  La 
première  paire,  en  particulier,  est  très  petite  pour  un  mâle  et 
plus  petite  que  les  pattes  suivantes  ;  la  portion  palmaire  de  la 
main  n'est  point  renflée  ;  elle  est  deux  fois  plus  longue  que  les 
doigts  ;  ceux-ci  se  touchent  seulement  à  l'extrémité,  qui  est  fine- 
ment denticulée.  Les  dactylopodites  de  la  2°^^  à  la  5'"®  paires  de 
pattes  sont  fortement  recourbés  à  l'extrémité  et  armés  en  dessous 
de  quelques  petites  spinules  transparentes.  Tout  le  corps  du 
Crustacé  est  revêtu  d'un  duvet  court,  jaune  pâle. 

Longueur  de  la  carapace  :  7,5  millim. 

Largeur  de  la  carapace  :  5,5       » 

Longueur  des  cornes  frontales  :  3,75     * 

Amhoine.  1  cf. 


138  L.    ZEHNTNKR. 

Hyastenus  sébce  White. 

Cette  espèce  est  représentée  par  deux  individus  {\  Ç^\  çf) 
provenant  d'Amboine.  La  femelle  était  couverte  d'une  petite 
colonie  de  Balanides. 

Longueur  de  la  carapace  :         Q    19,5  mm.;       çf   16  mm. 
Largeur  de  la  carapace  :  13  mm.;  10  mm. 

Longueur  du  rostre  :  12  mm.;  13,25  mm. 

Amhoine. 

Genre  Men.ethius  H.  Milne  Edw. 
Menœtliius  monoceros  Latr. 
Amboine.  1  seule  Q. 


Genre  Schizophrys  Stimpson. 
Schùophrys   aspera  A.    Milne   Edw. 

Schizophrys  aspera  A.  Milne  Edwards.  Nouv.  Arch.  Mus.,  t.  8,  p.  231.  pi.  X, 
fig.  1  (et  synon.). 

Les  femelles  ont  les  pattes  antérieures  beaucoup  plus  courtes 
et  beaucoup  plus  faibles  que  les  mâles.  Elles  n'atteignent  que  la 
longueur  de  la  carapace,  tandis  que  chez  les  mâles  elles  sont 
deux  fois  plus  longues.  En  outre,  la  portion  palmaire  des  mains 
n'offre  pas,  chez  les  femelles,  de  tubercule  en  dessus  à  sa  base, 
et  le  doigt  mobile  n'en  a  point  non  plus  sur  son  bord  préhensile  ; 
les  doigts  se  touchent  presque  sur  toute  leur  longueur. 

Amhoine.  4Q,  4  q^.  Une  des  femelles  a  la  carapace  complè- 
tement recouverte  d'une  Éponge.  Les  méropodites  et  les  carpa- 
podites  en  portent  également  chacun  une  petite. 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  139 

Genre  Micippa  Leach. 

Micippa  cristata  L. 
PI.  VII.  ii,u.  :{ il  wh. 

Nous  avons  pu  observer  4  Crustacés  appartenant  à  cette  es- 
pèce :  deux  femelles  et  deux  mâles.  Ces  derniers  nous  permet- 
tent d'établir  deux  variétés  bien  caractérisées  et  qui  ne  nous 
semblent  pas  avoir  été  signalées  jusqu'à  présent. 

Var.  lœvimana,  n.  var.  (Fig.  3.)  Pattes  de  la  1^^^  paire  beaucoup 
plus  faibles  que  celles  de  la  2^  paire,  à  main  non  renflée,  plus 
grêle  que  le  carpopodite,  à  articles  lisses  et  luisants,  sauf  cepen- 
dant quelques  granulations  peu  apparentes  dispersées  sur  la  face 
supérieure  des  méropodites.  Pattes  des  paires  suivantes  presque 
entièrement  lisses,  n'offrant  des  granulations  que  sur  la  face 
supérieure  des  méropodites  et  des  carpopodites  de  la  2®  à  la  4® 
paires  ;  ces  granulations  fines  et  éparses  sont  sujettes  ta  man- 
quer. Taille  moins  grande  que  dans  l'autre  variété. 

Longueur  de  la  carapace  :  ^i*  37  mm.; 

Largeur  de  la  carapace  :  Cf  30  mm. 

Les  femelles  offrent  tout  à  fait  les  mêmes  caractères  que  la 
var.  lœvimana,  mais  sont  de  taille  plus  grande. 

Longueur  de  la  carapace  :  Q   50  mm.; 

Largeur  de  la  carapace  :  Q   41  mm. 

Var.  graniilipes,  n.  var.  (Fig.  3a  et  35.)  Pattes  de  la  V^  paire 
presque  aussi  longues  que  celle  de  la  2^  paire,  plus  robustes 
que  les  pattes  suivantes,  à  main  fortement  renflée,  plus  grosse 
que  le  carpopodite.  Les  articles  de  toutes  les  pattes  sont  tous 
fortement  granuleux,  les  granules  plus  serrés  et  plus  grossiers 
au-dessus  qu'au-dessous  et  faisant  presque  défaut  seulement  sur 


140  L.    ZEHNTNER. 

la  face  inférieure  de  la  5'^  paire  de  pattes.  Toutes  les  pattes  sont 
plus  robustes  en  proportion  que  chez  la  var.  lœvïmana. 

Nous  rapportons  à  la  variété  granulipes  deux  types  qui  diffè- 
rent l'un  de  l'autre  en  ce  qui  concerne  les  proportions  de  la 
1"  paire  de  pattes;  mais  la  sculpture  est  parfaitement  la  même. 
Chez  l'individu  provenant  d'Amboine  (fig.  36),  la  P^  paire  de 
pattes  est  un  peu  moins  longue  que  la  2",  la  portion  palmaire  de 
la  main  est  à  peine  ou  peu  rétrécie  à  l'extrémité  proximale,  et  sa 
largeur  est  à  sa  longueur  comme  1:3.  Chez  l'autre  mâle  (fig. 
3a),  provenant  des  îles  Pelew  et  conservé  au  Musée  de  Genève, 
la  l^"^  paire  de  pattes  est  plus  longue  que  la  2^,  la  portion 
palmaire  diminue  graduellement  de  l'extrémité  distale  à  la  join- 
ture avec  le  carpopodite,  et  sa  largeur  est  à  sa  longueur  comme 
1  :  4.  Ce  sont  évidemment  de  simples  différences  individuelles.  • 

Ambdine.  Pelew. 

Longueur  de  la  carapace  :  50  mm.;  46,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  43  mm.;  38  mm. 
Longueur  de  la  portion  palmaire 

de  la  main  :  21,5  mm.;  30  mm. 
Largeur  de  la  portion  palmaire 

de  la  main  :  7  mm.;  7,5  mm. 

Nous  ignorons  s'il  existe  des  femelles  offrant  les  mêmes 
caractères  que  la  variété  granulipes.  11  est  possible  et  même 
probable  que  les  deux  variétés  décrites  ci-dessus  ne  soient 
qu'un  dimorphisme  des  mâles.  Le  matériel  que  nous  avons  eu  à 
notre  disposition  n'est  pas  assez  considérable  pour  qu'il  nous 
soit  permis  de  trancher  cette  question. 

L'individu  figuré  par  Milne  Edwards  (apud  Cuvier,  B'egne 
animal,  Crustacés,  pi.  31,  fig.  2),  semble  appartenir  à  la 
variété  lœvimana,  quoique  les  pattes  antérieures  soient  un  peu 
plus  fortes  et  légèrement  granuleuses.  Le  Crustacé  décrit  et 
figuré  par  Herbst  {Krabben  und  Krebse,  etc.,  t.  1,  p.   245, 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  141 

pl.  XVIII,  fig.  98)  est  sans  doute  notre  var.  lœvimana.  Herbst 
dit  :  «  Die  Scheeren  sind  nur  kurz  und  glatt,  die  Fusse  aber 
«  sind  viel  langer,  zumal  das  erste  und  zweite  Paar  ;  sie  liaben 
«  runde,  feingekornte  Glieder,  etc.  » 

La  31.  cristata  a  encore  été  figurée  par  Leach  (Zoological 
Miscellany,  III,  pl.  28).  Nous  n'avons  pu  nous  procurer  cet 
ouvrage. 

Genre  Tylocarcinus  Miers. 

Tylocarcinus  stijx  Herbst. 

Tylocarcinus  styx  Miers.  Ann.  and  Mag.  of  Nat.  Hist.,   (.o).  t.  4  (1879).  p.  14  (et 
synon.). 

Une  petite  femelle  qui  porte  des  œufs  diffère  des  exemplaires 
typiques  de  la  même  taille  par  la  forme  du  rostre  frontal,  qui 
est  légèrement  bifide  à  l'extrémité,  dont  les  cornes  sont  peu 
divergentes,  et  arquées  en  dedans  comme  chez  la  Tiarinia  gra- 
cilis  Dana  {Unit.  States  Explor.  Expert.,  Crust.,  pl.  3,  fig.  7a); 
mais  les  cornes  libres  n'ont  que  la  moitié  de  la  longueur  de 
celles  de  cette  dernière  espèce. 

Longueur  de  la  carapace  avec  le  rostre  :      14  mm. 
Largeur  de  la  carapace  ;  8,5  mm. 

Amhoine.  1  Ç. 

Genre  Ceeatocarcinus  White. 
Ceratocarcimis  intermedms  n.  sp. 

PI.  VII,  fig.  1  à  16. 

Cette  espèce  se  rapproche  surtout  du  C.  dïlatatus  A.  M.  Edw. 
(Nouv.  Arch.  du  Muséum  de  Paris,  t.  8,  p.  256,  pl.  XIV, 
fig.  2),  provenant  de  la  Nouvelle-Calédonie.  La  carapace  offre 
presque  la  même  forme  et  les  bosselures  sont  disposées  de  la 


142  I>.    ZKHNTNKR. 

même  manière.  On  remarque  cependant  les  différences  sui- 
vantes : 

Les  cornes  frontales  sont  moins  écartées  l'une  de  l'autre  ; 
l'espace  qui  les  sépare  est  moins  large  à  la  base  des  cornes  et 
parabolique.  Le  bord  frontal  est  rabattu  et  divisé  en  deux  lobes 
distincts  ;  la  dent  latérale  est  à  peine  dirigée  en  avant,  formant 
avec  le  bord  latéro-antérieur  une  ligne  presque  droite;  de  plus 
elle  est  bifide  et  pas  seulement  sillonnée  comme  cela  se  voit  chez 
le  C.  dilatatus.  Les  bords  latéro-postérieurs  sont  sinués.  et  le 
postérieur  est  tout  droit.  Le  mérognatlie  des  pattes-mâchoires 
externes  est  notablement  moins  large  que  chez  l'espèce  citée, 
avec  l'angle  antéro-interne  coupé  obliquement  pour  recevoir 
l'article  suivant.  L'abdomen  (Ç)  est  très  large,  piriforme.  Les 
pattes  sont  moins  longues  et  moins  fortes  que  chez  le  C.  dila- 
tatus, surtout  celles  de  la  1"  paire,  dont  le  méropodite  ne  dépasse 
la  carapace  que  de  la  moitié  de  sa  longueur.  La  V^  paire  de 
pattes  ambulatoires  est  remarquable  par  ses  formes  très  sveltes, 
plus  grêles  encore  que  chez  le  C.  (Harrovia)  alboUneafa  White 
{Voy.  of  H.  M.  S.  «  Samarang  »,  Crusfacea,  p.  56, pi.  XII, fig.  5). 
On  pourrait  supposer  que  ce  caractère  tient  à  une  différence 
sexuelle,  le  C.  dilatatus  A.  M.  Edw.  étant  évidemment  un 
mâle,  quoique  l'auteur  n'indique  pas  le  sexe.  Cependant  le 
C.  albolineata  est  un  mâle,  et  il  offre  le  même  caractère  que  la 
femelle  que  nous  avons  sous  les  yeux.  Les  pattes  ambulatoires 
suivantes  sont  sensiblement  moins  longues  que  celles  de  la 
2*^  paire.  Leurs  articles  sont  beaucoup  plus  gros  et  moins  longs 
en  proportion,  surtout  les  méropodites,  qui,  dans  la  4®  et  la 
5^  paire,  sont  surmontés  à  l'extrémité  d'une  petite  dent  épaisse, 
rappelant  de  loin  les  épines  analogues  du  C.  spinosus  Miers 
(Ann.  and  Mag.of  nat.  Hist.,  (5)  t.  4,  p.  27,  pi.  V,  fig.  11 
et  11/;). 

La  carapace  de  ce  Crustacé  est  revêtue,  tant  en  dessus  qu'en 
dessous,  d'un  duvet  brun  très  court  et  très  serré,  laissant  à  nu 


CRUSTACÉS  DE    l' ARCHIPEL   MALAIS.  143 

le  bord  frontal,  la  face  inférieure  et  externe  des  cornes  fronta- 
les, les  mamelons  stomacaux  en  dessus  (mais  pas  à  l'extrémité), 
les  mamelons  branchiaux  et  les  bords  latéro-antérieurs,  ainsi 
que  la  moitié  antérieure  des  bords  latéro-postérieurs.  Les  pat- 
tes sont  nues  à  l'exception  des  trois  premiers  articles  et  de  la 
face  inférieure  des  méropodites.  Toutes  les  parties  nues  sont 
finement  granuleuses  et  offrent  le  même  système  de  coloration 
que  l'on  peut  observer  chez  le  C.  longmanus  Ad.  et  White 
(  Voy.  of  H.  M.  S.  «  Saniarang  »,  Cruslacea,  p.  34,  pi.  VI,  fig.  6). 

Longueur  de  la  carapace  (rostre  compris)  :  14,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  (dents  latérales  comprises)  :  20,5  mm. 

Amhoine.  1  Q  portant  des  œufs. 

Groupe  CYCLOMETOPA. 

Genre  Carpilius  Leach. 

Carpïlms  convexus  Forsk. 

Carpilius  convexus  A.  Milue  Edwards,  JXouv.  Arch.  Mus.,  t.  1.  p.  21o,  2  (et' 
synon.). 

Amhoine.  4  Q,  6  ^,  Tous  de  petite  taille  et  de  colorations 
variées.  Une  femelle  dont  la  carapace  Si  22,5  mm.  de  longueur 
et  30,5  mm.  de  largeur  porte  des  œufs  en  grande  abondance. 
Chez  des  mâles  de  14  mm.  de  longueur,  les  sept  articles  de 
l'abdomen  sont  encore  distincts. 

Genre  Carpilodes  Dana. 
Carpilodes  Stimpsonii  A.  Milne  Edw. 

Carpilodes  Stimpsonii  A.  Milne  Edwards,  Aouv.   Arch.   Mus.,  t.  1,  p.  232.  '.>. 
p!.  XI,  fig.  2. 

Amhoine.  Une  femelle  et  un  mâle,  tous  les  deux  très  petits, 
ont  été  pris  dans  des  Tubipores.  Ils  répondent  bien  à  la  des- 
cription et  à  la  figure  que  donne  Milne  Edwards. 


144  L.    ZEHNTNER. 


Genre  Atekgatis  de  H  a  an. 


Atergatis  floriclus  Rhumphius. 

Atergatis  floridus  A.  Milne  Edwards,  Xouv.  Arcli.  Mus.,  1. 1,  p.  243, 12  (et  synon.  ). 

Amboine.  Deux  mâles  de  taille  moyenne.  L'abdomen  de  l'un 
des  deux  porte  une  Saccidina  à  sa  face  ventrale. 

Genre  Lophact.ea  A.  Milne  Edw. 
Lophactœa  gramdosa  Riippell. 

Lophnctxa  granulosa  A.  Milne  Edvvnrds,  Nouv.  Arch.  Mus.,  t.  1,  p.  247  (et  synon.). 

Amholne.  1  Ç  de  15,5  mm.  de  longueur  et  22,5  mm.  de  lar- 
geur; portant  des  œufs. 

Lopliadœa  mitUicristata  n.  sp. 

PI.  VII,  fig.  7  à  7c. 

Carapace  très  large,  fortement  rétrécie  sur  les  bords  latéro- 
postérieurs,  déprimée,  sa  surface  fortement  lobulée;  les  lobules 
séparés  par  de  profonds  sillons  et  composés  d'une  multitude  de 
granules  aplatis  et  réunis  par  places.  En  arrière,  la  carapace 
est  couverte  de  gros  tubercules  isolés,  également  émoussés  et 
se  réunissant  par-ci  par-là  au  nombre  de  2  à  4. 

Le  front  est  rabattu,  peu  saillant,  droit  quand  on  regarde  le 
Crustacé  par-dessus,  sinué  et  faiblement  échancré  au  milieu 
quand  il  est  vu  par  devant;  sa  largeur  dépasse  à  peine  le  tiers 
de  la  largeur  de  la  carapace.  Les  orbites  sont  presque  circu- 
laires, bordées,  ainsi  que  le  front,  d'un  ourlet  blanchâtre; 
cet  ourlet  se  continue  sur  les  bords  latéro-antérieurs,  où 
il  devient  lamellaire  et  à  moitié  transparent.  Les  bords 
latéro-antérieurs  sont  découpés  en  trois  parties  qui  sont  légè- 


CRUSTACÉS   DE    l'aRCHIPEL    MALALS.  145 

rement  sinuées  et  qui  se  rencontrent  en  formant  des  angles 
bien  marqués.  L'angle  formé  par  la  rencontre  de  la  3®  partie 
avec  le  bord  latéro-postérieur  surtout,  est  nettement  marqué, 
aigu  et  fait  un  peu  saillie  en  arrière  et  en  dehors,  de  sorte 
que  la  carapace  a  sa  largeur  maximum  à  cet  angle-ci.  Les 
bords  latéro-postérieurs  sont  courts,  complètement  transver- 
saux dans  les  deux  premiers  tiers  et  longitudinaux  vers  le 
bord  postérieur  de  la  carapace.  Le  bord  postérieur  est  droit;  il  a 
à  peine  un  tiers  de  la  largeur  de  la  carapace  et  est  bordé  dune 
rangée  de  9  à  10  tubercules  blancs  en  forme  de  perles,  à 
laquelle  s'ajoute  en  avant  une  crête  élevée,  lisse,  parallèle  au 
bord  même  et  formée  par  des  tubercules  soudés  les  uns  aux 
autres.  En  dessous,  les  régions  ptérygostomiennes  sont  couver- 
tes de  granules  dispersés  ;  les  sternites  de  la  V^  paire  de  pattes 
sont  recouverts  de  granulations  serrées,  ceux  des  pattes  suivan- 
tes sont  verruqueux.  Aux  pattes-mâchoires  externes,  le  méro- 
gnathe  est  transversal,  faiblement  élargi  à  son  angle  antéro- 
externe  et  échancré  à  l'angle  antéro-interne.  Toute  la  face, 
inférieure  du  Crustacé  est  recouverte  d'une  forte  pubescence 
grossière  et  laineuse,  qui  ne  laisse  pas  apercevoir  la  sculpture 
du  test. 

Les  articles  de  toutes  les  pattes  sont  surmontés  de  crêtes 
lamellaires  élevées.  Ces  crêtes  n'occupent  pas  seulement  l'arête 
supérieure  des  articles,  comme  chez  les  vrais  LopJiaciœa,  mais 
on  en  trouve  plusieurs,  disposées  irrégulièrement,  et  parfois 
divisées  en  plusieurs  parties  dentiformes  comme  on  l'observe 
sur  les  derniers  articles  des  pattes  et  sur  la  face  inférieure  de 
leurs  premiers  articles.  Les  griffes  sont  très  acérées  et  recourbées 
à  l'extrémité.  Les  pattes  antérieures  sont  subégales  ;  le  méro- 
podite  dépassant  à  peine  la  carapace  est  surmonté  à  l'extrémité 
d'une  crête  longeant  la  base  du  carpopodite;  celui-ci  offre  sur 
sa  face  externe  4  à  5  crêtes  élevées  un  peu  irréguhères.  Les 
mains  sont  courtes,  assez  robustes,  un  peu  rétrécies  à  la  base. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  10 


146  L.    ZEHNTNER. 

L'arête  supérieure  est  occupée  par  de  gros  tubercules  denti- 
formes  ;  la  face  externe  offre  dans  la  partie  supérieure  1  ou  2 
crêtes  élevées  longitudinales  ;  le  reste  est  garni  de  tubercules 
disposés  en  rangées  horizontales  dont  2  ou  3  se  continuent  sur 
la  base  du  doigt  fixe.  Les  doigts  ont  presque  la  longueur  de  la 
portion  palmaire  de  la  main  ;  le  doigt  fixe  porte  en  dessus  à  la 
base  3  ou  4  tubercules  aigus  ;  son  extrémité  est  recourbée  et  le 
bord  préhensile  offre  quelques  tubercules  obsolètes.  Le  doigt 
fixe  n'est  point  infléchi  ;  son  bord  supérieur  a  un  seul  tubercule 
près  de  la  base.  La  face  externe  des  mains  ainsi  que  les 
derniers  articles  des  pattes  ambulatoires  entre  les  crêtes  et  le 
front  en  dessus  sont  fournis  de  poils  grossiers  laineux  et  peu 
nombreux. 

Abdomen  composé  de  5  articles  distincts,  les  3'"S  4"^^  et  S""" 
étant  soudés  en  un  seul;  le  P'  article  occupé  par  une  rangée 
transversale  de  5  tubercules;  le  2»"^  par  une  rangée  semblable 
de  2  tubercules  ;  le  3™®  par  une  rangée  longitudinale  de  3  tuber- 
cules, répondant  aux  3  articles  primitifs  qui  le  composent  :  les 
deux  derniers  lisses. 

La  couleur  de  ce  Crustacé  est  un  jaune  grisâtre.  A  la  face 
supérieure  le  lobe  mésogastrique  et  les  lobes  qui  se  trouvent  de 
chaque  côté  de  celui-ci  sont  d'un  rouge  vif;  l'ourlet  marginal 
de  la  carapace  et  les  crêtes  des  pattes  blanchâtres  ;  les  doigts 
de  la  patte  antérieure  noirs  sauf  à  leur  extrémité  qui  est 
blanche;  sur  le  doigt  fixe  la  couleur  noire  s'étend  en  arrière 
jusqu'au  milieu  de  la  face  inférieure  de  la  main.  Lapubescence 
qui  couvre  le  Crustacé  est  jaunâtre. 

Longueur  de  la  carapace  :  6,75  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  9  mm. 

Amhoine.  1  ç^ . 

Ce  Crustacé  ne  rentre  pas  exactement  dans  le  genre  Lophac- 
tœa.  La  forme  du  bord  de  la  carapace  a  un  autre  caractère  que 


CRUSTACÉS    DE    l/ ARCHIPEL    MALAIS.  147 

dans  ce  genre  et  les  articles  des  pattes  sont  surmontés  de  plu- 
sieures  crêtes  au  lieu  d'une  seule,  comme  cela  se  voit  chez  les 
vrais  Lophactœa.  Enfin,  les  pattes  frangées  de  forts  poils  rap- 
pellent de  loin  le  genre  Dalra. 

En  revanche,  la  forme  dilatée  de  la  carapace  qui  est  très 
rétrécie  aux  bords  latéro-postérieurs,  rappelle  la  disposition  que 
l'on  observe  dans  les  genres  Actœa  et  Lophactœa. 

Genre  Act^a  de  Haan. 
Actœa  tomentosa  A.  Milne  Edw. 

Actsea  tomentosa  A.  Milne  Edwards,  Nouv.  Arch.  Mus.  t.  1,  p.  262. 
Actœodes  tomentosus  de  Man,  Archiv  fiir  Naturgesch.,  1887,    p.    252,  34  (et 
synoii,). 

Amhoine.  1  Ç  et  1  q*  de  taille  moyenne.  Les  doigts  des 
pattes  antérieures  sont  très  légèrement  creusés  en  cuillère. 

Actœa  areolata  Dana. 

Actsea  areolata  de  Man,  .Journal  of  the  Linnean  Soc.  of  London,  t.  22,  (1888). 
p.  25,  14  (et  synon.). 

Les  deux  Crustacés  que  nous  rapportons  à  cette  espèce  diffè- 
rent en  quelques  points  de  l'individu  décrit  et  figuré  par  Dana 
{Unit.  Stat.  Explor.  Exped.  Crust.  t.  1,  p.  162,  pi.  8,  fig.  1). 
La  carapace  est  un  peu  moins  élargie,  et  ses  lobulations  sont 
plus  nettement  accusées  et  plus  nombreuses  ;  le  front  est  plus 
saillant  et  son  bord  doublement  sinué  en  S,  blanchâtre  comme 
le  bord  des  orbites  et  presque  lisse,  les  granulations  étant  très 
aplaties  par  l'usure  et  dépourvues  de  ces  poils  courts  qu'on 
observe  d'une  manière  très  régulière  autour  de  chaque  tuber- 
cule de  la  carapace. 

Longueur  de  la  carapace  :  7,75  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  1 2  » 

Amboine.  2  çf . 


148  L.    ZEHNTNER. 

Actœa  picta  n.  sp. 
PI.  VII,  tig.  6  et  6fl. 

Carapace  assez  bombée,  médiocrement  élargie  et  peu  aplatie 
en  arrière;  ses  bords  latéro-antérieurs  se  continuant  sans  inter- 
ruption sur  le  bord  frontal;  fortement  arqués  de  sorte  que  le 
diamètre  maximum  de  la  carapace  tombe  un  peu  en  avant  de 
la  rencontre  des  bords  latéro-postérieurs  avec  les  bords  latéro- 
antérieurs.  Front  sinué  des  deux  côtés,  bilobé  et  profondément 
sillonné  au  milieu.  La  surface  de  la  carapace  est  partagée  en 
lobes  très  saillants  par  des  sillons  profonds  et  poilus  ;  ces  lobes 
sont  disposés  à  peu  près  de  la  même  manière  que  chez  A.  seti- 
c/eraM.  Edw;  mais  occupent  toute  la  surface.  La  partie  anté- 
rieure du  lobe  mésogastrique,  qui  se  prolonge  entre  les  lobes 
protogastriques,  est  plus  large  que  chez  l'espèce  dont  nous 
venons  de  parler,  et  séparée  de  sa  partie  postérieure  par  un 
sillon  transversal.  Un  sillon  semblable  et  également  transver- 
sal sépare  un  petit  lobe  circulaire  de  la  base  des  lobes  mésogas- 
triques. Le  lobe  urogastrique  est  également  séparé  de  la  partie 
postérieure  du  lobe  mésogastrique.  Sur  la  région  cardiaque,  on 
compte  4  lobes  trapézoïdaux  :  deux  médians  et  deux  latéraux, 
arrangés  comme  les  secteurs  d'un  demi-cercle  autour  d'un  petit 
lobe  circulaire  central,  qui  est  placé  sur  la  ligne  médiane  de  la 
carapace  et  un  peu  en  avant  de  son  bord  postérieur.   Tous 
les  lobes  de  la  carapace  sont  couverts  de  granulations  perli- 
formes  très  régulières;  chaque  granule  est  entouré  de  poils 
très  courts  ;  ces  poils  se  voient  surtout  le  long  des  sillons  et  sont 
toujours  plus  courts  que  les  tubercules. 

Pattes  courtes  à  articles  également  granuleux  comme  les  lobes 
de  la  carapace  ;  la  face  externe  (postérieure)  des  articles  n'est 
pas  partagée  en  lobules  par  des  sillons  ;  la  face  interne  (anté- 
rieure) aplatie,  presque  lisse;  les  arêtes  supérieures  et  infé- 


CRUSTACÉS    DE    l' ARCHIPEL    MALAIS.  149 

Heures  des  articles  sont  tranchantes  et  frangées  de  poils  longs. 
Pattes  de  la  P*^  paire  subégales,  à  méropodites  dépassant  très 
peu  la  carapace  ;  carpopodite  à  face  externe  fortement  convexe 
et  très  légèrement  lobulée.  Main  à  portion  palmaire  à  peine  plus 
longue  que  haute  ;  les  granules  de  la  face  externe  disposées  en 
rangées  horizontales  régulières.  Doigts  courts,  bruns,  pointus, 
non  creusés  en  cuillère  ;  le  doigt  fixe  légèrement  infléchi  et  por- 
tant deux  sillons  ;  son  bord  préhensile  faiblement  denticulé  ; 
doigt  mobile  garni  de  quelques  tubercules  à  la  base  de  sa  face 
supérieure. 

La  couleur  générale  de  cette  espèce  est  un  rouge-brique 
assez  vif.  Les  lobes  qui  se  trouvent  le  long  des  bords  latéro- 
antérieurs,  les  lobes  marginaux  du  front,  la  partie  basilaire 
du  lobe  mésogastrique  et  le  petit  lobe  basilaire  des  lobes  pro- 
togastriques sont  blancs;  une  tache  bleuâtre  ou  blanchâtre 
se  trouve  aux  bords  postérieurs  ;  les  pattes  portent  des  taches 
blanches  et  rouges. 

Longueur  de  la  carapace  :  8  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  12  mm. 

Amboine.  2  Ç,2  cf. 

Les  espèces  du  genre  Adœa  sont  déjà  si  nombreuses,  qu'il  faut 
avoir  vraiment  du  courage  pour  en  établir  encore  de  nouvelles, 
surtout  si  l'on  n'a  pas  de  matériaux  suffisants.  Nous  croyons 
cependant  que  l'espèce  décrite  ici  est  assez  bien  caractérisée, 
soit  par  l'arrangement  des  lobes  de  la  carapace,  soit  par  la 
coloration  qui  est  très  constante  dans  les  4  individus  que  nous- 
avons  examinés.  La  carapace  a  (juelque  ressemblance  avec  celle 
de  VA.  tomenfosa;  mais  chez  cette  dernière  espèce  elle  est  sen- 
siblement plus  élargie  et  à  bords  laté.ro-postérieurs  beaucoup 
plus  sinués.  La  disposition  de  ses  lobes  est  assez  différente  aussi 
et  les  doigts  des  pattes  antérieures  sont  creusés  en  cuillère,  tan- 
dis qu'ils  sont  pointus  chez  VA  picta.  La  pubescence  du  corps 


150  L.    ZEHNTNER. 

est  beaucoup  moins  serrée  et  moins  longue  chez  VA.  pida  que 
chez  VA.  tomentosa. 

L'A.  nodipes  Heller,  qui  ressemble  beaucoup  à  notre  espèce, 
s'en  distingue  par  sa  carapace  plus  aplatie  en  arrière,  par  la 
disposition  des  lobes,  et  surtout  par  la  forme  des  pattes,  la  face 
externe  (postérieure)  des  articles  étant  fortement  lobulée  et  bos- 
selée par  des  sillons  profonds,  comme  on  l'observe  chez  1'^. 
rufopunctata. 

Les  individus  que  nous  rapportons  à  1'^.  areolata  Dana  se  dis- 
tinguent de  VA.  pida  par  leur  carapace  plus  élargie,  plus  apla- 
tie, à  bords  latéro-postérieurs  beaucoup  plus  fortement  sinués  et 
par  leur  front  légèrement  bisinué.  non  bilobé  et  bordé  ainsi  que 
les  orbites  d'un  ourlet  Hsse.  La  disposition  des  lobes  de  la  par- 
tie postérieure  de  la  carapace  offre  une  grande  analogie  dans 
les  deux  espèces.  Chez  A.  areolata  les  lobes  épifrontaux  sont 
séparés  des  lobes  protogastriques,  et  la  partie  externe  de  ceux-ci 
est  partagée  sur  la  moitié  de  sa  longueur  par  un  sillon  longitu- 
dinal. Les  bords  préhensiles  des  doigts  de  la  première  paire  de 
pattes  sont  très  distinctement  garnis  de  tubercules  coniques  et 
dentif ormes. 

Genre  Chlorodius  Ruppel. 

Chlorodius  niger  Forsk. 

Chlorodius  niger  de   Man,  Journal  of  tlie   Linnean    Society  of  Loiuloii    1888, 
[1.  '.M,  21  (et  syiioii.). 

Cette  espèce,  très  répandue,  est  représentée  par  un  seul 
mâle  mutilé,  dont  les  deux  dernières  dents  du  bord  latéro-anté- 
rieur  de  la  carapace  sont  acérées  et  en  forme  d'épine  courbée 
en  avant. 

Amhoine.  1  ç^ . 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS.  151 

Genre  Chlorodopsis  A.  Milne  Edw. 
Chlorodopsis  melcmodactyliis  A.  Milne  Edw. 

Chlorodopsis  melanodactylus  A.  Milne  Edwards,  Nouv.  Arch..  Mus.,  t.  9,  p.  229, 
95,  pi.  VIII,  fig.  7. 

Nous  rapportons  à  cette  espèce  une  jeune  femelle  qui  répond 
très  bien  à  la  description  et  à  la  figure  donnée  par  Milne 
Edwards.  Nous  nous  bornons  à  noter  que  les  dactyiopodites 
des  pattes  ambulatoires  sont  armés  d'une  épine  subapicale 
blanche,  placée  verticalement  sur  le  bord  inférieur  de  l'article, 
juste  à  la  base  de  la  griffe  transparente  ou  ambrée. 

Longueur  de  la  carapace  :  5,25  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  8       mm. 

Amhoine.  1  jeune  Ç. 

Chlorodopsis  spinipes  Heller. 

Chlorodopsis  spinipes  de  Man,  Archiv  fur  Naturgescli..  1887,  06  (et  syuoii.). 

Amhoine.  1  Q. 

Genre  Sph.erozius  Stimpson. 

Sphœromis  cocMearis  n.  sp. 
PI.  VII,  fig.  o  à  56. 

Carapace  transversale,  hexagonale  à  surface  bombée  en  tous 
sens,  luisante  et  finement  ponctuée,  et  n'offrant  qu'un  faible 
sillon  longitudinal  médian  qui  part  du  front  et  qui  s'étend  en 
arrière  sur  la  région  épifrontale,  se  partageant  en  deux  sur  la 
région  mésogastrique;  ce  sillon  longitudinal  est  croisé  par  un 
sillon  transversal  parcourant  les  régions  hépatiques.  Un  autre 


152  L.    ZEHNTNER. 

sillon  peu  accusé  longe  le  front  et  les  orbites  en  dessus  à  quelque 
distance  du  bord.  Enfin  les  régions  branchiales  sont  parcourues 
par  un  faible  sillon  transversal.  Front  ayant  plus  d'un  tiers  de 
la  largeur  de  la  carapace,  faiblement  sinué  au  milieu;  sa  partie 
rabattue  est  étroite.  Orbites  assez  grandes,  à  bords  entiers, 
logeant  de  grands  yeux  à  pédoncules  très  gros  et  courts  ;  la 
cornée  grande.  Bords  latéro-antérieurs  courts,  ayant  un  peu 
plus  de  la  moitié  de  la  longueur  des  bords  latéro-postérieurs  ; 
convergeant  en  avant  et  armés  de  4  dents  aiguës  (en  comptant 
l'angle  post-orbitaire  qui  est  peu  saillant).  La  3®  dent  est  la 
plus  grande.  Bords  latéro-postérieurs  subsinués,  convergeant 
fortement  en  arrière^  de  telle  sorte  que  le  bord  postérieur  n'a 
que  la  largeur  du  front. 

Pattes  antérieures  assez  robustes  et  inégales  ;  celle  du  côté 
gauche  est  la  plus  grande.  Le  méropodite  dépasse  un  peu  la 
carapace  et  offre  à  son  bord  antérieur  une  spinule  subapicale 
qui  échappe  facilement  à  l'observation.  Le  carpopodite  est  à 
peine  plus  haut  que  le  méropodite  ;  il  est  court,  à  face  externe 
convexe  et  finement  granulée  ;  son  angle  antéro-interne  est 
occupé  par  une  dent  spiniforme.  Main  gauche  avec  la  portion 
palmaire  finement  granulée^  un  peu  comprimée,  une  fois  et  demi 
aussi  haute  que  le  carpopodite.  Le  bord  inférieur  de  la  main 
gauche  est  faiblement  arqué  et  d'un  tiers  plus  long  que  le  bord 
supérieur,  d'où  il  résulte  que  le  bord  basilaire  est  fortement 
oblique.  Doigts  aussi  longs  que  le  bord  supérieur  de  la  portion 
palmaire,  sillonnés  en  longueur,  recourbés  très  légèrement  et 
seulement  à  l'extrémité  où  ils  se  touchent  ;  Textrémité  même 
est  nettement  creusée  en  cuillère.  Les  bords  préhensiles  laissent 
un  espace  étroit  entre  eux  et  sont  munis  de  tubercules  dentifor- 
mes.  La  main  droite  offre  les  mêmes  caractères  que  celle  du 
côté  gauche,  à  l'exception  de  la  portion  palmaire  qui  est  moins 
haute. 

Pattes   ambulatoires   de  dimensions    moyennes  et   presque 


CRUSTACÉS    DE   l'aRCHIPEL   MALAIS.  153 

d'égale  grandeur  entre  elles,  à  articles  inermes,  sauf  les  dacty- 
lopodites  qui  sont  munis  en  dessous  de  4  à  5  spinules  aiguës 
(fig.  6h}.  L'extrémité  des  doigts  est  fortement  recourbée  en  bas 
et  armée  d'une  griffe  bifide. 

La  carapace  de  ce  Crustacé  est  entièrement  nue.  Souvent  les 
pattes  ambulatoires  sont  pourvues  de  quelques  poils  qui  sont 
plus  abondants  sur  les  dactylopodites.  La  couleur  est  un  testacé 
blanchâtre  ou  orangé  ;  les  doigts  des  pattes  antérieui-es  sont 
bruns;  l'extrémité  des  doigts  et  les  tubercules  de  leurs  bords 
préhensiles  sont  blancs. 

Longueur  de  la  carapace  :  3       mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  4,25  mm. 

Amhoine.  2  Ç  dont  l'une  porte  des  œufs. 

Abstraction  faite  de  la  forme  des  mains,  cette  espèce  offre 
tous  les  caractères  du  genre  Sphœrozius.  L'article  basilaire  des 
antennes  externes  entre  un  peu  dans  le  hiatus  des  orbites,  mais 
sans  atteindre  le  front;  l'orbite  est  complètement  fermée  en 
dehors.  Les  doigts  creusés  en  cuillère  rappellent  le  sous-genre 
Actœodes. 

Genre  PiLmmus  L. 
Pilumnus  cœndescens  A.  Milne  Edw. 

PUumnus  cœrulescens    A.  Milne  Edwards,   Nouv.    Arch.    Mus.,   t.  9,    p.   242, 
107,  pi.  IX,  fig.  3. 

Nous  avons  examiné  un  mâle  qui  offre  les  différences  sui- 
vantes avec  la  description  de  Milne  Edwards  : 

Les  deux  lobes  du  front  sont  très  peu  arrondis,  presque  car- 
rés ;  carpopodites  des  pattes  antérieures  presque  lisses  ;  la  por- 
tion palmaire  de  la  main  moins  fortement  granuleuse  mais  avec 
des  poils  plus  abondants  sur  sa  face  externe.  Doigts  des  pattes 


154  L.    ZEHNTNER. 

antérieures  plus  grêles,  le  doigt  mobile  plus  long  que  Tarête 
supérieure  de  la  portion  palmaire  de  la  main. 

Longueur  de  la  carapace  :  6,8    mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  8,75    » 

'  Amhoine. 

Pilumnus  vespertilio  Fabr. 

Pilumnus  vespertilio  de  Man,  Journal  of  the  Linnean  Soc.   of  Loiuloii,    t.    22, 

(1888),  p.  38,  40  (et  synoii.).' 
Pilumnus  ursulus  Ad.  et  White  (var.  ?)  Voyage  of  H.  M.  S.   «  Samaramj  »  Crus- 

tacea,  p.  4o,  3,  pi.  IX.  fig.  6. 

L'unique  exemplaire  conservé  dans  la  collection  que  nous 
avons  examinée  répond  parfaitement  à  la  figure  donnée  par 
Adams  et  White.  Il  diffère  de  l'individu  figuré  par  H.  Milne 
Edwards  {Règne  Animal  de  Cuvier,  Crust.,  pi.  XIV,  fig.  3) 
par  sa  carapace  à  bords  latéro-antérieurs  plus  ai'qués,  par  le 
bord  sourciller  non  granulé,  ainsi  que  par  l'absence  de  toute 
granulation  sur  les  bords  latéro-antérieurs  et  leurs  dents.  Les 
poils  qui  couvrent  presque  tout  le  corps  sont  plus  longs  et  plus 
abondants.  Il  se  pourrait  que  le  P.  nrsulus  fût  une  variété  du 
P.  vespertilio  ? 

Longueur  de  la  carapace  :  1 6  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  22    » 

Amhoine.  1  9- 

Pilumnus  Bleekeri  Miers. 

Pilumnus  Bleekeri  Miers,  Annals  and  Mag.  of  Nat.  Hist.  (o),  t.  o,  p.  23o. 

Le  dessus  du  corps  et  les  pattes  sont  hérissés  de  longs  poils 
raides  assez  nombreux. 

Carapace  régulièrement  bombée  sur  toute  sa  surface,  ou 
faiblement  aplatie  en  arrière.  Bords  latéro-antérieurs  moins 


CRUSTACÉS   DE   l'aRCHIPEL    MALAIS.  155 

longs  que  les  bords  latéro-postérieurs,  armés  de  5  épines  assez, 
longues  (en  y  comprenant  l'épine  postorbitale)  dont  la  2"^^  est 
insérée  suria  région  subhépatique,  soit  plus  bas  que  les  autres  ; 
les  trois  épines  postérieures  à  pointe  brune  grêle  et  courbée  en 
avant.  La  partie  supérieure  de  la  carapace  est  partagée  par  des 
sillons  peu  profonds,  très  luisants.  Tous  les  espaces  entre  les 
sillons  sont  semés  de  granulations  tuberculiformes  assez  fortes. 
Les  espaces  situés  entre  les  granules  sont  fortement  luisants  ; 
les  granules  portent  de  petits  pinceaux  de  longs  poils  raides  de 
couleur  jaunâtre.  Souvent  les  poils  sont  placés  dans  des  enfon- 
cements, et  dans  ce  cas  les  granules  disparaissent.  Le  front  est 
partagé  par  une  échancrure  médiane  assez  profonde  en  deux 
lobes  carrés.  En  outre,  il  présente  de  chaque  côté  une  dent 
qui  se  place  entre  le  lobe  et  l'orbite.  Le  bord  sourciller  de 
l'orbite  est  très  tinement  denticulé,  avec  deux  fissures  très  obso- 
lètes ;  bord  inférieur  garni  de  3  à  4  dents  mousses  espacées, 
entre  lesquelles  s'intercalent  parfois  de  plus  petites  dents  en 
forme  de  tubercules  perlés.  La  région  ptérygostomienne  est 
semée  de  tubercules  semblables  qui  sont  épars,  tandis  que  le 
reste  de  la  face  inférieure  du  Crustacé  paraît  lisse  et  luisante. 
Les  pattes  antérieures  sont  fortes  et  iné^^ales;  celle  du  côté 
droit  est  la  plus  grosse.  Méropodite  dépassant  peu  la  carapace, 
à  face  externe  lisse.  Carpopodite  et  main  couverts  sur  leur  face 
externe  de  tubercules  comme  sur  la  carapace,  mais  ces  tubercu- 
les sont  plus  aigus,  plus  gros,  et  disposés  en  rangées  horizontales. 
Sur  la  petite  main,  ils  couvrent  toute  la  surface.  Sur  la  grosse 
main,  ils  sont  moins  régulièrement  disposés  et  laissent  découvert 
le  tiers  inférieur  ;  l'arête  inférieure  de  la  portion  palmaire  est 
garnie  de  tubercules  perliformes  sur  les  deux  mains  ;  vers  l'arête 
supérieure,  les  tubercules  deviennent  spiniformes,  surtout  sur 
la  petite  main.  Doigts  courts,  sillonnés,  d'un  brun -chocolat, 
sauf  à  la  base  qui  est  blanchâtre,  dentés  sur  leurs  bords  pré- 
hensiles ;  le  doigt  fixe  conique,  non  infléchi  sur  la  grosse  main  et 


156  L.    ZEIINTNER. 

peu  sur  la  petite;  le  doigt  mobile  recourbé  à  T extrémité,  por- 
tant en  dessus  et  sur  la  moitié  de  sa  longueur  des  granulations 
spiniforraes.  Pattes  ambulatoires  pourvues  de  tubercules  pili- 
gères  sur  les  deux  avant-derniers  articles  et  sur  l'arête  supé- 
rieure des  méropodites.  Les  méropodites  du  reste  sont  lisses, 
dépourvus  de  poils  et  ornés,  sur  leurs  faces  postérieures  et 
antérieures,  de  taches  irrégulières  rouges  et  bleuâtres.  Couleur 
générale  du  Crustacé,  brun  de  suie,  passant  par  places  au 
bleuâtre,  avec  les  dents  des  bords  latéro-antérieurs  et  de  l'or- 
bite, ainsi  que  la  face  inférieure  du  corps,  blanchâtre. 

Longueur  de  la  carapace  :  18,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  23,5  mm. 

Ambo'uic.  1  (j'. 

Espèce  voisine  du  P.  vestitus  Hasw.,  P.  terrœ-reginœ  Hasw. 
€t  du  P.  Amlersonï  de  Man  ;  mais  séparé  des  deux  premières 
par  la  carapace  entièrement  granuleuse,  par  la  présence  de  la 
dent  subhépaticale,  par  les  lobes  frontaux  plus  tronqués  et  par 
la  pubescence  plus  abondante.  Le  P.  Bleekerï  est  séparé  du 
P.  Andersoni  par  sa  carapace  granuleuse,  par  les  dents  post- 
orbitaire  et  subhépaticale,  plus  fortes,  plus  saillantes,  par  la 
forme  du  front  et  par  un  autre  mode  de  pubescence. 

Genre  Trapezia  Latr. 
Trapezia  cymodoce  Herbst. 

Trapezia  cymodoce  (typica)  Ortmanii,  Zool.  .lalirb.  t.  7  (189H),  Abthlg.  fiir  Sysl., 
p.  482  (et  synon.). 

Amboine.  6  ^T  et  4  Ç  offrent  tous  les  caractères  de  la  forme 
typique  de  cette  espèce.  La  face  externe  des  mains  est  très 
poilue,  l'arête  supérieure  de  la  partie  palmaire  est  vive  et  la 
dent  latérale  de  la  carapace  est  aiguë.  Les  doigts  des  mains  sont 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  15T 

bruns  ;  sur  la  carapace  on  observe  la  ligne  transversale  dont 
parle  Kossmann  et  qui  est  formée  par  des  points  rouges  en 
nombre  variable  (Zool  Ergehnisse,  etc.,  Crustaeea,  p.  43).  Chez 
3  Q  et  1  (2r  c^^^^  M^nQ  fait  complètement  défaut  et  les  doigts 
de  la  1'"'  paire  de  pattes  sont  à  peine  bruns. 

Trapezia  areolatciDd^im;  var.  inermis  A.  Milne  Edw. 

Trnpezia  areolata  Dana:   \iu\  inermis  \.  Milne  Edwards.  Noiiv.   Arcli.  Mus.. 
t.  9,  p.  239,  123,  pi.  X,  lig.  (). 

Deux  femelles,  dont  l'une  porte  des  œufs,  répondent  parfai- 
tement à  la  description  qu'en  donne  A.  Milne  Edwards  1.  c. 

Amhoine. 

Trapezia  riifopimctata  Herbst. 

Trapezia  rufopunctatti  Ortniann,    Zool.    Jalirb.    t.  7   (1893),    Abthlii.   fiir  Syst., 
p.  484  (et  synoii.). 

Les  points  rouges  de  nos  spécimens  sont  disposés  comme  dans 
la  figure  donnée  par  Hilgendorf  {Crust.  in  :  Van  der  Beckens 
Reisen  in  Ostafrica,  pi.  II,  fig.  3).  Le  carpe  des  mains  est 
muni  d'une  forte  épine  aiguë  et  l'arête  inférieure  de  la  partie 
palmaire  de  la  main  est  pourvue  de  petites  granulations  denti- 
formes.  Dans  leur  partie  antérieure,  les  bords  latéraux  de  la 
carapace  sont  un  peu  divergents  et  non  pas  parallèles  ou  même 
convergents  comme  figuré  par  Hilgendorf  (1.  c.)  et  par  Dana. 

Amhoine.  IQ,  I  rf. 

Genre  Tetralia  Dana. 
Tetralia  glaberrima  (Herbst)  Dana. 

Tetralia  glaberrima  Ortniann,  Zool.  Jalirb.  t.  7  (1893),  Abthli,'.  fiir  Syst.,  p.  48"j 
(et  synon.). 

En  raison  de  sa  grande  extension,  cette  espèce  est  sujette  à 
varier  beaucoup.  Krauss  :  JJie  sûdafrikanischen  Crustaceen, 


158  L.    ZEIINTNEU. 

p.  35  (1843),  a  observé  que  son  exemplaire  de  Natal  n'offrait 
pas  la  tache  bleue  '  qu'on  voit  dans  la  figure  donnée  par  Herbst 
{Krabhen  und  Krebse,  pi.  XX,  fig.  115),  mais  que  les  bords 
antérieurs  et  latéraux  sont  marginés  de  brun.  Nous  avons  exa- 
miné un  individu,  provenant  d'Araboine,  qui  avait  une  bordure 
foncée  semblable.  Dana  :  Unit.  Stat.  Explor.  Exped..  Crusta- 
cea,  t.  1,  p.  264  (1852),  observe  que  la  couleur  générale  de 
l'animal  est  châtaine,  mais  que  souvent  le  front  et  le  bord  de  la 
carapace  situé  derrière  les  yeux  sont  verdâtres,  blanchâtres  ou 
gris. 

Un  individu  provenant  de  Fîle  Maurice  nous  a  montré  une 
variété  qui  se  manifeste  dans  la  forme  du  bord  frontal.  Celui-ci, 
au  lieu  d'être  régulièrement  arqué,  offre  une  petite  échancrure 
de  chaque  côté  des  yeux  d'où  résulte  que  l'angle  latéral  du 
front  fait  une  légère  saillie  en  forme  de  dent.  Chez  le  même 
spécimen,  la  partie  antérieure  de  la  carapace  est  pourvue  de 
quelques  ponctuations  espacées. 

La  T.  cavïmana  Heller  (Sitzungsber.  k.  k.  Akad.  der  Wis- 
sensch.,  t.  43,  p.  353),  doit  être  réunie  à  la  T.  glaherrïma. 
L'excavation  poilue  située  à  la  base  de  la  main  varie  beaucoup, 
ainsi  que  sa  pubescence  qui  s'use  à  mesure  que  la  cavité  dimi- 
nue. Du  reste  cette  cavité  a  été  décrite  et  tigurée  par  Dana  (1.  c, 
p.  264,  pi.  16,  fig.  3ej. 

Longueur  de  la  carapace  :  9     mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  10.5  mm. 

Amhoïne.  1  Ç  portant  des  œufs. 

Dans  un  récent  mémoire,  Henderson  réunit  la  T.  nigri- 

frons  à  la  T.  glaberrima  (Henderson  :   A    Contribution  to 

Iiidian   Garcinology,  Transactions  of  tlie  Linnean  Society  of 

London,   t.    5,  part.    10  (1893),  pp.    366  et  367).  Nous  ne 

'  Cette  tache,   certainement  accidentelle,  a  pu  être  causée  par  la  dessiccation. 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL    MALAIS.  159 

partageons  pas  cette  manière  de  voir.  La  T.  nigrifrons  se  laisse 
bien  distinguer  de  la  T.  glaberrima  par  les  caractères  suivants  : 
chez  la  T.  nigrifrons  la  carapace  a  son  maximum  de  largeur 
immédiatement  derrière  les  yeux,  d'oîi  résulte  que  les  bords 
latéraux  sont  moins  arqués  que  chez  T.  glaberrima  dont  la  cara- 
pace est  sensiblement  rétrécie  en  avant.  Le  carpopodite  de  la 
l'®  paire  de  pattes  porte  une  épine  aiguë  chez  la  T.  nigrifrons; 
il  est  iiierme  chez  la  T.  glaberrima;  le  méropodite  est  plus  large 
dans  la  dernière  paire  de  pattes  ambulatoires  que  dans  les 
autres  chez  T.  nigrifrons;  c'est  le  contraire  de  ce  que  l'on  voit 
chez  T.  glaberrima.  Enfin  les  pattes-mâchoires  externes  sont 
moins  grêles  chez  T.  nigrifrons  que  chez  T.  glaberrima. 

Genre  Hexapus  de  Haan. 
Hexapus  sexpes  Fabr. 

Ca7icer  sexpes  Fabricius,  Eiitornol.  Syst.  Suppl.,  p.  344 


Liuncei  sexpes  raunclu^,  niinotaui.  ^ysi.  oiippi.,  p.  o*'i. 
Hexapus  sexpes  de  Haan,  Fauna  japonica,   Crustacea,   p 

A.   Milne  Edwards,  iSouv.    Arch.    Mus.,    t.   9,  p. 

de  Mail,  Archiv  fur  Naturiresch.  18cS7,  p.  32:2.  82,  pi 


f  •  •  '  r  ■ 

Crustacea,   p.  63  ;   pi.  XI,  lig.   6  ; 
'       .  2o3,    pi.    XII,   iig.  .1  ; 
XIII.  tig.  3. 


Un  superbe  exemplaire  femelle  de  cette  espèce  rare  et  fort 
remarquable  semble  différer  des  spécimens  décrits  par  de  Man 
(1.  c.)  par  sa  carapace  moins  large  au  niveau  des  régions  hépa- 
tiques, par  l'absence  des  carénules  obliques  sur  les  régions  pté- 
rygostomiennes,  par  les  mains  fortement  comprimées,  à  portion 
palmaire  moins  haute  comparativement  à  sa  longueur,  avec  le 
bord  inférieur  à  peine  arqué;  le  doigt  fixe  est  distinctement 
infléchi  chez  la  femelle  que  nous  avons  observée  et  les  deux 
doigts  se  touchent  sur  toute  la  longueur  de  leurs  bords  préhen- 
siles. Les  mesures  dépassent  celles  données  par  de  Man. 

Longueur  de  la  carapace  :  15  mm. 

Largeur  maximale  de  la  carapace  :  23,5  mm. 

Largeur  aux  régions  hépatiques  :  21  mm. 
Largeur  au  bord  postérieur  : 


160  L.    ZEHNTNER. 

Amboine.  1  Q  pris  dans  le  tube  d'une  grande  Annélide  tubi- 
cole. 

L'habitat  de  cette  espèce,  qui  vit  dans  le  tube  solide  d'une 
Annélide,  explique  parfaitement  les  différences  de  formes  assez 
frappantes  qu'oiîrent  les  individus,  suivant  qu'ils  sont  plus  ou 
moins  âgés.  La  même  raison  explique  le  fait  que  ces  Crustacés 
ont  perdu  une  paire  de  pattes.  (Comparez  à  ce  propos  les  trois 
figures  citées  plus  haut  dans  la  synonymie.)  Ces  différences  ne 
sont  que  l'expression  d'une  adaptation  au  genre  de  vie  du  Crus- 
tacé.  Les  jeunes  individus  doivent  trouver  facilement  un  tube 
qui  leur  offre  les  conditions  voulues,  tandis  que  les  individus  plus 
âgés  et  plus  grands  ont  plus  de  peine  à  trouver  un  logement. 
Lorsqu'ils  grandissent,  leur  demeure  devient  trop  étroite  et  ils 
sont  forcés  de  s'adapter  à  la  forme  cylindrique  du  tube.  Ainsi 
chez  les  adultes,  les  bords  latéraux  de  la  carapace,  qui  étaient 
régulièrement  arqués  chez  les  jeunes  (A.  Milne  Edwards), 
se  courbent  en  S  pour  faire  de  la  place  à  la  P«  paire  de  pattes, 
qui  est  un  peu  jetée  en  arrière  et  dont  les  articles  s'aplatissent  à 
leur  face  interne  de  manière  à  s'appliquer  parfaitement  à  cette 
courbure.  En  outre,  la  main  et  les  doigts  sont  comprimés  de 
sorte  que  ces  parties  de  la  patte  ne  dépassent  pas  en  avant  le 
bord  frontal,  quand  elles  sont  appliquées  contre  la  carapace. 
Les  pattes  ambulatoires  deviennent  plus  courtes  ;  leurs  méro- 
podites,  surtout  ceux  de  la  P®  paire,  sont  comprimés  sur  l'arête 
supérieure.  Ils  se  courbent  en  avant  et  s'adaptent  bien  à  l'arti- 
cle correspondant  de  la  paire  qui  précède.  De  plus,  l'insertion 
des  pattes  postérieures  se  trouve  en  dessus  de  celle  de  la  paire 
précédente  et  leurs  méropodites  couvrent  à  l'état  de  repos  ceux 
de  l'avant-dernière  paire.  La  carapace  est  très  peu  convexe 
dans  le  sens  transversal,  mais  elle  l'est  assez  régulièrement, 
d'avant  en  arrière. 


CRUSTACÉS   DE   l' ARCHIPEL   MALAIS.  161 

Genre  Eriphia  Latr. 
Eriphia  lœvimana  Latr. 
Amboine.  Une  seule  Ç>  de  taille  assez  grande. 

Genre  Goniosoma  A.  Milne  Edw. 
Goniosonia  sexdentata  Herbst. 

Goniosoma  sexdentata  A.   Milne  Edwards.  Archiv.   du  Mus.,    t.  10,  p.  372.  4 
(et  synon.) 

Deux  magnifiques  mâles  de  cette  espèce,  qui  ne  semble  pas 
être  très  abondante,  ont  été  capturés  à  Amboine. 

Longueur  de  la  carapace  :  47  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  70  mm. 

Genre  Thalamita  Latr. 
Thalamita  prymna  Herbst. 

Thalamita  prymna  A.  Milne  Edwards,  Archiv.  du  Mus.,  t.   10,  p.  360,  6  (et 

synon.) 

Amboine.  1  petit  cf. 

Genre  Carupa  Dana. 
Garupa  lœviuscula  Heller. 

Carupa  leevimcula  de  Man,  Archiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  336.  99  (et  synon.) 

Amboine.  Un  petit  mâle  mutilé  oiBfre  les  caractères  qui  sem- 
blent séparer  cette  espèce  de  C.  tenuipes  Dana. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  11 


162  L.    ZEHNTNER. 


Genre  Caphyra  Guérin. 


Caphyra  natatrix  n.  sp. 

PI.  VII,  fig.  10. 

Formes  de  la  carapace  comme  chez  C.  lœvis  A.  Milne  Édw. 
(Nouv.  Arch.  Mus.,  t.  9,  p.  173,  pi.  IV,  fig.  2),  à  l'exception  du 
front,  qui  est  moins  régulièrement  découpé  en  dents.  Le  front 
est  assez  profondément  écliancré  au  milieu,  comme  chez  C.  lœ- 
vis ;  une  échancrure  semblable  se  trouve  de  chaque  côté  de  la 
dent  préorbitaire  qui  est  plus  saillante  que  chez  C.  lœvis.  Les 
deux  parties  du  bord  frontal,  entre  Féchancrure  médiane  et  la 
dent  préorbitaire,  sont  partagées  chacune  en  trois  dents  égales 
chez  C.  lœvis,  tandis  que  chez  les  individus  que  nous  avons 
observés,  on  trouve  une  dent  interne  et  un  lobe  externe  dont  le 
bord  n'est  que  très  faiblement  sinué.  Les  pattes  antérieures 
paraissent  être  plus  grêles  que  chez  C.  lœvis  ;  méropodites  avec 
3  à  4  épines  au  bord  antérieur  ;  épine  sur  l'arête  supérieure  de  la 
main  plus  grande  et  très  pointue.  Les  pattes  de  la  dernière 
paire  fournissent  un  caractère  qui  ne  se  trouve  chez  aucune 
autre  espèce  de  ce  genre.  Elles  ont  repris  la  forme  de  pattes 
natatoires,  leurs  deux  derniers  articles  étant  aplatis,  mais  peu 
élargis  et  frangés  de  longs  poils  (fig.  10),  imitant  ainsi  les 
pattes  postérieures  du  Carcïnus  mœnas.  Le  dernier  article  est 
rétréci  à  sa  base;  le  reste  est  lancéolé,  à  ongle  terminal 
recourbé  à  l'extrémité. 

Longueur  de  la  carapace  :  8,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  11,5  mm. 

Amhoine.  2  Ç . 


CRUSTACES  DE  L  ARCHIPEL  MALAIS.  163 

Genre  Goniocaphyra  de  Man. 
Goniocaphi/ra  spec.  ? 

PI.  yill,  fig.   12  et  lia. 

Forme  de  la  carapace  presque  identique  à  celle  de  G.  trun- 
catifrons  de  Man  (Archiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  399, 
pi.  XIV,  fig.  1),  mais  la  dent  épibranchiale  est  plus  longue  et 
plus  aiguë.  Les  dents  qui  sont  en  avant  sont  plus  petites  et 
moins  arrondies.  Granulations  des  régions  hépatiques  de  la  cara- 
pace nulles  ou  à  peine  visibles  à  la  loupe.  Les  pattes  antérieu- 
res paraissent  être  plus  fortes,  la  portion  palmaire  des  mains 
un  peu  plus  renflée  et  atténuée  à  la  base.  Mérognathe  des  pattes- 
mâchoires  externes  à  bord  externe  droit,  non  sinué,  à  bord 
apical  faiblement  arqué,  non  angulaire. 

Longueur  de  la  carapace  :  4,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  6,5  mm. 

Amboine.  2  q*  . 

Malgré  les  petites  différences  indiquées  ici,  nous  supposons 
que  les  deux  ç^  que  nous  avons  observés  doivent  être  réunis  à 
l'espèce  de  de  Man. 

Genre  Sph^rocarcinus  n.  gen. 

Carapace  transversale,  suboctogonale,  fort  bombée,  presque 
en  forme  d'hémisphère  ;  le  bord  frontal  et  les  bords  latéro-anté- 
rieurs  lamellaires  et  recourbés  horizontalement;  ces  derniers 
faiblement  divisés  en  lobes.  Le  bord  sourciller  séparé  du  front 
et  des  bords  latéro-antérieurs  par  une  forte  incision  et  offrant 
lui-même  en  dessus,  au  milieu,  une  légère  fissure.  Front  large, 
un  peu  avancé,  lamellaire,  tronqué  ou  sinué.  Régions  anten- 


164  L.    ZEHMTNP^R. 

naire  et  buccale  ressemblant  beaucoup  à  celles  de  Lissocarcinus. 
Article  basilaire  des  antennes  externes  atteignant  le  front  à  son 
angle  interne  ;  son  angle  externe  est  prolongé  en  forme  de  pro- 
cessus dans  le  hiatus  orbitaire,  de  sorte  que  le  Hagellum  est 
exclu  de  Torbite.  Antennules  complètement  transversales  au 
repos.  Ischiognathe  des  pattes-mâchoires  externes  sensiblement 
plus  large  que  le  mérognathe,  un  peu  prolongé  à  son  angle 
antéro-interne.  Mérognathe  carré,  aussi  large  que  long,  non 
échancré  à  son  angle  antéro-interne.  Abdomen  Q ,  à  partir  du 
3®  article,  triangulaire,  à  bords  latéraux  légèrement  arqués;  le 
dernier  article  en  triangle  régulier,  son  angle  apical  vif. 

Pattes  courtes.  La  paire  antérieure  égale  des  deux  côtés;  les 
articles  surmontés  de  crêtes  élevées  lamellaires  ;  doigts  pointus. 
Pattes  ambulatoires  courtes,  à  articles  cylindriques;  dactylopo- 
dites  de  toutes  les  pattes  styliformes.  La  dernière  paire  de  pattes 
lejetée  au-dessus  de  la  carapace  comme  chez  les  Dromides,  à 
carpopodite  faiblement  dilaté,  rhomboïdal. 

Ce  genre  est  très  voisin  des  Lissocarcinus.  Il  s'en  distingue 
par  la  carapace  fortement  bombée,  par  le  front  tronqué^  par  la 
forme  des  pattes-mâchoires  externes  et  de  l'abdomen  (Ç),  ainsi 
que  par  la  forme  de  la  dernière  paire  de  pattes  dont  le  dactylo- 
podite  est  styliforme  et  non  dilaté.  Cette  patte  rappelle  l'or- 
gane homologue  des  Bromia  où  elle  a  pour  fonction  de  saisir  et 
de  retenir  des  objets^  par  exemple  les  Éponges,  avec  lesquels  ces 
Crustacés  se  couvrent.  Il  n'est  pas  probable  que  les  Sphœrocar- 
cinus  en  fassent  autant,  leur  dernière  patte  étant  bien  dévelop- 
pée, assez  grande,  mais  pas  en  forme  de  pince,  et  pouvant 
certainement  encore  remplir  les  fonctions  de  patte  natatoire 
imparfaite. 

Sphœrocarcinus  Bedoti  n.  sp. 

PI.  VIII.  fig.  16 -à  16c. 

Carapace  plus  large  que  longue,  bombée  en  hémisphère,  la 


CRUSTACÉS   DE    l'aRCIIIPEL   MALAIS.  165 

partie  bombée  presque  eutièrement  lisse,  faiblement  granulée, 
latéralement  et  antérieurement.  La  surface  est  presque  unie  et 
à  peine  partagée  en  champs,  avec  une  faible  côte  transversale 
parcourant  les  régions  branchiales.  Front  ayant  un  peu  plus 
que  le  tiers  de  la  largeur  de  la  carapace,  dépassant  très  peu 
les  orbites  dont  il  est  séparé  par  une  incision  triangulaire; 
tronqué  transversalement,  son  bord  antérieur  légèrement  bisi- 
nué.  Orbites  bien  formées,  presque  circulaires,  à  bords  entiers. 
Le  bord  supérieur  offre  cependant  une  faible  fissure  au  milieu. 
En  arrière  l'orbite  est  limitée  par  une  incision  triangulaire. 
Bords  latéro-antérieurs  lamellaires  devenant  presque  horizon- 
taux et  séparés  de  la  carapace  par  une  gouttière  large  et  peu 
profonde  (fig.  IQh).  Ces  bords  sont  partagés  en  deux  parties 
inégales.  La  première  qui  comprend  le  tiers  de  la  longueur 
totale  est  oblique,  sinuée  et  forme  une  ligne  droite  avec  le 
bord  sourciller  de  l'orbite.  Le  bord  de  la  seconde  partie  n'est 
pas  sinué,  mais  en  ligne  droite.  Il  est  parallèle  au  bord  situé 
au  côté  opposé  du  corps,  et  partagé  par  une  toute  petite 
échancrure  en  deux  parties  égales.  Ce  bord  droit  a  un  ourlet 
qui  se  contiime  un  peu  en  arrière  sur  la  face  de  la  carapace 
sous  la  forme  d'une  petite  carène.  Les  bords  latéro-postérieurs 
forment  d'abord  un  angle  assez  vif  qui  se  trouve  immédiatement 
après  la  carène  mentionnée,  puis  ils  sont  fortement  recourbés 
en  S,  et  ourlés.  Cette  courbe  est  nécessaire  pour  donner  de  l'es- 
pace à  la  dernière  paire  de  pattes,  qui  est  rejetée  en  dessus  et 
dirigée  en  avant,  pouvant  ainsi  s'appliquer  contre  la  carapace 
en  se  plaçant  dans  la  gouttière  qui  sépare  les  bords  de  la  cara- 
pace de  sa  partie  convexe.  Bord  postérieur  de  la  carapace  plus 
large  que  le  Iront,  faiblement  sinué  au  milieu,  ourlé  dans  toute 
sa  largeur.  En  dessous,  la  région  ptérygostomienne  et  les  pattes- 
mâchoires  externes  sont  recouvertes  de  fines  rugosités.  L'ischio- 
gnathe  des  pattes-mâciioires  externes  est  parcouru  par  un 
sillon  longitudinal  peu  marqué.  Pattes  de  la  V  paire  subégales. 


166  L.    ZF^HNTNER. 

de  grandeur  moyenne.  Leur  raéropodite  est  court  et  ne  dépasse 
pas  la  carapace  ;  il  a  les  arêtes  vives,  l'arête  supérieure  sur- 
montée d'une  crête  qui  devient  lamellaire  vers  l'extrémité  de 
l'article.  Carpopodite  portant  en  dessus  3  crêtes  lamellaires 
un  peu  sinuées,  dont  les  2  supérieures  se  réunissent  avant 
l'extrémité  postérieure  de  l'article.  La  crête  extérieure  est 
recourbée  S  et  se  réunit  aux  deux  autres  à  leur  point  de 
jonction.  Ces  crêtes  sont  libres  à  l'extrémité  antérieure  de 
l'article,  qu'elles  ne  dépassent  pas;  leur  angle  antérieur  est 
arrondi.  La  portion  palmaire  de  la  main  est  un  peu  plus 
haute  que  le  carpopodite,  et  surmontée  de  deux  crêtes 
lamellaires  qui  correspondent  aux  deux  crêtes  supérieures  du 
carpopodite  ;  ces  deux  crêtes  de  la  main  se  terminent  à  l'ex- 
trémité antérieure  à  angle  très  vif  et  aigu.  La  face  externe 
de  la  main  est  parcourue  à  mi-hauteur  par  une  crête  élevée, 
faiblement  crénelée.  Des  deux  côtés  de  cette  crête  on  trouve 
une  dépression  longitudinale.  Celle  qui  est  au-dessus  est  large, 
et  forme  une  gouttière  peu  profonde  ;  l'inférieure  est  plus  étroite 
et  se  continue  sur  le  doigt  fixe.  Les  doigts  sont  moins  longs  que 
la  partie  palmaire  de  la  main,  larges  à  leur  base  et  à  extré- 
mité très  pointue.  Doigt  mobile  à  arête  supérieure  tranchante, 
élevée  en  lame,  à  extrémité  recourbée  en  bas;  doigt  fixe  presque 
droit,  un  peu  infléchi  en  dessous  ;  bords  tranchants  des  doigts 
finement  crénelés.  Pattes  ambulatoires  courtes,  à  articles  non 
aplatis  ;  méropodites  sensiblement  épaissis  à  leur  base,  surtout 
ceux  des  2  premières  paires,  et  d'un  tiers  plus  longs  que  les 
carpopodites.  Dactylopodites  coniques,  beaucoup  plus  grêles  que 
les  propodites  et  terminés  par  une  griffe  très  longue  et  très 
pointue.  Carpopodite  de  la  dernière  paire  un  peu  dilaté  en  des- 
sus, ce  qui  lui  donne  une  forme  rhomboïdale  ;  les  deux  derniers 
articles  sont  formés  comme  aux  autres  pattes;  le  propodite, 
cependant,  garni  en  dessus  d'assez  longs  poils.  Ces  poils,  ainsi 
que  la  faible  dilatation  du  corpopodite,  indiquent  (|ue  la  der- 


CRUSTACÉS   DE    l'aRCHIPEL    MALAIS.  167 

nière  paire  de  pattes  sert  encore  comme  patte  natatoire  mais 
à  un  moindre  degré  que  chez  les  Lissocarcinus  où  le  propodite 
et  le  dactylopodite  forment  de  larges  lames  elliptiques. 

En  dessus,  la  partie  non  granulée  de  la  carapace  est  couverte 
d'une  pubescence  très  fine  et  très  courte.  Les  mains  sont  gar- 
nies de  longs  poils  dans  la  dépression  supérieure  de  leur  face 
externe  et  à  la  base  du  doigt  mobile.  Des  poils  semblables 
occupent  l'arête  supérieure  des  méropodites  des  pattes  ambula- 
toires. Ces  poils,  du  reste,  sont  mal  conservés  dans  l'unique 
individu  que  nous  avons  pu  examiner. 

Longueur  de  la  carapace  :  7;5     mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  9,25     >> 

Amboine.  1  Ç. 

Genre  Telphusa  Latr. 
TelpJmsa  soror  n.  sp. 

N'ayant  à  notre  disposition  qu'un  matériel  très  restreint  pour 
la  comparaison^  il  nous  est  impossible  de  déterminer  avec  sûreté 
les  deux  femelles  que  nous  avons  pu  observer  et  de  les  rapporter 
à  une  des  nombreuses  espèces  de  Telphusa  que  l'on  connaît. 
Nous  la  décrirons  provisoirement  sous  le  nom  de  T.  soror. 

On  aurait  pu  identifier  notre  espèce  à  la  T.  rugosa  de 
KiNGSLEY  (Proceed.  Acad.  Nat.  Se.  of  Phiiadelphia,  1880, 
p.  37),  si  cet  auteur  n'avait  pas  comparé  son  espèce  à  la  T.den- 
ticulata  Milne  Edw.  (Nouv.  Arch.  Mus.  t.  5,  p.  167,  pi.  X,  fig.  3), 
mais  T.  soror  a  beaucoup  plus  de  rapport  avec  la  T.  sinuati- 
frons  Milne  Edw.  (Nouv.  Arch.  Mus.,  t.  5,  p.  167,  pi.  X, 
fig.  2)  dont  elle  se  distingue  cependant  bien  nettement. 

La  forme  générale  de  la  carapace  est  sensiblement  la  même 
que  chez  la  T.  sinuatifrons.  Le  front  est  également  sinué   au 


168  L.    ZEHNTNER. 

milieu,  mais  ses  angles  sont  nettement  arrondis.  La  crête  post- 
frontale est  située  plus  en  arrière  que  chez  la  T.  simiatifroris . 
Il  en  est  de  même  pour  la  dent  épibranchiale.  Sur  la  ligne 
médiane  de  la  carapace  la  crête  est  interrompue  par  un  large 
sillon  longitudinal.  Des  deux  côtés  de  ce  sillon  la  crête  devient 
irrégulière  en  se  partageant  en  plusieurs  petites  crêtes  trans- 
versales ;  la  partie  irrégulière  de  la  crête  n'est  pas  limitée  en 
dehors  par  un  petit  sillon  longitudinal  comme  on  l'observe  chez 
la  T.  sinuatifrons  et  la  T.  denticulata.  Sillon  cervical  simple, 
peu  profond,  très  oblique,  formant  au  milieu  de  la  carapace  un 
angle  obtus  arrondi.  Régions  branchiales  avec  6  à  8  crêtes  fine- 
ment crénelées,  comme  on  Ta  décrit  chez  T.  rugosa.  Ces  crêtes 
se  continuent  en  dessous  sur  les  régions  ptérygostomiennes,  en 
devenant  de  plus  en  plus  irrégulières  et  très  découpées. 

La  face  supérieure  de  la  carapace,  ainsi  que  l'abdomen,  sont 
semés  de  fines  ponctuations  peu  serrées.  Ischiognathes  des  pat- 
tes-mâchoires externes  plus  grossièrement  ponctués  que  l'abdo- 
men, parcourus  par  un  sillon  longitudinal  lisse,  bien  accusé  et 
situé  plus  près  du  bord  interne  que  du  bord  externe  ;  mérogna- 
thes  tranversaux  et  en  hexagone,  à  surface  concave,  semée  de 
granules  très  espacés  ;  les  bords  relevés  et  finement  crénelés. 

Pattes  antérieures  (Ç)  de  dimensions  moyennes,  à  mains 
subégales,  lisses  et  finement  ponctuées;  le  doigt  mobile  beau- 
coup moins  gros  que  le  doigt  fixe  ;  les  deux  doigts  se  touchent 
tout  le  long  de  leurs  bords  préhensiles  qui  sont  finement  denti- 
culés  ;  les  denticules  sont  plus  petits  et  plus  pointus  que  chez 
T.  sinuatifrons  et  T.  denticulata.  Les  doigts  présentent  de 
fines  ponctuations  disposées  en  séries  longitudinales  sur  toute 
leur  longueur.  Carpopodite  et  méropodite  pourvus  à  leur  face 
externe  et  supérieure  de  stries  squamiformes  transversales; 
le  carpopodite  est  armé,  sur  son  bord  interne,  d'une  grande 
dent  triangulaire  aplatie  qui  est  suivie  en  arrière  et  eu  dessous 
de  2  à  3  petits  denticules.  Le  méropodite  a  ses  deux  arêtes 


CRUSTACÉS    DE    l' ARCHIPEL   MALAIS.  169 

inférieures  finement  et  régulièrement  granulées.  Méropodites 
(les  3  premières  paires  de  pattes  ambulatoires  granulés  sur  leur 
face  postérieure  et  sur  l'arête  supérieure.  Carpopodites  de  ces 
pattes  offrant  sur  leurs  deux  faces  une  faible  crête  séparée  de 
l'arête  supérieure  par  un  sillon  peu  profond. 

Longueur  de  la  carapace  :  27  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  36  mm. 

Ceylan.  2  Q. 

Par  ses  formes  générales,  cette  espèce  se  rapproche  à  la  T. 
planata  A.  Milne  Edw.  (Nou\^.  Arcii.  Mus.,  t.  5,  p.  18L  26, 
pi.  XI,  fig.  3).  Mais  la  T.  soror  s'en  distingue  facilement  par 
les  caractères  suivants.  La  crête  postfrontale  est  interrompue 
par  places,  au  milieu  de  la  carapace.  Le  front  s'atténue  en 
avant  et  a  des  angles  latéraux  arrondis^  tandis  qu'il  est  rectan- 
gulaire, à  angles  latéraux  droits  et  bien  accentués  chez  T. 
planata.  Les  mains  ont  un  doigt  mobile  plus  grêle.  La  dent 
située  au  bord  interne  du  carpopodite  est  aplatie  et  triangu- 
laire, tandis  qu'elle  est  plus  grêle  chez  la  T.  planata.  Enfin  le 
sillon  cervical  de  la  carapace,  quoique  très  semblable  à  celui 
delà  T. planata,  Q^t  plus  oblique  encore  que  chez  cette  espèce 
et  les  régions  branchiales  sont  très  distinctement  ridées. 

Genre  Paratelphusa  H.  Milne  Edw. 

Paratelphusa  maculata  de  Man. 
PI.  VIII,  a-.  i:{  '. 

Paratelphusa  maculata  de   Man,  Notes  ffom  tlie  Leydeu   Musenri)   l!s79  (Note 
XIX),  p.  64,  H. 

Cette  espèce  se  distingue  de  la  P.  tridentata  M.  Edw.  (Ar- 
chives du  Mus.  de  Paris,  t.  7,  p.   171,  pi.  XIII,  fig.  1)  parla 

'  La  ligure  14  se  rapporte  à  Paratelphusa  tridentata. 


170  L.    ZEHNTNER. 

carapace  plus  large,  à  bords  latéro-antérieurs  plus  longs  et 
plus  convergents  ;  ce  bord  est  bisinué  entre  la  dent  postorbitaire 
et  la  dent  suivante  (2"^®)  ;  les  2™*'  et  3"'*'  dents  sont  plus  libres 
et  séparées  du  bord  par  une  échancrure  plus  large  (comp.  tig. 
13  et  14.")  La  crête  postfrontale  transversale  aboutit  latérale- 
ment, de  telle  sorte  qu'elle  continue  le  bord  antérieur  de  la  2°^^ 
dent  {ûg.  13),  tandis  que  chez  la  P.  fridextata  (fig.  14)  cette 
crête  s'efface  sur  les  côtés  entre  la  2'"*^'  et  la  3"'^  dent.  Les 
raéropodites  de  toutes  les  pattes  sont  armés,  en  dessus,  d'une 
forte  dent  aiguë  subapicale  ;  cette  dent  se  trouve  aussi  sur  le 
méropodite  de  la  1'*^  paire  de  pattes. 

Chez  le  mâle,  les  pattes  antérieures  sont  très  inégales,  la 
main  droite  étant  la  plus  grosse.  Doigt  mobile  recourbé  dès  sa 
base,  ne  touchant  le  doigt  tixe  qu'à  l'extrême  pointe.  Bords  pré- 
hensiles des  doigts  tinement  granulés  ;  celui  du  doigt  mobile 
offrant  un  tubercule  plus  gros  à  la  base  et  un  autre  au  milieu  ; 
celui  du  doigt  fixe  avec  deux  tubercules  plus  gros  marquant  le 
l*'"  et  le  2'"®  tiers  de  la  longueur  du  doigt.  Petite  main  du  mâle 
grêle,  à  doigts  très  allongés,  droits,  se  touchant  sur  toute  leur 
longueur  et  garnis  sur  leurs  bords  préhensiles  de  petits  tuber- 
cules spiniformes  presque  égaux  entre  eux. 

La  carapace  est  semée,  en  dessus,  d'assez  fortes  ponctuations 
espacées;  elle  est  ornée,  ainsi  que  les  pattes,  de  nombreuses 
petites  taches  d'un  brun  roux. 

Longueur  de  la  carapace:         Q  27     mm.  ;  rf  30  mm. 
Largeur  de  la  carapace:  Q  36,5    *     •  rf  4:1    * 

Dell  {Sumatra.)  1  Q ,  1  ^,  pris  dans  l'eau  douce. 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MAI- AÏS.  IVl 

Groupe  CATOMETOPA 
Genre  Litocheira   Kinahan. 
Litocheira  quadrispinosa  n,  sp. 

PI.  VIII,  fig.  M  à  116. 

Carapace  presque  carrée,  plus  large  que  longue,  déprimée, 
peu  convexe,  avec  quelques  faibles  lobulations  en  avant  ;  son 
bord  postérieur  très  large,  les  bords  latéro-postérieurs  très 
faiblement  arqués  et  légèrement  convergents  en  arrière  ;  bords 
latéro-antérieurs  courts,  à  peine  convergents  en  avant  et 
armés  en  arrière  de  l'angle  externe  de  l'orbite  de  deux  épines 
acérées  dirigées  directement  en  avant  et  dont  l'antérieure  est 
la  plus  longue.  Front  ayant  un  tiers  de  la  largeur  de  la  cara- 
pace, séparé  en  deux  lobes  par  un  sillon  longitudinal  médian, 
son  bord  peu  rabattu  et  pourvu  d'un  large  ourlet.  Orbites  très 
grandes,  occupant  chacune  presque  le  tiers  de  la  largeur  de. la 
carapace;  leur  angle  externe  est  vif  mais  non  prolongé  en  épine; 
le  bord  inférieur  entiei".  Pattes-mâchoires  externes  laissant  un 
espace  considérable  entre  leurs  bords  internes  ;  ischiognathe  à 
bords  droits,  formant  presque  un  parallélogramme  ;  mérognathe 
transversal,  à  bord  interne  un  peu  saillant,  à  angle  antéro- 
interne  distinctement  échancré  ;  les  trois  articles  suivants  assez 
gros,  cylindriques.  Article  basilaire  des  antennes  externes  co- 
nique, presque  libre,  n'atteignant  pas  le  front.  Le  flagellum  de 
l'antenne  est  robuste,  aussi  long  que  la  carapace,  et  chacun  de 
ses  articles  est  garni  de  deux  longs  poils. 

Pattes  antérieures  égales  des  deux  côtés,  courtes  et  peu 
fortes.  Ischiopodite  armé  vers  l'extrémité  de  leur  bord  antérieur 
de  3  spinules  aiguës  ;  méropodite  dépassant  peu  la  carapace, 
trilatéral,  son  bord  antérieur  garni  de  2  à  3  spinules;  carpopo- 
dite  ayant  environ  7,  de  la  longueur  du  méropodite,  arrondi  en 


172  L.    ZEHNTNER, 

dehors  et  en  dessus,  armé  à  son  angle  antéro-interne  d'une  dent 
triangulaire  pointue  ;  cette  dent  dirigée  directement  en  avant  et 
formant  avec  le  bord  interne  de  l'article  une  ligne  droite.  Main 
(fig.  llh)  petite,  médiocrement  longue,  comprimée,  mais  à  arêtes 
inférieures  et  supérieures  arrondies  ;  portion  palmaire  fortement 
rétrécie  à  la  base,  à  face  externe  subgranulée.  Doigts  aussi 
longs  que  la  portion  palmaire,  à  extrémité  pointue,  les  deux 
pointes  se  croisant.  Bords  préhensiles  découpés  en  plusieurs 
dents  aiguës  de  telle  sorte  que  les  dents  du  doigt  fixe  alternent 
avec  celles  du  doigt  mobile.  Celui-ci  est  plus  faible  que  le  doigt 
fixe,  recourbé  légèrement  à  partir  de  sa  base  et  plus  fortement 
à  l'extrémité  ;  en  dessus  il  est  parcouru  par  un  faible  sillon 
longitudinal.  Un  sillon  semblable  parcourt  le  doigt  fixe  en 
dessous. 

Pattes  ambulatoires  longues  et  grêles,  à  articles  un  peu  apla- 
tis. La  première  paire  est  la  plus  faible  et  la  plus  courte,  les 
2*^  et  3^  sont  les  plus  longues  et  un  peu  plus  fortes.  Les  méro- 
podites  ne  sont  pas  beaucoup  plus  forts  que  les  autres  articles 
et  deux  fois  plus  longs  que  les  carpopodites;  ceux-ci  sont  moins 
longs  et  plus  grêles  que  les  propodites,  qui  à  leur  tour  sont  à 
peine  aussi  longs  que  les  dactylopodites  ;  ces  derniers  très  grêles, 
pointus,  avec  un  ongle  conique  et  transparent.  Méropodites  des 
trois  premières  paires  armés  en  dessus  de  quelques  spinules, 
dont  l'une  est  subapicale,  et  de  2  ou  3  spinules  au  bord  inféro- 
postérieur;  les  autres  articles  inermes. 

Toute  la  carapace  est  revêtue  d'un  duvet  très  court  et  très 
fin,  entremêlé  de  longs  poils  peu  nombreux.  Les  pattes  sont 
pourvues  de  poils  fins  très  nombreux  et  très  longs,  surtout  sur 
les  mains  et  sur-  les  trois  derniers  articles  des  pattes  ambula- 
toires. 

Cette  espèce  a  une  couleur  jaune  grisâtre  avec  une  bande 
irrégulière  le  long  des  bords  latéraux  et  une  autre  bande  post- 
frontale, transversale  et  en  demi-cercle,  d'un  brun  roux  ;  le  fla- 
gellum  des  antennes  externes  est  de  la  même  couleur. 


CRUSTACES   DE    L  ARCHIPEL   MALAIS.  \Tà 

Longueur  de  la  carapace  :  3,8  mrn. 

Largeur  de  la  carapace  :  5  mm. 

Amboine.  1  Q . 

Genre  Ceratoplax  Stimpson. 
Ceratoplax  villosa  n.  sp. 

PI.  VII,  lig.  8  à  8/;. 

Voisin  de  C.  ciliata  Stimpson  (comp.  Miers,  Voi/.  ofH.  M.  S. 
«  Challenger  »,  t.  17.  Report  on  the  Brachyura.  p.  234, 
pi.  19,  fig.  3).  Carapace  transversale,  à  bords  latéro-postérieurs 
droits  ou  subarqués  et  convergeant  en  arrière;  bords  latéro- 
antérieurs  arqués,  pourvus  de  deux  petites  dents.  Front  faible- 
ment infléchi,  à  bord  antérieur  droit  et  très  légèrement  échan- 
cré  au  milieu,  sa  largeur  ayant  le  tiers  de  la  largeur  de  la 
carapace.  Orbites  bien  formées,  logeant  des  yeux  libres  et 
mobiles  à  pédoncules  cylindriques;  cornée  petite.  Pattes-mâchoi- 
res externes  (fig.  8a)  différant  de  celles  des  autres  espèces  de 
ce  genre  en  ce  que  les  mérognathes  ont  leur  angle  antéro- 
externe  à  peine  élargi.  Ces  mérognathes  sont  aussi  larges  que 
longs  et  ont  les  deux  tiers  de  la  longueur  des  ischiognathes  ; 
leur  angle  antéro-interne  est  échancré. 

Pattes  antérieures  de  dimensions  moyennes  (celle  du  côté  droit 
manque);  leur  raéropodite  n'offre  rien  de  remarquable;  carpopo- 
dite  gros,  à  face  externe  fortement  convexe,  son  bord  interne- 
supérieur  dilaté  en  forme  de  dent  triangulaire.  Main  assez  for- 
tement comprimée,  mais  à  arêtes  arrondies  ;  la  portion  palmaire 
est  très  rétrécie  à  sa  base,  et  sa  face  externe  est  parcourue  à 
mi-hauteur  par  un  large  sillon  longitudinal.  Doigts  moins  longs 
que  la  portion  palmaire,  presque  de  même  grosseur  ;  le  doigt 
mobile  est  cependant  un  peu  plus  grêle.  Leurs  bords  préhensiles 
sont  découpés  en  dents  triangulaires  ;  l'extrémité  est  nettement 


174  L.    ZEHNTNER. 

recourbée  et  très  pointue.  On  trouve  sur  les  doigts  des  sillons 
longitudinaux.  Pattes  ambulatoires  assez  longues  et  assez  robus- 
tes, à  articles  comprimés,  surtout  en  ce  qui  concerne  les  méro- 
podites;  ceux-ci  sont  aussi  longs  que  les  deux  articles  suivants; 
les  carpopodites  sont  peu  rétrécis  à  leur  base,  un  peu  moins 
longs  que  les  propodites,  qui  sont  assez  élargis  et  atteignent  la 
longueur  des  dactylopodites  ;  ces  derniers  paraissent  être  moins 
grêles  que  chez  l'espèce  figurée  par  Miers  (1.  c). 

Tout  le  corps  de  ce  Crustacé  est  revêtu  d'une  villosité  lai- 
neuse, grossière,  frisée  et  très  abondante. 

Longueur  de  la  carapace  :  2,75  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  3,25  mm. 

Amhoine.  1  q*. 

Par  son  faciès  ce  Crustacé  rentre  parfaitement  dans  le  genre 
Geratoplax;  la  seule  différence  qui  semble  l'éloigner  de  ce  genre 
(qui  ne  nous  est  connu  que  par  les  descriptions)  c'est  que  le 
niérognathe  des  pattes-mâchoires  externes  n'est  pas  élargi  en 
avant  et  en  dehors  à  son  angle  antéro -externe.  Notre  espèce 
se  rapproche  beaucoup  de  C.  ciliata  Stimpson,  mais  s'en  dis- 
tingue facilement  par  les  bords  latéro-antérieurs  de  la  carapace 
qui  sont  bidentés,  par  les  bords  latéro-postérieurs  convergeant 
en  arrière,  par  le  carpopodite  des  pattes  antérieures  plus  forte- 
ment élargi  au  bord  interne  supérieur,  par  la  main  plus  forte- 
ment comprimée,  à  doigts  plus  courts  et  pourvus  de  dents  plus 
aiguës  sur  leurs  bords  préhensiles.  La  face  externe  des  mains 
paraît  entièrement  lisse  chez  notre  espèce  et  les  méropodi- 
tes  des  pattes  ambulatoires  sont  plus  élargis.  Enfin  la  villo- 
sité de  la  carapace  est  plus  abondante  que  chez  aucune  des 
espèces  rapportées  au  genre  Geratoplax. 

Geratoplax  leptocheUs  n.  sp. 

PI.  VII,  fig.  9  à  \)b. 

La  carapace,  qui  est  transversale,  a  un  contour  trapézoïdal 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL    MALAIS.  175 

si  l'on  fait  abstraction  du  front.  Sa  surface  est  lisse,  mais  faible- 
ment partagée  en  champs  distincts  par  des  sillons  peu  profonds, 
surtout  dans  la  partie  antérieure  de  la  carapace.  Front  avancé, 
ayant  le  tiers  de  la  largeur  de  la  carapace,  à  bord  antérieur 
rabattu^  de  sorte  qu'il  forme  une  voûte  au-dessus  des  anten- 
nes internes.  Vu  par  devant,  le  bord  antérieur  forme  un  angle 
très  obtus  au  milieu;  il  est  sinué  sur  les  côtés.  Vu  par  dessus  il 
est  sinué  au  milieu  et  partagé  par  un  sillon  longitudinal,  limité 
latéralement  par  le  sillon  sourciller.  Les  orbites  sont  très 
grandes,  très  ouvertes  en  dehors,  laissant  les  j^eux  en  grande 
partie  à  découvert  ;  bord  sourciller  entier,  ainsi  que  le  bord 
inférieur.  Yeux  grands,  peu  mobiles,  à  cornée  fortement  bombée 
et  bien  formée.  Bords  latéro-antérieurs  de  la  carapace  courts, 
fortement  convergents  en  avant,  partagés  eu  trois  parties 
qui  ont  la  forme  de  mamelons  et  dont  l'antérieure,  occupant 
l'angle  postorbitaire,  est  peu  prononcée.  Les  deux  partie^  posté- 
rieures sont  coniques  et  très  bien  marqués  ' .  Bords  latéro-pos- 
térieurs  tout  droits,  convergeant  en  arrière  et  plus  longs  d'un 
tiers  que  les  bords  latéro-antérieurs  ;  bord  postérieur  deux  fois 
aussi  large  que  le  front,  bisinué.  Article  basilaire  des  antennes 
externes  presque  cylindrique,  se  prolongeant  dans  le  hiatus  de 
l'orbite  ;  son  flagellum  est  fort  et  presque  aussi  long  que  la  cara- 
pace ;  chaque  article  est  muni  de  deux  longs  poils,  Ischiognathe 
des  pattes-mâchoires  externes  plus  long  que  large,  en  forme 
de  parallélogramme,  son  bord  antérieur  étant  oblique  et  son 
bord  antéro-interne  un  peu  proéminent.  Mérognathe  moins 
large  que  l'ischiognathe,  aussi  large  que  long,  rhomboïdal,  por- 
tant l'article  suivant  sur  son  sommet  et  un  peu  en  dedans.  L'ab- 
domen ((^f  )  occupe  à  sa  base  toute  la  largeur  du  sternum  ;  il  est 
composé  de  7  articles,  dont  les  2  premiers  sont  assez  étroits  ;  le 
3«  est  notablement  plus  large,  et  ses  angles  basilaires  font  saillie 

'  Dans  la  figure  9,  le  2e  mamelon  est  un  peu  trop  saillant. 


176  L.    ZEHNTXER. 

au  delà  du  bord  postérieur  de  rarticle  précédent  ;  les  articles 
4  à  7  s'atténuent  graduellement. 

Pattes  antérieures  très  faibles  et  très  grêles,  égales  des  deux 
côtés;  leur  méropodite  cylindrique,  dépassant  peu  la  carapace, 
ne  porte  ni  épines  ni  tubercules  Carpopodite  cylindrique,  lisse, 
ayant  la  moitié  de  la  longueur  du  méropodite  et  au  moins  aussi 
long  que  la  portion  palmaire  de  la  main.  Main  grêle,  non  com- 
primée, lisse;  doigts  très  longs  et  grêles,  plus  longs  que  la  por- 
tion palmaire,  légèrement  recourbés  en  dedans,  se  croisant  à 
leurs  extrémités  qui  sont  recourbées  l'une  contre  l'autre.  Les 
bords  préhensiles  laissent  un  espace  lancéolé  entre  eux  et  sont 
armés  de  8  à  10  spinules  dentiformes  dirigées  en  arrière. 

Pattes  ambulatoires  beaucoup  plus  fortes  et  beaucoup  plus 
longues  que  les  pattes  antérieures,  augmentant  en  longueur  de 
la  1"  à  la  3'"%  la  4"^^  tenant  le  milieu  entre  la  1^'  et  la  2™^  Les 
articles  sont  lisses,  comprimés  ;  méropodites  de  la  2°*^  à  la  4™« 
paire  assez  élargis  ainsi  que  les  propodites  de  ces  pattes  ;  dacty- 
lopodites  grêles,  styliformes,  à  ongle  presque  droit,  transparent. 

La  couleur  de  ce  Crustacé  est  un  jaune  blanchâtre  uniforme. 
Le  flagellum  des  antennes  externes  et  une  ligne  longitudinale 
irrégulière  située  sur  les  régions  hépatiques,  sont  rougeâtres. 

Tout  le  corps  est  revêtu  d'un  duvet  très  court  de  la  couleur 
générale  du  corps.  On  observe  en  outre  sur  le  front,  sur  les 
sternites,  sur  l'abdomen  et  sur  les  pattes  ambulatoires  (en  parti- 
culier sur  les  3  articles  basilaires)  une  pubescence  laineuse 
composée  de  poils  très  forts,  frisés  et  souvent  un  peu  épaissis 
à  l'extrémité.  Les  pattes  antérieures  sont  presque  nues  ou  n'ont 
que  des  poils  très  fins  et  très  clairsemés,  visibles  seulement  à 
Taide  d'une  forte  loupe. 

Longueur  de  la  carapace:  3  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  4     - 

Amboine.    1  çj'. 


CRUSTACÉS  DE   l' ARCHIPEL    MALAIS.  177 

Genre  ^Myctiris  Latr. 
Myctiris  hrevidadylus  Stimpson. 

PI.  VIII,  fig.  21  et  21fl  \ 

Myctiris  brevidactylus  Stimpson,   Proceed.  of  the  Acad.  of  Natural  Sciences  of 
Philadelphia,  1838,  p.  99. 

Carapace  proportionnellement  plus  large  que  chez  M.  longi- 
carjMS,  à  régions  branchiales  plus  bombées  et  plus  rugueuses. 
Le  reste  de  la  carapace  est  lisse,  mais  semé  de  granulations  dis- 
tinctes très  espacées,  tandis  que  chez  M.  longicarpus  ces  granu- 
lations sont  plus  fines  et  très  denses.  Front  moins  fortement 
infléchi  que  chez  31.  longicarpus^  plus  large  et  moins  long 
(comp.  pi.  VIII,  fig.  21  et  22),  non  élargi  aux  angles  latéraux, 
ses  bords  latéraux  étant  presque  parallèles  en  avant  ;  le  lobe 
médian  est  étroit,  à  bords  fortement  sinués  sur  toute  leur  lon- 
gueur. Chez  M.  longicarpus  le  front  est  plus  long  et  moins  large, 
un  peu  élargi  aux  angles  latéraux  ;  le  lobe  médian  en  triangle 
obtus,  à  bords  un  peu  arqués  aux  angles  latéraux,  très  faible- 
ment sinués  au  milieu.  Les  yeux  du  M.  longicarpus  sont  au 
moins  deux  fois  plus  grands  que  ceux  du  M.  brevidactylus. 
Enfin  les  pattes  antérieures  (comp.  pi.  VIII,  fig.  21a  et  22a) 
fournissent  des  caractères  assez  importants.  Elles  sont  moins 
longues  chez  l'espèce  de  Stdipsox  ;  leurs  articles  sont  plus 
larges,  surtout  le  carpopodite  et  la  portion  palmaire  de  la  main; 
les  doigts  de  la  main  sont  plus  recourbés  en  dedans,  sensible- 
ment moins  longs  que  chez  M.  longicarpus  et  le  doigt  mobile 
n'offre  qu'une  faible  trace  de  la  dent  triangulaire  qu'on  observe 
chez  l'espèce  de  Milne  Edwards.  Le  dactylopodite  de  la  der- 
nière paire  de  pattes  ambulatoires  est  recourbé  en  haut  à  son 
extrémité. 

^  Les  figures  22  et  22a  se  rapportent  à  Myctiris  longicarpus. 

Rev.  SnssE  DE  ZooL.,  T.  IL  1894.  12 


178 

Longueur  de  la  carapace 
Largeur  de  la  carapace  : 
Largeur  du  front  : 
Largeur  de  la  main  : 
Longueur  de  la  portion  palmaire 
Longueur  du  doigt  mobile 

Amboine.  De  nombreux  individus 


L.    ZEHXTNER. 

brevidactylus 

long)  car  pus 

17       mm. 

24,5    mm 

15 

19,25    » 

2,25     . 

2,75    * 

6,2       * 

6,5      » 

Imaire  : 

7 

7 

: 

8,2       » 

11,5      » 

Genre  Ocypoda  Fabr. 
Ocypoda  ceratophthalma  Pallas. 
Amboine.  2  rj' . 

Ocypoda  cordimana  Latr. 
Amboine.  1  (^f ,  petit  individu. 

Genre  Gelasimus  Latr. 
Gelasimus  annulipes  Latr. 

Gelasimus  annulipes  de  Man,  Archiv   fiir  >îaturgescli.  1887,  p.    353.    110   (et 
synon.). 

L'unique  individu  que  nous  pouvons  rapporter  à  cette  espèce  a 
la  grosse  main  presque  lisse,  finement  grenue  lorsqu'on  la  regarde 
à  la  loupe.  Le  doigt  mobile  est  au  moins  d'un  tiers  plus  large 
que  le  doigt  fixe,  à  pointe  aiguë  et  recourbée,  son  bord  préhen- 
sile finement  granulé,  offrant  3  tubercules  un  peu  plus  grands 
que  les  autres  ;  le  doigt  fixe  a  son  extrémité  tronquée  oblique- 
ment à  cause  d'un  tubercule  subapical;  un  tubercule  plus  grand 
est  placé  un  peu  avant  le  milieu  du  bord  préhensile  et  un  3^  se 
trouve  tout  à  fait  à  la  base. 

Amboine.  1  (J. 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS.  179 

La  collection  que  nous  avons  sous  les  yeux  renferme  une 
petite  femelle  d'un  Gelasimus  qu'il  nous  est  impossible  de 
déterminer  avec  sûreté.  Par  son  faciès,  ce  Crustacé  se  rap- 
proche beaucoup  de  G.  amiuUpes  et  de  G.  cMoropMhalmus , 
espèces  qui  ne  nous  paraissent  pas  être  bien  distinctes  l'une  de 
l'autre.  Le  matériel  que  nous  avons  pu  examiner  au  Musée  de 
Genève  nous  porte  à  croire  que  les  caractères  distinctifs  établis 
par  HiLGENDORF  (Monatsber.  Acad.  Berlin,  1878,  pp.  804  et 
805)  sont  variables  et  nécessitent  une  re vision  (|es  espèces. 
L'individu  que  nous  avons  observé  concorde  avec  G.  annuUpes 
par  son  bord  sourciller,  qui  est  double  sur  plus  de  sa  moitié 
interne,  par  le  bord  inférieur  de  l'orbite,  qui  est  arqué,  et  par  le 
sillon  frontal  bien  accusé.  Il  concorde'  avec  le  G.  clilorophthal- 
mus  par  sa  carapace  fortement  bombée,  par  les  bords  inférieurs 
et  supérieurs  de  l'orbite  qui  se  rencontrent  en  formant  un  angle, 
et  par  la  dent  épibranchiale  dirigée  plutôt  en  avant  qu'en 
dehors.  En  outre,  toute  la  carapace  en  dessus  et  les  régions 
ptérygostomiennes  sont  couvertes  de  fines  granulations  très 
denses,  tandis  que  la  carapace  est  lisse  ou  finement  ponctuée 
chez  les  espèces  citées.  La  coloration  est  assez  remarqua- 
ble. Le  corps  est  d'un  jaune  verdàtre  et  les  pattes  antérieures 
d'un  violet  foncé,  sauf  la  main  qui  est  orangée.  Les  méropodites 
des  trois  premières  paires  de  pattes  ambulatoires  sont  d'un 
jaune  orangé  avec  la  base  violacée;  les  trois  derniers  articles 
de  ces  pattes,  ainsi  que  la  dernière  paire  de  pattes,  sont  entière- 
ment violets  ;  les  dactylopodites  seuls  sont  jaunâtres  à  leur 
extrémité. 

Longueur  de  la  carapace  :  8,75  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  13,5  mm. 

Jndes  néerlandaises. .]  Ç. 


180  L.    ZEHNTNER. 


Gelashnus  forcipatus  White. 

Gelasimus  forcipatus  Kingsley,  Proc.  Acad.  >'at.  Se.  Philadelphia  1880,  p.  142, 
pi.  IX,  lig.  9  (et  .synon.). 

Le  Crustacé  que  nous  rapportons  à  cette  espèce  diffère  des 
individus  figurés  par  Kingsley  (1.  c.)  et  A.  Milne  Edwards 
(Nouv.  Arch.  Mus.,  t.  9,  pi.  12,  fig.  4)  en  ce  que  l'extrémité  du 
doigt  fixe  est  tronquée  de  la  même  manière  que  le  doigt  mobile. 
La  partie  tronquée  ressemble  à  celle  qu'on  observe  dans  la  figure 
donnée  par  Kingsley.  Le  bord  supérieur  du  doigt  mobile  est 
convexe  sur  toute  sa  longueur  et  non  sinué  à  la  base  comme  on  le 
voit  dans  la  figure  représentée  par  Milne  Edwards.  De  plus,  le 
tubercule  situé  au  milieu  du  bord  préhensile  du  doigt  fixe  est 
beaucoup  plus  prononcé  que  dans  les  figures  citées.  La  face 
interne  de  la  main  offre  un  sillon  profond  un  peu  recourbé  en  S 
et  situé  à  la  base  du  doigt  fixe. 

Longueur  de  la  carapace  :  14     mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  24,5  mm. 

Amhoine.  1  cf. 

Genre  Sesarma  Say. 
Sesarma  Edwardsii  de  Man  ;  var.  crassimana  de  Man. 

Sesarma  Edwardsii,  var.  crasaimana  de  Man.  Journal  of  the  Linnean  Society  of 
London,  t.  22  (1888),  p.  188.  102a,  pi.  XIII,  fig.  o  et  6. 

L'unique  mâle  que  nous  pouvons  rapporter  à  cette  variété 
présente  les  caractères  suivants.  Les  bords  latéraux  de  la  cara- 
pace n'ont  qu'une  seule  dent  derrière  la  dent  postorbitaire  ;  il 
n'y  a  pas  de  traces  de  la  2*  dent.  Les  régions  de  la  carapace 
sont  encore  mieux  indiquées  que  chez  les  individus  décrits  par 
DE  Man  ;  la  région  génitale  est  partagée  par  un  fort  sillon  trans- 


CRUSTACÉS   DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  181 

versai  et  la  région  cardiaque  est  très  bien  limitée  latéralement. 
L'abdomen  est  encore  plus  étroit  que  chez  les  individus  de  la 
forme  typique  et  la  dernière  paire  de  pattes  ambulatoires  est 
beaucoup  plus  petite  que  la  précédente,  son  méropodite  n'ayant 
que  les  deux  tiers  de  la  longueur  et  la  moitié  de  la  largeur  du 
méropodite  de  l'avant-dernière  paire. 

Longueur  de  la  carapace  :  12       mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  14,25  mm. 

Largeur  du  front  :  8,2    mm. 

Sarawak  {Bornéo).  1  çj'  pris  dans  l'eau  douce. 

Sesarma  Edwardsii,  var.  lœvimana  n.  var. 

Nous  désignons  sous  ce  nom  une  petite  série  de  Crustacés  de 
différentes  tailles,  offrant  tout  à  fait  les  formes  de  la  S.  Edwardsii, 
mais  s'en  distinguant  par  la  sculpture  de  la  carapace  et  des 
pattes  antérieures.  La  carapace  est  garnie,  en  dessus,  de  rares 
ponctuations  assez,  grosses,  qui  semblent  être  piligères  à  l'état 
frais.  Or  chez  S.  Edivardsii  (au  moins  chez  l'individu  que  nous 
rapportons  à  la  variété  crassimana)  ces  ponctuations  sont  plus 
fortes  et  les  espaces  qui  les  séparent  sont  recouverts  d'une 
ponctuation  plus  fine  et  très  serrée.  Dans  la  var.  lœvimana,  les 
espaces  situés  entre  les  grosses  ponctuations  sont,  ou  bien  tout 
à  fait  lisses,  ou  bien  semés  de  très  fines  ponctuations  à  peine 
visibles  à  la  loupe.  La  différence  est  plus  frappante  chez  les 
grands  individus  que  chez  les  petits.  En  outre,  les  pattes  anté- 
rieures sont  inégales  chez  les  individus  appartenant  à  la  var. 
lœvimana;  la  portion  palmaire  des  mains  est  lisse,  ponctuée, 
non  garnie  de  tubercules  aigus  comme  on  l'observe  chez  la  forme 
typique,  et  le  bord  supérieur  de  cette  partie  de  la  main  est  sur- 
monté d'une  crête  peu  saillante. 

Chez  le  plus  grand  individu,  portant  l'étiquette  :   «  Indes 


182  L.    ZEHNTNER. 

néerlandaises  »,  les  pattes  sont  fortement  inégales;  la  grosse 
main  est  aussi  haute  que  chez  S.  Edwardsii;  sur  la  face 
externe,  les  ponctuations  deviennent  un  peu  écailleuses  dans  la 
partie  inférieure  et  le  doigt  mobile  est  garni  en  dessus  de  quel- 
ques granules.  Chez  les  individus  provenant  de  Sarawak,  les 
mains  sont  moins  inégales,  moins  hautes;  les  doigts  par  consé- 
quent sont  plus  longs  en  proportion;  la  face  externe  des  mains 
est  simplement  ponctuée  ;  doigt  mobile  non  granulé  en  dessus. 

L'abdomen  de  cette  variété  est  encore  moins  large  que  celui 
de  la  var.  crasshnana. 

Le  mâle  sans  patrie  précise  offre  les  mesures  suivantes  : 

Longueur  de  la  carapace  :  17,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  20,5  mm. 

Largeur  du  front  :  12  mm. 

Le  plus  grand  individu  de  Sarawak,  qui  a  malheureusement 
perdu  ses  pattes  antérieures,  offre  ces  mesures  : 

Longueur  de  la  carapace  :  15,25  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  17,25  mm. 

Largeur  du  front  :  10,25  mm. 

Indes    néedamlaises.   Sarawak  (Bornéo),  eau  douce.  4  ç^, 

1  9- 

Sesarma  Bocourti  A.  Milne  Edw. 

Sesarma  Bocourti  Milne  Edwards,  Nouv.  Arcli.  Mm.,  t.  .'i,  Bulletin,  p.  28.  7. 
Sesartaa   cheirjgon'i   Targioni    Tozzetti,  Grostacei    del    Viaggo  délia   Magenia, 
|).  141,  pi.  IX,  fi!,'.  2.  a-g. 

L'unique  individu  que  nous  rapportons  à  cette  espèce  fort 
remarquable  répond  bien  à  la  description  et  aux  figures  qu'en 
donne  Targioni  Tozzetti  (1.  c),  sauf  la  main,  qui  est  beaucoup 
plus  fortement  comprimée  et  à  face  externe  concave;  le  bord 
inférieur  de  la  main  est  sinué  au  milieu  et  forme  avec  le  bord 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS.  183 

postérieur  de  la  portion  palmaire  un  angle  assez  vif,  un  peu 
plus  ouvert  que  l'angle  droit;  cette  partie  de  la  main  n'est  pas 
arrondie,  mais  forme  les  trois  faces  d'un  tétraèdre.  Le  doigt 
mobile  n'est  pas  régulièrement  recourbé  à  partir  de  sa  base, 
mais  brusquement  infléchi  à  son  premier  tiers  basai.  Toutes  ces 
différences  tiennent  probablement  à  ce  que  notre  individu  est 
plus  grand  que  celui  figuré  par  Targioni  Tozzetti.  Comme  le 
dit  cet  auteur,  les  méropodites  sont  munis  en  dessus  d'une  dent 
subapicale. 

Longueur  de  la  carapace  :  25,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  30  mm. 

Largeur  du  front  :  16  mm. 

Sarawak  (Bornéo).  1  q*. 

Groupe  OXYSTOMATA. 

Genre  Matuta  Fabr. 

Matuta  victrix,  var.  crehrepunctata  Miers. 

Matuta  victrix  Fabr.  var.  crebepunctata  Miers,  Truns.  Linn.  Soc.  Lond.  (Zool) 
(2)  t.  1,  p.  244,  pi.  39,  fig.  4. 

Amboine.  1  (^. 

Matuta  hanksii  Leach. 

PL  VIII,  fig.  lo. 
Matuta  banksii  de  Mail,  Archiv  fiir  Naturgesch.  iS87,  p.  389  (et  syiiun.). 

Chez  cette  espèce,  le  grand  champ  de  stridulation  sur  la  face 
interne  de  la  main  est  un  peu  différent  de  celui  des  espèces  voi- 
sines. Il  a  la  forme  d'une  demi-ellipse  pins  large  que  haute,  qui 
est  parcourue  par  7  rides  presque  parallèles  au  bord  inférieur 
de  la  main.  Chez  M.  victrix,  ce  champ  est  plus  haut  que  large, 


184  L.    ZEHNTNER. 

presque  elliptique,  et  les  rides  le  parcourent  plus  obliquement. 
Amboine.  2  Ç,  4  q*. 

Sous-ordre  ANOMURA 

Groupe  HIPPIDEA 

Ce  groupe  n'est  représenté,  dans  la  collection  qui  nous 
occupe,  que  par  une  seule  espèce,  à  savoir  : 

Remipes  testiidinarius  H.   Milne  Edw. 
Amboine.  1  individu. 

Groupe  GALATHEIDEA. 

Genre   Galathea  Fabr. 

Galatliea  elegans  White. 

Gffl/a(/iea  e%ans  Henderson,    Voyage  of  H.  M.  S.  «  Challenger  »,  t.  17,  Report 
OH  the  Anomura,  p.  H7  (et  synon.). 

Nous  avons  pu  examiner  3  individus  de  cette  espèce.  Le  plus 
grand,  qui  a  6,5  mm.  de  longueur,  est  orné  de  ces  bandes  longi- 
tudinales blanches  et  pourprées  si  caractéristiques  pour  cette 
espèce.  On  doit  noter  que  les  dactylopodites  des  pattes  ambu- 
latoires sont  armés,  sur  leur  bord  inférieur,  de  3  ou  4  spinules 
placées  verticalement  sur  le  bord. 

Amboine. 

Genre  PoLYOînnx  Stimpson. 
Polyonyx  tuberculosus  de  Man. 

Porceltana  (Polyonyx)  sp.  {tuberculosa  dans  le  texte)  de  Man,  Archiv  fiir  Natur- 

geschichte  1887,  p.  424.  pi.  XIX,  tig.  1. 
'?  Polyonyx   tuberculosus  Henderson,    Transact.    Linn.    Soc.   of    London    1893, 

p.  431. 

Espèce  très  voisine  du  Polyonyx  biunguiculata  Dana  (  Unit. 


CRUSTACÉS   DE    l' ARCHIPEL   MALAIS.  185 

Stat.  Explor.  Exped.,  CrusL,  t.  1,  p.  4 11,  pi.  26,  fig.  l)dont  elle 
se  distingue  surtout  par  la  sculpture  des  pattes  antérieures.  La 
face  externe  des  mains  est  très  grossièrement  ponctuée,  un  peu 
verruqueuse,  et  offre  en  outre  à  la  base  du  doigt  fixe  quelques 
gros  tubercules  arrondis.  Les  ponctuations  de  la  main  s'éten- 
dent aussi  sur  les  doi^fts.  Le  bord  inférieur  de  la  main  est  longé 
par  un  sillon  assez  fort  se  continuant  sur  le  doigt  fixe,  d'où 
résulte  que  ce  bord  parait  nettement  ourlé.  Chez  la  femelle  — 
qui  seule  était  connue  de  de  Man  —  le  bord  inférieur  du  doigt 
fixe  et  le  bord  supérieur  de  l'extrémité  du  doigt  mobile  sont 
finement  denticulés  et  les  doigts  se  touchent  sur  tout  leur  bord 
préhensile.  Chez  les  mâles,  ces  caractères  ne  se  trouvent  que 
sur  la  petite  main,  tandis  que  la  grande  a  tout  à  fait  la  forme 
de  celle  du  P.  hiunguiculatus  (comp.  fig.  16  de  Dana,  1.  c).  Les 
dactylopodites  des  pattes  ambulatoires  ne  diffèrent  guère  de  ceux 
du  P.  hiunguiculatus  (1.  c.  fig.  \d).  Ils  sont  terminés  par  une 
double  griffe.  La  griffe  inférieure  est  un  peu  moins  longue  que 
la  supérieure  et  elle  est  suivie  en  arrière  de  deux  petites  épines, 
qui  semblent  avoir  échappé  à  de  Man.  Comme  elles  ont  été 
repoussées  un  peu  sur  la  face  postérieure  des  dactylopodites,  on 
les  voit  seulement  en  regardant  l'article  par  sa  face  postérieure 
et  de  dessus. 

Longueur  de  la  carapace  :  4,8    mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  5,25  mm. 

Amboine.  4  (^. 

Les  Crustacés  décrits  par  Henderson  (1.  c,  p.  431)  et  ra])- 
portés  avec  doute  au  P.  ttiherculosus,  semblent  différer  de  cette 
espèce  par  les  tubercules  qui  se  trouvent  sur  la  face  supérieure 
de  la  main  et  des  carpopodites  des  pattes  antérieures. 

Polyonyx  triunguiculatus  n.  sp. 
L;i  carapace  de  cette  espèce  est  beaucoup  plus  large   que 


186  h.    ZEHNTNER. 

longue,  à  surface  lisse  et  luisante  et  semée  de  ponctuations 
obsolètes.  Les  bords  latéraux  sont  très  peu  arqués  et  faiblement 
ridés  en  travers  comme  le  front.  Celui-ci  est  fortement  rabattu, 
trilobé,  avec  le  lobe  médian  étroit,  aigu,  et  dépassant  notabh;- 
ment  les  lobes  latéraux  qui  sont  de  forme  triangulaire. 

Les  pattes  antérieures  de  la  femelle  sont  égales  des  deux 
côtés,  à  articles  fortement  ponctués,  sauf  sur  la  face  interne, 
mais  dépourvus  de  granulations.  Le  méropodite  est  très  court  ; 
il  est  dilaté  sur  son  bord  supérieur-interne  en  forme  de  lobe 
arrondi,  et  porte  sur  sa  face  interne  une  petite  épine,  qui  est 
située  près  du  bord  inférieur  du  méropodite.  Le  carpopodite  n'a 
que  les  deux  tiers  de  la  largeur  de  la  carapace.  De  même  que 
le  méropodite,  il  est  dilaté  sur  son  bord  supérieur-interne.  Les 
mains  sont  de  grandeur  moyenne,  à  peine  plus  grosses  que  les 
carpopodites.  L'arête  inféi-ieure  de  la  portion  palmaire  est  mar- 
quée d'une  ligne  lisse  et  élevée  qui  se  continue  jusqu'à  Textré- 
mité  du  doigt  fixe.  Sur  la  face  interne  de  la  main,  on  observe 
une  petite  carène  longitudinale  qui  est  placée  au-dessous  du 
milieu  de  la  main  et  s'arrête  avant  d'atteindre  la  base  du  doigt 
fixe.  Les  doigts  se  croisent  à  leur  extrémité,  où  ils  sont  forte- 
ment recourbés  et  brusquement  rétrécis.  Les  bords  préhensiles 
sont  tranchants,  finement  crénelés  et  n'offrent  ni  tubercules  ni 
saillies  triangulaires,  de  sorte  qu'ils  se  touchent  sur  toute  leur 
longueur.  Le  doigt  mobile  est  plus  grêle  et  plus  long  que  le 
doigt  fixe  et  son  bord  supérieur  est  marqué  par  une  petite  crête 
lisse.  Les  dactylopodites  des  pattes  ambulatoires  se  terminent 
par  2  grandes  griffes  dont  la  supérieure  est  la  plus  longue  et  la 
plus  grêle.  On  trouve  en  outre  une  épine  très  petite  placée  à 
la  base  de  la  2"  griffe  et  un  peu  repoussée  sur  la  face  postérieure 
du  dactylopodite. 

Longueur  de  la  carapace  :  3,75  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  5,5    mm. 

Amhoine.  1  Ç. 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  187 

Cette  espèce  se  rapproche  surtout  du  P.  ohesulus  Miers 
(Report  on  tlie  Zool  Coll.  Voy.  H.  M.  8.  «  Alert  »,  Crust,  p.  272. 
16,  pi.  29,  fig.  D).  Elle  s'en  distingue  nettement  par  le  lobe 
médian  du  front,  qui  est  étroit,  aigu,  et  qui  dépasse  sensible- 
ment les  lobes  latéraux,  tandis  qu'il  est  large,  arrondi  et  peu 
saillant  chez  P.  ohesulus.  Les  pattes  antérieures  sont  très  forte- 
ment ponctuées  chez  P.  triunguiculatus  ;  elles  le  sont  à  peine 
chez  P.  ohesulus.  Les  dactylopodites  des  pattes  ambulatoires 
semblent  avoir  la  même  armure  chez  les  deux  espèces  en  ques- 
tion. 

Polyonyx  hexagonalis  n.  s  p. 

PI.  VIII,  fig.  18  et  18a. 

La  carapace  de  cette  espèce  est  nettement  hexagonale  et  un 
peu  plus  large  que  longue.  La  surface  est  modérément  convexe, 
faiblement  ridée  en  travers  et  semée  de  quelques  ponctuations. 
Le  front  est  fortement  infléchi  en  bas,  de  sorte  que  son  bord 
paraît  droit  quand  on  regarde  l'animal  par-dessus.  La  partie 
infléchie  du  front  est  trilobée,  à  lobe  médian  triangulaire  et 
dépassant  notablement  les  lobes  latéraux.  Les  bords  latéro-anté- 
rieurs  de  la  carapace  offrent  une  petite  dent,  immédiatement 
derrière  l'angle  postorbitaire  qui  est  lui-même  dentiforme.  Le 
reste  des  bords  latéro-antérieurs  est  bordé  par  un  sillon  bien 
accentué  et  armé  au  niveau  des  régions  branchiales  de  4  petites 
dents  dirigées  en  avant.  Ces  dents  diminuent  graduellement  de 
la  postérieure  à  l'antérieure. 

Les  pattes  antérieures  sont  assez  grandes,  presque  égales  des 
deux  côtés,  celle  du  côté  gauche  étant  cependant  la  plus  grande. 

Le  méropodite  porte  à  son  bord  supérieur-interne  un  lobe 
arrondi  et  finement  denticulé;  il  est  en  outre  armé,  sur  son 
bord  inférieur-interne,  de  3  petites  épines  acérées.  Le  carpopo- 
dite  est  assez  court,  n'ayant  pas  la  moitié  de  la  largeur  de  la 


188  L.    ZEHNTNEll. 

carapace.  Son  bord  supérieur-interne  est  lamellaire  et  armé  de 
3  à  4  dents  aiguës,  plus  quelques  denticules  vers  son  articula- 
tion avec  la  main.  Les  deux  mains  ont  des  formes  un  peu  diffé- 
rentes. Celle  du  côté  gauche  est  un  peu  plus  haute  ;  sa  portion 
palmaire  s'atténue  moins  subitement  vers  la  base  et  les  doigts 
sont  plus  gros  et  plus  courts  '  ;  le  doigt  fixe  est  garni  d'un  tuber- 
cule au  milieu  de  son  bord  supérieur.  La  main  droite  est  moins 
haute,  à  doigts  plus  longs,  presque  d'égale  forme;  le  doigt  fixe 
sans  tubercule  sur  son  bord  supérieur.  Les  bords  préhensiles 
des  doigts,  le  bord  inférieur  des  mains  et  le  bord  supérieur  du 
doigt  mobile  sont  finement  crénelés  sur  les  deux  mains.  Les  dac- 
tylopodites  des  pattes  ambulatoires  sont  terminés  par  deux  lon- 
gues griffes. 

Longueur  de  la  carapace  :  5,5  mm. 

Largeur  de  la  carapace  :  ^  6,5  mm. 

Amhoine.  1  (^. 

Genre  Porcellanella  White. 
Porcellanella  tnloba  White. 

PI.  VIII,  tig.  17. 

Porcellanella  triloba  Hendersoii,  Transact.  Linn.  Soc.  of  London  (2),  t.  o,  p.  429 

(et  synon.). 
Porcellanella  picta  Stimpson,  Proceed.    Acad.  >'at.Sc.   of   Philadelphia.    18-J8, 

p.  24.3. 

Dans  un  récent  mémoire,  Henderson,  qui  a  pu  étudier  des 
spécimens  typiques  de  cette  espèce,  à  noté  les  différences  qu'il  y 
a  entre  P.  tnloba  et  P.  jnda.  Ces  différences  sont  si  peu  impor- 
tarites,  que  Henderson  propose  de  réunir  les  deux  espèces, 
tout  en  admettant  qu'elles  peuvent  au  besoin  rester  séparées. 
Chez  un  individu  d'Amboine  que  nous  rapportons  à  P.  triloba, 

^  DaiLs  la  ligure  18  le  doigt  mobile  est  trop  grêle. 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS.  189 

le  lobe  médian  du  front  est  triangulaire  et  dépasse  distinctement 
les  lobes  latéraux,  ainsi  qu'on  Ta  décrit  chez  P.picta.  Les  4  spi- 
nules  des  dactylopodites  sont  inégales  entre  elles  (PI.  VIII, 
fig.  17).  La  P^  en  dessous  est  la  plus  petite,  la  2^  la  plus  grande 
et  les  deux  suivantes  diminuent  graduellement  en  longueur. 
Chez  P.picta,  ces  4  spinules  sont  subégales. 

La  couleur  du  spécimen  que  nous  avons  étudié  est  complète- 
ment noire  avec  des  reflets  irisés.  Nous  ignorons  si  cette  colora- 
tion est  naturelle  ou  due  au  procédé  employé  pour  fixer  l'animal. 

Longueur  de  la  carapace  :  9  ram. 

Largeur  de  la  carapace  :  6,5  mm.     , 

Amboine. 

Groupe  PAGURIDEA. 

Genre  Cœnobita  Latr. 

Cœnobita  rugosus  H.  Milne  Edw. 

Cœnobita  rugosus  Milne  Edwards,  Hist.  nat.  Grust.,  t.  II,  p.  241  ;  Dana,  Unit. 
Stat.  Explor.  Exped.  Crust.,  t.  I,  p.  471,  pi.  30,  fig.  1  et  2  ;  Hilgendorf, 
Van  der  Deckens  Reisen,  etc.  Cnist.,  p.*99.  pi.  6,  fig.  2,  .3a  et  46. 

Chez  cette  espèce,  nous  avons  pu  observer  une  intéressante 
variété  de  coloration. 

La  couleur  générale  blanchâtre  passe  au  bleuâtre  aux  der- 
niers articles  des  pattes.  La  carapace  est  ornée  d'une  bande 
transversale  d'un  brun  de  sépia,  qui  est  située  derrière  le  bord 
frontal  et  qui  se  continue  sur  les  côtés  de  la  carapace.  Une 
bande  semblable  se  trouve  un  peu  en  avant  de  l'extrémité  des 
méropodites  des  3  premières  paires  de  pattes.  Les  carpopodites 
de  ces  pattes  sont  bruns  en  dehors,  avec  une  étroite  bande 
blanche  longitudinale  à  mi-hauteur.  Les  propodites  et  dactylo- 
podites des  2^  et  3^  paires  sont  blancs  à  l'extrémité  ;  le  reste  de 
leur  face  externe  est  brun  aux  pattes  du  côté  droit,  bleuâtres 


190  L.    ZEHNTNER. 

aux  pattes  gauches.  La  main  gauche  a  sa  moitié  supérieure 
blanchâtre  et  la  moitié  inférieure  brune.  Les  pédoncules  ocu- 
laires et  leurs  écailles  basilaires  sont  uniformément  bruns.  Il 
en  est  de  même  du  flagellum  des  antennes  externes. 

Amboine.  2  individus.  Un  3^  très  petit  appartient  à  la  forme 
typique  de  cette  espèce.  —  lie  Vidory,  de  nombreux  individus 
de  coloration  ordinaire. 

Gœnohita  dypeatus  H.  Milne  Edw. 
Amboine.  1  Ç>.  —  lie  Victory,  de  nombreux  individus. 
Genre  Pagurus  Fabr. 
Pag  unis  euopsis  Dana. 

Pagurus  euopsis  Dana,  Unit.  Stat.  Exploi\  Exped.   Crust.,  t.  I,  p.  432,  pi.  28, 
fig.  6;  de  Man,  Archiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  429  (et  synoii.). 

Les  longs  poils  roux  à  extrémité  blanche  qui  revêtent  les 
pattes  donnent  un  aspect  tout  particulier  à  cette  espèce.  Un 
autre  caractère  très  net  se  trouve  sur  les  antennes  externes, 
dont  les  articles  sont  pectines  dans  la  seconde  moitié  du  flagel- 
lum. Les  épines  situées  sur  les  mains  et  les  carpopodites  des 
pattes  antérieures  sont  très  longues,  grêles  et  recourbées  à 
l'extrémité.  Ces  épines  sont  beaucoup  moins  longues  et  peu 
recourbées  chez  P.  spinimanus.  Le  corps  et  les  pattes  sont  irré- 
gulièrement tachetés  de  rouge  et  de  blanc.  La  couleur  rouge 
devient  plus  sombre  vers  l'extrémité  des  pattes,  où  elle  passe 
quelquefois  au  brun.  Une  grande  tache  rouge  se  trouve  sur  la 
région  gastrique  de  la  carapace  et  sur  la  face  supérieure  des 
méropodites  et  des  carpopodites  des  2^  et  3^  paires  de  pattes. 

Longueur  de  la  carapace  :  33,5  mm. 

Largeur  du  front  :  14  mm. 

Amboine.  2  Ç. 


CRUSTACÉS    DE    l' ARCHIPEL    MALAIS.  191 

Pagurus  spinwianus  H.  Miliie  Edw. 

Pagurns  spinimanus  Miliie  Edwards,  Annales  des  Se.  uat.  (3),  t.  5,  p.  61;  Dana. 
Unit.  Stat.  Explor.  Exped.  Grust.,  t.  I,  p.  452,  pi.  28,  fig.  o«. 

Cette  espèce  se  reconnaît  facilement  à  sa  coloration.  Elle 
offre,  sur  un  fond  rouge,  de  petites  taches  blanches  entourées 
d'un  anneau  verdâtre,  bleuâtre  ou  noir.  Le  P.  pundatus  est 
tacheté  de  rouge  sur  un  fond  testacé  et  P.  guttatus  et  P.  setifer 
sont  ornés  de  taches  blanches  sur  un  fond  brun-marron,  sans 
que  ces  taches  soient  entourées  d'un  anneau  d'une  autre  cou- 
leur. Les  épines  des  pattes  antérieures  sont  comparativement 
peu  longues,  très  fortes,  peu  pointues,  à  peine  recourbées  à 
l'extrémité,  et  souvent  même  complètement  droites.  Les  pédon- 
cules oculaires  sont  uniformément  rouges,  de  forme  cylindri- 
que, à  cornée  non  renflée.  Ils  sont  plus  petits  que  ceux  de 
P.  euopsis. 

Amboine.  1  Q. 

Pagurus  deformis  H.  Milne  Edw. 

Pi.  VIII,  tig.  20  et  20rt. 

Pagurus  deformis  Milne  Edwards,  Annales  des  Se.  nat.  (2),  t.  G.  1836,  p.  272, 
pi.  XIII,  lig.  4. 

Chez  cette  espèce,  le  bord  supérieur  de  la  main  gauche  est 
droit,  parallèle  au  bord  inférieur  et  armé  de  5  à  6  dents  diri- 
gées en  avant.  La  face  externe  de  la  portion  palmaire  présente, 
dans  sa  partie  supérieure,  deux  dépressions  longitudinales  entre 
lesquelles  on  voit  une  rangée  de  tubercules.  L'arête  inférieure 
de  la  main  est  crénelée  jusqu'à  l'extrémité  du  doigt  fixe  et 
forme  une  ligne  presque  droite.  Le  doigt  mobile  est  fortement 
caréné  en  dessus  et  la  carène  est  très  régulièrement  crénelée. 
Le  propodite  de  la  3^  paire  de  pattes  gauche  est  deux  fois  aussi 


192  I-    ZHHNTNER. 

large  que  le  dactylopodite.  Sa  face  externe  est  parcourue,  à  mi- 
hauteur,  par  un  bourrelet  longitudinal  ;  des  deux  côtés  de  ce 
bourrelet,  elle  devient  concave  et  forme,  à  sa  rencontre  avec 
la  face  supérieure,  une  crête  bien  marquée  et  finement  créne- 
lée. Une  crête  semblable  se  voit  sur  le  bord  inférieur  du  pro- 
l»odite.  Le  dactylopodite  est  concave  sur  sa  face  externe  et  ses 
bords  supérieur  et  inférieur  sont  crénelés. 
Amhoine.  3  cf. 

Pagurus  sigmoidalis  n.  sp. 
PI.  VIII,  fig.  19  à  196. 

Cette  espèce  est  voisine  du  P.  gemmatus  Milne  Edwards.  Elle 
s'en  distingue  nettement  par  les  caractères  suivants. 

La  main  gauche  est  comparativement  plus  haute  et  à  doigts 
plus  courts  ;  sa  face  externe  semble  avoir  subi  une  torsion  à  la 
base  du  doigt  fixe,  ce  qui  fait  que  l'arête  inférieure,  formée  par 
une  série  de  tubercules  arrondis,  est  courbée  en  forme  d'S 
(fig.  19a);  cette  courbure  est  à  peine  indiquée  chez  le  P.  gem- 
matus. Enfin  les  deux  tiers  inférieurs  de  la  face  externe  de  la 
main  sont  lisses  chez  P.  sigmoidalis,  tandis  que  chez  P.  gemma- 
tus toute  la  face  externe,  même  celle  des  doigts,  est  couverte 
de  gros  tubercules  mousses.  La  3^  patte  gauche  a  une  forme 
presque  identique  dans  les  deux  espèces  en  question  (fig.  \^h). 
Cependant  le  dactylopodite  est  moins  grêle  chez  le  P.  sigmoi- 
dalis. Il  est  plus  large  à  la  base,  et  la  crête  lisse  longitudinale 
située  sur  sa  face  externe  est  plus  éloignée  du  bord  inférieur  que 
chez  P.  gemmatus,  où  cette  crête  se  confond  presque  avec  le 
bord. 

Longueur  du  céphalothorax  :  1 7  mm. 

Largeur  du  front  :  6,25  mm. 

Un  mâle  qui  a  perdu  la  grande  patte  antérieure  ne  diffère  des 
individus  typiques  que  par  le  dactylopodite  de  la  3*  patte  gauche. 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS.  193 

Cet  article  de  la  patte  n'a  pas  de  carène  lisse  sur  sa  face 
externe,  et  ses  bords  ne  sont  pas  crénelés. 

Amhoine.  2  Ç,  2  cf. 

Par  la  forme  du  dactylopodite  de  la  3^  patte  gauche,  cette 
espèce  se  rapproche  du  P.  variées  Heller  (Sitzungsber.  Acad. 
Wien,  t.  44,  p.  244,  pi.  1,  fig.  1  ;  pi.  2,  fig.  2  et  3).  Mais  chez 
P.  varipes,  le  propodite  de  la  3®  patte  gauche  est  aplati  et 
caréné  en  dehors,  à  bords  supérieur  et  inférieur  fortement  den- 
ticulés.  La  main  gauche  semble  être  un  peu  contournée  et  son 
arête  inférieure  est  flexueuse;  cependant  sa  face  externe  n'a 
pas  les  deux  sillons  longitudinaux  qui  sont  si  bien  marqués  chez 
P.  sigmoidalis.  Enfin  les  pédoncules  oculaires  sont  un  peu  plus 
grêles  chez  P.  varipes,  dépourvus  d'un  anneau  blanc  au  milieu, 
et  la  cornée  est  distinctement  échancrée  à  son  bord  antérieur. 

Groupe  Megalopidea. 

Nous  avons  pu  examiner  une  espèce  de  ce  groupe,  qui  a  été 
établi  pour  des  formes  larvaires. 

Monolepis  orientalis  Dana. 

Monolepis  orientalis  Dana.   Unit.   Stat.   Explor.  Exped.    Crust.,   t.    1,   p.   492, 

pi.  ai,  fig.  o. 
Amhoine.  Un  individu  dont  la  carapace  a  5  mm.  de  longueur. 

Sous-ORDRE  MACRURA. 

Groupé   THALASSINIDEA. 

Genre  Thalassina  Latr. 
Thalassina  scorpionoides  Latreille. 
Amhoine.  1  individu. 

Rev.  Suisse  de  Zool..  T.  II.  1894.  13 


194  L.    ZEHNTXER. 


Genre  Calliaxassa  Leach. 


Callianassa  amboinemis  de  Man. 

Callianassa  amboinensis  de  Man,  Arcliiv  fiir  Xaturgesch.   1887.  p.  480.    pi.   20, 
tig.  4. 

Les  deux  individus  que  nous  avons  observés  répondent  bien  à 
la  description  donnée  par  de  Man.  Nous  devons  remarquer 
cependant  que  cet  auteur  a  représenté  la  petite  patte  antérieure 
et  non  la  grande.  Chez  un  individu  intact  que  nous  avons 
examiné,  le  méropodite  de  la  grande  patte  antérieure  (gauche) 
est  plus  dilaté  au  milieu.  Le  carpopodite  est  beaucoup  moins 
long,  n'ayant  que  le  tiers  de  la  longueur  de  la  main,  dont  la 
portion  palmaire  paraît  être  moins  longue  aussi. 

Longueur  du  corps  :  2 1  mm. 

Amboine. 

Genre  Gebiopsis  A.  Milne  Edw. 
Gebiopsis  intermedia  de  Man. 

Gebiopsis  intermedia  de  Man,  Journal  of  the  Linn.  Soc.  of  Loudon.  t.  22.  Zool., 
p.  256,  pi.  16,  fig.  6  à  8;  Archiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  462. 

Un  mâle  de  39  mm.  de  longueur  répond  bien  à  la  description 
donnée  par  de  Man  (Journ.  Linn.  Soc),  à  l'exception  des  pattes 
antérieures,  dont  la  partie  palmaire  de  la  main  n'est  pas  atté- 
nuée vers  l'articulation  du  doigt  mobile.  Celui-ci  est  moins  long 
et  plus  épais  à  la  base. 

Quatre  femelles  de  23  mm.  offrent  les  différences  mention- 
nées par  DE  Man,  dans  son  mémoire  sur  les  Crustacés  récoltés 
par  J.  Brock  (Archiv  fur  Naturgesch.).  La  présence,  à  Am- 
boine, de  la  forme  typique  semble  indiquer  que  nous  avons 
affaire  à  des  différences  d'âge  plutôt  qu'à  une  variété  locale. 

Amboine. 


Axius 


CRUSTACÉS   DE   l'aRCHIPEL   MALAIS.  195 

Genre  Axiijs  Leach. 
Âxius  sjnnipes  de  Man. 

spinipes  de  Man,  Archiv  fur  Xaturgesch.  1887,  p.  Wk,  pi.  19,  fig.  G. 


Nous  n'avons  eu  qu'un  individu  de  cette  espèce.  Bien  qu'il  ait 
perdu  les  pattes  antérieures  et  2  pattes  ambulatoires,  on  peut 
cependant  reconnaître  qu'il  s'agit  de  VA.  spinipes.  Les  spinules 
qui  se  trouvent  sur  la  région  stomacale  du  céphalothorax  sont 
notablement  plus  fortes  que  celles  qui  sont  représentées  dans  la 
figure  donnée  par  de  Man.  Les  spinules,  qui  sont  disposées  en 
rangées,  sont  placées  sur  des  arêtes.  Ces  petites  différences 
tiennent  probablement  à  ce  que  l'individu  de  de  Man  est  de 
taille  moins  grande  (28  mm.)  que  le  nôtre. 

Longueur  du  corps  :  37  mm. 

Amboine.  1  Q. 

Axius  plectorhynchus  Strahl. 

Axius  plectorhynchus  Strahl,  Monatsber.  Berliner  Akad.  der  Wiss.  18G1, 
p.  1060,  tig.  2,  3.  4  et  11;  de  Man,  Archiv  fiir  Naturgeschichte,  1887, 
p.  4G3,  pi.  19,  fig.  o. 

Chez  un  individu  de  33  mm.  de  longueur,  le  rostre  ne  porte 
que  3  épines  sur  chaque  bord,  en  arrière  de  l'épine  apicale. 
Chez  un  autre  individu  de  28  mm.  de  longueur  on  en  compte 
4,  comme  l'a  décrit  Strahl. 

Les  propodites  des  4°^^  et  5"^'  pattes  se  prolongent  à  leur  bord 
inférieur  pour  former  avec  les  dactylopodites  des  pinces  impar- 
faites. 

Amhoine.  2  Ç. 


196  L.    ZEIINTNER. 

Genre  Paraxius  Bâtes. 
Paraxms  Pideti  n.  sp. 

PI.  IX,  fig.  2o  à  Tàe. 

Le  céphalothorax  est  assez  fortement  comprimé  et  graduelle- 
ment rétréci  en  avant.  Le  rostre  frontal  dépasse  légèrement  les 
yeux  et  se  termine  par  3  épines,  dont  la  médiane  est  la  plus 
longue  et  un  peu  infléchie  en  bas.  Sur  le  bord  frontal  on  observe 
une  forte  épine  de  chaque  côté,  tout  pr-ès  de  la  base  du  rostre, 
et  une  autre  plus  en  dehors.  La  région  stomacale  est  limitée  par 
un  sillon  cervical  bien  accentué  (tig.  25a).  Elle  porte  sur  son 
disque  une  vingtaine  d'épines,  disposées  régulièrement  sur  5  à 
6  rangées  longitudinales.  Une  épine  plus  grande  est  placée  sur 
deux  carénules  obliques  et  un  peu  en  arrière  de  la  base  du 
rostre. 

Les  segments  de  l'abdomen  sont  tous  de  même  largeur,  sauf 
le  P^"  qui  est  un  peu  plus  étroit.  Leurs  lobes  latéraux  sont  brus- 
quement rabattus,  de  forme  carrée  et  avec  des  angles  arrondis. 
Le  6"*  segment  a  ses  bords  latéraux  arqués  au  milieu  et  sinués 
vers  les  extrémités  du  segment  ;  son  bord  postérieur  est  bisinué 
et  les  angles  latéro-postérieurs  sont  vifs  et  un  peu  recourbés.  La 
surface  du  segment  est  garnie  de  deux  pinceaux  de  poils  situés 
près  du  bord  postérieur  du  segment.  Dans  sa  partie  antérieure 
on  voit  une  paire  de  longs  poils. 

La  plaque  médiane  du  telson  est  de  forme  carrée,  aussi  longue 
que  large,  et  porte  au  milieu  de  son  bord  postérieur  une  petite 
épine.  Les  bords  latéraux  sont  armés  de  4  épines,  dont  la  P^ 
est  la  plus  grande  et  placée  près  de  la  base.  La  partie  basale  de 
la  plaque  est  épaissie,  bosselée,  et  donne  naissance  à  deux  crêtes 
intramarginales  qui  laissent  entre  elles  une  partie  mince  et 
transparente  en  forme  de  parabole.  Ces  crêtes  sont  armées  de 


CRUSTACÉS    DE    l' ARCHIPEL    MALAIS.  197 

2  épines  chacune.  Les  deux  plaques  latérales  du  telson  sont  plus 
longues  que  la  plaque  médiane. 

La  plaque  intermédiaire  est  presque  rectangulaire,  à  bord 
interne  faiblement  arqué,  à  bord  externe  un  peu  sinué  et  armé 
dans  la  moitié  distale  de  4  épines.  Le  bord  apical  est  arrondi  et 
garni  de  9  ou  10  épines.  Le  milieu  de  la  plaque  est  parcouru 
par  une  crête  longitudinale  qui  porte  3  épines. 

La  plaque  latérale  est  de  forme  elliptique.  Elle  porte  à  son 
extrémité  un  petit  lobe  mobile  en  forme  de  segment  de  cercle, 
qui  est  garni  de  6  à  8  très  petites  épines.  La  moitié  ^externe  de 
la  plaque  est  parcourue  par  deux  crêtes  intramarginales,  dont 
l'externe  est  armée  de  4  épines,  l'interne  d'une  seule  épine  à  son 
extrémité.  En  outre,  on  compte  10  à  12  épines  au  bord  externe 
de  la  plaque. 

Les  antennes  externes  sont  au  moins  aussi  longues  que  le 
corps  du  Crustacé.  Leur  pédoncule  dépasse  notablement  le  ros- 
tre frontal.  Le  1"  article  est  plus  long  que  les  deux  suivants, 
pris  ensemble,  aussi  long  que  les  yeux,  comprimé  et  terminé  en 
dessus  par  deux  épines  immobiles.  Le  2<^  article  est  un  peu  plus 
long  que  le  3^.  Le  flagellum  est  assez  robuste  et  ses  articles 
sont  finement  ciliés. 

Les  antennes  internes  sont  de  la  longueur  du  céphalothorax. 
Leur  pédoncule  arrive  à  la  hauteur  du  milieu  du  2^  article  du 
pédoncule  des  antennes  externes  et  porte  deux  filaments  qui 
sont  de  même  longueur. 

Les  pattes  de  la  V"  paire  sont  très  inégales;  celle  du  côté 
gauche  est  la  plus  grande.  Le  méropodite  a  la  forme  d'un  tra- 
pèze allongé.  Il  est  comprimé  et  inerme  sur  ses  bords.  Le  car- 
popodite  est  presque  deux  fois  plus  haut  que  long,  moins  com- 
primé que  le  méropodite  et  portant  une  arête  lisse  au  bord 
supérieur.  La  main  est  très  grosse,  à  portion  palmaire  épaisse, 
bombée  sur  ses  deux  faces,  et  presque  aussi  haute  que  longue. 
L'arête  supérieure  est  élevée  en  forme  de  cordon  lisse,  et  le 


198  h.    ZKllNTNEK. 

bord  inférieur  est  longé  par  un"  sillon  qui  se  continue  sur  le  doigt 
mobile.  La  face  externe  et  la  face  interne  de  la  main  sont 
recouvertes  de  gros  tubercules  arrondis,  (jui  i)rennent  la  forme 
de  mamelons  dans  la  partie  supérieure  de  la  face  externe.  Dans 
l'angle  inféro-postérieur  des  deux  faces,  ces  tubercules  sont 
beaucoup  plus  petits  et  aplatis.  Le  doigt  tixe  est  court,  conique, 
non  intléchi.  Son  bord  supérieur  est  armé  de  deux  dents  trian- 
gulaii'es,  et  sa  face  externe  est  garnie  d'une  rangée  de  poils.  Le 
doigt  mobile  est  plus  long  que  le  doigt  tixe.  recourbé  à  Textré- 
mité,  caréné  en  dessus  et  parcouru  par  un  sillon  sur  sa  face 
externe.  Ce  sillon  est  garni  d'une  rangée  de  poils  semblable  a 
celle  du  iloigt  tixe.  La  petite  patte  antérieure  ne  diffère  de  la 
grande  que  par  sa  main  moins  baute,  moins  rentiée,  et  couverte 
d'un  plus  petit  nombre  de  tubercules  (^tig.  i25/>\  Les  doigts  sont 
plus  longs  et  plus  grêles. 

La  2'"  paire  de  pattes  (tig.  25  c)  est  didactyle.  Ses  articles 
sont  fortement  comprimés  et  dépourvus  de  toute  armure.  La 
main  est  à  peine  plus  large  que  le  carpopodite;  ses  doigts  sont 
assez  grêles  et  aussi  longs  que  la  portion  palmaire. 

La  o'^  paire  de  pattes  est  un  peu  plus  longue  (lue  la  2^.  Le 
méropodite  est  armé,  sur  son  bord  inférieur,  d'une  épine  sub- 
apicale.  Le  carpopodite  est  armé  d'une  épine  apicale  au  bord 
supérieur.  Le  propodite  offre  une  armure  particulière  {ûg.  25(7). 
Sur  sa  face  inférieure,  on  observe  5  rangées  transversales  de 
petites  épines  de  couleur  d'ambre.  Les  épines  de  chaque  rangée 
sont  très  rapprochées  les  unes  des  autres  et  diminuent  graduel- 
lement de  longueur  du  bord  interne  au  bord  externe.  Les  deux 
rangées  proximales  sont  composées  de  2  épines,  les  deux  sui- 
vantes de  3  épines,  et  dans  la  dernière,  qui  forme  le  bord  du 
propodite,  ou  en  compte  5.  Le  dactylopodite  est  court,  pointu  et 
recourbé  à  l'extrémité;  sur  sa  face  externe,  il  porte  5  épines 
brunes  semblables  à  celles  du  propodite.  Ces  épines  augmentent 
graduellement  de  longueur  de  la  1'^  à  la  5'\ 


CRUSTACÉS    DE    [>'aRCHII'EI>    MAr>AI8.  199 

La  4-"'  paire  de  pattes  ressemble  beaucoup  à  la  3^  Mais  son 
méropodite  est  inerme  et  la  face  inférieure  du  propodite  est 
armée  de  5  paires  d'épines  brunes  et  d'une  rangée  apicale  com- 
posée de  3  épines.  Sur  la  face  interne  et  un  peu  avant  l'extré- 
mité, on  voit  un  pinceau  de  poils  fauves.  Le  dactylopodite  est 
armé  comme  celui  de  la  3''  paire  de  pattes. 

La  5"  paire  de  pattes  est  plus  grêle  que  les  précédentes  et  à 
articles  cylindriques.  Le  propodite  est  armé,  en  dessous,  de  deux 
paires  d'épines  extrêmement  petites  et  d'une  petite  épine  située 
plus  près  de  la  base.  A  son  extrémité,  il  porte  un  petit  coussin 
formé  par  des  poils  fauves.  Le  dactylopodite  est  plus  grêle  que 
dans  les  deux  paires  précédentes  et  garni  sur  sa  face  externe  de 
5  petites  épines  à  peine  visibles  à  la  loupe. 

La  couleur  de  ce  Crustacé  est  un  jaune  blanchâtre.  La  partie 
fortement  tuberculeuse  de  la  grande  main,  la  base  de  son  doigt 
mobile,  et  les  antennes  internes, sont  d'un  beau  violet.  Les  doigts 
de  la  grande  main  sont  brun  roux  avec  les  bords  préhensiles 
blancs.  Le  flagellum  des  antennes  externes  est  annelé  de  blanc 
et  de  violet. 


Longueur  du  corps  : 

27  mm. 

Longueur  du  céphalothorax  : 

10  mm. 

Longueur  de  la  grande  main  avec  les 

doigts  : 

7,25  mm. 

Hauteur  de  la  grande  main  : 

5,2  mm. 

Amhoine.  Un  unique  individu. 

Groupe  ASTACIDKA . 
Ce  groupe  n'est  représenté  que  par  l'espèce  suivante 

Panulirus  ornatus  Fabricius. 
Amhrnne.  1  individu  de  80  mm.  de  longueur. 


200  L.    ZEIINTNER. 

Groupe  CARIDEA. 
Genre  Alpheus  Fabr. 
Alpheus  frontalis  Say. 

Alpheus  frontnlis  'àây,  Journ.  of  the  Acad.  of  Philad.  t.  1,  p.  24o;  Ortiaaiin, 
Zool.  Jalirb.  t.  o  (1891).  Abthlg.  fur  Syst.,  p.  488  (et  synon.). 

Amhoine.  1  Ç)  de  26  mm.  de  longueur  portant  des  œufs; 
1  (2f  pris  dans  le  tube  d'un  Annélide. 

Nous  avons  observé  en  outre  une  petite  Ç  de  10  mm.  de 
longueur  qui  ne  diffère  des  2  autres  individus  que  par  le  car- 
popodite  de  la  2"^"  paire  de  pattes.  Ce  carpopodite  ressemble 
beaucoup  à  celui  que  Dana  a  figuré  pour  son  A.  acutofemoratus 
{Criist.  pi.  35,  fig.  2c).  Le  P'  article  n'a  que  le  tiers  de  la  lon- 
gueur du  2"^«;  il  est  à  peu  près  aussi  long  que  le  5'"^  et  plus 
long  que  le  3™'  et  le  4™®.  Le  2'"«  article  est  aussi  long  que  les 
3  articles  suivants  pris  ensemble.  Malgré  sa  petite  taille,  cette 
femelle  porte  déjà  des  œufs. 

Amhoine. 

Alpheus  lœvis  Randall. 

^/p/tews /«yi-s  Ortmaun.  Zool.  Jahrb.,    l.   o  (1891).    Abtlilg.    l'iir   Syst.,    p.   487 
(et  synon.). 

Amhoine.  3  individus. 


Alpheus  strenuus  Dana. 

Alpheus  strenuus  Orlnunn,  Zool.  .lahrb.,  t.  o  (1891).   Abthlg.  fur  Syst.,  p.  47o 
(et  synon.). 


Amhoine.  1  cT  de  23  mm.  de  longueur. 


CRUSTACÉS    DE    i/aRCHIPEL   MALAIS.  201 


Alpheus  JEdtvardsii  Aud. 

Alpkeus  Edwardsii  Orlinanii,  Zoal.  Jahrb.,  t.  o  (1891).  Abllilî;.  fiir  Sysl. 
p.  470  ;  id.  Décapodes  nnd  Schizopoden  der  Plankton  Expédition.  1893, 
p.  4'i  (et  synon.). 

Amboine.  1  petit  individu  de  18  mm.  de  longueur. 

Alplieus  Edwardsii  var.  Haanii  Ortinann. 

Alpheus  Haanii  Ortniami,  Zool.  Jalirb.  t.  5  (1891).  Ahtlilg.  fiir  Syst.  p.  472  (et 

synon.). 
Var.  Haanii  Ortmaiin,  Decapoden  und  Schizopoden  der  Plankton  Exped.  (189:?). 

p.  44. 

Amboine.  1  (J  de  18  mm.  de  longueur.  Un  plus  petit  individu 
est  complètement  noir. 

Alplieus  Jiippothoë  var.  edamensis  de  Man. 

Alpheus  hi,ppothoè  de  Man,  Joiirn.  \Àm\.  Soc.  of  London,  t.  22,  p.  SlJS.  pi.  XVII, 

fig.  1  à  o. 
Alpheus  hippothoe  var.  edamensis  de  Man.  Arcliiv  fiir  Xatnriiosch.  1887.  p.  .^)18. 
Alpheus  acanthomerus  OvU\ia.ni\,  Zool.   .lalirh..   t.  o  (1891).    Ahthlij.  fiir  Syst., 

p.  474.  pi.  :{6,  litr.  12. 

Amboine.  4  çf  dont  le  plus  grand  a  32  mm.  de  longueur. 

En  décrivant  la  var.  edam,ensis,  DE  Man  a  rectifié  sa  descrip- 
tion de  VA.  hippothoil  dans  ce  sens,  que  les  méropodites  de  la 
première  paire  de  pattes  sont  armés  d'une  épine  au  bord  infé- 
rieur (Arcliiv  f.  Naturgesch.).  Cette  rectification  semble  avoir 
échappé  à  Ortmann.  Nous  considérons  le  A.  acanfhomerus 
Ortmann  comme  une  variété  de  1'^.  hippothoi'  de  Man. 

Alplieus  carinatus  de  Man. 

Alpheus  carinatus  de  Man,   Arcliiv  fiir  iNatnrgescli.  1887,  p.  o'dS,  [»l.  22,  lig.  2. 

Chez  l'unique  individu,  que  nous  avons  pu  examiner,  le  rostre 
est  moins  long  que  chez  l'individu  décrit  par  de  Man.  Il  dé- 


202  L.    ZEHNTNER. 

passe  très  peu  le  1^'  article  du  pédoncule  des  antennes  internes. 
Les  pattes  antérieures  sont  tombées.  Les  lobes  latéraux  du  2'"^ 
segment  abdominal  sont  armés,  à  droite  de  4  épines  presque 
égales,  à  gauche  de  deux  fortes  épines  dont  l'antérieure  est 
bitîde  à  l'extrémité.  Ces  épines  occupent  tout  le  bord  latéral  du 
segment.  La  couleur  de  l'abdomen  est  un  rouge  vineux. 

Longueur  du  corps  :  22  mm. 

Amboine.  1  Q  pris  sur  Actinometra. 

Alpheus  amhoinœ  n.  sp. 

PI.  VIII.  li-.  2:i  à  W). 

Le  bord  frontal  de  cette  espèce  est  armé  de  trois  longues 
épines  qui  sont  un  peu  recourbées  en  haut  à  l'extrémité.  L'épine 
médiane  dépasse  un  peu  l'exti'émité  du  2^  article  des  pédoncules 
antennulaires  ;  les  deux  épines  latérales  n'ont  que  la  moitié  de 
cette  longueur. 

Les  pédoncules  des  deux  paires  d'antennes  ont  à  peu  près  la 
même  longueur  entre  eux.  Le  P'' article  des  antennes  est  aussi 
long  que  les  2  suivants  pris  ensemble.  L'épine  basilaire  atteint 
l'extrémité  du  P'' article.  L'écaillé  basilaire  du  V^  article  des 
antennes  externes  est  armé  de  deux  épines,  dont  l'inférieure  est 
la  plus  longue.  Le  scaphocérite  dépasse  un  peu  le  pédoncule; 
son  extrémité  se  termine  par  une  épine  très  pointue  et  un  peu 
recourbée  en  dedans. 

Les  méropodites  des  pattes  antérieures  sont  inermes  en  des- 
sous ;  celui  de  la  grosse  patte  porte  une  petite  épine  en  dessus 
à  l'extrémité.  La  grande  main  (tig.  23)  est  longue,  peu  gonflée, 
à  arêtes  arrondies.  La  portion  palmaire  est  un  peu  atténuée 
vers  l'articulation  du  doigt  mobile,  mais  n'offre  pas  d'incision 
avant  l'extrémité.  Le  bord  supérieur  se  termine  par  une  épine 
courte.  Le  doigt  mobile  est  très  comprimé,  lamellaire,  très  large 


9 

CRUSTACÉS   DE    l'archipel   MALAIS.  203 

et  un  peu  plus  long  que  le  doigt  fixe.  Il  a  à  peine  le  tiers  de  la 
longueur  de  la  portion  palmaire  et  est  un  peu  plus  large  à  l'extré- 
mité qu'à  la  base.  Son  bord  supérieur  est  courbé  en  quart  de 
cercle  ;  son  bord  préhensile  à  peine  sinué  est  armé  à  sa  base 
d'un  tubercule  arrondi.  Le  doigt  fixe  est  beaucoup  plus  grêle 
que  le  doigt  mobile  ;  il  a  à  peine  la  moitié  de  la  largeur  de  ce 
dernier.  La  1^"*^  patte  droite  est  très  petite  (fig.  23a).  Le  doigt 
mobile  a  plus  de  la  moitié  de  la  main.  Il  n'est  pas  comprimé, 
plus  long  que  le  doigt  fixe  et  recourbé  à  l'extrémité.  Les  poils 
qui  le  garnissent  ne  sont  pas  disposés  sur  une  arête. 

Les  méropodites  de  la  S**  à  la  5^  paire  de  pattes  et  les  carpo- 
podites  des  3^  et  4^  paires  sont  armés,  en  dessous,  d'une  épine 
apicale  et  les  dactylopodites  des  trois  dernières  paires  offrent 
sur  leur  bord  inférieur  une  petite  griffe  accessoire. 

Le  carpopodite  de  la  2^  paire  de  pattes  (fig.  23&)  a  son  1^'" 
article  très  allongé  ;  il  est  plus  long  que  les  autres  articles  pris 
ensemble.  Les  articles  2  à  4  sont  égaux  entre  eux  ;  le  5*^  est 
aussi  long  que  les  deux  qui  le  précèdent.  La  portion  palmaire 
de  la  main  est  moins  longue  que  le  5*^  article  du  carpe  et  à 
peine  plus  large  que  celui-ci  ;  les  doigts  sont  grêles^  sensible- 
ment plus  longs  que  la  portion  palmaire.  Le  doigt  fixe  porte  en 
dessous  un  pinceau  formé  par  de  longs  poils. 

La  plaque  médiane  du  telson  est  en  forme  de  trapèze  très 
allongé.  Ses  bords  latéraux  et  postérieurs  portent  chacun  deux 
épines. 

Longueur  du  corps  :  26  mm. 

Amho'me.  1  unique  individu. 

Cette  espèce  offre  des  rapports  surtout  avec  A.  carinatus  de 
Man  (Archiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  508,  pi.  22,  fig.  2).  Elle 
s'en  distingue  cependant  par  ses  épines  frontales  plus  longues 
et  légèrement  recourbées  en  haut,  par  le  méropodite  de  la 
grosse  main  qui  ne  porte  pas  d'épines  au  bord  inférieur  et  par 


204  L.    ZEIINTNER. 

les  méropodites  de  la  3^  à  la  ô*"  paire  de  pattes  qui  sont  armés 
d'une  épine  apicale,  tandis  qu'ils  sont  inermes  chez  A.  carinatus: 
En  outre,  la  portion  palmaire  de  la  grande  main  est  plus  longue 
et  son  doigt  mobile  est  plus  large.  La  plaque  médiane  du  telson 
est  plus  longue  et  armée  au  bord  postérieur  de  deux  épines  seu- 
lement. Enfin  les  lobes  latéraux  des  segments  abdominaux  sont 
arrondis^  non  terminés  en  épine. 

AlpJieiis  tricuspidahis  Heller. 

Alpheus  tricuspidatus  Heller,  Sitzungsber.  Akad.  Wien,   t.  l'i.    p.  2o7,  pi.  II], 
fig.  io. 

Cette  espèce  a  été  fort  bien  figurée  par  Satigny  :  Descrip- 
tion de  VEgypte,  Criist.,  pi.  9,  fig.  4.  Nous  avons  étudié  plu- 
sieurs individus  qui  concordent  parfaitement  avec  la  description 
donnée  par  Heller. 

Anihoine. 

Alpheus  fridentatus  n.  sp. 
PI.  VIII,  tig.  21. 

Le  rostre  frontal  est  assez  grand,  un  peu  infléchi  à  l'extré- 
mité, dépassant  le  P'"  article  des  antennes  internes  et  se  conti- 
nuant en  arrière  en  forme  de  crête  comprimée  qui  parcourt  plus 
de  la  moitié  de  la  longueur  du  céphalothorax.  Mais  avant  le 
milieu  du  céphalothorax  cette  crête  s'arrête  en  formant  une 
dent.  De  chaque  côté  de  celle-ci  et  un  peu  plus  en  avant  on 
trouve  deux  autres  dents  aiguës  à  base  large,  placées  juste  au- 
dessus  de  la  base  des  yeux.  Les  voûtes  orbitaires  sont  dépour- 
vues d'épines. 

Les  pédoncules  des  antennes  sont  d'égale  longueur.  Dans  le 
pédoncule  des  antennes  internes,  le  2"  article  est  le  plus  long 
des  trois  ;  le  1®'  est  aussi  long  que  le  3^  et  il  est  armé  en  dessus, 
à  l'extrémité,  d'une  toute  petite  épine.  Les  deux  filaments  sont 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  205 

de  forme  très  différente  :  l'inférieur  est  plus  long  et  très  fin,  le 
supérieur  au  contraire  est  très  gros  dans  les  deux  tiers  situés 
près  de  la  base,  un  peu  en  forme  de  massue  et  terminé  par  une 
partie  très  fine.  A  l'extrémité  la  partie  renflée  est  ornée  d'un 
pinceau  de  poils. 

Les  pattes  antérieures  gauches  manquent  dans  les  deux  indi- 
vidus que  nous  avons  sous  les  yeux.  Le  méropodite  de  la  patte 
droite  est  dépourvu  d'épines  sur  son  bord  inférieur.  En  dessus,  il 
est  terminé  par  une  épine  aiguë.  Il  en  est  de  même  du  carpopo- 
dite.  La  portion  palmaire  de  la  main  est  presque  cylindrique, 
un  peu  plus  longue  que  les  doigts  et  n'offre  pas  d'incisions  sur 
ses  bords. 

La  2®  paire  de  pattes  dépasse  un  peu  la  petite  patte  anté- 
rieure. Les  deux  P^"^  articles  de  son  carpopodite  sont  d'égale 
longueur  et  chacun  est  presque  aussi  long  que  les  trois  articles 
terminaux  pris  ensemble.  Ceux-ci  sont  à  leur  tour  presque 
d'égale  longueur  ;  le  5''  est  cependant  un  peu  plus  long.  La  main 
est  très  petite.  Sa  portion  palmaire  n'a  que  les  deux  tiers  de  la 
longueur  des  doigts  et  la  moitié  de  la  longueur  du  5^  article  du 
carpopodite. 

Les  3*^  et  4^  paires  de  pattes  sont  assez  robustes  pour  un 
Alplieus.  Leurs  méropodites  sont  armés  en  dessous  d'une  longue 
épine  préapicale  et  les  carpopodites  se  terminent  en  dessous  par 
un  angle  vif.  Les  dactylopodites  sont  très  longs  et  très  acérés. 

La  plaque  médiane  du  telson  est  en  forme  de  trapèze  allongé. 
Elle  porte  de  chaque  côté  deux  épines  couchées  et  une  épine  à 
chaque  angle  postérieur.  L'article  basilaire  de  la  plaque  externe 
est  bifide. 

Longueur  du  corps  :  23  mm. 

Amboine.  1  Ç  et  un  jeune  individu  de  16  mm.  de  longueur. 

Cette  espèce  est  très  voisine  de  VA.  Udens  Olivier  (voir  : 

H.  MiLNE  Edwards,  Hist  Nat.  Crust.,  t.  2,  p.  353,  ph  24, 


206  L.    ZEHNTNER. 

fig.  11  et  12)  \  Elle  s'en  distingue  par  la  forme  du  filament 
supérieur  des  antennes  internes  et  par  leur  pédoncule,  dont  le 
2«  article  est  plus  long  que  les  autres,  tandis  que  chez  A.  hidens 
il  est  «  gros,  plus  court  que  le  premier  et  guère  plus  long  que  le 
troisième.  »  En  outre,  on  trouve  des  différences  sensibles  dans 
le  carpopodite  de  la  2''  paire  de  pattes^  qui  serait  composé  d'ar- 
ticles presque  égaux  chez  A.  hidens.  Enfin  chez  cette  espèce, 
les  méropodites  des  3^  et  4^  paires  de  pattes  paraissent  être 
inermes. 

Alpheiis  cnnitus  Dana. 

Alpheus  crinitus  Dana,  Unit.  Stat.  Explor.  Exped.  Crust.,  t.  1.  p.  o48,  pi.  34, 
fig-  «• 

Amhoine.  Phisieurs  individus  de  11  à  12  mm.  de  longueur, 
dont  trois  sont  entièrement  noirs.  Le  carpopodite  de  la  2^  paire 
de  pattes  concorde  mieux  avec  la  figure  donnée  par  Bâte  (The 
Voyage  of  H.  M.  S.  *  Challenger  ^,  Beport  on  the  Macrura, 
pi.  98,  fig.  2)  qu'avec  celle  donnée  par  Dana. 

Genre  Hippolyte  Leach. 
Hippolyte  marmoratus  Olivier. 

Hippolyte  marmoratus  H.  Milne  Edwards,  Hist.   nat.  Crust.  t.  2.  p.  379,  pi.  25. 
fig.  8. 

Amhoine.  1  individu. 

Genre  Pal^monella  Dana. 
Palœmonella  amhoinensis  n.  sp. 

PI.  IX,  il-.  27  el  27a. 

Corps  assez  trapu,  à  céplialothorax  rétréci  vers  les  deux  ex- 

*  Au  carpopodite  de  la  2e  paire  de  pattes  on  ne  compte  que  4  articles.  C'est 
certainement  dû  à  une  inexactitude  du  dessinateur. 


CRUSTACÉS    DE    l'aRCHIPEL   MALAIS.  207 

trémités,  bombé  en  dessus  et  armé  d'une  petite  épine  antennaire 
ainsi  que  d'une  épine  hépaticale.  Cette  dernière  est  bien  visible 
lorsqu'on  examine  l'animal  par-dessus,  tandis  que  l'épine  anten- 
naire échappe  facilement  à  l'observation.  Toute  la  région  sto- 
macale est  occupée  par  une  tache  orangée.  Le  rostre  est  aussi 
long  que  le  pédoncule  des  antennes  internes,  très  large  et  armé 
en  dessus  de  5  dents,  dont  la  première  est  placée  au  niveau  de 
la  base  des  yeux  (fig.  27a).  Au  bord  inférieur  on  observe  une 
seule  petite  dent  située  un  peu  avant  de  l'extrémité  du  rostre  '. 

Le  P''  article  des  antennes  internes  est  2  fois  aussi  long  que 
les  2  articles  suivants  pris  ensemble.  Il  est  dilaté  en  dehors  et 
prolongé  à  son  angle  antéro-externe.  Les  filaments  sont  fins  et 
un  peu  plus  longs  que  le  pédoncule.  Le  scaphocérite  des  antennes 
externes  est  très  grand,  parallèle,  à  bord  antérieur  arqué  ;  son 
bord  externe  est,  terminé  par  une  épine. 

Les  pédoncules  ophtalmiques  sont  longs,  cylindriques,  forte- 
ment rétrécis  à  la  base,  ressemblant  à  ceux  des  AncJiistia  et 
des  Oedipus. 

Toutes  les  pattes  thoraciques  sont  inermes,  à  articles  cylin- 
driques, lisses;  leurs  dactylopodites  sont  simples.  La  l^"^  paire 
de  pattes  est  très  grêle.  Elle  dépasse  peu  le  rostre.  Le  méropo- 
dite  est  d'un  tiers  plus  long  que  le  carpopodite.  Main  grêle,  à 
portion  palmaire  aussi  longue  que  les  doigts. 

Le  méropodite  de  la  2'""  paire  de  pattes  est  presque  3  fois 
plus  long  que  le  carpopodite.  La  main  est  aussi  longue  que  le 
reste  do  la  patte;  la  portion  palmaire  est  arrondie  aux  bords, 
plus  longue  que  les  doigts  qui  sont  très  grêles  et  comprimés  vers 
l'extrémité. 

La  plaque  médiane  du  telson  est  étroite,  à  surface  convexe. 
Son  bord  postéi'ieur  est  armé  de  6  épines  contiguës  dont  les 
intramarginales  sont  3  fois  plus  longues  que  les  autres.  Les 
bords  latéraux  sont  armés  chacun  d'une  paire  d'épines. 

'  Dans  la  fig.  27rt  cette  dent  ii"a  pas  été  représentée. 


208  L.    ZEHNTNEK. 

Longueur  du  corps  :  25  mm. 

Amhoine.  1  individu. 

PalœmoneUa  affinis  n.  sp. 

Ce  Crustacé  est  peut-être  une  variété  du  P.  mnhoinensis, 
mais  il  est  plus  grêle  et  à  céphalothorax  moins  bombé.  Le  rostre 
frontal  est  beaucoup  moins  large,  un  peu  recourbé  en  haut  vers 
l'extrémité  et  armé  sur  son  bord  supérieur  de  6  dents.  Au  bord 
inférieur  on  observe  une  seule  dent  plus  éloignée  de  l'extrémité 
que  chez  P.  amboinensis.  Les  pattes  de  la  2™<^  paire  sont  plus 
grêles.  La  portion  palmaire  de  la  main  est  cylindrique  et  deux 
fois  plus  longue  que  les  doigts. 

Longueur  du  corps:  18,5  mm. 

Amhoine.  1  Ç  portant  des  œufs  a  été  pris  sur  Actinometra . 


Falœmonella  temiipes  Dana. 

Paliemonella  tenuipes  Dana,   Unit.  Stat.  Explor.   Exped.   Cnist.,   t.    I,  p.   n8i, 
pi.  ;J8.  Hg.  3. 

Amhoine.  1  seul  individu  de  12  à  13  mm.  de  longueur  et  de 
couleur  entièrement  noire. 


Genre  Oodeopus  Bâte. 

Oodeopus  pungens  n.  sp. 

Cette  espèce  a  le  faciès  d'O.  longispinus  Bâte  (The  voyage  of 
IL  M.  S.  «  Challenger  ».  Report  on  the  Macrura,  pi.  142 
tig.  5).  Elle  s'en  distingue  par  les  caractères  suivants  :  l'épine 
du  2®  segment  abdominal  est  plus  longue  et  recourbée  en  haut  ; 
celle  du  3*^  segment  est  plus  longue  aussi,  mais  beaucoup  plus 
acérée,  et  les  3®,  4^  et  5^  segments  de  l'abdomen  ne  sont  pas 


CRUSTACÉS  DE  l' ARCHIPEL  MALAIS-  209 

denticulés  sur  leur  bord  supérieur.  La  plaque  médiane  du  telson 
n'atteint  pas  la  moitié  de  la  longueur  des  plaques  latérales  ;  son 
bord  postérieur  est  profondément  échancré.  Le  céphalothorax 
est  moins  haut,  à  bord  inférieur  moins  arqué  et  non  denticulé. 
Au  bord  antérieur  il  porte  une  épine  supra-oculaire,  et  au  bord 
postérieur  il  est  armé,  de  chaque  côté,  d'une  longue  épine.  Le 
rostre  est  deux  fois  aussi  long  que  le  céphalothorax,  très  grêle, 
très  pointu,  et  non  denticulé  sur  ses  bords.  La  cornée  des  yeux 
est  plus  globuleuse  que  chez  0.  longispiims. 

Longueur  du  corps  sans  rostre  :  9,25  mm. 

Longueur  du  rostre  :  4,5  mm. 

Amhoîue.  1  individu. 

Oodeopiis  ensifer,  n.  sp. 

Espèce  voisine  d'O.  intermedius  Bâte  (The  Voyage  of  H.  M. 
S.  «  Ghcdleuger  »,  t.  24,  Beport  on  tJie  Macrura,  pi.  143,  fig.  1), 
mais  s'en  distinguant  par  son  rostre  extrêmement  grêle,  à  bord 
inférieur  très  finement  denticulé  à  l'extrémité,  et  par  la  V  paire 
de  pattes,  qui  est  plus  forte  et  distinctement  didactyle.  En 
outre,  l'épine  dorsale  du  2^  segment  de  l'abdomen  est  plus  forte 
et  au  moins  deux  fois  aussi  longue  que  celle  du  3«  segment.  Le 
6^  segment  n'est  pas  armé  d'une  épine  au-dessous,  à  l'extré- 
mité. La  plaque  médiane  du  telson  est  plus  étroite^  à  bords 
latéraux  parallèles  et  terminée  par  3  épines,  dont  la  médiane 
est  presque  deux  fois  aussi  longue  que  les  latérales. 

Longueur  du  corps  sans  le  rostre  :  13  mm. 

Longueur  du  rostre  :  5,5  mm. 

Amhoine.  1  individu. 


Kev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894. 


210  L.    ZEHNTNER. 

Groupe  PENAEIDEA. 

Genre  Philonicus  Bâte. 

PJiilo niais  cervicalis  n.  sp. 
PI.  IX.  fig.  26  à  26c. 

Le  céphalothorax  de -cette  espèce  n'est  guère  comprimé;  il 
est  arrondi  sur  la  face  dorsale  et  pourvu  d'un  sillon  cervical 
très  fort.  Le  rostre  est  court,  moins  long  que  les  yeux  et  que  le 
P'  article  des  antennes  internes.  Il  se  continue  en  arrière  en 
forme  de  crête  jusqu'au  sillon  cervical;  son  bord  supérieur  est 
armé  de  dents  aiguës,  dont  les  deux  postérieures  sont  plus  éloi- 
gnées l'une  de  l'autre  que  les  antérieures.  Au  bord  antérieur  de 
la  carapace,  on  observe  une  épine  supra-orbitaire  très  aiguë 
située  à  la  base  des  yeux  et  une  épine  antennaire  plus  forte,  qui 
se  prolonge  sur  le  céphalothorax  en  forme  d'une  petite  crête 
(fig.  26a).  La  région  hépatique  est  également  armée  d'une 
épine,  qui  est  placée  au-dessus  du  sillon  branchiostégale  et  sur 
le  rebord  du  sillon  cervical. 

L'abdomen  est  à  peine  comprimé.  Les  2  premiers  segments 
sont  arrondis  en  dessus,  tandis  que  les  4  suivants  sont  carénés 
comme  chez  les  Penœiis.  Sur  le  3^  segment,  la  carène  est  peu 
marquée.  La  plaque  médiane  du  telson  est  moins  longue  que  les 
plaques  latérales,  beaucoup  plus  solides  que  celles-ci,  pointue  à 
l'extrémité,  parcourue  par  une  gouttière  longitudinale,  et  armée 
sur  chaque  bord  d'une  épine  subapicale.  Les  plaques  latérales 
sont  frangées  de  longs  poils  sur  leur  bord  interne  et  apical. 

Les  yeux  sont  remarquables  par  la  grandeur  extraordinaire 
de  leur  cornée.  Le  pédoncule  dos  antennes  internes  a  plus  de  la 
moitié  de  la  longueur  du  céphalothorax.  Son  l^»"  article  dépasse 
les  yeux.  Le  2'-  article  est  moins  long  que  le  1"'",  mais  au  moins 


CRUSTACÉS   DE   l' ARCHIPEL   MALAIS.  211 

deux  fois  aussi  long  que  le  3®.  Les  filaments  sont  d'égale  lon- 
gueur et  plus  longs  que  le  céphalothorax.  Le  filament  supérieur 
est  filiforme,  tandis  que  l'inférieur  est  aplati  en  forme  de  ruban 
qui  s'atténue  graduellement  vers  l'extrémité. 

Les  antennes  externes  manquent  dans  l'unique  individu  que 
nous  avons  pu  observer.  Leur  scaphocérite  est  triangulaire  à 
angle  antérieur  arrondi  ;  le  bord  externe  est  terminé  par  une 
petite  épine  et  le  bord  interne  est  garni  de  longs  poils. 

Les  pattes-mâchoires  externes  dépassent  notablement  le 
pédoncule  des  antennes  internes.  Leurs  articles  sont  garnis  au 
côté  interne  de  longs  poils  sétiformes. 

Les  pattes  ambulatoires  augmentent  graduellement  en  lon- 
gueur de  la  P®  à  la  5™'\  Les  deux  premières  paires  sont  didac- 
tyles  et  offrent  les  mêmes  formes.  Les  mains  sont  très  petites, 
à  portion  palmaire  très  courte  ;  en  revanche  les  doigts  sont  très 
longs  et  très  grêles.  Le  carpopodite  de  la  1^''  paire  est  garni  au 
bord  interne  de  poils  sétiformes  comme  on  les  observe  sur  les 
pattes-mâchoires  externes.  La  3"^°  paire  de  pattes  manque  dans 
notre  individu.  Les  4™*^  et  5™®  paires  sont  très  allongées,  très 
grêles,  à  articles  presque  filiformes.  La  5™'^  paire  a  plus  des 
'/j  de  la  longueur  du  corps. 

La  mandibule  (fig.  26b)  est  formée  sur  le  même  plan  que 
chez  Penœus.  De  même  que  dans  ce  genre,  elle  porte  un  palpe 
composé  de  deux  articles  larges  et  triangulaires.  La  fig.  26c 
représente  la  2'°'^  patte-mâchoire. 

Longueur  du  corps  :  42  mm. 

Amboine.  1  individu. 

Genre  Stenopus  Latr. 

Stenopus  hispidus  Olivier. 

Amboine.  De  nombreux  individus. 


212  L.    ZEIINTNER. 

Genre  Lucifer  Thompson. 
Lucifer  typus  Thompson. 

Lucifer  typus  Bâte,  The  voyage  of  H.  M.  S.  «  Challenger",  L  24.   Report  on  thc 
Macrura,  p.  464,  pi.  83. 

Nous  rapportons  à  cette  espèce  un  unique  individu  qui  répond 
parfaitement  à  hi  figure  2  donnée  par  Spence  Bâte. 
Amhoiiie. 

Lucifer  spec  ? 

Nous  avons  e.^aminé  encore  une  forme  larvaire  qui  est  remar- 
quable par  le  prolongement  démesurément  long  de  la  partie 
céphalique  du  corps.  La  longueur  de  cette  partie  est  égale  à  un 
tiers  de  la  longueur  totale  de  Tanimal.  Les  yeux  sont  sessiles 
et  très  globuleux.  Toutes  les  pattes  sont  encore  peu  développées. 
La  plaque  médiane  du  telson  est  deux  fois  plus  longue  que  les 
plaques  médianes,  en  forme  de  trapèze  allongé,  plus  large  au 
bord  distal  qu'à  la  base  et  ses  angles  postérieurs  sont  armés 
d'une  épine. 

Longueur  du  corps  :  12  mm. 

Amhoine. 


Ordre  STOMATOPODA, 

Genre  Gonodactylus  Latr. 
Gonodactylus  chiragra  Fabr. 

Amhouie.  3  (j'  et  une  jeune  Ç . 


CRUSTACÉS   DE   l'aRCHIPEL   MALAIS.  213 

Gonodactylus  graphurus  White. 

Gonodacty lus  g raphuriis  Miers,  Ann.   and   Mag.  of  Nat.   Hist.  (5),  t.  5,   p.    I2i), 
pi.  III,  fig.  9  (et  synon.). 

La  couleur  de  fond  de  cette  espèce  varie  du  jaunâtre  au  vert 
olive.  Les  2'"%  3'"®  et  4™°  segments  thoraciques  sont  ornés  de 
deux  taches  noirâtres  sur  le  dos  et  d'un  point  noir  sur  les  lobes 
latéraux.  Les  segments  abdominaux  offrent  une  rangée  trans- 
versale de  taches  semblables  et  au  nombre  de  6.  Le  nombre  des 
taches  est  du  reste  variable.  Chez  le  G.  chiragra  nous  n'avons 
pas  observé  ce  mode  de  coloration. 

Amhoïne.  4  Q  de  différente  grandeur. 

Genre  Protosquilla  Brooks. 
ProfosqitiUa  slolmra  Millier. 

Protosquilla   stoliura    Millier,    Verliaiidlg.    naturforsch.  (ies.    zu    I5asel,    1887, 
p.  477,  pi.  IV,  (i-.  2  ;  de  Maii.  Aiv.liiv  fiir  Naturgesch.  1887,  p.  ,'j76. 

Amhoiue.  1  Ç. 

Genre  Pseudosquilla  Guérin. 
Pseudosquilla  ornala  Miers. 

Pseudosquilla  ornala   Miers,  Ami.   and  Mag.   of   Nat.    Ilist.   (Vt),  t.  ."),  p.  IH, 
pi.  III,  fig.  5  et  6. 

Amhoiue.  1  Q. 


Ordre  CIRRIPEDIA. 

Genre  Lepas  L. 
Lepas  anserifera  L. 

Lepas  anserifera  Darwin,    .4    Monograph   on   Ihe    Sub-Class    Cirripedia.    t.    1. 
p.  81,  pi.  1,  fig.  4. 

Amhoine.  De  nombreux  individus. 


214  L.    ZEHNTNER. 

Genre  Pœcilasma  Darwin. 
Pœcilasma  eburnea  Hinds. 

Ptrciliisina  eburnea  Darwin,   A  Monograph  on  the  Sab-Class.  Cirripedia,   t.    1. 
p.  11:2,  pi.  2,  fig.  o  (et  syiiou.). 

Amboine.  Plusieurs  spécimens  ont  été  trouvés  attachés  à  des 
Échinodermes. 

Genre  Balanus  Lister  et  Hill. 
Balanus  tintinnabulum  L.  var.    OrUgnii?  Chenu. 

Plusieurs  petits  individus  qui  étaient  attachés  à  un  Crustacé 
{Hyastenus  Sehœ)  offrent  beaucoup  de  rapports  avec  la  var. 
Orbigmi  (voir  Darwin,  A  Monograph  of  the  Suh-Class  Cirri- 
pedia,  t.  2,  p.  196  (var.  11),  pi.  2,  fig.  la  et  \m.)  Le  bord 
scutal  du  tergum  est  finement  denticulé  et  le  bord  libre  du 
scutum  est  occupé  par  de  fortes  épines  qui  sont  assez  écartées 
dans  la  moitié  basale  du  bord,  plus  rapprochées  et  diminuant 
graduellement  vers  l'extrémité  du  bord. 

Amhouie. 

Genre  Sacculina  Thompson. 
SaccuUna  corculum  Kossmann. 

Sacculina  corculum  KossniaDii,   Arbeit.    zool.-zootoin.    Inst.    Wiirzburg,    t.    1, 
p.  122,  pi.  o,  fig.  1. 

Amhoiue.  Un  individu  attaché  à  l'abdomen  d'un  Atergatis 
florldus  mâle. 


DIE    TURBELLARIEN 


UMGEBUNG    VON    BASEL 

VON 

Otto  FUHRMANN 

Hierzu    Tafel    X    und    XI. 


Seit  Ende  April  des  vorigen  Jahres  habe  ich  micli  aus- 
schliesslich  mit  der  Untersuchung  der  Turbellarienfauna  der 
Umgebung  von  Basel  beschâftigt.  Im  Begriffe  die  iiber  die 
Dauer  von  elf  Monaten  sich  erstreckenden  Beobachtungen  und 
Untersuchungen  in  den  naclifolgenden  Blattern  niederzulegen, 
mochte  ich  zuvor  meinem  verehrten  Lehrer  Herrn  Professer 
F.  ZscHOKKE  meinen  besten  Dank  ausspreclien  fiir  das  rege 
Interesse,  das  er  meiner  Arbeit  stets  entgegenbrachte,  wie 
auch  fiir  den  bewâhrten  Rat,  mit  welcliem  er  mich  so  oft 
unterstiitzte.  Herrn  Professer  Paul  Hallez  in  Lille  bin  ich 
durch  die  Uebersendung  seiner  Arbeiten,  welche  ich  mir  trotz 
aller  Bemiihungen  nicht  in  vollstiindiger  Zahl  zu  verschaffen 
wusste,  zu  grossem  Danke  verpflichtet  ;  denn  ohne  dièse  wich- 
tigen  Arbeiten  wâre  eine  nicht  unwesenthche  Liicke  in  der 
muglichst  erschôpfenden  Beriicksichtigung  der  seit  L.  von 
Graff's  Monographie  der  Turbellarien  erschienenen  Literatur 
entstanden. 


Rev.  Suisse  de  Zool..  T.  II.   1894.  15 


216  OTTO   FUHRMANN.  ' 

ALLGEMEINES 

Die  Umgebung  von  Basel  erscheint  wegen  der  geringen 
Zahl  von  stehenden  Gewâssern  keineswegs  besonders  geeignet 
fiir  eine  derartige  Untersuchung.  Trotzdem  war  die  Ausbeute 
an  bekannten  sowohl  als  an  neuen  Arten  eine  unerwartet 
reiche. 

Bei  der  Untersuchung  und  Verarbeitung  des  Materials  folgte 
ich  den  detaillirten  Angaben  von  ton  Graff  und  von  Braun. 
Immer  war  ich  bestrebt  an  den  lebenden  Tieren  muglichst  weit 
in  die  Organisation,  namentlich  des  Geschlechtsapparates  ein- 
zudringen.  Bei  einigen  Turbellarien,  so  namentlich  den  blin- 
den  Mesostomen,  ist  trotz  Opferung  einer  grossen  Zahl  von 
Exemplaren  wegen  der  grossen  Zartheit  der  Organe  und  der 
desswegen  gleichmâssigen  Durchsichtigkeit,  oder  wegen  der 
vollstândigen  Undurchsichtigkeit  des  Korpers  fast  nichts  oder 
gar  nichts  zu  sehen  ;  hier  liefert  allein  die  Anfertigung  liicken- 
loser  Schnittserien  und  die  nachherige  Reconstruction  ein  be- 
friedigendes  Bild  der  innern  Organisation. 

Die  Fixirung  wurde  fast  ausschliesslich  mit  warmer  concen- 
trirter  Sublimatlôsung  vorgenommen,  dem  bewiihrtesten  Tô- 
tungsmittel  fiir  Turbellarien.  Nach  vorsichtigem  Ausziehen 
des  Sublimâtes  in  schwachem  Alkohol  werden  die  Objekte  in 
den  steigenden  Concentrationsstufen  des  Alkohols  gehârtet  und 
dann  gefârbt.  Schone  Resultate  gaben  die  Anwendung  von 
Boraxcarmin,  besonders  aber  die  Schnittfarbung  der  in  alko- 
holischem  Boraxcarmin  durchfiirbten  Objecte  mit  bleu  de  Lyon, 
ein  Verfahren  das  besonders  zu  empfehien,  da  mit  dieser 
Doppelfàrbung  iiberaus  deutliche  Bilder  erhalten  werden.  Fiir 
Dendrocœlen  wandte  ich  mit  gutem  Erfolg  ausser  Borax- 
carmin  Indigo-Boraxcarmin  an. 

Die  Turbellarienfauua  von  Livland  ist  nach  den  Beobach- 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  217 

tungen  von  Braun  besonders  reicli  entfaltet  in  den  kleinen 
Tiimpeln  und  Grliben,  die  in  der  Mitte  des  Sommers  aus- 
trocknen,  wahrend  die  kleineren  und  grôsseren  Teiche  mit 
constantem  Wasser  weniger  Turbellarienarten  enthalten.  Mir 
standen  nur  Gewilsser  der  letzten  Kategorie  zur  Verfiigung, 
deren  Turbellarienfauna  indessen  zum  Teil  eine  selir  reiche 
war.  Entgegen  den  Beobachtungen  von  Braun  (1885)  und 
Zacharias  (1892),  nach  welchen  die  Hauptentfaltung  der 
Turbellarien  in  den  Friihling  fallt,  fand  ich,  dass  sich  die 
grôsste  Zabi  von  Arten  in  den  meisten  Teicben  erst  in  den 
Monaten  Juli  und  August  zeigte.  Einzehie  Gewâsser,  und 
es  sind  dies  diejenigen  welche  das  ganze  Jahr  hindurch 
Sommer  und  Winter  dieselbe  Végétation  besitzen,  zeigen 
immer  dieselben  Formen  ;  hier  iiberwiegt  nur  bald  die  eine, 
bald  die  andere  Species  an  Zabi  ihre  Stammesgenossen.  Die 
Zabi  der  Individuen  an  diesen  Orten  war  meist  eine  geringere 
zur  Winterszeit  und  unter  dem  Eise.  Einzig  Gijrator  hernia- 
phroditiis  Ebbg.  und  Stenostoma  leucops  0.  Scb.  fanden  sich 
das  ganze  Jahr  gleich  bâufig  vor,  wahrend  die  librigen  Arten 
Macrostoma  hystrix  Oe.  Mesostoma  l'mgua  0.  Sch.,  Mesostoma 
trunculum  0.  Scb.,  Vortex  truncatus  Ebbg.  und  Vortex 
Schmidtii  Graff  und  Berostoma  tmipunctatum  Oe.  und  JJero- 
stoma  cœcum  nov.  spec.  unter  dem  Eise  nur  in  wenigen 
Exemplaren  zu  finden  waren.  Von  Berostoma  cœcum  fand 
ich  am  10.  Dezember  unter  einer  10  cm.  dicken  Eis- 
decke  ein  Exemplar,  dessen  Utérus  ein  legereifes  Ei  ent- 
hielt,  ein  Beweis,  dass  ebensowenig  wie  das  Leben,  die 
gescblechtliche  Tâtigkeit  wahrend  des  Winters  vollstândig 
erlischt.  Dasselbe  gilt  auch  fïir  die  Dendrocœlen,  von  wel- 
chen aile  hier  vorkommenden  Arten  Sommer  u.  Winter  zu 
finden  waren. 

Zur  Uebersicht  der  Verteilung  der  39  Turbellarienarten 
auf  die  verscbiedenen  regelmàssig  durchsuchten  Gewâsser  der 


218  OTTO   FUHRMANN. 

Umgebung,  gebe  ich  hier  eine  Zusammenstellung  der  in  jedem 
einzelnen  gefandenen  Formen.  Die  einzelnen  Wasserbecken 
sind  der  Grosse  nacli  angeftihrt  ;  das  erste  hat  einen  Flâchen- 
inhalt  von  ungefâhr  8000  m%  wàhrend  das  zweite,  dritte, 
vierte  und  filnfte  eine  Oberflâche  von  ca.  120  m',  die  iibrigen 
nur  ca.  5 — 15  m'  Flâcheninlialt  besitzen. 

1.  Der  Sumpf  von  Neudorf  mit  den  verschiedenartigsten 
iippig  wuchernden  Wasserpflanzen  bewachsen  (^Schilf,  See- 
rosen,  Potamogeton,  Ceratophyllum,  Chara  und  Algenrasen), 
enthâlt  die  grôsste  Zabi  von  Arten. 

Macrostoma  hystrix  Oe.. 
Microstoma  lineare  Oe., 
Stenosfoma  leiicops  0.  Sch., 
Mesostoma  Ehrenbergii  0.  Sch., 
•    Mesostoma  lingua  0.  Sch., 
Mesostoma  rostratum  Ehbg. , 
Mesostoma  producfum  Leuk. 
Mesostoma  viridatiim  M.  Sch., 
Mesostoma  armatum  nov.  spec, 
Castrada  radiata  Mûller  (Graff), 
BotJiromesostoma personatum  0.  Sch., 
Vortex  truncatusYAihg.^ 
?  Yortex  Graffii  Hallez., 
Vortex  triquetrus  no\ .  spec. , 
Vortex  infimdibidiformis  nov.  spec, 
Gyrator  hermapJiroditus  Ehbg., 
Folycelis  nigra  Ehbg. , 
Dendrocœlum  lacteum  Oe., 
Emea  lacustris  Dupl.  '. 

'  Dièse  intéressante  Siisswassernemertine  ist  bis  jetzt  nur  an  wenigen 
Orten  gefunden  worden,  wesslialb  icli  sie  anfuhre.  Eine  eingehende  Beschrei- 
bung  hat  Duplessis  (1893)  geliefert.  Die  Litteratnr  uber  dièse  Art  findet 
sich  im  Forschungsberichte  der  biologischen  Station  zu  Pion  T.  JI.  1894 
zusamniengestellt. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  219 

2.  Der  Teich  von  Kleinhuningen  ist  diclit  bewachsen 
mit  Elodea  canadense  und  Potamogeton  und  teilweise  bedeckt 
von  Lemna.     Seine  Turbellarienfauna  besteht  ans  : 

Macrostoma  liystrix  Oe., 
Microstonia  Uneare  Oe., 
Stenostoma  leucops  0.  Sch., 
Mesostoma  lingua  0.  Sch.^ 
Mesostoma  viridatum  M.  Sch., 
Bothromesostoma personatum  0.  Sch., 
Gyrator  liermaphroditus  Ehbg., 
Vortex  truncahis  Ehbg., 
Pohjcelis  nigra  Ehbg., 
JDendrocœlum  lacteum  Oe.. 

3.  Im  Schlossweiher  von  Inzlingen,  der  ganz  bedeckt 
ist  von  Lemna,  finden  sich  : 

Stenostoma  leucops  0.'  Sch., 
Vortex  truncatus  Ehbg., 
Vortex  armiger  0.  Sch., 
Vortex  fiiscus  nov.  spec, 
Vortex pict us  0.  Sch.. 

4.  Der  Weiher  von  AUschwil,  mit  iihnUcher  Flora  wie 
der  Teich  von  Kleinhuningen,  beherbergt  nur  wenige  Formen, 
es  sind  dies  : 

Macrostoma  hgstrix  Oe., 
Vortex  armiger  0.  Sch., 
Vortex  truncatus  Ehbg., 
Mesostoma  viridatum  M.  Sch., 
Folycelis  nigra  Ehbg.. 

5.  Der  Sumpf  von  Michelfelden  ist  dicht  bewachsen  mit 
Myriophyllum  und  Ceratopliyllum,  dazwischen  Teppiche  von 
Algen.  Er  birgt  folgende  Formen  : 


220  OTTO   FUIIRMANN. 

Stenostoma  leitcops  0.  Sch., 
Stenostoma  agile  Silliman., 
Mesostoma  lingua  0.  Sch., 
Mesostoma  viridatum  M.  Sch., 
Mesostoma  minimum  nov.  spec, 
Castrada  radiata  Millier  (Graff), 
Bothromesostoma  personatum  0.  Sch., 
Gyrator  hennaphrodttiis  Ehbg., 

6.  Der  Feuerweiher  von  Mûnchenstein,  fast  pilanzen- 
leer,  besitzt  Sommer  und  Wiiiter  dieselbe  Fauna,  die  sich 
zusammensetzt  ans: 

Stenostoma  leucops  0.  Sch., 
Mesostoma  truncidum  0.  Sch., 
Mesostoma  perspkuum  nov.  spec, 
Vortex  Schmidtii  Graif., 
Derostoma  unipimctatum  Oe., 
Derostoma  cœcum  nov.  spec, 

7.  Der  mit  Characeen  bewachsene  Ttimpel  bel  Istein 
enthalt  : 

Microstoma  lineare  Oe., 
Mesostoma  viridatum  M.  Sch., 
Plagiostoma  Lemani  Duplessis  (Graff). 

8.  Die  Tumpel  bel  Brislach,  erfûllt  von  Fontinalis,  be- 
herbergen  : 

Stenostoma  leucops  0.  Sch., 
Mesostoma  rostratum  Ehbg., 

Vortex  truncatus  Ehbg., 

Vortex  arniiger  0.  Sch., 

Vortex  sexdentatus  Graff. , 
?  Vortex  Graffii  Hallez.. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  221 

9.  Der  mit  Schilf  bestandene  uiid  ganz  von  Lemna  bedeckte 
Tiimpel  bei  Reinach  ist  belebt  von  folgenden  Turbellarien  : 

Stenostoma  leucops  0.  Sch., 
Mesostoma  perspicuum  nov.  spec, 
Vortex  truncatus  Ehbg., 
Vortex  armiger  0.  Sch., 
Vortex  fiiscus  nov.  spec, 
Vortex pictus  0.  Sch., 
Vortex  ruher  nov.  spec, 
Derostoma  unipunctatum  Oe., 
Gyrator  hermaphroditus  Ehbg.. 

10.  Im  Bach  der  Langen  Erlen  finden  wir  : 

Mesostomum  segne  nov.  spec, 
Vortex  truncatus  Ehbg. . 

11.  Im  Bâche  des  Augustinerholzes  finden  sich  folgende 
Turbellarien  : 

Macrostoma  viride  Ed.  v.  Ben., 
Microstoma  Uneare  Oe., 
Microstoma  canum  nov.  spec, 
Stenostoma  leucops  0.  Sch., 
ProrhgncJms  stagnalis  M.  Scli., 
Planaria  gonocephala  Dugès.. 

12.  Im  Bergbach  von  Bârschwil  halten  sich  neben- 
einander  die  drei  typischen  Planarien  des  tliessenden  Wassers 
auf: 

Polycelis  cornuta  0.  Sch., 
Planaria  gonocephala  Dugès., 
Planaria  alpina  Kennel.. 

Aus  dieser  Zusammenstellung  gelit  hervor,  dass  die  Flora 
nur  insoweit  einen  Einfluss  auf  die  Turbellarienfauna  hat,  als 


222  OTTO   FUHRMANN. 

ihr  Reichtum  mannigfaltigere  Lebensbedingungen  gewâhrt, 
und  dass  desshalb  ein  reich  bewachsenes  Wasserbecken  eine 
grôssere  Zalil  von  verscliiedenen  und  verschiedenartig  leben- 
den  und  sicli  ernàhrenden  Formen  belierbergen  kann.  Au- 
dererseits  kann  aber  auch  ein  kleiner,  wenig  oder  gleichartig 
bewaclisener  Tûmpel  reich  an  Turbellarien  sein. 

Um  die  Zahl  der  Rhabdocœlenarten  in  den  beiden  am  griind- 
lichsten  auf  ihre  Turbellarienfauna  hin  untersuchten  Gebieten, 
Livland  (M.  Braun  1885)  und  Nordfrankreich  (Paul  Hallez 
1890)  mit  derjenigen  der  Umgebung  von  Basel  vergleichen 
zu  kônnen,  gebe  ich  hier  eine  Tabelle,  welche  ausserdem  in 
der  ersten  und  letzten  Colonne  die  Zahl  der  friiher  und  der 
jetzt  bekannten  Arten  in  Europa  enthalt. 


GEXUS 


Frûher   in 
Europa 
bekaoDte 
Vrtcn 


lo 

Nord- 
Frankreicli 


iDigebuog  von  Basel 

"^""^  Neue 

bekaante 
irlen 


europâischen 
irtea 


1 .  Macrostoina 

2.  Microstoma 

3.  Stenostoma 

4.  Prorhynchiis 

5.  Mesostonia 

6.  Bothromesostoma 

7.  Castrada 

8.  Gyrator 

9.  Vortex 

10.  Derostoriia 

H.  Plagiostoma 

12.  Automolus 

Sumine  . 


30 


23 


11 


34 


Mit  der  Zahl  von  34  Rhabdocœlen  ist  die  Turbellarienfauna 
der  Umgebung  Basels  keineswegs  erschôpft,  indem  mir  noch 


Slenostoma   agile,    bis  jelzt    nur    ans    A'ord-Ainedka   hekaniit.     Silliman 


188ri. 


DIE   TURBELLAKIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  223 

eiiiige  weitere  Formen  zii  Gesiclite  kamen,  aber  immer  nur 
vereinzelt,  so  dass  icli  von  ihnen  nur  eine  ungenïigencle  Dia- 
gnose  hàtte  geben  ki'innen,  wesshalb  ich  sie  unberiicksichtigt 
liess. 

Da  bis  jetzt  selir  wenige  Parasiten  von  Susswasserturbella- 
rien  bekannt  geworden  sind  und  es  mir  gelungen  ist,  einige 
aufzufinden,  so  will  ich  dieselben  in  einem  besondern  Abschnitt 
kiirz  beschreiben,  in  welcliem  ich  aiich  wieder  die  von  Hallez 
(1879)  als  Krystalloïde  bezeichneten  Gebilde  aïs  Parasiten 
anfûlire  und  genauer  schildere. 

PARASITEN 

Von  Parasiten  kennen  wir  bis  jetzt,  ausser  den  pflanzlichen 
Schmarotzern,  nur  den  von  voN  Graff  aïs  Epizoon  des  Vor- 
tex  sexdentatus  Graff  gefundenen  Coleps  Jiirtus  Ehrbg..  Im 
Herbste  fand  ich  im  Parenchym  von  zwei  mit  Eibildung  be- 
schiiftigten  Einzelindividuen  von  Stenostoma  leucops  zahlreiche 
holotriche  Infusorien  (Fig.  2),  in  der  Seitenansicht  von  boh- 
nenfôrmiger  Gestalt.  Sie  waren  namentUch  um  das  Ovarium, 
welches  die  Darmwand  weit  von  der  Leibeswand  weggepresst  und 
so  einengrossen  Leibesraum  hergestellt  hatte,  besonders  zahl- 
reich.  Bei  Mesostoma  rostratum  fand  ich  ein  einziges  Mal 
mehrere  unbewegliche,  von  starker  Zellhaut  umgebene  Gebilde, 
die  ich  fur  Gregarinen  halte. 

Die  von  P.  Hallez  (1879)  als  Krystalloide  gedeuteten 
Gebilde  sind  zuerst  von  Schneider  (1873)  aufgefunden  und 
von  ihm  aïs  Parasiten  des  Mesostoma  Ehrenbergii  beschrieben 
worden.  Hallez  fand  sie  bei  Mesostoma  Ehrenbergii  und 
Castrada  radiata;  dieselben  Gebilde  hat  Lippitsch  bei  Dero- 
stoma  unipimctatum  und  ich  bei  Mesostoma  Ehrenbergii,  Me- 
sostoma lingua,  Mesostoma  rostratum,  Bothro mesostoma  per- 
sonatum,  Vortex  triquetrus  und  Vortex  armiger  gefunden.     Sie 


224  OTTO    FUHRMANN. 

unterscheiden  sich  in  den  verscliiedenen  Arten  nur  durcli  die 
verschiedene  Grosse  und  Zahl  der  Flâchen.  die  iibrigens  bei 
den  „  Krystalloiden  "  dessselben  Individuums  oft  eine  ver- 
schiedene ist.  H  ALLEZ  liiilt  dièse  Gebilde  fiir  organische 
Krystalloiden  und  glaubt,  dass  sie  Reservenahrungsstoffe  dar- 
stellen,  mit  Hilfe  welcher  die  Tiere  ûberwintern.  Die  Krys- 
talloiden sollen  im  Herbste  auftreten  und  eine  Verminderung 
der  Beweglichkeit,  die  sich  bis  zur  fast  vollstilndigen  Unbe- 
weglichkeit  steigert,  im  Gefolge  haben.  In  diesem  immobilen 
Zustande  ûberwintern  die  Tiere.  Meine  Beobachtungen  an 
den  zahlreichen  verschiedenen  Arten  nôtigen  mich  die  Ansiclit 
Hallez  iiber  die  Natur  dieser  Gebilde  als  nicht  zutreffend 
zu  halten.  Leider  sind  mir  immer  nur  Tiere  zu  Gesichte 
gekommen,  bei  welchen  das  Parencliym  bereits  ganz  erfiillt 
war  von  ., Krystalloiden",  so  dass  ich  die  Richtigkeit  der 
von  Hallez  angegebenen  Art  ihrer  Entwicklung  nicht  nach- 
priifen  konnte. 

Die  ersten  mit  diesen  Gebilden  erftillten  Turbellarien  fand 
ich  im  Juni.  Es  betraf  Mesostoma  Ungua  mit  einer  grosseren 
Zahl  von  Sommereiern  ;  auch  junge  dieser  Species  und  spiiter, 
im  August  und  September,  solche  mit  Wintereiern,  zeigten  die 
eigentiimliche  Erscheinung.  Bei  den  iibrigen  oben  citirten 
Species,  welche  ich  nur  vereinzelt  in  diesem  Zustande  fand, 
waren  die  meisten  behafteten  Exemplare  in  voiler  geschlecht- 
licher  Fortpflanzung  begriffen.  Sie  zeichneten  sich  durch  ihre 
Tragheit  aus  und  starben  aile  nach  klirzerer  oder  liingerer 
Zeit,  eine  Beobachtuug  die  auch  Schneider  gemacht,  der 
erzilhlt:  ,,Im  Herbste  1871  starben  fast  aile  Tiere  an  diesem 
Parasiten,  im  Jahre  72  ist  er  nur  an  einem  Tiere  aufgetreten.  " 
Schon  das  friihzeitige  Auftreten  in  Mitten  der  Lebensperiode 
und  an  so  verschiedenen  Punkten  der  individuellen  Entwick- 
lung spricht  gegen  die  Natur  dieser  Gebilde  als  Reservevor- 
rilte.     Vollkommen  aile  Wahrscheinlichkeit  verliert  dièse  An- 


DIE    TURBELLARIEN   UER   UMGEBUNG    VON   BASEL.  225 

sicht,  wenn  wir  den  Bau  der  fraglichen  Kôrper  eingehender 
untersuchen.  An  Zerzupfungspriiparaten,  die  mit  Boraxcar- 
min  gefilrbt,  sowie  auf  Schnittserien  diirch  infizirte  Tiere, 
sehen  wir  im  Innern  der  scheinbareii  Pentagondodekaëder  ein 
homogènes  Protoplasmakllimpclien,  das  bei  erst  gebildeten 
Cysten  noch  einen  Kern  enthâlt,  der  aber  bald  verschwindet. 
Ein  Vorgang  wie  er  sich  ahnlich  bei  sich  enc}  stirenden  Infu- 
sorien  abspielt.  Was  nun  die  Hillle  anbetrifft,  deren  Ver- 
lialten  gegen  Siluren  und  Basen  Hallez  eingehend  studirt,  so 
bestelit  dièse  ans  meist  pentagonalen,  seltener  vier-  oder  drei- 
eckigen  Flixchen,  deren  Kanten  diinne  Leisten  aufgesetzt  sind. 
Dièse  stossen  zu  drei  oder  vier  in  einer  Ecke  zusammen, 
wodurch  dann  im  optischen  Durchschnitt  (Fig.  la)  der  ganze 
Umfang  des  Korpers  mit  einer  Anzahl  feiner  Spitzchen  besetzt 
erscheint,  die  bei  genauem  Zusehen  unter  sich  durch  wenig 
gefiirbte  Membranen,  die  Leisten,  verbunden  sind.  In  dem- 
selben  Turbellar  kommen  Cysten  von  verschiedener  Grosse 
vor,  die  grossten  bei  Mesosfoma  lingua  sind  0,014  mm.  gross, 
wâhrend  die  gewôhnliche  Grosse  0,0097  mm.  ist. 

Auch  die  Dendrocœlen  haben  ihre  Schmarotzer,  die  den 
verschiedensten  Tiergruppen  angehôren.  Hallez  hat  in  seiner 
grossen  Arbeit  ,,  Contributions  à  l'histoire  naturelle  des  Tur- 
bellariés  "  bereits  mehrere  beschrieben  und  abgebildet.  Auf 
dem  Riicken  von  Polycelis  nigra  fand  sich  nicht  selten  eine 
Trichodine  in  grôsserer  Zahl  und  zwar,  wie  bereits  Jijima 
(1884)  beobachtete,  der  2  verschiedene  Species  auf  dem 
Riicken  von  Planaria  polycliroa  antraf,  hauptsiichiich  am 
Kôrperrande  dieser  ïiere. 

Der  muskulose Phaiynx  von  Planaria gonocephala  enthalt  hie 
u.  da  einen  kleinen  eingekapselten  Nematoden.  In  der  Pharyn- 
gealtasche  derselben  Species,  selten  in  den  iiussersten  Verzwei- 
gungen  des  Darmes,  findet  sich  ein  Parasit  Discophrga  spec. 
Stein^  den  ich  leider  nur  auf  Schnittserien  untersuchen  konnte. 


226  OTTO   FTHRilAXA. 

Et  ist  von  eylindrischer  Gestalt.  0.31  mm.  lang.  vorn  mit  einer 
von  starker  Cuticala  âusgekleideien  Haftgnibe  Terseheu.  mit 
welcher  er  âch  an  der  Wândung  der  Hôhle  festhâlt.  Der  am 
Hinterende  sich  rasch  zuspitzende  Kôrper  ist  Ton  feiner  Cati- 
cula  mnliQllt,  nnd  bedeckt  von  einem  0.00S4  mm.  hohen  Cilien- 
kleid.  Dâs  Protoplasma  des  einzeiligen  Tierkôrpers  ist  von 
feinen  KOrnern  erfulli.  die  sich  namentlich  in  der  Umgebtmg 
de^  0,011  mm.  im  Durchmesser  messenden.  stàbformigen  Ker- 
nes  besonders  dicht  anhanfen.  Solche  Tiere  finden  sich  bis 
zu  S  Stnck  in  der  Plianmgeâlh«:«lile  beisammen.  aile  oben  am 
Ansàtzpnnkî  des  Pharynx  an  der  TVand  der  Hôhle  angeheftet. 
In  der  Systematik  der  RabdocoBlen  habe  ich  mich  dem  von 
Tox  Geaff  in  seiner  klassischen  . .  Monographie  der  Turbella- 
rien  "  anfgesieliten  System  angeschlossen  und  seine  Diagnosen 
der  einzelnen  Untei^roppen  wôrtlich  in  meiner  Arbeit  ange- 
fahit.  dâbei  die  wenigen  Yerbessenmgen.  die  in  jûngsier  Zeii 
gemachî  worden  sind.  bemcksichtigend.  Fur  die  Einteiloug 
der  Tricladen  hat  mir  eine  Arbeit  von  Paul  Hat.t.kz  (1890  » 
vorgelegen.  welcher  sich  der  ebenso  mûhevollen  als  ver- 
dankenswerten  Arbeit  nnterzog.  aile  bekaimten  Tricladen  mit 
ihreji  Synonimen  znsâmmenznsîellen  nnd  in  ein  System  zu 
ordnen.  -  :.ii  anch  in  dieser  Abt^ilung  der  Turbellarien 

Ordn:ir^  .  :.  vrcrden  ist. 

^pezieller  Teil. 

I.  Ordxog:  RHABDOCŒLIDA  Giaff. 

Tribus  Rhabdocœla  Grafi. 

I.  Faa-ttt  :  AlACROSTO^nDA  Ed.  v.  Ben. 

. .  Rhâb)iocœiâ  mit  zwei  Geschlechtsoffilangen.  die  weibliche 
Tor  der  mànnlichen  gelegen:  mit  Ovarien,  ohne  weibliche 
Hôlisapparate  :  mit  Pharynx  simplex.  " 


DIE    TTBBELLARIEX  DEB  UMGEBUSG  VOX   BAaEL.  22  i 

1.  Genns:  MAŒOSTOiiA  Ed.  v.  Ben. 

..  MacTOstomida  ohne  Otolithen.  rlten  Ovarien  und 

compacten  Hoden.  Mund  bauchstï;.    .         -..  dem  rxehini.  •■ 

1.  Macrosioma  hystrix  Oe. 
Graff  1882,  Silliman  1885.  Braun  18^- 

Diese  Art.  intéressant  dorch  ihr  York-:  ^   ââssen 

-àlzigen  und   Bractvrasser.   kommt  hier  nur  rereinzelt  bei 
Allschwil.  im  Sumpfe  von  Nendon      "  "'      '      :  .^en  vor. 

2.  Macrostcma  nride  Ed.  v.  Len. 
Graff  188i  Braon  1885,  Zzebaiiàs  1891. 

Vollkommen  farblos.  selten  melir  als  l.ô  '     .    !  !  '  ' 

Tî'kennbar  an  dem  spiralig  gewundenen  P-ri.  — 

beren  an  der  Vesicola  seminalis  befestigten  TeîL  mehrere  in 
-leichen  Abstanden  stehende  Maskelansâtze.  in  Form  von 
jegen  die  Spitze  der  Chitinrôhre  zu  verstreiehenden  Chitin- 
lammen  besitzi.  Die  weibliche  Cieschlechtsûraning  ist  um- 
-  relit  von  zablreichen  Drûsen.     Geisselhaare  g:  len 

-ànzen  KOrper.  sind  aber  besonders  am  Vorder-  :  :êil 

in  grôsserer   Zabi    vorhanden.     Das  beim  Anheften  spatel- 
:  'rmig  verbreiîerte  Ende  zeigt  in  dieser  Stellong  "  'en. 

lie  bei  der  freischwimmenden  z'r'~-z~zz  zich:  - 

Fundoii:   Den  ganzen    S  rse  Ar: 

im  Bâche  des  Augustinerholzei  r^r.  '.vît  :.  in 

•venigen  iEjsemplaren  zu  rreuen. 

n.  Fa^hue  :  AnCEOSTCOUDA  0.  Schm. 

.,  Ehabdocœla    mit    geschlechtlicher    und    zugleich    unge- 
schlechtlicher  Fortpflanzang  :  mit    wahrscheinlich  stets-  ein- 


228  OTTO    FrHRMANN. 

faclien  Ovarien,  oline  weibliclie  Hïilfsapparate  ;  mit  Pharynx 
simplex.  " 

2.  Genus  :  Microstoma  0.  Sclim. 

„  Microstomida  mit  getrennten  Geschlechtern  und  com- 
pacten  Hoden.  Korper  gleiclimâssig  bewimpert,  mit  Wimper- 
griibchen  und  einem  pr?eœsophagealen  Darrablindsack.  "■ 

3.  Microstoma  lineare  Oe. 

Fig.  4,  5,  6. 

M.  Sclmltze  18i9,  Metsciinikoff  1878,  Gratl'  1882,  Silliman  188o,  Braun  1885, 
Zacharias  1885,  Laiidsberg  1887,  Hywosch  1887,  Wagner  1889. 

Die  Microstonien  sind  in  neuester  Zeit  der  Gegenstand 
eingehender  Untersuchungen  gewesen.  Landsberg  liât  die 
ganze  Familie  genauer  untersucht  und  dabei  die  histologischen 
Befunde  von  Graff's  ergiinzt.  Rywosch  und  Bohmig  (1889) 
liaben,  Ersterer  bei  Microstoma  lineare,  Letzterer  an  3ïicro- 
stoma  pa])ïllosum  Graff,  die  bis  jetzt  noch  sehr  unvollkommen 
bekannten  Geschlechtsverhiiltnisse  eingehender  studirt  ;  endlich 
haben  Sillbian,  Vejdoysky  und  Zacharias  das  Vorhanden- 
sein  eines  Wassergefasssystems,  das  seit  M.  Schultze  nicht 
mehr  gesehen  worden,  bestiitigt  und  die  Beobachtungen  dièses 
trefflichen  Forschers  ergânzt. 

Dièses  tiber  ganz  Europa  verbreitete,  neuerdings  von  Silli- 
man auch  in  Nord-Amerika  aufgefundene  Turbellar  ist  hier 
haufig  an  den  verschiedensten  Orten,  sowohl  in  stehenden  als 
fliessenden  Gewassern  zu  finden.  Es  erreicht  eine  Liinge  von 
10  mm.  im  Maximum.  Das  vorderste  Individuum  der  Kette 
ist  keulenformig  angeschwollen  und  zeigt  ausser  den  bereits 
bekannten  Wimpergrïibchen  und  den  roten  Augenflecken  die 
als  zwei  schmale  kurze  Streifen  roten  Pigmentes  ersclieinen, 
noch  zwei  iihnliche  nur  etwas  ditt'usere  Fiecken  auf  der  ven- 


DIE    TURBELLARIEN    DER   UMGEBUNG    VON   BASEL.  229 

tralen  Seite,  die  in  ihrer  Lage  den  dorsalen  Augen  voUkommen 
entsprechen.  Solche  Pigmentflecken  zeigt  auch  das  zweite 
Individuum  I.  Ordnung,  wiihreiid  die  ubrigen  Glieder  der 
Kette  dieselben  nocli  nicht  zeigen.  Ein  gleiches  Pigment 
enthalten  auch  die  rosettenformig  die  Winipergrtibchen  um- 
scliliessenden  Epidermiszellen.  An  der  Kurperspitze  miindet 
eine  Gruppe  von  Schleimzellen  ans,  wiihrend  sicli  an  den 
ubrigen  Stellen  des  Korpers  nur  vereinzelt  solche  finden.  Die 
Epithelzellen  tragen  an  einzehien  Stellen  starre,  lange  Geissel- 
haare,  die  ahnlich  wie  bei  Planarien  zu  Bûscheln  vereinigt 
sind  (Fig.  6).  Zwischen  diesen  liegen  eingekeilt  die  Nemato- 
cysten  in  zwei  verschiedenen  Formen  entwickelt.  Die  kleinere 
von  Leydig  zuerst  aufgefundene  Form  ist  lânglich  oval  und 
von  einfachem  Bau  ;  sie  sind  immer  nur  in  geringer  Zahl  vor- 
handen.  Die  Liinge  dieser  Gebilde  schwankt  zwischen  0,0077 
und  0,012  mm.,  der  Durchmesser  ist  0,0024 — 0,0044  mm. 
(Fig.  5).  Die  zweite  Art  von  Nesselzellen  hat  voN  Graff  in 
seiner  Monographie,  Taf.  XV,  Fig.  5  abgebildet,  doch  ist  die 
Zeichnung,  die  er  giebt,  nicht  ganz  genûgend,  dem  entspre- 
cliend  die  Beschreibung  auch  eine  unvoUstândige.  Ich  habc 
die  Gebilde  genauer  untersucht  und  gefunden,  dass  ihr  Bau 
ein  viel  compliciterer  und  ihr  Mechanismus  wohl  ein  anderer 
ist,  als  bisher  angenommen  wurde. 

Die  Nesselkapseln  liegen  je  in  einer  Zelle  die  an  Quetsch- 
pràparaten,  als  heller  Hof  die  eigentliche  Kapsel  umgiebt. 
Dièse  ist  ziemlich  dickwandig,  oval,  oben  mit  einem  kurzen 
Hais  versehen  (Fig.  4).  Die  Hôhe  dieser  Kapseln  ist  0,0084- 
0,0187  mm.,  ihr  Durchmesser  0,007—0,017  mm.  Der  Hais 
ist  bei  den  grôssten  etwa  0,0022  mm.  weit  und  durch  ein 
Deckelchen  verschlossen.  Wird  nun  die  Nesselkapsel  in 
Folge  eines  Reizes  abgeschossen,  so  springt  das  Deckelchen 
auf,  der  Hais  der  vorher  0,0022  mm.  weit  war,  erweitert 
sich  plotzlich  auf  das  doppelte,  wodurch  der  ganze  an  seinem 


230  OTTO   FrHRMANN. 

Rande  angelieftete  Apparat  heraus  geschnellt  wird.  Dieser 
Apparat  besteht  aus  einem  dimnliautigen  Cylinder  von  0,007 
mm.  Lange  (^bei  einer-  Nesselkapsel  von  0,0154  mm.  Hôhe) 
der  oben  4  gelenkig  mit  ihm  verbundene  fast  eben  so  lange 
Stacheln  triigt.  Auf  dem  Cylinder  sitzt  ein  kuppelformiges 
Hiitchen  das  oben  eine  Oeffnung  besitzt,  um  welclie  4  kurze 
Spitzclien  in  regelmilssigen  Abstiinden  gruppirt  sind.  Der 
Xosselfaden  ist  am  Rande  der  Oeffnung  befestigt,  vollkommen 
solid  und  hie  nnd  da,  wenn  aucli  selten,  in  der  Mitte  mehr 
als  doppelt  so  dick  als  an  den  Enden,  ein  Beweis  dafiir,  dass 
er  niclit  wie  voN  Graff  glaubt,  gleicli  einem  Handscluihfinger 
ausgestiilpt  worden  sein  kann,  sondern  einfach  diirch  die  an 
der  Spitze  des  Kopfchens  sich  findende  Oeffnung  herausge- 
schleudert  wird.  Der  ganze  Apparat  ist  nun  so  in  der  Kapsel 
untergebracht,  dass  er  von  der  Spitze  des  Kopfchens  bis  an 
die  Ansatzstelle  am  Hais  nach  innen  gestiilpt  ist,  wodurch 
sowohl  die  gelenkigen  oberii  als  untern  Stacheln  nach  oben 
uragelegt  werden  (Fig.  4h).  Der  Faden  ist  durch  die  Oeff- 
nung eingezogen  und  aufgerollt  zu  denken. 

Der  Darmkanal  beginnt  mit  einem  von  Wimpern  ausgeklei- 
deten  Pharynx  simplex  der  in  einen  ebenfalls  bewimperten 
von  einer  Muscularis  umgebenen  Darm  fiihrt.  Metschxikoff 
giebt  in  einer  kleinen  Arbeit  ,,  Ueber  die  Verdauungsorgane 
einiger  Siisswasserturbellarien  "  an,  dass  die  flimmernden 
Darmzellen  von  Microstonia  l'meare  die  Fahigkeit  Nahrung 
direct  aufzunehmen  verloren  haben.  Dièse  Beobachtung 
Metschnikoff's  erklart  das  Yorhandensein  zahlreicher  Drii- 
senzellen  zwischen  den  Darmzellen,  welche  die  Verdauung 
besorgen.  Als  Driisenzellen  sehe  ich  die  zahlreichen  in 
regelmilssigen  Abstiinden  zwischen  dem  Darmepithel  einge- 
streuten  Zellen  mit  grobkornigem,  stark  lichtbrechendem 
Secret  vollgepfropft,  an.  Dass  dièse  Zellen  mit  Nahrungs- 
stoften  erfiillte  Darmzellen  sind,  scheint  mir  wegen  ihrer  regel- 
milssigen Yerteilung  nicht  wahrscheinlich  zu  sein. 


DIE    TURBELLARIEN    DER   UMGEBUNG   VON    BASEL.  231 

Das  Wassergefâsssystem  haben  wie  schon  bemerkt,  neuer- 
dings  Vejdovsky,  Silliman  und  Zacharias  wieder  gesehen, 
nachdem  Schultze  dasselbe  1853  entdeckt  und  wie  Silliman 
und  Vejdovsky  als  zwei  zu  beiden  Seiten  des  Korpers  ver- 
laufende  Stâmme  beschrieben  batte.  Die  getrennten  Ausfuhr- 
ôffnungen  soUen  nach  Silliman  im  Kopf  liegen,  wahrend  Za- 
charias angiebt  dass  die  beiden  Hauptstàmme  sich  nach  vorn 
in  eine  grosse  Zabi  von  Verzweigungen  auflôsen  und  ein  reiches 
Gefàssnetz,  namentlich  in  derNâhe  der  Speicheldriisen  bilden, 
mit  welchen  sie  vielleicht  in  Verbindung  stehen,  so  dass  dièse 
Driisen  eine  excretorische  Function  besàssen.  Ich  habe  eben- 
falls  ein  reiches  Gefàssnetz  beobachten  konnen,  das  aber  nicht 
nur  um  die  Speicheldriisen  sondern  auch  in  den  iibrigen  Teilen 
des  Korpers  entwickelt,  in  den  letzteren  aber  viel  schwieriger 
zu  sehen  ist.  Die  beiden  Hauptstàmme  habe  ich  nicht  auf- 
finden  konnen. 

Die  Geschlechtsorgane  habe  ich  nur  an  zwei  Tieren  beo- 
bachtet.  Beide  bestanden  aus  einer  Kette  von  2  Individuen 
und  hatten  im  zweiten  Individuum  die  mânnlichen  Genitalien 
entwickelt;  bei  dem  einen  Exemplar  besass  auch  das  erste 
Individuum  einen  Pénis  mit  Vesicula  seminalis,  dessen 
chitinôser  Teil  aber  kiirzer  und  fast  gerade  war,  Weibliche 
Ketten  habe  ich  nie  gesehen.  Trotz  der  Untersuchungen 
von  Rywosch  und  Bôhmig  sind  wir  noch  nicht  zu  einer  klaren 
Einsicht  in  die  Geschlechtsverhâltnisse  dieser  Tiergruppe  ge- 
kommen. 

Fundorte  :  Neudorf,  Augustinerholzbach,  Kleinhtiningen, 
Istein. 


Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  16 


232  OTTO   FUHRMANN. 

4.  Microstoma  canimi'  nov.  spec. 

Fig.  7  lyid  8. 

3Iicrostoma  canum  ist  ein  iiusserst  lichtsclieues  Tierchen, 
das  sich  meist  versteckt  hait,  wesslialb  es,  da  es  dazu  nocli 
vollkommen  die  sclimutzig  graue  Farbe  des  Untergrundes  be- 
sitzt,  sehr  schwer  zu  finden  ist.  Die  Ketten,  die  bis  2  mm. 
lang  werden,  bestehen  aus  4  oder  8  Individuen^  von  welchen 
das  vorderste  beim  freien  Schwimmen,  wie  bêi  Microstoma 
Imeare  keulenfôrmig  angeschwollen  ist.  An  der  Kopfspitze 
munden  zalilreiche  Drïisen  aus.  Augenflecken  und  ebenso  die 
Nesselkapseln  felilen  vollkommen.  Die  Wimpergrûbclien  liegen 
hinter  dem  Geliirn  etwa  auf  der  Holie  der  Mundoffnung  und  sind 
tiefe  Einstûlpungen  der  Epidermis  mit  eigentûmlich  geformter 
Oeffnung  die  von  stàrkeren  Wimpern  umgeben  (Fig.  8).  Das 
Hinterende  ist  in  ein  ziemlich  langes  Scliwânzclien  ausgezogen 
und  tràgt  feine  Geisselhaare.  Pharynx  und  Darm  sind  wie 
der  ganze  Kôrper  bewimpert.  In  den  Pharynx  munden  zalil- 
reiche Driisen.  Der  Darm  mit  weit  nach  vorn  reichendem 
prseœsophagealem  Blindsack  besitzt  eine  Epithelauskleidung, 
deren  Zelleu  in  der  Mitte  fast  senkrecht  zur  Lângsachse  stehen, 
wàhrend  sie  im  Vorder-  und  Hinterteil  des  Darmes  stark  gegen 
die  Mitte  convergiren,  die  vorderen  also  nach  liinten,  die 
hinteren  nach  vorn  gerichtet  sind  ;  da  das  Lumen  des  Darmes 
iïberall  dasselbe,  so  sind  die  vorderen  und  hintern  Darmzellen 
langer  als  die  der  Mitte.  Sie  sind  von  keulenformiger  Gestalt 
reich  an  grossern  und  kleinern  Vacuolen  mit  verschieden  fârb- 
barem  Inhalt  erfiillt  ;  nur  an  der  Basis  wo  gewohnlich  auch 
der  Kern,  der  etwas  in  die  Liinge  gezogen  ist,  liegt,  ist  das 

1  01)  dièse  Species  ideiitiscli  ist  mit  der  vou  Zacliarias  (181)4)  uiiter  dem 
Xameii  Microstoma  inernie  beschriebeneu  Art,  vermag  ich  wegea  der  imvoli- 
stândigea  Diagnose  aicht  zu  eiitsclieideu. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  233 

Plasma  dichter  uiid  intensiver  gefarbt.  Zwischen  diesen 
Darmzellen  liegen  wie  bei  Microstoma  lineare  Drûsenzellen 
mit  nur  wenig  fàrbbarem  grobkornigem  Secret,  das,  da  nach 
Metschnikoff  bei  Microstoma  keiiie  intracellulâre  Verdauung 
statt  hat,  die  Auflôsung  der  Nahrung  besorgen  wird. 

Das  Gehirn  und  die  Wimpergrïibclien  sind  wie  bei  Micro- 
stoma lineare  (Landsberg  1887)  gebaut. 

Die  Geschlechtsorgane  fand  ich  nicht  entwickelt.  Vom 
Wassergefâsssystem,  das  schon  bei  Microstoma  lineare  schwer 
sichtbar,  habe  ich  bei  dieser  kleinen  Art  nichts  als  seine 
Anwesenheit  constatiren  kônnen. 

Fundort  :  Dièse  Art  war  wâhrend  des  ganzen  Sommers 
ziemlich  hàufig  im  Augustinerholzbacli  anzutreffen. 

3.  Genus  :  Stenostoma  0.  Schm. 

,,  Microstomida  mit  getremiten  Geschlechtern  (?)  und  cora- 
pacten  Hoden.  Korper  gleichmassig  bewimmpert,  mit  Wim- 
pergriibchen  und  ohne  prseœsophagealen  Darmbliudsack.  '^ 

5.  Stenostoma  leiicops  0.  Schm. 

Fig.  10. 
Graff  1882,  Landsberg  1887,  Zacharias  1891,  Ott  1892. 

Dièse  weit  verbreitete  Art  ist  in  fast  allen  stehenden  und 
fliessenden  Gewassern  der  Umgebung  in  grosser  Zahl  bei- 
sammen  lebend,  anzutreffen.  Die  Ketten  erreichen  die  Lange 
von  3  mm.,  nicht  selten  aber  auch  fast  das  Doppelte.  Sehr 
verschieden  ist  je  nach  dem  Fundort  die  àussere  Gestalt. 
In  schnellfliessenden  Bàchen  sind  die  Ketten  weissen  Fâdchen 
gleich  ;  in  stehenden  Gewassern,  vor  allem  die  in  dem  an 
Turbellarien  se  reichen  Sumpfe  von  Neudorf  sich  findenden, 
sind  viel  dicker  und  kurzer  mit  einem  von  der  Nahrung  gelb 


234  OTTO   FUHRMANN. 

gefârbten  Darm.     Von  diesen  beiden  Extremen  sind  an  andern 
Fundorten  die  Zwischenstufen  zu  finden. 

Das  Wassergefâsssystem  habe    ich  als   einfachen  Stamm, 
der  vor  der  hinteren  Kôrperspitze  ausmûndet,  immer  leicht 
erkannt.     Dieser  Stamm   verlâuft  nach  vorn,  uni  liber  dem 
Gehirn  wieder  nach  riickwârts  zu  gehen,  wo  er  sich  dann 
bald  in  feine  Aeste  auflosen  soll  (Graff),  was  mir  wie  aucli 
Zacharias,    entgangen  zu  sein  scheint.     Umkleidet  ist  der 
Gefâssstamm  von  einer  dicken  Plasmaschicht  die  glànzende 
Granulae  enthalt.     Ott  findet  „  the  wall  of  the  tube  lined 
with  cubical  ciliated  cells  "  ;  solche  habe  ich  nicht  gesehen, 
wohl  aber  eine  starke  Strômung  im  Innern  des  Hauptstammes. 
Ueber    die   Geschleclitsverhàltnisse    sind    wir    bei    diesem 
Genus  noch  sehr  schlecht  orientirt.     Es  sind  bis  jetzt  mit 
Sicherheit  nur  die  Ovarien  bekannt.     Die  Ovarien  entsprossen 
dem  Darmepithel  und  sind  desshalb  von  der  Muscularis  des 
Darmes  umgeben,   welche  sich  contrahirend  rasch  voriiber- 
gehende  Einschniirungen  an  ersteren  erzeugt.   Auf  dièse  Weise 
lâsst  sich  ihre  Anwesenheit  schon  am  lebenden  Tiere  consta- 
tiren.     Die    Zahl   der   drei   bis    vier   Eier   umschliessenden 
Organe  kann  bis  auf   sechs    steigen  (Fig.   10),  wobei  aber 
die  meisten  Eizellgruppen  klein  sind.     Ihre  Lage  ist  die  Ven- 
tralseite  des  Darmes,  an  welcher  sie  meist  das  vordere  Drittei 
einnehmen.     Die  einzelnen  Eizellen  enthalten  einen  grossen 
Kern  mit  grossem  Kernkorperchen,  das  eine  oder  mehrere 
Vacuolen  enthalt.     Der  Kern  ist   umgeben   von  im  durch- 
fallenden  Lichte  dunkelerscheinenden  groben  Kôrnern,  durch 
welche  er  verdeckt  wird.     Die  Weiterentwickelung  der  Ovarien 
und  die  Bildung  von  legereifen  Eiern  habe  ich  leider  nicht 
verfolgen    konnen.     Die    von    Vejdovsky    zuerst    gesehene 
,,  ovale  Druse",  welche  hinter  dem  Gehirn  dorsal  ausmiindet, 
ist  von  SiLLiMAN   bei   Stenostoma  agile  und  leuco^^s  wieder 
aufgefunden  und  folgendermassen  beschrieben  worden:  ,,  das 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  235 

Lumen  ist  weit  und  entlialt  ofters  Gebilde,  die  man  leiclit  fiir 
Sperma  in  anderen  Fâllen  fiir  Eier  halten  kunnte.  "  Ich 
liabe  dièse  Driise  an  melireren  mit  Ovarien  versehenen  Einzel- 
individuen  geselien;  hiemit  fâllt  die  Annahrae  Silliman's, 
dass  sie  Eier  entlialten  konnte,  dahin,  ob  sie  nun  Sperma 
enthâlt  oder  welclies  iiberhaupt  ihre  Function,  vermag  ich 
nicht  zu  sagen.  Nach  meinen  Beobachtungen  bestelit  dièse 
Driise  aus  grossen  Zellen,  welche  einen  Raum  umschliessen, 
der  von  einem  Secret  unbestimmbarer  Natur  erfiillt  ist.  Der 
Ausfiihrgang  ist  kurz  und  mit  einer  Muscularis  versehen,  die 
namentlich  die  Riugmuskeln  deutlich  zeigt.  Landsberg  hat 
in  derseiben  Kette,  die  auch  das  Ovarium  enthielt,  paarige 
Hoden  in  der  Anlage  als  kurze  Striinge  dicht  hinter  dem 
Gehirn  gelegen,  gesehen. 

Fîindort:  Stenostoma  leucops  ist  in  fast  allen  Gewâssern 
der  Umgebung  zu  iinden,  besonders  hitufig  im  Augustinerholz- 
bach,  im  Sumpfe  von  Neudorf  und  Michelfelden. 

6.  Stenostoma  agile  Silliman. 

Fig.  9. 
SiUimau   1883. 

Silliman  hat  dièse  Species  in  Monrœ  County  in  Nord- 
amerika  entdeckt  von  wo  sie  bis  jetzt  einzig  bekannt  war. 
Dieselbe  Art  Ivoramt  auch  hier  vor,  die  grOssten  Individuen 
sind  2  mm.  lang  und  vollkommen  farblos.  Die  sehr  beweg- 
liche  Korperspitze  ist  iiusserst  contractil  und  mit  den  bei 
Turbellarien  so  hâufigen  Borstenhaaren  besetzt.  Die  Ketten 
bestehen  aus  2  Individuen;  solitare  Formen  sind  nicht  selten. 
Die  Wimpergriibchen  liegen  sehr  weit  vorn.  Der  Pharynx 
ist  lang,  und  mit  einer  sehr  grossen  Zahl  von  Muskelfasern 
-an  der  Leibeswand  befestigt.  Ihre  Zahl  nimmt  kurz  vor  der 
Stelle  wo  der  Schlund  in  den  Darm  iibergeht  ab,  wahrend  sie 


236  OTTO   FUHRAIANN. 

nach  SiLLiMAN  gerade  dort  zahlreich  siiid.  Es  ist  dies  die 
einzige  Differenz  zwischen  der  amerikanischen  und  der  hier 
vorkommenden  Form.  Der  contractile  mit  einer  Muscularis 
versehene  Darm  ist  durch  wenige  Muskelfasern  im  Parenchym 
aufgehangt. 

Das  Gehirn  ist  zweilappig;  in  seiner  unmittelbaren  Nàhe 
liegen  die  sog.  sclilisselformigen  Organe,  die  bei  dieser  Art 
aus  einer  runden  Zelle  bestehen,  welclie  liinten  einen  stark 
lichtbrechenden  Belag  mit  einer  kleinen  Erhebung  in  der 
Mitte  besitzt  (Fig.  9). 

Das  Wassergefasssystem  besteht  aus  einem  im  letzten  Kôr- 
perdrittel  auf  der  Rûckenseite  beginneuden  aufsteigenden  Ast, 
der  vorn  umbiegt  und  dem  Darme  fa^t  aufliegend  nach  hinten 
verlauft,  \vo  er  kurz  vor  der  Schwanzspitze  ventral  ausmûndet. 
Es  ist  der  Wassergefâssstamm,  wie  bei  Stenostoma  leucops^ 
auf  seiner  ganzen  Lange  umkleidet  von  einer  den  Durchmesser 
des  Gefiisses  an  Dicke  fast  um  das  Doppelte  iibertreffenden 
Plasmaschicht,  die  namentlich  in  der  Nilhe  des  Gefâsslumens 
feine,  glânzende  Kôrner  (Excretionskorner'?')  enthâlt.  Im 
ganzen  Gefass,  namentlich  deutlich  im  Kopfteil,  sieht  man 
eine  starke ,  Stromung  des  luhaltes  gegen  den  Porus  zu. 

Es  vermehrte  sich  dièse  Art  als  icli  sie  in  einem  Graben 
bei  Michelfelden  land,  ausschliesslich  auf  ungeschlechtlichem 
Wege. 

III.  Familie  :  PRORHYNCHIDA  Dies. 

,,  Rhabdocœla  mit  getrennten  Geschlechtsôffnungen,  die 
weibliche  bauchstândig,  die  mànnliche  mit  dem  Munde  com- 
binirt.  Zwitter  mit  einfachem  Keimdotterstock  aber  ohne 
weibliche  Hiilfsapparate.     Mit  Pharynx  variabilis." 


DIE   TURBELLARIEN   DER  UMGEBUNG   VON   BASEL.  237 

4.  Genus  :  Prorhynchus  M.  Scli. 

„  Prorhynchida  mit  WimpergTubchen,  Mund  am  Vorder- 
ende  des  Korpers,  ein  cliitinuses  Copulationsorgan  vorhanden, 
Korper  fadenformig  gestreckt.  " 

7.  Prorlujncluis  stagnalis  M.  Sch. 
Graif  1882,  Braun  I88o. 

Scheint  hier  selir  selten  zu  sein,  da  icli  iiur  ein  einziges 
geschlechtsreifes  Exemplar  am  3.  Dezember  im  Baclie  des 
Augustinerholzes  fand.  Es  mass  in  ausgestrecktem  Zustande 
etwas  mehr  als  4  mm.  Wie  Ilacrostoma  hystrix  kann  sicli 
Prorhynclms  mit  dem  beim  Anlieften  spatelfôrmig  verbrei- 
terten  Hinterende  festlialten,  zu  welcliem  Zwecke  mehrere 
grosse  Drûsen  am  Rande  ausmûnden,  wâhrend  sich  Macro- 
sioma  mit  Hilfe  von  Haftpapillen  festhalt. 

IV.  Familie  :  MESOSTOMIDA  Dug. 

5,  Rhabdocœla  mit  einer  oder  zwei  Geschlechtsôffnungen, 
mit  Keimdotterstôcken  oder  getrennten  Keim-  und  Dotter- 
stôcken,  zumeist  mit  weiblichen  Hiilfsapparaten  und  stets  com- 
pacten  paarigen  Hoden;  mit  einem  bauchstândigen  Pharynx 
rosulatus.  " 

SUBFAMILIE  :  EUMESOSTOMINA  Gralï'. 

,,  Mesostomida  mit  einer  Geschlechtsôffnung,  einem  Keim- 
stock,  zwei  Dotterstocken,  Bursa  copulatrix  und  Recepta- 
culum  seminis^  mit  langgestreckten  Hoden  und  mit  in  die 
Phar}  ngealtasche  einmûndendem  Excretionsorgan.  " 


238  OTTO   FUHRMANN. 

5.  Genus  :  Mesostoma  Dug. 

,,  Eumesostomina  ohne  Otolithen,  mit  einem  in  ganzer  Lange 
als  Ausfiihrungsgang  der  mânnliclien  Sekrete  dienenden  Copu- 
lationsorgan.  " 

a)  Prosopore  Mesostomen  mit  Augen. 
8.  Mesostoma  lïroductum  0.  Sch. 

Gratr  1882,  Braiin  188o,  Zykoff  1892. 

Bis  jetzt  ist  dièse  Art  immer  nur  vereinzelt  gefunden  worden. 
einzig  Zykoff  erwàlint  sie,  als  in  grosser  Zalil  in  der  Um- 
gebung  von  Moskau  vorkommend.  Hier  liabe  ich  Mesostoma 
prodiicttmi  nur  in  Neudorf  und  dort  immer  nur  in  einzelnen 
Exemplaren  gefunden. 

9.  Mesostoma  Ungua  0.  Sch. 

Graff    1882,    Braun    1885,    Hallez    1886. 

Ich  habe  der  von  den  oben  genannten  Forschern  gegebenen 
Beschreibung  nur  einiges  beizufûgen.  Mesostoma  Ungua  bildet 
Sommer-  .und  Wintereier.  Erstere  kommen  bis  40  an  der 
Zabi  in  einem  Individuum  vor;  die  Jungen  verlassen  schon 
im  Mutterleibe  die  Eischale.  Die  Wintereier,  ebenfalls  bis 
vierzig,  werden  nacli  dem  Ausschliipfen  der  Sommertiere  in 
kurzer  Zeit  gebildet.  Das  erste  gebildete  Ei  wird  in  den 
linken  vorderen  Ast  des  Utérus  geschoben,  das  zweite  in  den 
rechten,  ein  drittes  wieder  in  den  linken  und  so  weiter  bis 
der  ganze  Utérus  angefullt  ist  mit  dickschaligen  Eiern.  Schon 
im  Muttertier  entwickelt  sich  wie  in  den  Sommereiern  ein 
Embryo,  der  in  vollkommen  ausgebildetem  Zustande  iiber- 
wintert.     Die  von  den  seitlich  gelegenen  Hoden  gebildeten, 


I 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  239 

von  VON  Gkaff  als  lange  feine  Fâden  beschriebenen  Sper- 
matozoen  besitzen  an  ihrem  Hinterende  zwei  lange  Geisseln 
die  sich  etwas  vor  der  Spitze  anheften. 

Fundorte  :  Kleinhùningen,  Neudorf  und  Michelfelden. 

10.  Mesostoma  Ehrenhergii  0.  Scli. 

Fïg.  H. 
Schmidt  1858,  Graff  1882,  Vogt  und  Yiing  1888. 

Dièses  schone  Turbellar  liât  neuerdings  in  den  ,,  Traité 
d'Anatomie  comparée  pratique  '  '  von  C.  Vogt  und  E.  Yung 
eine  monograpliische  Bearbeitung  erfaliren,  in  welclier  der 
Geschlechtsapparat  eine  Deutung  und  Beschreibung  erhalten, 
die  mit  der  libereinstimmenden  Darstellung  von  Schmidt  und 
V.  Graff  durchaus  in  Widerspruch  steht.  So  wird  zum  Bei- 
spiel  der  Pénis  als  ein  fiir  das  Sperma  niclit  passirbares 
„ organe  excitateur"  besclirieben  neben  welchem  die  Sam- 
blase  liegt.  Es  wâre  also  nach  dieser  Deutung  Mesostoma 
Ehrenhergii  in  das  Genus  Castrada  zu  stellen.  Ich  habe  bei 
dieser  grossten  Rhabdocœle  der  Umgebung  das  Gehirn  und 
die  Augen  nilher  untersucht.  Das  Gehirn  liisst  wenig  deut- 
lich  seinen  Ursprung  aus  zwei  anfangs  getrennt  angelegten 
Ganglien  erkennen,  nur  eine  selir  schwache  Einsclinûrung 
und  die  geringere  Anzalil  von  Ganglienzellen  in  der  Médiane 
deuten  dies  an.  Von  Nerven  habe  ich  vier  Paare  nachweisen 
konnen.  Ein  nach  vorn  verlaufendes  Paar,  das  sich  im  Vor- 
derende  fein  verzweigt,  ein  ventral  nach  hinten  gehendes 
Paar,  beide  schon  langst  bekannt  und  leiclit  sichtbar.  Ausser 
diesen  gehen  seitlich  ventral  und  dorsal  je  ein  Paar  ab.  Das 
Gehirn  ist  nicht  von  einer  besonderen  Kapselmembran  um- 
hûllt  wie  eine  solche  von  Lang  (1884)  fiir  die  Polycladen 
und  von  Bôhmig  (1891)  fiir  Monophorum  und  CyVmdrostoma 
nachgewiesen  worden  ist.     Es  ist  von  einem  continuirlichen 


240  OTTO   FUHRMANN. 

Ganglienzellenbelag  umgeben,  der  in  der  Mitte,  wo  die  beiden 
grossen  von  Vogt  und  Yung  beschriebenen  und  abgebildeten 
Ganglienzellen  liegen,  etwas  gelichtet  ist.  Das  centrale  Faser- 
netz  („ Punktsubstanz  "  Leydig)  ist  von  verschiedener  Dichte, 
so  dass  gewisse  Partien  als  besondere  Faserztige  hervortreten. 
Das  Fasernetz  ist  nach  Bohmig  (1891)  nur  die  Stiitzsubstanz 
des  die  Maschen  ausfûllenden  eigentlichen  Nervennetzes.  Dièse 
Stiitzsubstanz,  frilher  auch  Haller'sclies  Netzwerk  genannt, 
bezeichnet  Bôhmig  als  spongioplasmatisches,  die  FuUmasse 
als  liyaloplasmatisdies  Netzwerk.  Die  durch  besondere  Fein- 
heit  des  Xetzwerkes  ausgezeichneten  Bezirke  sind  teils  paarig 
teils  unpaar.  Am  meisten  dorsal  findet  sich  zu  beiden  Seiten 
parallel  der  Mittellinie  gelegen  ein  Faserzug  der  hinten  nach 
aussen  umbiegt.  In  dieser  Umbiegung  liegt  ein  Faserballen, 
der  tief  in  das  Ganglion  liinabreiclit.  Die  beiden  Augen 
werden  durch  einen  breiten  Balken,  der  das  Gehirn  in  seiner 
ganzen  Huhe  durchsetzt,  verbunden.  Dièses  breite  Band  giebt 
an  seinen  lateralen  dorsalen  Enden  einen  Faserzug  ab,  der 
liinten  um  den  Pigmentbecher  herumziehend  in  den  Retina- 
kolben  gelit,  wiihrend  an  seinen  ventralen  Enden  ein  iihnlicher 
Zug  nach  hinten  verlàuft  und  in  das  hintere  Nervenpaar 
iibergeht. 

Die  Augen  liegen  deui  vorderen  Teil  der  beiden  Ganglien 
auf  ;  sie  bestehen  ans  einem  dunkeln  Pigmentbecher,  in  wel- 
chem  eine  schalenforniige  Stiibchenschicht  liegt.  Zwischen 
dièse  und  den  Pigmentbecher  schiebt  sich  eine  belle  Zone 
einer  nicht  farbbaren  Substanz  ein.  Der  Stâbchenschicht 
liegt  der  brauseformige  Retinakolben  an,  der- hinten  umbiegt 
und  zum  Gehirn  verliiuft,  vorher  aber  noch  eine  nach  aussen 
gerichtete  Anschwellung  besitzt  (Fig.  11^0-  ^^^"'  li^ï^ten  also 
im  Aufbau  des  Sehorganes  dieselben  Verhilltnisse,  wie  sie  von 
BoiBiiG  fïir  Mesostoma  Craci  in  semer  neuesten  Arbeit  iiber 
die  Alloiocœlen  Turbellarien  beschrieben  worden  sind.     Einzig 


DIE   TURBELLARIEN   DER   ITMGEBUNG    VON   BASEL.  241 

die  starke  Anscliwelluiig  des  zur  Stâbchenschicht  ziehenden 
Faserzuges  ist  Mesostoma  Elirenbergii  eigentiimlicli. 
Fundort  :  Der  Sumpf  von  Neudorf. 

11.  Mesostoma  rostratum  Elibg. 

Graff  1882,  Braun  1885,  Zacliarias  1886,   Sekera  1892. 

Dièses  durclisiclitige  mit  iiiisserst  empfindlichen  und  beweg- 
liclien  Tastrûssel  versehene  Turbellar  erreicht  eine  Lilnge  von 
hochstens  3  mm.  Es  ist  vollkommen  farblos  oder  schwach 
gelblicli  gefârbt,  nur  die  Exemplare  von  Brislach  waren 
schwacb  rosarot  angehaucht.  Zacharias  hat  im  Gegensatze 
zu  VON  Graff  die  Spermatozoen  als  mit  2  Geisseln  versehen 
beschrieben,  wâhrend  letzterer  nur  eine  wahrgenommen.  Ich 
kann  die  Beobachtung  von  Zacharias  bestiitigen,  indera  schon 
mit  einer  gewohnlichen  guten  Linse  deutlich  zwei  schwingende 
Geisseln  gesehen  werden  kônnen. 

In  einem  der  vielen  Exemplare  die  ich  untersuclit,  fanden 
sicli  im  Parenchym  mehrere  gregarinenalinliche  Gebilde  ;  aucli 
sog.  5,  Krystalloïde  "  kamen  bei  zwei  Exemplaren  zur  Beo- 
bachtung. 

Fundorte  :  Besonders  zahlreich  in  dem  Sumpfe  von  Neu- 
doii,  ferner  bei  Brislach. 

l))  Prosopore  Mesostomen  ohne  Aiigen. 
12.  Mesostoma  viridatiim  M.  Sch. 

Graff  1882,  Braun  188o,  Zacharias  1886. 

Unter  diesem  Namen  und  don  von  von  Graff  zusammen- 
gestellten  Synonimen  dieser  Art  ist  wohl  manche  gute  Species 
verborgen.  Die  von  Hallez  als  TJiyplioplana  viridis  be- 
schriebene  Art,  welche  von  voN  Graff  zu  obiger  gestellt 
wurde,  scheint  mir  nicht  hieher  zu  gehoren,   da  Mesostoma 


242  OTTO    FUHRMAN^. 

viridatum  keinen  mit  Stacheln  besetzten  Pénis  besitzt  wie 
ihn  Hallez  (1879)  in  ausgestiilptem  Zustande  abgebildet 
liât. 

Eine  sichere  Bestimmung  dieser  Species  ist  nur  moglich 
wenn  Schnittserien  augefertigt  werden,  da  ara  lebenden  Tier 
fast  nichts  von  den  Geschlechtsorganen  zu  sehen  ist  als  etwa 
der  birnformige  Pénis.  Die  in  der  Umgebung  Basels  vor- 
kommende  Art  stimmt  mit  den  liickenhaften  Angaben,  die 
wir  iiber  dièse  Species  besitzen,  iiberein,  einzig  die  Epidermis, 
die  als  farblos  besclirieben  wird,  erscheint  hellgelblicli  gefârbt. 

Die  Geschlechtsorgane  zeiclinen  sich  durcli  ihren  zarten 
Bau  aus.  Das  Atrium  das  direct  hinter  dem  Pharynx  aus- 
mûndet  ist  von  holiem  Epithel  ausgekleidet.  Die  Uteri  die 
nach  vorn  und  hinten  gelien  entlialten  bis  zu  acht  liellbraune 
ovale  Eier.  Braun  (1885)  giebt  in  seiner  Arbeit  bei  3Ieso- 
stoma  viridatum,  wie  iiberhaupt  bei  allen  Tiirbellarien,  als 
Form  der  Eier  die  concav-convexe  an.  Icli  habe  solche  Eier 
nie  angetroffen,  und  glaube,  dass  dièse  Angabe  sich  dadurch 
erkliirt,  dass  die  nur  auf  Schnitten  und  in  Totalpriiparaten 
sich  darbietende  Form  als  die  der  Wirklichkeit  entsprechende 
angesehen  wurde.  Auf  Schnittprâparaten  zeigen  allerdings 
aile  hartschaligen  Eier  concav-convexe  Form,  doch  liegt  der 
sie  umschliessende  Utérus  nur  auf  der  convexen  Seite  der 
Schale  an,  und  ist  auf  der  concaven  Eiseite  ebenfalls  convex, 
zeigt  also  imnier  einen  ovalen  Durchschnitt  der  der  wirk- 
lichen  Form  des  Cocons  entspricht.  Durch  die  Conser- 
virung  werden  die  Schalen  der  Wintereier  auf  einer  Seite 
eingedriickt,  wàhrend  die  pergamentschaHgen  Sommereier 
unregelmâssig  schrumpfen.  Beides  lilsst  sich  bei  Anfertigung 
eines  Glycerin  oder  Canadabalsampràparates  unter  dem  Mi- 
kroskop  direct  verfolgen.  Die  Wintereier  entwickeln  ihren 
Embryo  wie  Mesostoma  lingua  bereits  im  Utérus.  Die  dium- 
schaligen  Sommereier  bis  zu  5  an  der  Zahl  schliipfen  sclion 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON    BASEL.  245 

im  Muttertier  aus.  Die  Jnngen  sind  vollkommen  frei  von 
Zoochlorellen,  ihr  Pharynx  liegt  liinter  der  Korpermitte  und 
die  Epidermis  ist  deutlicli  hellgelb  gefârbt. 

Der  Keimstock  ist  von  gewohnlicher  Form.  Die  Dotter- 
stocke  reiclien  weit  nacli  vorn  und  sind  besonders  hinten 
mâchtig  entwickelt.  Die  Hoden  liegen  zu  beiden  Seiten  des 
Pharynx  zwischen  diesem  und  der  Leibeswand  und  unter  den 
liber  sie  wegstreichenden  Dotterstocken.  Ihre  kurzen  Vasa 
deferentia  miinden  in  den  birnfônnigen  Pénis,  dessen  Samen- 
blase  auch  das  Kôrnersecret  enthillt.  Die  Bursa  copulatrix 
und  das  Recepianilum  seminis  konnte  ich  nicht  mit  Sicherheit 
nachweisen,  letzteres  schien  in  den  Oviduct  eingeschaltet  zu 
sein. 

Fundorfe  :  Ich  fand  dièse  Art  in  den  Siimpfen  von  Neudorf, 
Michelfelden  und  Kleinhiiningen,  ebenso  bei  Allschwil  und 
Istein. 

13.  Mesostoma  minimum  nov.  spec. 
Fig.  12. 

Die  Lange  betrâgt  nie  mehr  als  1  mm.  Die  Tiere  sind 
âusserlich  Mesostoma  viridatum  sehr  ahnlich,  wie  dièses  grtin 
gefarbt  durch  Zoochlorellen,  die  das  Parenchym  namentlich 
direct  unter  dem  Hautmuskelsclilauch  besonders  dicht  erfiillen. 
Die  Epidermis  besteht  aus  polygonalen  0,0028  mm.  hohen 
Zellen  die  mit  feinen  fast  doppelt  so  hohen  Cilien  bedeckt 
sind.  Die  Kerne  der  Zellen  sind  oval,  der  geringen  Hôhe 
des  Epithels  wegen  Hegen  sie  mit  der  Lângsaxe  parallel  der 
Lângsrichtung  des  Kôrpers,  die  schwache  Basalmembran  und 
Cuticula  beiderseits  fast  beriihrend.  Licht  percipierende  Sin- 
nesorgane  sind  keine  vorhanden.  Am  Vorderende  miinden 
zwei  Stàbchenstrassen  aus,  die  ihren  Urspruug  in  grossen  vor 
dem  Pharynx  gelegenen  Stabchenzellen  haben.     Ueber  jedem 


244  OTTO   FUHRMANN. 

Stabchenstrom  liegt  je  eine  Drûse  mit  feinkornigem  Secret, 
das  nach  der  verschiedeneii  Fârbung  zu  urteilen  von  anderer 
chemischer  Zusammensetzung  ist  als  das  der  Stabchendrusen- 
zellen.  Es  ergiessen  dièse  beiden  Drûsen  ihr  Secret  durch 
lange  Ausfuîirgilnge  an  der  Stelle  nach  aussen,  \vo  auch  die 
Stilbchenstrassen  ausmunden.  Der  Hautmuskelschlaucli  be- 
steht  wie  bei  den  meisten  Mesostomeen  aus  Ring-  und  Langs- 
muskelschicht,  beide  in  einfacher  Lage. 

Der  Pharynx  liegt  etwas  vor  der  KOrpermitte  ;  in  seine 
Pharyngealtasche  milnden  die  beiden  kurzen  Hauptstamme 
des  Excretionssystems. 

Das  Gehirn  ist  gut  entwickelt  und  zeigt  nur  eine  schwache 
Einschniiriing  in  der  Mitte.  Zahlreiche  Ganglienzellen  um- 
htillen  den  Faserballen,  der  nach  vorn,  seitwiirts  und  hinten 
je  ein  Paar  Nerven  entsendet. 

Die  Geschlechtsoffnung  liegt  etwas  hinter  der  Mundôffnung. 
Das  Atrium  ist  schlauchformig,  schwach  muskulôs  und  mit 
Epithel  ausgekleidet.  Nach  vorn  geht  von  ihm  der  unpaare 
Utérus  ab,  der  immer  nur  ein  einziges,  sehr  grosses,  hart- 
schaliges  Ei  enthiilt.  An  dem  einzelnen  Ei  ist  dièse  Species 
sofort  zu  erkennen^  da  von  den  tibrigen  Organen,  ausser  dem 
Pharynx  und  den  Stilbchenstrassen,  wegen  der  Zoochlorellen 
in  der  Regel  nichts  zu  sehen  ist  und  erst  die  Zerlegung  in 
Schnitte  einen  Aufschluss  liber  den  anatomischen  Bau  giebt. 
Die  Form  des  0^15  mm.  grossen  Eies  ist  von  der  Riicken- 
oder  Bauchseite  gesehen  eine  kreisrunde,  von  der  Seite  eine 
langlich  ovale.  Die  Schale  ist  0,0027  mm.  dick  und  dunkel- 
braun  getïlrbt.  In  das  Atrium  miinden  das  Ovarium,  die 
Dotterstocke,  die  Bursa  copulatrix  und  der  Pénis. 

Der  Keimstock  ist  kurz  mit  sehr  grossen  Eizellen,  die 
einen  hellen  0,0148  mm.  grossen  Kern  enthalten.  Sein 
Oviduct  umschliesst  das  miichtige  Receptaculum  seminis  das 
schwach   nmskulôs  und    von  Epithel  ausgekleidet    ist.     Die 


DIE   TURBELLARIEN    DEK    UMGEBUNG   VON    lîASEL.  245 

Dotterstocke  sind  selir  stark  entwickelt,  erfullen  fast  den 
ganzen  Hinterteil,  reiclien  aber  nur  bis  etwa  auf  die  Hôhe 
der  .Geschlechtsoffnung. 

Die  Bursa  copulatrix  ist  klein  und  lang  gestielt. 

Der  Pénis  ist  birnfôrmig  und  ganz  ahnlich  gebaut  wie  bei 
Mesostoma  vmdatum,  seine  Samenblase  ist  erfiillt  von  Sperma 
und  Kornersekret.  In  dieselbe  mimden  die  Vasa  deferentia 
der  zu  beiden  Seiten  des  Pharynx  gelegenen  kurzen  Hoden. 

Fundort  :  Icli  kenne  dièse  Art  nur  aus  den  Slimpten  von 
Michelfelden  wo  ich  sie  im  Juli  und  August  fand. 

14.  Mesostoma  perspicimm  nov.  spec. 

Fig.  ï'.\  und  14. 

Dièse  vollkommen  undurchsichtige,  ebenfalls  blinde  Tur- 
bellarie  erreicht  eine  Lange  von  2  mm.  Die  Farbe  ist  schwe- 
felgelb  mit  einem  Stich  in's  grlmliche.  Der  Sitz  des  Pig- 
mentes ist  die  Epidermis.  Dièse  besteiit  aus  platten  0,0084  mm. 
hohen,  unregelmàssig  polygonalen  Zellen,  die  grosse  Kerne 
von  der  Form  kleiner  Amôben  mit  kurzen  lobosen  Fortsâtzen 
besitzen.  Das  Pigment,  aus  feinen  Kôrnern  bestehend,  nimmt 
nur  den  direct  unter  der  Guticula  liegenden  schmalen  Plasma- 
streifen  ein,  wâlirend  der  basale  Teil  der  Epithelzellen  von 
Pigment  frei  bleibt. 

Der  Hautmuskelsclilauch  bestelit  aus  einer  einfachen  Schicht 
von  Ringmuskelfasern  und  aus  im  Maximum  0,003  mm. 
breiten  Làngsmuskelbândern. 

Vor  dem  Pharynx  entspringen  aus  grossen  Stâbchenzellen 
zwei  Stâbchenstrassen  die  nach  vorn  verlaufen  und  dort  mit 
einem  Paar  dorsal  gelegener  kurzer  keulenformiger  Kopfdriisen 
ausmiinden. 

Der  Pharynx  liegt  ungefiihr  in  der  Mitte  des  Kôrpers,  je 
nach  dem  Contractionszustande   etwas  vor  oder  hinter  der- 


246  OTTO   FUHRMANN. 

selben.  In  seine  Pliaryngaltasclie  mlinden  die  Hauptstamnie 
des  Wassergefasssystems.  In  den  epithelialen  Oesophagus 
mlinden  mâchtige  Speicheldriisen. 

Das  Geliirn  ist  von  massiger  Gestalt  mit  dimnem  Ganglien- 
zellenbelag.  Die  Miindung  der  Geschlechtsorgane  liegt  direct 
hinter  dem  Pharynx.  Die  Genitalien  selbst  sind  àusserst 
zart  gebaut.  Das  Ovarium  ist  ein  blindendigender  langer 
Schlauch.  Die  Dotterstôcke  reichen  weit  vor  den  Pharynx, 
werden  nach  hinten  immer  màchtiger  und  erftillen  das  Hinter- 
ende  fast  ganz.  Der  Utérus  sendet  seine  Horner  nach  vorn 
und  zu  beiden  Seiten  des  Kôrpers  aus.  Er  enthillt  bis  14  hell- 
braune  ovale  Wintereier,  deren  Làngendurchmesser  0,15  mm. 
ist.  Der  mânnliche  Gesclilechtsapparat  besteht  aus  lang  ge- 
streckten,  zum  grossen  Teil  vor  dem  Pharynx  gelegenen  Hoden, 
welche  0,042  mm.  lange^  2  Geisseln  tragende  Spermatozoen 
bilden.  Der  Pénis  hat  im  allgemeinen  die  gleiche  Form  wie 
bei  Mesostoma  viridakim,  nur  dass  er  grôsser  ist.  Seine 
Samenblase  ist  schwach  muskulos  und  wird  von  deutlich  ent- 
wickeltem  Epithel  ausgekleidet. 

Fundort  :  Ich  fand  dièse  Art  im  Feuerweiher  von  Mûnchen- 
stein,  wo  sie,  nachdem  der  Tiimpel  etwa  einen  Monat  trocken 
gelegen,  plôtzlich  in  grosser  Zahl  im  September  auftrat,  um 
nach  der  Eiablage  wieder  zu  verschwinden.  Vorher  und 
nachher  war  kein  Exemplar  zu  finden.  Ausserdem  fand  ich 
sie  noch  in  Inzlingen  (Juli)  und  Reinach  (August). 

15.  Mesostomum  segne  nov.  spec. 

Fig.  10-21. 

Ebenfalls  gelb  ist  dièse  in  fliessendem  Wasser  zu  findende 
Art,  welche  eine  Liinge  von  1,5  mm.  erreicht.  Die  Form 
ist  lang  gestreckt,  hinten  und  vorn  rasch  stumpf  endend. 
Die  Farbe  rlihrt  her  von  einem  Pigment,  das  wie  bei  Meso- 


DIE   TURBELLARIEN    DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  247 

stomum  perspicMum  in  der  âussern  Plasmaschicht  der  Epi- 
dermiszellen  seinen  Sitz  hat.  Dièse  Pigmentkiirner  stecken 
so  lose  im  Plasma  dass,  wenn  das  Tier  sich  unter  leichtem 
Drucke  zwischen  Objecttrager  und  Deckglas  bewegt,  sie  an 
dem  Glas  hângen  bleiben.  Es  zeigt  sich  die  lose  Verbindung 
mit  dem  Plasma  auch  bei  der  Fixation  mit  heissem  Sublimât 
wo  die  Kôrner  durcli  die  plotzliche  Contraction  beim  Tode 
des  Tieres  ausgestossen  werden  und  als  feiner,  gelber  Nieder- 
schlag  sich  um  das  getôtete  Turbellar  absetzen.  An  den 
platten  polygonalen  Epidermiszellen  zeichnet  sich  die  àussere 
Plasmaschicht  durch  ihre  nur  sehr  geringe  Fârbbarkeit  und 
die  feine  senkrechte  Strichelung  ans.  Das  basale  sich 
dunkelfârbende  Plasma  der  Epidermiszelle  allein  umschliesst 
den  gelappten  Kern.  Die  Zellgrenzen  lassen  sich  hier,  was 
sonst  selten  der  Fall,  auch  an  Querschnitten  sehen,  immerhin 
nur  in  der  schwachgefârbten  àussern  Plasmaschicht,  wo  sie 
als  feine  dunkle  Linien  sichtbar  sind.  Zwischen  denselben 
liegt  ein  Kern  oder  keiner^  je  nach  dem  der  Schnitt  gefuhrt 
ist. 

Das  Parenchym  ist  wegen  der  starken  Entwicklung  der 
Geschlechtsorgane  und  Drûsenzellen  nur  schwach  ausgebildet 
und  enthâlt  oft  zahlreiche  grûngelbe  Excretionskôrperchen, 
die  die  gelbe  Farbe  des  Tieres  noch  verstârken  und  dasselbe 
auch  undurchsichtig  machen.  Die  Stâbchen,  die  auf  zwei  in 
der  Gegend  des  Pharynx  entspringende  Stâbchenstrassen 
beschrânkt  sind,  vereinigen  sich  vor  dem  Gehirn,  worauf  sie 
sich  wieder  in  vier  mâchtige  aber  kurze  Strôme  auflosen  und 
nach  der  Kopfspitze  verlaufen.  Dem  Verlauf  der  Stâbchen- 
strassen folgen  dorsal  zwei  Drûsen  mit  feinem  Secret,  welche 
mit  jenen  entspringen  und  ebenfalls  an  der  Kopfspitze,  gleich- 
zeitig  mit  zwei  kleineren  Drûsen  ausmiinden.  Das  Secret 
dessen  Korner  zu  Kugein  vereinigt  austritt,  zerplatzt  sofort 
heftig  wenn  es  mit  Wasser  in  Berûhrung  kommt. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  17 


248  OTTO   FUHRMANN. 

Die  Muskulatur  besteht  aus  einer  Ring-  und  Langsmuskel- 
schiclit  und  aus  dorso-ventralen  Fasern,  die  aber  nur  ira 
Vorderende,  in  der  Gegend  des  Pharynx  und  der  Geschlechts- 
organe  deutlich  entwickelt  sind. 

Der  Phar3'nx  (Fig.  18)  zeigt  den  typischen  Bau  des  Pha- 
rynx rosulatus  mit  der  Besonderheit,  dass  der  vordere  in  die 
Schlundtasche  ragende  Rand  sich  in  einen  deutlichen  Greifwulst 
umgebildet,  hinter  welchem  die  zahlreichen  Drûsen  des  Pharynx 
ausmiinden.  Als  zweite  erwàhnenswerte  Eigentûmlichkeit  des 
Pharynx  wâre  der  miichtige  Ringmuskel  zu  nennen,  der  hinter 
der  Ausmiindungsstelle  der  Drilsen  liegt  und  der  in  seiner 
Function  untersttltzt  wird  durch  einen  zweiten  breiten  Sphinc- 
ter, der  im  hintern  Teil  des  Pharynx  gelegen  ist.  Der 
Darm  wird  von  nackten  Zellen  gebildet,  die  reich  sind  an 
Vacuolen,  welche  teils  Nahrungsstoffe,  teils  gelbe  Excretions- 
kôrner  enthalten,  gleich  denjenigen  des  Parenchyms. 

Das  Wassergefàsssystem  miindet  ebenfalls  in  die  Schlund- 
tasche ;  seine  Hauptstàmme  sind  auf  Schnitten  gut  conservirt 
und  zeigen  eine  mâchtige  Umhûllung  von  fein  kôrnigem  Plasma, 
das  sich  deutlich  abhebt  vom  spongiôsen  Parenchym .  Zahl- 
reiche  Wimperzellen  finden  sich  in  der  Kopfgegend  und  in 
der  Umgebung  der  Geschlechtsorgane. 

Das  Nervensystem  ist  gut  entwickelt  und  wie  bei  anderen 
Mesostomen  gebaut.     Augen  fehlen. 

Die  Geschlechtsorgane  mûnden  hinter  dcm  Pharynx  aus, 
docli  nicht  in  seiner  unraittelbaren  Nâhe.  Das  Atrium  génitale 
ist  von  holiem  fast  kubischem  Epithel  ausgekleidet,  das  sich 
nocli  in  den  Anfangsteil  der  nach  vorn  verlaufendeu  Uteri 
erstreckt,  um  sich,  wo  dièse  Eier  enthalten,  stark  abzuplatten. 
Am  distalen  Ende  des  Utérus  findet  sich  eine  massive  Zell- 
ansammlung,  aus  der  bei  neuem  Nachschub  von  Eiern  die 
Verlàngerung  des  Utérus  hervorgeht.  Mehr  als  6  verhalt- 
nissmàssig  kleine  Cocons  habe  ich  nicht  angetroffen.     (Lange 


DIE  TURBELL ARIEN  DER  UMGEBUNG  VON  BASEL.   '      249 

des  Eies  0,112,  Dicke  der  Schale  0,0028  mm.).     Der  Keim- 

stock  ist  von  gewohnlicher  Form,  langgestreckt,  iiiid  miindet 

von  liinten  iu  das  Artrium.     Die  epitheliale  Auskleidung  des 

Oviductes  reiclit  weit  am  Keimstock  liinauf,  ohne  aber  den- 

selben  ganz  zu   umbiillen.     Die  Dotterstôcke   ziehen,  hinten 

besonders   voluniinôs   entwickelt,  nach   vorn   dabei  rasch   an 

Machtigkeit  abnehmend  und  raehr  dorsal  hinaufrïickend,  um 

iiber  die  Hoden  wegzugehen.     Ist  der  Utérus,  dessen  beide 

Horner  sich  zwiscben  die  Hoden  und  Dotterstôcke  einschieben, 

von  Eiern  erfiiUt,  so  kommen  letztere  ganz  dorsal  zu  liegen. 

Die  Hoden  sind  keulenformig  und  liegen  fast  ganz  vor  dem 

Pharynx  ;     sie    bilden    an    beiden    Enden     feinzugespitzte, 

0,036  mm.  lange,  mit  zwei  Geisseln  versehene  Sperinatozoen. 

Der  Pénis  ist  stark  muskulôs,  mit  trichterformiger  cliitinoser 

Auskleidung  des  Leitungsweges  fiir  das  Sperma.     Die  Wan- 

dung  der  Samenblase  besteht  aus  einer  0,006  mm.  machtigen 

Muscularis,  welclie  sich  aus    drei   Schichten   aufbaut:   zwei 

innern  mit  sich  kreuzenden  Muskelfasern  und  einer  aussern 

Làngsmuskelschicht.     Der  Innenwand  der  Samenblase  liegen 

zahlreiche  Reste  von  Epithel  an  ;  der  Behâlter  enthiilt  einen 

màchtigen  Ballen  von  Sperma,  dem  dorsal  das  Kornersecret  in 

mehrere  Streifen  angeordnet  aufliegt.     Dièse  Strcifen  conver- 

giren  nach  dem  Scheitel  der  Samenblase  zu  und  dort  liegt 

auch  die   Einmundungsstelle  fiir  das  aus  màchtigen  Driisen 

stammende   Secret.     Zwischen   dem    trichterform-gen  auslei- 

tenden  Chitinrohr  und  der  Muskularis   spannt  sich  ein  fein- 

faseriges  Gewebe  aus,  das  wenige  grosse  Zellen  enthalt. 

Die  Bursa  copulatrix  ist  durch  einen  miichtigen  Sphincter 
mit  zugehorigen  Ptiidiarmuskeln  vom  Atrium  abschliessbar. 
Ihre  Wandung  ist  von  Ringmuskelfasern  und  breiteren  Langs- 
muskeln  umkleidet  und  am  ausmundenden  Teil  mit  einem 
dichten  Besatz  von  Chitinzahnchen  versehen.  Die  gegenseitige 
Copulation   geschieht   in   ilhnlicher    Weise   wie    bei    andern 


250  OTTO   FUHRMANN. 

Mesostomen  in  gekreuzter  Stellung.  Der  Utérus  der  sich 
copulireiiden  Individuel!  ist  entweder  leer  oder  enthalt  bereits 
wenige  Eier. 

Fundorte  :  Der  einzige  Fundort  fiir  dièse  Art  ist  der 
Bewiisserungsbach  der  Langen  Erlen,  wo  sich  dièse  trilgen 
Tierchen  unter  den  dtirren  Blâttern  aufhalten  und,  trotzdem 
der  Bach  oft  austrocknet,  iniraer  wieder  in  grosser  Individuen- 
zahl  zu  finden  sind. 

16.  Mesostoma  armatum  nov.  spec. 

Fig.  22-24. 

Lange  2  mm.  ;  ein  sehr  bewegliches  Tierchen,  das  nur 
schwach  sepiabraun  gefarbt  ist.  Sein  Kôrper  spitzt  sich 
liinten  und  vorn  alhnahlig  gleichmassig  zu  und  ist  nur  in  der 
(legend  des  Pharynx  und  der  Geschlechtsorgane  durchsichtig. 
Die  Epidermiszellen  besitzen  polygonale  Umrisse  und  sind 
hellgriin  gefarbt,  ohne  dass  sich  bestimmte  Pigmentkôrner 
in  denselben  nachweisen  liessen.  Das  sepiabraune  Pigment 
durchsetzt  in  weiten  Maschen  das  ganze  Parenchym,  es  besteht 
aus  zum  Teil  sehr  grossen  (0,0056  mm.)  dunkeln  Pigment- 
kornern.  Die  oben  erwâhnte  Undurchsichtigkeit  des  Tieres 
wird  bedingt  durch  grosse  stark  lichtbrechende  Kugeln,  die 
im  Parenchym  zahlreich  verteilt  liegen.  Die  Epidermis  ist 
ganz  ohne  Stâbchen,  nur  zwei  vorn  sich  stark  verbreiternde 
Stabchenstrassen  ziehen  nach  der  Korperspitze. 

Der  Pharynx  liegt  etwas  vor  der  Korpermitte.  In  seine 
sehr  verschiebbare  Pharyngealtasche  miindet  das  Wasser- 
geflisssystem. 

Die  Geschlechtsorgane  miinden  direckt  hinter  dem  Pharynx 
aus,  durch  eine  von  einem  Sphincter  umfasste  Oeffnung.  Die 
weiblichen  Organe  sind  von  gewohnlichem  Bau.  Der  Utérus 
enthalt  bis  vier   ovale  Eier  von   einem  Langendurchmesser 


DIE   TURBELLARIEN   DER  UMGEBUNG   VON   BASEL.  251 

von  0,13  mm.  Die  Hoden  sind  ganz  vor  dem  Pharynx 
gelegen,  direckt  hinter  ilinen  beginnen  die  papillusen  Dotter- 
stôcke.  Die  Spermatozoen  sind  0,022  mm.  lang  und  tragen 
ein  Paar  feine  Geisseln  an  ilirem  Hinterende.  Der  eigen- 
tiimlich  gebaute  Pénis  ist  entsprecliend  der  starken  Chitin- 
bewaffnung  stark  muskulos.  Die  Vesicula  seminalis  ist  erfiillt 
von  Sperma,  das  an  der  Basis  in  eine  kôrnige  Secretmasse 
eingebettet  liegt,  welche  auf  einer  Seite  bis  fast  an  den 
Scheitel  der  Samenblase  hinaufsteigt,  wo  die  mâclitigen 
Secretdrûsen  einmiinden.  Die  Chitinbewaffnung  besteht  ans 
zwei  starken  Cliitinhacken,  die  auf  der  dorsalen  Seite  einer 
muskulôsen,  den  ausftlhrenden  Teil  des  Pénis  umfassenden 
Ringfalte  liegen,  wâhrend  ventral  in  derselben  sechs  Reihen 
von  feinen  Borstenzahnchen  befestigt  sind  (Fig.  23  und  24). 
Es  ist  dièse  Art  im  Baue  des  Pénis  so  verschieden  von  den 
ûbrigen  Mesostomen,  dass,  wenn  die  so  hétérogène  und  revi- 
sionsbedilrftige  Grappe  einmal  in  verschiedene  Gênera  auf- 
gelost  sein  wird,  fur  Mesostoma  armât um  eine  besondere  Gat- 
tung  zu  schaffen  ist. 

Der  einzige  Fundort  ist  Neudorf,  wo  ich  das  Tier  irn  Juni 
und  September  in  wenigen  Exemplaren  fand. 

h)  Ojnstopore  Mesostomen  mit  Augen. 
17.   Mesostoma  trunciilimi  0.  Sch. 

Srhinidt  'lSo8,  von  (iralY  1881'.   Diiplessis  1885.   Voi-t  1^9^. 

Dièse  Art  erreicht  eine  Lilnge  von  fast  3  mm..  Pire  Fâr- 
bung  riihrt  her  von  einem  gelbroten  gelôsten  Farbstoff,  in 
welchem  ziegelrote  Korner  suspendirt  sind.  Irn  voiileren 
und  hinteren  Kôrperteil  ist  die  Zahl  dieser  Farbstoffkorner 
gering,  so  dass  dièse  Teile  hellorange,  fiir  das  unbewaiïhete 
Auge  fast  farblos  erscheinen.     Ueber  dem  Darme  digegen 


252  OTTO   FUHRMANN. 

sind  die  Pigment/ellen  reich  an  Kurnchen  ;  die  Kôrperfarbe 
wird  desshalb  hier  eine  dunklere.  Der  schlanke  Kôrper  ist 
vorn  stunipf  zugespitzt,  nacli  liinten  verschmiilert  er  sich  ganz 
allmahlig  und  eiidet  mit  einem  abgerundeten  mit  zahlreichen 
starren  Geisselhaaren  versehenen  Schwànzchen. 

Die  Pigmentbecher  der  Augen  sind  rotbraun.  Die  beiden 
zwisclien  diesen  durchgehenden  und  sich  vorn  verbreiternden 
Stàbchenstrassen  entspringen  je  aus  zwei  Stâbchenbiischeln, 
deren  Strassen  sich  hinter  den  Augen  vereinigen.  Auf  dieser 
Briicke  findet  ein  Austausch  von  Stâbchen  statt  wie  dies 
bereits  von  v.  Graff  gesehen  worden  ist. 

Das  Wassergefâsssystem,  das  zwischen  dem  im  letzten 
Kôrperdrittel  gelegenen  Pharynx  und  der  Geschlechtsoffnung 
ausmiindet,  hat  VoiGT  in  jungster  Zeit  naher  untersucht. 
Ich  kann  seine  Beobachtungen  bestàtigen,  nur  glaube  ich,  dass 
einzig  wegen  dieser  besondern  Ausmiindung  des  Wassergefâss- 
systems  es  nicht  notig  ist  ein  besonderes  Genus  zu  schaffen, 
da  Sekeea  (1892)  neuerdings  fiir  Mesostoma  rostratum  und 
hirudo,  0.  Schmidt  friiher  schon  fiir  Mesostoma  cyathus  und 
V.  Graff  fiir  Mesostoma  Nassanoffii  eine  vom  Pharynx  ge- 
trennte  Ausmiindung  der  Excretionsstâmme  angegeben  hat. 
Bis  jetzt  ist  Mesostoma  tninculum  immer  vereinzelt  gefunden 
worden,  einzig  bei  Ouchy  a  m  Genfersee  soll  es  nach  Duplessis 
massenhalt  vorkommen.  Es  findet  sich  aucli  in  grosser  Zahl 
im  Feuerweiher  von  Miinchenstein. 

6.  Genus  :  Bothromesostoma  Braun. 

Eumesostomen  mit  follikulâren  Hoden  und  einem  bauch- 
standigen  Hautfollikel. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  253 

18.  Bothromesostoma  personatum  0.  Sch. 

Fig.  2o-27. 
0.  Schiiii.lt  I.S08,  (intr  1882,  Braun  I880,  Jaworowski  1886. 

Max  Braun  bat  wohl  mit  Reclit  fur  dièse  Irïiher  zuin 
(Tenus  Mesostoma  gezâhlte  Art,  nebst  einer  Keihe  neuer 
Formen  die  er  in  der  Um2;ebung  von  Dorpat  gefunden,  ein 
neues  Genus  gescbaften.  Der  Besitz  von  tbllikularen  Hoden 
und  eines  vor  dem  Pharynx  gelegenen  HautfoUikels  trennt  sie 
scbarf  von  den  iibrigen  Mesostomen.  Ich  habe  der  eingehen- 
den  histologisclien  und  anatomischen  Beschreibung,  die  ^I. 
Braun  gegeben,  nur  einiges  ûber  die  Sinnesorgane  beizu- 
fiigen. 

Die  Augen  (Fig.  25)  sind  sehr  gross  und  liegen  vor  dem 
Gehirn;  der  hintere  Rand  des  Pigmentbechers  tangirt  das 
Vorderende  desselben.  Carrière  beschreibt  sie  als  ,,  be- 
stehend  aus  einem  unregelmilssig  gestellten  Haufen  pigmen- 
tirter  Zellen,  eine  Schale  mit  nach  seitwârts  und  aussen 
gerichteter  Oeiînung  bildend.  In  dieser  Hohhmg  liegen  zwei 
(vielleicht  auch  melir)  belle  kugelige,  gestreifte  Innenkôrper, 
denen  âbnlich,  welche  bei  Tristomum  m.olœ  vorkommen,  und 
nach  aussen  zu  wird  das  Ganze  durch  Ganglienzellen  und 
Nervenfasern  begrenzt  und  abgeschlossen.  "  Es  zeiclmet 
sich  nach  meinen  Untersuchungen  das  Auge  aus  durch  seine 
grosse  im  Umriss  liinglich  ovale  lichtpercipirende  Fliiche. 
Sie  besitzt  einen  Lilngendurchmesser  von  0,092  mm..  Uie 
0,0032  mm.  hohe  Stabchenschicht  ist  vom  Pigmentbecher 
einerseits  und  dem  nerv()sen  Retinakolben  andererseits  durch 
eine  schniale,  sich  mit  Boraxcarmin  nichttarbende  Zone 
getrennt.  Zahlreiche  Ganglienzellen  liegen  dem  zu  einem 
Faserballen  kolbig  angeschwoUenen  Retinakolben  an. 

Die  unpaare  ventrale  Wimpergrube  stellt  eine  Hauteinstiil- 


254  OTTO   FUHRMANN. 

puug  dar,  von  gleicliem  Bau  wie  die  Wimpergriibchen  der 
Stenostomenarten  (Landsberg  1887).  Es  geht  zu  ihr  ebeu- 
falls  ein  Nerv,  dessen  Verbindungsweise  mit  den  Epithelzellen 
nicht  zu  ersehen  war.  Das  Siniiesorgan  lâuft  in  zwei  blinde 
Sàcke  aus,  so  dass  das  Ganze  Y  fôrmige  Gestalt  hat.  Da 
dièses  Organ  ebenfalls  vor  der  Mimdoffnung  liegt  wird  sich 
wolil  nichts  gegen  die  Annahme  einer  gleichen  Function  der 
beiden  Organe  bei  Stenostoma  und  Bothromesostoma  einwenden 
lassen,  besonders  da  die  eigentiimliche  Y  Form  darauf  hin- 
zudeuten  scheint,  dass  das  Gebilde  durch  die  Verschmelzung 
zweier  fnilier  getrennter  Einstlilpungen  entstanden  sei.  Als 
mutmassliche  Function  dièses  Organs  wird  ftir  Stenostoma  die 
olfactorisclie  angenommen,  welche  auch  Hallez  (1886)  fiir 
das  gleiclie  Organ  bei  Mesostoma  lingua  beansprucht. 

Es  seien  hier  noch  einige  Beobachtungen  liber  Sommer- 
und  Wintereierbildung  dieser  Species  angefiihrt. 

Hallez  (1879  )  betrachtet  die  Bildung  von  lielien  Sommer- 
eiern  als  eiue  besondere  Schutzvorrichtung  der  durclisichtigen 
Turbellarieu,  und  fiihrt  als  einen  Beweis  fur  die  Richtigkeit 
seiner  Auffassung  an,  dass  das  dunkle  Mesostoma  personatum 
{Bothromesostoma  personatum  Braun)  das  eines  solchen 
Scliutzes  nicht  bedarf,  immer  nur  dunkle  liartsclialige  Eier 
bilde.  Dem  hat  schon  y.  Graff  entgegen  gehalten  dass  z.  B. 
das  so  iiusserst  durchsichtige  Mesostoma  rostratum  immer  nur 
dunkle  Wintereier  bilde.  Ich  habe  nun  bei  Bothromesostoma 
personatum  ebenfalls  belle  Somme reier  —  bis  zu  36  in  einem 
Individuum  —  in  fast  allen  diesen  Sommer  von  mir  unter- 
suchten  Tieren  gefunden,  so  dass  also  dièse  Einrichtung  nicht 
als  ein  Fall  von  Mimetismus  zu  betrachten  ist.  Die  Jungen. 
die  die  Eischale  schon  im  Utérus  verlassen,  in  welchem  sie 
noch  kurze  Zeit  verweilen,  sind  bereits  mit  einer  dichten 
Lage  enies  gelbbraunen  Pigmentes  versehen  und  auch  die 
Epithelzellen  besitzeu  bereits  Pigmentkorner  in  ilirem  lunern. 


DIE   TURBELLARIEN   UER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  255 

Dièse  Zellen  sind  mit  einem  grossen  rosettenartig  verzweigten 
Kern  verseheii.  Die  Leiboshohle  enthitlt  nocli  grosse  Dotter- 
blâttchen.  Das  Geliirn,  die  Augen  und  der  etwas  liinter  der 
Kôrpermitte  gelegene  Pharynx  sind  unverhâltnissmàssig  gross. 
Hinter  letzterem  liegt  cin  Haufen  embryonaler  Zellen,  mit 
grossen  Kernen  diclit  beisammen,  als  erste  Anlage  der  Ge- 
schleclitsorgane.  Die  Hauteiustiilpung  vor  dem  Pharynx  habe 
ich  nicht  auffinden  kunnen.  Das  Ausschllipten  der  Jungen 
geschieht  wohl  durch  die  Geschlechtsôffnung,  was  ich  zwar 
nie  direct  gesehen  habe  ;  wohl  aber  habe  ich  das  Austreten 
der  Schalen  durch  den  Porus  genitalis  beobachtet.  AYeun 
die  Jungen  dem  Utérus  entronnen  und  schon  ein  oder  zwei 
Wintereier  gebildet  sind,  oder  sogar  wahrend  sicli  noch  einige 
Junge  in  ausgeschlûpftem  Zustande  im  Fruchthalter  aufhalten, 
findet  die  gegenseitige  Copulation  statt.  Dièse  gelit  oft  an 
der  Wasseroberflàche  vor  sich  und  dauert  ziemlich  lange,  da 
einige  Zeit  vergeht  bis  die  Geschlechtsoffnungen  aufeiuander 
gepasst  sind.  Die  ïiere  hegen  dabei  in  stuinpfem  Wiukel 
gekreuzt  iibereinander  ;  die  Geschlechtsôffnung  ist  weit  geoff- 
net,  so  dass  der  Pénis  und  die  Bursa  copulatrix  mit  ihrer 
Oeffnung  auf  einer  niedrigen  Erhebung^  die  von  den  Wilnden 
des  Atriums  gebildet  wird,'  hervortreten  konnen.  Der  von 
Sperma  strotzende  Pénis  beider  Tiere  tritt  zugleich  in  Func- 
tion  und  treibt  mâchtige  Spermamassen  in  die  Bursa  des 
anderen  Tieres  (Fig.  26).  Das  Sperma  besteht  aus  0,184  mm. 
langen  Fàdchen  die  am  hinteren  Ende  kurz  vor  der  Spitze 
zwei  lange  Cilien  tragen.  Die  Spermatozoen  zeigen,  sobald 
sie  mit  dem  Wasser  in  Berilhrung  kommen,  die  eigentùmliche 
Erscheinung,  dass  das  geisseltragende  Ende  sich  zu  einem 
Kôptchen  aufrollt,  das  im  optischen  Durchschnitt  das  Aus- 
sehen  der  Spermafaden  von  Mesostoma  splendidum  hat 
(V.  Graff  1882,  Taf.  VI,  Fig.  18  a).  Nach  der  Copulation 
werden  rasch  nacheinander  bis   30  dickschalige  Wintereier 


256  OTTO   FUHRMANN. 

gebilclet  ;  die  Sommereierschalen  werden  in  die  entferntesten 
Zipfel  des  Utérus  zusammengeschoben.  Durcli  die  0,058  mm. 
dicke  dunkelbraun  gefarbte  Schale  der  Wintereier  sieht  man 
bei  den  zuerstgebildeten  Eiern,  die  im  vorderen  Korperteil 
liegen,  den  Embryo  bereits  entwickelt,  langsam  rotirend  in 
der  Schale  sich  bewegen.  Dièse  schnelle  Entwicklung  der 
Wintereier  hat  0.  Sciimidt  auch  an  Mesostoma  cyanthus 
und  icli  an  einer  Reilie  anderer  Mesostomen  beobachtet.  Es 
geht  also  die  Entwicklung  der  iiberwinternden  Eier  ebenso 
rasch  vor  sich  wie  die  der  Sommereier,  ein  Moment  das  bei 
einem  Erklarungsversuch  der  Erscheinung  der  Sommereier- 
bildung  beriicksichtigt  werden  muss.  Nachdem  die  Winter- 
eibildung  beendigt,  werden  die  Tiere  immer  tritger,  ein  kleiner 
Teil  der  Eier  wird  noch  abgelegt,  dann  stirbt  das  ïier  und 
der  Rest  wird  nach  dem  Zerfall  des  Kôrpers  frei. 
Fundorte  :  Neudorf,  Michelfeklen,  Kleiuliilniiigen. 

7.  Genus  :  Castrada  0.  Schm. 

,,  Euraesostomina  ohne  Otolitlien,  deren  mannliches  Copu- 
lationsorgan  einen  vorstiilpbaren  Blindsack  darstellt,  welcher 
von  den  milnnlichen  Secreten  nicht  passirt  wird.  " 

19.   Castrada  radiata  v.  Graff. 

Grall"  1882,  Brauii  1885. 

Es  scheint  dièse  Art  hier  in  einer  iilinliclien  Varietât 
vorzukommen  wie  sie  Braun  aus  der  Umgebung  Dorpats 
erwàhnt.  Denn  auch  hier  zeigt  sich  Castrada  radiata  nicht 
farblos,  sondern  von  braunem  Pigment  gefarbt,  dessen  fârbende 
Wirkung  noch  durcli  die  fast  regelmàssig,  ot't  zalilreich  vor- 
kommenden  rotbraunen  Oelkugeln  des  Darmepithels  bedeutend 
verstiirkt  wird. 


DIE    TURBELLARIEN   DER    UMGEBUNG    VON    BASEL.  257 

Miclielfelden  und  Neudorf  sind  die  Fundorte  der  Umgebung, 
wo  dièse  Arte  vom  April  bis  im  Oktober  regelmiissig,  aber 
immer  nur  in  wenigen  Exemplaren,  aiizutreffen  war. 

V.  Familie:  PROBOSCIDA  J.-V.  Carus. 

,,  Rliabdocœla  mit  einem  Tastriissel,  mit  einer  oder  zwei 
Geschlechtsoffimngen,  getrennten  Keim-  und  Dotterstocken, 
mit  Biirsa  seminalis  und  stets  compacten  Hoden.  Mund 
bauclistândig,  der  Pharynx  meist  ein  Pharynx  rosulatus,  die 
Continuitilt  des  Darmes  wird  mit  Eintritt  der  Geschlechts- 
reife  unterbrochen.  Das  Copulationsorgan  ist  ein  meist  sehr 
complizirter  Chitinapparat.  " 

8.  Genus  :  Gyrator  Ehbg. 

„  Riissel  am  Vorderende  mit  einer  an  der  Kurperspitze 
ausmtindenden  Russelscheide^  mit  Muskelzapfen  und  vier 
langen  Retractoren  ;  Pharynx  rosulatus  ;  Dotterstock  netz- 
artig  ;  zwei  Geschlechtsôtïnungen,  die  weibliche  vor  der 
mânn lichen  gelegen  ;  Samenblase  und  Secretreservoir  vôllig 
getrennt  und  letztres  mit  einem  speziellen  Cliitinrohr  ver- 
sehen.  " 

20.  Gyrator  hermaphroditiis  Ehbg. 

V.  Grafr  1^82. 

Es  ist  eine  weit  verbreitete,  doch  immer  nur  vereinzelt 
vorkommende  Art.  Sie  findet  sich  hier  in  einem  Tiimpel  bei 
Reinach  und  im  Weiher  von  Kleinhiiningen  in  grosser  Zahl. 
Andere  Fundorte  der  Umgebung  sind  Michelfelden,  Neudorf 
und  Bottmingen. 


258  OTTO   FUHRMANN. 


lY.  Familie  :  YORTICIDA  Graff. 

,,  Rhabdocœla  mit  einer  Gesclilechtsôffnung,  mit  Keim- 
dotterstocken,  mit  weibliclien  Hiilfsapparaten,  stets  einfacliem 
Utérus  und  compacten  paarigen  Hodeii.  Mundôffnung  bauch- 
stàndig  in  der  Regel  nalie  dem  Yorderende  Pharynx  (mit 
einer  einzigen  Ausnalirae),  ein  Pharynx  doliiformis.  Das 
chitinose  Copulationsorgan  selrr  mannigfaltig.  " 

SuBFAMiLiE  :  EUYORTICINA  Graff. 

,,  Pharynx  und  Gehirn  wohl  entwickelt,  Keimstock  klein, 
Leibeshohle  geraumig  und  das  Parenchymgewebe  wenig  aus- 
gebildet,  freilebend.  " 

9.  Genus:  Yortex  Ehbg. 

,,  Euvorticina  mit  einem  Keimstock  und  zwei  davon  ge- 
trennten  langgestreckten  .,  meist  "  unveràstelten  Dotter- 
stôcken,  langgestreckten  Hoden,  Pharynx  doliiformis  und 
Mund  im  ersten  Kôrperdritttheile.  Die  Samenblase  ist ,,  meist  " 
ira  Pénis  eingeschlossen  und  das  Copulationsorgan  wird  ,,  meist  " 
vom  Secret  passirt.  " 

Es  ist  die  Einschaltung  des  Adverbs  ,,  meist"  an  zwei 
Orten  der  Diagnose  notwendig  geworden.  Ich  habe  nàmlicli 
einen  Yortex  gefunden  {Vortex  riiber  nov.  spec.)  dessen  Dotter- 
stôcke  mit  starken  Seitenilsten  versehen  sind  (Fig.  40).  Der 
Pénis  ist  bei  allen  bis  jctzt  bekannten  Arten  mit  der  Samen- 
blase direckt  verbunden,  einzig  Vortex  pinguis  den  Silliman 
(1885)  in  Nordamerika  entdeckte,  zeigt  im  Bau  des  mânn- 
lichen  Gesclilechtsorganes  ahnliche  Yerhiiltnisse  wie  wir  sie 
im  Genus  Castrada  realisirt  iinden,  indem  bei  diesem  Yortex 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON    BASEL.  259 

das  Sperma  das  chitinose  Copulationsorgan  nicht  passirt  ; 
Copulationsorgan  iind  Saraenblase  also  getrennt  sind. 

Bei  allen  von  mir  untersuchten  Vortexarten  finden  sich  am 
Vorder-  und  Hinterende  feiiie  lange  Geisselhaare,  ebenso 
mlindet  bei  allen  ein  Biischel  von  Driisen  (,,  Spinndrûsen  ") 
im  Hinterende  aus.  Der  Oesophagus  ist  dem  der  Mesostomen 
homolog,  indem  er  wie  dieser  gebildet  wird  von  der  Fort- 
setzung  des  den  Pharynx  auskleidenden  Epitliels.  Bei  Vortex 
armiger,  fuscus  und  triquetrus  besitzt  er  eine  aus  Lângs- 
und  Ringriiuskeln  bestehende  Muscularis,  die  ich  bei  den 
ilbrigen  Arten  nicht  nachweisen  konnte. 

Das  Wassergefasssystem,  dessen  Verlauf  bis  jetzt  nur 
mangelhaft  bekannt  war,  hat  sich  als  mit  dem  von  Dero- 
stomum  libereinstimmend  herausgestellt.  Die  Ausfuhrôff- 
nungen  sind  ebenfalls  im  hinteren  Korperteile  gelegen 
(Fig.  28),  etwas  nâher  dem  Hinterende  als  bei  Derostomum. 

21.    Vortex  viridis  M.   Sch. 

Von  Graff  1882.    ■ 

Dièse  grosste  der  bekannten  Vorticiden  fand  ich  in  einem 
Tiimpel  bei  Mîlrkt. 

22.   Vortex  armiger  0.  Schm. 

Schinidt  1862,  Gralf  1882. 

Bei  dieser  Species  habe  ich  einiges  iiber  den  Bau  des 
Geschlechtsapparates  speziell  des  Pénis  zu  ergânzen. 

Die  Geschlechtsôffnung  liegt  im  hinteren  Kôrperteil  und 
ist  umgeben  von  einem  Sphincter  und  Radiarmuskeln  ; 
zwischen  letzteren  liegen  zahlreiche  Drïisen  rosettenfôrmig 
angeordnet.  Das  Atrium  ist  von  Epithel  ausgekleidet  und 
mit   starker   Muskularis  versehen.     In  dasselbe  miinden  die 


260  OTTO   FUIIRMANN. 

Geschleclitsorgane,  von  welchen  der  Pénis  von  den  frtilieren 
Beobachtern  uicht  vollkommen  richtig  in  der  Art  seines  Auf- 
baues  erkannt  worden  ist.  Von  der  Yesicula  seminalis  ist 
durch  eine  deutliche  Membran  die  Vesicula  granulorum  ge- 
trennt,  die  in  der  Mitte  eine  kleine  Oeffnung  besitzt,  durch  1 

welche  die  Spermatozoen  austreten  kônnen.     Am  Scheitel  der 
stark  muskulôsen  Samenblase  luilnden  getrennt  die  oft  stark 
angeschwollenen  Vasa  deferentia.     Direckt  unter  der  Scheide- 
wand  miindet  das  ans  einem  màchtigen.  um  den  Pénis  sich 
gruppirenden  Driisenkomplex  stamniende,  grobkornige  Secret 
ein^  das  sich  in  der  Vesicula  zu  Ballen  anordnet.     Von  Graff 
giebt  in  seiner  Monographie   eine   von  0.  Schmidt  abwei- 
chende   Darstellung  des   chitinôsen   Pénis,   indem  nach  ihm 
keine  médiane  Chitinrinne,  sondern  drei  nach  unten  zusammen 
laufende  Aeste  sich  finden,  von  welchen  zwei  sich  so  verei- 
nigen,   dass  sie  die  Gestalt  des  Schnabels   eines   Schlittens 
annehmen  (Graff,  Taf.  XIII,  Fig.   13),  wâhrend  der  dritte, 
als  Oberschnabel  bezeichnete  Ast,  die  beiden  ersten  an  Lange 
etwas  iibertrifft   und  an  seiner  Basis  sich   verbreiternd  die 
beiden  Hauptàste  miteinander  durch  eine  Briicke  verbindet. 
Dièse  Auffassung  des  chitinôsen  Pénis  ist  nicht  ganz  zutreffend, 
vielmehr    ist    die    von   Schmidt    gegebene    Darstellung    in 
grossen  Zûgen  die  richtige.     Vereinigen  wir  die  drei  Aeste  die 
YON  Graff  gesehen  durch  eine  Chitinhaut  miteinander,  so 
dass    der   Oberschnabel   zwischen  die   beiden  Seitenâste   zu 
liegen  kommt,    so    haben    wir   den   wirklichen    Sachverhalt 
hergestellt.     Es    besteht   also    hier,    wie    auch    bei    Vortex 
SchnidiU  und    Vortex  fuscus  (Fig.  36),   eine  lliune,  durch 
welche  Sperma  und  Sekret  ausstromt.     An  dièse  legen  sich 
die  beiden   verschieden  gebauten  Aeste  an.     Der  eine  Ast 
tràgt  7 — 8  dolchartige  Stacheln,  der  zweite  ist  ungegUedert, 
und  pflugscharartig  verbreitert. 

Der  Utérus,  der  vom  Atrium  durch  einen  starken  Sphincter 


DIE    TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON    BASEL.  261 

ab^eschlossen  wird,  ist  in  leerem  Zustande  dickwandig.  In 
der  Regel  entliâlt  er  ein  Ei.  Ausnahmsweise  fanden  sich 
2  Eier  im  Utérus  ;  die  Form  des  zweiten  war  in  Folge  des 
Mangels  an  Platz  von  anormaler  Gestalt,  aber  es  war  von 
gleicher  Grosse  wie  das  altère  Ei. 

Einmal  fand  sich  auch  eine  einzelne  Eizelle,  die,  bevor 
sie  vom  Dottermaterial  umflossen  und  eingelmilt  war,  von 
dicker  Schale  umgeben  wurde  ;  ein  Beweis,  dass  es  der  Utérus 
ist  welclier  das  Material  zur  Bildung  der  Schale  iiefert. 

Fundorte  :  In  der  Umgebung  von  Basel  ist  Vortex  armiger 
neben  Vortex  truncafus  die  hâufigste  Vorticide.  Ich  fand  sie 
bei  Brislach,  Reinach  und  im  Schlossweiher  von  Inzlingen. 
Es  sind  niir  von  letzterem  Orte  mehrere  Exemplare  zu 
Gesichte  gekommen,  welche  von  sog.  „  Krystralloïden  "  ganz 
erfûllt  waren. 

23.   Vortex  fuscus  nov.  spec. 

Fig.  3o  und  36. 

Es  unterscheidet  sich  dieser  Vortex  von  Vortex  armiger 
im  Baue  des  chitinosen  Copulationsorganes  und  in  der  Form 
der  Spermatozoen.  Der  Pénis  von  Vortex  fuscus  zeigt  einen 
anders  gestalteten  bezahnten  Seitenast.  Dieser  Ast  trâgt 
ebenfalls  7—8  Stachehi,  von  welchen  aber  der  dritte  bis 
achte  nicht  mit  einer  Spitze  sondern  mit  einer  gesiigten  Kante 
endigt  (Fig.  36). 

Das  Sperma  besteht  aus  feinen  Fâdchen,  welche  an  ihrem 
Hinterende  zwei  dûnne  Geisseln  tragen.  Es  finden  sich  also 
auch  im  Genus  Vortex  Arten,  deren  Sperma  mit  Geisseln  ver- 
sehen  ist.  Die  Zabi  der  Siisswasserturbellarien,  deren  Sperma- 
tozoen zwei  Geisseln  tragen,  ist  iiberhaupt  eine  viel  grôssere 
als  bis  jetzt  angenommen  worden.  Es  waren  solche  Samen- 
korper  bis  jetzt   einzig   bekannt    von   Mesostoma  rostratum 


262  OTTO   FUHRMANN. 

Elirenhergii  und  tetragonum.  Ich  habe  alinliche  bei  Meso- 
stoma  lingua,  perspictmm,  segne  und  armatum,  ferner  bei 
Bothromesostoma  personatum  und  dem  eben  beschriebenen 
Vortex  fuscus  gefunden.  Unter  den  Tricladen  bat  Planaria 
gonocephala  solche  aufzuweisen. 
Fundorte  :  Inzlingen,  Reinach. 

24,    Vortex  Sclimidtn  Graff. 

Fig.  28. 
Von  Graff  1882. 

Von  dieser  Form  lagen  von  Graff  nur  conservirte  Exem- 
plare  ver,  ich  bin  desshalb  in  der  Lage  seine  kurze  Beschrei- 
bung  in  manchen  Punkten  zu  ergânzen.  Vortex  Sclimidtn 
unterscheidet  sich  von  Vortex  armiger,  ausser  in  der  Gestal- 
tung  des  chitinôsen  Pénis,  dessen  bei  Vortex  armiger  bezahn- 
ter  Seitenast  hier  ebenfalls  pflugscharartig  verbreitert  und 
ohne  Zahne  ist,  noch  durch  die  nur  schwache  Pigmentirung, 
welcher  er  seine  Durchsichtigkeit  verdankt.  Am  Schwanz- 
ende  miindet  wie  bei  allen  von  mir  untersuchten  Vortexarten 
ein  Btischel  Driisen  aus,  deren  Seci'et  aber  hier  nicht  fein- 
kornig  ist  sondern  deutliche  Stâbchen  besitzt,  âhnlich  denen 
die  in  der  Haut  stecken.  Der  tonnenfôrmige  Pharynx  ist 
gross  mit  breitem  Sauni  und  liegt  hinter  den  Augen.  Mit 
dem  Darm  steht  er  in  Verbindung  durch  einen  Oesophagus, 
der,  wie  ich  bei  allen  von  mir  untersuchten  Vorticiden  unzwei- 
deutig  erkennen  konnte,  durch  die  Fortsetzung  des  Pharynx- 
epithels  gebildet  wird,  das  ausgezeichnet  ist  durch  die  Homo- 
genitàt  des  Plasmas,  seine  Kernarmut  und  die  feine  Cuticula, 
die  es  tiberzieht.  Die  Ansicht  von  Graff's,  dass  der  Oeso- 
phagus von  einem  Teil  des  Darmes  gebildet  werde,  trifft  also 
nicht  zu^  und  somit  ist  die  von  ihm  bestrittene  Homologie  des 
Mesostomiden-  und  Vorticiden-Pharynx  vorhanden. 


DIE    TUKBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON    BASEL.  263 

Der  Darm  ist  vom  Parenchym  scliarf  abgegrenzt  ;  ihm  liegen 
an  seinem  Beginn  zwei  Reilien  von  Drûsenzellen  auf,  mit  sich 
dunkel  fiirbendem  Secret.  Die  Darmzellen  umschliessen  im 
normalen  Zustand  einen  grossen  Hohlraum,  der  bei  Individuen, 
die  eben  Nahrung  zu  sich  genommen,  fast  verschwindet.  Es 
erftillen  sich  bei  diesen  die  Darmzellen  bald  mit  Nahrungs- 
kugeln  von  verschiedenem  Fârbungsvermogen.  Die  sich 
plasmaartig  fârbenden  Vacuoleninhalte  haben  sich  meist  in 
Folge  der  Fixation  etwas  contrahirt,  so  dass  sie  von  einer 
hellen  Zone  umschlossen  erscheinen.  Zwischen  den  Darm- 
zellen der  hungernden  Individuen  findet  man  Drûsenzellen  in 
geringer  Zahl,  die  ein  grobkorniges  Secret  besitzen  von 
anderer  Zusammensetzung  als  das  der  dem  Darme  in  seinem 
Anfangsteil  aufliegenden  Drûsen. 

Die  Geschlechtsoffnung  liegt  im  hinteren  Kôrperteil  und 
ist  durch  einen  Sphincter  verschliessbar,  welcher  umgeben  ist 
von  Drûsenzellen  in  âhnlicher  Anordnung  wie  bei  andern 
Vortexarten.  Die  Geschlechtsorgane  mit  Ausnahme  des 
chitinôsen  Teiles  des  Pénis  sind  gleich  gebaut  wie  bei  Vortex 
armiger. 

Das  Wassergefasssystem  ist  bei  allen  Vortexarten  noch  sehr 
unvollstândig  bekannt.  Schmidt,  Hallez  und  vON  Graff 
haben  einzelne  Telle  dessselben  gesehen;  es  schien  ihnen 
dasselbe  in  der  Nâhe  des  Pharynx  auszumiinden.  Die  Ver- 
mutung  Schmidt's,  dass  zwischen  der  Mundôffnung  und  der 
Wassergefâssôffnung  eine  âhnliche  Combination  stattfinde  wie 
bei  den  Mesostomiden,  erwies  sich  als  nicht  zutreffend,  indem 
es  mir  gelungen  ist,  bei  diesem  und  Vortex  pictus  die  Wasser- 
gefâssôfifnung  sowie  den  genaueren  Verlauf  der  Aeste  aufzu- 
finden.  Die  Ausfuhrôffnungen  liegen  im  letzten  Kôrperdrittel 
von  der  Mittellinie  und  dem  Kôrperrande  ungefâhr  gleich  weit 
entl'ernt.  Von  beiden  Oeffnungen  geht  ein  Hauptstamm  nach 
vorn  zwischen  den  beiden  Augen  durch,  um  nach  der  Riicken- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  18 


264  OTTO   FUHRMANN. 

seite  umzubiegen  und  sich  dort  zu  verâsteln  ;  dabei  bildet  er 
die  bei  allen  Vorticiden  leiclit  sichtbare  Schleife  in  der  Nâlie 
des  Pharynx,  die  zu  den  oben  erwahnten  irrigen  Deutimgen 
gefuhrt  hat.  Unweit  der  Ausmiindung  geht  ein  starker  Stamm 
ab,  der  eine  kurze  Strecke  nach  vorn  lâuft,  und  sich  dann 
scharf  umbiegt,  um  in  den  liinteren  Kôrperteil  zu  ziehen  und 
sich  in  mehrere  Aeste  aufzulôsen.  Vom  Hauptstamm  zweigen 
sich  noch  mehrere  Gefàsse  ab,  die  auf  die  dorsale  Seite  des 
Tieres  gehen.  Von  die  Bauchflâche  versorgenden  Aesten 
konnte  ich  wegen  des  stôrenden  Dazwischentretens  der  Darm- 
zellen  nichts  sehen.  Es  besitzen  also  die  Vorticiden  eine 
einheitliche  Anlage  des  Wassergefâsssystems.  Nur  das  von 
Francotte  (1881  à  1883)  beschriebene  Derostoma  Benedenii 
Francotte  und  Derostoma  typlilops  Vejd.,  welches  Sekera 
(1886)  eingehend  untersucht,  machen  eine  Ausnahme.  Ers- 
teres  besitzt  eine  vor  dem  Pharynx  gelegene  Ausmiindung 
des  Wassergefâsssystems,  dasselbe  constatirte  Sekera  an  Dero- 
stoma typlilops.  Hier  kommen  aber  ausserdem  noch  die  bei  den 
hinten  gelegenen  und  fur  aile  Derostomaarten  charakteris- 
tischen  Oeffnungen  vor. 

Fundorte  :  Dièse  Species  trat  im  Feuerweiher  von  Mûn- 
chenstein  plôtzlich  auf,  nachdem  derselbe  fast  einen  Monat 
trocken  gelegen  ;  vorher  waren  immer  nur  Derostoma  unipunc- 
tatum  und  cœcum  und  Mesostoma  trunculum  zu  finden. 

25.   Vortex  pictus  0.  Sch. 

0.    Schmidt    18o8,    von    Graff    1882. 

Die  Kenntniss  dieser  Species  verdanken  wir  den  Unter- 
suchungen  von  0.  Schmidt,  welchen  ich  nur  einiges  auf  das 
Wassergefàsssystem  bezûgliches  beizufiigen  habe.  Es  ist 
dasselbe  vollkommen  gleicli  gestaltet  wie  bei  Vortex  Schmidtii 
Graff,  indem  auch  hier  die  Ausfuhrôffnung  im  letzten  Kôrper- 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON  BASEL.  265 

drittel  liegt.  Die  Verzweigungen  der  Seitenâste  sind  fast 
dieselben.  Die  Eier  zeigen  wie  bei  Vortex  trmicatus  eiii 
Deckelchen,  das  beim  Ausscliliipfen  des  Embryo  abspringt. 
Fundortô  :  Einzig  der  Inzlinger  Schlosswe^her  und  ein 
Tiimpel  bei  Reinacli  bergen  dièse  Art. 

26.  Vortex  truncatus  Ehbg. 

Schinidt  I808,  Graff  1882. 

Bei  dieser  leiclit  kenntlichen  und  weit  verbreiteten  Species 
finde  icli  das  Receptaculum  seminis  niclit  eingeschlossen  in 
den  Ausfiihrgang  des  Keimstockes,  sondern  auf  einen  kurzen 
Stiel  demselben  seitlich  ansitzend. 

Fundorte  :  Es  findet  sich  dieser  Vortex  hier  bei  Brislach, 
im  Schlossweiher  von  Inzlingen,  bei  Reinach,  Allscliwyl, 
Kleinhilningen,   Neudorf  und  im  Bâche  der  Langen  Erlen. 

27.  Voriex  sexdentatus  Graff. 

Graff  1882. 

In  einem  Aufguss  von  vollkommen  ausgetrocknetem  Moos, 
das  aus  einem  Tiimpel  bei  Brislach  stammte,  hatten  sich  nach 
drei  Wochen  mehrere  Vortex  sexdentatus  entwickelt.  Bis 
jetzt  kennt  man  dièse  Species  einzig  von  Miinchen  und 
Aschaffenburg. 

28.   Vortex  triquetriis  nov.  spec. 
Fig.  29-34. 

Lange  2 — 3  mm..  Fiïr  das  unbewaffnete  Auge  hellbrauu 
gefârbt  mit  griin  durchschimmerndem  Darm.  Das  Vorder- 
ende  ist  abgerundet  und  besetzt  von  feinen  Geisselhaaren, 
ebenso  das  sich  allmâhlig  zuspitzende  Hinterende.  Die  kurzen 
dicken  Stabchen  sind  zu  2  oder  3  in  Pakete  vereinigt  und 
gleichmassig  liber  den  ganzen  Korper  verbreitet.     Das  Epithel 


266  OTTO   FUHRMANN. 

in  welchem  die  Stâbchen  stecken  ist  unregelmassig  polygonal^ 
0,0084  mm.   lioch   iind   von   deutlicher  Cuticula    ïiberzogen. 

Der  Hautmuskelschlauch  besteht  aus  schmalen  Ringfasern 
und  breiten  bandfôrmigen  Langsfasern. 

Das  Parenchym  ist  erfiillt  von  Pigmentzellen,  die  einen 
hellbraunen  Farbstoff  gelôst  enthalten,  in  welchem  sepiabraune 
Kornchen  in  geringer  Zalil  suspendirt  sind.  Hautdrlisen 
liabe  ich  im  vordern  Kôrperteil  mit  Sicherheit  nicht  nach- 
weisen  kônnen,  imHinterende  dagegen  findet  sicli  ein  Bûschel 
von  Zellen,  die  auf  Schnitten  durcli  ihre  intensive  Fârbung 
sofort  auffallen.  Ihre  Ausfuhrgânge  mlinden  zusammen  in 
der  hinteren  Kôrperspitze  aus.  Sie  sind  vielleicht  homolo- 
gisirbar  mit  den  Spinndrûsen  der  Mesostomiden. 

Der  Pharynx  ist  ein  typischer  Pharynx  doliiformis  mit 
breitem  Saum,  der  deutlich  gekerbt  ist.  Seine  breiten  Radiâr- 
muskelbànder  zeigen  klar  ihre  Zusammensetzung  aus  feinen 
^luskelfaseri),  die  an  ihren  Ansatzpunkten  an  der  Aussen- 
und  Innenwand  des  Pharynx  auseinander  gehen.  Die  Pha- 
ryngalzellen  finden  sich  in  geringer  Zahl  als  grosse  Zellen 
mit  langen  Fortsiitzen,  die  zwischen  den  einzelnen  Muskel- 
biindeln  eindringen  und  aile  auf  gleicher  Hôhe  im  ganzen 
Umfange  des  Pharynx  angeordnet  sind.  Dièse  Zellen  besitzen 
einen  grossen  hellen  Kern  mit  feinkôrnigem  Plasma,  in  wel- 
chem ein  scharfcontourirtes  dunkelgefârbtes  Kernkôrperchen 
sich  findet.  Der  Pharynx  ist  durch  einen  Oesophagus  mit 
dem  Darm  verbunden,  der  durch  die  Fortsetzung  der  epithe- 
lialen  Auskleidung  des  Pharynx  gebildet  wird.  Dieser  Oeso- 
phagus besitzt  eine  Muscularis,  die  aus  Lângs-  und  Ring- 
muskelfasern  besteht.  Zwischen  dièse  Fasern  und  die  Epi- 
thelzellen  drangen  sich  die  Ausmimdungsgânge  der  zahlreichen 
grossen  Speicheldriisen  ein,  die  in  einem  Kranze  zwischen 
Pharynx  und  Darm  den  Oesophagus  umgeben.  Ihr  Plasma 
fàrbt  sich    schwach,    ist    feinkornig    und    umschliesst   einen 


DIE   TURBELLARIEN   DEK   UMGEBUNG   VON   BASEL.  267 

wenig  scliarf  begrenzten  Kern,  der  ein  grosses  Kernkôrper- 
chen  enthalt.  Im  Plasma  iinden  sich  grôssere  und  kleinere 
belle  Vacuoleu.  Da  wo  der  Darm  beginnt  liegen  demselben 
im  ganzeii  Umkreise  eiiie  grosse  Zabi  von  Driisenzellen 
auf,  die  sicb  von  den  in  unmittelbarer  Nàbe  einmiindenden 
Speicheldriisen  durcb  ibr  vollkommen  verscbiedenes  Verbalten 
gegen  Farbstoffe  deutlicb  untersclieiden.  Von  Graff  be- 
zeichnet  sie  als  Darmdrlisen;  icb  konnte  sie  bei  allen  Yor- 
ticiden  nacbweisen.  Sie  sind  klein  und  enthalten  ein  ziem- 
licb  grobkôrniges  Secret,  iiber  dessen  Function  wir  noch 
nicbts  bestimmtes  wissen.  Die  Darmwand  besteht  aus  vom 
Parenchym  scbarf  abgegrenzten  Darmzellen,  deren  Kerne 
meist  im  dicbteren  Plasma  der  Basis  liegen.  Am  lebenden 
Tier  erscheint  der  Darm  von  der  pflanzlicben  Nahrung  grtin 
gefârbt.  Zwiscben  den  keulenformigen  Darmzellen  finden  sich 
kleine  Driisen,  deren  korniges  Secret  sich  bei  Fârbung  mit 
bleu  de  Lyon  hellblau  fàrbt  und  die  ganze  Zelle  deutlicb 
hervortreten  làsst;  ilire  Zahl  ist  eine  geringe. 

Die  Pigmentbecher  der  Augen  (Fig.  29)  sind  gross  und  von 
braunen  Pigmentkornern  gebildet.  Sie  liegen  dem  aus  zwei 
Ganglien  bestehenden  Gehirn,  deren  Commissur  ebenso  breit 
und  miichtig  ist  wie  die  Ganglien  selbst,  direct  auf.  Die 
abgeheuden  Nerven  sind  noch  ziemlich  weit  nach  hinten  um- 
hlillt  von  Ganglienzellen. 

Die  Geschlechtsoiînung  liegt  auf  der  Mittellinie  des  Kurpers 
im  hintern  Drittel  desselben  ;  auch  hier  besitzt  sie  einen 
Sphincter  und  Radiarmuskeln  und  ist  ebenfalls  umgeben  von 
einem  in  Rosettenform  angeordneten  Driisencomplex.  Sie 
fiihrt  in  ein  mit  Epithel  ausgekleidetes  muskuloses  gemein- 
sames  Atrium,  das  durch  zahlreiche  Muskeln  mit  der  Leibes- 
wand  verbunden  ist.  Es  treten  dieselben  wohl  bei  der  Copu- 
lation und  beim  Ausstossen  des  fertigen  Fies  in  Function.  Die 
Hoden  liegen  im  letzten  Kôrperdrittel  als  kurze  Sacke,  deren 


268  OTTO   FUHRMAN^. 

Vasa  deferentia  nach  vorn  verlaufen,  um  in  die  oft  mâchtig 
angeschwollene  Vesicula  des  Pénis  einzumûnden.  Das  Sperma 
muss  bei  seinem  Austritt  die  Vesicula  granulorum  durchlaufen, 
welche  durch  eine  Ringfalte  von  der  Vesicula  seminalis 
getrennt  ist.  Dièse  Faite  wird  gebildet  von  der  das  Ganze 
umschliessenden  Muskelschicht.  Der  chitinôse  Teil  des  Pénis 
besteht  aus  zwei  symetriscben  dreieckigen  Platten^  mit  zahl- 
reiclien  Sculpturen  ;  jede  Platte  trâgt  acht  Stachelu  (Fig.  34). 
Die  Dotterstocke  verlaufen  auf  beiden  Seiten  des  Kôrpers  ;  sie 
sind  schwach  papilles,  ihr  Fpithel  besteht  aus  kleinen  Zellen 
mit  grossen  Kernen.  Die  gegen  den  Dottergang  geschobenen 
Dotterkôrner  fârben  sich  mit  Indigo-Boraxcarmin  griin  und 
heben  sich  so  deutlich  vom  Dotterstockepithel  und  seinen 
Kernen,  die  rotgefârbt  sind,  ab.  Der  Keimstock  ist  ein  sehr 
lang  gestreckter  Schlauch  an  dessen  koJbigem  Ende  zahlreiche 
Eizellkerne  in  gemeinsamem  Plasma  eingehiillt  liegen.  Die 
reifen  Eier  besitzen  ein  korniges  Plasma  mit  ziemlich  grossem 
Kern,  der  sich  durch  sein  homogènes  Plasma  auszeichnet  und 
in  welchem  ein  grosses  dunkles  Kernkôrperchen  liegt.  Der 
Oviduct  ist  sehr  lang  und  stark  muskulôs,  namentlich  die 
Ringmuskulatur  ist  kràftig  entwickelt,  wàhrend  die  Làngs- 
rauskulatur  nur  spârlich  den  Ringmuskeln  aufliegt.  Die 
Muskulatiir  des  Receptaculum  seminis,  das  ohne  Stiel  dem 
Oviduct  direckt  aufsitzt,  ist  nur  schwach  entwickelt.  Er  ist  in 
gefiilltem  Zustande  sehr  gross  und  wie  die  Vesicula  seminalis 
hellbraun  getàrbt.  Die  Bursa  copulatrix  habe  ich  am  leben- 
den  Tier  niclit  gesehen  ;  sie  liess  sich  aber  auf  den  Schnitt- 
serien  leicht  als  ein  deni  Atrium  anhangender  muskulôser  Sack 
nachweisen.  Der  Utérus  ist  ziemlich  dickwandig,  von  zahl- 
reichen  Drûsen  umgeben,  deren  Zugehôrigkeit  zu  demselben 
aber  nicht  naclizuweisen  war.  Die  Eier  sind  von  ovaler  Form 
und  von  dunkelbrauner  Schale  umschlossen. 

Fundort  :   Ich   fand   dièse  Art  in  dem  an  Tiirbellarien  so 


DIE    TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG    VON    BASEL.  269 

reichen  Sumpfe  von  Neudorf,  wo  sie  aber  niclit  hâiifig  zu  sein 
scheint. 

29.    Vortex  Graffli  Hallez.  ? 

Fig.  37-39. 
Hallez  1871»,  Graff  1882. 

Die  Identitat  der  hier  vorkommenden  Art  mit  Vortex  Graffii 
Hallez  ist  niclit  ganz  siclier  gestellt,  indem  sich  verschiedene 
nicht  iinbedeutende  Differenzen  feststellen  lassen. 

Die  Diagnose,  die  Hallez  fiir  diesen  gegeben,  lautet  : 
,,  Corps  cylindrique,  tronqué  en  avant,  pointu  en  arrière,  pré- 
sentant des  soies  rai  des  de  distance  en  distance  sur  la  face 
dorsale  seulement.  Couleur  verte.  Deux  points  oculiformes 
noirs.  Pénis  cliitineux  formé  par  un  cercle  sur  le  pourtour 
duquel  s'incèrent  14  à  16  longues  lamelles  triangulaires  et 
convergentes.  Longueur  1  millimètre.  Eau  douce.  Lille.  "  Es 
ist  vor  allem  der  cliitinôse  Copulationsapparat,  das  auffallendste 
und  wichtigste  Characteristicum  der  Vortexarten,  der  fast 
identisch  ist  mit  dem  von  Hallez  bei  Vortex  Graffli  beschrie- 
benen  und  abgebildeten  ;  dieselbe  Zahl  von  Stacheln,  dieselbe 
Art  der  Befestigung  an  einem  Cliitinring,  nur  sind  sie  bei  der 
hier  vorkommenden  Art  etwas  kiirzer  im  Verhâltniss  zum 
Durchmesser  des  sie  verbindenden  Ringes  (Fig.  39).  Von 
dorsalen  Borstenhaaren  habe  ich  nichts  gesehen,  vielmehr 
nur  solche  vorn  und  hinten  angetroffen,  wo  sie  bei  Vortex 
allgemein  vorzukommen  scheinen.  Auf  dièse  Differenz  mochte 
ich  aber  wenig  Gewicht  legen,  da  dièse  zarten  Gebilde  leicht 
ûbersehen  werden  konneii.  Anders  ist  es  mit  dem  Fehlen  der 
Zoochlorellen  im  Parenchym  und  der  Anwesenheit  eines  Pig- 
mentes^ das  aber  nur  bei  stârkerer  Vergrôsserung  als  braune 
Pigmentkôrner  sichtbar  ist.  Fur  das  unbewaffnete  Auge  er- 
scheint  das  kaum  einen   Millimeter  lange  Tierchen  farblos, 


270  OTTO   FUHRMANN. 

nur  der  hellgriine  Darrn  làsst  es  erkennen.  Der  Schlund,  der 
durch  ziemlicli  langen  aucli  am  lebenden  Tier  leicht  sichtbaren 
Oesophagus  mit  dem  Darm  verbunden  ist,  zeigt  die  Eigen- 
ttimlichkeit,  dass  die  am  Rande  des  Pharynx  bei  vieleu  Vortex 
auftretenden  Kerben  hier  sehr  scharf  ausgeprâgt  und  etwas 
auseinander  gerïickt  sind,  so  dass  der  Rand  mit  einer  grossen 
Zahl  deutlicher  Greiffinger  besetzt  erscheint,  die  beim  Vor- 
schnellen  des  Pharynx  die  Beute  ergreifeu  und  festhalten 
(Fig.  38). 

Bei  dieser  Species  hatte  ich  die  Gelegenheit,  die  Copulation 
zu  beobachten  ;  sie  ist  wie  bei  Vortex  viridis  eine  gegenseitige. 
Die  Durchsichtigkeit  der  Art  erlaubt  es,  die  Stellung  der 
Geschlechtsorgane  bei  diesem  Acte  zu  studiren.  Von  Interesse 
sind  dabei  namentlich  die  Stellung  des  Pénis  und  die  der 
Bursa  copulatrix  (Fig.  39).  Bei  einem  vom  Gefahrten  ge- 
trennten  Individuum  war  folgendes  zu  sehen:  Der  chitinose 
Teil  des  Pénis  war  aus  der  Geschlechtsoffnung  weit  vorge- 
stûlpt,  wobei  die  Stacheln  etwas  divergirten,  neben  ihm  lag. 
ebenfalls  etwas  vortretend,  die  Oeiinung  der  Bursa  copulatrix 
in  welclie  vom  Pénis  des  anderen  Tieres  das  Sperma  eingefûhrt 
wird,  um  von  da  nach  dem  Acte  in  das  Receptaculum  iiber- 
gefiihrt  zu  werden. 

Die  Cocons  sind  immer  nur  einzeln  im  Utérus  anzutreffen 
und  enthalten  eine  einzige  Eizelle.  Die  Farbe  ist  hellbraun, 
der  Lângendurchmesser  des  ovalen  Eies  betrâgt  0,03  mm.. 
Die  Cocons  werden  mittelst  eines  Secrètes,  das  vielleicht  von 
deu  die  Geschlechtsoffnung  umstellenden  Drusen  geliefert  wird, 
angeheftet.  Die  Entwicklung  geht  sehr  rasch  vor  sich  ;  sobald 
der  Erabryo  ziemlich  fertig  entwickelt,  wird  die  Naht  eines 
Deckelchens  an  der  Eischale  sichtbar,  die  mit  der  fortschrei- 
tenden  Entwicklung  immer  deutlicher  wird.  Beim  Aus- 
schiijpfen  springt  dièses  Deckelchen  ab,  und  das  fast  farblose 
Tierchen  tritt  aus  ;  es  ist  an  seinem  Hinterende  mit  grossen 


DIE   TlIRBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  271 

beim  Anheften  deutlich  sichtbaren  Haftzellen  versehen  und 
trâgt  an  beiden  Eiiden  des  Kôrpers  zahlreiclie  lange  Borsten- 
haare. 

Fundorte  :  Icli  kenne  dièse  Art  aus  einera  Tiimpel  bei 
Brislach,  ferner  aus  dem  Surapfe  von  Neudorf. 

30.    Vortex  ruher  nov.  spec. 
Fi-.  40-42. 

In  ihren  ansseren  Kôrperumrissen  gleicht  dièse  Art  voll- 
kommen  Vortex  armiger,  nur  ist  ihre  Grosse  eine  bedeutendere 
(1,5  mm.)  und  die  Farbe  nicht  braun  sondern  ein  belles  ziegel- 
rot.  Die  Epidermis  ist  0,008  mm.  hoch  und  von  Stabchen- 
gruppen  erfiillt.  Die  Epitbelzellen  sind  polygonal  mit 
0,003  mm.  grossen  Kern,  neben  dem  in  der  Regel  eine  belle 
Blase  liegt,  deren  Inhalt  coagulirt.  Bei  diesem  Vorgang  zieht 
sich  in  einigen  Vacuolen  der  Inbalt  zusammen  und  es  entsteht 
so  ein  bélier  Hof,  der  die  Masse  umsilumt.  Es  sind.  das 
Verliâltnisse,  wie  sie  Bôhmig  (1891)  von  den  Alloiocœlen 
beschrieben  und  abgebildet  bat. 

Das  Parenchym  ist  erfiillt  von  Pigmentzellen  in  denen  ein 
roter  Farbstoff  gelost  ist,  der  nur  wenige  braune  Kôrner  sus- 
pendirt  enthitlt. 

Das  Nervensystem  ist  mâchtig  entwickelt  als  eine  bandfôr- 
mige  Ganglienmasse,  welcher  die  eigentuinlidi  geformten  dunkel- 
braunen  Pigmentbecher  der  Augen  (Fig.  41)  direckt  aufliegen. 
Von  Nervenstâmmen  konnte  icb  drei  Paare  sehen,  ein  Paar  das 
nacb  vorn  verlituft  und  sicb  gieich  nach  seinem  Austritt  im 
Vorderende  ausbreitet,  die  beiden  anderen  Paare  entspringen 
an  den  Seitenteilen  des  Gebirns  ;  von  ibnen  verlàuft  das  letzte 
auf  der  ventralen  Flâche  des  Korpers  nach  liinten.  Pbarynx, 
Oesophagus  und  Darm  sind  von  gewobnlicbem  Bau. 

Vom    Wassergefasssystem    habe    icb    nur    einzelne    Telle 


272  OTTO   FUHRMANN. 

erkannt,  deren  Stellung  mit  dem  Verlauf  der  Aeste  bei  Vortex 
ScJimidtii  tibereinstimmen. 

Die  Geschlechtsuffnung  liegt  im  hintern  Korperteil  iind 
fuhrt  in  ein  Atrium,  in  welches  die  mannlichen  und  weiblichen 
Driisen  mit  iliren  Hilfsapparaten  miinden.  Der  Keimstock 
besitzt  einen  langen  Oviduct,  neben  ihm  miindet  in  das  Atrium 
eine  stark  muskulôse  Blase,  die  Bursa  copulatrix.  Die  Dotter- 
stôcke  liegen  auf  beiden  Seiten  des  Korpers  und  zeigen  nach 
einer  Skizze,  die  nach  einem  Quetschpritparat  angefertigt, 
lange  Seitenzweige  an  dem  zum  Atrium  fuhrenden  Dotter- 
gaiig.  Der  Utérus  ist  dlinnwandig  und  enthalt  ein  0,19  mm. 
grosses  lânglicli  ovales  El  von  gelbbi-auner  Farbe.  Der  Pénis 
besteht  aus  einer  langlichen  Samenblase  mit  von  ihr  getrenntem 
Secretraum.  Der  chitinose  Teil  ist  0,056  mm.  lang  und 
besteht  aus  einem  breiten  Ring  dem  sich  zehn  nach  innen  con- 
vergirende  Stacheln  anheften.  Der  Ring  besitzt  zwei  dem 
unteren  Rande  parallel  laufende  Verstârkungsleisten,  von 
welchen  die  eine  den  unteren  Rand  selbst  bildet  ;  dièse  beiden 
Leisten  sind  durch  schmnle  Brlicken  mit  einander  verbunden. 

Fiindorte  :  Icli  kenne  dièse  Art  nur  aus  einem  Tiimpel  bei 
Reinach,  wo  ich  sie  in  wenigen  Exemplaren  fand. 

31.    Vortex  infundibidiformis  nov.  spec. 
Fig.  45. 

Es  fallt  dièse  Art  durch  ihre  dunkelbraune  Fitrbung  trotz 
der  geringen  Grosse  von  kaum  1  mm.  sofort  auf.  Die  aussere 
Form  ist  ahnlich  der  von  Vortex  pictus,  auch  bei  dieser  Art 
finden  sich  vorn  und  an  der  Schwanzspitze  lange  Geisselhaare, 
die  wohl  als  Tastorgane  functioniren.  Die  farblose  Haut  ist 
der  Trâger  kurzer  Stâbchen,  die  aber  meist  nur  in  geringer 
Zahl  vorhanden. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  273 

Die  Augeii  liegen  vor  dem  Pharynx,  erscheinen  schwarz, 
ihr  Pigmentbecher  ist  aus  groben  braunen  Pigmentkornern 
zLisainmengesetzt  und  von  nicrenformiger  Gestalt. 

Die  Pigmentzellen  des  Parenchyms  sind  dicht  ertullt  von 
braunen  Pigmentkornern,  die  den  Kôrper  intensiv  dunkel- 
braun  fârben,  so  dass  nur  der  Pharynx  hell  durchschimmert. 
Derselbe  ist  von  gewôhnlichem  Bau  und  fûhrt  in  einen  epithe- 
lialen  Oesophagus  der  das  Secret  zahlreicher  Speicheldriisen 
aufnimmt.  Der  Darm  ist  von  Zoochlorellen  griin  gefilrbt  und 
tragt  an  seinem  Anfangsleil  einen  doppelten  Kranz  von  Driisen- 
zellen  mit  kornigem  Inhalt. 

Der  Geschlechtsapparat  ist  ausser  dem  chitinosen  Pénis  von 
gewôhnlichem  Bau.  Die  Vesicula  seminalis  und  granulorum  sind 
lang  gestreckt,  von  gemeinsamer  Muscularis  umgeben,  und 
durch  eine  von  dieser  gebildeten  Piingfalte  von  einander  ge- 
trennt.  Der  chitinose  Pénis  besteht  aus  einem  trichter- 
fôrmigen  langen  Chitiurohr,  das  umrahmt  ist  von  einem  Kranz 
von  Stachehi,  die  aber  nicht  wie  bei  Vortex  ruber  durch  einen 
Ring  zusammengehalten  werden.  Der  Trichter  fast  doppelt 
so  lang  wie  die  ihn  umgebenden  Stacheln  ist  in  seiner  Mitte 
geknickt,  so  dass  der  untere  Teil  in  stumpfem  Winkel  an  den 
nach  oben  sich  langsam  zum  Trichter  erweiternden  Teil  an- 
stôsst.  Dieser  selbst  ist  an  zwei  sich  gegenûberliegenden 
Stellen  tief  eingeschnitten,  so  dass  der  eigentliche  Trichter 
nur  noch  sehr  niedrig  ist.  Die  Knickung  des  Rohres  ist 
nach  der  Geschlechtsoffnung  gerichtet  welche  mit  Sphincter 
und  Radiârmuskeln  versehen  ist.  Zwischen  den  Muskeln 
liegen  Drusen  mit  stark  lichtbrechendem  Secret,  zu  einer 
zierlichen  Rosette  angeordnet. 

Der  Utérus  enthâlt  immer  nur  ein  ovales  dunkelbraunes  Ei, 
dessen  Lângendurchmesser  0,135  mm.  betràgt. 

Fundort  :  Neudorf . 


274  OTTO   FUHRMANX. 

10.  Geniis  :  Derostoma  Oe. 

,,  Euvorticinà  mit  einem  Keimstock  uiid  netzartigem  Dotter- 
stock,  lângliclien  Hoden.  Pharynx  doliiformis  (selten  varia- 
bilis  oder  plicatus)  und  Mund  im  ersten  Korperdrittthcile. 
Die  Geschlechtsôtïnung  liegt  niclit  weit  liinter  dem  Pharynx, 
der  Peuis  ist  wie  im  Genus  Vortex  gebaut.  " 

32.  Derostoma  unipundahim  Oe. 

F'ig.  40  uiid  47. 
Graff  1882,  Braun  1885,  Lippitscli  1890. 

Dièse  Species  erreicht  im  Maximum  die  Grosse  von  5  mm. 
Die  Farbe  des  lichtscheuen  Tieres  ist  bei  leerem  Darme  eine 
schmutzig  weissliche.  Die  Kôrperspitze  ist  braunrôtlich,  her- 
ruhrend  von  Pigmentzellen,  die  braune  Farbstoffkôrner  ent- 
halten;  seiche  Pigmentzellen  finden  sich  im  ganzen  Kôrper- 
parenchym  verteilt,  treten  aber  nur  zu  beiden  Seiten  des 
Pharynx,  \vo  dasselbe  stark  entwickelt  ist,  deutlich  hervor. 
Die  Augen  sind  verschieden  geformt,  bald  scharf  begrenzt, 
bald  ganz  diffus  ausgebildet.  Dièse  beiden  Extrême  der  Aus- 
bildungsweise  finden  sich  hie  und  da  an  demselben  Individuum 
vor. 

Derostoma  unipunctatum  ist  in  jiingster  Zeit  von  M.  Beaux 
und  K.  LiPPiTSCH  eingehend  beschrieben  wordeu.  Diesen 
Beschreibungen  fûge  ich  einige  Ergànzungen  und  Berichti- 
gungen  an. 

Das  Integument  beschreibt  Lippitsch  als  mehr  oder  weniger 
polygonale  durch  eine  Kittsubstanz  verbundene  Zellen,  deren 
Seitenwànde  deutlich  gerifft  sind.  Nach  meinen  Beobach- 
tungen  am  lebenden  Material  stellen  sich  die  Epidermiszellen 
als  unregelmàssig  geformte  Zellen  dar,  deren  stark  entwickelte 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  275 

Zwischensubstanz  von  zahlreiclien  feinen  Plasmafortsâtzen 
durchsetzt  ist,  welche  die  einzelnen  Zellen  miteinander  ver- 
binden,  wie  es  auch  Francotte  (1883)  fur  Derostoma  Bene- 
demi  besclireibt.  Die  Zellen  enthalten  belle  Râume  die,  wie 
man  auf  optischen  Querschnitten  sehen  kann,  mit  der  Aussen- 
welt  durch  feine  Poren  in  Verbindimg  stehen.  Die  Basis 
dieser  hellen  Raume  ist  nur  durch  eine  dûnne  Plasmaschicht 
von  der  Basalmembran  getrennt.  Auf  guten  Querschnitten 
fand  ich  bei  einigen  dieser  Vacuolen,  deren  Basis  niclit  so  tief 
hinab  gieng,  einen  Kanal  bis  zur  Basalmembran  ziehend. 
Wegen  der  Feinheit  der  letzteren  konnte  ich  nich't  erkennen, 
ob  der  Gang  die  Membran  durchsetze  oder  nicht.  Bohmig 
(1891)  ist  es  gelungen  dièse  Kanâle  aufs  deuthchste  bei 
mehreren  Alloicœlen  nachzuweisen. 

Die  Mundôffuung  wird  durch  einen  Ringmuskel  geschlossen. 
Pharynx  und  Darm  sind  durch  einen  deutlichen  epithelialen 
Oesophagus  mit  einander  verbunden.  Der  Magendarm  besitzt 
namentlich  auf  seiner  Riickseite  zahlreiche,  grosse  keulen- 
fôrmige  Driisen  mit  grobkôrnigem  Sekret  und  oft  sehr  langen 
Ausftihrgângen.  Dièse  Zellen  sind  schon  beim  lebenden  Tiere 
auffallend,  scheinen  aber  bis  jetzt  ûbersehen  worden  zu  sein. 

Die  Topographie  der  Geschlechtsorgane  fand  ich  wie  sie 
von  LiPPiTSCH  beschrieben  worden  ;  einzig  wâre  zu  erwâhnen, 
dass  die  Vasa  deferentia,  die  bei  vollkommen  geschlechts- 
reifen  Tieren  sehr  weit  sind,  nicht  am  vorderen  Ende  der 
seitlich  gelegenen  Hoden  entspringen,  sondern  im  vorderen 
Drittel  ihren  Urspi-uug  nehmen,  wie  es  bereits  Max  Schultze 
(1851)  abgebildet.  Die  accessorischen  Driisen  des  Pénis,  die 
zum  Teil  ganz  an  der  Peripherie  des  Kôrpers  liegen,  mûnden 
mit  langen  Ausfùhrgàngen  in  den  oberen  Teil  der  Vesicula 
granulorum,  die  von  der  Samenblase  durch  eine  Membran 
getrennt  ist.  Den  Keimstock  fand  ich  ebenfalls  von  platten 
Kernen  umgeben,  die  aber  wohl  nicht  ein  Ovarialepithel  vor- 


276  OTTO    FUHRMANN. 

stellen,  sondern  platt  gedriickte  Parenchymzellkerne  siud. 
Die  Eier  sind  nicht  coiicav-convex  sondern  fast  voUkommen 
kreisrund  und  nur  an  conservirtem  IMaterial  prâsentiren  sie 
sich  in  jener  Gestalt. 

Fundort  :  Es  findet  sicli  dièse  Derostomaart  Sommer  und 
Winter  im  Feuerweiher  von  ]Mûnclienstein.  Ich  kenne  sie 
auch  ans  einem  Tiimpel  von  Reinach,  wo  sie  aber  selten  zu 
sein  scheint. 

33.  Derostoma  cœcum  nov.  spec, 
Fig.  48-56. 

Dièse  Art  erreicht  eine  Grosse  von  2,5  mm.  ;  vorn  ist  ihr 
Kôrper  zugespitzt,  nach  hinten  verbreitert  er  sich,  um  meist 
scharf  abgestutzt  und  mit  kleiuem  Schwànzchen  in  der  Mitte 
des  fast  geradlinig  abgeschnittenen  hinteren  Kôrperendes  aus- 
gerûstet,  zu  schliessen.  Die  Riickenflàche  ist  stark  gewôlbt, 
die  Baucliseite  vorn  flach,  liinter  der  Kôrpermitte  coucav. 
Dièse  Concavitàt  beginnt  an  der  Stelle  wo  das  Wassergefâss- 
system  ausmûndet;  anfangs  ist  sie  nur  sehr  gering,  wird 
aber  immer  stârker  je  weiter  man  nach  hinten  geht;  kurz  vor 
dem  Kôrperende  hat  sie  ihr  Maximum  erreicht  und  verflacht 
sich  dann  rasch.  Der  Kôrper  ist  weisslich,  vorn  und  zu 
beiden  Seiten,  wie  bei  Derostoma  unipunctatum,,  rotbraun 
gefarbt,  nur  etwas  intensiver  als  letzteres.  Die  Augen 
fehlen.  Die  Epidermis  besteht  aus  Zellen,  welche  die  bei 
Derostoma  unipunctatum  beschriebene  Form  besitzen.  Auch 
hier  ist  die  Zwischensubstanz  ziemlich  stark  entwickelt, 
durchquert  von  Plasmafortsatzen,  die  mit  den  benachbarten 
Zellen  sich  verbinden.  Die  Zellen  selbst  besitzen  zahlreiche 
Vacuolen,  deren  Austuhrgânge  ich  am  lebenden  Object  bei 
einigen  deutlich  beobachten  konnte.  Auf  Flâchenschnitten 
ist  die  Zwischensubstanz  bedeutend  weniger  mâchtig  und  die 


DIE   TURBELLARIEN    DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  277 

Plasmaverbindungeii  nur  unfleutlich  zu  sehen.  Aut  Quer- 
schnitten  zeigt  sich,  wie  es  Lippitsch  ftir  Derostoma  uni- 
punctatum  besclirieben,  die  liussere  Plasmaschicht  viel  inten- 
siver  gefarbt.  Die  Kerne  sind  verâstelt  und  t'ein  granulirt. 
Die  Vacuolen  sind  kleiner  und  lànglich,  sie  iiegen  in  der 
Mitte  des  Zellplasmas,  so  dass  der  zur  Basalmembran  und  an 
die  Aussenwelt  fûhrende  Kanal  leicht  siclitbai-  ist.  Die  Hohe 
der  Epithelzellen  des  Rûckens  ist  0,0058  mm.,  die  der  Bauch- 
seite  etwas  hôher,  0,008  mm.  Am  Vorderende  finaen  sich, 
das  diclite  Wimperkleid  nur  um  weniges  ûberragend,  verein- 
zelte  Tastborsten.  Die  Cuticula,  welche  das  Epithel  nach 
aussen  begrenzt,  ist  ein  deutlich  sichtbares  Hâutchen,  wiihrend 
die  Basilarmembran  âusserst  diinn  ist. 

Der  Hautmuskelschlauch  ist  ziemlich  verschieden  gebaut 
von  demjenigen  von  Derostoma  imtpunctatum.  Die  Anordnung 
der  Fasern  ist  dieselbe,  nur  sclieinen  die  Diagonalfasern  zu 
fehlen.  Die  Langsmuskelfasern  bestehen  aus  bandfôrmigen 
Muskeln,  die  in  der  Mitte  der  ventralen  Flitche  eine  Breite 
von  0,008  mm.  erreichen;  dièse  niramt  nach  dem  seitlichen 
Kôrperrande  hin  ab  und  auf  den  Seiten  und  dem  Riicken 
sind   die   Muskelfasern  wieder  von  fast  rundem  Querschnitt. 

Das  Kôrperparenchym  ist  so  gebaut  wie  es  Lippitsch 
(1890)  und  BoHMiG  (1886)  geschildert  haben.  Am  lebenden 
Tier  sieht  man  Pigmentzellen  im  Parenchym,  welche  eine  gelb- 
rote  Fltissigkeit  enthalten,  in  der  in  geringerer  oder  grôsserer 
Zahl  rotbraune  Pigmentkôrner  von  0^001 — 0,003  mm.  Grosse 
suspendirt  sind.  Dièse  Pigmentzellen  sind  iiber  den  ganzen 
Kôrper  verteilt  und  geben  ihm  bel  Betrachtung  unter  der 
Lupe  die  gelbliche  Farbe,  die  fiir  das  unbewaffnete  Auge  nicht 
sichtbar  ist.  Am  Vorderende  und  zu  beiden  Seiten  des 
Pharynx,  wo  das  Parenchym  besonders  stark  entwickelt  ist, 
kommen  sie  speziell  zur  Geltung  und  verleihen  dem  Kôrper  an 
diesen  Stellen  die  rotbraune  Fârbung.     Kôrnchenreiche  Pig- 


278  OTTO   FUHRMANN. 

raentzellen  findeii  sich  ferner  an  den  beiden  Seiten  des  Kôrpers, 
wàhrend  an  der  dorsalen  und  ventralen  Seite,  wo  der  Darm 
nur  durch  eine  diinne  Parenchymschicht  vom  Kôrperepithel 
getrennt  ist,  die  Pigmentirung  nicht  hervortritt^  obwohl  sie 
auch  da  nicht  fehlt.  Die  grossen  Stabchenzellen  liegen  zu 
beiden  Seiten  des  Pharynx  teilweise  noch  hinter  demselben; 
sie  senden  ihr  Sekret,  lange  nadelfôrmige  Stabchen,  in  zwei 
Bahnen  nach  vorn,  welche  sich  vor  dem  Pharynx  vereinigen, 
uni  nach  aussen  gegen  die  Kôrperspitze  auszustrahlen.  Die 
Stàbchenbildungszellen  bergen  an  ihrer  Basis  einen  grossen 
Kern  ;  das  Plasma  der  Zelle  farbt  sich  mit  Boraxcarmin  blass- 
rot  und  enthâlt  zahh-eiche  helle  Vacuolen.  An  der  Ausmiin- 
dung  der  Driisenzelle  liegen  die  Stabchen,  die  sich  mit  dem 
genannten  Farbstoff  nicht  fârben,  wohl  aber  bei  Schnittfarbung 
der  Borax carminprâparate  mit  bleu  de  Lyon  eine  hellblaue 
Farbe  annehmen.  Gleiche  Farbe  besitzen  auch  zahlreiche 
im  Plasma  zerstreut  liegende  Kôrner,  aus  welchen  vielleicht 
die  Stabchen  hervorgehen.  Hautdriisen  finden  sich  nur  am 
Hinterende  des  Kôrpers,  ihre  deutlichen  Ausfiihrgânge  miinden 
zwischen  den  Epithelzellen  des  Schwânzchens  aus. 

Pharyngealtasche  und  Pharynx,  seine  Muskulatur  und 
seine  Drûsen  sind  gleich  gebaut  wie  bei  Berostomimi  îinipunc- 
tahim.  Der  Oesophagus,  der  nach  Sekera  (1886)  bei  Dero- 
stoma  typMops  Vejd.  einfach  einen  verengten  Abschnitt  des 
eigentlichen  Darmes  darstellt,  ist  bei  unserer  Art  deutlich 
epithelialer  Natur  wie  bei  Mesostomen  und  allen  von  mir 
untersuchten  Vorticiden.  Der  Darm  besteht  aus  langern 
und  zwischenliegenden  kiirzeren  keulenformigen  Zellen,  die 
im  vorderen  Teil  nach  hinten,  in  der  Mitte  senkrecht  und 
hinten  nach  vorn  gerichtet  sind.  An  der  ventralen  Seite  und 
zu  beiden  Seiten  des  Kôrpers  sind  die  Zellen  lang  ;  birnlormig 
und  kurz  sind  sie  an  der  Riickenseite,  wo  sie  fast  direckt  an 
das    Kôrperepithel    anstossen.     Sie   sind   nicht  scharf  vom 


DIE   TURBELLAllIEN    DER   UMGEBUN(4   VON    BASEL.  279 

Kôrperparenchym  abgegrenzt  ;  ihr  basaler  Teil  fàrbt  sich 
intensiver  iind  enthâlt  deii  Kern.  Der  distale  Teil  enthàlt 
ein  sich  schwachfarbendes  feinkorniges  Plasma,  das  erfullt  ist 
von  Vacuolen  die  Excretionskorperchen  und  aufgenommene 
Nahrungsstoffe  enthalten.  Zwischen  den  nackten  Darmzellen 
verlaufen  die  Ausfiihrgânge  von  Darmdriisen  mit  grobkOrnigem 
Sekret,  deren  birnfôrmiges  Endteil  zuweilen  im  Parenchym 
Ijegt.  Die  Darmzellen  urascliliessen  eine  deutliche  Darmhôhle, 
ist  dieselbe  aber  von  einer  Beute  erfullt,  dann  verwi&chen  sich 
die  Grenzen  der  Zellen,  sie  selbst  erscheinen  mit  der  Nahrung 
ganz  verschmolzen,  sind  grôsser  und  vollgepfropft  mit  Nah- 
rungskugeln.  Einige  Maie  hatte  ich  Gelegenheit  eine  Kiesel- 
alge  in  einer  Vacuole  zu  finden,  was  mir  ein  deutlicher  Beweis 
fur  die  direckte  Nahrungsaufnahme  der  Darmzellen  zu  sein 
scheint. 

Das  Nervensystem  ist  màchtig  entwickelt  und  gleich  gebaut 
wie  bei  Berostoma  unipimctatum  ;  nur  den  Nervus  medianus 
(LippiTSCH  1890)  konnte  ich  nicht  auffinden. 

Der  Geschlechtsapparat  ist  von  charakteristischem  Bau. 
Die  Ovarien  fallen  wie  bei  Berostoma  unipunctatum  aus,  die 
Kerne  der  Eizellen  sind  gross,  in  den  jungen  Stadien  enthâlt 
das  Kernkôrperchen  mehrere  kleine  Vacuolen,  die  im  reifen 
Ei  sich  zu  einer  einzigen  grossen  vereinigt  haben,  âhnlich 
wie  bei  den  Alloiocœlen  (Bôhmig  1891).  Die  Dotterstocke 
sind  von  gewôhnlichem  Bau,  netzformig,  auf  der  Bauchseite 
sich  ausbreitend  und  nicht  an  den  Seiten  hinaufsteigend. 
Die  Hoden  liegen  zu  beiden  Seiten  des  Kôrpers  und  reichen 
weit  hinauf.  Von  der  dorsalen  Medianlinie  im  Maximum 
ihrer  Entwicklung,  nur  ganz  wenig  entfernt,  gehen  sie  nach 
vorn  etwas  iiber  die  Dotterstocke  hinaus  und  reichen  bis  an 
den  Pharynx.  Durch  Bindegewebszilge  und  die  dorsoventrale 
Muskulatur  werden  sie  stark  papillôs  gespaltet,  was  auch  aiii 
lebenden  Tier  deutlich  zu  sehen  ist.     Auf  der  Grenze  zwischen 

Rev.  Soisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  19 


280  OTTO   FUHRMANN. 

erstem  und  zweitem  Drittel  des  Hodens  geht  jederseits  ein 
inàclitiges  Vas  deferens  ab,  das  vor  seiner  Einmundung  in  deii 
Pénis  oft  zu  einer  falschen  Samenblase  anschwillt.  Die  Sper- 
matozoen  sind  nur  etwa  halb  so  lang  (0,044  mm.)  wie  bei 
Derostoma  unipunctatum  und  auch  nicht  so  gleichmàssig  dick 
wie  bei  dieser  Form  (Fig.  56).  Der  Pénis  besitzt  eine 
kolbenfôrmige  Vesicula  seminalis  mit  einer  durch  eine  Ring- 
faite  von  ihra  getrennten  Vesicula  granulorum,  Verliâltnisse 
wie  sie  bei  den  Vorticiden  allgemein  verbreitet  sind.  Die 
Wandung  besteht  aus  zwei  Muskellagen  und  ist  innen  von 
Epithelresten  ausgekleidet.  Der  Pénis  selbst  ist  in  aus- 
gestûlptem  Zustande  sehr  lang,  von  einer  chitinosen  Membran 
bedeckt,  die  an  ihrer  unteren  Hâlfte  0,002  mm.  liohe,  pyra- 
midale Stacheln  trâgt,  deren  polygonale  Basis  in  kleinen  Ab- 
stânden  der  Membran  aufgesetzt  ist  (Fig.  55).  In  ruhendem 
Zustande  ist  der  grôsste  Teil  der  feinen  Cliitinbekieidung 
eingesttilpt,  wobei  sich  die  Membran  in  mehrere  Falten  legt, 
so  dass  der  Pénis  bei  schwacher  Vergrosserung  mehrkantig 
erscheint.  Der  Pénis  liegt  vom  Rucken  des  Tieres  betraclitet 
etwas  links  in  einer  Aussackung  des  Atrium  génitale,  das  von 
einem  niedrigen  Epithel  ausgekleidet  und  von  zwei  Muskel- 
scliichten  umliiillt  ist.  In  dasselbe  mûndet  von  rechts  das 
Receptaculum  seminis  und  der  Keimstock.  Die  Eier  finden 
sich  immer  einzeln  im  Utérus;  sie  sind  dunkelbraun,  kugel- 
rund  oder  wenig  oval.  Die  Muskulatur  der  Geschlechtsorgane 
ist  wie  bei  Derostoma  unipunctatum  gebaut.  Das  Wasser- 
gefàsssystem  ist  reich  verzweigt  mit  zahlreichen  Wimperzellen 
in  den  feinen  Kapillaren.  Von  den  beiden  Oeffnungen,  die 
etwas  hinter  der  Mitte  des  Korpers  liegen,  gehen  zwei  starke 
aber  kurze  Stâmme  nach  vorn,  die  sich  in  einen  vorderen 
und  hinteren  Ast  spalten.  Der  vordere  geht  direckt  in  die 
Kopfspitze  um  dort  dorsalwârts  und  rûckwarts  umzubiegen, 
vorher  bildet  er  aber  direckt  vor  dem  Pharynx  eine  Schleife, 


DIE   TURBELLAKIEN    DER   UMGEBUNG   VON    lîASEL.  281 

welche  gegen  die  Mittellinie  des  Korpers  gerichtet  ist  und 
sich  von  beiden  Seiteu  her  in  derselben  fast  berilhrt,  ohne 
aber  zu  anastomosiren,  wie  das  fur  Berostoma  Benedenii 
(Francotïe  1883)  und  Derostoma .  typhlops  (Sekera  1886) 
beschrieben  worden  ist.  Der  hintere  Ast  geht  nach  dem 
Kôrperende  und  lost  sich  in  mehrere  feine  Gelasse  auf,  die 
ihrerseits  Kapillaren  entsenden,  welche  ein  feines  Netz  bilden. 
Auf  Schnitten  sind  die  Hauptstamme  des  Wassergefàsssystems 
immer  gut  erhalten,  sie  zeigen  sich  umhullt  von  eiiier  mach- 
tigen  Schicht  feinkornigen  Plasmas. 

Fundort  :  Der  einzige  Fundort  ist  der  Feuerweiher  von 
Mlinchenstein,  wo  dièse  Art  in  grosser  Individuenzahl  zu 
finden  ist. 

Tribus  AUoiocœla. 

VIL  Familie  :  PLAGIOSTOMIDA  Graff. 

„  AUoiocœla  mit  einer  Geschlechtsôffnung  und  ohne  weib- 
liche  Hûlfsapparate  (excl.  Genus  Cylindrostoma),  mit  paarigen 
verschieden  gestalteten  Geschlechtsdriisen  und  zerstreuten 
Hodenblâschen  vor,  neben  und  hinter  dem  Gehirn.  Pharynx 
ein  Ph.  variabilis  und  in  Grosse  und  Stellung  wechselnd. 
Otolithen  fehlen.  Meist  kleine  drehrunde  oder  planconvexe 
Formen  mit  verschmàlerten,  nur  sparliche  Klebzellen  ent- 
haltendem  Hinterende.  " 

SuBFAMiLiE  :  PLAGIOSTOMINA  Graff. 

,,  Plagiostomida  mit  einer  ventralen,  nahe  dem  Hinterende 
angebrachte  Geschlechtsôffnung,  zwei  Keimstocken  und  zwei 
davon  getrennten  langgestreckten  Dotterstôcken  ;  der  wohl- 
entwickelte  Pharynx  ist  in  der  ersten  Korperhâlfte  gel^gen. 
und  mit  seiner  Mundung  nach  vorn  gerichtet.  " 


282  OTTO   FUHRMANN. 

11.  Genus  :  Plagiostoma  0.  Sch. 

,,  Plagiostomina  ohne  Tentakel  an  dem  stumpfen  abgerun- 
deten  Vorderende  des  Korpers.  " 

34.  Plagiostoma  Lemani  Dupl.  (Grafif). 

Duplessis   1874,    v.  Graff  1873    uiid   1882,    Bôhmig   1891,    Zacharias    1894, 
Braun  188o. 

Diesen  einzigeii  Vertreter  der  Familie  der  Plagiostomiden 
im  Sûsswasser  hat  man  in  fast  allen  Seen  der  Schweiz,  im 
Starnbergersee  und  Plonersee  gefunden.  Braun  fand  Plagio- 
stoma Lemani^  das  bis  jetzt  nur  aus  grôsseren  Wasserbecken 
bekannt,  in  den  Griiben  der  Embaclmiederung  bei  Dorpat; 
dessgleichen  habe  ich  die  Turbellarie  in  einem  mit  Characeen 
bewachsenen  Tiirapel  am  Rheine  bei  Istein  gefunden.  Die 
wenigen  Exemplare,  um  die  es  sich  handelt,  waren  nur  etwa 
5  mm.  lang,  stiramten  aber  anatomiscli  und  histologisch  voll- 
kommen  mit  den  Angaben  liber  Plagiostoma  Lemani. 


II.  Ordnung:  TRICLADA  Lang. 

Tribus  Paludicola  Hallez. 

5,  Tricladen  des  Siisswassers.  Hauptstàmme  des  Darmes 
stark  verzweigt.  Mund  in  der  zweiten  Hàifte  des  Korpers 
gelegen.  Kôrper  platt.  Utérus  zwischen  Pharynx  und  Pénis 
gelegen  mit  dorsal  verlaufenden  Uterusgang.  " 

Familie  :  PLANARID^  Stimpson. 
, ,  Susswassertricladen  ohne  differencirten  Saugnapf .  " 


DIE   TURBELLARIEN   DER  UMGEBUNG   VON   BASEL.  283 

Genus  :  Planaria  O.-Fr.  Millier. 

,,  Kôrper  flach  und  langgestreckt  ;  Kopf  nicht  scharf  abgc- 
setzt  oder  scharf  abgesetzt  und  dreieckig  ;  zwei  Augen  ;  ein 
Pharynx.  " 


35.  Planaria  gonocephala  Dugès. 

Fig.  o7. 
Dugès  18:50,  Schmidt  1860,  Jijiiua  1887,  Buhmig  1S87. 

In  allen  klaren  Bachen  der  Umgebung  findet  sich  Planaria 
gonocephala  immer  in  grosser  Zahl  unter  Steinen  beisammen 
siteend.  Die  grossten  Exemplare  fand  ich  in  einem  Bâche 
bei  Neudorf;  sie  erreichten  eine  Lange  von  30 — 35  mm., 
uberstiegen  also  das  Mass  von  20 — 25  mm.,  das  meist  fiir 
dièse  Species  angegeben,  um  ein  bedeutendes.  Anatomisch 
histologische  Détails  iiber  dièse  Species  verdanken  wir  Jijima  ; 
BôHMiG  hat  die  Sinnesorgane  genauer  untersucht.  Diesen 
trefflichen  Untersuchungen  habe  ich  nur  weniges  beizufûgen. 

Das  Verdauungssystem  besteht  ans  drei  Darmàsten,  von 
welchen  die  beiden  nach  hinten  verlaufenden  oft  durch  eine 
oder  mehrere  Anastomosen  verbunden  sind.  Eine  liegt 
zwischen  Pharynx  und  Geschlechtsorganen,  die  ilbrigen  hinter 
den  letzteren.  Hallez  (1892)  hat  solche  Verbindungen  auch 
bei  anderen  Tricladen  angetroifen  (Dendrocœlum  lacteum  und 
punctatum).  Neben  dieser  anormalen  Erscheinung  triiï"t  man 
auch  eine  andere,  die  als  Atavismus  zu  bezeichnen  wiire,  wenn 
sie  schon  embryonal  auftreten  sollte.  Ich  meine  die  Ver- 
schmelzung  des  retropharyngealen  Teiles  der  beiden  Darmaste 
zu  einem  unpaaren  Ast.  Ob  dieser  •  unpaare  Ast  sich  auch 
embryonal  schon  angelegt  oder  ob  er  erst  spiiter  durch  Ver- 
schmelzung  der  beiden   entstanden,  weiss  ich  nicht,  da  ich 

19* 


284  OTTO   FUHRMAKN. 

diesen  bothrioplana-ahnlichen  Zustand  des  Darmes  nur  an 
erwaclisenen  Exemplaren  gesehen  liabe  (Hallez  1892). 

Zahlreiche  Versuche  uber  die  Régénération  verloren  ge- 
gangener  Teile,  wie  sie  schon  von  DuGÈs  angestellt  worden, 
haben  mir  nichts  neues  ergeben  ;  sie  bilden  eine  Bestàtigung 
der  Befunde  von  Hallez  (1887)  und  der  Beobachtungen  von 
Zacharl\s  (1885)  an  der  durcli  spontané  Querteilung  sich 
vermelirenden  Planaria  suUentacidata.  Es  geschieht  nach 
Hallez  die  Régénération  der  Organe  in  gleicher  Weise  wie 
ihre  embryonale  Entwicklimg, 

Das  Sperma  der  Tricladen  wird  als  aus  langen  feinen 
Fâden  bestehend  beschrieben.  Chichkoff  findet  bel  Planaria 
montana  Chichkoff  (=  Planaria  alpina  Kennel)  ein  feines  Kôpf- 
chen  am  Vorderende.  Bei  Planaria  gonocepliala  habe  ich 
immer  zwei  lange  Geisseln,  etwas  hinter  dem  in  eine  feine 
Spitze  auslaufenden  Ende  ansetzend,  angetroffen.  Der  Faden 
selbst  ist  0,12  mm.,  die  Geisseln  etwa  halb  so  lang. 

Die  Coconablage  tindet  bei  dieser,  wie  Planaria  alpina  und 
Polyœlis  cornuta  in  kaltem  fliessenden  Wasser  lebenden  Art 
das  ganze  Jahr  hindurch  statt,  hauptsâchlich  aber  im  Friih- 
jahr. 

36.  Planaria  alpina  Kennel  (Dana). 

Jijinia  1887,    Kennel  1889,    CoUin  1891.   Zschokke  1891,   Voigt  189:2,  Cliich- 
kofl-  1892. 

Dièse  interressante  Triclade  ist  in  jiïngster  Zeit  der  Gegen- 
stand  eingehender  anatomischer,  histologischer  sowie  auch 
biologischer  Untersuchungen  gewesen.  Da  die  Verbreitung 
dieser  Species  von  Interesse  ist,  will  ich  die  bis  jetzt  bekannten 
Fundorte  aufzahlen. 

CoLLiN  bat  in  einer  Mitteilung  uber  Planaria  alpina  bereits 
eine  Zusammenstellung  gegeben  der  ich  die  in  jûngster  Zeit 
bekannt  gewordenen  Fundorte  beifûge. 


DIE   TURBELLARIEN   DER   UMGEBUNG   VON   BASEL.  285 

Dana  hat  Planaria  alpina  zuerst  unter  dem  Nameii  Ilinido 
alpina  in  den  hochgelegenen  Quellen  von  Garessio  und  Batifol 
in  Oberitalien  gefunden.  Durch  Dalyell  ist  sie  ans  England 
bekannt  als  Planaria  arethusa.  Jijima  fand  dieselbe  Planarie 
im  Mariental  bei  Eisenach  und  beschrieb  sie  als  Planaria 
abscissa.  Kennel  gab  eine  Beschreibung  dieser  Art  und 
bezeichnete  sie  als  Planaria  alpina;  er  bezog  sein  Material 
aus  den  Quellgebieten  der  Plessur  und  des  Davoser  Land- 
wassers,  dem  Schwellisee  und  aus  einer  Quelle  an  der  Mayen- 
felder  Furka  ;  er  selbst  fand  das  Tier  in  der  Alandsquelle  bei 
Wtirzburg.  Professer  F.  Zschokke  fand  sie  in  den  Seen 
und  Bàclien  des  Rhâtikon  und  im  Schwarzwald  bei  Sâckingen. 
LeydiCt  kennt  sie  aus  den  Bâchen  der  RliOn,  M.  Meissner 
sammelte  sie  in  Friedrichroda  in  Thûringen,  Zacharias  (1886) 
im  Riesengebirge,  CoLLiN  selbst  bei  Saclisa  im  Harz;  Voigt 
kennt  sie  aus  mehreren  Quellbâchen  des  Siebengebirges.  In 
neuester  Zeit  hat  Chichkoff  sie  aucli  bei  Genf  in  den  Berg- 
bàchen  der  Savoyeralpen  gefunden.  Er  hat  die  dièse  Species 
betreffende  Litteratur  zum  Teil  in  seinem  Litteraturverzeich- 
nis  angefûhrt,  die  Arbeiten  offenbar  aber  gar  nicht  gelesen. 
In  Folge  dessen  sind  die  schon  zahlreichen  Synonyma  um 
einen  neuen  Namen  vermehrt  worden,  indem  der  genannte 
Zoologe  Planaria  alpina  als  neue  Species  unter  dem  Namen 
Planaria  montana  des  eingehendsten  beschrieb.  Ich  selbst 
habe  dièse  Art  in  einem  Bâche  bei  Bârschwil  im  Jura  im 
April  mit  Planaria  gonocephala  und  Palycelis  cornuta  zusam- 
men  gefunden.  Im  Juni,  als  ich  den  Fundort  wieder  besuchte, 
war  trotz  eifrigen  Suchens  kein  Exemplar  zu  erhalten,  dafiir 
fanden  sich  dièse  Wûrmer  in  den  kleinen  Quellbâchen,  die 
aus  den  engen  Seitentàlchen  hervorsprudelnd  ihr  Wasser  in 
den  Hauptbach  ergiessen.  Es  batte  sich  offenbar  dièse  Pla- 
narie in  Folge  der  Zunahme  der  Wassertemperatur  in  die 
kalten  Quellbache    zurûckgezogen.     Kaltes    frisches  Wasser, 


^ 


286  OTTO   FUHRMANN. 

ist  eine  Hauptexistenzbedingung  dieser  Art,  wesshalb  sie  nach 
Kennel  wohl  mit  Recht  als  eine  zur  Eiszeit  nach  den  Niede- 
rungen  verdrângte  und  sporadisch  verteilte,  alpine  Tricladen- 
form  angesehen  werden  kann.  Sie  steigt  wâhrend  der 
Winterzcit  in  die  grôsseren  fiir  sie  im  Sommer  unbewohnbaren 
Bâche,  ihre  friiherstandigen  Wohnorte  hinab,  iim  im  Sommer 
nach  den  kiihlen  Quellen  zuiiickzuwandern. 

Genus  :  Polycelis  Ehbg. 

„  Kôrper  flach  und  langgestreckt  ;  Kopf  ohne  oder  mit 
Oehrchen  ;  zahlreiche  randstàndige  Augen.  " 

37.  Polycelis  nigra  Ehbg. 

0.  Schmidt  1860,  Jijima  1884. 

In  grosser  Individuenzahl  in  den  Stimpfen  von  Neudorf  und 
Kleinhiiningen,  in  allen  Farbenvarietâten  von  aschgrau  bis 
tiefschwarz  vorkommend, 

38.  Polycelis  cornuta  *0.  Sch. 

Dièse  lebhaften  Tierchen  tinden  sich  in  grosser  Zahl  in 
zahlreichen  Bachen  der  Umgebung.  Ich  kenne  sie  von  Rei- 
nach,  Barschwil,  Neudorf  und  aus  einer  Quelle  bei  Klein- 
hiiningen. Dièse  Quelle  ergiesst  sich  direckt  in  einen  Weiher, 
der  reich  ist  an  Tricladen  und  Rhabdocœlen,  doch  findet  sich 
P.  cornuta  nur  im  Quellwasser.  Sie  ist  wie  Hallez  bemerkt 
eine  charakteristische  Form  der  klaren  Bâche  und  Quellen. 
Wâhrend  des  ganzen  Jahres,  auch  im  Dezember  und  Januar, 
findet  man  Exemplare,  welche  die  Grosse  von  eben  ausge- 
schlûpften  Jungen  haben.  Sie  besitzen  wie  aile  von  mir 
untersuchten  Tricladen,  an  ihrem  Korperrande  in  kurzen 
Abstânden  verteilt,    zahlreiche    Biischel    von    Geisselhaaren. 


DIE    TURBELLARIEN    DER    UMGEBUNG    VON   BA8EL.  287 

An  ausgewaclisenen  Exemplareii  sind  ilhnliche  Bildungen  viel 
weniger  hiiufig  anzutreffen. 

Ungeschlechtliche  Vermelirung,  wie  solclie  von  Zacharias 
(1886)  von  Polycelîs  cornuta  und  Flanarïa  subtentacidata 
erwâhnt  wird,  habe  ich  nie  beobachtet. 

Familie  :  DENDROCŒLID^  Hallez. 

„  Siisswassertricladen  mit  einem  oder  mehreren  Saugnapfen 
am  Kopf.  " 


Genus  :  Dendeocœlum  Oe. 

„  Kôrper  platt  und  langgestreckt  mit  gewelltem  Rand  im 
Ruhezustand.  Saugnapf  gebildet  durch  den  Vorderrand  und 
zwei  Falten  ;  zwei  Augen.  '  ' 


JDendrocœlum  ladeum  Oe. 

0.  Schinidt  1862.  Jijiiiia  1884.  Chichivolî'  1892. 

Es  ist  die  grôsste  hier  vorkommende  Triclade,   sie  findet 
sich  in  Bachen,  Teichen  und  Siimpfen. 
Fundorte  :  Istein,  Neudoi'f,  Kleinhimingen. 

Basel,  den  4.  April  1894. 


288  OTTO   FUIIRMANN. 


LlTTERATl  RVERZEICHNIS 


1828.  DuGÈs.  —  Recherches  sur  l'organisation   et    les   mœurs   des   Planariées. 

Ann.  Se.  nat.  "l^e  série,  T.  XY. 
1830.  DuGÈs.  —  Aperçu  de  quelques  observations  nouvelles  sur  les  Planaires 

et  plusieurs  genres  voisins.  Ann.  Se.  nat..  T.  XXI. 
1849.  M.  ScHULTZE.  —  Ueber  Microstomeen   eine    Familie   der    Turbellarien. 

Arehiv  f.  Xaturgesch.,  lo.  Jahrg..  Bd.  [. 
18oi.  M.  ScHULTZE.  —  Beitràge  zur  Naturgeschichte  der  Turbellarien. 
1858.  0.  ScHMiDT.  —  Die  Rhabdocœlen  Strudeliviirmer  aus  den  Umgebungen  von 

Krakau.  Denkschriften  der  Kais.  .\kademie  der  Wissenschaften,  Bd.  XV. 
1860.  0.  ScHMiDT.  —  Die  Deudrocœlen  Strudelwtirmer  aus  der  l'mgebung  von 

Gratz.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  10. 
1862.  0.  ScHMiDT.  —  Untersuchungen  iiber  Turbellarien  von  Corfu  und  Cepha- 

lonia.     Xebst  Nachtriigen   zu  friilieren   Arbeiten.    Zeitsch.  f.   wiss.  Zooi., 

Bd.  11. 

1873.  A.  Schneider.  —  Untersuchungen  iiber  Plathelminthen.  14.  .lahresb. 
der  Oberhessisehen  Ges.  f.  Xatiir-  und  Heilkiinde. 

1874.  L.  V.  Graff.  —  Zur  Kenntniss  der  Turbellarien.  Zeitsch.  f.  wissen- 
schaftliche  Zool.,  Bd.  24. 

1874.  Du  Plessis.  —  Turbellariès  limicoles.  Bullot.  de  hi  Soc.  Vaudoise  des 
Se.  nat.,  T.  XIII. 

1875.  L.  V.  Graff.  —  Neue  Mitteilungen  iiber  Turbellarien.  Zeitsch.  f. 
wiss.  Zool.,  Bd.  25. 

1875.  L.  V.  Graff.   —   Ueber  die  syslematische   Stellung    des   Vortex    Lemani 

Du  Plessis.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  28,  suppl. 
1877.  Du  Plessis.  —  Sur  l'origine  et  la  répartition  des  Turbellariées  de  la  faune 

profonde  du  lac  Léman.   Actes  Soc.  Helv.  60  sess.  Bex,  p.  233-239. 

1877.  Du  Plessis.  —  Vortex  Lemani.  Bullet.  de  la  Soe.  Vaudoise  des  se. 
nat.,  T.  XIV. 

1878.  Metschnikoff.  —  Ueber  die  Verdauungsorgaue  einiger  Siisswassertur- 
bellarien.    Zool.  Anz.  1878. 

1879.  P.  Hallez.  —  Contributions  à  l'histoire  naturelle  des  Turbellariès. 
Lille  1879.  (Travaux  de  l'Institut  zoologique  de  Lille  et  de  la  Station 
maritime  de  Wimereux,  fasc.  II) 

1881.  P.  Fra.ncotte.  —  Sur  l'appareil  excréteur  des  Turbellariès  rhabdocœles 
et  dendrocœles.   Bull.  Acad.  Bruxelles,  SO^'e  année,  3nie  série,  T.  I. 

1882.  Carrière.  —  Die  Augen  von  Planaria  polychroa  und  Polyr.elis  nigra 
Ehrbg.     Areh.  f.  mikr.  Anatoniie.  20.  Band. 

1882.  L.  V.  Graff.  —  Monographie  der  Turbellarien  I.  Rhabdocœlida. 
1882.  F.  Vejdovsky.   —  Thierische  Organismen  der  Brunnenicasser  von  Prag. 
1882. 


DIE   TURBELLARIEN   DEll   UMtiEBUXG   VON   BASEL.  289 

18S3.  P.  Francotte.  —  Note  sur   l'anatomie  et   l'histologie   d'un    Turbellarié 

rhabdocéle.     Bull.    Acad.    royale   de   Belgique,   Ome  série,    T.   VI    (Dero- 

stoiria  Beuedenii). 
1884.  L.  V.  Gr.\kk.   —  Zuf  Kenntniss  der  physiùlogischen  Function  des  Chloro- 

phylls  im  Thierrekh.    Zool.  Anz.  1884. 
1884.  IsAO  JiJiMA.   —    Untersuchungen  ilber  den  Bau  und  die  Entwickhings- 

geschichte  der  Siisswasser  Deudrocœlen.    Z.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  40. 

1884.  A.  Lang.  —  Die  Polydaden  des  Golfes  von  Neapel.     Fauna  und  Flora 
des  Golfes  von  Neapel. 

■1885.  M.  Braun.   —  Die  rliabdocœlen  Turbellarien  Livlnnds.     Archiv    f.    die 
Naturkunde  Liv.,  Ehst-  und  Kurlaiids,  11.  Série,  Baiid  X,  2.  Lief. 

1885.  G.  Du  Plessis.  —  Essai  sur  la  faune  profonde  des  lacs  de  la  Suisse. 
1885.  A.  SiLLiMAN.    —  Beohachtungen    liber   die   Siisswasserturbellarien  Nord- 

amerikas.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  41. 
1885.  0.  Zacharias.  —  Studien  ilber  die  Fauna  des  grossen  und  kleinen  Teiches 

im  Riesengebirge.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  41.  Band. 
1885.  0.  Zacharias.    —    Ueber  Fortpflanzung  durch  spontané  Quertetlung  bei 

Siisswasser planarien.    Zeitscli.  f.  wissensch.  Zool.,  Bd.  43. 

1885.  0.  Zacharias.     —     Das     Wassergefàsssystem    bel    Microstoma    lineare. 
Zool.  Anz.  No  196. 

1886.  L.  BoHMiG.   —   Untersuchungen   ilber  rhabdocœle    Turbellarien.     I.   Das 
Genus  Graffilla  o.  Ihering.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Band  43. 

1886.  P.  Hali.ez.    —    Sur  un  nouvel  organe   des  sens   du  Mesostoma    lingua. 

Compt.  rend.  Ac.  Se.  Paris,  T.  102. 
1886.  Jaworowski.   —    Vorlàufige  Ergebnisse  als  Beitrag  zur  Kenntniss  der 

Anatomie  von  Mesostomum  personatoni.    Zool.  Anz.,  Bd.  9. 

1886.  Sekera.    —   Ergebnisse   meiner    Studien   an  Derostoma  typhlops.    Vejd. 
Zool.  Anz.,  Bd.  9. 

1886.^  0.  Zacharias.  —  Ergebnisse  einer  Zool.  Excursion  ins  Glatzer-,   Iser-  u. 
Riese7igebirge.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  43. 

1887.  Paul  Hallez.   —   Embryogénie  des  Dendrocœles  d'eau  douce.    Méni.  de 
la  Soc.  des  Se.  de  Lille,  4«ie  série,  T.  XVI. 

1887.  J.  JiJiMA.   —   Ueber  einige   Tricladen  Europas.     Pla7iaria  torva.   gono- 

cephala,  abscissa,  ulvae.    Journ.  Coll.  Se.  Japan,  vol.  1. 
1887.  Landsberg.  —  Ueber  einheimische  Microstomiden.   Programm  des  konigl. 

Gymnasiunis  zu  Allenstein. 
1887.  Rywosch.    —   Ueber  die  Geschlechtsverhàltnisse  und  den  Bau  der  Ge- 

schlechtsorgane  der  Microstomiden.  —  Zool.  Anz.,  10.  .lahrg.. 

1887.  L.   Bôhmk;.     —     Zur    Kenntniss    der    Sinnesorgane    der    Turbellarien. 
Zool.  Anz.,  Bd.  10. 

1888.  Carl  Vogt    und    E.    Yung.    —    Traité   d'anatomie   comparée   pratique 
{Mesostoma  Ehrenbergii).    Tome  I. 

1888.    0.    Zacharias.    —   Faunistische    Untersuchungen   in   den  Maaren    der 
Eifel.    Zool.  Anz.  XI. 

1888.  0.  Zacharias.    —    Verbreitung    der    Turbellarien    in    Hochseen.    Zool. 
Anz.  XI. 

1889.  L.  Bohmio.  —  Microstoma  papillosum.  —  Zool.  Anz.,  Bd.  12. 


290  OTTO   FUHRMANN. 

1889.  J.  Kknnel.  —  Untersuchungen  an  neuen  Ttirbellarien.  Zool.  Jalirb., 
Abfh.  f.  Anat. 

1889.  Frz.  vo.\  Wagner.  —  Zur  Kennlniss  der  ungeschlechllichen  Fort- 
pflanzung    von  Microstoma.    Zool.  Anz.,  Bd.  12. 

1890.  J^AUL  Hallez.  —  Catalogue  des  Turbellariés  (Ehabdocœulides,  Triclades 
et  Polyclades)  du  Nord  de  la  France  et  de  la  côte  Boidonnaise.  Revue 
biologique  du  Aord  de  la  France,  Tome  II. 

1890.  K.  LiPPiTSCH.  —  Beitràge  zur  Anato)iiie  von  Derostoma  nnipunctatum. 
Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  49. 

1891.  L.  BoHMiG.  —  Untersuchungen  uber  rhabdocœle  Tiirbellarien  II.  Plagio- 
stomina  und  Cylindrostomina  Graff.    Zeitsch.  f.  wiss.  Zool.,  Bd.  ol. 

1891.  A.  CoLLix.   —   Ueber  Planaria   atpina  (Dana).     Sitzber.  der  Gesellsch. 

naturforschender  Freunde  zu  Berlin . 
1891.  W.    VoiGT.    —    Planaria   alpina    {Dana).     Silz.   der  Niederrheinischen 

Gesellsch.  in  Bonn. 
1891.  Frz.  von  Wagner.  —  Zur  Kenntniss  der  ungeschlechtlichen  Fortpflan- 

zung  von  Microstoma,    nebst  allgemeinen  Bemerkungen  iiber  Teilnng  und 

Knospung  im  Tierreich.     Zoologische  .lahrbiicher,  Bd.  4. 
1891.  WooDWORTH.   —  Contributions  to   the    Morphology   of  the   Turbellaria. 

I.   On  the  structure  to  Phagocata  gracilis,    Leidy.    BuUet.  of  the  Mus.  of 

comp.  Zool.  at  Harvard  Collège.  Vol.  XXI. 
1891.  0.  Zacharias.  —  lier-  und  Pflanzenleben  des  Siissicassers.  Bd.  I. 
1891.  F.  ZscHOKKE.  —  Faunistische    Untersuchungen    an    Gebirgsseen.    Verh. 

d.  naturforschenden  Gesellsch.  in  Basel,  Bd.  IX. 

1891.  F.  ZscHOKKE.  —  Die  zioeite  zoologische  Excursion  an  die  Seen  des  Rhati- 
kon.   Verh.  d.  naturf.  Ges.  in  Basel,  Bd.  IX. 

1892.  D.  Chichkoff.  —  Recherches  sur  les  Dendroccdes  d'eau  douce.  Triclades. 
—  Arch.  de  Biologie,  T.  12. 

1892.  P.  Hallez.  —  Morphogénie  générale  et  affinités  des  Turbellariés.  Tra- 
vaux et  mémoires  des  Facultés  de  Lille,  T.  II. 

1892.  Ott.  —  A  study  of  Stenostoma  leucops.    Zool.  Anz.  XV. 

1892.  Sekera.  —  Einige  Bemerkungen  ûber  das  Wassergefâsssystem  der  Meso- 
stomiden.    Zool.  Anz.,  Jahrg.  XV. 

1892.  \V.  VoiGT.  —  Fortpflanzung  von  Planaria  alpina  (Dana).  Zool.  Anz., 
Jahrg.  XV. 

1892.  W.  Voigt.  —  Das  Wassergefâsssystem  von  Mesostoma  trunculum. 
Zool.  Anz.  XV. 

1892.  ZvKOFF.  —  Zur  Turbellarienfauna  der  Umgegend  con  Moskau.  Zool. 
Anz.,  Bd.  XV. 

1893.  Du  Plessis.  —  Organisation  et  genres  de  vie  de  VEmea  lacustris.  Nemer- 
tien  des  environs  de  Genève.  Revue  suisse  de  zoologie  et  Annales  du 
Musée  d'histoire  naturelle  de  Genève,  T.  I. 

1894.  Zachartas.  —  Forschungsberichte  ans  der  biologischen  Station  zu  Pion.. 

T.  n. 


RECHERCHES 


QLANDE    PÉDIETJSE 

DES 

PULMONÉS 


Emile    ANDRÉ 

Assistant  an  laboratoire  d'anatomie  comparée  de  Genève. 
Avec    les    planches    XII    et    Xlli. 


Ce  fut  Kleeberg(I)'  de  Konigsberg  qui,  en  1830,  décou- 
vrit la  glande  pédieuse  chez  quelques  Limaciens  et  chez  le 
Bulimus  ;  mais  il  se  borna  à  signaler  ce  nouvel  organe  à  l'at- 
tention des  naturalistes  sans  en  donner  de  description  un  peu 
détaillée. 

Delle  Chiaje  (2)  et  Leidy  (3)  reprirent  cette  étude  et 
apportèrent  quelques  connaissances  nouvelles  et  quelques 
erreurs.  Le  premier  travail  important  sur  ce  sujet  est  celui 
de  Semper  (6),  qui  se  rapporte  à  la  glande  pédieuse  chez 
Selix,  Arion  et  Limax.  Le  mémoire  de  Semper,  quoique  incom- 
plet, marque  cependant  un  pas  important  dans  cette  voie  ;  nous 
aurons  du  reste  à  y  revenir  dans  la  suite. 

1  Les  chiffres  placés  à  côté  des  noms  d'auteurs  renvoient  à  l'index  bibliogra- 
pliique  qui  se  trouve  à  la  fin  du  mémoire. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  20 


292  ÉMILK    AN-DRIÔ. 

Jusqu'en  1881,  aucun  naturaliste  ne  publia  rien,  au  sujet 
de  la  glande  du  pied  des  Pulmonés  ;  à  cette  époque  Sochac- 
ZEWER  (9)  travailla  l'anatomie  et  riiistologie  de  cet  organe  et 
reprenant  l'ancienne  idée  de  Leidy,  il  s'attacha  surtout  à  l'étude 
de  certaines  cellules  du  plancher  du  canal  excréteur,  auxquelles 
il  attribue  un  rôle  sensitif,  olfactif.  Nous  verrons  plus  loin 
qu'en  cela  Sochaczewer  commettait  une  faute. 

Sareasin  (11)  émit  quelques  doutes  sur  l'opinion  de  Sochac- 
zewer, mais,  comme  il  le  dit  lui-même,  il  n'approfondit  pas 
assez  la  question  pour  pouvoir  la  trancher.  A  la  fin  de  son 
mémoire  il  conclut  que  la  glande  pédieuse  existe  chez  tous  les 
Gastéropodes  (l'amas  de  cellules  glandulaires  isolées  qui  se 
trouve  en  avant  du  pied  des  Basommatoi^hores,  nous  semble 
difficile  à  homologuer  avec  les  glandes  pédieuses  des  autres 
Gastéropodes)  et  qu'il  ne  faut  pas  repousser  l'idée  que  cet 
organe  est  l'homologue  de  la  glande  byssogène  des  Lamelli- 
branches. 

A  la  suite  de  son  travail  sur  l'opercule  des  Gastéropodes, 
HoussAY  (13)  consacra  quelques  pages  à  l'étude  de  la  glande 
du  pied  chez  quelques  Pulmonés.  C'est  pour  être  complet  que  je 
mentionne  ce  travail,  car  Houssay  ne  s'est  occupé  qu'accessoi- 
rement de  ce  sujet  et  n'a  apporté  que  peu  de  connaissances 
nouvelles. 

Le  travail  le  plus  important  est  celui  de  Brock  (15).  La 
quantité  de  faits  nouveaux,  l'exactitude  et  la  minutie  dans  les 
observations  mettent  ce  travail  bien  au-dessus  de  tous  les  précé- 
dents. Je  ne  suis  pas  d'accord  avec  Brock  sur  certains  points 
de  minime  importance  ;  nous  les  signalerons  dans  la  suite,  car 
nous  aurons  plusieurs  fois  l'occasion  de  revenir  sur  le  mémoire 
en  question.  Malheureusement  Brock  n'a  traité  qu'incidemment 
la  partie  physiologique  et  la  partie  embryogénique  du  sujet,  en 
outre  il  ne  s'est  adressé  pour  ses  recherches  qu'à  un  seul  Pul- 
moné,  VAgriolimax  agrestis. 


RECHERCHES   SUR    LA    (iLANDE   PÉDIEUSE    DES   PULMONÉS.  293 

En  1887,  SzEKELY  (17)  publia  en  hongrois  un  mémoire  sur 
notre  glande  ;  je  n'ai  pu  me  le  procurer  et  ne  le  connais  que  par 
Hanitsch  (19)  qui  a  étudié  en  3  ou  4  pages  la  glande  pédieuse 
chez  Limax  agrestis.  Hanitsch  nous  parait  n'avoir  pas  eu  con- 
naissance de  plusieurs  travaux,  entre  autres  de  celui  de  Brock 
qu'il  cite  cependant  dans  sa  liste  bibliographique. 

D'autres  auteurs  ont  encore  parlé  incidemment  de  la  glande 
du  pied  ;  nous  aurons  l'occasion  d'en  mentionner  quelques-uns 
dans  le  courant  de  notre  travail. 

Nos  connaissances  sur  la  glande  pédieuse  des  Pulmonés  nous 
paraissant  encoie  bien  incomplètes  et  surtout  très  éparpillées, 
il  nous  a  semblé  utile  d'entreprendre  un  travail  d'ensemble 
réunissant,  résumant  et  contrôlant  les  données  actuelles  et  les 
complétant  en  s'ad ressaut  à  des  types  variés. 

Le  présent  travail  a  été  fait  dans  le  laboratoire  d'Anatomie 
comparée  de  l'Université,  dirigé  par  M.  le  prof.  Cari  Vogt, 
auquel  nous  exprimons  ici  toute  notre  reconnaissance  pour  nous 
avoir  permis  de  mener  à  bien  notre  tâche  en  mettant  à  notre 
disposition  ses  laboratoires  et  sa  riche  bibliothèque. 

MÉTHODES  TECHNIQUES 

Avant  de  donner  les  résultats  de  nos  recherches,  il  nous 
paraît  bon  d'indiquer  dans  leurs  traits  principaux  les  méthodes 
techniques  que  nous  avons  utilisées. 

Ce  sont  :  V  les  dilacérations  sur  le  frais;  2°  les  dissociations 
après  macération  dans  divers  réactifs  ;  3°  les  coupes. 

Nous  n'avons  rien  à  dire  de  spécial  touchant  le  premier 
moyen  d'investigation,  que  nous  avons  toujours  employé  sauf 
quand  la  petitesse  de  l'animal  s'y  opposait.  Les  éléments  de  la 
glande  étaient  dissociés  dans  le  mucus  même  de  l'organe,  soit 
avec  les  aiguilles,  soit  par  écrasement  entre  la  lame  et  le  couvre- 


294  EMILE   ANDRÉ. 

objet.  Pour  arriver  à  des  notions  exactes  sur  la  structure  des 
éléments,  cette  méthode  nous  semble  la  seule  vraiment  normale. 
Les  coupes  sont  utiles  pour  étudier  les  relations  des  éléments 
entre  eux,  des  tissus  entre  eux  ;  mais  les  différents  réactifs  et 
manipulations  que  nécessite  cette  méthode,  contractent  et  modi- 
fient dans  une  certaine  mesure  les  éléments,  si  bien  qu'une  des- 
cription histologique  faite  uniquement  d'après  des  coupes  ne 
saurait  être  l'exacte  expression  de  la  réalité.  Cela  dit  sans 
vouloir  diminuer  l'immense  importance  de  la  méthode  des 
coupes,  qui  n'en  reste  pas  moins  un  des  plus  puissants  moyens 
de  recherches  dont  puisse  disposer  actuellement  un  naturaliste. 

Comme  réactifs  dissociants  nous  avons  employé  avec  succès 
pour  les  cellules  glandulaires  l'acide  osmique  à  1  pour  1000  et 
le  bichromate  de  potasse  au  même  titre,  agissant  l'un  et  l'autre 
pendant  un  temps  variant  de  2  jours  à  une  semaine  ;  pour  les 
cellules  épithéliales  du  canal  excréteur,  les  acides  borique  et 
salicylique  en  solutions  saturées  et  maintenues  tièdes  (25°  à  30°) 
pendant  deux  ou  trois  heures  et  la  solution  d'hydrate  de  chloral 
à  3  pour  cent.  Il  peut  être  utile  d'ajouter  à  ces  trois  derniers 
réactifs  un  colorant  nucléaire  approprié. 

Pour  fixer  les  animaux  destinés  à  être  débités  en  coupes,  nous 
avons  utilisé,  en  la  modifiant  légèrement,  la  méthode  qui  nous 
a  servi  pour  nos  recherches  sur  les  Ancyles  (23).  Rappelons-la 
en  quelques  mots.  On  maintient  les  animaux  sous  l'eau  pendant 
24  heures  de  façon  à  les  engourdir  et  à  leur  faire  étaler  leur 
pied  ;  ensuite  on  les  plonge  pendant  2  ou  3  secondes  dans  de 
l'eau  bouillante  et  on  les  transporte  dans  une  solution  tiède  de 
bichlorure  de  mercure  additionnée  de  10  7o  de  glycérine.  Les 
objets  y  sont  laissés,  suivant  leur  volume,  de  5  minutes  à  25  mi- 
nutes au  maximum. 

Si  la  chaleur  pénétrait  instantanément  jusqu'au  centre  des 
objets,  elle  pourrait  peut-être  suffire  à  la  fixation  ;  mais  si  l'on 
attendait  qu'elle  eût  agi  dans  toute  la  pièce,  les  parties  externes 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     295 

seraient  complètement  détériorées  avant  que  le  milieu  fût 
seulement  fixé.  Ici  l'eau  bouillante  a  pour  effet  de  tuer  rapide- 
ment l'animal  en  lui  conservant  sa  forme  normale. 

Les  animaux  fixés  d'après  la  méthode  ci-dessus  sont  traités 
par  la  série  des  alcools,  en  commençant  par  l'alcool  à  60^ 
tenant  en  dissolution  un  peu  de  camphre  (Lek  et  Henneguy) 
qui  facilite  l'extraction  du  sublimé. 

Les  objets  sont  ensuite  inclus  dans  la  paraffine  ou  le  collo- 
dion  d'après  les  méthodes  connues.  Pour  colorer  les  coupes  au 
collodion  j'ai  employé  diverses  couleurs  de  la  houille  ;  tandis 
que  les  pièces  destinées  à  être  enrobées  dans  la  paraffine  étaient 
colorées  in  toto  dans  le  carmin  au  borax,  la  cochenille  au  borax 
ou  à  l'alun  et  l'hématoxyline  alcoolique. 

Notre  travail  sera  divisé  comme  suit  :  dans  la  première  partie 
nous  traiterons  d'une  façon  générale  de  l'anatomie  et  de  la 
structure  intime  de  la  glande  pédieuse  ;  dans  la  deuxième  nous 
reprendrons  séparément  les  divers  représentants  des  Stylom- 
matophores  que  nous  avons  étudiés  et  nous  indiquerons  les 
particularités  que  présente  chez  eux  la  glande  du  pied.  Une 
troisième  partie  traitera  de  la  physiologie,  enfin  une  quatrième 
de  l'embrvologie  de  cet  organe. 


296  ÉMTLE   ANDRÉ. 


PREMIÈRE  PARTIE 


Topographie  et  Anatole. 

Chez  les  Pulmonés  la  glande  pédieuse  est  spéciale  aux  Sty- 
lommatophores  ;  on  ne  peut  guère  lui  homologuer  chez  les 
Basommatophores,  comme  l'a  fait  Sarrasin  (11)  l'amas  plus  ou 
moins  compact  de  cellules  glandulaires  qui  débouchent  isolé- 
ment entre  la  tête  et  le  pied  ;  comme  nous  le  verrons  du  reste 
dans  la  troisième  partie,  la  fonction  de  cet  organe  le  rendrait 
presque  inutile  chez  un  animal  aquatique. 

La  glande  pédieuse  est  formée  d'une  masse  d'éléments  glan- 
dulaires se  déversant  dans  un  canal  commun  qui  vient  s'ouvrir 
dans  l'intervalle  existant  entre  le  pied  et  la  lèvre  inférieure, 
intervalle  que  nous  appellerons  avec  Lacaze-Duthiers  «  sil- 
lon prébuccal.  »  Cette  glande  s'étend  à  la  partie  supérieure  du 
pied,  dont  elle  occupe  une  longueur  variant  des  '  ,  aux  '/^,  sur 
la  ligne  médiane. 

Chez  les  Pulmonés  nus  elle  a  la  forme  d'un  ruban  assez 
étroit,  faisant  légèrement  saillie  dans  la  cavité  du  corps  (PL  XII, 
fig.  1)  et  dont  l'axe  longitudinal  est  occupé  par  le  canal  excré- 
teur. Pour  les  autres  Stylommatophores  il  n'est  pas  possible  de 
lui  assigner  une  forme  exacte,  englobée  qu'elle  est  dans  la 
masse  musculo-conjouctive  du  pied.  Chez  la  Testacelle  elle 
flotte  dans  le  cœlome,  retenue  seulement  au  pied  par  quelques 
tractus  conjonctifs  et  des  vaisseaux  sanguins. 

La  glande  pédieuse  est  compacte  chez  les  Limaciens  et  les 
Opisthopneumones  ;  chez  d'autres  Pulmonés,  comme  les  Vi- 
trines, les  Succinées,  certains  Hélix,  les  Clausilies,  entre  les 
groupes  de  cellules  glandulaires  se  trouve  du  tissu  conjonctif  en 


RECHEKCHES   SUR   LA   t4LANDE    PÉDIEUSE    DES   PULMONÉS.  297 

plus  OU  moins  grande  abondance.  Chez  les  autres  la  glande  est 
très  divisée  ;  on  trouve  alors  des  cellules  glandulaires  isolées 
disséminées  dans  les  environs  du  canal  excréteur.  Dans  cer- 
taines régions  même  l'organe  peut  être  réduit  au  canal  excré- 
teur {Hélix  Pisamt).  Il  peut  arriver  aussi  que  la  glande  soit 
compacte  dans  une  région  et  très  atténuée  dans  une  autre 
(Hélix  ohvoluta). 

Dans  la  partie  tout  à  fait  antérieure  de  la  glande,  on  remarque 
au-dessus  du  canal  excréteur  une  masse  de  cellules  également 
glandulaires  (|ui  débouchent  au  plafond  de  ce  canal.  Comme 
nous  le  verrons  dans  la  suite,  ces  éléments  présentent  des  diffé- 
rences de  constitution  avec  les  cellules  du  reste  de  la  glande. 
Nous  avons  appelé  ces  amas  glandulaires  «  masses  supérieures,  » 
le  qualificatif  «  supérieure  »  indiquant  leur  position  au-dessus 
du  canal  excréteur  (PI.  XII^  fig.  4  a  et  cd). 

Les  masses  supérieures  varient  énormément  quant  à  leur 
développement  chez  les  divei's  représentants  des  Stylommato- 
phores.  Elles  sont  nulles  chez  les  Testacelles  ;  chez  les  Lima- 
ciens  elles  sont  réduites  à  quelques  cellules  isolées,  disséminées 
dans  la  région  où  se  trouvent  les  masses  supérieures  chez  les 
autres  Stylonimatophores.  Chez  les  Zonites  et  certains  Hélix 
{H.  immatia,  aspersa,  nemoralls,  arhustorum,  etc.)  elles  forment 
une  couche  plus  ou  moins  épaisse  se  confondant  sur  les  côtés 
avec  la  glande  proprement  dite.  Par  contre,  on  constate  que 
chez  les  Hélix  acuta  (PI.  XII,  fig.  4),  ohvoluta,  lapicida,  chez  les 
Clausilies  et  les  Bulimes,  elles  sont  parfaitement  délimitées, 
compactes  et  flottant  dans  la  cavité  du  corps,  retenues  au  plafond 
du  canal  excréteur  par  les  cols  de  leurs  éléments  glandulaires  ; 
elles  sont  alors  piriformes,  la  partie  atténuée  étant  la  plus  voi- 
sine du  canal  de  la  glande,  la  partie  renflée  libre  dans  le  cœlome 
et  placée  entre  la  masse  buccale  et  les  parois  du  corps.  Entre 
leurs  cellules  on  trouve  quelquefois  des  fibres  conjonctives  et 
chez  les  Clausilies  du  pigment. 


298  ÉmLE   ANDRÉ, 

Revenons  maintenant  au  canal  excréteur;  il  s'étend  d'un 
bout  à  l'autre  de  la  glande.  Son  extrémité  antérieure  débouche 
donc  dans  le  sillon  prébuccal^  tandis  que  l'autre  extrémité  se 
termine  en  cul-de-sac.  Près  de  l'ouverture,  le  canal  a  une  section 
elliptique  plus  ou  moins  aplatie  ;  il  conserve  cette  forme  sur 
une  longueur  variant  suivant  les  espèces,  puis  son  plancher  se 
creuse  d'un  sillon  plus  ou  moins  prononcé,  dont  les  bords  ordi- 
nairement relevés  forment  deux  bourrelets  longitudinaux.  Cette 
disposition  est  la  plus  répandue  ;  il  n'y  a  que  quelques  exceptions 
{Hélix  lapkida,  obvoluta)  chez  lesquelles  le  sillon  est  à  peine 
marqué  et  le  canal  garde  sa  section  elliptique  jusqu'à  son  ex- 
trémité postérieure.  Chez  la  Testaceile  la  forme  et  les  dimen- 
sions du  canal  varient  beaucoup  suivant  la  région  ou  l'état  de 
contraction  de  l'animal. 

Le  plafond  du  canal  excréteur  des  Hélix  et  de  certaines 
Limax  présente  une  particularité  assez  curieuse,  déjà  signalée 
par  Sarrasin  (14);  elle  consiste  en  des  plis  longitudinaux 
faisant  saillie  dans  le  lumen  du  canal  (PI,  XII,  fig.  5),  Ces  plis 
se  trouvent  dans  la  région  postérieure;  leur  nombre  et  leur 
développement  varient  beaucoup  suivant  les  espèces.  On  ne  les 
trouve  que  chez  des  animaux  des  genres  Hel'ix  et  Limax, 
mais  non  chez  tous;  chez  Hélix  aciita  il  n'y  en  a  qu'un  seul, 
très  peu  développé,  tandis  que  chez  d'autres  Hélices  ils  sont  si 
nombreux  et  si  volumineux  qu'ils  occupent  à  peu  près  tout  le 
lumen  du  canal.  Dans  la  deuxième  partie  nous  étudierons  en 
détail  ces  singulières  formations  chez  les  différentes  espèces 
que  nous  avons  examinées. 

En  règle  générale  au-dessus  de  la  glande  pédieuse  et  paral- 
lèlement à  elle,  court  l'artère  pédieuse  qui  lui  envoie  des  rami- 
fications, surtout  dans  les  plis  du  plafond  dont  nous  venons  de 
parler.  L'artère  pédieuse  peut  être  immédiatement  accolée  au 
canal  excréteur  de  la  glande  ou  placée  à  une  distance  plus  ou 
moins  grande  ;  mais  sa  présence  est  constante  au-dessus  de  la 
glande  (PI.  XII,  fig.  7,  h  et  PI.  XIII,  fig.  l,det  fig,  18,  c). 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     299 

Le  système  lacunaire  est  développé  à  des  degrés  variables 
dans  les  environs  de  la  glande  du  pied,  suivant  les  espèces  et 
même  suivant  les  individus  selon  que  leur  pied  était  plus  ou 
moins  gonflé  au  moment  de  la  mort.  Il  est  pourtant  de  ces  sinus 
sanguins  dont  la  présence  est  constante  pour  les  divers  groupes  ; 
tel  est  celui  qui  court  au-dessous  de  la  glande  et  dans  la  même 
direction  qu'elle  chez  les  Limaciens,  les  Succinées,  les  Vitrines 
et  les  Zonites.  Chez  les  Hélix  les  lacunes  sanguines  se  trouvent 
surtout  sur  les  côtes  de  la  glande  et  entre  les  groupes  de  cellules 
glandulaires  (PI.  XIV,  fig.  1,  e).  Chez  les  Clausilies,  les  Buli- 
mes,  la  glande  est  parcourue  dans  tous  les  sens  par  des  espaces 
lacunaires  (PI.  XII,  fig.  6). 

La  glande  du  pied  est  innervée  par  les  nerfs  provenant  des 
ganglions  pédieux  ;  ces  nerfs  longent  la  glande  au-dessus  d'elle 
et  lui  envoient  quelques  filets.  Chez  les  Succinées  et  les  Vitrines 
dans  la  masse  glandulaire  même  court  une  paire  de  nerfs  assez 
importants  émanant  directement  des  ganglions  pédieux.  En 
aucun  cas  nous  n'avons  constaté  que  la  glande  pédieuse  reçut 
des  nerfs  provenant  des  ganglions  cérébroïdes.  Ces  ganglions 
étant  considérés  comme  les  centres  sensitifs,  ce  fait  contribue  à 
réduire  à  néant  l'hypothèse  de  certains  auteurs  qui  attribuent 
à  la  glande  pédieuse  une  fonction  olfactive. 


Histologie. 

La  glande  pédieuse  est,  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut, 
formée  d'une  masse  plus  ou  moins  compacte  d'éléments  glandu- 
laires de  diff'érentes  natures  se  déversant  dans  un  canal  central  ; 
nous  allons  reprendre  l'étude  de  ces  diverses  parties  quant  à 
leur  structure  intime  en  commençant  par  le  canal  excréteur. 

Canal  excréteur.  —  Il  est  formé  par  une  invagination  de 
l'épithélium  externe  du  corps,  aussi  dans  le  voisinage  de  Pou- 


300  EMILE   ANDRÉ. 

verture  a-t-il  la  même  structure  que  ce  dernier,  mais  à  mesure 
que  l'on  se  rapproche  de  l'extrémité  postérieure  il  se  différencie 
en  deux  régions  bien  tranchées,  le  plancher  et  le  plafond;  dans 
certains  cas  même  {Succinea,  Limax,  Arïon,  quelques  Hélix) 
les  côtés  du  canal  ont  un  épithéhura  particulier'. 

L'épithélium  du  plancher  est  toujours  cilié.  Assez  aplati  dans 
la  partie  antérieure,  il  augmente  petit  à  petit  de  hauteur  jus- 
qu'au tiers  antérieur  de  la  longueur  et  conserve  ces  dimensions 
jusqu'à  l'extrémité  aveugle.  Simultanément  le  plancher  se  creuse 
du  sillon  caractéristique  et  les  bourrelets  longitudinaux  s'accen  ■ 
tuent  peu  à  peu.  Chez  Hélix  Pisana  cependant  l'épithélium  du 
plancher  a  partout  la  même  hauteur. 

Lorsque  cet  épithélium  a  acquis  ses  caractères  propres 
(PI.  XII,  fig.  5,  9  et  10);  il  est  composé  de  cellules  prismatiques 
assez  hautes.  Leur  noyau  est  ovoïde  avec  une  formation  nucléi- 
nienne  en  réseau  présentant  çà  et  là  des  renflements.  Le  pro- 
toplasme de  ces  cellules  est  homogène  à  part  quelques  filaments 
hyaloplasmiques  et  de  très  fines  granulations.  Leur  paroi  libre 
est  en  général  plus  ou  moins  épaisse.  Cette  sorte  de  cuticule  se 
colore  vivement  par  les  teintures  de  carmin;  elle  est  surtout 
visible  chez  Vitrina  (PI.  XIL  fig.  9),  Limax  (PI.  XII,  fig.  13), 
Succinea,  tandis  que  chez  certains  Hélix  (H.  lapicida,  Pisana^ 
nemoralis,  etc.)  elle  est  nulle. 

Cette  paroi  libre  est  sans  exception  (à  part  la  Testacelle) 
pourvue  de  cils  vibratiles.  Les  cils  dont  la  hauteur  varie  entre 
0,004  mm.  et  0,03  mm.  sont  quelquefois  séparés  en  touffes  ou 
mèches  composées  de  tous  les  cils  d'une  même  cellule  dont  les 
extrémités  libres  convergent.  Cette  disposition  se  constate 
facilement  chez  les  Vitrines  (PI.  XII,  fig.  9),  les  Limaces,  les 
Arions  et  quelques  Hélices. 

*  (^ette  description  ne  se  rapporte  pas  à  la  Testacelle  ;  la  glande  pédieuse  de 
cet  animal  s'éloigne  beaucoup  du  type  ordinaire  et  sera  étudiée  en  détail  dans  la 
deuxième  partie  de  notre  mémoire. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     301 

Le  rôle  de  ce  revêtement  cilié  est  de  contribuer  à  l'extério- 
ration  du  produit  de  sécrétion  des  cellules  glandulaires  débou- 
chant dans  le  canal. 

Au  fond  du  sillon  et  quelquefois  sur  les  bourrelets  longitudi- 
naux se  trouvent,  entre  les  cellules  épithéliales,  des  méats  inter- 
cellulaires servant  au  passage  de  la  sécrétion  des  éléments  glan- 
dulaires. Le  nombre  de  ces  méats  est  si  grand,  au  fond  du  sillon, 
que  les  cellules  épithéliales  sont  déformées,  complètement 
effilées  ou  étranglées  au  milieu  et  très  allongées  (nous  en  avons 
constaté  chez  Vitrina  qui  mesuraient  0,06  mm.  de  hauteur); 
on  peut  voir  différents  types  de  ces  cellules  dans  les  fig.  2  de 
la  PL  Xlir. 

Ce  sont  ces  éléments  déformés  que  Sochaczewer  (9)  a  pris 
pour  des  éléments  sensitifs  ;  mais  comme  ils  ne  sont  pas  en 
relation  avec  du  tissu  nerveux  et  pour  d'autres  raisons  encore, 
cette  opinion  doit  être  abandonnée.  Hanitsch  (19)  a  réédité 
cette  manière  de  voir  ;  il  s'appuie  pour  cela  sur  la  présence 
au-dessous  des  bourrelets  longitudinaux,  chez  Llmax  agresfis, 
d'éléments  ganglionnaires.  Hanitsch  a  ])ris  pour  des  cellules 
ganglionnaires  des  cellules  rondes  qui  se  trouvent  au-dessous  de 
l'épithélium  (PI.  XII,  fig.  9,  h)  et  qui  en  sont  peut-être  les  élé- 
ments de  remplacement. 

Pour  en  revenir  à  ces  soi-disant  cellules  sensitives  nous 
dirons  qu'elles  ont  un  noyau  fusiforme,  très  allongé  ;  elles  sont 
aussi  revêtues  de  cils  vibratiles,  tandis  que  la  cuticule  chez  la 
plupart  des  espèces  a  pfesque  disparu.  La  forme  la  plus  répan- 
due est  celle  représentée  fig.  2,  PI.  XIII;  aussi  la  plupart  des 
méats  intercellulaires  ont-ils  la  disposition  schématique  repré- 
sentée PI.  XIII,  fig.  3,  disposition  qui  se  présente  pendant 
les  périodes  de  non-activité  de  la  glande.  Ces  espaces  inter- 
cellulaires sont  alors  clos  ;  mais  lorsque  les  cellules  glandulai- 
res fonctionnent,  les  parties  désignées  par  la  lettre  a  s'écar- 
tent,  le  méat  se  remplit  de   la  sécrétion,  puis  à   leur  tour 


302  émilp:  andré. 

les  parties  h  s'éloignent  Tune  de  l'autre  et  livrent  passage  au 

produit  glandulaire  qui  arrive  alors  dans  le   canal  excréteur 

central. 

Ces  méats  sont  plus  ou  moins  importants  ;  chez  les  Limax, 
Arion,  Vitrina  ils  sont  très  développés,  tandis  que  chez  les 
Hélix,  Siiccinea,  Clausilea,  Bidimus,  Zonites,  ils  le  sont  beau- 
coup moins. 

L'épithélium  des  côtés  ne  diffère  que  peu  ou  pas  de  celui  du 
plafond  ;  les  différences  ne  gisent  que  dans  la  moindre  hauteur 
des  cellules  et  dans  le  développement  moins  complet  de  leur 
formation  nucléinienne.  Ce  n'est  guère  que  chez  Succinea, 
Hélix  Rsana,  Arion,  Limax  qu'on  peut  considérer  l'épithélium 
des  côtes  comme  une  formation  différente  de  celui  du  plafond  ; 
la  hauteur  des  cellules  est  alors  de  0,008  mm.,  leur  largeur  de 
0,015  mm.  (PL  XIII,  fig.  7).  En  général  la  transition  entre  ces 
deux  épithéliums  est  insensible  ;  ce  n'est  que  petit  à  petit  que  le 
revêtement  épitbélial  des  côtés  acquiert  les  caractères  de  celui 
de  la  paroi  supérieure  du  canal  excréteur. 

Ce  dernier  est  constitué  par  des  cellules  prismatiques  plus  ou 
moins  aplaties  ;  la  hauteur  est  généralement  un  peu  inférieure 
à  leur  diamètre  transversal.  Le  noyau  de  ces  cellules  (PI.  XIII, 
fig.  10  et  11)  est  sphérique,  muni  d'un  réseau  nucléinien  bien 
développé  et  présentant  des  renflements  arrondis  ;  ce  réseau, 
comme  c'est  du  reste  le  cas  ordinairement,  possède  une  grande 
affinité  pour  les  teintures  de  carmin.  Le  corps  cellulaire  a  son 
hyaloplasme  disposé  suivant  deux  types  très  tranchés  :  ou  bien 
il  forme  des  filaments  rectilignes,  parallèles,  assez  rapprochés 
et  dirigés  de  haut  en  bas  de  la  cellule,  c'est-à-dire  de  sa  paroi 
libre  à  la  paroi  opposée  (PI.  XIII,  fig.  11);  ou  bien  il  constitue 
un  réseau  à  mailles  plus  ou  moins  serrées  (PI.  XIII,  fig.  10).  Cer- 
tains groupes  ne  possèdent  que  le  premier  type  {ClausiUa,  Hélix 
obvoUita,  lapicida,  aspersa,  Arion,  Limax)  d'autres  {Hélix 
Pisana),  les  deux  à  la  fois  plus  ou  moins  mélangés,  d'autres 


RECHERCHES   SiTR    LA    (iLANDE    PEDIEUSE    DES    l'UI.MONÉS.  303 

encore  [Hélix  acutd)  ne  présentent  que  le  second  type.  Il  peut 
arriver  que  l'une  ou  l'autre  de  ces  formations  ne  soit  pas  répan- 
due partout  dans  le  corps  cellulaire;  il  peut  exister  chez  certains 
de  ces  éléments  des  espaces  homogènes,  soit  autour  du  noyau , 
soit  près  de  la  paroi  libre  de  la  cellule.  Quelquefois  encore  les 
filaments  sont  plus  nombreux  près  de  la  face  libre.  Outre  ces 
filaments  le  corps  cellulaire  peut  renfermer  des  granulations 
réfringentes  en  petit  nombre. 

La  paroi  libre  de  ces  éléments  présente  chez  certains  genres 
[Arion,  Limax)  une  fine  cuticule,  beaucoup  moins  importante 
que  celle  des  bourrelets  longitudinaux. 

Chez  certains  Stylommatophores  {Arion,  Limax,  H.  aspersa) 
on  rencontre  des  cellules  de  l'épithélium  du  plafond  dont  la  face 
supérieure  n'est  pas  plane,  mais  munie  de  saillies  plus  ou  moins 
allongées. 

Parmi  les  cellules  épithéliales  ordinaires  du  plafond  on 
remarque  chez  certaines  espèces  {Vitrina,  Siiccinea,  Zonites, 
Hélix  obvoluta)  des  cellules  de  forme  variable  caractérisées  par 
la  présence  dans  leur  corps  d'une  ou  plusieurs  vacuoles  et  par 
l'électivité  prononcée  de  leur  noyau  pour  les  teintures  de  car- 
min. Ces  éléments  sont  très  caractéristiques  chez  Vitrina 
(PL  XII,  fig.  9,  e).  Chez  ce  dernier  genre  leur  forme  n'est  pas 
régulière,  leur  volume  n'est  pas  constant;  par  contre  chez  les 
Zonites  et  les  Succinées  elles  sont  à  peu  près  cylindro-coniques, 
la  partie  conique  faisant  saillie  dans  le  lumen  du  canal.  Les 
plus  volumineuses  de  ces  cellules  observées  chez  Vitrina  mesu- 
raient 0,04-0,05  mm.;  les  plus  grands  noyaux,  ainsi  que  les 
plus  grosses  vacuoles,  avaient  environ  0,02  mm. 

Le  corps  cellulaire  de  ces  éléments  contient  un  réseau  de 
fibrilles  très  serré  ;  leur  noyau  est  sphérique  ou  ovoïde,  comme 
nous  venons  de  le  dire,  il  se  colore  vivement  par  les  carmins,  sa 
formation  nucléinienne  très  développée  le  remplit  entièrement. 

Dans  ses  belles  recherches  sur  les  Pulmonés  (21   et  22), 


304  ÉMILK    ANDRÉ. 

M.  le  prof.  CuÉNOT  de  Nancy  '  a  constaté  que  chez  les  Limaces 
et  les  Arions  les  cellules  du  plafond  du  canal  de  la  glande 
pédieuse  jouent  un  rôle  dans  Texcrétion.  Après  avoir  injecté 
dans  le  cœlome  de  ces  deux  espèces  une  solution  peptonique 
de  fuchsine  acide,  M.  CuÉnot  a  remarqué  que  le  plafond  du 
canal  de  la  glande  du  pied  se  colore  en  l'ouge,  en  entier  chez 
les  Arions,  seulement  dans  son  tiers  postérieur  chez  les  Lima- 
ces. La  cause  en  est  que  les  cellules  épithéliales  composant 
le  plafond  du  canal  sont  munies  d'une  ou  plusieurs  vacuoles  qui 
se  sont  colorées  par  la  fuchsine  acide.  Ces  vacuoles  ne  sont 
visibles  qu'une  fois  colorées.  Pour  de  plus  amples  détails  nous 
renvoyons  le  lecteur  au  mémoire  de  M.  CuÉnot  (22). 

Nous  pensons  que  les  éléments  épithéliaux  vacuoles  que  nous 
venons  de  décrire  chez  Vitrina,  Stiœinea,  etc.  sont  les  homo- 
logues de  ceux  que  M.  Cuénot  a  découverts  chez  Limax  et 
Arion.  En  tout  cas  le  contenu  de  ces  vacuoles  est  un  produit 
excrétoire  et  est  déversé  dans  le  canal  de  la  glande,  car  nous 
avons  constaté  plusieurs  fois  des  vacuoles  ouvertes  dans  le 
lumen  du  canal  (PI.  XIII,  fig.  4). 

A  la  page  298  nous  avons  mentionné  le  fait  (déjà  signalé  par 
Sakrasin(II)  et  Houssay  (13)  que  la  plupart  des  représen- 
tants des  genres  Hélix  et  Limax  possèdent,  dans  la  partie  pos- 
térieure du  canal  excréteur,  des  plis  longitudinaux  formés  par  le 
plafond.  Ces  replis  (PL  XII,  fig.  5)  pendant  dans  le  lumen  du 
canal;,  en  nombre  variant  de  1  à  5,  sont  plus  ou  moins  pronon- 
cés; presque  nuls  chez  Uelix  acuta,  ils  sont  au  contraire  très 
saillants  chez  les  Helix  pomatia,  aspersa,  nemoralis,  arhusto- 
rum,  etc..  La  face  libre  des  plis  est  formée  par  Tépithélium 
ordinaire  du  plafond  dont  les  cellules  sont  cependant  un  peu 


'  Nous  nous  permettons  d'adresser  ici  ;i  M.  le  prof.  Cuénot  nos  plus  vifs 
remerciements  pour  l'obligeance  avec  laquelle  il  a  répondu  à  nos  demandes  et 
pour  les  utiles  indications  qu'il  nous  a  fournies. 


KECHEKCIIES    SUR   LA   (^LANI)E    l'ÉDIEl'SE    DES    ITLMONÉS.  305 

plus  hautes;  des  cellules  rondes  remplissent  l'intervalle  entre 
les  deux  lames  épitliéliales  formant  le  pli. 

L'artère  pédieuse  envoie  des  ramifications  importantes  à  ces 
appendices. 

VHeJix  aspersa  (PL  XII,  fig.  5)  présente  une  particularité 
de  ces  replis  que  je  n'ai  retrouvée  chez  aucun  autre  de  nos 
Pulmonés  indigènes  ;  leur  face  libre  est  munie  d'un  revêtement 
de  cils  vibratiles  très  courts  (longueur  0,0035  mm.).  Ces  cils 
existent  sur  les  replis  de  leur  partie  antérieure  jusque  près  de 
leur  terminaison.  Nous  ne  savons  à  quoi  attribuer  cette  parti- 
cularité de  V Hélix  aspersa  ;  nous  ne  savons  également  pas  quelle 
est  la  fonction  des  replis,  ni  même  s'ils  en  ont  une  ;  cependant 
l'importance  des  rameaux  artériels  qui  s'y  rendent  pourrait  le 
faire  supposer.  Houssay  (13)  dit  à  ce  propos  (page  253): 
«  Par  la  partie  supérieure  de  son  canal  et  par  les  villosités 
(les  replis)  qui  s'en  détachent,  cet  appareil  se  rapporte  aux 
organes  que  nous  connaissons  comme  absorbants.  De  quelle 
substance  ferait-il  l'absorption  et  dans  quel  but  ?  Il  est  impos- 
sible de  le  dire  ;  mais  les  rapports  anatomiques  de  cet  organe 
paraissent  en  faire  un  organe  d'absorption.  »  Nous  avouons  ne 
pas  très  bien  comprendre  ce  que  M.  Houssay  entend  par-là. 

Le  canal  de  sortie  de  la  glande  pédieuse  est  recouvert  sur 
sa  face  supérieure  et  sur  les  côtés  par  une  lame  de  tissu  conjonc- 
tif.  Cette  lame  est  en  général  simple  et  mince,  mais  cepen- 
dant chez  certaines  espèces  (quelques  Hélix,  Stwcinea)  peut 
atteindre  une  grande  épaisseur,  surtout  dans  la  partie  posté- 
rieure, et  être  entremêlée  de  fibres  musculaires.  Elle  est  inter- 
rompue dans  la  partie  antérieure,  dans  la  région  où  débouchent 
les  masses  supérieures  et  les  cellules  piriformes  à  vacuoles. 
(Voir  PI.  XII,  fig.  5,  i,  fig.  9,fet  fig.  10,  g). 

Cellules  glandulaires.  Les  éléments  sécréteurs  de  la  glande 
pédieuse  peuvent  se  ramener  à  3  types  que  nous  énumérerons 


300  EMILE   ANDRE. 

d'abord  et  que  nous  étudierons  ensuite  en  détail  l'un  après 
l'autre  : 

1°  Les  cellules  qui  forment  la  masse  la  plus  importante  de 
la  glande  et  qui  débouchent  toutes  dans  le  sillon  longitudinal  du 
plancher. 

2°  Les  cellules  qui  composent  ce  que  j'ai  appelé  les  «masses 
supérieures  ;  »  elles  ont  été  confondues  avec  les  précédentes  par 
les  auteurs,  cependant  elles  en  diffèrent  par  leurs  réactions  vis- 
à-vis  de  certains  agents  colorants  et  par  le  lieu  de  leur  ouver- 
ture dans  le  canal  excréteur,  qui  est  le  plafond  dans  la  partie 
antérieure  de  la  glande. 

3°  Les  cellules  que  j'appellerai  «  cellules  à  vacuoles;  »  elles 
ont  été  signalées  pour  la  première  fois  par  Sarrasin  (11),  qui 
ne  fit  qu'en  donner  un  dessin  ;  elles  s'ouvrent  également  dans  le 
canal  commun,  dans  sa  partie  antérieure  au  plafond  et  sur  les 
côtés. 

Nous  étudierons  d'abord  les  cellules  ordinaires  dans  la  période 
d'activité  fonctionnelle,  puis  les  différentes  modifications  qu'elles 
subissent  au  cours  de  leur  vie,  enfin  la  manière  dont  s'opère  leur 
remplacement  par  les  éléments  cellulaires  du  tissu  conjonctif. 

Ces  cellules,  qui  sont  agglomérées  en  une  masse  plus  ou 
moins  compacte,  sont  généralement  piriformes  et  munies  d'un 
col  à  longueur  variable  qui  débouche  dans  le  voisinage  des 
méats  intercellulaires  du  sillon  longitudinal.  Elles  ne  sont  pas 
comme  le  dit  Semper  (6)  enveloppées  chacune  isolément  par 
une  tunique  conjonctive  qui  s'allonge  pour  former  le  col.  Ce 
dernier  est  constitué  par  les  parois  même  de  la  cellule  qui  se 
sont  étirées,  dans  une  direction  donnée,  sous  la  pression  du  con- 
tenu cellulaire.  Le  col  n'existe  pas  toujours  :  on  ne  le  trouve 
que  chez  les  éléments  actifs. 

Les  dimensions  de  ces  éléments  glandulaires  sont  générale- 
ment assez  considérables,  abstraction  faite  du  col,  pouvant 
atteindre  à  lui  seul  une  longueur  de  0,9  mm.  ;  leur  plus  grand 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     307 

diamètre  va  jusqu'à  0,12  mm.,  le  petit  jusqu'à  0,075  mm.  \ 
Les  parois  sont  minces  et  très  délicates,  surtout  lorsqu'elles 
sont  distendues  par  le  contenu  cellulaire;  aussi  est-il  souvent 
difficile  d'obtenir  des  éléments  entiers  dans  les  dilacérations  de 
la  glande  pédieuse. 

Le  corps  cellulaire  (voir  PI.  XIII,  fig.  6)  est  formé,  comme 
c'est  le  cas  en  général,  d'une  paraplasme  et  d'un  réseau.  Le 
paraplasma  contient  des  corpuscules  réfringents  se  colorant 
vivement  par  les  carmins;  ils  sont  en  nombre  variable,  tantôt 
peu  abondants,  tantôt  remplissant  complètement  la  cellule  au 
point  qu'ils  se  touchent  tous  et  que  le  réseau  d'hyaloplasme  a 
disparu. 

Ces  corpuscules  dont  les  dimensions  varient  entre  0^001  mm. 
et  0,002  mm.^  sont  en  général  arrondis,  sauf  chez  les  Limaciens 
chez  lesquels  ils  sont  polyédriques  irréguliers.  Ils  sont  réfrin- 
gents, n'ont  aucune  action  sur  la  lumière  polarisée  et  ont  une 
grande  affinité  pour  les  colorants  histologiques.  Les  alcalis  et 
les  acides  pas  trop  concentrés  ne  les  détruisent  pas  ;  l'acide 
osmique  les  colore  en  noir. 

On  retrouve  dans  l'épiphragme  membraneux  des  granulations 
présentant  les  mêmes  propriétés  que  celles  décrites  ci-dessus; 
cela  pourrait  faire  supposer  que  le  mucus  de  la  glande  du  pied 
concourt  à  la  formation  de  cet  épiphragme.  En  tout  cas  il  est 
certain  que  ces  corpuscules  sont  excrétés  car  on  les  retrouve 
dans  le  canal  de  la  glande  avec  du  mucus. 

Le  réseau  hyaloplasmique  se  colore  assez  bien  sur  des  coupes 
avec  les  teintures  de  carmin  et  surtout  d'hématoxyline  ;  mais 
pour  l'étudier  sur  le  frais,  l'acide  osmique  à  2  pour  mille  est 
préférable;  ce  dernier  réactif  le  colore  en  brun  plus  ou  moins 
intense.  On  l'observe  surtout  avec  facilité  sur  les  cellules  dont  les 
granulationsnesontpastropnombreuses(Pl.XIII,  fig.  6  et  12,  h); 

^  La  plupart  des  mensurations  ont  été  effectuées  sur  le  frais. 

Kev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  21 


308  EMILE    ANDUK. 

il  apparaît  alors  comme  un  réseau  continu,  c'est-à-dire  dont 
tous  les  filaments  sont  reliés  entre  eux.  Ces  derniers  forment 
des  mailles  assez  régulières,  répandues  uniformément  dans  la 
cellule  (sauf  dans  les  cas  assez  rares  où  il  y  a  des  vacuoles). 
Examinés  avec  une  lentille  à  immersion  homogène  ces  filaments 
paraissent  formés  de  fines  particules. 

Nous  faisons  observer  de  nouveau  que  ce  qui  vient  d'être  dit 
s'applique  aux  cellules  normales  actives;  les  parties  décrites  ne 
sont  pas  semblables  chez  les  éléments  en  voie  de  formation  ou 
en  repos. 

Le  paraplasma  paraît  homogène  aux  plus  forts  grossissements 
dont  j'ai  disposé  ;  il  présente  quelquefois  des  vacuoles  entre  les 
mailles  du  réseau,  ou  même  refoulant  le  réseau. 

Lorsque  ces  cellules  sont  bondées  de  granulations  et  dis- 
tendues par  les  autres  produits  de  sécrétion,  leur  paroi  cède 
devant  la  pression  et  s'étire  en  un  col  qui  va  aboutir,  comme 
nous  l'avons  dit,  à  la  base  de  l'épithélium  du  sillon  longitudinal 
du  plancher  dans  la  région  des  méats  intercellulaires.  Le  col 
peut  arriver  jusqu'à  la  base  même  de  l'épithélium,  sans  jamais 
toutefois  le  traverser,  ou  se  terminer  à  une  certaine  distance 
de  ce  dernier  ;  dans  ce  cas  les  produits  sécrétés  par  les  éléments 
glandulaires  cheminent  librement  jusqu'aux  méats  intercellu- 
laires. 

Pour  atteindre  le  voisinage  du  lieu  de  leur  débouché,  les  cols 
sont  souvent  obligés  de  s'allonger  énormément  (jusqu'à  0,9  mm.) 
et  de  se  courber  plus  ou  moins,  surtout  pour  les  cellules  qui 
sont  au-dessus  et  sur  les  côtes  du  canal  excréteur. 

Semper(6)  et  Sarrasin  (11)  ont  décrit  ou  figuré  des  cel- 
lules dont  les  cols  se  réunissaient  entre  eux  pour  n'en  former 
qu'un  ;  de  même  que  Brock  (15)  je  n'ai  jamais  constaté  cette 
fusion;  les  cols  cheminent  toujours  séparément  et  débouchent 
isolément. 

Sous  l'influence  des  contractions  du  pied  entier  de  l'animal  ou 


RECHF.RCHES   SUR   LA    (4LANDK    l'KDIEUSE    DES    l'ULMONÉS.  ^0;; 

seulement  des  fibres  musculaires  qui  se  trouvent  entre  les 
groupes  de  cellules  glandulaires,  ces  dernières  (leurs  cols  étant 
formés  et  ouverts)  expulsent  une  partie  de  leur  contenu  dans  les 
espaces  intercellulaires  et  de  là  dans  le*  canal  commun.  Les 
parties  expulsées  sont  les  granulations,  une  partie  du  proto- 
plasme et  du  réseau  cellulaire.  Le  noyau  lui-même  se  ressent 
de  ce  phénomène.  Après  avoir  fini  d'accomplir  cet  acte,  la  cel- 
lule se  modifie  considérablement;  outre  qu'elle  ne  renferme  plus 
de  granulations,  elle  diminue  de  volume  et  résorbe  son  col,  qui 
disparaît  à  tel  point  que  la  cellule  reprend  une  forme  à  peu  près 
sphérique  ;  son  réseau  hyaloplasmique  est  passablement  atténué 
et  les  mailles  en  sont  beaucoup  plus  grandes  et  irrégulières 
(PL  XIII,  fig.  8,  &  et  12,  c).  Le  noyau  est  également  profondément 
modifié  ;  d'ovoïde  ou  sphérique  qu'il  était,  il  devient  très  irré- 
gulier, allongé  ou  aplati,  avec  des  parties  rentrantes,  d'autres 
saillantes  ;  il  est  ratatiné  et  son  volume  s'est  amoindri.  A  son 
intérieur  on  n'aperçoit  plus  trace  de  réseau  nucléinien  ni  de 
nucléole  ;  il  parait  complètement  homogène  et  a  conservé  son 
électivité  pour  les  agents  colorants.  Ces  faits  pouiTaient  faire 
supposer  que  le  noyau  expulse  aussi  certaines  parties  de  sa 
substance  ;  mais  nous  ne  savons  lesquelles. 

Nous  avons  trouvé  les  différents  stades  de  ce  processus  sécré- 
toire,  depuis  la  cellule  volumineuse,  bondée  de  corpuscules  et 
munie  d'un  col,  jusqu'à  celle  qui  est  sphérique  et  dépourvue  de 
granulations.  On  ne  peut  confondi'e  ces  stades  avec  ceux  qui 
résultent  de  la  transformation  graduelle  d'une  cellule  conjonc- 
tive en  élément  sécréteur  ;  comme  nous  le  verrons  un  peu  plus 
loin,  chez  ces  formes  de  passage  le  noyau  est  toujours  à  i)eu  près 
sphérique  et  possède  en  outre  certains  caractères  qui  empêchent 
de  le  prendre  pour  le  noyau  d'une  cellule  venant  d'excréter 
son  contenu. 

Brock  (15)  a  soulevé,  sans  pouvoir  la  résoudre,  la  question 
de  savoir  si,  lorsqu'un  élément  glandulaire  a  accompli  ses  fonc- 


310  EMILE   ANDRÉ. 

tions  excrétrices,  il  périt  ou  s'il  est  capable  au  bout  d'un  certain 
temps  de  reconstituer  ses  différentes  parties  et  d'entrer  dans 
une  nouvelle  période  d'activité  et  cela  un  certain  nombre  de 
fois.  Comme  il  n'est  pas  possible  de  suivre  le  même  élément 
glandulaire  dans  le  temps,  le  problème  ne  pourrait  être  résolu 
d'une  façon  absolument  certaine.  Deux  faits  cependant  militent 
en  faveur  de  la  seconde  des  deux  alternatives.  D'abord  il  est 
rare  de  rencontrer  des  noyaux  de  cellules  glandulaires  dans  le 
mucus  contenu  dans  le  canal  excréteur  (on  en  trouve  pourtant 
quelquefois)  tandis  qu'ils  devraient  être  très  abondants  dans  le 
cas  où  les  cellules  glandulaires  ne  fonctionneraient  qu'une  seule 
fois  et  passeraient  à  l'état  d'éléments  morts  qui  seraient  expulsés 
avec  les  produits  de  sécrétion.  Secondement,  si  la  première 
hypothèse  était  exacte,  les  cellules  de  remplacement  devraient 
être  en  très  grande  abondance;  ce  qui  n'est  pas  le  cas.  Chez 
certains  individus  on  n'en  trouve  aucun,  chez  d'autres  seulement 
quelques  rares  éléments  à  différents  stades  de  transition  dissé- 
minés dans  les  environs  de  la  glande. 

J'ai  étudié  des  animaux  à  toutes  les  époques  de  l'année,  et 
souvent  vers  la  fin  de  l'automne  j'ai  rencontré  des  individus  dont 
toutes  les  cellules  sécrétrices  de  la  glande  pédieuse  étaient  à 
l'état  de  repos  ;  combien  d'éléments  de  remplacement  devrait-on 
trouver  au  printemps,  au  moment  où  l'organisme  sort  de  son 
sommeil  hibernal  et  reprend  ses  différentes  fonctions  ?  Ces  élé- 
ments de  remplacement  ne  sont  pas  plus  abondants  dans  cette 
saison  que  plus  tard  et  l'on  constate  en  général  qu'à  la  fin  de 
riiiver  la  glande  est  composée  d'éléments  actifs  et  d'éléments 
au  repos  en  proportions  variables. 

Comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  il  arrive  quelquefois  qu'on 
rencontre  dans  le  canal  excréteur  de  la  glande  pédieuse  des 
noyaux  de  cellules  glandulaires  avec  tous  leurs  caractères  ;  cela 
])rouve  que,  comme  on  l'observe  du  reste  toujours,  les  éléments 
glandulaires,  après  avoir  fonctionné  pendant  un  certain  temps, 


RECHERCHES   SUR   LA    GLANDE    PÉDIEUSE    DES    FL'LMONÉS.  31.1 

périssent,  se  désagrègent  et  sont  expulsés  de  l'organisme.  Il  est 
évident  que  d'une  manière  ou  d'une  autre  ces  éléments  doivent 
être  remplacés.  Est-ce  que  ce  remplacement  s'opère  par  la 
division  des  cellules  glandulaires?  Nous  ne  le  croyons  pas,  nous 
n'avons  rien  remarqué  dans  nos  préparations  qui  pût  nous  le 
faire  supposer.  Brock  (15)  le  seul  auteur  qui  se  soit  occupé  de 
cette  question,  n'a  jamais  observé,  de  même  que  moi,  que  Fépi- 
thélium  du  canal  excréteur  donnait  naissance  à  des  cellules 
glandulaires,  tandis  qu'il  a  trouvé  presque  toutes  les  formes 
intermédiaires  entre  les  éléments  conjonctifs  sphéroïdaux  et  les 
cellules  glandulaires  ;  il  arrive  donc  à  la  conclusion  que  c'est 
aux  dépens  du  tissu  conjouctif  que  se  forment  les  nouveaux 
éléments  sécréteurs.  Cependant,  n'ayant  pas  fait  un  nombre 
suffisant  d'observations  et  ne  les  ayant  faites  que  sur  un  seul 
animal  (Agriolimax  lœvis)  il  ne  donne  la  chose  que  sous  toutes 
réserves. 

Nous  avons  repris  l'étude  de  la  question  et  chez  la  plupart 
de  nos  Mollusques  {Arion,  Hélix,  Vitrina,  Siiccinea,  etc.)  nous 
avons  trouvé  la  série  ininterrompue  des  formes  de  passage  entre 
les  cellules  conjonctives  qui  se  trouvent  dans  la  masse  du  pied 
et  les  cellules  glandulaires  de  la  giande  pédieuse. 

Ces  cellules  conjonctives  sont  petites,  sphériques  ou  ovoïdes  ; 
leur  cytoplasma  est  prescjue  homogène,  le  réseau  est  à  peu  près 
nul  ;  leur  noyau  est  très  petit.  Dans  leur  transformation  en  élé- 
ments glandulaires,  le  noyau  le  premier  commence  à  se  modifier 
(PI.  XII,  fig.  14  et  1 5)  :  il  augmente  de  volume,  sa  formation  nu- 
cléinienne  apparaît.  Puis  la  cellule  elle-même  acquiert  des  di- 
mensions plus  considérables  ;  elle  différencie  dans  son  corps  le 
réseau  hyaloplasmique  qui  devient  de  plus  en  plus  visible.  Enfin 
lorsqu'elle  a  atteint  la  taille  d'une  cellule  glandulaire  typique,  il 
commence  à  se  former  à  son  intérieur,  entre  les  filaments  du 
réseau,  les  granulations  caractéristiques.  Ces  dernières  aug- 
mentent en  nombre,  puis  sous  l'influence  de  leur  poussée  interne 


312  EMILE   ANDRÉ. 

la  cellule  s'allonge  en  un  col  ;  elle  a  alors  acquis  tous  les  carac- 
tères de  la  cellule  glandulaire  typique. 

La  figure  14  de  la  PI.  XIII représente  ces  divers  stades  inter- 
médiaires observés  chez  la  Vitrina  peUucida. 

Nous  avons  dit  (page  297)  que  nos  Pulmonés  indigènes  (sauf 
la  Testacelle)  possèdent  à  des  degrés  de  développement  variable 
des  masses  de  cellules  glandulaires  placées  au-dessus  du  canal 
excréteur  dans  sa  partie  antérieure.  Ces  cellules  glandulaires 
s'ouvrent  dans  le  plafond  du  canal  excréteur. 

Ces  masses  supérieures,  comme  nous  les  avons  appelées, 
diffèrent  du  reste  de  la  glande  pédieuse,  non  seulement  par  leur 
forme  et  par  leur  situation,  mais  aussi  par  quelques  caractères 
que  présentent  les  éléments  eux-mêmes.  Les  masses  supérieures 
se  colorent  plus  vivement  que  le  reste  de  la  glande. 

Les  cellules  des  masses  supérieures  sont  piriformes,  avec  un 
col  plus  ou  moins  allongé  suivant  la  distance  à  laquelle  elles  se 
trouvent  du  canal  excréteur.  Les  cols  s'introduisent  entre  les 
cellules  de  l'épithélium  du  plafond,  ou  en  tout  cas  atteignent 
toujours  la  base  de  l'épithélium.  Les  cellules  limitant  les  méats 
qui  livrent  passage  à  la  sécrétion  des  masses  supérieures,  ne 
sont  pas  déformées  comme  celles  du  sillon  du  plancher.  Les 
dimensions  des  cellules  des  masses  supérieures  sont  à  peu  près 
les  mêmes  que  celles  des  éléments  de  la  glande  pédieuse  propre- 
ment dite  ;  elles  sont  un  peu  plus  volumineuses  que  ces  dernières 
chez  Hélix  ohvolufa,  Hélix  lapicida ,  tandis  qu'elles  le  sont  moins 
chez  Hélix  acuta. 

Ces  éléments  sont  à  peu  de  chose  près  semblables  à  ceux  de 
la  glande  pédieuse  elle-même  ;  comme  ces  derniers  ils  possèdent 
un  noyau  volumineux  avec  formation  nucléinienne  bien  dévelop- 
pée et  un  corj)S  cellulaire  avec  réseau  et  granulations.  Pendant 
leur  période  d'activité  sécrétrice,  c'est-à-dire  pendant  qu'elles 
possèdent  les  granulations,  les  cellules  de  la  glande  pédieuse 


RECHERCHES   SIR   LA    CLANDE   PÉDIEUSE    DES    PULMONÉS.  318 

proprement  dite  sont  identiques  à  celles  des  masses  supérieures 
et  il  serait  très  difficile  de  les  distinguer  les  unes  des  autres,  si 
leurs  positions  respectives  dans  l'économie  n'étaient  pas  diffé- 
rentes. Il  n'en  est  pas  de  même  si  on  les  considère  pendant 
l'état  de  repos,  quand  elles  ont  expulsé  leurs  produits  de  sécré- 
tion. Comme  nous  l'avons  vu  plus  haut,  après  cet  acte  les  cellules 
de  la  glande  pédieuse  proprement  dite  se  modifient  assez  pro- 
fondément; leurs  noyaux  se  ratatinent,  leurs  réseaux  liyalo- 
plasmiques  s'atténuent,  leurs  cols  se  résorbent.  Au  contraire 
les  éléments  des  masses  supérieures,  après  l'expulsion  de  leurs 
granulations,  ne  changent  pas;  leurs  noyaux,  leurs  corps  cellu- 
laires conservent  la  même  apparence  qu'auparavant;  leurs  cols 
même  subsistent. 

Vis-à-vis  des  agents  colorants,  les  cellules  des  masses  supé- 
rieures offrent  d'autres  réactions  que  celles  du  reste  de  la  glande 
pédieuse.  Elles  ont  une  plus  grande  électivité  pour  les  teintures 
de  carmin  ;  en  outi'e,  si  l'on  surcolore  par  la  safranine  une  coupe 
au  collodion  passant  par  les  masses  supérieures  et  qu'on  la 
décolore  ensuite,  les  éléments  de  ces  dernières  resteront  teintées 
beaucoup  plus  longtemps  que  les  cellules  ordinaires.  Le  vert  de 
méthyle  qui  n'agit  que  sur  les  noyaux  des  cellules  glandulaires 
ordinaires,  colore  légèrement  les  éléments  entiers  des  masses 
supérieures  et  l'hématoxyline  colore. beaucoup  plus  vivement  ces 
dernières  que  les  autres  parties  de  l'organe. 

Ces  quelques  particularités  montrent  que  les  cellules  des 
masses  supérieures  ne  sont  pas  les  mêmes  que  celles  du  reste 
de  la  glande  du  pied.  On  peut  admettre  que  leur  constitution 
chimique  et  leurs  produits  de  sécrétion,  leurs  fonctions  en  un 
mot,  sont  différentes  de  celles  des  autres  éléments  de  la  glande 
pédieuse. 

Nous  n'avons  enregistré  aucun  fait  qui  put  nous  donner  des 
renseignements  sur  la  durée  du  fonctionnement  de  ces  éléments, 
non  plus  que  sur  leur  mode  de  remplacement.  Dans  le  cas  où  les 


314  EMILE   ANDRÉ. 

masses  supérieures  forment  une  couche  au-dessus  du  canal  et 
sont  en  relations  directes  avec  le  pied,  les  cellules  conjonctives 
de  ce  dernier  pourraient  servir  au  renouvellement  des  masses 
supérieures  ;  mais  lorsque  ces  organes  flottent  dans  le  cœlome 
cela  ne  serait  pas  possible.  Mais  nous  le  répétons,  nous  n'avons 
su  faire  aucune  observation  à  ce  sujet. 

Nous  passerons  maintenant  à  l'étude  de  la  troisième  espèce 
d'éléments  de  la  partie  sécrétrice  de  la  glande  pédieuse.  Ce 
sont  les  cellules  que  nous  avons  appelées  «  cellules  à  vacuole.  » 
Sarrasin  (11)  en  a  déjà  donné  un  dessin  ;  c'est  la  seule  mention 
qui  en  ait  été  faite  jusqu'à  présent. 

Ces  cellules  (PL  XIII,  fig.  5)  sont  en  général  piriforraes, 
quelquefois  spliériques  ;  le  col,  quand  il  existe,  peut  atteindre 
une  grande  longueur.  Elles  sont  situées  surtout  dans  la  partie 
antérieure  de  la  glande  au-dessus  et  sur  les  côtés  du  canal 
excréteur.  Elles  ne  forment  pas  des  amas  plus  ou  moins  com- 
pacts comme  les  autres  éléments  glandulaires,  mais  sont  tou- 
jours isolées.  Elles  sont  généralement  en  nombre  assez  res- 
treint ;  chez  quelques  espèces  elles  manquent  totalement. 

Leur  caractère  le  plus  saillant  consiste  en  la  présence  d'une 
vacuole  :  cette  dernière  est  tantôt  très  minime,  tantôt  occupant 
presque  toute  la  cellule.  Le  protoplasme  est  très  finement  gra- 
nuleux ;  il  se  colore  assez  fortement  par  les  carmins.  Le  noyau 
est  sphérique  ou  ovoïde,  également  très  avide  de  carmin;  sa 
formation  nucléinienne  est  très  développée  et  le  remplit  presque 
entièrement  ;  il  possède  un  nucléole. 

Le  corps  cellulaire  renferme  quelquefois  des  granulations 
(fig.  5/")  assez  volumineuses  mais  en  petit  nombre.  Nous  n'en 
avons  observé  que  dans  le  corps  cellulaire,  jamais  dans  la 
vacuole,  ni  dans  le  col  de  la  cellule.  Le  col  de  ces  éléments 
s'introduit  entre  les  cellules  épithéliales  du  plafond  et  des  côtés 
du  canal  excréteur  et  y  débouche.  Nous  avons  constaté  des 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.    315 

cellules  qui  en  étaient  dépourvues,  c'étaient  probablement  des 
éléments  en  voie  de  formation. 

Dans  leur  plus  grand  diamètre  les  cellules  à  vacuole  mesurent 
en  moyenne  0,025  mm.,  abstraction  faite  du  col  qui  à  lui  seul 
peut  atteindre  3  ou  4  fois  cette  longueur.  Leur  noyau  a 
0,007  mm.  de  diamètre. 

Ces  trois  sortes  de  cellules  :  cellules  ordinaires,  cellules  des 
masses  supérieures,  et  cellules  à  vacuoles,  sont  donc  distribuées 
en  quantité  variable  dans  le  voisinage  du  canal  excréteur  et  en 
masses  plus  ou  moins  compactes.  Entre  elles  se  trouvent  d'autres 
éléments  en  quantités  variables,  ce  sont  des  fibres  et  des  cellules 
conjonctives^  des  faisceaux  musculaires  contribuant  par  leurs 
contractions  à  l'expulsion  des  produits  de  sécrétion,  enfin  des 
globules  de  graisse  et  quelquefois  des  cellules  pigmentaires. 

Dans  le  chapitre  suivant  de  ce  travail  nous  donnerons  quel- 
ques détails  sur  les  proportions  relatives  de  ces  divers  éléments 
chez  les  espèces  que  nous  avons  étudiées. 

La  glande  pédieuse  renferme  en  outre  du  carbonate  de  chaux, 
des  phosphates,  etc.  dont  la  présence  ne  nous  a  été  révélée  que 
par  l'analyse  chimique,  aussi  ne  savons-nous  sous  quelles  formes 
on  rencontre  ces  sels  dans  la  glande  du  pied,  ni  dans  quelles 
cellules  ils  sont  localisés. 


116  EMILE   ANDRÉ. 


DEUXIÈME  PARTIE 

Les  espèces  que  nous  avons  étudiées  au  point  de  vue  de  la 
glande  pédieuse  sont  les  suivantes  : 

Arion  empiricorum  Fér.,  Arion  Jiortensis  Fér.,  Limax  mar- 
ginatus  MûU.,  Limax  cinereus  Miill.,  Testacella  haUotideaDrsii>., 
Vitrina pelliicida  Drap.,  Succinea  amphihia  Drap.,  Zonites  cella- 
r'ms  Gray,  Hélix  rotundata  Miill.,  Hélix  obvoluta  Miill.,  Hélix 
lapicida  Lin.,  Hélix  nemoralis  Lin. ,  Hélix  aspersa  Miill.,  Hélix 
pomatia  Lin.,  Hélix  incarnata  Miill.,  Hélix  sericea  Drap.,  Hélix 
Pisana  Miill.,  Hélix  aciita  Miill.,  Clausilia plicata  Drap.,  Bidi- 
rmis  montamis  Drap.,  Zua  luhrica  Leacli. 

Ces  espèces  proviennent  toutes  des  environs  de  Genève,  sauf 
les  Hélix  Pisana,  Hélix  aada  et  la  Testacella  haliotidea  que 
nous  avons  recueillis  dans  le  nord  de  la  France. 

Arion  empiricorum  Fér. 

Glande  compacte  bien  délimitée  (PI.  XII,  ûg.  1)  placée  à  la 
face  supérieure  du  pied  dont  elle  occupe  à  peu  près  les  '  ^  de  la 
longueur  ;  faisant  saillie  dans  le  cœlome.  Le  canal  prend  à  peu 
de  distance  de  son  orifice  externe  la  disposition  typique  avec 
des  bourrelets  très  accentués  ;  il  est  placé  constamment  à  la 
partie  supérieure  de  la  glande. 

Les  masses  supérieures  sont  réduites  à  quelques  cellules 
disséminées  au-dessus  du  canal  excréteur  dans  sa  portion  anté- 
rieure. 

L'épitliélium  des  côtés  est  beaucoup  plus  bas.  La  cuticule  des 
cellules  des  bourrelets  est  bien  développée;  les  cils  sont  réunis 
en  touffes;  leur  longueur  est  de  0,02  à  0,03  mm. 


UECHERCIIES   SUK    LA    GLANDE   PÉDIEUSE    DES    PULMONÉS.  317 

Au-dessous  de  la  glande  et  parallèlement  à  elle  court  un 
sinus  sanguin,  dont  la  présence  est  constante. 

Arion  Jiortensis  Fér. 

Glande  plus  large,  moins  longue,  moins  compacte  que  chez 
l'espèce  précédente.  S'étend  seulement  sur  un  tiers  de  la  lon- 
gueur du  pied.  Masses  supérieures  comme  ci-dessus. 

Les  groupes  de  cellules  glandulaires  sont  séparés  par  des 
faisceaux  musculaires. 

Les  méats  du  fond  du  sillon  sont  très  importants.  Les  cils  sont 
longs,  disposés  en  touffes.  Les  bourrelets  longitudinaux  et  le 
sillon  sont  bien  développés. 

Limax  chiereus  Miill. 

Glande  pédieuse  disposée  comme  chez  les  Arion  en  forme  de 
ruban  placé  à  la  partie  supérieure  du  pied  ;  elle  en  occupe  la 
moitié  de  la  longueur.  Canal  excréteur  très  large,  bien  visible 
par-dessus  (PI.  XII,  fig.  2).  Les  masses  supérieures  sont  un  peu 
plus  développées  que  chez  Arion.  Il  existe  également  une  lacune 
sanguine  longeant  la  glande  au-dessous  d'elle. 

Les  méats  du  fond  du  sillon  sont  bien  développés  ;  les  cellules 
qui  les  limitent  sont  très  grandes  (PI.  XIII,  fig.  2). 

Les  bourrelets  longitudinaux  et  le  sillon  médian  sont  peu 
accentués.  La  cuticule  des  cellules  épitliéliales  qui  les  forment, 
est  épaisse  (PI.  XII,  fig.  13);  les  cils  sont  disposés  en  touffes. 
Le  plafond  est  dans  la  partie  postérieure  formé  de  deux  strates 
de  cellules  et  présente  des  plis  longitudinaux  peu  accentués  '. 


'  Dans  le  canal  excréteur  d'un  individu  de  cette  espèce  nous  avons  trouvé 
un  assez  grand  nombre  de  Néniatodes  parasites  du  genre  Leptodera,  mesurant  à 
peu  près  0,o  mm.  de  longueur. 


318  EMILE    ANDRÉ. 


Limax  marglnatus  Milll. 


Glande  comme  chez  l'espèce  précédente;  seulement  elle  ne 
s'étend  que  sur  le  tiers  de  la  longueur  du  pied  \ 


Testacella  haliotidea  Drap. 

PI.  XII,  tig.  12  et  13. 

Dans  sa  belle  monographie  de  la  Testacelle,  Lacaze- 
DuTHiERS  (20)  donne  une  description  de  la  glande  pédieuse  : 
mais  dans  un  travail  se  rapportant  à  l'anatomie  tout  entière 
de  cet  animal,  il  ne  pouvait  entrer  dans  beaucoup  de  détails, 
aussi  nous  a-t-il  paru  bon  de  reprendre  le  sujet. 

Par  sa  glande  pédieuse  comme  par  le  reste  de  son  organi- 
sation, la  Testacelle  s'éloigne  beaucoup  des  autres  Pulmonés. 
Cet  organe  est,  chez  cet  animal,  si  différent  de  fa  glande  typique 
qu'il  mérite  une  étude  détaillée. 

La  glande  pédieuse  a  la  forme  d'un  ruban  plus  ou  moins 
aplati  occupant  les  deux  tiers  de  la  longueur  du  pied.  Elle  est 
libre  dans  la  cavité  du  corps  et  n'est  retenue  au  plancher  de 
cette  cavité  que  par  quelques  fibres  et  cellules  conjonctives  et 
par  des  ramifications  de  l'artère  pédieuse  qui  court  sur  sa 
face  supérieure.  Ce  ruban  est  plus  ou  moins  contourné  et  en- 
roulé selon  l'état  de  contraction  de  l'animal  au  moment  de  la 
mort. 

A  sa  partie  antérieure  la  glande  est  munie  d'un  petit  caecum 
de  3  millimètres  de  long  à  peu  près,  disposé  comme  le  montre  le 

1  Ces  mesures  ont  été  faites  dans  un  état  moyen  d'extension  du  pied  ;  du 
reste  comme  la  glande  est  intimement  unie  au  pied  elle  se  contracte  et  s'étend 
dans  la  même  proportion  que  ce  dernier. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIKUSE  DES  PULMONÉS.     319 

schéma  (PI.  XII, fig.  12).  Cet  appendice  a  la  même  constitution 
histologique  que  le  reste  de  la  glande. 

La  glande  est  accolée  aux  ganglions  pédieux,  auxquels  elle 
est  intimement  unie  par  une  masse  compacte  de  tissu  conjonctif 
interstitiel. 

L'ouverture  du  canal  de  la  glande  est  comme  toujours  dans 
le  sillon  prébuccal. 

Le  canal  excréteur,  qui  existe  sur  toute  la  longueur  de  l'or- 
gane, est  situé  au  milieu  de  la  masse  glandulaire  ;  sa  section  est 
tantôt  très  aplatie,  tantôt  circulaire  ou  irrégulière.  Il  ne 
présente  ni  les  bourrelets  longitudinaux,  ni  le  sillon  médian  du 
plancher,  mais  dans  sa  partie  postérieure  quelques  plis  dont  un 
très  gros,  cylindrique,  remplit  presque  tout  le  lumen  du  canal. 
Dans  cette  même  région  la  glande  est  réduite  au  canal  excré- 
teur entouré  d'une  très  mince  couche  de  cellules  glandulaires. 

La  structure  histologique  du  canal  excréteur  est  la  même 
partout,  en  avant  et  en  arrière,  au  plancher  et  au  plafond.  Les 
éléments  qui  le  composent  sont  des  cellules  épithéliales  prisma- 
tiques, non  vibratiles^  toutes  à  peu  près  semblables.  Elles  ont  un 
noyau  ovalaire,  pas  de  cuticule,  sont  en  un  mot  semblables  aux 
cellules  du  plafond  chez  les  autres  Pulmonés,  sauf  qu'elles  ne 
présentent  pas  l'hyaloplasma  disposé  en  filaments  rectilignes  et 
parallèles.  Les  cellules  déformées  des  méats  n'existent  pas, 
quoique  l'épithélium  présente,  comme  cela  est  nécessaire  pour 
l'excrétion  des  produits  glandulaires,  des  vides  intercellulaires 
disséminés  dans  toutes  les  parties  du  canal  excréteur,  mais  sur- 
tout abondants  dans  la  région  antérieure  où  la  partie  glandulaire 
est  le  plus  développée. 

Les  cellules  de  cet  épithélium  sont,  comme  nous  l'avons  dit, 
cylindriques  ou  prismatiques,  non  vibratiles  ;  leur  corps  cellu- 
laire est  presque  homogène,  le  réseau  à  peu  près  nul.  Elles 
possèdent  un  noyau  ellipsoïdal  allongé,  à  réseau  nucléaire  peu 


320  ÉMILK    ANDRÉ. 

développé.  C'est  cet  épitliélium  (jui  forme  les  plis  dont  nous 
avons  parlé  plus  haut. 

La  Testacelle  est  le  seul  Pulmoné  dont  le  canal  excréteur  de 
la  glande  pédieuse  soit  privé  de  cils  vibratiles  ;  on  se  demande 
alors  par  quel  moyen  le  produit  de  sécrétion  est  extérioré, 
puisque  en  outre  la  glande  n'est  pas  englobée  dans  la  masse  du 
pied  dont  les  fibres  musculaires,  chez  les  autres  Pulmonés, 
peuvent  en  comprimant  la  glande  provoquer  l'extérioration  du 
mucus.  Il  ne  reste  plus,  comme  cause  de  l'émission  de  la  sécré- 
tion, que  les  mouvements  de  l'animal  et  la  vis  a  tergo  ;  ce  sont 
à  notre  avis  les  deux  seules. 

Quant  aux  éléments  glandulaires  eux-mêmes,  ils  sont  consti- 
tués d'après  le  type  ordinaire;  c'est-à-dire  qu'ils  sont'  piri- 
formes,  avec  un  réseau  hyaloplasmique  tenant  dans  ses  mailles 
des  granulations.  Leur  noyau  est  volumineux  et  possède  une 
formation  nucléinienne  bien  développée  et  un  nucléole  réfrin- 
gent. Ce  n'est  que  par  leur  taille  assez  minime  —  0,03  mm.  — 
qu'ils  s'éloignent  des  éléments  glandulaires  typiques. 

Puisque  la  glande  est  libre  dans  le  cœlome,  comment  s'opère 
le  remplacement  des  cellules  glandulaires  ?  on  pourrait  croire 
que  contrairement  à  ce  qui  se  passe  chez  les  autres  Pulmonés, 
ce  n'est  pas  au  tissu  conjonctif  qu'est  échu  le  rôle  de  four- 
nir à  l'organe  de  nouveaux  éléments  glandulaires;  cependant 
ce  remplacement  s'effectue  d'après  le  mode  ordinaire.  On 
remarque,  en  différents  endroits,  des  bandelettes  conjonctives 
réunissant  la  glande  au  plancher  de  la  cavité  du  corps  et  ces 
bandelettes  possèdent  des  cellules  formant  le  passage  entre  les 
éléments  du  tissu  conjonctif  et  les  cellules  glandulaires  de  la 
glande  pédieuse. 

La  glande  pédieuse  de  la  Testacelle  ne  possède  pas  les  parties 
accessoires  que  j'ai  appelées  «  masses  supérieures  »  ;   en  outre 

*  Pendant  lu  période  d'aelivite  sccrétoire. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDK  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     821 

les  cellules  à  vacuoles  font  complètement  défaut,  ce  qui  fait  sup- 
poser que  chez  cet  animal  la  glande  du  pied  ne  joue  aucun  rôle 
dans  Texcrétion  des  produits  de  désassimilation. 

La  glande  pédieuse  est  entourée  d'une  tunique  conjonctive 
qui  n'est  continue  que  dans  sa  partie  postérieure,  tandis  qu'en 
avant  elle  est  nulle,  ou  à  peu  pi'ès. 

Comme -on  le  voit,  parmi  nos  Stj'lommatophores  indigènes,  la 
Testacelle  forme  par  sa  glande  pédieuse  (^ainsi  du  reste  que  par 
toute  son  organisation)  un  type  complètement  à  part. 

FarmaceUa  OUvieri. 

Nous  n'avons  pu  nous  procurer  de  Parmacelle,  aussi  nous 
contenterons-nous  de  citer  in  extenso  la  description  donnée  par 
SiMROTH  (12):  „  Die  Sohlentheilung  in  drei  Abschnitte  gemâss 
beschriinkt  sich  die  Fussdriise  auf  das  Mittelfeld,  weit  nach 
hinten  reicliend  durch  die  beiden  vorderen  Drittel.  Ja  weiter 
nach  hinten,  um  so  weniger  ist  sie  zu  einem  geschlossenen 
Schlauche  abgerundet,  und  die  dïmne  Decke  von  Quersmuskeln 
lasst  sich  nicht  wegnehmen,  ohne  dass  rnan  den  Ausfûhrgang 
uufreisst.  Anders  vorn.  Nach  der  Miindung  zu  erhebt  sich 
die  Decke  beiderseits  in  Wiilste,  die  immer  stiirker  taschen- 
formig  sich  in  die  Bauchhohle  verwôlben.  Die  vordersten 
flachen  Taschen  springen  selbststàndig  heraus,  dass  sie  leicht 
besondere  Organe  vortauschen.  Die  Absonderung  des  Schlei- 
mes  steigert  sich  also  wohl,  je  nâher  der  Ort  des  Bediirfnisses, 
d.  h.  der  vordere  Fussrand.  Der  Sekretion  entspricht  die 
Blutzufuhr.  Denn  die  Fussarterie,  die,  uber  den  Pedalganglien 
nach  hinten  tretend,  eine  Strecke  weit,  etwa  ein  Drittel,  in  der 
Mittellinie  liber  dem  Drûsengange  verlauft,  um  dann,  in  zwei 
Zweige  gegabelt,  zu  beiden  Seiten  der  Driise  einzudringen,  gibt 
aus  ihrem  vorderen  Stamme  erst  zwei  Paar  Aeste  ab,  welche 
zwischen  die  Blindsilcke  des  ersten  Drilsendrittels  sich  herab- 
senken.  " 


322  EMILE-  ANDRÉ. 

Vitrina  pelUicida  Drap. 

PI.  XIL  fig.  9. 

Glande  bien  développée,  assez  compacte,  occupant  les  7,  de 
la  longueur  du  pied.  Masses  supérieures  réduites. 

Le  canal  excréteur  est  d'abord  à  la  partie  antérieure  englobé 
dans  les  cellules  glandulaires,  puis  libre  à  sa  face  dorsale,  puis 
de  nouveau  enveloppé  par  la  partie  glandulaire. 

Le  sillon  et  les  bourrelets  longitudinaux  sont  bien  marqués. 
Il  n'y  a  pas  de  plis  au  plafond. 

La  partie  inférieure  de  la  glande  est  parcourue  par  une  im- 
portante lacune  sanguine  qui  peut  être  complètement  entourée 
de  cellules  glandulaires  ou  seulement  accolée  à  la  glande. 

L'épithélium  du  plafond  du  canal  contient  des  cellules  à 
vacuoles  très  différenciées.  Méats  intercellulaires  du  sillon  très 
grands(Pl.XII,  fig.  9). 

Succinea  ampMhia  Drap. 
PI.  XIL  fig.  3. 

Glande  pédieuse  volumineuse,  assez  compacte,  occupant  des 
''^  aux  ^  ,  de  la  longueur  du  pied.  Masses  supérieures  formant 
une  couche  au-dessus  du  canal  excréteur.  Ce  dernier,  au  centre 
de  la  glande,  est  large  avec  les  bourrelets  et  le  sillon  bien 
accentués.  L'épithélium  des  côtés  est  bas.  Cellules  épithéliales 
à  vacuoles  peu  distinctes  des  autres.  Pas  de  plis. 

Artère  pédieuse  assez  éloignée  de  la  glande.  Système  lacu- 
naire peu  développé.  Une  paire  de  nerfs  émanant  des  ganglions 
pédieux  court  dans  le  tissu  même  de  la  glande. 

Dans  sa  partie  an téro -supérieure,  la  glande  est  traversée  par 
un  faisceau  musculaire  provenant  du  cloaque  génital  et  un  peu 
plus  en  arrière  par  un  autre  émanant  du  canal  déférent. 


RECHERCHES   SUR   LA   GLANDE   PÉDIEU8E   DES   PULiMONÉS.  323 

Zonites  cellarius  Gray. 
PI.  XII,  fig.  8. 

La  glande  est  bien  développée  ;  mais  tandis  que  dans  sa 
portion  antérieure  de  nombreuses  lacunes  sanguines  séparent 
les  groupes  de  cellules  glandulaires,  la  partie  postérieure  est 
très  compacte. 

Le  canal  excréteur  est  large  ;  son  sillon  et  ses  bourrelets 
longitudinaux  sont  bien  accentués.  Leurs  cils  sont  longs. 

Les  masses  supérieures  sont  volumineuses  et  forment  deux 
amas  arrondis  et  symétriques. 

Les  cellules  épithéliales  à  vacuoles  du  plafond  du  canal 
sont  nombreuses  et  assez  différenciées. 

La  couche  musculaire  qui  est  au-dessus  du  canal  excréteur 
est  bien  développée. 

On  remarque,  chez  cette  espèce,  un  seul  pli  au  plafond  du 
canal,  pli  qui  contient  un  sinus  sanguin. 

Hélix  rotundata  Mûll. 

Chez  cette  petite  espèce  la  glande  est  proportionnellement 
très  développée  ;  elle  occupe  presque  tout  le  volume  du  pied 
dans  la  partie  postérieure. 

Les  bourrelets  longitudinaux  et  le  sillon  médian  du  canal  ont 
la  disposition  et  le  développement  ordinaires. 

Les  masses  supérieures  sont  volumineuses. 

En  arrière  de  la  glande  et  au-dessus  d'elle  il  y  a  un  sinus 
sanguin  important  et  bien  délimité. 

UH.  rotundata  est  une  des  rares  espèces  chez  lesquelles  il  y 
a  du  pigment  mélangé  aux  cellules  glandulaires  de  la  glande 
pédieuse. 

Les  plis  du  plafond  font  défaut. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  22 


324  EMILE    ANDRÉ. 


Hélix  ohvoluta  Miill. 


La  glande  pédieuse  est,  à  l'inverse  de  ce  qui  se  remarque 
chez  les  autres  espèces,  particulièrement  développée  dans  la 
partie  antérieure.  Déjà  au  niveau  des  ganglions  cérébroides 
l'organe  n'est  formé  que  du  canal  excréteur  et  de  quelques  rares 
cellules  glandulaires  disséminées  dans  ses  environs. 

Les  masses  supérieures  sont  volumineuses,  compactes  et  bien 
délimitées. 

Le  canal  ne  prend  la  disposition  caractéristique,  avec  bourre- 
lets et  sillon,  que  dans  la  portion  postérieure;  jusque-là  sa 
section  est  elliptique  ou  ronde. 

On  remarque  quelques  cellules  glandulaires  à  vacuoles. 

Il  n'y  a  pas  de  plis  au  plafond  du  canal. 


Hélix  lapicida  Lin. 

Partie  antérieure  de  la  glande  peu  compacte,  réduite  à  quel- 
ques cellules  dispersées  dans  les  environs  du  canal  excréteur. 
La  partie  médiane  est  assez  compacte. 

Les  masses  supérieures  forment  une  couche  au-dessus  du 
canal  excréteur;  leurs  éléments  sont  entremêlés  de  cellules 
glandulaires  vacuolées.  Ces  dernières  sont  très  nombreuses 
chez  cette  espèce. 

Le  système  lacunaire  est  peu  important  dans  les  environs  de 
la  glande. 

Le  canal  est,  à  la  partie  antérieure,  large  et  aplati,  puis  il 
prend  la  conformation  ordinaire  avec  bourrelets  et  sillon  et 
présente  en  outre,  à  son  plafond,  des  plis  bien  développés.  L'épi- 
thélium  du  plancher,  de  même  que  celui  du  plafond,  est  très 
bas  ;  les  cils  en  sont  très  courts. 


RECHERCHES  SUR    )>A    (iLANDE    l'ÉDIEUSE    DES   PULMONÉS.  825 

Hélix  nemoralis  Linn. 

Glande  très  compacte  et  très  développée.  Sillon  longitudinal 
profond.  Masses  supérieures  volumineuses,  placées  entre  le 
bulbe  buccal  et  les  parois  du  cœlome  ;  le  faisceau  des  cols  de 
leurs  cellules  est  parcouru  dans  plusieurs  sens  par  des  bandes 
musculaires. 

Le  plafond  du  canal  est  muni  de  deux  plis  assez  longs. 

L'épithélium  du  canal  est  partout  très  bas. 

Eelix  pomatia  Lin. 

PI.  XIII,  fig.  18. 

Glande  compacte,  ayant  à  peu  près  les  mêmes  dimensions  sur 
toute  sa  longueur,  cependant  un  peu  plus  volumineuse  en 
arrière.  Le  canal  possède  des  bourrelets  longitudinaux  et  un 
sillon  profond  ;  dans  sa  partie  postérieure,  il  présente  des  plis 
nombreux  et  de  grandes  dimensions  qui  occupent  presque  tout 
le  lumen. 

Les  masses  supérieures  se  présentent  sous  la  forme  d'une 
couche. 

L'épithélium  du  canal  excréteur  est  bas. 

Hélix  aspersa  Mull. 

PI.  XII,  lig.  o. 

Glande  pédieuse  semblable  à  celle  de  l'espèce  précédente  ; 
elle  présente  cependant  une  particularité  unique  chez  nos  Pul- 
monés  indigènes:  les  trois  plis  médians  du  plafond  du  canal 
excréteur  sont  revêtus  de  cils  très  courts  (long.  0,004  mm.) 
et  très  serrés. 


326  EMILE   ANDRÉ. 

Hélix  incarnata  Mull. 

Près  de  son  ouverture  la  glande  est  peu  importante,  tandis 
que  dans  la  partie  postérieure  elle  est  très  volumineuse,  les  cel- 
lules glandulaires  étant  placées  surtout  sur  les  côtés  et  au-des- 
sus du  canal. 

Les  masses  supérieures  forment  une  couche  épaisse  au-des- 
sus du  canal  excréteur. 

L'épithélium  cilié  de  ce  dernier  est  bas  dans  sa  moitié  anté- 
rieure ;  il  augmente  peu  à  peu  de  hauteur;  ses  cils  sont  très  longs 
et  disposés  en  touffes. 

On  remarque,  dans  la  portion  antérieure,  de  nombreux  fais- 
ceaux musculaires  transversaux  disposés  au-dessus  et  au-des- 
sous de  l'organe. 

L'artère  pédieuse,  qui  occupe  sa  place  habituelle,  est,  dans 
la  région  postérieure,  complètement  enveloppée  de  tissu  glan- 
dulaire. Dans  cette  même  région  l'épithélium  du  plafond  est  en 
deux  couches  et  forme  des  plis  nombreux  et  compliqués. 

Les  bourrelets  longitudinaux  sont  très  atténués  ;  le  sillon 
médian  est  profond. 

Hélix  sericea  Drap. 

La  glande  est  volumineuse,  peu  compacte.  Les  lacunes  san- 
guines sont  nombreuses  dans  ses  environs.  n 

Les  masses  supérieures  sont  bien  développées. 

On  trouve  du  pigment  dans  la  lame  conjonctive  qui  entoure 
le  canal  excréteur. 

Ce  dernier  est,  dans  la  partie  postérieure,  au  milieu  de  la 
masse  glandulaire  particulièrement  bien  développée  dans  cette 
région  ;  il  présente  des  bourrelets  et  un  sillon  peu  accentués  et 
des  plis  au  plafond. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS,    327 

Hélix  Pisana  MiiW. 

Glande  pédieuse  très  réduite,  ne  se  composant,  dans  certaines 
régions,  que  du  canal  excréteur.  Il  est  très  étonnant  que  cet 
organe  soit  si  peu  développé  chez  une  espèce  qui  se  tient  de 
préférence  sur  des  Chardons,  des  Eryngium  et  autres  plantes 
rugueuses;  il  est  vrai  que  1'^.  Pisana  est  très  sédentaire  et 
reste  presque  constamment  à  la  même  place. 

Les  masses  supérieures  forment  une  couche  au-dessus  du 
canal. 

Ce  dernier  conserve  sur  la  plus  grande  partie  de  son  parcours 
une  section  elliptique  ;  dans  sa  portion  postérieure  le  plancher 
forme  les  bourrelets  et  le  sillon  caractéristique  et  le  plafond 
porte  des  plis  longitudinaux. 

L'artère  pédieuse  est  immédiatement  accolée  au  canal  excré- 
teur. 


Hélix  acuta  Miill. 

PI.  XII,  lig.  4  et  PI.  XIII.  fig.  1. 

Chez  cette  espèce  qui  a  le  même  habitat  que  la  précédente,  la 
glande  pédieuse  est  très  développée;  les  masses  supérieures 
également  ;  elles  se  confondent  dans  leur  partie  postérieure  avec 
les  cellules  ordinaires  de  la  glande. 

Le  canal  possède  les  bourrelets  et  un  seul  pli  peu  accentué  ; 
il  est,  sauf  à  l'extrémité  antérieure,  complètement  entouré  par 
les  cellules  glandulaires. 

Le  système  lacunaire  est  bien  développé  dans  les  environs 
de  la  glande.  Cette  dernière  occupe  à  peu  près  les  '/j  de  la 
longueur  du  pied. 


328  EMILE   ANDRÉ. 

Clausilia  plkata  Drap. 

PI.  XIL  fig.  6,  7  et  10. 

La  glande  est  très  déchiquetée  en  avant;  dans  la  région 
postérieure,  elle  est  volumineuse  et  compacte  et  finit  assez  brus- 
quement. 

Les  masses  supérieures  sont  bien  développées,  piriformes,  la 
partie  renflée  flottant  dans  le  cœlome. 

Dans  la  partie  postérieure  la  glande  est  au  fond  d'une  im- 
mense lacune  occupant  presque  tout  le  pied,  lacune  qui  est 
divisée  par  des  sortes  de  diaphragmes  transversaux.  En  avant 
les  sinus  sanguins  sont  aussi  très  importants  (voy.  PI.  XII,  fig.  6). 

Les  bourrelets  et  le  sillon  sont  bien  marqués.  L'épithélium 
des  côtés  du  canal  est  très  bas  ;  en  arrière  au  plafond  il  est 
composé  de  deux  strates.  Les  cils  des  bourrelets  sont  très  longs. 

On  observe,  dans  la  région  antérieure,  quelques  cellules  glan- 
dulaires à  vacuole. 


BîiUmiis  montanus  Drap. 

La  glande  est  plus  volumineuse  et  plus  compacte  que  chez 
l'espèce  précédente.  Masses  supérieures  également  volumi- 
neuses, formant  une  couche  épaisse  se  prolongeant  en  s'atté- 
nuant  en  arrière. 

Bourrelets  et  sillon  réguliers  et  bien  marqués.  Cils  courts. 
Méats  du  sillon  larges. 

Le  canal  excréteur  est  entouré  de  toutes  parts  par  des  cel- 
lules glandulaires.  On  trouve  des  éléments  glandulaires  va- 
cuoles. 

Peu  de  sinus  sanguins  dans  les  environs  de  l'organe. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS,    329 

Zka  luhrica  Leach. 

La  portion  antérieure  de  la  glande  est  réduite  ;  tandis  qu'au 
milieu  et  en  arrière  l'organe  est  volumineux. 

Les  masses  supérieures  sont  en  couche  peu  épaisse. 

Les  bourrelets  longitudinaux  et  les  plis  du  plafond  font  dé- 
faut ;  le  sillon  médian  est  peu  marqué. 

Les  cils  du  plancher  sont  bas,  non  disposés  eu  touffes.  On  ne 
trouve  pas  de  cellules  vacuolées.  Les  éléments  glandulaires 
proprement  dits  sont  entremêlés  de  granulations  de  pigment. 

Le  système  lacunaire  sanguin  est  peu  important  dans  les 
environs  de  la  glande. 


330  EMILE   ANDRÉ. 


TROISIÈME  PARTIE 


PHYSIOLOGIE 

Le  naturaliste  qui  a  découvert  la  glande  pédieuse,  Klee- 
BERG  (1),  n'assigne  aucune  fonction  à  cet  organe;  il  a  seulement 
constaté  qu'il  existait  une  communication  entre  le  canal  de  la 
glande  et  le  système  veineux.  Nous  aurons  plus  tard  à  discuter 
cette  assertion  et  à  faire  part  de  nos  observations  et  de  nos 
expériences  à  ce  sujet. 

Après  Kleeberg,  les  zoologistes  qui  s'occupèrent  de  la 
glande  du  pied,  émirent  des  opinions  diverses  sur  le  rôle  de 
cet  organe.  LEtDY(3),  Sochaczewer  (9)  l'ont  considéré  comme 
un  organe  des  sens.  Sochaczewer  précisant,  lui  attribue  une 
fonction  olfactive.  Il  a  pris  les  cellules  filiformes  ciliées  des  méats 
intercellulaires  du  sillon  pour  des  éléments  sensitifs,  analogues 
aux  cellules  sensorielles  de  Flemming  qu'on  trouve  sur  les  ten- 
tacules, avec  lesquelles  en  effet  les  premières  ont  une  certaine 
ressemblance.  En  outre,  il  décrit  comme  filaments  nerveux,  les 
fibres  conjonctives  qui  sont  mêlées  aux  éléments  glandulaires. 

Hanitsch  (19)  a  repris  la  manière  de  voir  de  Sochaczewer, 
il  considère  certaines  cellules  ciliées  des  bourrelets  longitudinaux 
comme  sensitives,  mais  il  n'admet  pas  la  présence  de  fibrilles 
nerveuses  en  connexion  avec  ces  éléments  soi-disant  sensoriels. 
Il  a  trouvé,  au-dessous  des  bourrelets  longitudinaux,  des  cellu- 
les ganglionnaires  qui  envoient  des  prolongements  aux  cellules 
ciliées.  Pour  nous,  nous  n'avons  jamais  découvert  d'éléments 
ganglionnaires  ni  de  fibres  nerveuses  au-dessous  de  l'épithélium 
cilié.  Il  est  probable  que  les  cellules  ganglionnaires  d'HANiTSCH 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉ8.     331 

sont  les  cellules  rondes  qui  existent  au-dessous  de  l'épithélium 
des  bourrelets,  mais  qui  n'ont  aucun  des  caractères  des  cellules 
ganglionnaires  (voir  page  301  et  PL  XII,  fig.  9,  h).  Quant 
aux  fibres  nerveuses  de  Sochaczewer  ce  sont,  de  l'avis 
d'HANiTSCH  et  du  nôtre,  de  simples  fibrilles  conjonctives. 

Eu  outre,  les  ganglions  cérébroïdes  qui  sont,  comme  on  le 
sait,  les  centres  sensitifs,  n'envoient  pas  de  nerfs  à  la  glande 
pédieuse  ;  si  ce  n'est  deux  petits  filets  ' ,  qui  vont  dans  sa  partie 
tout  à  fait  antérieure  dans  la  région  où  l'épitbélium  du  canal  de 
la  glande  ne  diffère  pas  encore  de  l'épithélium  externe  du  corps. 
Ce  fait  contribue  également  à  infirmer  l'opinion  qui  fait  de  la 
glande  du  pied  un  organe  des  sens. 

Les  expériences  de  Moquin-Tandon  (4)  prouvent  aussi  que 
le  siège  de  l'olfaction  ue  réside  pas  dans  la  glande  pédieuse. 
Ayant  cautérisé  fortement  chez  des  Hélix  aspersa  et  Pisana  la 
partie  antérieure  de  la  glande,  il  constata  que,  malgré  cette  opé- 
ration, les  animaux  se  dirigeaient  vers  les  matières  alimentaires 
odorantes  comme  auparavant.  D'autre  part,  aj^ant  coupé  les 
deux  tentacules  supérieurs  chez  des  Arions,  Moquin-Tandon 
s'aperçut  que,  une  fois  guéris  de  leurs  blessures,  les  Arions  ne 
faisaient  aucun  mouvement  pour  se  rapprocher  de  substances 
alimentaires,  même  placées  dans  leur  voisinage  presque  im- 
médiat. 

L'opinion  attribuant  à  la  glande  du  pied  une  fonction  senso- 
rielle a  été  combattue  également  par  Siebold,  Semper,  Hous- 
SAY  et  SzEKELY  ;  pour  ces  auteurs  la  glande  pédieuse  est  un 
organe  sécrétant  une  mucosité  destinée  à  lubrifier  les  corps 
rugueux  sur  lesquels  rampent  les  animaux. 

Nos  observations  et  nos  expériences  nous  ont  aussi  amenés  à 
considérer  la  glande  pédieuse  comme  ayant  pour  principale 
fonction  la  sécrétion  du  mucus  destiné  soit  à  atténuer  les  rugo- 

^  Chez  les  grosses  espèces  que  nous  avons  disséquées. 


382  EMILE   ANDRÉ. 

sites  du  chemin  de  l'animal,  soit  à  aider  la  mastication  des  subs- 
tances alimentaires.  En  effet  si  l'on  observe  un  de  nos  Pulmonés 
(les  Limaces  et  les  Arions  sont  ceux  qui  se  prêtent  le  mieux  à 
cette  observation)  pendant  qu'il  rampe,  oi>  peut  voir  suinter  la 
mucosité  hors  du  sillon  prébuccal,  peu  abondamment  il  est  vrai 
mais  cependant  en  quantité  suffisante  pour  être  distinguée  avec 
un  peu  d'attention.  Si  l'on  fait  ramper  l'animal  sur  une  plaque  de 
verre,  on  peut  en  l'examinant  par-dessous  faire  cette  observa- 
tion avec  plus  de  facilité. 

Le  mucus  de  la  glande  pédieuse  n'entre  que  pour  une  part 
-dans  la  lubrification  du  chemin  de  l'animal  ;  c'est  aux  glandes 
mucipares  des  téguments  qu'est  dévolu  le  principal  rôle  dans 
cette  fonction.  A  cause  de  son  faible  débit  la  glande  du  pied  ne 
suffirait  pas  à  former  ces  rubans  brillants  que  les  Pulmonés  ter- 
restres laissent  après  eux  dans  les  endroits  où  ils  ont  passé, 
rubans  qui  sont  souvent  assez  épais  et  assez  consistants  pour 
être  détachés  de  l'objet  auquel  ils  sont  collés.  En  outre,  si  l'on 
place  un  escargot  quelconque  sur  une  surface  sur  laquelle  il 
puisse  ramper,  on  remarque  que  la  trace  brillante  de  mucus  ne 
commence  pas  à  l'endroit  où  se  trouvait  l'ouverture  de  la 
glande  du  pied,  mais  à  celui  où  reposait  l'extrémité  postérieure 
de  la  sole. 

Nous  croyons  que  la  sécrétion  de  la  glande  pédieuse  a  de  plus 
la  fonction  de  contribuer,  avec  le  suc  salivaire,  à  faciliter  l'action 
des  pièces  buccales  dans  la  trituration  des  aliments.  «  Nous 
croyons  »  disons-nous,  n'osant  pas  être  plus  affirmatifs  pour 
cela^  parce  que  l'observation  directe  dans  ce  cas  est  très  déli- 
cate, le  sillon  prébuccal  étant  presque  toujours  caché  par  la 
feuille,  le  fruit,  etc.,  que  mange  l'animal.  Cependant,  si  l'on 
arrache  brusquement  un  escargot  de  son  repas,  on  peut  voir  que 
tout  autour  de  l'endroit  rongé  il  y  a  du  mucus  en  assez  grande 
abondance  pour  qu'il  ne  puisse  être  fourni  par  les  glandes  sali- 
vaires  seules. 


RECHERCHES   SUR    LA   (GLANDE   PÉDIEUSE    DES   PULMONÉS.  333 

Le  fait  que  les  Pulmonés  aquatiques  ne  possèdent  pas  cet  or- 
gane est  aussi  en  faveur  de  la  manière  de  voir  que  nous  venons 
d'exposer,  car  il  est  évident  que,  sous  l'eau,  le  produit  de  sécré- 
tion de  cette  glande  ne  serait  d'aucune  utilité. 

Examinons  maintenant  comment  s'opère  l'extérioration  du 
mucus.  Ainsi  que  nous  l'avons  vu  précédemment,  la  cellule 
glandulaire  une  fois  gonflée  de  produits  sécrétoires  s'étire  en  un 
col  qui  vient  s'ouvrir  dans  le  voisinage  des  méats  interceiiulaires 
du  fond  du  sillon  du  canal.  Sous  l'influence  de  l'élasticité  des 
parois  des  cellules  glandulaires,  leur  contenu  s'échappe,  passe  à 
travers  les  méats  et  de  là  dans  le  canal.  Une  fois  arrivé  là,  le 
mucus  doit  être  porté  au  dehors.  Différents  facteurs  entrent  en 
jeu  pour  cette  opération. 

C'est  premièrement  le  mouvement  des  cils  vibratiles  du  plan- 
cher du  canal.  Cette  cause  agit  constamment.  Elle  n'est  pas 
sous  la  dépendance  de  la  volonté  de  l'animal  et  son  action  est 
d'une  excessive  lenteur,  en  sorte  qu'elle  ne  suffirait  pas  à  Tex- 
térioration  du  mucus  dans  les  moments  où  il  doit  être  fourni  en 
plus  grande  abondance,  comme  pendant  la  reptation. 

Le  mouvement  des  cils  vibratiles  est,  disons-nous,  excessive- 
ment lent;  pour  nous  en  assurer  nous  avons  fait  l'expérience 
suivante.  On  ouvre  rapidement  un  Arion  ou  une  Limace  préala- 
blement insensibilisé  par  la  vapeur  d'éther,  on  arrache  tous  les 
viscères  y  compris  le  système  nerveux;  puis  au  moyen  d'une 
aiguille  coupante  on  enlève  sur  une  petite  longueur  le  plafond 
du  canal  excréteur  de  la  glande  pédieuse.  Dans  cette  solution 
de  continuité  du  canal^  on  introduit  une  très  petite  quantité  de 
pâte  formée  de  carmin  finement  pulvérisé  et  d'eau.  On  porte 
alors  sur  la  platine  du  microscope  l'animal  qu'on  a  aupa- 
ravant fixé  sur  une  lame  de  verre  et  dont  on  a  écarté  les  parois 
du  corps.  Le  microscope  doit  être  muni  d'un  objectif  faible  et 
d'un  micromètre  oculaire.  On  place  le  canal  de  la  glande  du 


384  EMILE   ANDRÉ. 

pied  au-dessous  de  l'échelle  du  micromètre  et  on  marque  à  quelle 
division  correspond  l'endroit  où  se  trouvent  les  particules  de 
carmin  situées  le  plus  en  avant.  On  examine  de  temps  en  temps 
la  préparation  (qu'il  faut  avoir  soin  de  tenir  humide);  après 
deux  heures  environ  —  temps  au  bout  duquel  le  mouvement 
vibratoire  a  cessé  —  le  carmin  a  avancé  d'à  peu  près  trois 
millimètres.  Cette  expérience  n'a  pas  la  prétention  de  donner 
d'une  manière  absolue  la  vitesse  d'action  des  cils  vibratiles; 
mais  elle  montre  que  cette  vitesse  est  très  faible. 

Une  autre  force  agissant  sur  le  mucus  est  la  «  vis  a  tergo,  » 
c'est-à-dire  la  pression  produite  par  le  mucus  arrivant 
dans  le  canal  (chassé  par  la  contraction  des  parois  élas- 
tiques des  cellules  glandulaires)  sur  le  mucus  qui  est  plus 
en  avant.  Cette  force  agit  à  peu  près  constamment,  mais  avec 
une  intensité  variable  ;  elle  n'est  pas  dépendante  de  la  volonté 
de  ranimai. 

En  troisième  lieu  nous  trouvons  comme  agent  de  Textériora- 
tion  du  mucus  ',  la  compression  de  la  glande  toute  entière  par 
les  fibres  musculaires  qui  l'entourent  plus  ou  moins  complète- 
ment; ces  muscles  sont  soumis,  cela  va  sans  dire,  à  l'action  du 
système  nerveux. 

Comme  nous  l'avons  vu  précédemment,  c'est  pendant  la  rep- 
tation que  l'animal  a  le  plus  besoin  du  produit  de  sécrétion  de 
la  glande.  Nous  pensons  que  les  contractions  ondulatoires  du 
pied,  amenant  la  progression  de  Tanimal,  se  répercutent  sur  la 
glande  pédieuse  et  son  canal  '  et  occasionnent  chez  celui-ci  des 
mouvements  en  quelque  sorte  péristaltiques.  Ces  mouvements 
font  progresser  le  produit  de  la  glande  vers  son  orifice  externe, 
sans  que  l'animal  ait  à  faire  agir  spécialement  les  faisceaux  mus- 
culaires des  environs  de  la  glande. 


^  Sauf  chez  la  Testacelle. 
^  Sauf  chez  la  Testacelle. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     335 

C'est  à  notre  avis  cette  dernière  cause  qui  est  la  plus  impor- 
tante dans  le  transport  au  dehors  des  produite  de  sécrétion  de 
la  glande  pédieuse. 

En  dernier  lieu  les  mouvements  du  corps  tout  entier  doivent 
produire  sur  la  glande  des  compressions  qui,  bien  qu'intermit- 
tentes et  changeant  de  place,  peuvent  aussi  contribuer  à  faire 
progresser  le  mucus  dans  le  canal. 

Chez  les  Testacelles  qui,  comme  nous  l'avons  vu  plus  haut, 
ont  la  glande  pédieuse  libre  dans  la  cavité  du  corps  et  dépour- 
vue de  cils  vibratiles,  c'est  cette  dernière  cause,  seule  avec  la 
«  vis  a  tergo  »  qui  peut  amener  l'extérioration  des  produits  de 
l'organe. 

Pour  se  procurer  du  mucus  pur  afin  d'en  étudier  les  proprié- 
tés, on  ouvre  rapidement  un  Pulmoné  de  grande  taille  anes- 
thésié  par  l'éther,  puis  on  lui  enlève  tous  les  viscères.  Ensuite 
on  comprime  le  pied  entre  les  doigts,  en  le  tirant  d'arrière  en 
avant.  On  voit  alors  saillir  entre  les  lèvres  du  sillon  prébuccal 
une  petite  goutte  de  mucus. 

Ce  mucus  est  légèrement  jaunâtre  ou  grisâtre  ;  il  est  assez 
épais  et  très  filant.  Examiné  au  microscope  il  présente  des  gra- 
nulations. Ces  granulations  sont  sphériques,  incolores  et  réfrin- 
gentes ;  elles  se  colorent  vivement  par  les  teintures  de  carmin 
et  de  cochenille  et  par  l'acide  osmique.  Les  acides  et  les  alcalis 
étendus  ne  les  attaquent  pas.  Elles  ne  sont  pas  dissoutes  par  le 
mélange  d'alcool  et  d'éther  et  ne  se  colorent  que  faiblement 
par  le  bleu  de  quinoléine;  elles  ne  sont  donc  pas  formées  de 
graisse. 

ePai  constaté  dans  l'épiphragm'e  membraneux  de  quelques 
Hélix  des  granulations  présentant  les  mêmes  réactions  ;  peut- 
être  la  glande  pédieuse  concourt-elle  à  la  formation  de  cette 
membrane. 

On  trouve  en  outre  quelquefois,  dans  le  mucus,  des  noyaux  de 


336  KMILE    ANDRÉ. 

cellules  glandulaires  et  des  filaments  provenant  probablement 
du  réseau  liyaloplasmique  de  ces  dernières. 

Le  mucus  pédieux  est  coagulable  instantanément  par  le  su- 
blimé et  l'alcool.  Les  acides  ne  le  coagulent  pas;  la  chaleur  non 
plus,  probablement  à  cause  de  la  grande  quantité  de  mucine 
qu'il  contient;  on  le  sait,  la  mucine  n'est  pas  coagulée  par  la 
chaleur.  Sec  il  est  transparent,  assez  résistant  et  élastique. 

Il  contient  de  la  chaux  à  l'état  de  carbonate  et  de  phosphate 
ne  se  décelant  qu'à  l'analyse,  étant  en  particules  trop  tenues 
pour  être  aperçues  aux  plus  forts  grossissements  du  micros- 
cope. 

Le  produit  de  sécrétion  de  la  glande  pédieuse  présente  au 
papier  de  tournesol  une  réaction  alcaline  plus  ou  moins  pronon- 
cée, jamais  acide  ni  même  neutre  '. 

Certains  auteurs  ont  émis  l'idée  que  la  glande  pédieuse  pour- 
rait peut-être,  concurremment  avec  le  rein,  fonctionner  comme 
organe  d'excrétion.  Ceci  nous  a  engagé  à  nous  enquérir  par 
l'analyse  chimique  si  cette  glande  contenait  des  produits  de 
désassimilation. 

Nous  nous  sommes  adressés  pour  ces  essais  aux  Limaces  et 
aux  Arions  dont  la  glande  pédieuse  est  volumineuse  et  facile- 
ment isolable. 

En  premier  lieu  nous  avons  recherché  l'acide  urique  et  les 
urates,  en  nous  servant  pour  cela  de  la  méthode  que  Griffiths 
(14)  a  employée  pour  les  analyses  d'organe  de  Bojanus  d'Ano- 
donte  ;  nous  opérions  sur  une  quinzaine  de  glandes.  Les  résul- 
tats de  ces  expériences  ont  été  complètement  négatifs. 

Nous  avons  également  recherché  dans  des  glandes  pédieuses 


'  On  sait  que  certains  Gastéropodes  terrestres  ,ont  le  pouvoir  de  perforer 
plus  ou  moins  profondément  les  roches  calcaires.  On  ne  saurait  attribuer  dans 
cet  acte  de  rôle  à  la  sécrétion  de  la  glande  du  pied,  puisqu'elle  n'est  jamais 
acide. 


RECHERCHEE    SIR    LA    (iLANDE    l'ÉDIEl'SE    DES    PULMONÉS.  337 

des  leucomaïnes  xanthiques  et  créatiniques;  mais  les  réactions 
sont  si  délicates  et  si  sujettes  à  caution  que  nous  ne  prendrons 
pas  en  considération  les  résultats  obtenus. 

Pendant  que  nous  faisions  ces  recherches,  M.  le  prof.  Cuénot 
de  Nancy  étudiait  également  l'excrétion  chez  les  Pulmonés,  mais 
par  la  méthode  des  injections  physiologiques.  Ce  savant  nous 
apprend  que  chez  les  Limaces  et  les  Arions,  les  cellules  épithé- 
liales  du  plafond  du  canal  de  la  glande  pédieuse  ont  pour  mis- 
sion d'excréter  certaines  substances.  Nous  n'allongeions  pas 
et  nous  renverrons  le  lecteur  au  beau  travail  de  M.  Cuénot 
(21  et  22). 

Abordons  maintenant  une  autre  question.  Le  canal  de  la 
glande  pédieuse  est-il  en  communication  directe  avec  la  cavité 
du  corps  ou,  si  l'on  veut,  avec  le  système  lacunaire?  Klee- 
BERG  (1)  sans  avoir  fait  des  recherches  dirigées  dans  ce  sens  se 
prononce  pour  l'affirmative.  Garnault  (16)  qui  a  étudié  la 
glande  pédieuse  chez  le  Gydostoma  elegans,  professe  à  cet  égard 
la  même  opinion  ;  c'est  par  l'examen  des  coupes  en  séries  qu'il  est 
arrivé  à  cette  conclusion,  car  selon  lui  les  injections  ne  suffisent 
pas  pour  ce  genre  de  recherches. 

Nous  n'avons  pas  étudié  la  glande  pédieuse  du  Cydostoma. 
aussi  n'oserons-nous  pas  contredire  M.  Garnault  pour  ce  qui 
concerne  cet  animal.  Par  contre,  pour  les  Pulmonés,  nous  esti- 
mons que  c'est  la  méthode  des  injections,  pratiquée  avec  tous 
les  soins  désirables  qui  est  la  seule  vraiment  digne  de  confiance 
dans  ce  cas.  Les  objets  destinés  à  être  débités  en  coupes 
doivent  passer  par  tellement  de  réactifs  contractant,  durcissant, 
en  un  mot  déformant  les  tissus  que  des  vides  existant  entre  les 
éléments  peuvent  parfaitement  disparaître  ou  que,  d'autre  part, 
il  peut  s'en  former  d'artificiels. 

Pour  résoudre  cette  question,  de  savoir  si  le  système  lacu- 
naire peut  communiquer  avec  le  canal  de  la  glande  pédieuse, 
nous  nous  sommes  donc  adressé  aux  injections. 


338  EMILE    ANDRÉ. 

Nous  avons  employé  une  masse  à  froid,  seule  convenable  pour 
des  tissus  aussi  délicats,  dont  voici  la  préparation.  On  choi- 
sit des  morceaux  de  gomme  arabique  bien  transparents  et 
exempts  de  débris  étrangers,  on  les  broie  et  on  en  fait  avec 
de  l'eau  une  solution  sirupeuse  pas  trop  épaisse.  On  mélange 
intimement  à  cette  dernière  du  carmin  finement  pulvérisé. 
Cette  masse,  facile  à  préparer,  est  d'un  emploi  très  commode. 
Si  l'on  veut  la  conserver  quelque  temps  il  est  bon,  pour  qu'elle 
ne  se  recouvre  pas  de  moisissures,  d'y  ajouter  un  antiseptique 
approprié  ;  dans  ce  cas  elle  ne  pourra  pas  être  utilisée  sur  des 
animaux  vivants. 

Pour  pousser  l'injection  nous  nous  sommes  servis,  quand  il 
s'agissait  d'injecter  les  lacunes  du  pied,  de  la  seringue  de  Pra- 
vaz  et,  lorsque  nous  injections  le  canal  excréteur  par  son  ouver- 
ture, d'un  tube  de  verre  effilé  à  Fun  des  bouts  '  et  muni  à  l'autre 
d'un  tuyau  de  caoutchouc  qu'on  introduit  dans  la  bouche  pour 
utiliser  la  pression  de  l'air  contenu  dans  les  poumons.  Cette 
dernière  méthode  est  très  commode  :  elle  laisse  une  main  libre 
et  permet  de  régler  à  volonté  la  pression  selon  les  besoins  de  la 
cause. 

Nous  avons  pratiqué  des  injections  sur  des  animaux  vivants  ' 
(Arion,  LiniaxJ  et  sur  des  individus  tués  à  la  vapeur  d'éther 
(Arion,  Limax,  Hélix).  Dans  les  deux  cas  les  résultats  ont  été 
les  mêmes. 

L'animal  injecté  est  rapidement  ouvert  d'un  coup  de  ciseaux 
sur  le  dos,  puis  jeté  dans  l'alcool  absolu  qui  le  fixe  presque 
instantanément  et  qui  coagule  la  gomme  de  la  masse.  Une  fois 
que  le  pied  est  suffisamment  durci  on  l'enrobe  dans  la  moelle 

'  Les  arêtes  des  bords  de  l'ouverture  doivent  avoir  été  arrondies  par  une 
légère  fusion  pour  ne  pas  créer  des  fausses  routes  dans  les  tissus  en  les  per- 
çant. 

'  On  ne  peut  pas  dans  ce  cas  se  servir  de  Mollusques  à  coquille,  parce  qu'ils 
se  retirent  tout  au  fond  de  leur  test  en  rendant  ainsi  impossible  l'introduction 
de  la  canule. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.     339 

de  sureau  et  on  le  débite  en  coupes  dans  le  microtome  de  Ran- 
yiER. 

Maintenant  que  le  procédé  opératoire  est  connu,  donnons  les 
résultats  des  injections  de  la  glande  pédieuse,  faites  soit  de  l'in- 
térieur soit  de  l'extérieur. 

Dans  le  premier  cas  on  injecte  donc  la  masse  au  carmin  avec 
une  seringue  de  Pravaz  dans  les  lacunes  du  pied,  en  piquant  ce 
dernier  avec  la  canule.  Sur  des  coupes  transversales  du  pied 
(PI.  XIII,  fig.  18)  ainsi  traité,  on  remarque  que  la  glande  pé- 
dieuse se  détache  en  blanc  sur  le  reste  du  pied  qui  est  presque 
entièrement  rouge.  Le  carmin  n'a  pas  pénétré  entre  les  cellules 
glandulaires  et  en  aucun  cas  dans  le  lumen  du  canal  excréteur. 
Quand  dans  la  masse  glandulaire  de  l'organe  se  trouvent  des 
sinus  sanguins,  comme  cela  arrive  fréquemment,  il  est  évident 
que  la  masse  d'injection  les  remplit,  mais  elle  ne  s'introduit 
jamais  entre  les  éléments  qui  les  limitent.  Ces  résultats  ont  été 
constants,  quelle  qu'ait  été  l'espèce  étudiée  ;  le  fait  que  l'indi- 
vidu soit  mort  ou  vivant  n'importe  pas  non  plus. 

Ces  expériences  nous  montrent  qu'en  aucune  façon  le  système 
sanguin  ne  peut  être  en  communication  directe  avec  l'extérieur 
par  l'intermédiaire  de  la  glande  pédieuse. 

D'autre  part,  si  l'on  injecte  le  canal  excréteur  de  la  glande 
par  son  ouverture,  on  peut  faire  les  observations  suivantes.  Chez 
les  Arions  et  les  Limaces,  lorsqu'on  a  ouvert  le  corps  et  qu'on 
a  enlevé  ses  viscères,  on  remarque  sur  le  milieu  de  la  face 
supérieure  (ou  interne)  du  pied  une  bande  rouge  à  contours 
parfaitement  délimités  (PI.  XIII,  fig.  16);  c'est  le  canal  excré- 
teur rempli  de  la  masse  au  carmin,  mais  qui  n'en  a  pas  laissé 
passer  dans  les  autres  parties  du  pied.  Cependant  si  l'on  exa- 
mine des  coupes  transversales  de  ce  pied,  on  remarque  qu'en 
quelques  endroits  du  fond  du  sillon  longitudinal  quelques  parti- 
cules de  carmin  ont  traversé  les  méats  intercellulaires  et  se  sont 
introduites  dans  la  portion  glandulaire  de  l'organe.  Ces  parcel- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  23 


340  EMILE   ANDRÉ. 

les  colorées  sont  très  peu  abondantes  et  sont  toutes  restées  dans 
les  environs  immédiats  du  canal  excréteur,  sans  jamais  traver- 
ser la  glande  dans  tout  son  diamètre  pour  aller  jusque  dans  les 
lacunes  qui  l'entourent. 

Ce  résultat  était  à  prévoir  étant  donné  le  fait  que  les  cellules 
épitliéliales  du  fond  du  sillon  longitudinal  laissent  entre  elles  de 
petits  intervalles. 

Ainsi  donc  le  sang  ne  peut  sortir  par  le  canal  de  la  glande 
du  pied,  mais  un  liquide  qu'on  y  pousse  sous  une  certaine  pres- 
sion, peut  traverser  les  méats  intercellulaires  de  son  plancher. 

Comme  on  le  sait,  si  l'on  immerge  complètement  dans  l'eau  un 
Pulmoné  terrestre,  au  bout  d'un  certain  temps  son  corps  se  met 
h  se  gonfler  en  s'imbibant  petit  à  petit  du  liquide  ambiant  ;  fina- 
lement l'animal  meurt  dans  un  état  de  distension  extrême  pro- 
duit par  la  quantité  considérable  d'eau  qu'il  a  absorbée.  En 
considérant  les  résultats  de  cette  seconde  série  d'injections  on 
pourrait  se  demander  si  la  glande  pédieuse  n'est  pas  l'organe 
par  lequel  s'eifectue  l'entrée  de  l'eau.  Pour  nous  éclairer  à  ce 
sujet  nous  avons  institué  quelques  expériences. 

Nous  avons  immergé  diiïérentes  espèces  de  Pulmonés  dans  de 
l'eau  tenant  en  suspension  une  forte  proportion  de  carmin  fine- 
ment pulvérisé  ou  d'encre  de  Chine.  Comme  dans  l'eau  pure,  le 
corps  se  gonfle  et  la  mort  arrive  au  bout  d'un  à  deux  jours.  Les 
animaux  morts  de  cette  façon  étaient  disséqués  ou  fixés,  durcis 
et  débités  en  coupes.  Si  le  canal  de  la  glande  était  le  lieu  d'in- 
troduction de  l'eau  dans  le  corps,  on  devrait  trouver  des  par- 
celles de  matière  colorante  dans  les  méats  intercellulaires  ou 
tout  au  moins  dans  le  canal  lui-même  ;  c'est  ce  qui  n'a  jamais 
eu  lieu. 

Cela  nous  prouve  que  non  seulement  l'eau  n'entre  pas  dans 
le  corps  par  cet  organe,  mais  aussi  que,  lorsqu'on  immerge  un 
Pulmoné  terrestre  dans  l'eau,  le  liquide  ambiant  ne  pénètre  pas 
même  dans  le  canal  de  la  glande. 


RECHERCHES   SUR   LA    (iLANDE    l'ÉDIKUSE    UKS    PULMONÉS.  341 

Avant  de  clore  la  partie  physiologique  de  notre  travail,  po- 
sons-nous une  dernière  question.  On  sait  que,  lorsque  les  escar- 
gots sont  attaqués  ou  lorsqu'ils  se  croient  en  danger,  ils  se 
retirent  au  fond  de  leur  coquille  en  sécrétant  un  mucus  abon- 
dant. Ce  mucus  est  pour  eux  un  moyen  de  défense,  soit  en  éloi- 
gnant l'ennemi,  soit  en  atténuant  la  gravité  de  la  blessure  que 
ce  dernier  pourrait  faire  à  l'habitant  de  la  coquille.  Sont-ce  les 
glandes  téguraentaires  qui  fournissent  cette  mucosité,  ou  la 
glande  pédieuse,  ou  bien  les  deux  à  la  fois?  Nous  avons  constaté 
que  l'animal  en  se  rétractant  recourbe  sa  glande  pédieuse  de 
façon  à  ce  que  son  orifice  de  sortie  devienne  interne.  Dans  cette 
position  la  glande  pédieuse  ne  peut  extériorer  son  mucus.  Du 
reste  la  production  de  ce  dernier  est  si  peu  abondante  qu'elle  ne 
pourrait  être  utilisée  comme  moyen  de  défense. 

On  se  rend  très  bien  compte  de  la  disposition  que  prend  la 
glande  pédieuse  chez  un  animal  contracté,  si  l'on  fait  une  série 
de  coupes  d'un  individu  dans  cet  état.  On  remarque  alors  que 
la  glande  est  recourbée  en  haut,  en  sorte  que  le  plafond  de  la 
partie  recourbée  est  accolé  à  celui  de  la  partie  restée  dans  sa 
position  normale.  Nous  avons  représenté  (PI.  XII,  fig.  8)  une 
coupe  de  Zonite  contracté. 


342  EMILE    AXDRÉ. 


QUATRIÈME  PARTIE 


EMBRYOGENIE 

Le  développement  de  la  glande  pédieuse  n'a  pas  été  jusqu'à 
présent  étudié  spécialement.  Fol  (8)  et  Brock  (15)  nous  ap- 
prennent incidemment  que  le  canal  excréteur  est  une  invagina- 
tion de  l'ectoderme. 

Nous  avons  repris  le  sujet  en  nous  adressant  à  des  embryons 
d'Arion  empirkorum.  Il  est  permis  de  croire  que  le  processus 
de  la  formation  de  la  glande  du  pied  est  grosso  modo  le  même 
chez  tous  les  Stylommatophores  '  et  que  ce  qui  sera  dit  pour 
YArion  empiricorum  peut  s'appliquer  à  tous  ses  congénères. 

Chez  cette  espèce  le  temps  qui  s'écoule  entre  la  ponte  de 
l'œuf  et  son  éclosion  est  d'environ  35  jours. 

Déjà  vers  le  quinzième  jour  après  la  ponte,  l'ectoderme  qui  à 
cette  époque  ne  porte  encore  nulle  part  des  cils,  se  creuse  à  la 
partie  antérieure  du  pied  en  une  fossette.  Cette  dernière  devient 
de  plus  en  plus  profonde  et  s'enfonce  dans  le  mésoderme  du 
pied.  C'est  cette  invagination  de  l'ectoderme  dans  le  mésoderme 
qui  deviendra  le  canal  excréteur  de  la  glande  pédieuse. 

Ce  canal  occupe,  vers  le  dix-neuvième  jour,  à  peu  près  la  moi- 
tié de  la  longueur  du  pied  et  est  formé  d'une  couche  de  cellules 
aplaties,  toutes  semblables  entre  elles  et  semblables  à  celles  de 
l'épithéiium  externe.  L'invagination  ectodermique  continue  à 
s'enfoncer  dans  le  pied;  en  même  temps  les  cellules  qui  la  com- 
posent augmentent  de  hauteur,  surtout  au  plancher  et  au  pla- 

'  Sauf  chez  la  Testacelle. 


RECHERCHES   SUR    L\    (JLANDE    PÉDIEUSE    DES   PULMONÉS.  343 

fond.  A  cette  époque  les  éléments  mésodermiques  du  pied  se 
multiplient  dans  les  environs  du  canal  excréteur. 

Dans  les  environs  du  vingt-troisième  jour  (PL  XIII,  fig.  13), 
cet  organe  occupe  les  7»  de  la  longueur  du  pied  ;  le  plancher 
présente  l'ébauche  des  bourrelets  longitudinaux  et  du  sillon.  A 
ce  moment  on  remarque  dans  la  masse  d'éléments  mésodermi- 
ques plus  serrés  qui  se  trouvent  autour  du  canal  excréteur, 
quelques  cellules  (PI.  XIII,  fig.  13)  d'une  taille  un  peu  plus  con- 
sidérable que  les  autres  et  dont  le  noyau  est  également  plus  vo- 
lumineux. A  mesure  que  l'embryon  avance  en  âge,  ces  cellules 
deviennent  plus  nombreuses  et  diffèrent  de  plus  en  plus  des  cel- 
lules conjonctives  du  pied  :  elles  augmentent  de  volume,  pren- 
nent un  réseau  hyaloplasmique  très  visible  et  forment  dans  leur 
corps  cellulaire  des  granulations  ;  en  un  mot  elles  prennent  tous 
les  caractères  des  cellules  glandulaires  de  l'adulte^  en  conser- 
vant toutefois  des  dimensions  beaucoup  plus  minimes.  Vers  le 
vingt-huitième  jour  on  rencontre  déjà  des  éléments  glandulaires 
parfaitement  caractérisés.  La  formation  de  ces  éléments  com- 
mence à  la  partie  antérieure  et  se  propage  petit  à  petit  en  ar- 
rière. 

De  son  côté  le  canal  se  rapproche  peu  à  peu  de  sa  forme  défi- 
nitive. Le  sillon  et  les  bourrelets  longitudinaux  s'accentuent;  le 
vingt-cinquième  jour  ils  sont  dans  la  partie  antérieure  complè- 
tement formés.  A  cette  époque  naissent  les  cils  vibratiles  du 
plancher;  leur  formation  commence  antérieurement  et  s'étend 
petit  à  petit  en  arrière.  C'est  également  dans  cet  ordre  que  nais- 
sent les  différentes  parties  qui  doivent  constituer  l'organe 
adulte.  C'est  ainsi  que  dès  le  vingt-huitième  jour  les  méats  inter- 
cellulaires du  fond  du  sillon  commencent  à  se  former  dans  la 
région  antérieure. 

L'ébauche  de  la  glande  pédieuse  est  primitivement  au  milieu 
de  la  masse  du  pied  ;  dans  le  cours  de  son  développement  elle  se 
rapproche  graduellement  de  la  face  supérieure  du  pied  et  au 

23* 


344  EMILE    ANDRÉ. 

moment  de  la  naissance  elle  est  déjà  directement  accolée  à  cette 
face. 

Environ  cinq  jours  avant  l'éclosion  (soit  le  trentième  jour)  la 
glande  pédieuse  a  déjà  atteint  la  conformation  qu'elle  doit  tou- 
jours garder;  les  éléments  qui  la  composent  sont  cependant 
de  dimensions  beaucoup  moindres  que  chez  l'adulte.  A  ce  mo- 
ment l'organe  peut  déjà  fonctionner,  car  on  trouve  quelque  temps 
avant  l'éclosion  des  granulations  de  cellules  glandulaires  dans  le 
lumen  du  canal  excréteur. 


RECHERCHES   SUR    LA    GLANDE    PÉDIEUSE    DES    l'ULMONÉS.  345 


KÉSUMÉ 


La  glande  pédieuse  est  formée  d'une  masse  d'éléments  glan- 
dulaires s'ouvrant  dans  un  canal  commun  qui  débouche  dans  le 
sillon  prébuccal. 

A  la  partie  antéro-supérieure  se  trouvent  des  amas  glandu- 
laires que  nous  avons  appelés  «  masses  supérieures.  » 

Le  canal  possède  quelquefois  des  plis  pendant  de  son  plafond 
dans  le  lumen. 

Le  plancher  du  canal  est  cilié  et  possède  des  méats  inter- 
cellulaires; le  plafond  non  cilié,  contient  des  cellules  épithé- 
liales  à  vacuoles. 

La  portion  glandulaire  est  formée  de  trois  sortes  d'éléments  : 

1°  Cellules  ordinaires; 

2''  Cellules  des  masses  supérieures; 

3°  Cellules  glandulaires  vacuolées. 

Les  premières  proviennent  des  cellules  conjonctives,  elles 
forment  à  leur  intérieur  des  produits  sécrétoires,  les  expulsent 
par  leurs  cols  dans  les  méats  intercellulaires  et  de  là  dans  le 
canal.  Après  cette  excrétion  la  cellule  passe  par  une  période  de 
repos,  puis  élabore  de  nouveau  des  produits  sécrétoires,  les  éli- 
mine et  ainsi  de  suite  un  certain  nombre  de  fois.  Puis  l'élément 
meurt  et  est  expulsé  par  le  canal. 

Les  cellules  des  masses  supérieures  diffèrent  par  plusieurs 
points  des  cellules  ordinaires. 

Les  cellules  vacuolées  sont  peu  nombreuses  et  disséminées. 

La  glande  pédieuse  de  la  Testacelle  diffère  beaucoup  de  celles 
des  autres  types  étudiés  :  elle  flotte  dans  le  cœlome,  ne  possède 


346  EMILE   ANDRÉ. 

pas  les  masses  supérieures.  Canal  non  cilié,  sans  bourrelets,  ni 
sillon  longitudinal. 

La  glande  pédieuse  n'est  pas  un  organe  des  sens. 

Elle  a  pour  fonction  de  sécréter  un  mucus  lubrifiant  sur  le 
chemin  que  doit  parcourir  l'animal  et  peut-être  aidant  la  tritu- 
ration des  matières  alimentaires. 

Les  causes  d'extérioration  du  mucus  sont  : 

Le  mouvement  vibratile  du  plancher  du  canal, 

La  «  vis  a  ter  go  ^  » 

La  compression  de  la  glande  par  les  faisceaux  musculaires 
qui  se  trouvent  dans  son  voisinage. 

Les  contractions  ondulatoires  du  pied  pendant  la  progression, 

Les  mouvements  du  corps  tout  entier. 

Le  mucus  a  une  réaction  alcaline. 

La  glande  pédieuse  n'excrète  ni  l'acide  urique,  ni  les  urates. 
Certaines  de  ses  parties  jouent  cependant  un  rôle  dans  l'excré- 
tion. (CUÉNOT.) 

Le  sang  ne  peut  sortir  par  la  glande  pédieuse;  mais  un 
liquide  poussé  de  l'extérieur  peut  traverser  les  méats  intercel- 
lulaires. 

Lors  de  la  mort  par  submersion  des  Pulmonés,  l'eau  n'entre 
pas  dans  le  corps  par  la  glande  pédieuse,  elle  ne  pénètre  pas 
même  dans  le  canal  de  sortie. 

Le  mucus  de  la  glande  pédieuse  ne  peut  servir  à  la  défense. 

Le  canal  est  d'origine  ectodermique,  la  portion  glandulaire 
d'origine  mésodermique. 


RECHERCHES  SUR  LA  GLANDE  PÉDIEUSE  DES  PULMONÉS.    347 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE. 

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348  EMILE   ANDRE. 

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Biologie,  t.  XII,  1892. 

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suisse  de  zool.,  t.  I,  1893. 


DIE   TIERWELT 


JUR^SEEN 

VON 

F.     ZSCHOKKE 

in   Basel. 

Hierzu    Tafel    XIV. 


Jules  de  Guerne  uncl  J.  Richard  liabeii  vor  kurzer  Zeit 
eine  Notiz  îiber  die  pelagische  Fauna  der  Seen  des  franzo- 
sischen  Juras  verôffentlicht  (14).  Ihr  Material  stammt  aus 
nicht  weniger  als  2 1  grôsseren  und  kleineren  Wasserbecken 
der  Départements  des  Ain,  Doubs  und  Jura;  es  wurde  zu 
deu  verschiedensten  Jalireszeiten  gesammelt,  so  dass  die 
gewonnenen  faunistischen  Resultate  recht  woM  Anspruch  auf 
Vollstândigkeit   und   allgemeine    Giiltigkeit  erlieben   kôimen. 

Das  Limnoplankton  der  stehenden  Gewâsser  des  franzô- 
sischen  Jurazugs  wûrde  sich  nacb  den  angedeuteten  Beobach- 
tungen  aus  26  Tierformen  —  zwei  Protozoen,  sechs  Rotiferen, 
zehn  Cladoceren  und  acM  Copepoden  —  zusammensetzen, 
Als  neu  fiir  die  franzôsische  Fauna  bezeicbnen  de  Guerne 
und  Richard  Bythotrephes  longimanus  Leyd.,  aus  dem  See 
von  Saint-Point.  Daphnia  Jardinei  Baird  (var.  apicata  Kurz) 
fand  sicb  nur  einmal  im  See  von  Malpas  (Doubs).  Endlich 
beberbergt  das  Wasserbecken  von  Saint-Point  die  ftir  Frank- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  24 


350  F.    ZSCHOKKE. 

reicli  neue  Form  Ileterocope  saliens  Lillj.  Die  Calanideii  siiid 
ausserdem  noch  vertreteii  diircli  fiinf  Arten  des  Genus  Diaj)- 
fotnus,  von  deiien  spezielle  Erwiilmuiig  verdieiieii  D.  âenfi- 
cornis  Wier].  (See  von  Chalain)  und  der  von  niehreren  Fund- 
orten  erwiilinte  D.  lacmiafus  Lillj.  Die  iibrigen  Formen  sind 
weitverbreitete  pelagische  Siisswassertiere,  die  auch  im  Jura 
ziemlicli  allgemein  vorzukomnien  sclieinen. 

Der  freischwimmenden  Tierwelt  der  in  Frage  stelienden 
Région  sind  endlich  Ceratium  longicorne  Perty  und  ein  unbe- 
stimmtes  Binobryon  beizufligen.  Die  Angaben  der  franzo- 
sischen  Forscher  verdienen  Beachtung  als  Beitrag  zur 
Kenutniss  der  Faima  einer  geologisch,  geogràphisch  und 
topographisch  eigentiimlichen  und  relativ  abgeschlossenen 
Gebirgsgegend.  Der  Gedanke  lag  nahe  den  Beobachtungen 
auf  franzôsiscliem  Juragebiet  solche  auf  scbweizerischem 
Boden  beizufligen,  uni  so  die  allgemeinen  Resultate  zu  erwei- 
tern  und  um  vielleicbt  auch  Vergleiche  zu  zielien. 

In  Betracbt  kommen  die  beiden  Juraseen,  Lac  de  Joux  und 
Lac  des  Brenets. 

Der  Lac  de  Joux  liegt  in  einem  Hochtbal  des  waadtlander 
Juras.  Seine  Hôhenlage  liber  dem  Meer  betragt  1009  Meter, 
seine  Oberflâche  9,3  Quadratkilometer,  seine  Maximaltiefe 
25  Meter.  Von  den  durcb  de  Guerne  und  Richard  unter- 
sucliten  Seen  von  Remoray  und  Saint-Point  im  Département  du 
Doubs  ist  der  Jouxsee  in  gerader  Linie  gemessen  hôchstens 
14  Kilometer  entfernt.  Mit  dem  See  von  Saint-Point  teilt 
er  allgemeine  Lage,  Gestalt^  Meereshôhe  und  Tiefe.  (Ober- 
flâche des  Sees  von  Saint-Point  398  Hektaren,  Tiefe  40,3  Me- 
ter, Hôhenlage  848,95  Meter).  Ailes  liess  auf  eine  âhnliche 
Tierbevôlkeruug  mit  einer  gewissen  Wahrscheinlichkeit  schlies- 
sen. 

Ueber  die  pelagische  Tierwelt  des  Lac  de  Joux  giebt  uns 
zuerst  IiNfflOF  (19)  einige  Auskunft.     Er  verzeichnet  aus  ihm 


DIE   TIERWELT   DER  JURASEEN.  351 

vom  7.  Oktober  1883  Asplanchna  helvetica  Imh.,  Leptodora 
hyalina  Lillj._,  und  deii  iiuii  auch  von  Saint-Point  bekannteu 
BytJiotrephes  longimanus  Leyd. 

Am  13.  Mai  1894  fischte  icli  pelagiscli  im  Jouxsee  bei 
bedecktem  Himmel  und  bewegtem  AVasser.  Der  See  war 
seit  vier  Woclien  eisfrei,  die  Wassertemperatur  betrug  8»^  C 

Das  Résultat  fiel  trotz  ungiinstiger  âusserer  Urastânde  be- 
triedigend  aus.    Es  wurden  erbeutet  : 

Pkotozoen  :      Ceratium  hirundineUa  O.-F.  Mûll. 
RoTATORiEN  :    Amirea  cochlearis  Gosse. 

Anurea  aculeata  Ehrbg. 

Notholca  longispina  Kellicott. 

Asplanchna  helvetica  Imli. 

Conochihis  volvox  Ehrbg. 
Cladoceren  :  Daphnia  caudata  Sars. 

Sida  crystallina  O.-Fr.  Miill. 

Bosmina  longirostris  O.-Fr.  Miill, 

Bosmina  longicornis  Scliodl. 

Chydorus  latus  Sars. 
CoPEPODEN  :      Cyclops  Leiwkarti  Claus. 

Biaptomus  graciUs  Sars. 
DiPTEREN  :         Chironomus  spec. 

Die  von  Lvihof  festgestellten  Leptodora  und  Bythotreplies 
konnte  ich  nicht  finden,  wahrscheinlich  weil  ungûnstige  Witte- 
rung  micli  hinderte  Nacbts  zu  fischen.  Beide  zeitlich  weit 
auseinanderliegende  Beobachtungen  ergeben  ftir  den'  Lac  de 
Joux  die  vorlâufige  recht  stattlicbe  Liste  von  16  pelagischen 
Arten.  Davon  gebôren  aclit  gieiclizeitig  auch  den  sorg- 
fâltig  untersuchten  Seen  des  franzôsischen  Juras  an,  wàhrend 


^  Nach  F. -A.  Forel  {Archives  des  sciences  physiques  et  naturelles,  t.  XXVII, 
1892)  ist  das  miltlere  Datuin  fiir  das  Zufriereii  des  Jouxsees  der  1.  Januar, 
dasjenige  ftir  das  Aullrieren  der  5.  April. 


352  F.    ZSCHOKKE. 

die  acht  anderen  zur  speziellen  Fauna  des  Lac  de  Joux  zii 
zâhlen  sind  und  derselben  ein  gewisses  selbstândiges  Geprâge 
verleilien.  Es  wâren  dièse  letzteren:  Cerat'mm  hmindinella, 
Anurea  aculeata,  Asplanchna  Jielvetica,  Daplmia  caudata,  Lep- 
todora  hyalina,  Bosmina  longicornis,  Ghjdorus  latiis,  Chirono- 
miis  spec.  Einige  dieser  Arteii  sind  jedoch  in  den  Seen  des 
franzôsischen  Juras  durcli  nâclist  verwandte  Formen  vertreten. 
Ftir  die  franzôsischen  Seen  bleiben  gegeniiber  dem  Bergsee 
der  Schweiz  18  typische  Arten. 

Zur  Vergleichung  der  Fauna  der  einzelnen  Wasserbecken 
liegt  das  nôtbige  Material  nicht  vor.  Immerhin  sclieint  der 
Lac  de  Joux  schon  von  dem  nâchstgelegenen  und  vielfach 
âbnlicben  Lac  de  Saint-Point  faunistisch  nicht  unerheblich 
abzmveichen.  Teilt  er  mit  demselben  Bytliothreplies  longi- 
maniis  so  entbehrt  er  dagegen  die  dort  vorhandenen  Biap- 
tomus  laciniaUis  und  Heierocope  sdiens. 

Am  13.  Mai  war  die  Hauptmasse  des  Limnoplankton  flir 
den  Jouxsee  zusammengesetzt  aus  Biaptomus  graciUs,  er 
machte  allein  90 — 95  "/„  der  gesammten,  sehr  reichlichen 
Menge  schwimmender  Organismen  aus.  Einigermassen  stârker 
vertreten  waren  nur  noch  Sida  crystalUna  und  Daphnia  cau- 
data^ beide  in  iebhofter  Sommereibildung  begriffen. 

Das  starke  Ueberwiegen  von  Biaptomus  mag  sich  zum  Teil 
dadurch  erklâren,  dass  ich  bei  Tageslicht,  Morgens  neun  Uhr, 
fischte,  und  zu  jener  Zeit  die  gutschwimmenden  Cladoceren 
wahrscheinlich  schon  wieder  die  tieferen  Wasserschichten 
aufgesucht  hatten.  Erst  jiingst  hat  Fraxcé  (10)  darauf  hin- 
gewiesen,  dass  im  Plattensee  die  Copepoden  Xachts  spâter 
an  der  Oberflache  erscheinen  als  die  Cladoceren,  um  dort  aber 
auch  nach  Sonnenaufgang  auszuharren.  Biaptomus,  so  beleh- 
ren  mich  meine  Beobachtungen  am  Liinersee  im  Rhâtikon, 
bleibt  iibrigens  auch  bei  hellstem  Somienlicht  an  der  von  allen 
iibrigen  Planktontieren  verlassenen  Oberflache.  Allerdings 
ist  er  dann  weniger  zahh'eich  als  Nachts. 


DIE    TIERWELT    DEK   JURASEEN.  353 

Es  scheiiit  ausserdem  aber  D.  graciUs  im  Lac  de  Joux  in 
der  ersteii  Hiilfte  des  Moiiats  Mai  seine  Hauptentwicklungs- 
periode  erreicht  zu  liaben.  Die  Zabi  reifer  Mânnchen  und 
Weibcben  war  eine  sebr  bedeutende.  Einige  Tatsachen  ver- 
dienen  vielleicbt  noch  besondere  Erwâhnung.  Die  dem  Cera- 
tium  hirimdmella  zugeschriebenen  Flagellaten  bewegten  sich 
im  Jouxsee  nach  Kôrpergestalt  zwiscben  den  Varietâten 
C.  macroceros  Perty  und  C.  reticulahmi  Imhof. 

Chydonis  lotus  lebt  in  dem  waadtlândischen  Jurasee  limne- 
tisch,  er  ist  mir  in  derselben  Eigenscbaft  aus  Alpengewâssern 
wol  bekannt.  De  Guerne  und  Richard  filhren  seinen  naben 
Verwandten  Gli.  sphœrktis  sowie  Alona  affinis  als  pelagiscb 
auf(14).  Zacharias  (26)  berichtet  ebenfalls  von  Chydorus 
sphœrims^  dem  sonst  typischen  TJferbewobner,  als  numerisch 
ansehnlichem  Bestandteil  des  Limnoplankton.  Durcb  die 
bekannten  Untersuchungen  von  Forel  (11)  undDuPLESSiS  (7) 
sind  wir  mit  der  Tiefenfauna  des  Jouxsees,  wenn  dieser  Aus- 
druck  fur  das  relativ  flacbe  Wasserbecken  gereclitfertigt  ist, 
nâher  bekannt  geworden.  Aus  den  angedeuteten  Beobach- 
tungen  lâsst  sicb  folgende  Liste  der  Grundbewohner  unseres 
Sees  zusammenstellen  : 

Spongilla  lacustris  Lieberkïibn. 

Hydra  rubra  Lewes. 

Fredericella  sultana  Gervais. 

Paludicella  articulata  Ebrenberg. 

CristateUa  mucedo  Cuvier. 

Alcyonella  fungosa  Pallas  (nur  littoral). 

Plumatella  repens  L.  (nur  littoral). 

Plumatella  spec.  (2  Arten,  littoral). 

Lopliopus  spec.  (littoral). 

Cyclas  spec. 

Plsidmm  spec. 

Bythinia  tentaculata  Linné. 


354  F.    ZSCHOKKE. 

Limnesia  histrionica  Bruz. 

Nesaea  luteola  Koch. 

Eurycercus  lamellatus  O.-F.  Millier. 

Lynceus  striatus  Scli()dler. 

L.  macrurus  Fischer. 

Cyclops  viridis  Jurine  (=  C.  brevicornis  Clans.  ). 

Mesostoma  productum  Leuckart. 

Mesostoma  lingua  0.  Schmidt. 

Typhloplana  viridata  Ehrenberg. 

Monotus  lacustris  Zach. 

Dorylaimus  stagnalis  Duj . 

Gordiiis  aquaticm  L. 

BytJionomus  Lemani  Grube. 

Tubifex  spec. 

Clepsine  spec. 

Von  allen  diesen  Tierformen  ist  wol  keine  einzige  auf  die 
Tiefe  beschrânkt.  Sie  finden  sich,  zum  Teil  weitverbreitet, 
als  littorale  Bewolmer  der  siissen  Gewâsser  wieder.  Selbst 
die  frtiher  als  Tiefseetiere  angesprochenen  Monotus  lacustris 
und  Bytliononius  Lemani  sind  wiederholt,  z.  B.  in  den  Seen 
des  Rhâtikon,  in  der  Uferzone  nachgewiesen  worden.  Einige 
Arten  allerdings  haben  in  der  Tiefe  des  Lac  de  Joux  Gestalts- 
veranderungen  erlitten  und  konnten  etwa  als  tiefwohnende 
Varietaten  littoraler  Formen  aufgefasst  werden.  So  bildet 
SpongiUa  lacustris,  im  (legensatz  zii  den  die  Ufer  krustenartig 
iiberziehenden  Verwandten,  kugelige  Kolonien  von  Haselnuss- 
grôsse,  die  schchi  rotli  gefarbt  sind.  Sie  sitzen  in  Gesell- 
schaft  von  Hydra  ruhra  auf  Paludicella  fest.  Auch  andere 
Tierformen  der  Tiefe  —  Bythinia,  Mesostomeen  —  weichen 
durch  Gestalt,  Grosse,  Fârbung  von  den  Artgenossen  des  Ufers 
etwas  ab.  Was  aber  der  Fauna  des  Jouxsees  den  eigen- 
tiimlichsten  Stempel  aufdiiickt  ist  ilir  grosser  Reiclitum  an 


i 


DIE    TIERWKLT   DEK   JURASEEN.  355 

Bryozoen.  Duplessis  steht  iiiclit  an,  das  liochgelegene  Wasser- 
beckeii  des  Juras  als  reichsten  schweizerischen  Fundort  fiir 
Moostiercheii  zu  bezeichnen.  Fredericella  wuchert  dort  in 
gewaltigen  Masseii,  Paludicella  ist  filr  die  Schweiz  nur  ans 
dem  Lac  de  Joux  bekannt.  Sie  findet  sicli  in  schoiisten  Kolo- 
nien  in  der  grôssten  Seetiefe.  Ihre  iibrige  Verbreitung  weist 
sie  mehr  nach  dem  Norden  Europas.  Auch  die  frei  bewegliche 
Cristafella  wurde  fur  die  Schweiz  zuerst  im  Jouxsee  nacli- 
gewiesen.  Alcijonellen  und  Plumatellen  steigen  nicht  in  grôs- 
sere  Tiefen,  gedeihen  dagegen  iippig  in  der  littoralen  Seezone. 

Wahrend  die  Fredericellen  und  Plumatellen  des  Ufers  krie- 
chende  Kolonien  bilden,  erheben  sich  diejenigen  der  Tiefe  zu 
frei  verâstelten  Stocken  in  das  Wasser. 

Die  littorale  Tierwelt  des  Lac  de  Joux  kann  icli  nach  eigenen 
Beobachtungen  um  einige  Glieder  vermehren.  Unter  den 
Steinen  fanden  sich  GlossipJionia  sexoculata  Bergmann  und 
junge  P'iXemplare  von  Nephelis  atomaria  Caréna,  deren  Bestim- 
mung  giitigst  Herr  Prof.  R.  Blanchard  in  Paris  besorgte. 
Eine  Epheraeridenlarve  stimmt  bis  in  aile  Einzelheiten  mit 
dem  Blastums  spec,  den  Eaton  auf  Seite  100  und  Tafel  33 
seines  grossen  Werkes  zeiclmet  und  beschreibt  (8).  Das  Tier 
war  bis  jetztnur  aus  Nordamerika  und  vielleicht  Skandinavien 
bekannt. 

Einige  Mollusken,  die  ich  am  Ufer  des  Lac  de  Joux  sam- 
melte,  weisen  nach  nordischen  und  alpinen  Zonen  und  nach 
derselben  Richtung  deuten  entschieden  auch  die  von  Heer  (16) 
aus  dem  See  angefiihrten  Wasserkâfer.  Letztere  sind  :  Hijdro- 
poriis  depressus  var.  pcdlidus  Heer,  H.  castaneus  Heer,  H. 
confluens  F.  und  H.  planus  F. 

Von  Mollusken  '    kenne  ich  das  weitverbreitete  Sphœrmm 


1  J.  DE  Charpentier  fiihrt  aus  deiu  Lac  île  Joux  an:  Limuaeus  fruyilis  L., 
L.  acvonicus  Stud.,  Valvata  obtusa  Pfeiff.,  F.  sra/an's  Charp.,  Cyclos  nuelens 
Stnil.,  C.  tacuslris  Drap.,  Pisidium  obliquum  Pfeilf.  {Neue  Denlisrhriften, 
B(l.  1,  1837). 


356  F.    ZSCHOKKE. 

corneumL.,  ferner  Limnus  stagnalis  L.,  var.  angulosa  Clessiu, 
einen  gemeinen  Bewohner  kalkreicher  Gewâsser,  und  Gulnaria 
auricularia  L.,  var.  contracta  Kobelt,  die  in  den  sûdbayerisclien 
Voralpeuseen  zu  Hause  ist  (4).  Dazu  ftigen  sicli  der  gewôhn- 
liche  Tropodiscus  marginatus  Draparnaud,  und  die  Schnecke 
grosserer  Alpenseen  Cincinna  alpestris  Blauner.  Bytliima  ist 
vertret*^.n  durch  die  nordische  Form  B.  ventricosa  Gray. 

Damit  dûrften  vorlaufig  unsere  Kenntnisse  liber  die  tieri- 
schen  Bewohner  des  eigentiimlichen,  isolirten,  eines  oberir- 
discben  Ausfluss  entbebrenden  Hochsees  des  Schweizer  Juras 
erschôpft  sein.  Sie  geniigen  um  dem  Gewâsser  auch  zoologisch 
eine  gewisse  Sonderstellung  auzuweisen  und  besonders  um 
den  Wunsch  nach  grûndlicher  faunistiscber  und  biologiscber 
Durchforschung  des  Lac  de  Joux  entstehen  zu  lassen. 

An  der  Grenze  des  Kantons  Neuenburg  gegen  Frankreicli, 
unweit  Locle,  bildet  der  Doubs  den  schmalen,  langgezogenen 
und  vielfach  gebogenen  Lac  des  Brenets.  Das  Wasserbecken 
ist  in  seinem  oberen  Teile  von  allmâhlig  ansteigenden  Wiesen 
begrenzt;  der  untere  grôssere  Abschnitt  wird  dagegen  von 
steilen,  oft  direckt  in  den  See  abstiirzendeu  Felsen  umgeben. 
Lassen  schon  die  steilen  Felsenufer  eine  reichentwickelte 
Littoralfauna  kaum  erwarten,  so  wird  die  Uferzone  noch 
weniger  bewohnbar  gemacht  durch  die  starken  und  sich  rasch 
folgenden  Niveauschwankungen,  denen  der  See  unterworfen 
ist,  und  denen  wenig  bewegliche  oder  sessile  Littoraltiere 
nicht  zu  folgen  vermugen.  Im  Sommer  1893  auf  weite 
Strecken  ausgetrocknet,  stand  der  See  dagegen  bei  unserem 
Besuch,  17.  Juni  1894,  sehr  hoch  und  iiberschwemmte  weit- 
hin  die  flacheren  Uferstellen  \  Ein  Moment,  das  besonders 
ungunstig  auf  die  Entwicklung  der  iimnetischen  Fauna  ein- 

'  Im  Wiiiler  1890-91  saiik  der  Seespiegel  zehn  Meter  unter  deu  normalen 
Stand.  (F. -A.  FoRKL,  Avchivex  des  sciences  physiques  et  naturelles,  t.  XXVII, 
189-2i. 


DIE   TlERWEI/r    J)ER   JURASEEN.  357 

wirken  muss,  ist  die  Tatsache,  dass  die  Stnimuiig  im  Lac  des 
Brenets,  besoiiders  in  seiiien  unteren  Abschnitteii,  relativ  stark 
ist.  Nach  Niveauverânderungen  und  Strumuiigsverhaltiiisseii 
wlirde  das  Wasserbecken  eigeiitlich  fast  deii  Nameii  eiiies 
langsam  fliesseiideii  Stromes,  oder  eiiier  blossen  seeartigeii 
Erweiterung  des  Doubs  verdienen;  die  weite  Ausdehiiung 
seines  Spiegels  und  die  gâte  Begrenzung  nach  oben  und  beson- 
ders  nach  unten,  wo  sich  der  Doubs  in  brausenden  Wasser- 
fâllen  seinen  Weiterweg  sucht,  lassen  dagegen  den  Titel  See 
gerechtfertigt  erscheinen.  Zoologisch  erhebt  sich  die  Frage, 
ob  dièses  eigentiimliche  Gewasser  auch  nach  seiner  Fauna 
Fluss-  und  Seecharakter  vereinige  ;  ob  Tierelemente  des  stehen- 
den  oder  fliessenden  Wassers  vorwiegen,  oder  ob  beide  ver- 
treten  seien.  Dann  wird  es  nicht  uninteressant  sein  den  so 
sehr  charakteristischen  Lac  des  Brenets  zooh)gisch  mit  den 
ûbrigen  Juraseen,  die  von  de  Guekne  und  Richard  geprilft 
wordensind,  und  mit  dem  in  mancher  Richtung  so  abweichen- 
den  Lac  de  Joux  zu  vergieichen. 

Der  Lac  des  Brenets  liegt  754  Meter  iiber  Meer;  seine 
Temperatur  war  am  17.  Juni  1894  10— IP  C,  sehie  Maxi- 
maltiefe  soll  20 — 25  Meter  betragen'.  Ueber  seine  tierischen 
Bewohner  komite  ich  in  der  Litteratur  nur  wenige  zerstreute 
Notizen  finden.  Paul  Godet  (15)  erwalmt  aus  ihm  Anodonta 
cellensis  Schrôt.  ;  ich  kami  seine  Angaben  nach  gefundenen 
Schalen  bestâtigen. 

Imhof  (20)  besuchte  den  See  im  August  1885  und  erbeutete 
dort  pelagisch  :  Peridinium  tabulaUim  Clap.  et  Lachm.,  Cera- 
tium  hirundinella  Mûll.,  Triarthra  longlseta  Ehrbg.,  Foli/arthra 
platyptera  Ehrg.,  Anurea  cochlearis  Gosse,  Asplanchna  helve- 
tica  Imh.,   Baphiella  hrachyura  Liévin,   Ceriodaplmia  spec, 

1  loi  Jalire  1890-91  fror  der  Lac  des  Brenets  zu  aiu  26.  Xovember  ;  das  Eis 
trug  bis  zurii  1.  Miirz.  (F. -A.  Forint.,  Arehii'es  des  sciences  physiques  et  naturelles, 
t.  XXVIL  1892). 


bob  F.    ZSCHOKKE. 

Baphma   spec,    Bosmina   cornuta    Juriiie,    Bosmlna    spec, 
Cydops  spec.     Nacli  mlindlicher  Mitteilung  von  Prof.  Béra- 
NECK  findet  sicli  im  Lac  des  Brenets  Spong'ûla  fluviatilis  Lk. 
Die  eigeueii  littoraleu  und  pelagiscbeii  Fange  vom  17.  Juni 

1894  ergeben  niir  folgende  faunistisclie  Liste,  zu  der  unten 
der  Commentai'  tolgt  : 

1.  Arcella  vulgaris  Elirbg.  a)  Amoebixa. 

2.  Bodo  ovatus  Duj.  h)  Flagellata. 

3.  Codosiga  hotrgtis  Ehrbg. 

4.  Ceratium  hinindineUa  O.-F.  Mlill. 

5.  Stylonichia  myt'ûus  O.-F.  Mtill.  c)  Ciliata. 

6.  Paramaecium  spec. 

7.  Carchesium  spec. 

8.  Pterodina  patina  Ebrbg.  d)  Rotatoria. 

9.  Aniirea  acideata  Ehrbg. 

10.  Amirea  cochïearîs  Gosse. 

11.  Anurea  acuminata  Ehrbg. 

12.  Xothoîca  longisphia  Kellicott. 

13.  Euclilanis  dUaiata  Ehrbg. 

14.  Euclilanis  friquetra  Ehrbg. 

15.  Monocera  hicornis  Ehrbg. 

16.  BrachiouHS  Bakeri  Ehrbg. 

17.  Brachionus  spec. 

18.  Xotommata  centrura  Ehrbg. 

19.  Salpina  mucronaia  Ehrbg. 

20.  Philodina  acideata  Ehrbg. 

21.  Philodina  spec.  Ehrbg. 

22.  Binocliaris  pocïllum  O.-Y.  Miill. 

23.  Xoteus  quadricornis  Duj. 

24.  Asplanchna  lielvetica  Imhof. 

25.  Vortex  truncatHS  Ehrbg.  e^  Turbellaria. 

26.  Planaria  alpina  Dana. 


DIE   TIKKWELT    DER   JURASEEN.                                         359 

27.  Saemins  variegata  Hoffm. 

/)  Oligochaeï^. 

28.  Nais  proboscidea  O.-Fr.  Miill. 

29.  Liimbricidus  variegatiis  O.-Fr.  Miill. 

30.  Aulastomum  gido  Moq.  Tand. 

g)  HiRUDINEI. 

31.   Limnicythere  neocomensis  ii.  sp. 

h)  OSTRACODA. 

32.   Cgpris  spec. 

33.   Chydorus  Mus  Sars. 

i)  Cladocera. 

34.   Chydorus  sphœricus  O.-F.  Miill. 

35.  Eurycercus  lamellatus  O.-F.  Miill. 

36.  Alona  guttata  Sars. 

37.  Alona  testudinaria  Fischer. 

38.  Acroperus  leucocephalus  Koch. 

39.  Pleuroxus  nanus  Baird. 

40.  Pleuroxus  truncatus  O.-F.  Miill. 

41.  Simocephalus  vetidus  O.-F.  Miill. 

42.  Scapholeheris  mucronata  O.-F.  Miill. 

43.   Ceriodaphnia  quadrangtda  O.-F.  Miill. 

44.  Sida  crystallina  O.-F.  Miill. 

45.  Daphnia  galeafa  var.  III,  Hellich. 

46.  Polyphemus  pedimdus,  De  Geer. 

47.  Bosmina  longispina  Leydig. 

48.  Bosmina  cornuta  Jiirine. 

49.   Cyclops  strenuus  Fiscli. 

k)  Copepoda. 

50.   Cydops  Leuckarti  Claus. 

51.   Cydops  hicolor  ^2ivs. 

52.  Cydops  alhidus  Jurine. 

53.   Cydops  serrulatus  Fischer. 

54.   Cydops  fimbriatus  Fischer. 

55.  Diaptonms  gracilis  Sars. 

56-57.   Canthocamptus  2  spec. 

58-61.  Hydrachnideyi  4  spec. 

l)  Hydrachnid^. 

62.  Macrohiotus  macronyx  Duj. 

m)  Tardigrada. 

63.  Hydrometapahidum  F dib. 

n)  Rhynchota. 

360  F.    ZSCHOKKE. 

64-65.   Chironomus  2  spec.  o)  Diptera, 

66.  Simulia  spec. 

67.  Cœnis  spec.  j;)  Pseudoneuroptera. 

68.  Bytiscus  dimidiatus  Aube.  q)  Coleoptera. 

69.  Hydroporus  depressus  Aube. 

70.  Cohpnbetes  spec. 

71.  Plumatella  repens  L.  r)  Bryozoa. 

72.  Anodonta  cellensis  Schrôt.         s)  Lamellibranchiata. 

73.  JJnio  spec.  (GlochidienV 

74.  Bythinia  ventricosa  Gray.  t)  Gastropoda. 

75.  Limnus  stagnalis  L.  var.  vulgaris  Westeiiund. 

76.  Gulnaria  ovata  Drap.  var.  lacustrina  Clessin. 

77.  Lïmnopliysa  truncatula  Millier  var.  oblonga  Puton. 

78.  Limnophysa  palustris  Millier  var.  fiisca  Pfeiffer. 

79.  Gyrorbis  rotundatus  Poiret. 

Diesem  langen  Verzeicliniss  wâreii  nocli  mehrere  iiiclit 
nâher  bestimmte  Dipterenlarveii,  Rotatorieii,  Nematodeii,  Iiifu- 
sorieii  beizufiigen.  Gewiss  eiii  reiclies  Ergebniss  flir  eine 
kurze,  bel  uiigiinstigem  Wasserstand  uiiteniommene  zoologisclie 
Excursion  mid  eiii  Zeichen  fiir  die  grosse  Mamiigfaltigkeit  der 
Bevolkeruiig  des  Lac  des  Breiiets.  Niclit  iiiiiider  reicli  scheiiit 
seine  Algenflora  zu  sein. 

Die  grosse  Mehrzalil  der  tierischen  Bewohner  des  Neuen- 
burgischén  Bergsees  gehurt  jenen  weitverbreiteten  Kosmo- 
politen  des  siissen  Wassers  an,  die  wenig  empfindlich  gegen 
âussere  Bedingungen  im  Norden  wie  im  Siiden,  in  der  Ebene 
wie  im  Hocligebirge  zu  Hause  sind.  Sie  sind  geniigsam  und 
anpassungsfahig  im  hoclisten  Grade  ;  ungiinstigen  Bedingungen 
wissen  sie  durcli  latente  Dauerstadien  zu  trotzen.  Darin  liegt 
das  Geheimniss  ilirer  weiten  Verbreitung.  Besonders  arten- 
reich  sind  vertreten  die  Rotatorien —  17  Formen,  — die  Cla- 
doceren  —  16  Formen  —  und  die  Copepoden  —  9  Arten. 


dip:  tierwelt  der  juraseen.  361 

Sie  machen  iiacli  Zalil  der  Arten  mehr  als  die  Hâlfte  der 
festgestellten  (lesammtfauna  aus  ;  neben  ihrem  Individuen- 
reichtum  vollends,  treteii  die  iibrigen  (Iruppeii  nocli  weit  mehr 
in  den  Hiiitergruiid. 

Das  Vorkommeii  der  Ubiquisteii  des  Stisswassers  auch  im 
Lac  des  Brenets  wird  niemaiiden  verwuiidern.  Eiiiige  Tier- 
Ibrmen  dagegen  verdieneii  spei^ielle  Erwâhnung  uiul  gebeii  der 
Fauna  ilir  besoiideres  Geprâge. 

Sehr  vereinzelt  fand  sich  Planaria  alpina,  die  weitverbrei- 
tete  Bewolinerin  der  kalteii  Alpenbache,  die  schon  im  Mittel- 
gebirge  imr  ganz  sporadisch  zerstreut  in  Quellen  von  konstant 
tiefer  Temperatur  gefunden  wird.  Von  den  zahlreichen  Rota- 
torien  sind  wirklich  seltene  Formen  nacli  den  Angaben  von 
HuDSON  und  Gosse  (18)  Philodina  aculeata  und  besonders 
Aniirea  acuminata  ;  Euchlanis  triqtietra,  Pferodina  patina, 
Notommata  centrura,  Brachionus  Bakeri,  Dinocharls  pociUum 
und  Noteus  qiiadricornis  gehoren  zu  den  nicht  gerade  hâufigen 
Erscheinungen. 

Ueber  den  interessanten  Fund  einer  neuen  Limnicytliere 
(L.  neocomensis)  soll  am  Schlusse  dièses  Aufsatzes  bericlitet 
werden. 

Daphnia  galeata  bewolint  den  Lac  des  Brenets  in  der  von 
Hellich  (17)  als  3.  Varietilt  bezeichneten  Form.  Es  stellt 
dieselbe  in  Bezug  auf  Helmbildung  nach  Eylmann  (9)  eine 
Uebergangsvarietât  gegen  Daplmia  liyalina  Leydig  dar.  Auch 
Baphnia  gracills  Hellich  wiirde  in  dieselbe  Formen-  und  Ueber- 
gangsreihe  gehoren.  Sie  unterscheidet  sich  nur  durch  etwas 
bedeutendere  Kopfhôhe  von  B.  galeata  var.  III.  B.  galeata  und 
B.  gracUis  wâren  etwa  aïs  Lokalvarietàten  der  typischen 
B.  hyalina  aufzufassen.  In  der  Schweiz  war  bis  jetzt  nur 
B.  hgalina  bekannt,  zu  ihr  gesellt  sich  nun  im  Lac  des  Brenets 
die  mehr  nordische  Varietât  B.  galeata  aus  Norwegen,  Dane- 
mark und  Bohmen.     Man  kennt  sie  indessen  auch  aus  Italien. 


362  F.    ZSCHOlvKE. 

Das  reicli  vertretene  Genus  Cyclops  zâhlt  die  gemeiiien  Arten 
C.  albidus,  C.  serrulatus,  C.  Leuckarti  uiid  G.  strenuus.  Die 
letzteren  zwei  sind  pelagiscli  haufig.  G.  stremms  speziell 
sclieint  fur  Gebirgsseen  recht  eigentlich  geschaffen  zu  sein. 
Er  steigt  in  die  hochsten  Schmelztûmpel  der  Alpen  (llhàtikon). 
ScHMEiL  (23)  bemerkt  von  ihm  ausdrucklicli,  dass  ihm  kaltes 
Wasser  besonders  zusage.  Er  tummelt  sich  oft  masseuhaft 
unter  dem  Eis,  um  wâbrend  der  warmen  Jalireszeit  mehr  oder 
weniger  vollstândig  zu  verschwinden. 

Bemerkenswert  ist  fiir  die  Fauna  des  Lac  des  Brenets  das 
Vorkommen  von  G.  bicolor,  ein  Copepode  der  von  Sars  in  Nor- 
wegen  entdeckt  wurde  ;  aus  Deutscliland  ist  er  nur  von  wenigen 
meist  montanen  Fundorten  bekannt,  so  z.  B.  aus  dem  Eibsee 
im  baj^erischen  Hochgebirge. 

Aucli  G.  fimhriatus  stellt  eine  eigentiimliche,  in  Deutscliland 
nur  an  einzelnen  Orten  gefundene  Form  dar.  Er  kriecht  im 
Gegensatz  zu  seinen  nâchsten  Verwandten  auf  dem  Grunde 
der  Gewâsser  und  kann  sich  sogar  auf  voUkommen  trockener 
Grundlage  weiter  bewegen.  Der  Lac  des  Brenets  zâhlt  ihn 
zu  seinen  Uferbewohnern.  Den  dort  herrschenden  Beding- 
ungen^  besonders  den  raschen  und  ausgiebigen  Niveauschwan- 
kungen,  ist  das  amphibische  Geschupf  trefUich  angepasst. 
Weiterverbreitet  dagegen  ist  der  Diaptomus  des  Jurasees. 
Daday  (5)  kennt  den  D.  graciUs  aus  Ungarn,  Xordquist  (22) 
aus  Finland,  Jules  de  Guerne  und  J.  Richard  (12,  13) 
ausserdem  aus  Deutscliland,  Frankreicli  und  der  Schweiz. 

Eine  in  seltenen  Exemplaren  gefundene  Ephemeridenlarve 
konnte  mit  Sicherheit  nach  Eaton's  (8)  grossem  Werke  als 
zur  Gattung  Gœnis  gehorend  bestimmt  werden.  Welcher  der 
ziemlich  zahlreichen  schweizerischen  Arten  sie  zuzurechnen 
ist  kann  niclit  entschieden  werden. 

Die  Schneckenfauna  des  Lac  des  Brenets  weicht  von  der  des 
Lac  de  Joux  ziemlich   ab.     Gemeinsam  ist  beiden  Wasser- 


DIE    TIERWELT    DER   JURASEEN.  36H 

becken  BytJùma  ventricosa,  eine  mehr  nordostliche  Form,  wie 
schon  betoiit  wurde.  Sie  fehlt  in  Sliddeutschlaud  durch  Bayern, 
Oesterreich  und  Bolimen  bis  Ungarn,  tritt  dagegen  in  der  nord- 
deutschen  Ebene  auf,  um  erst  bei  Stockholm  und  St.  Petersburg 
ihre  Nordgrenze  zu  erreichen.     Im  Osten  geht  sie  bis  Sibirien. 

Sonst  bat  in  Bezug  auf  Gastropoden  der  Lac  de  Joux  einen 
viel  eigentûmlicheren  und  viel  alpineren  Gharakter. 

Die  Bewohner  des  Lac  des  Brenets  (4),  Limnophysa  palus- 
tris,  L.  truncatula,  Gyrorbis  rotmidatus,  Limnus  stagnalis  und 
Gulnaria  ovata  sind  bekannte  Biirger  der  Ebene.  Letztere 
Art  ist  allerdings  durch  eine  Varietàt  vertreten,  die  sonst  nur 
aus  einigen  grossen  Seen  der  bayerischen  Hochebene  —  Chiem-, 
Schlier-  Tegernsee  —  gemeldet  wird  (var.  lacustrina).  Er- 
wâhnenswert  ist  es,  dass  am  Ufer  des  Lac  des  Brenets  eine 
Landschnecke  aus  dem  Osten  Europas,  Patula  solaria  Menke, 
sich  hàufig  findet.  Als  sporadische  Gebirgsfundorte  dièses 
Tiers  werden  die  Alpen  bei  Reichenhall  und  Schellenberg  in 
der  Siidostecke  Bayerns  und  der  Zobten  in  Schlesien  angegeben. 

Von  Uuio  fanden  wir  nur  zahh-eiche  Glochidien;  die  erwach- 
senen  Tiere  bewohnen  ausschliesslich  den  tieferen  Seegrund, 
wo  sie  den  littoralen  Niveauschwankungen  und  damit  der 
Gefahr  der  Austrocknung  nicht  mehr  ausgesetzt  sind.  In 
zahh'eichen  Varietâten  weitverbreitet  ist  SiUchAnodonta  ceUensis. 

Viel  weniger  montan  als  der  Lac  de  Joux  wird  der  Lac 
des  Brenets  auch  gemacht  durch  seine  Kâfer.  Im  Lac  des 
Brenets  findet  sich  der  gewohnliche  Hydroporus  depressîis,  inï 
Jurasee  der  Waadt  seine  sehr  seltene  Gebirgsvarietat  fi.  j9a?/y- 
dus  in  Gesellschaft  einiger  nahestehender  Bergseebewohner 
(H.  planiis,  H.  castaueiis).  Dagegen  scheint  fiir  die  Schweiz 
selten  zu  sein  Dytiscîfs  dimidiatus.  Heer  (16)  keinit  ihn  nur 
aus  dem  Neuenburgersee  und  von  Lausanne.  Der  Lac  des 
Brenets  wiire  ein  weiterer  Fundort  fur  die  Schweiz.  Fassen 
wir  in  zwei  Worten  die  allgemeinen  faunistischen  Résultats 


364  F.    ZSCIIOKKE. 

tiber  deii  Jurasee  Neuenburgs  zusamnien  so  ergiebt  sicli,  dass 
seine  Bevolkerung  ziim  grôssten  Teil  aus  weitverbreiteten 
(Teschopfen  des  Siisswassers  besteht,  dass  sicli  aber  ein  leiser 
alpin-nordischer  Beigesclimack  niclit  verkennen  liisst. 

Der  Lac  de  Joux  ist  zoologisch  viel  besser  charakterisirt. 
Die  Zusainmensetzuiig  seiner  Fauna  zeugt  von  weit  grosserer 
Selbstiindigkeit  und  weist  ilin  mehr  in  die  Reihe  der  eigent- 
liclien  Gebirgsseen.  Alpine  und  nordische  Elemente  werden  in 
iliin  zahlreicher  und  treten  deutlicher  und  bestimmender  hervor. 

Was  dagegen  den  Lac  des  Brenets  besonders  auszeichnet, 
ist  die  Art  der  Zusammenfiigung  und  Verteilung  seiner  limne- 
tisclien  und  besonders  seiner  littoralen  Tierwelt.  Darin  spie- 
gelt  sich  deutlich  der  doppeite  See-Fluss-Charakter  des  Was- 
serbeckens  wieder. 

Die  littorale  Fauna  ist  nach  Arten  und  Individuen  relativ 
selir  arm.  Es  felilen  ihr  fast  ganz  die  in  jener  Seeregion  sonst 
so  hâufigen,  wenig  beweglichen  oder  ganz  sessilen  Tiere.  Wir 
sucliten  am  Ufer  umsonst  nach  Bryozoen,  Spongillen,  Clep- 
sinen,  Pisidien  und  Spheerien,  Oligocliœten.  Von  Planarien 
fanden  wir  ein  einziges  Stiick  von  Ephemeridenlarven  ganz 
vereinzelte  Exemplare.  Andere  Insektenlarven  fehlten.  Erst 
in  grosserer  Tiefe  stosst  man  auf  wenigbewegliche  und  fest- 
sitzende  Wesen.  Dort  gedeiht  Flumatella  reperis,  dort  stecken 
im  Sclilamm  Vnio  und  Anodonta,  dort  finden  sich  verschiedene 
Anneliden.  Die  littorale  Fauna  ist  zum  Teil  in  die  Tiefe 
geriickt  worden,  sie  hat  sich  sublittoral  verlagert  und  ist  damit 
der  Gefahr  auszutrocknen  entronnen. 

Die  Armuth  der  Uferfauna  im  Lac  des  Brenets  erklârt  sich 
doppelt. 

L  Aus  dem  Mangel  an  geeigneten  Wohnstàtten  fiir  viele 
littorale  Geschopfe.  Es  fehlen  kiesige  Uferstrecken  mit  grôs- 
seren  und  kleineren  Steinen,  uuter  denen  die  Ufertiere  Schutz 
und  Wohnung  finden  kônnten.  Die  Felsen  fallen  an  den  meis- 
ten  Stellen  unvermittelt  steil  in  den  See  ab. 


DIE   TIERWELT   DER   .TURASEEN.  365 

2.  Aus  tien  betrâclitlichen  iind  raschen  Niveauschwan- 
kungeii,  die  das  AVassertier  mit  Austrocknung  bedrohen.  Im 
Liiiiersee  (Rhiitikoii)  habeii  die  sich  rasclifolgenden,  perio- 
dischen  Schwankimgen  des  Wasserspiegels  analoge  zoologische 
Folgen  gehabt.  Aucli  dort  ist  die  littorale  Fauna  in  eine  sub- 
littorale Zone  hinabgeriickt  worden. 

Im  Lac  des  Brenets  setzt  sich,  beeinflusst  durch  die  herr- 
schenden  eigentûmliclien  Verhàltnisse,  die  littorale  Fauna  aus 
folgenden  Elementen  zusammen  : 

a)  Tiere  die  eine  Austrocknung  bis  zu  einem  gewissen  Grade 
ertragen  konnen,  oder  die  im  Stande  sind  Dauerstadien  zu 
bilden.  (Gewisse  Infusorien,  Rotatorieu,  Turbellarien,  Nema- 
toden,  Tardigraden). 

h)  Bewegliclie  Tiere,  die  den  Schwankungen  des  Wasser- 
spiegels zu  folgen  vermôgen,  wie  Kafer,  Hydrometren,  Nais, 
Ptotatorien,  Infusorien,  Cladoceren,  Copepoden,  Ostracoden, 
Hydrachniden.  Aile  Râdertierchen  und  Entomostraken  indes- 
sen  scheinen  ihren  Hauptindividuenreichtum  erst  sublittoral, 
bei  einigen  Metern  Tiefe  zu  entfalten.  Viele  treten  sogar 
erst  dort  auf.  So  sind  sie  gegen  die  Niveauveranderungen 
sicher  gestellt. 

c)  Unbewegliche  und  wenigbewegliche  Tiere,  die  amphi- 
bische  Gewohnheiten  haben,  d.  h.  die  wenigstens  eine  Zeit 
lang  ohne  Schaden  der  Luft  ausgesetzt  werden  kônnen.  Hieher 
gehort  Cyclops  fimhriatus  und  bekanntlich  auch  Aulastomum 
gulo.  Besonders  aber  sind  zù  dieser  Kategorie  zu  rechnen 
aile  Gastropoden  des  Lac  des  Brenets  mit  Ausnahme  vielleiclit 
von  Gulnaria  ovata  der  bayerischen  Seen.  Aile  ûbrigen  be- 
wohnen  mit  Vorliebe  kleinere  Grâben  und  Tûmpel,  die  gelegent- 
lich  austrocknen  konnen.  GyrorUs  rotundakis  ist  an  ein 
amphibisches  Leben  geradezu  angepasst. 

Es  fehlen  dagegen  der  Littoralfauna  des  Lac  des  Brenets 
ganzlicli  aile  immobilen  und  wenig  mobilen  Geschopfe,  die  einen 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1854.  25 


366  F.    ZSCHOKKE. 

Wechsel  des  Médium  nicht  ertragen  konnen.  Die  pelagische 
Tierwelt  des  in  Frage  stelienden  Wasserbeckens  erwies  sich 
als  selir  reicli  an  Arten.  Es  mlissen  nacli  unseren  Netzziigen 
zu  ilir  gerechnet  werden  : 


&^ 


CeraUiim  hirundinella,  Amirea  aculeata,  A.  cocMearis,  A. 
acuminata,  Notholca  longispina,  Euclilanis  dilatata,  E.  triqiie- 
tra,  Asplanclma  helvetica,  Chydonis  latus,  Chydorus  sphœricus, 
Bosmina  loiigispina,  Bosmina  cormda,  Daphnia  galeata,  Sca- 
plwleberis  mucronata,  Ceriodaplmia  qiiadrangida,  Sida  crys- 
tallina,  PolypJiemus  pediadus,  Cyclops  stremius,  Gyclops  Leuc- 
harti,  Diaptomiis  graciUs,   Chirononms  spec. 

Dazu  wilren  nach  Imhof  (20)  noch  zu  fûgen  Peridmiiim 
tahidatuni,  Triarthra  longiseta,  Polyartltra  platyptera,  Bapli- 
nella  hracliyura. 

Es  macht  das  eine  Gesammtzahl  von  25  limnetischen  Ge- 
scliopfen  aus;  d.  h.  fast  ebensoviel,  als  aus  den  21  Seen  des 
franzusisclien  Juras  durcli  Jules  de  Guerne  und  J.  Richard 
bekannt  geworden  sind.  Aus  dem  Lac  de  Joux  haben  wir 
16  freiscliwimmende  Tiere  angefiihrt. 

Allen  drei  Lokalitâten,  franzosische  Juraseen,  Lac  de  Joux 
und  Lac  des  Brenets,  sind  gemeinschaftlich:  Anurea  cocJdearis, 
XotJwlca  longispina,  Sida  crystaUina,  Cyclops  Leuckarti,  und 
Biapiomus  gracilis  d.  li.  flinf  der  gewohnlichsten  und  am 
regelmiissigsten  anftretenden  Tierarten  des  Limnoplankton. 
Sonst  aber  sind  die  Unterschiede  in  der  Planktonzusammen- 
setzung  reclit  tiefgreifende. 

Der  Lac  de  Joux  zahlt  drei  (=  19  7o)  nur  in  ilim  sich  fin- 
dende  Arten  limnetischer  Tiere,  der  Lac  des  Brenets  elf 
(=r  44  7o  aller  seiner  Planktonarten),  die  franzosischen  Jura- 
seen dreizehn  (=  50  7o)-  Letztere  haben  unter  sich  wieder 
bedeutende  Variationen  in  der  limnetischen  Fauna  aufzu- 
weisen. 


UIK   TIERWELT    DER   .lURASEEN.  367 

So  besitzen  die  nahegelegenen  Wasserbeckeii  einen  wesent- 
licli  verschiedenen  Cliarakter  in  ihrer  pelagisclieii  Tierwelt. 
Iinmerhin  sind  in  deu  einzelnen  Seen  gewisse  Fornien  oft  nur 
durch  naclistverwandte  Arten,  ja  sogar  nur  durcli  Varietiiten 
vertreten. 

Mit  den  franzosisdien  Juraseen  liât  der  Lac  de  Joux  gemein- 
sam  50  "/„  sciner  limnetischen  Tieribrmen  (8  Arten),  mit  dem 
Lae  des  Brenets  60  " \  (10  Arten).  Lac  des  Brenets  und  die 
franzosischen  Wasserbecken  teilen  neun  freischwimmende 
Arten,  d.  h.,  36  "/„  der  limnetischen  Bewohner  des  liochgele- 
genen  Sees  im  Neuenburger  Jura  keliren  in  den  uns  interes- 
sirenden  Gewassern  Frankreiclis  wieder.  Aus  diesen  Zahlen 
ergiebt  sich  deutlich  genug,  dass  pelagisch  der  Lac  des  Brenets 
eine  Sonderstellung  einnimmt,  zwischen  ihn  und  die  franzo- 
sischen Juraseen  schiebt  sich  in  dieser  Richtung  vermittelnd 
cin  der  Lac  de  Joux. 

Die  eigentiimliche  Stellung  des  Lac  des  Brenets  in  Bezug  auf 
freischwimmende  Tierwelt  charakterisirt  sich  doppelt  :  durch 
Armut  an  Lidividuen  und  durch  Reichtum  an  Arten. 

Keine  einzige  Tierform  trat  aiich  nur  annilhernd  in  der 
gcwolmlichen  pelagischen  Hâufigkeit  auf.  Besonders  mit  den 
diesbeziiglichen  Yerhâltnissen  des  Lac  de  Joux  hielten  die 
pelagischen  Fange  am  Lac  des  Brenets  keinen  Vergleich  aus. 
Nicht  nur  war  die  Oberflâche  relativ  unbelebt,  auch  lângere 
Netzziige  aus  10 — 12  Meter  Tiefe  lieferten  quantitativ  nur 
spilrliches  Material.  Am  hiiufigsten  waren  noch  Notholca 
longispina  und  die  beiden  Arten  von  Euchlanis.  Manche  rein 
pelagische  Formen,  wie  die  Bosminen  und  speziell  Poli/phemus, 
wurden  nur  in  ganz  vereinzelten  Exemplaren  erbeutet. 

Dagegen  erwies  sich  die  schwimmende  Lebewelt  als  aus 
sehr  zahlreichen  Arten  zusammengesetzt.  Ihr  gehorten.z.  B. 
an  die  beiden  Chydorusîormen  und  die  zwei  Arten  von  Euch- 
lanis, die  sich  iibrigens  auch  in  deu  Rhatikonseen  haufig  auf 


3G8  F.    ZSCIIOKKE. 

der  freien  Wasserflâche  aufhalten.  Ausserdem  aber  wiirden 
freischwimmend  neben  den  an  Arten  selir  /ahlreichen  typischen 
Rotatorien  imd  Entomostraken  des  Lininoplaiikton  rein  litto- 
rale Tiere  wie  Monocerca,  Alona,  Fleur oxus^  Simocepliahis 
gefangen.  Die  Piiidertierchen,  Copepoden  und  Cladoceren  des 
Plankton  aber  giengen  auf  der  anderen  Seite  bis  dicht  an  die 
Ufer,  um  sich  mit  der  Fauna  ausgesproclieu  littoralen  Cha- 
rakters  zu  misclien. 

Kurz  ausgedrûckt  :  die  Grenzen  zwischen  littoraler  und 
limnetisclier  Tierwelt  sind  im  Lac  des  Brenets  in  liohem  Masse 
verwisclit.  Jede  der  beiden  Faimen  liefert  der  anderen  zahl- 
reiclie  Elemente. 

Dièses  eigeutumliche  Verliiiltniss  mag  seine  Erklarung  teil- 
weise  wenigstens  in  den  fiir  einen  See  relativ  starken  Strô- 
mungen  des  Lac  des  Brenets  finden.  Der  Flusscharakter  des 
Gewassers  kommt  so  zum  faunistischen  Ausdruck.  Littorale 
und  limnetische  Elemente  werden  passiv  gemisclit. 

Die  verhâltnissmâssig  starke  Strômung  diirfte  vielleicht  aucli 
einer  ausgiebigen  Vermelirung  der  Planktonwesen  hindernd 
entgegentreten  und  fortwâlirend  grosse  Mengen  derselben  dem 
See  entfuliren.  So  wilrde  Artenreichtum  und  Individuenar- 
mut  der  limnetisclienj  Welt  von  "demselben  ausseren  Moment 
bedingt. 

Bei  Deutuug  des  Reichtums  an  pelagischen  Arten  ist  nocli 
ein  anderer  Punkt  zu  beachten.  Der':See  bietet  durch  seine 
erstaunlicli  maunigfaltige  Algenflora^fiu^  viele  Tiere  und  beson- 
ders  fiir  freie  Schwimmer  treffliche  Existenzbedingungen.  Es 
stellen  sich  in  ihm  denn  auch  die  verscliiedensten  rein  pela- 
gischen Geschôpfe  ein  ;  die  ungiinstigen  Stromungen  ziehen 
aber  ihrer  hidividuellen  Vermehrung  enge  Grenzen.  Ein 
starker  Prozentsatz  der  Nachkommen  wird  dem  Seebecken 
immer  wieder  entfiihrt. 

So  spiegelt  die  Tierwelt  des  Lac  des  Brenets  nach  Zusam- 


DIE   TIERWELT   UER   JURASEEN.  369 

meiisetzung  uud  Verteilung  den  Fluss-Seecharakter  des  hei- 
mischen  Gewilssers  wieder.  Lac  de  Joux  und  Lac  des  Brenets 
siiid  faunistisch  zwei  ganz  verschiedene  Typeii,  wie  sie  es  aucli 
physikalisch  und  hydrograpliisch  sind.  Ein  neues  Beispiel 
dafur,  dass  die  so  eintonige  Siisswassertierwelt  in  geographisch 
engbegrenzten  Bezirken  zu  reclit  verschiedenen  kleineren 
Lokalfaunen  unter  dem  Drucke  der  âusseren  Verhaltnisse  grup- 
pirt  wird.  Der  Lac  de  Joux  ist  auch  zoologiscli  ein  richtiger 
Gebirgssee,  der  Lac  des  Brenets  trâgt  den  faunistischen  Clia- 
raktér  des  langsam  fliessenden,  stagnirenden  Stioms. 

LimnicijtJiere  neocomensis  n.  sp. 

Die  Gattung  Lmmcytliere  vertritt  im  siissen  Wasser  die 
sonst  fast  rein  marine  Gruppe  der  Cytheriden.  Es  setzt  sich 
die  ganze  Familie  nacli  dem  grossen  Werk  von  Norman  und 
Brady  (2)  aus  15  Gênera,  mit  153  Spezies  zusammen  ;  nur 
drei  Gattungen  mit  aclit  Arten  bewohnen  das  slisse  Wasser. 

Das  Genus  Limnicytliere  wurde  im  Jahr  1868  von  Brady 

(2)  geschatïen.  Es  umfasste  damais  die  Arten  L.  iiwpinata 
Baird,  und  L.  monstrifica  Norman.  Beide  sind  aus  England, 
L.  inopinata  auch  aus  Schweden  und  durch  Moniez  (21)  aus 
Frankreich  bekannt.  Seither  ist  von  Lilljeborg  eine  neue 
Art  unter  dem  Namen  L.  relida  beschrieben  worden  ;  sie 
stammt  aus  der  Umgebung  Upsalas.     Brady  und  Robertson 

(3)  stellten  die  englische  Spezies  L.  sandi-patricii  auf  und 
Dahl  (6)  charakterisirt  eine  Art  aus  dem  scliwachsalzigen 
Ostseebrakwasser  bei  Neustadt  unter  dem  Namen  L.  incisa. 
Durch  diesen  Fmid  wird  es  fragiich  gemacht,  ob  das  Genus 
LhmiicytJiere  ganz  dem  Siisswasser  angehore  ;  Dahl's  Form 
ist  wenigstens  noch  nie  in  reiuem  Siisswasser  festgestellt  wor- 
den. Ein  Vorkommen  in  verschiedenen  Medien  ist  iibrigens 
fur  Limnicythere  nicht  ausgeschlossen,  da  ihre  Familiengenos- 

25* 


370  F.    ZSCHOKKE. 

seii,  (lie  Cytlierideii,  vielfache  Beispiele  von  Anpassungsfahig- 
keit  an  wecliselncle  ilussere  Bedinguugen  bieten.  Eine  sechste 
Art,  L.  statioiiis,  wuide  1891  von  Yavra  (24)  in  Bohmen 
entdeckt. 

Fur  die  schweizerisclie  Faunistik  ist  es  von  Intresse  zii 
beacliten,  dass  der  von  Vernet  (25)  1878  aus  dem  Genfer- 
see  (bei  40  Meter  Tiefe)  bescliriebene  Acantliopus  elongatus 
nach  dem  Urteil  von  Moniez  (21)  mit  der  Form  Lïmnicytlwre 
inopinata  Baird.  zusammenfâllt.  Brady  und  Xorman  (3)  ver- 
einigen  ihn  dagegen  mit  L.  relicta  Lilljeb.'  Die  Form  ist  also 
keineswegs  neu. 

Den  sechs  bekannten  Arten  ist  eine  siebente  aus  dem  Lac 
des  Brenets  beizufugen.  Nach  ihrem  Fundort  im  Neuenburger 
Jura  mag  sie  den  Namen  Limnkijtliere  neocomensis  tragen. 
Wie  seine  Verwandten  bewegt  sich  das  Thier  unbeliolfen,  des 
Schwimniens  unfâhig,  im  Sclilamme  des  Sees. 

Von  den  beschriebenen  Arten  weicht  L.  neocomensis  in 
mancher  Richtung  ab. 

Gestalt  und  Struktur  der  Schale  schon  verhindern  eine 
Vereinigung  mit  Limnicythere  statioms,  L.  monstrifica.  L.  ino- 
pinata uiid  L.  relicta.  Etwas  nâlier  verwandt  ist  sie  in  dieser 
Hinsicht  mit  der  DAHL'schen  L.  incisa  und  mit  L.  sancti-patri- 
cii,  ohne  dass  indessen  bei  nâherer  Priifung  eine  Identitiit  sich 
feststellen  liesse. 

Die  Lange  des  Tieres  betriigt  1,35  mm.,  die  Hôhe  0,62  mm. 
Es  iibertrifft  somit  bedeutend  die  fiir  L.  incisa  angegebenen 
Masse  (Lange  0,5  mm.)  und  ebenso  die  Dimensionen  von  L. 
sancti-patricii  (0,8  mm.)  und  L.  relicta  (0,6  mm.).  L  stationis 
endlich  erreicht  nur  eine  Lange  von  0,36  mm.,  bei  einer  Hohe 
von  0,20  mm. 

Die  Schale  zeigt  einen  Umriss  von  langgestreckter  Niereii- 
gestalt,  doch  ist  der  obère  Rand  beinahe  ganz  gerade,  niclit 

'  Dieser  Aiisicht  scliliesst  sicli  aucli  Kaukmaxn  an.  Zoolog.  An:..  \s']-2. 


DIE   TIERWELT   DER   JURASEEN.  371 

unâhnlicli  wie  bei  L.  reUcta.  Vorder-  uiid  Hinterraiid  fallen 
zuerst  allmahlig,  dann  plotzlich  unvermittelt  nach  iinten  ab  ; 
der  vordere  ist  im  Gegensatz  zu  L.  reUcta  weiter  ausgezogen 
als  der  liintere.  Der  Unterrand  ist  ziemlich  stark  ausge- 
schnitten.  Die  grôsste  Tiefe  des  Aussdinitts  liegt  etwas  vor 
der  Mitte.  Eine  leichte  hj-aline  Umsaumuiig  der  freien  Rànder 
ist  gerade  noch  nachweisbar,  eine  Zâhnelung  fehlt  ihnen  voll- 
kommen.  Dagegen  sind  dieselben  —  Vorder-,  Hinter-  und 
Unterrand  —  mit  sehr  feinen  und  ziemlich  langen  Haaren 
dicht  bepflanzt.  Dazwischen  stelien  in  ungefahr  regelmâssigen 
Abstilndcn  stârkere  Borsten  von  doppelter  Lange,  die  sich 
etwas  innerhalb  des  Kandes  auf  der  Obertiilche  der  Schalen 
inseriren.  Sie  werden  von  kleinen  Hokerciien  getragen  nnd 
sind  schràg  nach  auswiirts  gerichtet.  Sonst  bieiben  die  weis- 
sen,  lialbdurchsichtigen  und  ziemlich  diinnen  Schalen  unbe- 
haart.  Die  geschilderten  Verhàltnisse  kehren  bei  keiner  ver- 
wandten  Art  in  dieser  Combination  wieder. 

Auch  die  fur  die  Schalen  von  Limnieythere  so  charakteris- 
tischen  Erhôhungen  und  Vertiefungen  gehen  bei  L.  iieocomen- 
sis  ihren  eigenen  Weg.  Jede  Schalenhâlfte  trâgt  ungefahr  in 
ihrer  Mitte,  doch  immer  etwas  nach  unten  und  vorn  verschoben^ 
eine  ziemlich  weite  und  tiefe,  scharf  abgesetzte  Grube  von 
etwa  sechsseitiger  Begrenzuiig.  Am  Unterrande,  und  zwar 
etwas  vor  Beginn  seines  letzten  Viertels,  liegt  auf  jeder  Scha- 
lenhiilfte  ein  stumpfer,  plumper,wenighervorspringenderHoker. 

Die  sich  verflachende  Randzone  ist,  wie  bei  den  meisten 
verwandten  Formen,  scharf  gegen  den  stark  gewôlbten  cen- 
tralen  Schalenteil  abgesetzt;  sie  entwickelt  sich  breit  vorn 
und  hinten,  verschwindet  am  Oberrand  und  wird  in  der  Mitte 
des  Unterrands  auf  eine  Minimalbreite  eingeengt. 

Wie  bei  Limnieythere  relicta,  L.  sancti-patricii  und  wol 
auch  L.  incisa  verlaufen  bei  der  neuen  Art  liber  die  Randzone 
radiâr  ausstralende  Linien,  die  dieselbe  in  nach  aussen  etwas 


372  F.    ZSCHOKKE. 

breiter  werdende  Felder  eiiiteilen.  Dièse  doppelt  contourirten 
Radiarliiiien  niaclien  etwas  vor  dem  iiussersten  Schalenrand 
Hait  ;  an  ihrera  peripherisclien  Eiidpunkt  erhebt  sich  jeweilen 
eine  der  oben  geschilderten,  schràg  nach  auswârts  gerichteteii 
starken  Randborsten.  An  Zahl  ûbertreffen  die  Radiârlinieii 
die  entsprechenden  Bildiingen  der  verwandteii  Arten  ;  der 
vordere  und  hintere  Schalenabschnitt  besitzt  jeder  mehr  als 
zwanzig. 

Nach  der  Struktur  der  Schale  nilhert  sich  die  neue  Art  noch 
am  ehesten  der  von  Dahl  beschriebenen  L.  incisa^  ohne  dass 
indessen  von  Uebereinstimmung  gesprochen  werden  kônnte. 
Die  Oberflâche  ist  bedeckt  mit  zahlreichen,  eingesenkten  pol}-- 
gonalen  Feldchen.  Sechs  bis  zwôlf  und  mehr  derselbeu  treten 
jeweilen  zu  einem  grosseren  Complex  zusammen;  die  einzelnen 
Complexe  werden  durcli  an  Feldchen  freie  Zwischenriiume  oder 
Strassen  getrennt,  in  denen  je  eine  schwache  punktirte  Linie 
verljiuft.  In  der  Randzone  ist  dièse  Schalenstruktur  verwischt  ; 
die  Tiel'e  der  Grube  jeder  Schalenhiilfte  ti'iigt  einige  ovale, 
grôssere  und  stârkere  Einsenkungen. 

Die  ersten  funfteiligen  Antennen  besitzen  ein  schraales  End- 
giied,  das  âhnlich  wie  bei  Lïmnicyflicre  sfafiouis,  in  eine  lange 
gespaltene  Borste  auslâuftj  Der  eine  Borstenast  ist  lang, 
zugespitzt,  der  andere  kurz,  stumpf.  Ganz  kurz  vor  dem 
freien  Ende  triigt  das  Glied  noch  zwei  steife,  spitze  Borsten. 
Das  vorletzte  Antennenglied  ist  mit  sechs  Borsten  ausgeriistet, 
von  denen  vier  dem  iiusseren  Ende  angehôren,  die  zwei  ande- 
ren  dagegen  an  der  inneren  Hàlfte  des  Gliedes  liegen.  An 
Lange  kommen  sich  die  beiden  letzten  Glieder  ungefahr  gleich, 
doch  ist  das  vorletzte  viel  krilftiger  und  bildet  an  der  Inser- 
tionsstelle  der  inneren  Borsten  einen  deutlich  hervorspringen- 
den  Absatz.  Das  mittlere  sehr  kurze  Antennenglied  besitzt 
nur  eine  lange,  steife  Borste  am  Ende  seines  liusseren  Randes. 
Sie  liberragt  an  Lange  das  vorletzte  Antennenglied.     Dann 


DIE   TIERWELT   DER   JURASEEN.  373 

folgen  die  zwei  sehr  kraftigen  ersten  Glieder,  sie  verbinden 
sich  im  Gegensatz  zii  den  vier  bereits  besprochenen  gelenkig 
untereinander  ;  von  ihneii  trâgt  das  zweitletzte  nocli  eine  Borste 
am  âusseren  Ende.  Das  erste,  zweite  iind  vierte  Glied,  von 
der  Basis  ans  gerechnet,  haben  an  der  Aussenseite  einen 
dichten  Besatz  steifer  Haare  aufzuweisen. 

Am  zweiten  viergliedrigen  Antennenpaar  untersclieiden  wir 
ein  kriiftiges  Basalglied  mit  Haarbiiscliel  nahe  dem  Grande  und 
mit  gegliederter  Spinnklaue,  die  beinahe  bis  an  die  Spitze  der 
Endklauen  reicht.  Mit  dem  Basalglied  verbindet  sich  beweg- 
licli  das  zweite  Glied;  es  ist  breiter  als  lang,  besitzt  an  seiner 
Basis  einen  Haarbilschel  und  an  seinem  âusseren  Ende  eine 
steife  Borste.  An  dem  langgestreckten  dritten  Glied  zalilen 
wir  etwas  vor  der  Mitte  der  Unterseite  und  der  Oberseite  je 
zwei  Borsten,  die  von  einer  sehr  feinen  dritten  begleitet  wer- 
den.  Nahe  dem  âusseren  Gliedende  wiederholen  sich,  eben- 
falls  unten,  eine  stârkere  und  eine  schwâchere  Borste.  Ausser- 
dem  trâgt  das  Glied  verschiedene  Haarbiischel  (Fig.  5). 

Das  relativ  schlanke  und  lange  vierte  oder  Endglied  schliesst 
mit  drei  starken  Krallen,  einer  kiirzeren  und  zwei  lângeren,  ab. 

Von  der  Mandibel  ist  bemerkenswert  die  mit  starken  Zâhnen 
bewaffnete  Kauflâche  und  der  plumpe  viergliedrige  Taster. 
Auf  die  typische  Gestaltung  des  Branchialanhangs  bei  Lim-ni- 
cythere  ist  durch  Dahl  (6)  aufmerksam  gemacht  worden.  Die 
Worte  des  Kieler  Zoologen  gelten  aiich  fiir  L.  neocomensis. 
Der  vom  Basalglied  der  Mandibel  getragene  Anhang  ist  etwas 
schlanker  als  bei  L.  incisa  ;  am  freien  Ende  lâiift  er  in  sieben 
lange  und  starke  Fiederborsten  aus  ;  zwei  weitere,  kiirzere  und 
voneinander  abgebogene  inseriren  sich  seitlich  an  ihm. 

Maxille  vierarmig,  mit  sehr  starken  und  gekriimmten  Bors- 
ten. Besonders  der  erste  Arm  ist  âusserst  massiv  entwickelt  ; 
am  Ende  seines  Basalglieds  stehen  drei  starke  Borsten,  das 
Endglied   trâgt   deren  vier  noch  stârkere,  drei  terminal  und 


374  F.    ZSCHOKKE. 

eine  basai.     Der  Aussenrand  der  Maxillenbasis  ist  geziilint. 

Von  den  drei  Fusspaaren  ist  das  mittlere  das  langste.  Aile 
siiid  viergliedrig  iind  immer  iiberragt  das  Basalgiied  jedes  der 
iibrigen  Glieder  an  Lange  und  Stiirke.  Zwisclien  erstem  und 
zweitem  Fussglied  findet  sich  eine  gelenkige  knieartige  Ver- 
bindung.  Jeder  Fuss  endet  mit  einer  sàbelfôrmig  gekriimmten 
Kralle;  diejenigen  des  letzten  Paares  sind  besonders  lang  und 
schlank  ;  sie  erreichen  beinahe  die  Gesammtlange  der  drei 
letzten  Fussglieder.  Das  Basalgiied  des  ersten  Fusspaars 
rûstet  sicli  an  der  vorderen  Kante  und  am  âiisseren  Ende  mit 
je  zwei  Borsteu  ans. 

Am  Basalgiied  des  zweiten  Fusses  bemerken  wir  ebenfalls 
vier  Borsten  :  eine  steht  der  Basis  nalie,  zwei  finden  sich  am 
vorderen  Rand,  eine  am  âusseren  Ende. 

Ganz  âhnlich  beborstet  ist  das  Basalgiied  des  dritten  Fusses. 

Das  zweite  Glied  aller  sechs  Fiisse  kommt  an  Lange  etwa 
dem  vereinigten  dritten  und  vierten  gleicli  ;  es  tràgt  am  iiusse- 
ren  Ende  regelmâssig  eine  Borste  von  derselben  Dimension. 

Der  Hinterleib  tindet  seinen  Abschluss  in  einem  behaarten 
mit  spitzem,  geradem  Dorn  endendenHocker;  darunter  erheben 
sich  zwei  stumple  Vorsprïnige,  die  je  eine  leicht  gebogene 
Borste  tragen.  Das  stellt  die  Rudimente  der  Fiircalglieder 
dar. 


An  den  Excursionen  an  den  Lac  de  Joux  und  den  Lac  des 
Brenets  betheiligten  sich  folgende  Studenten  der  Basler  Uni- 
versitât,  die  Herren  :  M.  Alioth,  J.  Arregger,  R.  Dietschy, 
E.  HocKENJOS,  A.  MiiRY,  H.  Passavant  und  A.  de  Pour- 

TALÈS. 


t)TE    TIERWEI.T    DER   JURASEEN.  375 


L  I  T  T  E  R  A  T  Lî  R 

1.  Au:ii':,  Ch   —  [condt/raphic  et   histoire  naturelle  des   Coléoptères  (C Europe. 

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2.  Bkadv,  g.  s.  —  A  moHwjraph  of  tke  récent  British  Ostncod.'i.  Traiisaclioiis 

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jreshwater  Ostracoda  o[  Ihe  North  Atlantic  and  of  North-weslern  Europe. 

Section  I.  Podocopa.  Scientilic  Transactions  of  tlie  Royal  Dublin  Society. 

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1886. 


376  F.    ZSCHOKKE. 

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biolog.  Station  zuPlon.  I.  Teil,  1893. 


QUELQUES 

STADES  LARVAIRES  D'UN  CHÉTOPTÈRE 


PAR 

Ed.   BÉRANECK 

Professeur    à    l'Académie    de    Neuchâtel. 
Avec  la  planche  XV. 


Je  me  suis  rendu,  le  printemps  passé,  à  Villefranche-sur-Mer, 
pour  me  procurer  des  Alciopides,  et  j'ai  fait  dans  ce  but  de  la 
pêche  pélagique  à  différentes  profondeurs.  Il  ne  m'a  pas  été  pos- 
sible de  capturer  un  seul  exemplaire  de  ces  vers,  qui  sont  cepen- 
dant assez  communs  en  hiver  dans  la  rade  de  Villefranche.  Par 
contre,  j'ai  recueilli  une  larve  d'Annélide  que  je  crois  pouvoir 
attribuer  au  genre  Chétoptère  ;  elle  se  rapproche  beaucoup  de 
la  larve  du  Phjllochœtoptenis  socialis,  dont  un  stade  a  été  décrit 
par  Claparède  et  Metschnikoff  dans  leur  mémoire  clas- 
sique :  «  Beitrdge  ziir  Kenntniss  der  Entwickelungsgeschiehte 
der  Chœtopoden  ' .  » 

J'ai  élevé  pendant  une  quinzaine  de  jours  les  rares  individus 
de  cette  larve  qui  me  sont  tombés  sous  la  main,  et  j'ai  dessiné 
quelques-unes  des  phases  de  leurs  métamorphoses.  La  présente 
communication  n'est  pas  une  étude  organogénique,  du  reste 
impossible  à  faire  avec  le  matériel  dont  je  disposais  ;  elle  n'a 
d'autre  mérite  que  d'enregistrer  les  principales  modifications 

'  Voir  Ze'iUchrift  far  Wissenschaftliche  Zoologie,  Bil.   11),  1869. 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  26 


378  ED.  BÉRANECK. 

extérieures  subies  par  cette  larve  d'Annélide,  durant  une  partie 
de  son  évolution  post-embryonnaire.  Pour  faciliter  cet  exposé, 
je  désignerai  les  six  stades  larvaires  que  j'ai  dessinés  par  les 
lettres  A,  B,  C,  D.  E,  F;  A  correspond  au  stade  le  plus  jeune 
et  F  au  plus  âgé. 

Les  figures  de  la  planche  XV  se  rapportent  presque  toutes  à 
un  même  individu,  ce  qui  permet  de  mieux  les  comparer  les  unes 
aux  autres.  Le  stade  le  plus  jeune  que  j'aie  observé,  ou  stade  A, 
est  représenté  par  la  fig.  1  ;  il  n'atteint  pas  un  millimètre  de 
longueur.  A  cette  phase  de  son  développement,  cette  larve  de 
Chétoptère  nage  facilement;  elle  est  pourvue  de  deux  couron- 
nes ciliaires  parallèles  qui  entourent  le  corps  dans  sa  région 
médiane.  Cette  larve  appartient  donc  au  type  mésotroque.  Le 
nombre  de  ces  couronnes  ciliaires  ne  paraît  pas  avoir  une 
grande  importance  phylogénique,  car  il  varie  même  chez  des 
formes  assez  proches  parentes.  Ainsi,  les  Telepsavus,  qui  appar- 
tiennent aussi  à  la  famille  des  Chétoptérides,  passent  dans  leur 
évolution  larvaire  par  une  phase  mésotroque  à  une  seule  cou- 
ronne ciliaire  médiane,  tandis  que  les  jeunes  Phyllochétoptères 
possèdent  deux  de  ces  couronnes. 

La  larve  A,  à  laquelle  correspond  la  figure  1,  est  très  con- 
tractile. Son  corps  se  divise  en  trois  régions:  une  antérieure, 
s'étendant  de  l'extrémité  céphalique  à  la  première  couronne 
ciliaire;  une  médiane,  constituée  par  les  deux  couronnes  ciliai- 
res; une  postérieure,  comprise  entre  ces  dernières  et  l'appen- 
dice caudal. 

La  région  antérieure  est  la  plus  développée  des  trois.  Elle  se 
décompose  en  deux  sous-régions  .•  l'une  céphalique  ;  l'autre  para- 
podiale.  La  sous-région  céphaUque  est  représentée  dorsalement 
dans  la  fig.  1,  et  ventralement  dans  la  fig.  1  a.  Elle  est  assez 
large  et  séparée  de  la  sous-région  parapodiale  par  un  étrangle- 
ment. Elle  est  constituée  par  un  lobe  céphalique  dorsal  et  par 
un  lobe  céphalique  ventral. 


QUELQUES   STADES    LARVAIRES   d'uN   CHÉTOPTÈRE.  379 

Le  lobe  dorsal  a  la  forme  d'une  calotte  assez  bombée,  dont  le 
iDord  arrondi  est  pourvu  d'une  rangée  de  cils  vibratiles  un  peu 
moins  accusés  que  ceux  des  couronnes  ciliaires  de  la  région  mé- 
diane.  Ce  lobe  porte   deux  tentacules  coniques  relativement 
courts,  à  son  sommet,  et  six  taches  oculaires  échelonnées  le  long 
de  son  pourtour  (voir  tig.  l  t  et  t,  o).  Ces  six  taches  oculaires 
sont  réparties  en  trois  paires,  dont  l'une  médiane  et  antérieure, 
les  deux  autres  latérales  et  postérieures.  Elles  sont  colorées  par 
un  pigment  noirâtre  et  varient  légèrement  en  dimension.  Une 
disposition  aussi  régulière  des  taches  oculaires  ne  parait  pas 
être  la  règle  chez  tous  les  Chétoptérides.  La  larve  de  Phyllo- 
chétoptère  (?)  dessinée  par  Claparède  et  Metschnikoff  '  pos- 
sède six  yeux  irrégulièrement  distribués,  dont  deux  sont  beau- 
coup plus  volumineux  que  les  quatre  autres.  Par  contre,  dans 
les  larves  de  Chétoptères  figurées  par  Max  MIiller',  les  six  ta- 
ces  oculaires  sont  groupées  par  paires  comme  je  viens  de  le 
décrire.  Les  formes  larvaires  que  Fewkes  '  a  attribuées  avec 
hésitation   au   genre  Phyllochétoptère  (voir  op.  cit.,  pi.  III, 
tig.  16-18),  montrent  bien  six  yeux  distribués  en  trois  paires; 
elles  sont  en  outre  pourvues  d'un  long  cil  frontal  situé  en  avant 
de  la  paire  oculaire  antérieure  et  médiane.  J'ai  aussi  observé  un 
cil  frontal  dans  une  larve  que  je  n'ai  pu  conserver  (voir  fig.  1  h). 
Mais,  il  n'existait  que  deux  paires  d'yeux  ;  la  paire  antérieure 
faisait  défaut.  Quoique  je  n'aie  pu  suivre  cette  forme  larvaire, 
elle  appartient  par  sa  morphologie  à  un  représentant  de  la  fa- 
mille des  Chétoptérides.  Elle  me  paraît  pouvoir  être  identifiée 
à  la  larve  de  Chétoptère  dont  j'étudie  en  ce  moment  quelques 
métamorphoses  post-embryonnaires,  et  en  représente  certaine- 
ment un  stade  plus  jeune. 

'   Voir  Cl.APARHDE  et  METSCHNIKOKb-,  up.  cit.,  pi.  XIV,  fig.  2. 

-  Max  MiiLi.ER,  Ueber  die  weitere  Entwicklung  von  Mesotrocha  sexoculata, 
Arcliiv  f.  Anat.  Pliysiol.  von  .1.  Millier,  18.5.^. 

^  Fkwkes,  On  the  Development  oj'  certain  Worm  larvae.  Bul.  of  Mus.  ofComp. 
Zool.  Harvard  Collège,  Cambridge.  Vol.  XI,  ii°  9,  188:5. 


380  ED.    BERANECK. 

Le  lobe  ventral  de  la  sous-région  céphalique  est  un  peu 
bombé,  sa  concavité  fait  face  à  celle  du  lobe  dorsal.  C'est  au 
point  d'union  de  ces  deux  lobes  que  s'ouvre  la  bouche.  Le  lobe 
ventral  est  bordé  par  une  rangée  de  cils  vibratiles  (fig.  1  a,  l, 
c,v)\  il  est  creusé  postérieurement  d'un  sillon  médian,  qui  le 
divise  en  deux  moitiés  droite  et  gauche.  Ce  lobe  est  très  mobile, 
il  est  très  souvent  déjeté  en  arrière  comme  le  montre  la  fig.  1  a\ 
d'ordinaire,  il  est  étalé  en  avant  et  en  grande  partie  recouvert 
parle  lobe  dorsal. 

La  sous-région  parapodiale  qui  fait  suite  à  la  tête  propre- 
ment dite,  ne  mérite  pas  encore  ce  nom;  car,  à  ce  stade  évolutif, 
ma  larve  de  Chétoptère  ne  possède  pas  de  bourgeons  parapo- 
diaux  ni  de  soies.  Cette  sous-région  est  encore  asegmentée,  du 
moins  les  protubérances  dermiques  dont  naîtront  les  parapodes 
ne  sont  qu'à  peine  esquissées  (fig.  1  et  1  a,  r,  p).  Elle  est  tapis- 
sée par  de  fins  cils  vibratiles. 

La  région  médiane  comprenant  les  deux  couronnes  ciliaires, 
est  bien  marquée,  à  ce  stade  larvaire.  Ces  deux  couronnes  sont 
séparées  par  un  intervalle  relativement  grand,  qui  correspond  à 
un  segment  du  corps.  Elles  ne  constituent  pas  les  seuls  organes 
locomoteurs  de  la  larve;  car,  ainsi  que  je  l'ai  déjà  signalé,  les 
lobes  céphaliques  dorsal  et  ventral  sont  bordés  par  une  rangée 
de  cils  vibratiles,  qui  jouent  aussi  un  rôle  dans  la  locomotion. 

La  région  postérieure  du  corps,  que  j'appellerai  aussi  région 
post-ciliaire,  est  nettement  segmentée.  Elle  comprend  quatre 
métamères,  qui  ont  à  peu  près  tous  la  même  longueur,  mais 
dont  la  largeur  diminue  du  métamère  antérieur  au  métamère 
postérieur  (fig.  1  r,  p,  c).  Aux  lignes  de  séparation  de  ces  qua- 
tre segments  sont  annexées  de  fines  couronnes  ciliaires.  Ainsi 
cette  larve  possède,  en  réalité,  six  couronnes  ciliaires,  dont  deux 
bien  accusées,  et  quatre  de  moindre  importance.  Elles  sont  loca- 
lisées aux  régions  médiane  et  postérieure  du  corps,  c'est-à-dire 
là  oii  la  segmentation  de  l'organisme  commence  à  se  produire. 


QUELQUES   STADES    LARVAIRES    d'uN   CIIÉTOPTÈRE.  381 

Les  deux  importantes  couronnes  ciliaires  de  la  région  médiane 
apparaissent,  en  effet,  au  point  où  se  formera  le  premier  seg- 
ment'. Il  est  intéressant  de  constater  que,  du  moins  dans  cette 
larve,  la  métamérisation  est  plus  précoce  dans  la  région  posté- 
rieure, non  parapodiale,  du  corps  que  dans  la  région  antérieure, 
parapodiale. 

Au  dernier  segment  de  la  région  post-ciliaire  est  annexé 
un  appendice  caudal  asegmenté.  Cet  appendice  est  étroit,  al- 
longé, couvert  de  fins  cils  vibratiles  et  porte  à  son  extrémité  dis- 
taie  des  cils  plus  longs  et  plus  rigides,  qui  sont  sans  doute  de 
nature  tactile  (fig.  1  a,  c).  A  son  point  de  jonction  avec  le  der- 
nier métamère  du  corps,  il  est  flanqué  de  deux  protubérances 
anales  encore  peu  développées.  Toute  la  région  postérieure  ou 
post-ciliaire  de  la  larve  est  très  contractile.  Les  segments, 
ainsi  que  l'appendice  caudal,  peuvent  plus  ou  moins  rentrer  les 
uns  dans  les  autres  comme  les  tubes  d'une  lunette  d'approche. 

En  comparant  ma  larve  A  de  Chétoptère  avec  des  formes 
larvaires  appartenant  au  même  genre  et  décrites  par  d'autres 
auteurs,  j'ai  trouvé,  dans  leur  morphologie  extérieure,  de  peti- 
tes différences  que  je  crois  utile  de  signaler.  Les  stades  figurés 
par  MaxMuLLER  (pp.  cit.,  pi.  I,  fig.  7  et  8),  correspondent  à 
peu  près,  comme  âge,  à  mon  stade  le  plus  jeune  (fig.  1).  Ils  en 
diffèrent:  par  l'effacement  des  lobes  céphaliques,  surtout  du 
lobe  ventral;  par  le  peu  de  développement  des  tentacules  ;  par  la 
présence  de  plusieurs  rangées  de  soies  parapodiales  disposées  à 
la  face  ventrale  de  la  région  antérieure  du  corps,  caractère  qui 
manque  à  ma  larve  ;  enfin  par  la  métamérisation  moins  mar- 
quée de  la  région  post-ciliaire. 

Fewkes  a  décrit  deux  stades  larvaires  de  Phyllochétoptè- 
res  (?),  mais  ceux-ci  appartiennent  à  des  individus  très  jeunes 
(voir  op.  cit.,  pi.  III,  fig.  16-18j.  Dans  le  premier  stade,  le  lobe 

'  Voir  Fewkes,  op.  cit.,  pi.  III,  fig.  16-18.  Ces  trois  ligures  se  rapportent  à 
des  larves  de  Chétoptères  encore  plus  jeunes  que  celles  que  je  décris. 


382  ED.  BÉRANECK. 

céphalique  frontal  se  dessine  ;  il  n'existe  encore  qu'une  couronne 
ciliaire.  Quant  à  la  région  post-ciliaire,  elle  est  courte  et  non 
segmentée.  Dans  le  second  stade,  le  lobe  céphalique  dorsal  est 
plus  accusé;  le  lobe  céphalique  ventral  commence  à  se  marquer. 
La  seconde  couronne  ciliaire  se  montre  en  même  temps  qu'appa- 
raît la  métamérisation  de  la  région  post-ciliaire.  Par  contre,  la 
région  antérieure  n'est  pas  segmentée  et  ne  laisse  voir  aucune 
rangée  de  soies  parapodiales.  Cette  disposition  se  retrouve  en- 
core dans  ma  larve  A,  quoique  cette  dernière  soit  un  peu  plus 
âgée. 

Claparède  et  Metschnikoff  n'ont  obvervé  qu'un  stade 
d'une  larve  qu'ils  attribuent  au  PhyUodiœtopterus  socialis. 
Celle-ci  possède  un  lobe  céphalique  dorsal  et  un  lobe  céphalique 
ventral  bien  développés,  le  lobe  dorsal  porte  deux  tentacules 
allongés,  trois  longs  poils  tactiles,  qui  font  défaut  dans  mon 
stade  A,  et  six  taches  oculaires.  Deux  de  ces  taches  oculaires 
sont  plus  volumineuses  que  les  quatre  autres  et  ces  six  yeux 
sont  répartis  autrement  que  chez  ma  forme  larvaire  A.  La 
larve  de  Claparède  et  Metschnikoff  est  déjà  pourvue,  dans 
la  région  antérieure  du  corps,  de  bourgeons  parapodiaux  armés 
de  soies  rudimentaires.  Il  existe  deux  couronnes  ciliaires  :  la 
région  post-ciliaire  est  segmentée  et  se  termine  par  un  appen- 
dice caudal  allongé.  Au  dernier  segment  de  cette  région  sont 
appendiculés  deux  organes  en  forme  de  sac  qui  renferment 
d'abondantes  capsules,  que  ces  zoologistes  assimilent  à  des  cel- 
lules urticantes.  Je  n'ai  pas  observé  d'organes  semblables  dans 
mon  stade  A.  Les  deux  protubérances  anales  que  j'ai  signalées 
plus  haut,  dans  ce  stade,  ont,  avec  le  dernier  segment  du  corps, 
des  relations  légèrement  différentes  et  ne  m'ont  pas  paru  renfer- 
mer de  capsules  urticantes. 

La  larve  de  Claparède  et  Metschnikoff  est  certainement 
un  peu  plus  âgée  que  ma  larve  A,  comme  le  montre  la  présence 
de  bourgeons  parapodiaux  dans  la  région  antérieure,  et  la  plus 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.        383 

grande  différenciation  des  segments  de  la  région  post-ciliaire  ; 
malgré  cela,  les  différences  qui  séparent  ces  deux  formes  lar- 
vaires sont  telles  que  je  ne  puis  attribuer  ces  dernières  à  la 
même  espèce  de  Chétoptérides. 

Le  stade  B  de  ma  larve  se  distingue  surtout  du  précédent 
par  les  modifications  qui  se  sont  produites  dans  la  région  anté- 
rieure du  corps  (tig.  2  r,  p).  L'individu  est  vu  par  la  face  dor- 
sale, et  le  lobe  céphalique  dorsal  recouvre  le  lobe  ventral.  Les 
tentacules  se  sont  allongés  et  les  taches  oculaires  sont  toujours 
au  nombre  de  trois  paires.  La  région  parapodiale  commence  à 
se  segmenter;  les  bourgeons  parapodiaux  font  saillie  sur  les 
côtés  du  corps,  ils  sont  au  nombre  de  sept  et  sont  armés  de 
courtes  soies.  Dans  cette  région,  la  segmentation  est  intimement 
liée  à  l'apparition  des  parapodes.  Les  deux  couronnes  ciliaires 
sont  aussi  développées  que  dans  le  stade  précédent,  et  consti- 
tuent encore  les  principaux  organes  locomoteurs.  Le  segment 
que  ces  couronnes  délimitent  est  le  plus  volumineux  de  tout 
l'organisme.  La  région  post-ciliaire  est  restée  à  peu  près  sta- 
tionnaire.  Elle  comprend  toujours  quatre  segments  qui  sont  plus 
nettement  distincts  les  uns  des  autres  et,  dont  les  sillons  de  sé- 
paration portent  encore  de  fines  couronnes  ciliaires  (tig.  2  r, 
p,  c).  L'appendice  caudal  qui  termine  la  région  postérieure 
du  corps  a  conservé  les  mêmes  caractères  que  dans  le  stade 
précédent;  il  en  est  de  même  des  deux  protubérances  anales  qui 
sont  annexées  au  dernier  segment  de  cette  région. 

La  figure  3  représente  le  stade  C.  La  larve  s'est  un  peu  allon- 
gée, elle  est  vue  par  la  face  dorsale.  Le  lobe  céphalique  dorsal 
s'est  légèrement  réduit  ;  il  porte,  comme  dans  les  phases  lar- 
vaires plus  jeunes,  deux  tentacules  et  trois  paires  de  taches 
oculaires.  Le  lobe  céphalique  ventral  est  encore  très  accusé 
(fig.  3,  l,  c,  c)  et  n'est  qu'en  partie  recouvert  parle  lobe  dorsal. 
Il  est  toujours  bordé  par  une  rangée  de  cils  vibratiles  et  a 
conservé  sa  grande  mobilité.  Ce  lobe  se  reploie  facilement  en 


384  ED.  BÉRANECK. 

arrière.  Lorsque  la  larve  se  tient  au  fond  du  cristallisoir  où 
elle  est  en  observation,  elle  fait  souvent  reposer  sur  le  verre 
son  lobe  ventral  et  s'en  sert  pour  explorer  le  milieu  ambiant 
ainsi  que  comme  point  d'appui  dans  ses  mouvements  de  repta- 
tion. 

La  segmentation  de  la  région  parapodiale  est  plus  marquée 
dans  le  stade  C  que  dans  le  stade  B  (fig.  3,  r,  p).  Les  bour- 
geons parapodiaux  au  nombre  de  sept  paires  sont  mieux  définis 
et  portent  des  soies  plus  accusées.  Les  faisceaux  musculaires 
actionnant  ces  parapodes  se  sont  développés,  de  sorte  que  la 
locomotion  qui,  auparavant,  dépendait  presque  exclusivement 
de  l'activité  des  cils  vibratiles,  tend  à  se  localiser  de  plus  en 
plus  dans  les  bourgeons  parapodiaux.  Aussi,  la  larve,  de  péla- 
gique qu'elle  était,  devient  plutôt  larve  de  fond. 

La  différenciation  d'organes  locomoteurs  spéciaux  dans  la 
région  antérieure  du  corps  a  entraîné  la  réduction  des  deux 
couronnes  ciliaires.  Celles-ci  sont  en  voie  de  disparition;  mais, 
le  segment  qu'elles  délimitent  reste  à  peu  près  stationnai re,  il 
se  détache  seulement  davantage  du  reste  du  corps  (fig.  3,  c,  c). 

La  région  post-ciliaire  s'est  allongée  ;  elle  comprend  mainte- 
nant cinq  segments  qui  sont  séparés  les  uns  des  autres  par  des 
sillons  de  plus  en  plus  marqués.  En  examinant  la  figure  3 
{r,  p,  c),  on  voit  que  ces  segments  dessinent  sur  les  côtés  de  la 
région  post-ciliaire  des  franges  comparables,  au  premier  abord, 
à  des  bourgeons  parapodiaux.  Ces  franges  ne  donnent  jamais 
naissance  à  des  soies  parapodiales.  Elles  ne  sont  pas  de  simples 
protubérances  latérales  des  métamères  du  corps  ;  mais,  elles 
entourent  complètement  le  métamère,  ainsi  qu'on  peut  le  consta- 
ter dans  les  stades  larvaires  ultérieurs  (fig.  4,  /).  La  larve  attri- 
buée par  Claparède  et  Metschnikoff  au  Phyllochœtopterus 
socialis,  quoique  plus  jeune  que  mon  stade  C,  montre  de  ces 
franges  dépendant  des  segments  post-ciliaires.  Elles  sont  seule- 
ment moins  marquées;  ces  deux  savants  les  considèrent  comme 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.        385 

des  branchies  {op.  cit.,  PI.  XIV,  fig.  2  hr.).  Fewkes  désigne 
aussi  sous  le  nom  de  branchies  des  tubérosités  appartenant  aux 
segments  post-ciliaires,  mais  observées  chez  des  larves  de 
Telepsavus  et  de  Gapitella  {op.  cit.,  PL  III,  fig.  12  et  19).  Ce 
dernier  auteur  pas  plus  que  Claparède  et  Metsciinikoff 
n'indique  ce  que  ces  tubérosités  deviennent  dans  le  cours  des 
métamorphoses  post-embryonnaires. 

Dans  la  larve  que  j'étudie  en  ce  moment,  je  ne  crois  pas  que 
les  franges  de  la  région  post-ciliaire,  représentent  réellement  des 
branchies.  A  ce  stade  C,  la  larve  est  encore  en  grande  partie 
recouverte  de  fins  cils  vibratiles  dont  les  vibrations  déterminent 
un  renouvellement  continu  de  la  couche  d'eau  en  contact  avec 
le  corps  ;  les  échanges  respiratoires  peuvent  donc  s'effectuer 
par  toute  la  surface  de  l'organisme.  En  outre  ces  soi-disant 
tubérosités  branchiales  ne  constituent  pas  des  évaginations  de 
la  paroi  des  segments  post-ciliaires  ;  elles  représentent  ces 
segments  eux-mêmes  qui  s'aplatissent  selon  leur  grand  axe  et 
forment  ainsi  une  sorte  de  feston  circulaire  ou  de  manchon  plus 
ou  moins  perpendiculaire  au  plan  longitudinal  du  corps.  Que  ces 
festons  contribuent  pour  une  part  à  la  respiration,  cela  me  parait 
incontestable  ;  car,  ils  possèdent  eux  aussi  un  revêtement  ciliaire 
délicat.  Mais,  on  ne  peut  les  considérer  comme  de  véritables 
branchies.  Morphologiquement,  ils  correspondent  à  des  bour- 
geons parapodiaux  étalés  et  aplatis.  Cette  disposition  n'apparaît 
que  dans  certains  stades  larvaires  ;  elle  s'efface  en  effet,  dans 
les  larves  plus  âgées  comme  je  le  montrerai  bientôt. 

L'appendice  caudal  si  développé  dans  les  stades  A  et  B  s'est 
passablement  réduit  dans  le  stade  C  ;  il  est  accompagné  de  deux 
autres  expansions  tubuleuses  qui  sont  situées  en  arrière  des 
deux  protubérances  anales. 

La  figure  4  représente  ma  larve  à  un  état  plus  avancé  de  son 
développement.  Le  lobe  céphalique  dorsal  diminue  d'importance  ; 
les  deux  tentacules  qu'il  porte  paraissent  s'être  raccourcis. 


386  ED.  BÉRANECK. 

Les  trois  paires  de  taches  oculaires  sont  encore  visibles  ;  mais, 
des  six  yeux  (fig.  4,  t,  o),  trois  sont  en  régression  et  ne  tardent 
pas  à  disparaître  (fig.  5,  f,  o).  Il  ne  reste  plus  ainsi  que  trois 
taches  oculaires  dont  deux  latérales  et  la  troisième  antérieure, 
médiane.  Le  lobe  céphalique  ventral  est  toujours  plus  accusé 
que  le  lobe  dorsal  (fig.  4,  /,  c,  v)  ;  il  a  conservé  sa  grande  mobi- 
lité. Les  segments  de  la  région  parapodiale  sont  mieux  marqués 
que  dans  les  stades  précédents  (fig.  4,  r,  p). 

Les  parapodes  sont  bien  définis,  très  contractiles  et  les  soies 
dont  ils  sont  armés  sont  nombreuses  et  acquièrent  leur  forme 
définitive.  Il  n'existe  qu'une  paire  de  bourgeons  parapodiaux 
par  métamère.  Tous  ceux-ci  ne  m"ont  pas  paru  être  insérés  à  la 
même  hauteur  sur  les  dilïérents  segments  ;  ils  ne  dessinent  donc 
pas  une  série  rectiligiie.  Les  couronnes  ciliaires  ont  presque 
complètement  disparu  dans  le  stade  D  ;  elles  sont  encore  indi- 
quées par  de  fins  bourrelets  transversaux  qui  séparent  le  méta- 
mère médian  du  corps,  des  régions  parapodiale  et  post-ciliaire 
(fig.  4,c,  c). 

La  région  post-ciliaire  est  celle  qui  s'est  le  plus  modifiée.  Les 
segments  qui  la  constituent  se  sont  transformés  en  festons  ou 
manchons  rattachés  les  uns  aux  autres  par  des  étranglements. 
Ces  festons  (fig.  4,  /")  ne  portent  pas  non  plus,  dans  le  stade 
D,  de  soies  parapodiales  ni  de  bourgeons  parapodiaux.  Ils 
sont  membraneux,  à  surface  légèrement  bombée,  et  sont  mobiles. 
En  général,  ils  sont  parallèles,  à  l'exception  du  feston  du  dernier 
segment  post-ciliaire  qui  se  déjette  en  arrière.  L'appendice 
caudal  ainsi  que  les  protubérances  anales  se  sont  atrophiés  ;  il 
ne  reste  plus  de  toutes  ces  formations  caudales  que  les  deux 
expansions  tubuleuses  péri-anales  qui  ont  fait  leur  première 
apparition  dans  le  stade  C. 

Le  plus  âgé  des  deux  stades  de  Chœtopterus  norvégiens  décrit 
par  Max  Mûller  {op.  cit.,  PI.  I,  fig.  4  et  5)  correspond  à  peu 
près  au  stade  D  de  ma  larve  ;  il  en  diffère  surtout  par  la  présence 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.       387 

de  bourgeons  parapodiaux  sur  les  festons  des  segments  post- 
ciliaires  et  par  quelques  autres  particularités  secondaires  qui 
se  reconnaissent  aisément  en  comparant  les  figures  4  et  5  du 
mémoire  de  ce  savant  à  la  figure  4  de  ma  présente  communi- 
cation. 

C'est  dans  ce  stade  D  que  les  caractères  morphologiques  des 
Chétoptérides  deviennent  bien  accusés.  Le  corps  de  la  larve  est 
divisé  en  une  région  antérieure,  parapodiale  et  en  une  région 
postérieure,  à  segments  lestonnés.  Je  m'attendais  à  ce  que  ces 
caractères  s'accentuent  dans  les  phases  évolutives  ultérieures; 
et  j'ai  été  fort  surpris  de  constater,  qu'au  lieu  de  s'accentuer, 
ceux-ci  tendaient  plutôt  à  s'atténuer,  du  moins  dans  la  région 
postérieure  ou  post-ciliaire  de  la  larve. 

A  cet  égard,  le  stade  E  est  très  instructif.  Les  lobes  cé- 
phaliques  dorsal  et  ventral  sont  très  réduits  de  sorte  que  la 
tête  devient  de  moins  en  moins  distincte  de  la  région  parapo- 
diale. Les  deux  tentacules  que  porte  le  lobe  dorsal  sont  courts. 
Les  taches  oculaires  ne  sont  plus  qu'au  nombre  de  deux.  Ce 
sont  les  taches  oculaires  postérieures  des  deux  paires  latérales 
qui,  seules  subsistent,  des  six  yeux  dont  la  toute  jeune  larve  est 
pourvue.  Les  deux  yeux  du  stade  E  sont  situés  sur  les  parties 
latérales  du  lobe  céphalique  dorsal  près  de  la  base  des  tenta- 
cules, mais  extérieurement  par  rapport  à  ceux-ci  (fig.  6,  f,  o). 
Le  lobe  céphalique  ventral  si  développé  dans  les  formes  larvaires 
plus  jeunes,  s'est  presque  complètement  atrophié.  Cet  organe  est 
donc  transitoire  et,  ne  joue  un  rôle  que  pendant  l'évolution 
embryonnaire. 

La  région  parapodiale  n'a  subi  que  peu  de  changements  ;  elle 
est  un  peu  aplatie  dorso-ventralement.  Les  parapodes  distribués 
de  chaque  côté  de  cette  région  en  une  série  légèrement  irré- 
gulière, sont  plutôt  localisés  à  la  face  dorsale  des  métamères 
dont  ils  dépendent.  Les  soies  qu'ils  portent  sont  assez  nombreu- 
ses et  varient  de  forme  dans  un  même  bourgeon  parapodiaL 


388  ED.    BÉRAXECK. 

Celles  qui  occupent  la  portion  dorsale  des  parapodes  sont  à 
pointe  longue,  effilée  ;  celles  qui  en  occupent  la  portion  ventrale, 
sont  plus  massives  et  à  pointe  élargie  en  lame  de  scalpel.  Ces 
différences  de  forme  entre  les  soies  dorsales  et  ventrales  sont 
plus  marquées  dans  les  trois  premières  paires  de  parapodes  que 
dans  les  suivantes  (fig.  la  et  7 h). 

Les  couronnes  ciliaires  ne  sont  plus  du  tout  visibles  dans  le 
stade  E.  Le  segment  auquel  celles-ci  correspondent  et  qui 
jusqu'alors  était  resté  presque  stationnaire,  se  distingue  mainte- 
nant beaucoup  mieux  des  segments  adjacents.  Il  s'est  étiré  laté- 
ralement et; dessine  deux  appendices  aliformes  dans  lesquelles 
on  voit  tardivement  des  soies  prendre  naissance.  Ces  soies  sont 
parallèles,  aciculées  et  ne  font  pas  saillie  hors  des  appendices 
qui  les  renferment.  Ces  derniers  sont  ainsi  assimilables  à  des 
bourgeons  parapodiaux  de  grande  taille  (fig.  G,  s,  c,  c). 

L'espace  compris  entre  le  segment  de  la  région  ciliaire  et 
la  dernière  paire  de  parapodes  de  la  région  antérieure  du  corps, 
montre  latéralement  un  petit  pinceau  de  cils  vibratiles  implantés 
sur  un  mamelon  à  peine  marqué.  Je  crois  avoir  observé  en  ce 
point  un  orifice  et  je  pense  que  les  canaux  néphridiens  de  la 
larve  doivent  aboutir  à  ce  mamelon  cilié  (fig.  6,^9^  c,  v).  Dans  ce 
stade,  les  canaux  excréteurs  sont  encore  peu  développés.  Ils 
commencent  à  se  former  dans  la  région  médiane  ou  ciliaire  du 
corps;  puis,  s'étendent  en  arrière  dans  les  segments  post-ciliaires. 
Ces  derniers  se  sont  passablement  modifiés,  de  la  forme  larvaire 
D  à  la  forme  larvaire  E.  Ils  ne  sont  plus  qu'au  nombre  de 
quatre  et  ont  perdu  leur  forme  caractéristique  de  festons. 

Les  segments  post-ciliaires  sont  moins  larges  qu'auparavant  ; 
mais,  se  sont  allongés.  Ils  vont  en  diminuant  de  taille,  du  premier 
ou  métamère  antérieur,  au  quatrième  ou  métamère  anal  (fig.  6, 
r,  j),  c).  On  voit,  en  examinant  la  figure  6,  que  les  soi-disant 
tubérosités  branchiales  possédées  par  les  jeunes  larves,  font 
complètement  défaut  dans  le  stade  E.  Ces  tubérosités  n'étaient 


QUELQUES   STADES   LARVAIRES   d'un   CHÉTOPTÈRE.  389 

que  les  premiers  vestiges  des  festons  qui  se  sont  développés  par 
la  suite,  pour  disparaître  plus  tard.  J'ai  représenté  dans  la 
figure  6  le  tube  digestif  de  ma  larve,  au  stade  E.  Il  comprend 
une  portion  œsophagienne  allongée  répondant  à  la  région  para- 
podiale  du  corps;  une  portion  stomacale  plus  renflée,  répondant 
à  la  région  ciliaire  et  aux  premiers  segments  de  la  région  post- 
ciliaire  ;  enfin,  une  portion  terminale  assez  courte  qui  débouche 
à  l'extrémité  postérieure  du  dernier  segment  post-ciliaire.  L'ap- 
pendice caudal,  les  expansions  tubuleuses  qui  l'accom.pagnent 
et  les  protubérances  anales  ont  subi  une  atrophie  complète. 

Ayant  dû,  à  ce  moment,  quitter  le  laboratoire  de  Villefranche 
pour  rentrer  à  Neuchâtel,  j'ai  emporté  ma  larve  dans  un  bocal 
d'eau  de  mer  puisée  au  large.  Ce  type  larvaire  est  parait-il  assez 
résistant  ;  car,  il  a  bien  supporté  le  voyage.  Une  fois  de  retour, 
j'ai  dessiné  encore  une  phase  de  l'évolution  post-embryonnaire 
de  cette  larve  ;  puis,  cette  dernière  est  malheureusement  morte 
peu  de  temps  après.  La  figure  7  représente  le  dernier  stade  que 
j'aie  observé,  soit  le  stade  F.  Le  lobe  céphalique  dorsal  fait  de 
plus  en  plus  corps  avec  la  région  parapodiale;  il  porte  deux 
tentacules  et  deux  taches  oculaires.  Le  lobe  ventral  est  très 
effacé.  La  région  parapodiale  est  relativement  large,  aplatie 
dorso-ventraleraent.  Elle  est  parcourue  sur  la  ligne  médiane 
dorsale  par  un  sillon  vibratile  longitudinal.  Ces  parapodes  bien 
découpés  sont  armés  de  nombreuses  soies  dont  j'ai  déjà  décrit 
les  caractères  dans  le  stade  précédent.  Le  segment  à  appen- 
dices aliformes  soutenu  par  un  iaisceau  interne  de  soies  aciculées 
s'est  encore  étiré  latéralement  ^fig.  7,  s,  c,  c).  La  région  post- 
ciliaire  n'est  plus  constituée  que  par  deux  longs  segments  résul- 
tant de  la  fusion  des  métamères  primitifs  (fig.  7,  r,p,  c).  Cha- 
cun d'eux  est  parcouru  par  une  paire  de  canaux  ondulés  longi- 
tudinaux représentant  des  néphridies  (fig.  7,  n). 

Je  n'ai  pu  suivre  toutes  les  métamorphoses  post-embryon- 
naires de  ma  larve.  Malgré  cette  lacune,  je  vais  essayer  de 


390  EU.    BÉRANECK. 

déterminer  à  quel  genre  d'Annélide,  cette  dernière  appartient. 
L'ensemble  des  caractères  embryologiques  montre  que  ma  forme 
larvaire  doit  être  attribuée  à  une  espèce  de  la  famille  des 
Chétoptérides.  Il  suffit  pour  s'en  convaincre  de  comparer  les 
figures  1  et  2  de  ce  travail,  aux  dessins  de  larves  de  Chétoptère 
et  de  Phyllochétoptère  reproduits  par  différents  auteurs. 

Selon  Carus  '  la  famille  des  Chétoptérides  renferme  quatre 
genres  qui  sont  les  suivants:  Chœtopterus,  Phyllochœtopteriis, 
Telepsav?ÂS,  Banzania.  Nous  connaissons  les  formes  larvaires 
des  trois  premiers  genres.  Les  larves  de  Telepsavus  sont  méso- 
troques, mais  elles  ne  possèdent  qu'une  couronne  ciliaire  et  que 
deux  ou  quatre  taches  oculaires.  Ces  caractères  diffèrent  trop 
de  ceux  que  j'ai  observés  pour  qu'il  y  ait  identification  possible 
entre  le  type  larvaire  Telepsavus  et  le  mien.  Les  larves  de 
ChœtqÉems  comme  celles  de  PhyUochœtopterus  sont  mésotroques  ; 
elles  possèdent  deux  couronnes  ciliaires  et  six  taches  oculaires. 
D'après  le  dessin  de  Claparède  et  Metschnikoff,  la  larve 
de  PhyUochœtopterus  diffère  entre  autres  de  celle  de  Ciiœtopterus 
(Fewkes,  Max  Muller)  par  les  dimensions  et  la  disposition 
des  six  taches  oculaires.  Les  six  taches  oculaires  des  jeunes 
Chœtopterus  sont  distribuées  en  trois  paires,  une  médiane  anté- 
rieure et  deux  latérales  postérieures.  Ma  larve  possède  deux 
€Ouronnes  ciliaires  et  six  yeux  disposés  comme  ceux  des  formes 
larvaires  de  Chœtopterus.  Elle  appartient  selon  toute  probabilité 
à  une  espèce  de  ce  dernier  genre,  plutôt  qu'à  une  espèce  de 
PhyUochœtopterus . 

Cette  conclusion  me  parait  encore  ressortir  de  l'examen  des 
stades  les  plus  âgés  de  ma  larve.  La  région  céphalique  des 
PhyUochœtopterus  adultes  porte  deux  paires  de  tentacules,  tandis 
que  celle  des  Chœtopterus  n'en  porte  qu'une  ;  or,  même  dans  les 
phases  évolutives  les  plus  avancées  de  ma  larve,  le  lobe  cépha- 

^  C-ABUS.  Prodromus  Faiinre  M  éditer  ranese,  Pars  I,  Stuttgart  1884. 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  GHÉTOPTÈRE.       391 

lique  dorsal  de  celle-ci  ne  montre  qu'une  paire  de  tentacules. 
De  plus,  le  stade  E  et  surtout  le  stade  F,  possèdent  immédiate- 
ment en  arrière  de  la  région  parapodiale,  un  segment  qui  déve- 
loppe latéralement  deux  longs  appendices  aliformes.  Ce  seg- 
ment répond,  comme  je  l'ai  montré,  aux  deux  couronnes  ciliaires 
primitives,  et  les  appendices  qu'il  émet  sont  soutenus  par  des 
soies  aciculées  qui  ne  font  pas  saillie  à  l'extérieur.  Les  Chœtop- 
terus  adultes  ont  aussi  un  segment  semblable  qui  occupe  dans 
le  corps  de  l'Annélide  la  même  position  relative  et  dont  les 
expansions  latérales  laissent  voir  un  faisceau  interne  de  soies 
de  soutien.  C'est  celui  que  Joyeux-Laffuie  '  dans  sa  mono- 
graphie du  Chétoptère  qualifie  de  «  douzième  segment  (premier 
de  la  région  moyenne).  » 

Ce  savant  dit  à  ce  sujet  :  *  Les  auteurs  sont  loin  de  s'en- 
«  tendre  sur  le  nombre  de  segments  que  Ton  doit  faire  entrer 
*  dans  cette  région  (région  moyenne).  Les  uns,  comme  Lespès 
«  et  Cosmovici  placent  le  douzième  segment  dans  la  région  supé- 
«  rieure',  tandis  que  d'autres,  comme  de  Quatrefages,  le  com- 
«  prennent  dans  la  région  moyenne.  Cette  dernière  opinion, 
«  acceptée  par  Jourdain,  est  aussi  celle  que  j'adopte  comme 
«  étant  la  plus  naturelle.  Elle  est  basée  sur  des  dispositions 
«  anatomiques  que  je  ferai  ressortir  en  traitant  des  organes 
«  internes,  dispositions  qui  n'ont  pas  encore  été  signalées.  » 

La  manière  de  voir  de  Quatrefages,  Jourdain  et  Joyeux- 
Laffuie  se  justifie  non  seulement  par  des  dispositions  ana- 
tomiques, mais  encore  par  des  considérations  embryogéniques. 
Ce  segment  avec  ses  appendices  aliformes  n'appartient  pas 
à  la  région  parapodiale  du  corps;  il  constitue,  à  lui  seul,  la 
région  médiane  de  la  larve.  Il  mérite  même  qu'on  lui  accorde 
une  attention  toute  spéciale,  car  c'est  le  premier  métamère  qui 

»  Joyeux-Lakkuik.  Etude  monoyraphiqiie  du   Chétoptère  (Clia'toptei'us  \;iri(j- 

pedatus).  Archives  de  Zoologie  expérimentale  de  Laca/e-Dutliiers.  T.  VIII,l!Si)0. 

*  La  région  supérieure  de  Joyeux-Laffuie  correspond  à  ma  région  parapodiale. 


392  ED.    BÉRAXECK. 

se  forme  duraut  l'évolution  embryonnaire.  C'est  aussi  le  segment 
qui  subit  le  moins  de  modifications  pendant  les  métamorphoses 
post-larvaires. 

Théoriquement,  la  région  moyenne  du  Chœtopterus  adulte  ne 
devrait  comprendre  que  ce  seul  segment,  le  douzième  d'après 
Joyeux-Laffuie.  Les  segments  postérieurs  à  ce  douzième,  qui 
sont  passablement  nombreux,  répondent  tous  à  la  région  posté- 
rieure ou  post-ciliaire  de  la  larve,  région  dont  les  métamères  sont 
primitivement  semblables  les  uns  aux  autres  (fig.  1  et  2,  r,p,  c). 
Ces  derniers  ne  tardent  pas  à  se  différencier  en  manchons  apla- 
tis, légèrement  concaves,  qui  rappellent  la  forme  des  segments 
XIV,  XV  et  XVI  de  Joyeux-Laffuie.  Cette  disposition  n'est 
que  transitoire.  La  métamérisation  de  la  région  post-ciliaire 
s'efface  même  plus  ou  moins  dans  les  phases  larvaires  ultérieures 
et,  par  un  procédé  de  fusion,  cette  région  n'est  plus  composée 
que  de  deux  segments,  dans  le  stade  F.  C'est  aux  dépens  de 
ces  deux  métamères  que  se  formeront,  à  l'exception  du  dou- 
zième, les  nombreux  segments  des  régions  moyenne  et  posté- 
rieure de  l'individu  adulte. 

Je  viens  d'indiquer  quelques-uns  des  caractères  sur  lesquels 
je  m'appuie  pour  attribuer  ma  larve  à  une  espèce  du  genre 
Chœtopterus;  il  est  encore  une  similitude  d'organisation  que  je 
tiens  à  relever.  La  face  dorsale  de  la  région  parapodiale  est 
marquée  d'une  gouttière  vibratile  longitudinale  et  médiane  chez 
le  Chétoptère  adulte.  J'ai  retrouvé  chez  les  larves  âgées^  prin- 
cipalement dans  le  stade  F,  un  sillon  vibratile  qui  occupe  la 
même  position,  et  correspond  sans  doute  à  la  gouttière  de  l'indi- 
vidu complètement  développé. 

Si  ma  larve  appartient  bien  au  genre  Chœtopterus,  ce  qui  me 
paraît  incontestable,  la  comparaison  de  mon  plus  jeune  stade 
avec  les  deux  stades  encore  plus  jeunes  figurés  par  Fewkes 
montre  que  cet  auteur  a  eu  probablement  tort  de  rattacher 
ses  deux  formes  larvaires  au  genre  Phyllochœtopterus.  Du  reste, 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  I)'UN  CHÉTOPTÈRE.        393 

dans  l'explication  des  figures  de  sa  planche  III,  Fewkes  fait 
suivre  ce  nom  de  genre  d'un  point  d'interrogation.  Les  deux 
larves  décrites  par  ce  savant  se  rapportent  bien  plutôt  au  genre 
Chœtoptenis. 

En  étudiant  la  série  des  métamorphoses  post-embryonnaires 
de  ma  larve,  et  en  comparant  les  stades  âgés  de  celle-ci  à  un 
Chétoptère  adulte,  il  en  ressort  un  fait  intéressant.  A  partir  du 
stade  B,  la  métamérisation  de  la  région  parapodiale  se  marque 
par  l'apparition  des  parapodes,  et  cette  région  se  maintient  sans 
trop  de  modifications  jusque  dans  l'individu  adulte.  Les  bour- 
geons parapodiaux  sont  bien  découpés,  les  soies  nombreuses  et 
saillantes,  ce  qui  tendrait  à  prouver  que  les  formes  ancestrales 
de  ces  Annélides  étaient  errantes.  Le  segment  aliforme  qui  fait 
suite  à  la  région  parapodiale  acquiert,  lui  aussi,  relativement 
tôt,  ses  caractères  définitifs.  La  tête  se  constitue  de  bonne 
heure  par  réduction  des  lobes  céphaliques  dorsal  et  ventral  de 
de  la  jeune  larve,  et  par  disparition  de  quatre  des  six  taches 
oculaires  primitives.  Il  en  est  tout  autrement  de  la  région  post- 
ciliaire,  dont  l'évolution  ultérieure  est  la  plus  lente  et  la  plus 
compliquée.  Même  au  stade  F,  cette  région,  qui  comprend  seu- 
lement deux  segments,  ne  possède  pas  encore  les  caractères 
qu'elle  présente  dans  l'adulte. 

Pourquoi  les  régions  antérieure  et  ciliaire  acquièrent-elles 
beaucoup  plus  tôt  leur  morphologie  externe  définitive  que  la 
région  post-ciliaire  ?  Je  n'ai  pas  la  prétention  de  donner  une 
réponse  catégorique  à  cette  question.  Il  me  semble  qu'on  pour- 
rait chercher  la  cause  de  cette  apparente  anomalie  dans  les  deux 
sources  d'énergie  organique  qui  actionnent  le  développement 
embryonnaire  :  l'hérédité  phylogénique,  et  l'hérédité  d'adaptation. 
L'hérédité  phylogénique  tend  à  reproduire  les  caractères  du 
type  souche,  tandis  que  l'hérédité  d'adaptation  tend  à  repro- 
duire les  altérations  que  ces  caractères  ont  subi  lorsque  l'animal 
s'est  acclimaté  à  de  nouvelles  conditions  d'existence.  Il  est  sou- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  27 


394  ED.    BÉRANECK. 

vent  très  difficile  de  déterminer,  dans  l'évolution  embryonnaire, 
les  dispositions  organiques  qui  sont  acquises  par  voie  phylogéni- 
que  de  celles  qui  sont  acquises  par  voie  adaptive.  Si  l'individu 
s'est  acclimaté  à  un  genre  de  vie  complètement  différent  de  celui 
que  possédaient  ses  ancêtres,  l'hérédité  d'adaptation  peut  deve- 
nir tellement  prépondérante  qu'elle  retentira  sur  tout  le  déve- 
loppement embryonnaire  et  réduira  au  minimum  le  rôle  de  l'hé- 
rédité phylogénique.  C'est  le  cas  chez  bon  nombre  de  formes 
parasites,  les  Cestodes,  par  exemple. 

Les  Chétoptères  dérivent  probablement  d'ancêtres  primitive- 
ment libres.  Leurs  larves  mènent  pendant  un  temps  assez  long 
une  existence  indépendante  ;  elles  ont  comme  organes  locomo- 
teurs les  couronnes  ciliaires  et  les  parapodes.  La  région  para- 
podiale  qui,  dans  les  jeunes  stades,  mesure  approximativement 
la  moitié  de  la  longueur  du  corps,  n'en  occupe  plus  que  la 
sixième  partie  environ  dans  l'adulte.  Cette  régression  relative 
montre  que  cette  région  locomotrice  a  joué  autrefois  un  rôle  plus 
important.  Cette  dernière  a  conservé  plus  que  le  reste  du  corps 
les  caractères  du  type  souche  ;  elle  subit  surtout  l'influence  de 
l'hérédité  phylogénique  et  sa  morphologie  s'accuse  de  bonne 
heure.  Mais,  comment  se  fait-il  que  la  région  parapodiale  se  soit 
maintenue  sans  trop  de  modifications,  après  que  les  Chétoptères 
se  furent  adaptés  à  une  existence  sédentaire  ?  Remarquons  tout 
d'abord  que  les  parapodes  sont  nécessaires  à  la  larve  qui,  pen- 
dant ses  métamorphoses  post- embryonnaires,  mène  une  vie 
errante.  P^n  outre,  ils  sont  utiles  à  l'individu  adulte;  celui-ci 
s'en  sert  pour  se  déplacer  et  se  fixer  dans  le  tube  organique  qu'il 
habite. 

Le  segment  aliforme  des  Chétoptères  reste  à  peu  près  sta- 
tionnaire  jusqu'au  stade  D  ;  lui  aussi,  a  conservé  en  grande  par- 
tie les  caractères  phylogéniques.  Ses  appendices  latéraux  ne 
sont,  que  des  parapodes  plus  allongés  et  plus  volumineux  que 
ceux  de  la  région  parapodiale;  ils  sont  encore  armés  d'un  fais- 
ceau interne  de  soies. 


QUELQUES   STADES    LARVAIRES    d'uN    CHÉTOI'TÈRE.  395 

La  région  post-ciliaire  s'étendant  chez  l'adulte  du  segment 
aliforme  au  segment  anal,  est  celle  qui  s'est  le  plus  profondé- 
ment modifiée  sous  l'influence  de  la  vie  sédentaire.  L'acclimata- 
tion à  de  nouvelles  conditions  d'existence  a  développé  des  dispo- 
sitions morphologiques  toutes  spéciales  dans  les  métamères  de 
cette  région.  L'hérédité  d'adaptation  joue  dans  cette  dernière  un 
rôle  prépondérant  ;  aussi,  les  caractères  phylogéniques  n'y  sont-ils 
plus  visibles  que  pendant  une  courte  période  de  l'évolution  lar- 
vaire. Les  modifications  organiques  dues  à  l'adaptation  sont  ici 
d'une  telle  importance,  que  la  région  post-ciliaire  du  Ghœtop- 
terus  exige  des  métamorphoses  relativement  longues  et  com- 
plexes pour  acquérir  sa  constitution  définitive.  C'est  pourquoi, 
tout  en  étant  segmentée  avant  la  région  parapodiale  (hérédité 
phylogénique),  la  région  post-ciliaire  de  la  larve  revêt  si  tardi- 
vement ses  caractères  définitifs  (hérédité  d'adaptation). 

Considérations  générales. 

Jusqu'à  présent,  il  a  été  signalé,  dans  les  mers  d'Europe, 
neuf  espèces  appartenant  au  genre  Ghcetopterus.  Ces  neuf  espè- 
ces ne  sont  pas  solidement  établies  au  point  de  vue  zoologique. 
Pour  Joyeux-Laffuie  ' ,  qui  a  comparé  soigneusement  leurs 
diagnoses,  elles  doivent  toutes  se  fondre  en  une  seule,  le  Chœ- 
topterus  variopedatus.  Si  ce  point  de  vue  est  exact,  ma  larve 
appartiendrait  donc  au  CJiœtopterus  variopedatus.  Il  en  serait  de 
même  de  la  Mesotrocha  sexoculata  de  Max  Muller. 

Je  ne  sache  pas  qu'on  ait  déjà  décrit  les  premières  phases  du 
développement  des  Chétoptères  européens.  Edmund-B.  Wil- 
son'  a  comblé  cette  lacune,  du  moins  en  ce  qui  concerne  une 

*  Joyeux-Laffuie,  op.  cit.,  pp.  3i5-3ol. 

^  Edmuiid  B.  Wilson,  Observvtions  on  the  early  developmental  stages  of  some 
polychsetous  Annelides,  Studies  from  the  Biol.  Labor.  Hopkins  Univers.  Balti- 
more. Vol.  II,  1882. 


396  ED.    BÉRANECK. 

espèce  américaine,  le  Chœtopteruspergamentaceus.  L'œuf  subit 
dans  cette  espèce  une  segmentation  totale,  inégale,  et  se  trans- 
forme en  une  larve,  qui  se  ramène  facilement  au  type  Trocho- 
phore  (WiLSON,  op.  cit.,  pi  XXII,  iig.  81  et  82).  Korschelt  et 
Heider  ont  reproduit  la  figure  82  du  mémoire  de  Wilson,  à  la 
page  181  de  leur  Traité  d'embryogénie  comparée  des  Inverté- 
brés \  Mais,  ils  ont  omis  de  représenter  le  flagellum  qui,  dans 
le  dessin  original,  s'insère  un  peu  au-dessous  de  la  couronne 
ciliaire  médiane  de  l'embryon.  Ce  flagellum  n'a  probablement 
pas,  en  lui-même,  une  bien  grande  importance  ;  il  permet  cepen- 
dant de  déterminer  avec  précision  la  situation  relative  des  dif- 
férentes couronnes  ciliaires,  qui  se  développeront  durant  l'évo- 
lution embryonnaire. 

La  larve  de  Ckcetopterns  i)ergamentaceus  représentée  à  la 
figure  82  du  mémoire  de  Wilson  est  âgée  de  40  heures.  Elle 
est  plus  allongée  que  la  Trochophore  tj^pe,  et  ne  porte  qu'une 
couronne  ciliaire  située  dans  la  région  médiane  du  corps,  au- 
dessous  de  l'orifice  buccal.  Comme  je  l'ai  déjà  mentionné,  cette 
couronne  est  flanquée  de  deux  longs  flagellums,  qui  lui  sont  sous- 
jacents.  Elle  est  transitoire  et  a  complètement  disparu  chez  les 
larves  âgées  de  5  à  6  jours  (Wilson,  op.  cit.,  fig.  83  et  84).  Les 
flagellums  par  contre  se  maintiennent  plus  longtemps  ;  on  voit 
par  la  suite  s'esquisser  au-dessous  d'eux  une  nouvelle  couronne 
ciliaire.  Celle-ci  devient  bien  accusée  chez  des  larves  de  douze 
jours,  lesquelles  constituent  le  dernier  stade  évolutif  du  Chétop- 
tère,  observé  par  Wilson  {op.  cit.,  pi.  XXIII,  fig.  7  et  8).  Cette 
couronne,  qui  n'est  donc  pas  la  plus  primitive,  se  développe  dans 
la  région  postérieure  de  l'embryon.  Elle  persiste  dans  les  stades 
larvaires  ultérieurs  et  correspond  à  la  plus  antérieure  des  deux 
couronnes  ciliaires  que  possèdent  la  larve  mésotroque  de  Max 
MliLLER  et  la  mienne.  Pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  compa- 

'  Korschelt  et  Hkidek,  Lehrbuch  der  verglekhenden  Enttvickelungsgeschkhte 
der  Wirbelosen  Thiere.  Heft  I  :  Jeiia,  1890. 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.        397 

rer  les  figures  7  et  8  de  la  PL  XXIII  de  Wilson  aux  figures 
16-18  de  la  PL  III  de  Fewkes,  lesquelles  se  rapportent  k  des 
stades  larvaires  un  peu  plus  âgés. 

Il  ressort  de  cette  comparaison  que  la  plus  postérieure  des 
deux  couronnes  ciliaires  mésotroques  qui  caractérisent  les  Ché- 
toptères  pendant  presque  toute  la  durée  de  leurs  métamorphoses 
embryonnaires,  apparaît  le  plus  tardivement.  Ces  deux  couron- 
nes naissent  dans  la  région  du  corps  oii  se  formera  le  premier 
métamère  (futur  segment  aliforme).  Les  autres  métamères  qui 
se  développent  en  arrière  de  ce  futur  segment  aliforme,  portent 
aussi  de  délicates  couronnes  ciliaires  le  long  de  leur  ligne  de 
démarcation  (fig.  1  et  2  r,  p,  c). 

Ainsi,  les  larves  de  Chœtopterus  passent  par  un  stade  évolutif 
dans  lequel  elles  ne  possèdent,  comme  celles  du  genre  voisin 
Telepsaviis,  qu'une  couronne  ciliaire  persistante.  C'est  là,  cer- 
tainement, une  disposition  ancestrale  commune  à  tous  les  genres 
de  la  famille  des  Chétoptérides.  La  deuxième  couronne  ciliaire 
des  Chœtopterus  et  des  Phi/llochcetopterus  constitue  sans  doute 
une  acquisition  secondaire,  laquelle  pourrait  bien  être  liée  à  une 
segmentation  plus  précoce  de  la  région  postérieure  de  la  larve. 
Cette  segmentation  précoce  doit  influer  sur  la  répartition  des 
cils  vibratiles,  ainsi  que  le  montrent  les  fines  couronnes  ciliaires 
accessoires  qui  séparent  les  segments  terminaux  du  corps  dans 
mes  stades  A  et  B.  Nous  retrouvons  une  distribution  métaméri- 
que  des  cils  non  seulemement  chez  les  larves  de  bon  nombre 
d'Annélides,  mais  encore  chez  celles  de  certains  Mollusques,  les 
Fiietimodermon,  pai-  exemple. 

Les  couronnes  ciliaires  qui,  par  leur  nombre  et  leur  position, 
-caractérisent  les  stades  larvaires  des  Annélides  Polychètes,  n'ont 
qu'une  importance  très  relative  au  point  de  vue  phylogénique. 
Elles  apparaissent,  du  reste,  à  des  phases  différentes  du  déve- 
loppement embryonnaire  et  ne  sont  pas  toujours  comparables 
«ntre  elles.  Les  termes  de  Atroques,  Monotroques,  Télotroques, 


398  ED.  BÉRANECK. 

Poly troques,  Mésotroques,  etc.  par  lesquels  les  zoologistes 
désignent  diverses  formes  de  larves  d'Annélides,  ne  se  rapportent 
pas  à  des  dispositions  nettement  définies  et  typiques  des  cou- 
ronnes ciliaires  possédées  par  ces  larves. 

Une  même  espèce  peut  être  successivement  Mésotroque, 
Atroque,  Télotroque  suivant  que  l'on  étudie  tel  ou  tel  de  ses 
stades  évolutifs.  Ainsi,  la  larve  décrite  par  Max  Mûller  sous 
le  nom  de  Mesotrocha  sexoculata  est  caractérisée  par  deux  cou- 
ronnes ciliaires  médianes.  Le  terme  de  Mésotroque  paraît  se 
justifier  pleinement  dans  le  cas  qui  nous  occupe,  et  cependant 
il  n'en  est  rien.  Considérons  cette  larve  à  un  état  moins  avancé 
de  son  développement,  et  nous  constaterons  que  la  plus  anté- 
rieure de  ces  deux  couronnes  médianes  —  qui  est  aussi  la  pre- 
mière formée  —  apparaît  dans  la  région  péri-anale  (Wilson, 
op.  cit.,  PI.  XXIII,  fig.  8).  Cette  phase  télotroque  est  précédée 
par  une  phase  atroque  dans  laquelle  la  larve  est  couverte  de 
cils  vibratiles,  mais  ne  montre  pas  de  couronne  ciliaire  propre- 
ment dite.  (Wilson,  PI.  XXII,  fig.  83  et  84).  Enfin,  dans  un 
stade  encore  plus  jeune,  il  existe  une  couronne  ciliaire  médiane, 
mésotroque,  qui  ne  tarde  pas  à  s'atrophier.  Celle-ci  est  proba- 
blement l'homologue  de  la  couronne  ciliaire  post-orale  de  la 
Trochophore  (Wilson,  PI.  XXII,  fig.  81  et  82). 

Les  faits  que  je  viens  de  citer  prouvent  que  la  mésotroquie 
présentée  par  la  larve  de  Chœtopterus  relativement  âgée  (stades 
de  Max  Muller,  op.  cit.,  fig.  7  et  8  et  les  miens,  fig.  1,  2)  n'a 
pas  la  même  signification  morphologique  que  la  mésotroquie  de 
la  toute  jeune  larve.  Ces  deux  stades  à  mésotroquie  non  corres- 
pondante, sont  reliés  l'un  à  l'autre  par  une  phase  atroque  et  par 
une  phase  télotroque  à  une  seule  couronne  ciliaire  péri-anale. 

D'après  ce  qui  précède,  pour  différencier  les  diverses  formes 
larvaires  d'Annélides,  on  ne  doit  pas  attacher  une  bien  grande 
importance  au  nombre  et  à  la  position  des  couronnes  ciliaires. 
Ces  caractères  se  modifient,  en  effet,  dans  le  cours  du  dévelop- 
pement embryonnaire. 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.       399 

Il  importe  toutefois  de  remarquer  que  certaines  de  ces  cou- 
ronnes ciliaires  ont  une  valeur  phylogénique  générale  incontes- 
table. Ce  sont  celles  qui,  dans  les  toutes  jeunes  larves,  peuvent 
être  déduites  des  couronnes  ciliaires  de  la  Trochophore,  et  rap- 
pellent ainsi  une  disposition  pliilogénique.  Les  couronnes  trocho- 
phorales  sont  au  nombre  de  deux  ;  l'une  pré-orale,  l'autre  post- 
orale. Leur  persistance  ou  leur  atrophie  dans  l'évolution  em- 
bryonnaire des  Annélides  constituent,  me  semble-t-il,  des 
caractères  différentiels  plus  importants  que  ceux  tirés  du  nombre 
et  de  la  position  de  formations  ciliaires  qui  ne  sont  pas  même 
comparables  entre  elles.  En  se  basant  sur  ces  caractères  diffé- 
rentiels qui  se  rapportent  à  une  disposition  ancestrale  commune 
plus  ou  moins  bien  conservée  dans  l'ontogenèse  des  espèces 
actuelles,  on  peut  diviser  les  larves  d'Annélides  en  quatre 
groupes  : 

1°  Les  EuTROQUES  qui  ont  conservé  les  deux  couronnes 
ciliaires  de  la  forme  souche.  Ex.  Polijgordius,  EcJiiurus. 

2°  Les  Céphalotroques  qui  n'ont  conservé  que  la  couronne 
pré-orale  de  la  Trochophore.  Ex.  Lepidonotus,  Sjilo,  Fliyllodoce. 

3*^  Les  Mésotroques  chez  lesquelles  la  couronne  post-orale 
a  seule  persisté.  Ex.  Chœtopterus. 

4^  Les  Atroques  chez  lesquelles  les  deux  couronnes  trocho- 
phorales  se  sont  atrophiées,  ou  peut-être  n'ont  jamais  existé. 
Ex.  Sternaspis,  Clymenella  (?) 

Pour  éviter  les  erreurs  possibles  dans  la  détermination  du 
groupe  auquel  appartient  telle  ou  telle  larve  d'Annélide,  il 
importe  d'étudier  les  stades  les  plus  jeunes  de  celle-ci;  car,  les 
couronnes  trochophorales  sont  parfois  transitoires.  C'est  le  cas 
chez  les  Chétoptères  ainsi  que  je  l'ai  établi  dans  le  cours  de  ce 
travail. 

La  répartition  des  larves  d'Annélides  en  quatre  groupes,  telle 
que  je  viens  de  l'esquisser,  n'a  qu'une  valeur  relative.  Elle 
repose  sur  un  seul  caractère  différentiel  larvaire,  la  persistance 


400  ED.    BÉRANECK. 

OU  l'atrophie  des  couronnes  ciliaires  trochophorales,  et  ce  carac- 
tère n'implique  pas  nécessairement  des  affinités  zoologiques 
étroites  entre  les  larves  qui  le  possèdent.  Mais,  cette  répartition 
a  l'avantage  de  s'appuyer  sur  la  distribution  de  formations 
ciliaires  comparables  entre  elles.  Les  types  larvaires  des  Anné- 
lides  sont  ainsi  mieux  définis,  plus  stables  que  dans  la  nomen- 
clature actuellement  admise. 

Le  groupe  des  larves  Atroques  est  le  moins  bien  caractérisé, 
puisqu'il  est  basé  sur  une  disposition  organogénique  négative  : 
l'absence  des  couronnes  ciliaires  trochophorales.  Cette  absence 
est-elle  due  à  une  atrophie  ou  répond-elle  à  un  état  larvaire 
encore  plus  primitif  que  celui  de  la  Trochophore  ?  Nous  ne  pou- 
vons répondre  à  cette  question  que  par  des  hypothèses.  Nous 
devons  être  très  prudents  dans  nos  affirmations  à  cet  égard. 
Peut-être  une  étude  plus  complète  du  développement  des  larves 
Atroques,  montrera-t-elle  que  l'absence  complète  des  couronnes 
trochophorales  est  moins  fréquente  qu'on  ne  le  suppose.  Clapa- 
EÈDE  et  Metschnikoff  ont  figuré  une  larve  atroque  qu'ils 
attribuent  avec  hésitation  au  genre  Lumhriconereis.  Fewkes  a 
étudié  soigneusement  l'évolution  d'un  Ltimbriconereis  et  a  des- 
siné, dans  toute  une  série  de  stades  larvaires,  une  couronne 
ciliaire  peu  saillante  située  au-dessus  de  l'orifice  buccal.  Celle- 
ci  ne  tarde  pas  du  reste  à  s'effacer;  par  sa  position,  elle  répond 
certainement  à  la  couronne  pré-orale  de  la  Trochophore.  Il  est 
probable  que  la  larve  décrite  par  Claparède  et  Metschnikoff 
sous  le  nom  de  Lumhriconereis  appartient^  en  réalité,  à  un 
autre  genre  d'Annélides.  Mais,  en  voyant  combien  les  couronnes 
ciliaires  primitives  s'altèrent,  se  dégradent,  pendant  le  déve- 
loppement de  certaines  formes  larvaires,  on  ne  peut  s'empêcher 
de  supposer  que  le  type  atroque  est  dû  à  une  altération  de  la 
forme  Trochophore  ancestrale. 

Je  terminerai  cette  communication  par  quelques  réflexions 
relatives  à  la  place  qu'occupe  la  famille  des  Chétoptérides  dans 


QUELQUES  STADES  LARVAIRES  d'uN  CHÉTOPTÈRE.       401 

la  classe  des  Annélides.  On  allie  généralement  les  Chétoptérides 
aux  Spionides,  et  l'on  a  même  créé  un  genre  Spiochœtoptenis 
pour  montrer  les  affinités  zoologiques  qui  existent  entre  ces 
deux  familles.  Ces  affinités  sont  beaucoup  plus  superficielles  que 
réelles.  Elles  s'appuient  sur  certaines  ressemblances  extérieures, 
mais  ne  sont  pas  consacrées  par  les  données  embryogéniques. 
Le  développement  larvaire  des  Spionides  "  diffère,  en  effet,  com- 
plètement de  celui  des  Chétoptérides. 

L'organisation  anatomique  des  Chétoptérides  et  surtout  l'his- 
toire de  leurs  métamorphoses,  permettent  d'assigner  à  cette 
famille  une  place  à  part  dans  la  classe  des  Annélides.  La  larve 
des  Chétoptères,  qui  se  ramène  à  une  forme  Trochophore  un  peu 
simplifiée,  subit,  comme  nous  l'avons  vu,  une  lente  évolution. 
Elle  acquiert  tardivement  les  dispositions  morphologiques  qui 
caractérisent  l'individu  adulte,  et  reste  longtemps  asegmentée. 
Sa  région  céphalique  diffère  de  celle  des  autres  Annélides  en  ce 
qu'elle  est  constituée  par  deux  lobes  :  l'un  dorsal,  l'autre  ven- 
tral. Le  lobe  dorsal,  qui  se  dessine  très  tôt  dans  l'ontogenèse, 
répond  à  la  région  pré-orale  de  la  toute  jeune  larve.  Le  lobe 
ventral  apparaît  plus  tardivement  et  répond  au  bord  post-oral 
de  la  bouche  primitive,  lequel  se  développe  d'arrière  en  avant 
et  finit  par  prendre  une  plus  grande  extension  que  le  lobe 
dorsal. 

Les  Chétoptères  constituent,  par  l'ensemble  de  leurs  carac- 
tères embryogéniques,  un  groupe  à  part.  Ils  représentent  un 
phylum  particulier  de  la  classe  des  Annélides.  Leurs  ancêtres 
ont  probablement  mené  tout  d'abord  une  existence  libre,  errante, 
puis  ils  se  sont  adaptés  à  une  vie  sédentaire.  Cette  adaptation, 
qui  a  retenti  d'une  manière  générale  sur  tout  l'organisme  des 
Chétoptérides,  a  surtout  contribué  à  modifier  la  morphologie  de 
la  région  postérieure  du  corps  de  ces  derniers.  Cette  région  s'est 

'  Voir  Fewkes,  op.  cit.,  PI.  I  et  II. 


402  ED.    BÉRANECK. 

allongée  et  ses  segments,  en  s'adaptant  aux  fonctions  nouvelles 
qu'ils  avaient  à  remplir,  ont  perdu  leurs  soies  parapodiales  pri- 
mitives. Ils  ont  acquis  des  caractères  spéciaux  ;  de  sorte  que  leur 
liomologie  avec  les  segments  antérieurs  parapodiaux  devient 
souvent  difficile  à  établir  dans  l'individu  adulte,  quoiqu'elle  soit 
des  plus  manifestes  durant  l'ontogenèse. 


NOTICE    MORPHOLOGIQUE 

SUK    I.KS 

GRYLLOTALPIENS 

PAK 

MM.  H.  DE  SAUSSURE  et  L.  ZEHNTNER 

Avec    les     Planches    XVI    et    XVII. 


La  tribu  des  Gryllotalpiens  forme,  dans  la  famille  des  Gril- 
lides,  et  même  parmi  les  Orthoptères  sauteurs,  un  groupe  en 
apparence  très  nettement  séparé. 

On  a  jusqu'à  ce  jour  basé  ce  groupe  sur  les  caractères  sui- 
vants : 

Pattes  antérieures  fouisseuses,  ayant  leurs  tibias  transformés 
en  instrument  aratoire.  Femelles  dépourvues  d'oviscapte. 

Le  fait  de  posséder  des  pattes  fouisseuses,  de  même  que  les 
habitudes  souterraines  de  ces  insectes,  rattachent  les  Gryllotal- 
piens péremptoirement  à  la  famille  des  Gryllides  et  particuliè- 
rement à  la  tribu  des  Grylliens. 

Quant  à  l'absence  d'oviscapte,  elle  constitue,  parmi  les  Or- 
thoptères sauteurs,  une  exception  unique.  Comme  l'oviscapte  est 
formé  aux  dépens  des  deux  derniers  segments  de  l'abdomen, 
son  absence  entraine  une  différence  très  frappante  dans  la  com- 
position et  le  nombre  apparents  des  pièces  de  cette  partie  du 
corps.   Les  derniers  segments  ventraux  n'étant  pas  modifiés 


404  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

chez  les  femelles  pour  la  formation  de  l'oviscapte,  l'abdomen 
dans  ce  sexe  ne  diffère  pas  essentiellement  dans  sa  composition 
de  celui  des  mâles. 

L'absence  d'oviscapte  est,  comme  on  le  comprend,  une  cou- 
séquence  du  genre  de  vie  souterrain.  Des  insectes  vivant  dans 
des  galeries  et  creusant  des  excavations  pour  y  construire  leurs 
nids  n'ont  besoin  d'aucun  instrument  perforant  pour  y  déposer 
leurs  œufs. 

Les  pièces  anales  des  Gryllotalpiens  offrent  du  reste,  d'un 
genre  à  l'autre,  des  différences  si  singulières  que  leur  analyse 
présente  un  intérêt  particulier,  et  comme  elle  n'a  jamais  été 
faite  d'une  manière  complète,  nous  avons  été  conduits,  en  nous 
occupant  de  ce  groupe  d'insectes,  à  lui  accorder  quelque  atten- 
tion. 

Disons  sans  plus  tarder  que  la  diagnose  ci-dessus  donnée  de 
la  tribu  des  Gryllotalpiens  n'est  pas  exacte,  attendu  que  dans 
l'un  des  genres  qui  la  compose,  on  trouve  chez  les  femelles  un 
oviscapte  parfaitement  caractérisé. 

L'abdomen  des  Orthoptères  doit  être  considéré  comme  com- 
posé de  10  segments  complets,  en  comptant  comme  tels  : 

1°  Le  segment  de  sa  base,  désigné  sous  le  nom  de  médiaire, 
parce  qu'il  établit  la  liaison  entre  le  thorax  et  l'abdomen,  et 
qu'il  participe  en  partie  encore  aux  caractères  du  thorax. 

2"  L'anus  formé  d'une  plaque  tergale  et  de  deux  plaques  ou 
valvules  ventrales  \ 


'  Gouinie  dans  les  descriptions  d'espèces  on  ne  compte  généralement  pas  le 
segment  médiaire,  vu  les  apparences  diverses  qu'il  revêt,  il  est  essentiel  de  dire 
que  dans  l'analyse  qui  suit,  nous  le  comptons  toujours  comme  formant  le  1er  seg- 
ment de  l'abdomen,  d'où  résulte  que  l'anus  devient  le  lO^e  segment. 

Pour  plus  de  brièveté,  et  pour  tout  ce  qui  concerne  la  composition  de  l'abdo- 
men dans  les  Orthoptères,  nous  renvoyons  à  l'excellent  mémoire  de  M.  Gh. 
Brunnkr  de  Wattenwyl  :  Die  morphologische  Bedeutung  der  Segmente,  speciell 
dea  Hinterleibes,  bel  den  Orthopteren,  Wien,  1876,  en  adoptant  la  même  numé- 
rotation pour  les  tergites  el  les  ventrites  de  l'abdomen,  ce  qui  nous  dispense  d'en- 
trer ici  dans  de  longs  détails  sur  la  composition  typique  de  cette  partie  du  corps. 


NOTICE  SUR  LES  GRYLLOTALPIENS.  405 

Les  deux  appendices  apicaux  qui  se  retrouvent  dans  tous  les 
Orthoptères,  soit  les  cerci,  appartiennent  au  10'"^  segment  et 
doivent  être  considérés  comme  étant  une  expansion  de  la  mem- 
brane pleurale  de  ce  segment.  M.  Brunner  de  Wattenwyl 
suppose  qu'ils  pourraient  être  le  résultat  d'un  développement 
des  stigmates  de  ce  segment.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  faut  les  consi- 
dérer comme  étant  des  appendices  latéraux  et  non  une  dépen- 
dance des  valvules  de  l'anus.  Ces  appendices,  souvent  composés 
d'une  seule  pièce,  ont  une  tendance  à  se  segmenter  en  articles 
plus  ou  moins  nombreux  et  plus  ou  moins  bien  séparés.  Chez 
les  mâles,  ils  prennent  souvent  des  formes  très  accentuées  et 
jouent  alors  un  rôle  positif  dans  l'acte  de  l'accouplement. 

Les  Grijllotalpiens  se  divisent  comme  suit  au  point  de  vue  de 
leurs  pièces  anales  : 

1.)  L'abdomen  ordinaire,  u'ottVant  d'autres  appendices  que  les 
cerci.  Femelles  sans  trace  d'oviscapte.   Mâles  offrant  un 
pénis  charnu  renforcé  de  pièces  cornées.  Oryïlotalpiies  Sauss. 
1,1.)  L'abdomen  portant,  outre  les  cerci,  deux  appendices  anaux, 
placés  en  dessous  des  premiers.  Le  pénis  chez  les  mâles  non 
apparent  (rétractyle?).  Tridadylites  Sauss. 
2.)  Femelles  dépourvues  d'oviscapte.  O.  tridadylus  Latr. 
'2,2.)  Femelles  munies  d'un  oviscapte  corné  très  court.  G.  Rliipip- 
teryx  Newm. 


GRYLLOTALPITES 

Dans  ce  groupe,  l'abdomen  a,  chez  les  deux  sexes,  la  même 
composition  apparente,  offrant  10  tergites  et  9  ventrites  dis- 
tincts. 

L'anus  est  formé  par  les  trois  valvules  habituelles  (tig.  1,2, 
8,  9,  vs,  vi),  coriacées  extérieurement,  charnues  intérieurement. 
La  valvule  supérieure  vs  (soit  la  plaque  suranale)  est  le  résul- 
tat d'un  prolongement  médian  du  dernier  tergite  (^),  et  les  deux 


406  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

valvules  inférieures  (vi)  représentent  le  dernier  (10™^)  segment 
ventral. 

Le  dernier  tergite  (^)  est  en  apparence  court  et  transversal, 
recouvrant  la  base  des  cerci  (c)  par  ses  côtés,  et  la  valvule 
supérieure  de  l'anus  (vs)  semble  souvent  former  un  segment 
séparé  (fig.  8),  mais  il  n'en  est  rien  :  cette  valvule  appartient  en 
réalité  au  dernier  tergite,  et  constitue,  avec  la  partie  basiliaire 
de  ce  segment,  un  seul  tout  ;  elle  n'en  est  séparée  que  par  une 
sorte  de  gouttière  transversale. 

Les  valvules  anales  inférieures  (vi)  représentent,  avons-nous 
vu,  le  10™'^  segment  ventral  divisé  en  deux  parties.  Au-dessous  de 
ces  valvules,  on  peut  encore  distinguer  une  sorte  de  lame  mem- 
braneuse transversale  (fig.  9,  m)  qu'il  faut  peut-être  considérer 
comme  une  dépendance  de  la  membrane  d'union  entre  les  9"^®  et 
10°^'ventrites,  et  qu'on  pourrait  au  besoin  envisager  comme  étant 
l'arceau  correspondant  à  la  pièce  basiliaire  (^)  du  10™'  tergite  \ 

A  sa  face  ventrale,  l'abdomen  offre  entre  les  deux  sexes  une 
légère  différence. 

Che^!  les  femelles:  (fig.  1),  le  8™^  ventrite  est  rétréci,  arrondi 
en  arrière.  Le  9"®  est  transversal,  court,  souvent  rétréci  et 
apparent  seulement  de  chaque  côté,  recouvert  au  milieu  par  le 
8™^.  Dans  les  nymphes  et  dans  les  larves,  le  9°^®  segment  est 
plus  grand,  saillant  et  très  apparent  ;  c'est  seulement  chez  les 
femelles  adultes  qu'il  se  raccourcit,  avec  tendance  à  s'invaginer, 
sans  doute  pour  faciliter  l'acte  de  l'accouplement. 

Che^  les  mâles  :  (fig.  2),  les  ventrites  sont  tous  très  appa- 
rents. Le  9™*^  est  court  et  transversal  ' . 

'  Lacazk-Duïhiers  {Ann.  des  Se.  nat.,  t.  XVII,  1852,  p.  208,  pi.  10  à  12) 
compte  à  l'abdomen  11  segments.  Pour  lui,  l'anus  forme  le  lime  segment,  com- 
posé des  trois  valvules  anales.  L'auteur  sépare  la  valvule  dorsale  du  lO^e tergite; 
la  lame  membraneuse  ventrale  invaginée  représenterait  le  ventrite  du  lOine  seg- 
ment. Cette  manière  de  compter  ne  nous  semble  guère  admissible  en  pratique, 
car  la  plaque  suranale  ne  forme  qu'un  seul  tout  avec  le  IQme  tergite. 

'^  H.  ueS.\ussurk,  Mélanges  orlhoptérologiques,  5e  fasc,  pi.  11,  lig.  I,  6-8.  La 
fiL'ure  7(9)  n'est  pas  exacte,  le  9me  ventrite  n'ayant  pas  été  représenté. 


NOTICE  SUR  LES  GKYLLOTALPIENS.  407 

Le  pénis  (fig.  3),  placé  sous  l'anus  et  recouvert  en  dessous 
par  la  plaque  sous-génitale  (9'"<'  ventrite),  est  formé  par  une 
masse  charnue  arrondie  (p),  parcourue  en  dessus  par  une  gout- 
tière (g),  servant  probablement  à  conduire  la  liqueur  séminale 
et  offrant  à  sa  base  une  dépression  (/')  L'organe  est  renforcé 
par  des  pièces  cornées  dont  l'ensemble  se  rapproche  de  la  forme 
d'une  ancre  (fig.  3,  brs;  4,  5),  comme  l'a  indiqué  M.  Brunner 
DE  Wattenwïl  (/.  c,  p.  11),  mais  de  configuration  variable 
suivant  les  espèces. 

Cet  appareil  se  complète  par  deux  autres  pièces  cornées  qu'il 
faut  considérer  comme  étant  les  homologues  des  titiUatores 
(Brunner)  ou  crochets,  si  apparents  chez  les  Blattides,  Man- 
tides  et  autres  Orthoptères,  mais  qui,  chez  les  Gryllotalpiens, 
ne  se  se  révèlent  que  par  la  dissection  des  pièce  génitales. 

Les  pièces  cornées  du  pénis  revêtent,  comme  il  vient  d'être 
dit,  dans  chaque  espèce  des  formes  particulières. 

Gri/Uotalpa  vidgaris.  Dans  cette  espèce,  l'ancre  (fig.  4,  5)  se 
compose  d'une  branche  médiane  aplatie  (ai)  et  d'un  arc  trans- 
verse (b)  placé  en  dessus  et  un  peu  de  champ,  et  soudée  à  la 
branche  médiane.  Les  deux  extrémités  de  l'arc  se  terminent  par 
un  élargissement  bifurqué^  qui  se  présente  sous  des  apparences 
très  différentes,  suivant  le  côté  par  lequel  on  les  regarde.  Son 
apophyse  antérieure  (fig.  4,  5,  s)  est  un  peu  crochue  au  bout; 
la  postérieure  (r),  vue  par  sa  face  supérieure  (fig.  4),  apparaît 
comme  aplatie  et  arrondie  à  son  extrémité;  vue  de  profil  (fig.  5) 
elle  est  comme  subulée.  L'arc  en  place,  vu  en  dessus,  dans  son 
ensemble  (fig.  3),  apparaît  sous  la  forme  d'une  couronne  à  deux 
dents  b  (comp.  L.  H.  Fischer,  Orthop.  Europ.,  tab.  III,  fig.  4). 
La  branche  longitudinale  est  large  et  déprimée.  En  arrière, 
elle  dépasse  un  peu  la  branche  transversale  (fig.  3,  4,  5,  ^);  à  son 
extrémité  antérieure  a  elle  est  dilatée  de  chaque  côté.  En  des- 
sous (fig.  5),  elle  est  plate  et  même  un  peu  concave.  Vue  in  situ, 
la  branche  longitudinale  (fig.  3,  i)  paraît  fort  courte,  parce  que 
sa  partie  moyenne  et  antérieure  o  est  vue  en  raccourci. 


408  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

L'ancre  tout  entière  est  mobile  et,  suivant  les  contractions 
du  pénis,  sa  branche  médiane  (o)  peut  s'avancer  jusqu'à  l'extré- 
mité des  dépressions  f  (fig.  3).  Ce  mouvement  de  l'ancre  joue 
probablement  un  rôle  dans  l'acte  de  l'accouplement  et  dans  la 
fécondation  de  la  femelle. 

Les  titillateurs  forment  deux  pièces  cornées  libres,  engagées 
au-dessous  de  l'ancre  et  la  débordant  en  avant  (fig.  3,  t).  Ils  se 
composent  chacun  d'une  lame  tordue  dont  l'extrémité  est  élar- 
gie et  courbée  en  forme  de  spatule  (fig.  6,  7,  c),  tandis  que  leur 
partie  basilaire  (e)  est  dilatée  en  dessus  en  forme  de  triangle 
(fig.  7)  et  se  termine  en  avant  par  un  prolongement  spiniforme. 
Ces  organes  sont  mobiles,  pouvant  glisser  d'avant  en  arrière, 
il  est  possible  que,  dans  l'accouplement,  leur  épine  terminale 
atteigne  la  vulve  de  la  femelle. 

Gr.  africana.  La  branche  transverse  de  l'ancre  (fig.  10, 
11,  &)  est  doublement  arquée,  et  la  branche  longitudinale  (o) 
est  plus  étroite.  A  sa  face  inférieure,  celle-ci  semble  être  percée 
(fig.  11);  à  sa  face  supérieure,  elle  offre  deux  corps  blanchâ- 
tres charnus  (fig.  10,  v)  d'une  apparence  glandulaire.  Cette 
branche  repose  dans  une  dépression  triangulaire  du  pénis,  qui 
se  termine  par  deux  replis  en  sillons  disposés  en  forme  de  V. 
Les  branches  latérales  de  l'arc  transversal  sont  grêles,  forte- 
ment recourbées  en  dessous  (fig.  12)  et  terminées  d'une  manière 
arrondie  et  à  peine  dilatée.  Les  titillateurs  (fig.  13)  sont  soudés 
en  une  seule  pièce.  Leurs  ailerons  latéraux  (c),  tordus  comme 
chez  le  Gr.  vulgaris,  sont  excavés  en  forme  de  cuillère  et 
recourbés  en  haut,  convexes  en  dessous  (fig.  14,  branche  gau- 
che). 

Les  Scapteriscus  ne  semblent  pas  offrir  dans  le  pénis  de  dif- 
férences génériques.  Chez  le  Se.  didadylus  L.  (fig.  15),  l'arc  de 
l'ancre  et  la  branche  longitudinale  sont  partagés  par  une  ligne 
membraneuse  longitudinale,  et  les  extrémités  latérales  de  l'arc 
sont  divisées  en  deux  cornes  à  peu  près  comme  chez  la  Gryllo- 


NOTICE   SUR   LE8    GRYLL0TALPIEN8.  409 

talpa  vulgaris.  Les  deux  t'dillateurs  (fig.  16)  sont  indépendants 
l'un  de  l'autre  comme  chez  cette  espèce. 

Sous  le  rapport  de  l'armature  du  pénis,  les  Scapterisais  diffè- 
rent bien  moins  de  la  Gryllotalpa  vulgaris  que  la  Grillotalpa 
af ricana  ne  diffère  de  cette  dernière,  aussi  peut-on  envisager  le 
genre  Scapteriscus  moins  comme  un  genre  naturel  que  comme 
un  genre  de  convenance. 

Genre  Cylïndrodes  Gray.  Ce  genre,  encore  mal  connu,  offre 
des  formes  aberrentes.  L'abdomen  est  très  long,  grêle  et  cylin- 
drique, mais  ses  pièces  anales  ne  semblent  différer  de  celles  des 
Gryllotalpa  que  par  leurs  proportions.  Nous  ne  pouvons  malheu- 
reusement les  décrire  que  d'après  un  seul  individu,  en  fort 
mauvais  état,  dont  le  sexe  reste  incertain,  mais  que  nous  sup- 
posons être  une  femelle. 

L'extrémité  de  l'abdomen  (fig.  17-19)  est  à  peine  rétrécie 
(sur  la  figure  donnée  par  Gray  elle  est  même  plutôt  renflée).  Le 
gme  segment  dorsal  (fig.  17)  est  très  long,  convexe,  faiblement 
arrondi  au  bout.  Le  10"'«  dépasse  à  peine  le  9"^®  et  n'apparaît 
que  sous  la  forme  d'une  étroite  bande  transversale  presque 
linéaire  (fig,  18,  ^),  mais  il  se  prolonge  au  milieu  comme  d'ha- 
bitude pour  former  la  plaque  suranale.  Celle-ci  est  rabattue  en 
bas  dans  notre  individu  desséché.  Les  cerci  sont  très  courts, 
ovalo-coniques,  non  divisés  en  articles.  Le  9""^  segment  ventral 
(fig.  18)  est  arrondi  en  forme  de  dé  à  coudre.  Après  l'avoir 
enlevé,  nous  avons  trouvé  en  arrière  des  valvules  anales  une 
sorte  de  bourrelet  charnu  (fig.  19^  h)  dont  les  angles  se  prolon- 
gent en  arrière  sous  la  forme  de  deux  dents  coriacées.  C'est 
peut-être  là  le  pénis  ;  mais  cette  masse  desséchée  est  trop  défor- 
mée pour  qu'il  nous  soit  permis  de  rien  affirmer  de  positif  à  cet 
égard.  Nous  n'avons  trouvé  ni  ancre,  ni  titillateurs,  ce  qui  nous 
a  fait  supposer  que  notre  individu  est  une  femelle. 


Rev.  SnssE  DE  ZooL.,  T.  II.  1894.  28 


410  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

TRIDACTYLITES 

Ces  insectes  forment  un  groupe  entièrement  séparé.  Seuls 
parmi  les  Orthoptères,  ils  possèdent  dans  les  deux  sexes  4  ap- 
pendices postérieurs. 

Les  deux  appendices  surnuméraires  (fig.  21-24,  a)  sont  pla- 
cés au-dessous  des  cerci  et  leur  ressemblent,  étant  de  forme 
allongée,  cylindrique  ou  subcomprimée,  et  étant  ciliés  comme 
les  cerci.  L'iiomologie  de  ces  appendices  n'a  point  encore  été 
établie  ' .  La  dissection  montre  que  ce  ne  sont  pas  des  organes 
spéciaux,  mais  de  simples  processus  des  valvules  inférieures 
de  l'anus  (fig.  23,  a). 

Les  fonctions  de  ces  appendices  sont  difficilement  explica- 
bles; elles  semblent  toutefois  être  en  rapport  avec  les  mœurs 
aquatiques  des  TridadyUens,  puisque  ces  organes  ne  se  retrou- 
vent pas  chez  les  autres  Orthoptères.  Peut-être  servent-ils  à 
appuyer  à  la  surface  de  l'eau  pour  soutenir  la  partie  postérieure 
du  corps.  Les  pattes  postérieures  n'étant  organisées  que  pour 
le  saut  et  pour  la  propulsion,  et  n'offrant  pas  comme  les  autres 
pattes  un  tarse  capable  de  se  poser  à  plat  sur  la  surface  liquide, 
mais  se  terminant  par  des  éperons  aigus,  ne  peuvent  en  effet 
guère  remplir  que  dans  l'eau  les  fonctions  de  rames.  Il  est  pro- 
bable aussi  que  les  deux  appendices  surnuméraires  combinés 
avec  les  cerci  servent,  grâce  à  leurs  poils,  à  retenir  une  certaine 
quantité  d'air  autour  du  corps,  comme  le  font  aussi  les  fémurs, 
lorsque  ces  insectes  sont  submergés. 

L'abdomen  des  Tridactyliens  offre  tantôt  la  même  composition 
que  celui  des  Gryllotalpiens,  tantôt  une  composition  différente  en 

^  On  a  lieu  d'tMre  surpris  qu'aucun  auteur  n'ait  cherché  à  éhicider  la  signiti- 
cation  de  ces  appendices.  M  L.  Dufour,  ni  Foudras,  qui  ont  cependant  trouvé 
en  abondance  des  Tndadylus  vivants,  ne  se  sont  occupés  de  ces  appendices. 
L.-U.  Fischer  n'a  pu  y  réussir,  n'ayant  possédé,  à  ce  qu'il  paraît,  qu'un  ou 
deux  individus  dessécliés  de  chaque  sexe. 


NOTICE  SUR  LES  GRYLLOTALPIENS.  411 

€e  que,  chez  les  femelles,  les  deux  derniers  segments  ventraux 
sont  transformés  et  forment  un  oviscapte. 

Le  10"*'  tergite  est  quelque  peu  différent  suivant  les  sexes. 

Chez  les  femelles  (fig.  21,  25,  31),  il  se  divise  en  trois  par- 
ties; deux  latérales  (l),  représentant  le  lO'"®  tergite  propre- 
ment dit  (fig.  8,  21,  ^)  et  une  médiane  (m plaque  suranale), 
prolongée  entre  ces  dernières,  plus  ou  moins  cordiforme,  lors- 
qu'elle est  dépliée  (fig.  31,  vs),  étroite,  creusée  en  gouttière, 
comprimée,  et  à  bords  relevés,  lorsqu'elle  est  dans  sa  posi- 
tion naturelle  (fig.  21,  25).  Cette  partie  médiane  est  la  seule 
apparente  en  dessus,  les  parties  latérales  étant  en  général 
recouvertes  par  le  segment  précédent. 

Chez  les  mâles  (fig.  24,  28),  la  partie  médiane,  ou  plaque 
suranale  (vs)  est  en  général  plus  large,  plus  carrée  et  moins 
ployée.  Le  pénis  n'est  pas  apparent,  étant  probablement  entiè- 
rement rétractile,  et  ne  semble  pas  porter  d'ancre  ni  de  titilla- 
teurs. 

Genre  Teidactylus. 

Femelles.  Les  deux  derniers  segments  ventraux  ont  une  ten- 
dance à  se  fendre  longitudinalement  dans  le  but  manifeste  de 
former  un  oviscapte  (fig.  20).  Le  8"'  segment,  qui  correspond 
à  la  plaque  sous-génitale  9  ^^^  Orthoptères  munis  d'un  ovis- 
capte, offre,  au  milieu  de  son  bord  postérieur,  une  petite  échan- 
crure;  de  même  que  la  plaque  sous-génitale  des  Locustides. 

Ce  segment  est  suivi  d'une  dépendance  ou  plaque  cornée  (u) 
divisée  en  deux  moitiés  et  formant  comme  deux  valves  dé- 
ployées. Il  est  probable  qu'en  se  rapprochant  pour  former  un 
angle  dièdre,  ces  deux  valves  servent  à  conduire  les  œufs,  rem- 
plissant les  fonctions  d'un  oviscapte.  Dans  sa  position  habi- 
tuelle, cette  pièce  fendue  n'est  guère  visible,  étant  presque  en- 
tièrement recouverte  par  le  8'"^  ventrite.  Elle  est  incontestable- 
ment l'homologue  des  deux  valves  inférieures  de  l'oviscapte  des 


412  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

Orthoptères  sauteurs  et  doit  être  considérée  suivant  le  système 
de  M.  Brunner  de  Wattex^atl,  comme  formé  par  la  mem- 
brane du  8™^  segment  ventral. 

Le  dernier  ou  9"»^  segment  ventral  apparent  est  plus  ou  moins 
arrondi.  Il  est  divisé  par  un  sillon  longitudinal  indiquant  une 
tendance  à  se  partager  en  deux  moitiés,  qu'il  faut  considérer 
comme  étant  les  homologues  des  valves  supérieures  de  l'ovis- 
capte  '. 

Mâles.  L'apparence  extérieure  des  derniers  segments  ven- 
traux est  sensiblement  la  même  que  chez  les  femelles,  mais  avec 
cette  différence  que  l'annexe  du  8™^  segment  n'existe  pas  et  que 
le  bord  postérieur  de  ce  segment  n'est  pas  échancré.  Enfin,  le 
Qme  segment  n'est  pas  partagé  par  un  sillon  longitudinal.  Ce  n'est 
guère  qu'à  l'absence  de  ce  sillon  et  à  l'absence  de  l'échancrure 
du  8"®  segment  que  l'on  peut  distinguer  les  mâles  des  femelles, 
car  l'annexe  du  8™^  segment  Ç)  est  en  général,  comme  il  a  été 
dit,  invaginé  et  peu  ou  pas  apparent. 

Dans  les  deux  sexes,  le  10™^  tergite  ou  segment  anal,  est 
corné  dans  ses  parties  antérieures  et  latérales  et  sa  partie  cor- 
née se  divise  en  plaques  diverses  (fig.  24). 

Les  valvules  inférieures  de  l'anus  (fig.  23,  vï)  restent  seules 
membraneuses,  mais  elles  ont  leur  bord  latéral  chitinisé. 

Lescerci(fig.  21-24,  c)  ne  sont  composés  que  de  deux  arti- 
cles et  les  appendices  anaux  {a)  n'offrent  aucune  trace  de  divi- 
sion. 


^  L.-H.  Fischer  a  figuré  presque  exactement  l'abdomen  Ç  des  Tridactylus.  Il 
signale  la  différence  qui  règne  entre  les  sexes  dans  la  forme  du  8rae  segment  ven- 
tral. Il  semble  avoir  distingué  l'annexe  de  ce  segment  chez  les  femelles,  mais 
sans  avoir  remarqué  que  cette  pièce  est  partagée  en  deux  moitiés.  En  revanche, 
il  flgure  le  9n»e  ventrite  comme  s'il  était  réellement  divisé  en  deux  parties 
séparées.  Fieber  accorde  un  oviscapte  aux  Tridactylus  {Xya)  9 .  Il  faut  suppo- 
ser qu'il  a  eu  sous  les  yeux  un  Rhipipteryx.  et  que,  ne  connaissant  pas  ce  genre, 
il  l'a  pris  pour  un  Tridactylus. 


NOTICE  SUR  LES  GKYLLOTALPIENS.  413 

Genre  Rhipipteryx. 

Dans  ce  genre,  les  femelles  possèdent  un  véritable  oviscapte 
corné,  très  court,  il  est  vrai,  et  qui  rappelle  celui  des  Acri- 
dides. 

Femelles.  Le  10'"^tergite  est  divisé  en  trois  parties,  comme 
chez  les  Trklactyliis  (fig.  25,  31).  Les  deux  parties  latérales 
(fig.  31,  /)  sont  très  apparentes.  La  partie  médiane  (t;s),  ou 
plaque  suranale,  lorsqu'elle  est  dépliée  (fig.  31)  est  large  et  cor- 
diforme,  mais  dans  sa  position  habituelle  (fig.  25)  elle  est  com- 
primée, ployée,  à  bords  relevés,  se  présentant  sous  la  forme 
d'une  raquette  excavée  au  milieu.  La  base  de  cette  partie^  d'ha- 
bitude recouverte  par  les  pièces  latérales,  porte  des  plaques 
cornées  (fig,  31).  Les  cerci  (c)  sont  faiblement  articulés  (com- 
posés de  9  articles,  plutôt  indiqués  que  séparés)  et  la  base  de 
ces  organes  est  renforcée  par  des  pièces  cornées  (fig.  31).  Les 
deux  appendices  {a)  sont  assez  gros  et  très  obtus  :  chez  les 
femelles,  ils  sont  parfois  comme  partagés  au  milieu,  formant 
deux  articles  imparfaitement  séparés  (fig.  31,  R.  mexicana  Sss.) 
L'extrémité  du  tube  intestinal  (?)  passe  sous  la  base  du  10""^  seg- 
ment pour  aboutir  à  l'anus.  Il  est  recouvert  en  dessus  par  un 
arc  corné  non  adhérent  (fig.  31,  r),  qui  tient  aux  pièces  laté- 
rales du  10'"^  tergite.  En  dessous  (fig.  32),  le  tube  intestinal 
est  fermé  par  une  membrane  qui  le  réunit  aux  valvules  anales 
et  ne  laisse  apparaître  que  l'extrémité  de  la  valvule  supérieure. 

A  la  face  ventrale  de  l'abdomen,  on  ne  trouve  que  8  seg- 
ments, mais  ils  sont  suivis  d'un  oviscapte  corné,  très  court 
<fig.  26,  27),  formé  : 

1°  De  deux  valves  inférieures  (fig.  26,  27,  u),  échancrées  en 
dessous  et  terminées  par  une  pointe  grêle,  souvent  recourbée 
•en  bas  suivant  les  espèces. 

2"  De  deux  valves  supérieures  formées  par  le  9'"*^  segment, 


414  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

et  qui  sont  certainement  les  homologues  de  la  9'"''  plaque  ven- 
trale des  Tridactylns,  tandis  que  les  valves  inférieures  sont  les 
homologues  de  la  pièce  fendue  annexe  du  8"^®  ventrite  que  l'on 
trouve  chez  ces  derniers  (^fig.  20,  ii).  Le  8"°®  segment  ventral 
proprement  dit  (fig.  26)  porte  au  milieu  une  petite  échancrure. 
comme  chez  les  Tridadylus. 

Les  valves  intermédiaires  de  l'oviscapte  manquent  ou  n'exis- 
tent qu'à  l'état  rudimentaire. 

3Iâles  (fig.  28-30).  Chez  les  mâles,  le  9'"«  segment  dorsal 
est  peu  apparent,  souvent  seulement  par  ses  angles  {ûg.  28)  ; 
parfois  tout  à  fait  invaginé  (Bh.  mexicana).  Le  lO"*®  segment,^ 
ou  segment  anal,  a  ses  côtés  chitinisés.  La  plaque  suranale 
(fig.  28,i;s)  est  étroite  et  ployée  ou  faiblement  cannelée  (fig.  35). 
Elle  porte  de  chaque  côté  un  appendice  lamellaire  (fig.  28) 
allongé  et  densément  strié  en  travers,  de  même  longueur  que 
la  plaque  et  qui  parait  être  articulé  à  sa  base.  Ces  appen- 
dices, qui  sont  probablement  le  résultat  d'une  segmentation 
de  la  plaque  suranale  semblent  pouvoir  s'écarter  et  se 
placer  transversalement,  recouvrant  par  leur  extrémité  la  base 
des  cerci  (fig.  35).  Les  deux  appendices  anaux  [a)  ne  sont  pas 
divisés  (comme  chez  les  femelles  de  certaines  espèces,  fig.  31)  ; 
ils  sont  larges  et  comprimés  (fig.  30)  et  de  forme  variable  sui- 
vant les  espèces.  Les  valvules  inférieures  de  l'anus  (fig.  33,  vi) 
sont  assez  longues;  elles  offrent,  comme  chez  les  femelles,  des 
plaques  cornées  (fig.  28,  34,='=).  Dans  la  Rli.  mexicana  ç^  {fig.  34) 
la  dernière  de  ces  plaques,  occupant  le  bord  postérieur  des  val- 
vules inférieures  de  l'anus,  forme  un  crochet  (*)  qui  semble  être 
libre  et  mobile,  et  qui  imite  les  titillateurs  de  divers  Orthoptères 
sauteurs,  mais  ces  crochets  n'appartiennent  point  au  pénis  et 
sont  ici  purement  adventifs.  Le  9'""  segment  ventral,  ou  plaque 
sous-génitale,  est  débordant  ou  arrondi  (fig.  28-30,  35-37,  9i). 

Les  pièces  anales  sont  du  reste  chez  les  mâles,  et  suivant  les 
espèces,  très  variable  dans  leurs  formes  et  dans  leurs  proportions. 


NOTICE    SUR    LES    «RYLLOTALPIENS.  415 

Ainsi  chez  le  Rh.  qjampennis  (tig.  35,  36),  l'extrémité  de 
l'abdomen  est  fortement  dilatée  comme  chez  les  mâles  de 
certains  Acridiens  (Caloplemcs),  quoique  d'une  manière  diffé- 
rente en  ce  qui  concerne  la  forme  des  derniers  segments. 

Chez  cette  espèce  les  cerci  (c)  et  les  appendices  anaux  (a) 
sont  très  courts  :  ces  derniers  un  peu  arqués  ;  les  lanières  laté- 
rales de  la  plaque  suranale  sont  étroites  et  transversales,  et  la 
base  du  10°"^  segment  dorsal  est  fortement  relevée  et  extraordi- 
nairement  dilatée  en  forme  de  conche  cornée,  formant  de  chaque 
côté  un  processus  comprimé  qui  dépasse  énormément  l'abdomen 
en  largeur.  (Il  est  toutefois  à  supposer  que  l'individu  figuré  a 
ses  pièces  génitales  déployées,  ayant  probablement  été  pris 
in  copula.)  En  dessus,  le  6"»^  segment  est  très  court  et  recouvre 
les  7°»«  et  S'n«  tergites  (fig.  36). 

L'étude  des  nombreuses  espèces  de  ce  genre  révélerait  encore 
d'autres  modifications.  Ainsi  chez  la  Itli.  Brullei  Sss.  les  appen- 
dices anaux  sont  comprimés  et  dilatés  en  massue;  chez  la 
Rh.  forceps  Sss.  ils  sont  arqués  et  dilatés  au  bout  de  manière  à 
former  ensemble  une  tenaille  (fig.  37),  etc. 

Ohs.  1.  Entre  les  mâles  et  les  femelles,  il  règne  quelquefois 
aussi  de  grandes  différences  dans  la  tête,  le  chaperon  et  l'écus- 
son  facial  des  mâles  offrant  des  rugosités  singulières  qui  man- 
quent chez  les  femelles  {Rli.  mexicana  Sss.). 

Il  règne  également  des  différences  entre  les  deux  sexes  dans 
la  forme  des  appendices  anaux  inférieurs. 

Obs.  2.  On  a  considéré  les  Tridactyliens  comme  ayant  leurs 
tarses  antérieurs  et  intermédiaires  composés  tantôt  de  3,  tantôt 
de  2  articles  seulement.  Un  examen  exact  de  toutes  les  espèces 
à  nous  connues  a  montré  que  ces  organes  ne  possèdent  jamais 
que  deux  articles  ' . 

^  Le  premier  article  de  ces  tarses,  étant  échancré  en  dessous,  offre  souvent  à 
la  loupe  une  apparence  trompeuse  ({ui  peut  faire  croire  à  l'existence  de  3  arti- 
cles ;  cette  apparence  disparaît  au  microscope.  Il  est  surprenant  que  Savigny, 


41  ()  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEllNTNER. 

Considérations  générales. 

La  tribu  des  Gryllotalpiens  ne  pouvant  plus  être  caractérisée 
par  le  fait  que  l'abdomen  serait  dépourvu  d'oviscapte  chez  les 
femelles,  on  est  fort  embarrassé  pour  en  donner  une  diagnose. 
En  effet  en  dehors  de  ce  caractère,  on  n'eu  trouve  plus  aucun 
autre  qui  puisse  s'appliquer  à  tous  les  genres. 

Les  Gryllotalpiens  ne  forment  pas,  en  effet,  un  groupe  com- 
pact, mais  plutôt  une  série  par  enchaînement. 

C'est  ce  qui  ressort  de  l'analyse  suivante  : 

Gryllotalpites. 

Ce  groupe  est  caractérisé  par  Vahsence  complète  d'oviscapte 
chez  les  femelles  et  par  la  forme  des  tibias  antérieurs,  qui  sont 
courts,  très  fortement  dilatés  et  convertis  en  une  main  aratoire^  et 
avec  le  métatarse  dilaté. 

L'absence  complète  d'oviscapte  est  un  fait  absolument  unique 
parmi  les  Orthoptères  proprement  dits,  tous  les  autres  possé- 
dant au  moins  les  rudiments  de  cet  organe,  même  lorsqu'il  n'est 
pas  apparent. 

Si  Ton  n'envisageait  que  les  Gryllotalpa  (sensu  latiore  :  Gryl- 
lotalpa  et  Scapteriscus),  on  pourrait  rendre  la  diagnose  de  ce 
groupe  plus  générale,  et,  par  opposition  avec  les  Tridactylites, 
on  pourrait  ajouter  que  les  Cryllotalpites  sont  de  vrais  Grylli- 
des,  possédant  tous  les  caractères  de  la  famille  :  tarses  compo- 
sés de  3  articles,  antennes  longues  et  sétacées,  organes  du  vol 
conformes  à  ceux  des  Grylliens.  Mais  le  genre  Cylïndrodes 
vient  décaractériser  le  groupe  des  Gryllotalpites  par  ses  formes 

toujours  si  exact  jus(iue  dans  les  moindres  détails,  ait  lignré  les  tarses  du  In- 
dactylus  Savignyi  Sss.  comme  composé  de  3  articles.  iNous  n'avons  trouvé  sous 
le  microscope  que  deux  articles  aux  tarses  de  cette  espèce  égyptienne,  comme  à 
ceux  des  autres  espèces. 


NOTICE  SUR  LES  GRYLL0TALPIEN8.  417 

aberrantes,  qui  semblent  être  en  contradiction,  même  avec  les 
caractères  de  la  famille  des  Gryllides  ;  les  antennes  des  Cylin- 
drodes  étant  filiformes,  courtes  et  composées  d'un  petit  nombre 
d'articles;  les  pattes  étant  extraordinairement  courtes  et  leurs 
tarses  ayant  perdu  un  ou  deux  articles  et  ne  portant  qu'une 
seule  griffe. 

Ces  anomalies  ne  sont  toutefois  que  la  conséquence  d'une 
adaptation  à  des  mœurs  particulières,  les  C//ï'mdrodes,  vivant 
emprisonnés  dans  les  galeries  qu'ils  se  creusent  dans  les  tiges 
des  plantes.  L'étroitesse  d'un  pareil  genre  de  vie  a  conduit  à 
une  sorte  de  dégradation  des  caractères  assez  analogue  à  celle 
que  détermine  souvent  le  parasitisme,  spécialement  en  ce  qui 
concerne  la  brièveté  des  pattes  et  la  présence  d'une  griffe  unique 
aux  tarses. 

Les  Cylindrodes  sont  donc  des  Gryllotalpites,  mais  aberrants, 
on  pourrait  presque  dire  dégradés.  Ils  rentrent  du  reste  dans 
la  diagnose  typique  ci-dessus  donnée. 

Tndactt/Utes. 

Les  espèces  de  ce  groupe  offrent  entre  elles  des  caractères 
identiques  :  1°  dans  la  présence  de  4  appendices  anaiix.  — 
2"  dans  rénorme  modification  de  leurs  pattes  jjostêrieures.  — 
S**  dans  le  fait  que  les  tarses  ont  perdu  une  partie  de  leurs  arti- 
cles. En  effet,  les  tarses  des  deux  premières  paires  n'offrent  que 
deux  articles',  et  ceux  de  la  S'"*"  paire  sont  réduits  à  un  seul 
article,  qui  ne  sert  plus  à  rien  pour  la  marche  '. 

1  Cette  circoustaiiee  tient  sans  doute  à  un  l'ait  d'adaptation  à  la  vie  souter- 
raine, (jui  demande  aux  tarses  de  pouvoir  s'efï'acer  en  se  repliant  dans  une  rai- 
nure du  tiljia  pour  laisser  à  ce  dernier  toute  liberté  d'action  lorsqu'il  doit  servir 
d'instrument  aratoire.  Chez  les  Gryllotalpa,  l'adaptation  se  fait  d'une  autre 
manière  en  ce  que  le  métatarse  antérieur  se  dilate  et  complète  l'instrument  de 
labour  formé  par  le  tibia.  ITne  pareille  modification  ne  pourrait  guère  s'adapter 
à  la  vie  aquatique  des  Tridactylites,  car  ce  sont  les  tarses  des  deux  premières 
paires  qui  servent  à  maintenir  ces  insectes  à  la  surface  des  eaux. 

^  Le  tibia  appuie  sur  le  sol  par  l'extrémité  de  ses  deux  longs  éperons  infe- 


418  H.    DE   SAUSSURE    ET    L.    ZEHNTNER. 

Enfin,  les  Tridactylites  offrent  divers  autres  caractères  com- 
muns, tels  que  la  nature  cornée  des  élytres;  la  structure  en 
éventail  des  ailes,  avec  le  champ  marginal  corné;  enfin  la  briè- 
veté et  la  structure  presque  monoliforme  des  antennes.  Ce 
dernier  caractère  est  de  tous  le  moins  important,  car  il  se  re- 
trouve parmi  les  Gryllotalpites  dans  le  genre  Ci/Und rodes, 
comme  il  vient  d'être  dit. 

A  considérer  leur  genre  de  vie,  les  Tridactylites  forment, 
sous  ce  point  de  vue  aussi,  un  groupe  bien  séparé  des  Gryllotal- 
pites, car  ils  sont  surtout  des  insectes  aquatiques,  habitant  le 
bord  des  rivières  et  des  lacs,  aimant  à  se  mouvoir  à  la  surface 
des  eaux  et  ne  craignant  point  d'être  submergés  '. 

Les  Tridactylus  sont  encore  des  insectes  laboureurs;  ils  se 
rattachent  aux  Gryllotalpites  par  la  forme  du  corps,  qui  est 
modelée  en  vue  du  travail  souterrain.  Leur  pronotum  ressem- 
ble beaucoup  à  celui  des  Gryllotalpa,  quoique  plus  court  et  déjà 
échancré  aux  épaules;  leur  tête  est  encore  assez  conique,  avec 
des  yeux  peu  saillants,  comme  il  convient  pour  percer  le  sol; 
les  tibias  antérieurs  sont  robustes,  armés  de  fortes  griffes  et 
très  propres  à  remuer  la  terre;  enfin  leur  abdomen  est  dépourvu 
d'oviscapte  chez  les  femelles',  comme  chez  les  Gryllotalpites. 

rieurs,  ((ai  sont  un  peu  cannelés  en  truelle  et  légèrement  croclms  au  bout, 
oiïrant  ainsi  uu  point  d'appui  très  solide  pour  le  saut.  Le  tarse  réduit  au  méta- 
tarse, également  un  peu  crochu  au  bout  et  n'appuyant  également  que  par  sou 
extrémité,  et  seulement  lorsijue  le  tibia  est  replié  en  dessous,  forme  comme  un 
ressort  propulseur  mobile,  mais  qui  nest  ici  qu'un  organe  auxiliaire,  car  cliez 
diverses  espèces  il  est  entièrement  atrophié  et  réduit  à  un  simple  tubercule. 

'  Les  Tridactylites  ne  sont  cependant  pas  les  seuls  Orthoptères  atTectionnant 
la  vie  aquati(|ue.  Parmi  les  Phasmides  les  Prisopus,  et  parmi  les  Mantides  les 
Tarar.hodes  paraissent  aimer  à  s'immerger.  Dans  la  famille  des  Tetticides,  les 
Scelimena,  observés  par  A.  Humbkkt,  ont  des  habitudes  fort  analogues  à  celles 
des  Tridactylites.  Ce  ne  sont  pas  des  insectes  fouisseurs,  mais  ils  se  jouent  à  la 
surface  des  eaux  en  s'aidant  de  leurs  ailes  brillantes  et  sautant  sous  l'eau  lors- 
qu'ils sont  submergés.  A  cet  elfet,  leiu's  métatarses  postérieurs  sont  dilatés  en 
palettes,  (dp.  H.  dk  Saussuke,  Annales  ent.  de  Fr.,  IV^e  série,  t.  l,  1861, 
p.  481.) 

2  Quoique  oiïrant  déjà  une  tendance  à  le  former.  (Cp.  p.  Vil.) 


NOTICE  SUR  LES  GRYLL0TALPIEN8.  41  i) 

Quant  aux  Bhip'qjtenjx,  ils  s'écartent  beaucoup  plus  que  les 
Tridactylns  des  Gryllotalpites.  au  point  que  l'on  peut  se  deman- 
der s'ils  sont  bien  encore  des  insectes  fouisseurs.  En  effet,  leurs 
pattes  antérieures  sont  assez  longues  ;  leurs  tibias  ne  sont  guère 
dilatés  en  palmette  (bien  que  présentant  encore  un  sillon  dans 
lequel  le  tarse  peut  s'effacer),  et  l'extrémité  n'est  armée  que  de 
très  courtes  épines;  leur  tête  n'est  plus  conique,  mais  presque 
perpendiculaire,  comme  chez  les  Acridides,  et  leurs  yeux  sont 
bombés;  conditions  toutes  très  peu  favorables  pour  le  travail 
souterrain.  Enfin,  la  présence  chez  les  femelles  d'un  oviscapte 
semble  indiquer  que  ces  insectes  déposent  leurs  œufs  à  la  ma- 
nière des  Acridides,  en  enfonçant  dans  le  sol  l'extrémité  de  leur 
abdomen,  et  que  par  conséquent  ils  n'occupent  pas  des  cham- 
bres souterraines. 

Il  faut  remai-quer,  aussi  que  le  pronotum  est  plus  court,  plus 
en  forme  de  selle,  c'est-à-dire  plus  échancré  aux  épaules,  à 
bord  postérieur  plus  avancé  que  chez  les  Tridactylns^  et  que  le 
reste  du  thorax  est  prismatique,  un  peu  tronqué  à  son  extré- 
mité postérieure,  ne  formant  pas  un  tout  continu  avec  l'abdo- 
men comme  chez  les  Gryllotalpites  et  les  Tridactylns.  Ce  sont 
là  autant  de  caractères  qui  appartiennent  à  la  vie  aérienne. 
D'autre  part,  les  Rliipipterix  sont  mieux  ailés  que  les  Tridac- 
tylns et  leurs  tibias  postérieurs  ne  sont  pas  armés  de  palettes 
natatoires;  leurs  formes  sont  plus  sveltes  et  plus  légères  aussi; 
d'où  l'on  peut  conclure  qu'ils  ne  sont  pas  aussi  bons  nageurs 
que  les  Tridactylns. 

Il  faut  donc  supposer  que  si  les  Bhipipteryx  creusent,  ils 
n'exécutent  pas  de  grands  travaux  souterrains  ;  que  leur  vie  est 
surtout  aérienne  et  qu'ils  se  meuvent  soit  sur  le  sol,  soit  à  la 
surface  des  eaux  ;  qu'ils  évitent  de  s'enfoncer  sous  l'élément 
liquide  en  s'envolant,  et  que,  lorsqu'ils  sont  submergés,  c'est 
surtout  grâce  à  la  légèreté  de  leur  corps,  enveloppé  de  bulles 
d'air,  qu'ils  reviennent  à  la  surface. 


420  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHXTNER. 

Dans  leurs  affinités,  ils  s'écartent  des  Gryllotalpites  pour  se 
rapprocher  plus  particulièrement  des  Acridides,  auxquels  ils 
se  relient  par  la  présence  et  la  forme  de  leur  oviscapte.  On  a  vu 
aussi  que  l'extrémité  de  l'abdomen  des  mâles  est  également  su- 
jette, comme  chez  certains  Acridides,  à  prendre  des  formes 
exagérées  et  très  singulières  par  suite  de  la  tuméfaction  des 
derniers  segments  (/?/«.  cyanipennïs^  p.  415). 

En  résumé  de  ce  qui  précède,  on  peut  dire  : 

1°  Que  la  tribu  des  Gryllotalpiens  forme  une  chaîne  qui  se 
rattache  par  un  bout  aux  Gryllides  par  les  Grijllotalpa,  et  par 
l'autre  aux  Acridides,  et  spécialement  aux  Tetticides,  par  les 
Bhipipteryx;  les  Tridactylus  formant  le  terme  intermédiaire  ' . 

2°  Que  la  tribu  des  Gryllotalpiens  ne  peut  être  caractérisée 
que  d'une  manière  très  générale,  et  comme  suit  : 

Abdomen  tantôt  simple,  dépourvu  d'oviscapte  chez  les  femelles, 
tantôt  muni  d'un  oviscapte  court  du  genre  de  celui  des  Acridides. 
Tibias  antérieurs  très  comprimés,  plus  ou  moins  fortement  dilatés  et 
armés  de  gritt'es  digitales  formant  un  instrument  aratoire.  Tarses 
composés  de  3,  2  ou  1  article  seulement. 

Les  Tridactylites  offrent  des  caractères  si  particuliers  qu'il 
convient  d'en  former  une  sous-tribu  séparée.  La  tribu  se  divi- 
sera comme  suit  : 

Sous-tribu  des  Gryllotalpites. 

Élytres  (lorsqu'il  existe  des  organes  du  vol)  raccourcis,  mem- 
braneux, offrant  chez  les  mâles  un  tambour.  Ailes  membraneu- 
ses, conformes  à  celles  des  Grylliens. 

Pattes  robustes.  La  paire  antérieure  très  dilatée;  ses  tibias 
très  comprimés  et  très  larges,  armés  de  2-5  doigts  robustes; 

'  Comme  l'a  indique  L.-H.  Fischek,  le  tulje  intestinal  des  Tridactylus  uH're 
des  analogies  avec  celui  des  Acridides:  il  ressemble  plus  à  celui  de  ces  insectes 
qu'à  celui  des  Gryllutalpiles . 


NOTICE   SUR   LES   GRYLLOTALPIENS.  421 

ses  tarses  terminés  par  deux  grifïes  droites  (ou  nulles).  — 
Pattes  postérieures  courtes  et  faibles,  peu  sauteuses  ou  ne 
l'étant  pas  du  tout.  —  Abdomen  simple,  sans  distinction  dans 
les  deux  sexes;  le  segment  anal  muni  des  deux  appendices 
ordinaires  seulement  (cerci). 

a.  Antennes  longues  et  sétacées.  Tarses  tous  composés  de  8  arti- 
cles ;  ceux  des  2'"«  et  3"''  paires  munis  de  griffes  ordinaires  à 
deux  crochets.  Tibias  postérieurs  terminés  par  G  éperons. 
Corps  ailé.  Orylloialpa.  —  Scapteriscus. 
a,  a.  Antennes  très  courtes,  monoliformes,  composées  d'un  petit  nom- 
bre d'articles.  Tarses  composés  de  1  ou  2  articles,  à  griffé 
unique.  Tibias  postérieurs  armés  de  4  éperons  seulement. 
Corps  aptère.  —  CyUndrodes. 

Sous-tribu  des  Tkidactylites. 

Insectes  ailés.  Élytres  raccourcis  et  cornés,  dépourvus  de 
tambour  chez  les  mâles.  Ailes  flabelliformes,  à  champ  marginal 
corné.  Pattes  très  comprimées.  Tibias  antérieurs  plus  ou  moins 
dilatés,  parcourus  à  leur  face  interne  par  une  rainure  servant 
à  recevoir  le  tarse.  Tarses  des  deux  premières  paires  grêles, 
composés  de  deux  articles  et  munis  de  griffes  ordinaires  à  deux 
crochets.  —  Pattes  postérieures  très  fortement  sauteuses  ; 
leurs  fémurs  monstrueux,  énormément  dilatés  ;  leurs  tibias  très 
grêles,  terminés  par  4  éperons,  dont  les  deux  inférieurs  très 
longs;  leur  tarse  réduit  au  seul  métatarse  (ou  nul). 

Abdomen  dépourvu  d'oviscapte  ou  muni,  chez  les  femelles, 
d'un  oviscapte  court.  (Plaque  suranale  étroite  et  prolongée). 
Segment  anal  muni  de  4  appendices  anaux.  Antennes  courtes, 
composées  d'un  petit  nombre  d'articles  distincts.  —  G.  Tridac- 
tylus.  —  RMpipteryx. 

Ohs.  On  remarquera  que  les  CyUndrodes  et  les  TridactyMes, 
malgré  l'extrême  divergence  de  leur  genre  de  vie,  possèdent  des 
caractères  communs^  soit:  dans  la  brièveté  des  antennes,  dans  le 
nombre  réduit  des  éperons  de  leurs  tibias  postérieurs  et  des 


422  H.    DE   SAUSSURE   ET    L.    ZEHNTNER. 

articles  de  tous  leurs  tarses.  Ces  modifications  revêtent  toute- 
fois, dans  ces  deux  types,  un  caractère  fort  différent,  dépendant 
d'adaptations  absolument  ditïerentes  et  n'indiquent  aucune 
affinité. 

APPENDICE 

Sur  le  genre  Cf/lindrodes. 

Ce  singulier  genre  étant  encore  très  peu  connu,  nous  en  don- 
nons la  description,  dans  la  limite  du  possible,  d'après  deux 
individus,  malheureusement  fort  détériorés,  qui  sont  en  notre 
possession. 

Les  Cylindrodes  pourraient  être  envisagés  comme  des  Gryl- 
lotalpa  qui  auraient  été  passées  à  la  filière,  de  manière  à  s'être 
considérablement  rétrécies  et  allongées,  tout  en  prenant  une 
forme  cylindrique  et  à  peu  près  égale  partout.  Cette  forme  est 
une  conséquence  forcée  du  genre  de  vie  de  ces  insectes,  qui  pro- 
gressent dans  l'intérieur  des  grandes  plantes  herbacées  en  s'y 
creusant  des  canaux  étroits,  juste  suffisants  pour  leur  donner 
passage. 

11  faut  supposer  qu'ils  opèrent  ce  travail  en  dévorant  la  moelle 
ou  la  substance  de  ces  plantes  en  s'aidant  de  leurs  pattes  anté- 
rieures pour  élargir  la  galerie  d'avancement  au  point  de  donner 
passage  au  prothorax.  Le  reste  du  corps  devant  passer  par  le 
même  vide,  il  a  fallu  que  l'abdomen  se  rétrécisse  au  même  cali- 
bre que  le  prothorax  et  que  les  pattes  des  2'"*'  et  3'"<'  paires  pus- 
sent s'effacer  complètement,  afin  de  ne  pas  augmenter  le  volume 
du  thorax. 

Description.  La  surface  du  corps  est  partout  cornée  et  forte- 
ment cuirassée,  à  l'abdomen  presque  comme  au  thorax,  lisse, 
non  veloutée  comme  chez  les  GryUotalpa,  mais  toutes  ses  pièces 
sont  frangées  de  poils  sur  leurs  bords. 

La  tête  est  conique  comme  chez  les  Gryllotdpa  et  ne  porte 


NOTICE   SUR   LES    GRYLLOTALPIENS.  423 

non  plus  que  deux  ocelles,  mais  ceux-ci  ne  sont  pas  développés 
et  n'apparaissent  que  sous  la  forme  de  deux  taches  jaunes.  Les 
yeux  sont  très  écartés,  petits  et  point  saillants.  L'écusson  facial 
est  soudé  au  front,  et  sa  surface  est  unie. 

La  carapace  du  pronotum  est  entièrement  cylindrique,  reje- 
tant en  avant  les  pattes  antérieures  et  enveloppant  le  corps; 
ses  deux  bords  latéraux  se  rejoignant  en  dessous,  suivant  une 
suture  longitudinale.  Le  mésothorax  forme  un  cylindre  complet  ; 
sa  partie  dorsale  est  divisée  en  longueur  par  deux  sillons, 
qui  le  partagent  en  trois  compartiments,  dont  le  médian  repré- 
sente le  tergite  et  les  deux  latéraux,  les  pleurites  (épisternites) 
très  dilatés,  refoulés  au  sommet  des  flancs  par  le  mésosternum, 
parce  que  celui-ci  forme  un  demi-cylindre  complet,  occupant 
toute  la  moitié  inférieure  du  mésotliorax  et  remontant  sur  les 
côtés  jusqu'au  milieu  des  flancs.  Les  pièces  dorsale,  latérales 
et  sternale  sont  soudées  les  unes  aux  autres,  ne  laissant  entre 
elles  aucun  vide,  et  formant  une  cuirasse  cylindrique.  (Chez  les 
GryUotalpa,  le  mésosternum  est  comprimé  et  caréné  au  milieu,  et 
ne  remonte  pas  sur  les  côtés.)  Les  côtés  du  mésothorax  sont  en 
dessus  dans  leur  partie  postérieure,  fortement  excavés  pour 
faire  place  à  la  base  des  fémurs;  il  résulte  de  là  que  le  lobe 
dorsal  médian  (tergite)  se  termine  en  arrière  en  forme  de  bi- 
seau. Le  métanotum  et  les  deux  premiers  tergites  de  l'abdomen 
sont,  eux  aussi,  entièrement  excavés,  ou  pour  le  moins  oblique- 
ment aplatis  sur  les  côtés,  pour  faire  place  aux  pattes  intermé- 
diaires et  postérieures,  repliées,  et  leur  permettre  de  s'effacer 
au  point  de  ne  pas  augmenter  la  largeur  du  corps.  Il  en  résulte 
que  ces  segments  n'ont  presque  plus  aucune  largeur  en  dessus, 
et  qu'ils  sont  comme  comprimés  en  forme  de  lame  ou  de  mur. 
Le  métanotum  est  très  court;  il  se  dissimule  entre  les  genoux 
des  pattes  intermédiaires,  et  sa  crête  est  faiblement  échancrée 
Le  tergite  du  segment  médiaire,  plus  long,  n'est  lamellaire  qu'à 
sa  base  et  s'élargit  en  arrière  en  entonnoir;  d'autres  fois,  il  est 


424  H.    DE    SAUSSURE    ET   L.    ZEHNTNER. 

entièrement  comprimé,  ainsi  que  la  base  du  2™'  tergite  de  l'ab- 
domen, et  c'est  alors  ce  dernier  seulement  qui  s'élargit  en  trian- 
gle à  son  extrémité  postérieure.  Le  meta  sternum  est  plat,  de 
forme  trapézoïdale,  et  parcouru  par  deux  sillons  un  peu  con- 
vergents en  arrière;  il  ne  remonte  pas  sur  les  côtés,  aussi  les 
pleurites  occupent-ils  presque  leur  position  normale  en  avant 
des  hanches,  formant  le  bas  des  flancs. 

Tous  les  segments  de  l'abdomen  se  composent  de  4  plaques 
cornées  :  le  tergite  cj^lindrique,  le  ventrite  plus  aplati  et  moins 
large,  et  deux  pièces  latérales  étroites  et  parallèles  (pleurites) 
un  peu  infères,  qui  unissent  les  plaques  dorsales  et  ventrales  sui- 
vant des  sutures  membraneuses  et  mobiles.  L'abdomen  est  beau- 
coup plus  long  que  le  thorax  ;  il  s'est  allongé  en  proportion  de 
son  rétrécissement.  Ses  segments  ne  sont  pas  aussi  transversaux 
que  chez  les  Grijllotalpa;  le  4'"«  est  aussi  long  que  large;  les 
suivants  vont  se  raccourcissant  un  peu  jusqu'au  8"^  L'extré- 
mité de  l'abdomen  diffère  notablement  de  celle  des  Gryllotalpa  ' . 
Le  9™®  tergite  est  très  grand,  aussi  long  que  le  4™%  voûté  et 
convexe,  un  peu  rabattu  sur  les  côtés,  et  arrondi  en  arrière.  Le 
10"®  est  peu  apparent,  très  court,  ne  formant  qu'une  étroite 
bande,  presque  linéaire,  difficile  à  distinguer  et  rabattue  en 
bas,  offrant  une  dépression  médiane;  mais  il  se  prolonge  au  mi- 
lieu en  forme  de  dé  à  coudre,  pour  former  la  plaque  suranale 
(l'anus  étant  mal  conservé  chez  notre  individu,  cette  descrip- 
tion est  un  peu  incertaine). 

Le  dernier  segment  ventral  (9™^  ventrite)  est  grand,  arrondi 
en  arrière.  Les  pleurites  du  8™®  segment  sont  peu  coriaces.  Le 
2Qiiie  segment  offre  de  chaque  côté  une  plaque  cornée.  Les  cerci 
s'articulent  au  sommet  de  ces  plaques;  ils  sont  très  courts, 
cylindriques  et  brièvement  subulés,  non  divisés  en  articles. 

Faites.  Les  pattes  sont  toutes  très  courtes,  très  comprimées 

^  Voir  p.  406  et  fig.  17-19. 


NOTICE   SUR  LES   GRYLLOTALPIENS.  425 

et  très  appliquées  au  corps,  ne  faisant  nullement  saillie  sur  les 
côtés.  A  cet  effet,  au  lieu  d'être  insérées  latéralement,  elles  sont 
rejetées  à  l'extrémité  des  segments  qui  les  portent  et  s'insèrent, 
les  antérieures  au  bord  antérieur  du  prothorax,  les  autres  au 
bord  postérieur  des  méso-  et  métasternum.  Elles  n'augmentent 
en  rien  l'épaisseur  du  cylindre  du  corps.  Au  contraire,  le  corps 
est  fortement  rétréci  entre  le  mésotliorax  et  le  3'»®  segment  de 
l'abdomen,  afin  de  laisser  un  peu  de  mobilité  aux  deux  paires  de 
pattes  postérieures,  lors  même  que  le  calibre  de  la  galerie  que 
perce  l'insecte  n'est  déterminée  que  par  la  grosseur  du  prothorax. 

Les  pattes  antérieures  sont  fortement  dilatées.  Le  fémur  est 
carré-arrondi  et  n'a  presque  aucune  épaisseur.  Sa  face  externe 
est  à  peine  convexe,  fortement  ponctuée,  luisante  et  rugulée. 
Sa  base  arrondie  chevauche  en  dehors  par-dessus  l'extrémité 
de  la  hanche  ;  son  bord  supérieur  est  caréné,  et  son  extrémité  a 
l'air  d'être  formée  par  des  écailles  imbriquées,  mais  cette  appa- 
rence tient  seulement  à  ce  qu'elle  est  divisée  en  compartiments 
par  des  carènes.  On  voit  d'abord  une  carène  transversale  par- 
tant de  l'extrémité  du  bord  supérieur  et  se  prolongeant  en  ar- 
rière au-dessus  du  bord  inférieur,  séparant  la  partie  apicale  du 
fémur.  Celle-ci  est  lamellaire  et  fendue,  formant  deux  lobes 
arrondis,  dont  l'inférieur  est  le  plus  grand  et  lui-même  partagé 
par  une  carène  arquée.  Le  trochanter,  rejeté  en  dessous,  longe 
le  fémur,  dont  il  n'est  séparé  que  par  un  sillon,  et  forme  avec 
le  fémur  un  seul  tout.  Il  est  partagé  par  une  carène  longitudi- 
nale; sa  moitié  supérieure  est  de  forme  lancéolée  et  subcanne- 
lée ;  sa  partie  inférieure  est  de  moitié  plus  couTte.  Le  bord  du 
lobe  apical  inférieur  du  fémur  se  continue  en  une  seule  courbe 
avec  la  carène  du  trochanter  ;  il  est  faiblement  courbé  en  dehors 
et  tranchant  à  la  manière  d'une  truelle. 

Le  tibia  est  lamellaire,  arqué  en  arc  de  cercle  et  découpé  à 
son  bord  supérieur  de  manière  à  former  5  dents  légèrement 
courbées  en  dehors.  Il  s'articule  fortement  au  bord  supérieur 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  29 


426  H.    DE    SAUSSURE    ET    L.    ZEHNTNEK. 

du  fémur  dans  le  lobe  supérieur  de  ce  dernier,  et  peut  se  re- 
plier sous  le  lobe  inférieur  et  l'extrémité  du  troclianter,  de  façon 
à  ce  que  tout  ou  partie  de  ses  dents  dépassent  le  bord  apical 
du  fémur. 

Le  fémur,  le  troclianter  et  le  tibia  forment  ainsi,  par  leur 
ensemble,  comme  un  soc  de  charrue,  capable  de  rejeter  en 
dehors  la  moelle  des  plantes  dans  lesquelles  travaille  l'hisecte. 

Le  tarse  n'ajoute  rien  à  cet  ensemble.  Il  est  réduit  à  un  seul 
article  allongé,  grêle  et  cylindrique,  dépourvu  de  griffe,  cilié  en 
dessous  et  terminé  par  quelques  soies  ;  il  s'articule  entre  les  deux 
dernières  dents  du  tibia,  et  s'efface  en  se  repliant  contre  la  face 
interne  de  ce  dernier.  Il  ne  semble  exister  que  par  réminiscence. 

Les  fémurs  sont  fortement  ciliés  sur  leurs  bords,  et  les  tibias 
portent  également  quelques  poils  dans  leurs  échancrures. 

Les  pattes  intermédiaires  et  postérieures  sont  presque  simi- 
laires ;  très  courtes,  fortes,  ciliées.  Les  fémurs  sont  lenticulaires, 
comprimés,  à  bord  supérieur  très  arqué.  Les  tibias  sont  dépour- 
vus d'épines;  ceux  de  la  paire  intermédiaire  ont  leur  bord  api- 
cal-antérieur  oblique  et  découpé  de  deux  échancrures  dessinant 
3  dents,  dont  la  première  obsolète,  la  2""^  triangulaire,  la  3'"® 
dentiforme.  Il  y  a  en  outre  souvent  une  4"*^  dent,  formant  la 
paire  avec  la  S™**,  mais  ces  dents  sont  sujettes  à  l'atrophie  (elles 
manquent  presque  complètement  à  la  patte  droite  d'un  de  nos 
individus).  Les  tibias  postérieurs  se  terminent  par  4  dents  bien 
développées,  soit  par  4  éperons,  2  supérieurs,  2  inférieurs.  Les 
tarses  se  composent  de  deux  articles  et  sont  armés  d'une  griffe 
unique,  assez  longue,  presque  droite  et  aiguë. 

Les  hanches  intermédiaires  sont  très  courtes  et  très  écartées 
afin  de  permettre  aux  genoux  de  converger  sur  le  dos  (comme 
le  font  ceux  des  pattes  postérieures  dans  tous  les  Gryllotalpites). 
Il  en  résulte  que  le  mésosternum  est  plus  large  que  le  métas- 
ternum. 

Les  pattes  postérieures  ne  sont  pas  plus  grandes  que  les  in- 


NOTICE   SUR   LES   GRYLLOTALPIENS.  427 

termédiaires  ;  elles  sont  même  un  peu  moins  fortes,  mais  le 
fémur  est  un  peu  moins  court.  Ces  pattes  sont  absolument  inap- 
tes au  saut. 

Les  pattes  intermédiaires  et  postérieures  n'ont  d'autres  fonc- 
tions que  de  fixer  le  corps  dans  les  galeries  au  moyen  des  dents 
apicales  de  leurs  tibias  et  de  le  chasser  en  avant,  tandis  que  les 
pattes  antérieures  travaillent  à  avancer  la  galerie;  elles  servent 
aussi  à  faire  progresser  l'insecte  dans  des  canaux  déjà  percés. 
Lorsque  l'insecte  abandonne  son  réduit  pour  passer  d'une  plante 
à  une  autre,  elles  deviemient  ambulatoires.  Les  pattes  antérieu- 
res deviennent,  elles  aussi,  ambulatoires,  grâce  à  leurs  tibias, 
qui,  repliés  contre  le  fémur  pour  le  travail  aratoire,  peuvent  se 
dégager  et  appuyer  sur  le  sol  par  leur  extrémité. 

Toutes  les  pattes  étant,  chez  les  Cylindrodes,  beaucoup  plus 
courtes  et  beaucoup  plus  appliquées  que  chez  les  OryUotalpa, 
les  mouvements  dont  elles  sont  susceptibles  sont  beaucoup  moins 
amples  que  chez  ces  dernières;  les  pattes  antérieures  en  parti- 
culier ne  fournissent  qu'un  très  petit  mouvement  latéral.  Les 
Cylindrodes  ne  peuvent,  à  cause  de  cela,  percer  que  des  gale- 
ries très  étroites,  et  non,  comme  les  Gryllotalpa,  des  chemins 
assez  larges  pour  s'y  mouvoir  avec  rapidité.  Il  faut  dire  que  le 
travail  des  Cylindrodes  dans  les  tiges  des  plantes  est  beaucoup 
plus  ardu  que  celui  des  Gryllotalpa  dans  le  sol,  la  terre  étant  bien 
plus  facile  à  percer  et  à  déplacer  que  la  substance  du  tissu  vé- 
gétal, aussi  les  Cylindrodes  sont-ils  forcés  de  réduire  leur  tra- 
vail au  minimum  possible  et  de  se  contenter  de  percer  des  gale- 
ries juste  assez  larges  pour  donner  passage  à  leur  corps. 

Les  Cylindrodes  offrent  dans  toutes  les  parties  de  leurs  corps 
des  modifications  surprenantes  qui,  par  leur  ensemble,  consti- 
tuent un  merveilleux  exemple  d'adaptation  à  un  genre  de  vie 
siii  generis,  et  qui  va  jusqu'à  détruire  une  partie  des  carac- 
tères de  famille  (pattes  postérieures  non  sauteuses  et  sans  épi- 


428  H.    DE   SAUSSURE   ET   L.    ZEHNTNER. 

nés  ;  griifes  simples),  et  de  tribu  (antennes  très  courtes  ;  articles 
des  tarses  réduits)  ' . 

Espèces. 

Gray  a  établi  le  genre  Cylindrodes  d'après  une  espèce  qu'il  a 
nommée  Camphelli.  Nos  individus  ne  correspondent  pas  exacte- 
ment à  la  description  qu'il  en  donne.  Nous  distinguerons  les 
trois  formes  suivantes  '. 

1.  C.  KocHii'  Sauss.  — Dans  notre  unique  individu  (Ç?),  les 
deux  premiers  tergites  de  l'abdomen  et  la  hase  du  5™"'  sont  com- 
primés d'une  manière  lamellaire.  Les  pans  latéraux  de  ces  seg- 
ments sont  fortement  excavés  sur  les  côtés,  même  au  S'"^  ter- 
gite  de  l'abdomen,  en  sorte  que  les  fossettes  latérales  se  prolon- 
gent jusqu'à  l'extrémité  de  ce  segment  et  qu'elles  servent  à 
loger  les  tibias  postérieurs,  lors  même  que  ceux-ci  ne  sont  pas 
repliés  contre  les  fémurs.  La  crête  dorsale  est  tout  à  fait  lamel- 
laire au  métanotum;  aux  deux  segments  suivants,  elle  l'est  un 
peu  moins,  et  arrondie  en  dessus.  Le  3™^  tergite  s'élargit  d'avant 
en  arrière  en  triangle  un  peu  arrondi  en  dessus  ;  son  extrémité 
se  perd  dans  un  pian  oblique  plus  large  et  divisé  en  3  compar- 
timents excavés  et  polis,  dont  les  deux  latéraux  sont  triangu- 
laires, le  médian  plus  grand,  en  triangle  renversé,  à  bord  supé- 
rieur arqué.  Ce  compartiment  est  lui-même  divisé  en  9  fossettes 

^  Parmi  ces  Hyménoptères  du  genre  Scolia,  on  trouve  des  ditférences  de 
mœurs  presque  parallèles  à  celles  des  Gryllotalpites.  La  plupart  des  Scolia  s'en- 
foncent dans  la  profondeur  du  sol  en  remuant  la  terre,  mais  la  Se.  oryctophaga, 
et  sans  doute  d'autres  espèces  aussi,  pénètre  dans  les  galeries  que  les  Oryctes 
creusent  dans  les  troncs  des  arbres.  Toutefois,  de  cette  différence  dans  le  genre 
de  vie,  il  ne  resuite  pas  chez  cette  Scolie  de  modilications  morphologiques, 
attendu  »iue  l'insecte  ne  perfore  pas  le  bois  des  arbres,  mais  ne  fait  que  profiter 
des  galeries  déjà  établies  par  les  Coléoptères  dont  il  est  le  parasite  en  se  frayant 
un  chemin  dans  le  terreau  qui  remplit  ces  excavations.  (Cp.  H.  de  Saussure. 
Ap.  Grandidier.  Histoire  de  Madagascar,  t.  XX,  Hyménoptères,  p.  18o,  notes.) 

*  Pour  la  description  des  espèces,  voir  aussi  H.  de  Saussure,  Mélanges  orthop- 
teroL,  Ve  fascic,  p.  40. 

*  H.  DE  Saussure^  Mélanges  or thoptéroL,  o'^e  fasc,  pi.  11,  fig.  III. 


NOTICE  SUR  LES  GRYLLOTALPIENS.  429 

dont  les  deux  latérales  forment  des  cannelures  obliques.  Toutes 
ces  fossettes  sont  séparées  par  des  arêtes  ' .  Le  4™«  tergite  est 
séparé  du  3™®  par  un  large  sillon  ou  par  une  sorte  d'étrangle- 
ment bordé  par  quelques  petites  impressions.  Au  3™^  tergite, 
les  cavités  latérales  sont  bordées  supérieurement  par  des  arêtes 
arrondies,  qui  deviennent  vives  à  l'extrémité  du  tergite.  Les 
fémurs  des  2™®  et  3™®  paires  sont  absolument  mutiques.  Leur  bord 
inférieur  se  termine  à  la  face  externe  par  un  arrondissement 
qui,  par  suite  d'une  petite  échancrure  du  bord  apical,  forme 
presque  un  lobe  géniculaire  arrondi. 

Le  dernier  tergite  de  l'abdomen  ne  porte  pas  de  sillon,  et  le 
dernier  ventrite  est  plus  court  que  chez  le  n"  2. 

2.  Species...'^  (  9"?)-  —  Chez  cet  individu,  les  deux  premiers 
tergites  seulement  de  l'abdomen  sont  comprimés,  mais  non 
d'une  manière  lamellaire;  ils  offrent  en  dessus  un  replat  étroit, 
qui  s'élargit  en  arrière.  Le  premier  est  lamellaire  à  son  extrême 
base  et  forme  ensuite  un  dos  d'âne  arrondi;  le  2™  offre  en  des- 
sus un  replat  en  forme  d'entonnoir  étroit,  un  peu  tronqué  à  sa 
base  et  plus  aplati  que  le  replat  du  premier;  le  3'"''  tergite  est 
presque  cylindrique.  Les  côtés  du  métanotum  et  de  ces  tergites 
ne  sont  guère  excavés,  mais  seulement  obliquement  aplatis,  et 
l'aplatissement  se  continue  en  mourant  sur  les  côtés  du  3™®.  Le 
bord  supérieur  des  facettes  ainsi  formées  est  arrondi  et  n'est 
plus  appréciable  au  3™"  tergite.  Les  fémurs  des  2™«  et  3™«  pai- 
res sont  mutiques,  mais  le  bord  inférieur-externe  se  termine  à 
la  paire  du  milieu  par  un  lobe  géniculaire  triangulaire,  qui  est 
formé  par  une  échancrure  triangulaire  du  bord  apical.  Le  9™® 
tergite  (fig.  17)  est  grand,  partagé  avant  le  milieu  par  un  sil- 
lon transversal  incomplet.  Les  cerci  sont  très  apparents;  le  S'"^ 
ventrite  (fig.  18)  est  assez  allongé. 

3.  C.  Campbelli  Gray.  —  Cette  espèce  a  été  figurée  par 

'  Il  n'est  i/uùre  à  supposer  que  celte'  sculpture  si  régulière  soit  le  résultat  d'une 
déformation . 


430  H.    DE   SAUSSURE    ET    L.    ZEHNTNER. 

Gray  (Griffith,  Animal  Kingclom,t.  XV,  Ins.  p.  785,  PI.  131, 
sexus?).  Notre  n®  2  correspond  parfaitement  à  la  figure  de 
Gray,  si  ce  n'est  que  sur  cette  dernière  le  9'"'^  segment  de  l'ab- 
domen est  plus  grand  et  quelque  peu  dilaté.  Mais  l'auteur  dit 
que  les  fémurs  des  2'"^  et  3""^  paires  se  terminent  par  une  dent 
qui  sert  à  ces  insectes  à  se  fixer  contre  les  parois  des  galeries 
dans  lesquelles  ils  se  meuvent  ' . 

L'auteur  donne  au  tarse  antérieur  deux  articles,  et  les  cerci 
ne  seraient  pas  apparents  ? 

Le  genre  de  vie  des  Cylindrodes  permet  de  supposer  qu'il  en 
existe  plusieurs  espèces,  habitant  chacune  une  espèce  ou  un 
groupe  d'espèces  de  plantes. 


'  Les  Gryllotalpieiis  ii'oiïVent  pas  d'épines  géniculaires.  L'auteur  n'aurait-il 
pas  l'ait  un  lapsus  calami  et  écrit  fémurs  au  lieu  de  tibias?  S'il  en  est  ainsi,  le 
n°  2  rentrerait  dans  le  C.  Camphelli. 


RECHERCHES 


VESSIE  NATATOIRE 

DES 

LOCHES   D'EUROPE 


Maurice   JAQUET 

Avec     la     planche     XVIII. 


La  famille  des  Acanthopsides  telle  que  la  comprend  Fatio 
dans  sa  «  Faune  des  Vertébrés  de  la  Suisse  »  renferme  trois 
genres  vivant  dans  les  eaux  douces  de  l'Europe.  Ce  sont  le 
Misgurnus  fossilis  ou  Loche  d'étang^  le  Cohitis  tœnia  ou  Loche 
des  rivières,  et  le  NemacMlus  harhatulus  ou  Loche  franche. 
Ces  trois  poissons  possèdent  la  curieuse  particularité  d'avoir  la 
vessie  natatoire  emprisonnée  dans  une  capsule  osseuse  dépen- 
dant de  la  colonne  vertébrale;  cette  conformation  a  attiré  depuis 
longtemps  l'attention  des  auteurs  et  ceux-ci  ont  pour  la  plupart 
admis  une  relation  directe  entre  la  vessie  natatoire  et  l'intes- 
tin par  l'intermédiaire  d'un  pédoncule  cylindrique.  La  question 
était  de  savoir  si  cet  organe  est  creux  ou  non.  Les  classificateurs 
modernes  en  faisant  rentrer  les  Loches  parmi  les  Physostomes 
se  sont  ralliés  à  l'opinion  des  anatomistes  qui  disaient  que  la 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  IL  1894.  30 


432  MATRICE    JAQUEr. 

vessie  natatoire  des  Loches  est  reliée  à  Uintestin  par  un  canal 
pneumatophore.  Mais  aucune  observation  n'était  basée  sur  l'exa- 
men de  coupes  microscopiques  du  pédoncule  et  de  la  vessie.  Dans 
le  présent  travail  nous  chercherons  à  dt'montrer  que  le  soi-disant 
canal  pneumatophore,  s'il  a  existé  autrefois,  est  aujourd'hui 
complètement  modifié  dans  sa  structure  et  ne  mérite  pas  le  nom 
par  lequel  on  le  désigne. 

Ces  recherches  ont  été  entreprises  au  laboratoire  d'anatomie 
comparée  de  M.  le  professeur  C.  Vogt.  Je  suis  heureux  de 
pouvoir  témoigner  ici  ma  reconnaissance  à  mou  vénéré  maître, 
qui  a  grandement  facilité  mes  recherches  en  mettant  à  ma  di>- 
position  sa  précieuse  bibliothèque  et  un  abondant  matériel  de 
travail. 

Misfiurmis  fossilh. 

Après  avoir  enlevé  la  peau  des  flancs  du  corps,  immédiate- 
ment en  arrière  de  l'ouverture  des  ouïes,  on  observe  que  les  deux 
grosses  bandes  des  muscles  latéraux  {a  et  b,  fig.  l)sont  séparées 
l'une  de  l'autre  et  ménagent  ainsi  un  espace  rempli  par  une  sub- 
stance en  gelée.  Comme  cette  dernière  est  transparente, elle  per- 
met de  distingue!-  dans  la  profondeur  une  membrane  brillante 
cerclée  d'une  couronne  d'un  blanc  mat  [c,  fig.  1);  c'est  la  vessie 
natatoire,  ou  du  moins  l'organe  considéré  comme  tel  jusqu'à 
présent.  Cet  organe  fort  singulier  chez  les  Loches,  est  susi)endu 
à  la  face  ventrale  de  la  colonne  vertébrale  et  dépend  des  deux 
premières  vertèbres.  Il  est  complété  par  une  vésicule  accolée 
contre  la  fuce  postérieure,  en  dessous  de  laquelle  descend  jus- 
qu^'à  la  rencontre  de  la  paroi  dorsale  du  tube  digestif,  une 
masse  cylindrique  glandulaire.  Nous  distinguons  donc  trois  par- 
ties nettement  tranchées  :  la  vessie,  la  vésicule  et  le  cordon 
glandulaire.  Nous  les  étudierons  séparément. 

La  vessie  (fig.  2,  3,4)  représente  un  double  sac  allongé  trans- 


VESSIK  NATATOIRE  DES  LOCHES  d'eUROPE.  433 

versalement  et  resserré  sur  la  ligne  médiane  longitndinale  par 
un  sillon  qui  le  divise  imparfaitement  en  deux  moitiés,  une  droite 
et  une  gauche.  1  .lie  est  composée  de  deux  parties  nettement  tran- 
chées, une  capsule  externe  osseuse  et  une  interne  membraneuse 
appliquée  intimement  contre  la  paroi  de  la  première.  La  côte  de 
la  seconde  vertèbre  {h,  fig.  2,  3,  4)  pénètre  dans  la  paroi  anté- 
rieure qu'elle  traverse  de  part  en  part,  en  laissant  émerger  son 
extrémité  libre  qui  sert  de  point  d'attache  à  plusieurs  libres 
musculaires.  Les  deux  moitiés  de  la  capsule  osseuse  commu- 
niquent librement  l'une  avec  l'antre.  Nous  remarquons  trois 
ouvertures  qui  perfoi-ent  la  paroi  de  cette  coque  squelettaire  ; 
deux  sont  latérales  et  la  troisième  impaire  est  placée  dorsale- 
ment  et  postérieurement.  Les  deux  premières  (c  fig.  3,  d  fig.  4) 
se  présentent  comme  des  fentes  allongées  d'avant  en  arrière 
et  protégées  dorsalement  par  un  petit  toit  osseux.  Ce  sont 
ces  ouvertures  que  l'on  aperçoit  après  avoir  enlevé  la  peau  des 
flancs  dont  nous  avons  parlé  plus  haut.  L'orifice  postérieur, 
(d,  fig.  3)  situé  au  haut  du  sillon  qui  sépare  la  vessie  en  deux 
moitiés,  a  la  forme  d'un  cœur  de  carte  à  jouer,  la  pointe  étant 
inférieure.  La  vessie  est  d'une  taille  tout  à  fait  minime  comparée 
à  celle  du  corps  du  poisson.  Chez  un  exemplaire  de  15  centi- 
mètres et  demi  de  longueur,  l'organe  en  question  mesure  1  cen- 
timètre de  largeur  sur  5  millimètres  de  longueur. 

Quant  à  la  constitution  histologique  de  la  capsule  externe, 
elle  ne  laisse  pas  que  d'être  fort  curieuse.  Au  premier  coup 
d'œil,  la  paroi  rappelle  les  lames  osseuses  crâniennes  d'un  oiseau 
bon  voilier  ;  on  y  reconnaît  ce  tissu  aréolaire  tout  à  fait  parti- 
culier dans  lequel  les  espaces  foncés  ménagés  entre  les  travées 
sont  beaucoup  moins  volumineux  que  ces  dernières.  Les  coupes 
de  la  paroi  osseuse  décalcifiée  permettent  de  distinguer  deux 
enveloppes  fibreuses  avec  noyaux  bien  accentués  ;  l'une  est 
externe  (a,  fig.  5)  l'autre  interne  (b).  Elles  sont  séparées 
l'une  de  l'autre  par  des  piliers  de  tissu  conjonctif  réticulé  (c) 


434  MAURICE    JAQUET. 

qui  remplit  les  aréoles  ménagées  entre  les  travées  de  substance 
osseuse.  Ces  dernières  (d),  recouvertes  à  l'extérieur  comme  à 
l'intérieur  par  les  lames  conjonctives  fibreuses,  sont  constituées 
par  une  base  compacte  renfermant  des  cavités  de  deux  natures 
différentes.  Les  unes  (e)  sont  énormes  et  contiennent  toujours 
plusieurs  noyaux  cellulaires;  les  autres,  les  ostéoblastes,  ne  ren- 
ferment jamais  qu'une  cellule  osseuse  avec  son  nucléus  bien 
délimité  (f).  La  paroi  de  la  capsule  est  plus  épaisse  sur  la  face 
dorsale  que  sur  les  côtés  et  la  face  ventrale. 

La  vessie  membraneuse  tapisse  intérieurement  la  capsule  os- 
seuse ;  elle  est  constituée  par  deux  parois  concentriques,  formées 
toutes  deux  par  du  tissu  fibreux  très  dense  et  qui  varie 
d'épaisseur.  L'extei-ne  {g,  fig.  5)  est  de  beaucoup  la  plus  forte  ; 
de  nombreuses  traînées  conjonctives  [h)  la  relient  à  la  capsule 
osseuse;  entre  ces  tniînées  on  aperçoit  une  matière  senii-îréla- 
tineuse  pleine  de  granulations.  La  membrane  interne  {i)  est 
mince,  à  noyaux  moins  apparents  que  ceux  de  l'externe  ;  des 
fibrilles  de  tissu  connectif  (k)  la  relient  à  cette  dernière. 

En  relation  avec  la  vessie  natatoire  se  trouvent  deux  organes 
fort  curieux  et  nettement  distincts  l'un  de  l'autre;  nous  avons 
nommé  la  vésicule  et  le  cordon  glandulaire.  La  première 
(a,  fig.  6)  se  présente  sous  la  forme  d'une  petite  boule  ronde 
mesurant  environ  un  millimètre  de  diamètre,  elle  est  d'un  blanc 
mat  et  revêtue  à  l'extérieur  par  la  membrane  péritonéale  (a, 
fig.  7).  Les  parois  de  la  vésicule  sont  dures,  résistantes  et 
constituées  à  l'extérieur  par  un  réseau  fibro-cartilagineux  (h, 
fig.  7)  qui  passe  insensiblement  au  tissu  fibreux  (c)  formant  à 
lui  seul  les  couches  profondes.  Cette  capsule  n'est  pas  revêtue 
d(i  tissu  squelettaire  osseux  et  n'est  que  le  résultat  d'une  éva- 
gination  delà  membrane  fibreuse  interne  de  la  vessie  natatoire. 
Elle  s'est  très  épaissie  et  forme  pour  ainsi  dire  une  hernie  sail- 
lant au  dehors  par  le  pertuis  cordiforme  de  la  capsule  osseuse  ; 
son  volume  est  environ  de  50  à  60  fois  moindre  que  celui  de  cette 
dernière. 


VESSIE    NATATOIRE    DES   LOCHES    d'eUROPE.  435 

La  glande  (b,  fig.  6)  se  présente  comme  un  cylindre  plein, 
recourbé  en  arc,  placé  en  dessous  de  la  vésicule  et  dont  l'extré- 
mité inférieure  s'appuie  sur  le  tube  digestif.  A  l'exception  des 
deux  bouts,  toute  la  surface  de  ce  cylindre  est  revêtue  par  le 
péritoine  qui  se  prolonge  directement  sur  la  vésicule  d'un  côté, 
sur  le  tube  digestif  de  l'autre.  C'est  le  type  d'une  glande  en 
grappe  dont  les  lobules  sont  séparés  les  uns  des  autres  par  du 
tissu  conjonctif.  A  l'extrémité  inférieure,  ce  tissu  devient  très 
abondant  et  forme  un  pédoncule  reliant  la  glande  au  tube  diges- 
tif. Ce  pédoncule  est  plein,  constitué  uniquement  par  du  tissu 
connectif,  des  vaisseaux  sanguins  et  des  libres  musculaires 
striées  pi'ovenant  des  parois  intestinales.  L'épithélium  de  ces 
dernières,  en  regard  du  pédoncule,  forme  quelques  replis  qui  s'en- 
foncent jusque  dans  la  couche  musculaire  externe,  mais  n'entrent 
])as  en  relation  avec  les  acinis  de  la  glande.  Cette  dernière  est 
entourée  de  vaisseaux  sanguins  (g)  et  dorsalement  se  con- 
tinue dans  un  tin  canal  dont  l'extrémité  vient  buter  contre  la 
membrane  interne  de  la  vessie,  au  point  où  celle-ci  passe  à  la 
vésicule.  Les  lobules  de  la  glande  sont  entourés  chacun  d'une 
paroi  nettement  distincte  (c,  fig.  8)  soutenant  en  dedans  de 
hautes  cellules  (d)  à  un  noyau  rond  placé  à  la  base.  La  surface 
libre  de  la  cellule,  souvent  indistincte,  est  parfois  noyée  dans  un 
nuage  de  substance  granuleuse  le)  sécrétée  par  les  cellules 
et  qui  remplit  plus  ou  moins  complètement  la  cavité  du  lobule 
glandulaire. 

Cobitis  tœnia. 

La  vessie  natatoire  est  accolée  à  la  face  ventrale  des  deux 
})remières  vertèbres.  C'est  une  poche  simple  dont  le  diamètre 
transversal  l'emporte  un  peu  en  longueur  sur  le  di;imôti-e  antéro- 
postérieur,  le  premier  mesurée  millimètres,  le  second  3  millimè- 
tres sur  un  exemplaire  de  9  centimètres.  On  sent  néanmoins  que 


436  MAUKICE    JAQUET. 

cet  organe  unique  résulte  de  la  fusion  de  deux  moitiés,  car  un  léger 
sillon  antéro-postérieur  en  étrangle  un  peu  la  paroi  et  fait  ressortir 
plus  nettement  les  deux  moitiés  (fig.  9).  Chacune  de  ces  moitiés 
présente  sur  le  haut  de  sa  face  externe  une  large  ouverture 
{a,  fig.  10),  une  fente  longitudinale,  dont  le  bord  dorsal  s'avance 
en  forme  de  toit  au-dessus  de  l'ouverture.  Cette  dernière  est 
placée  à  peu  de  distance  de  la  peau  des  flancs;  une  mince  couche 
de  tissu  semi-gélatineux  l'en  sépare.  A  cet  endroit,  il  se  produit 
un  écartement  des  deux  niasses  niusculaiies  longitudinales  du 
tronc.  La  première  côte  est  tellement  soudée  à  la  vessie  qu'elle 
forme  corps  avec  elle,  et  ne  laisse  distinguer  que  son  extrémité 
inférieure  qui  dépasse  comme  une  arrête  longue  de  1  à  2  milli- 
mètres (6,  fig.  9  et  10)  La  paroi  postérieure  de  la  vessie  pré- 
sente un  orifice  cordilorme,  analogue  à  celui  que  nous  avons 
décrit  chez  le  Misgurmis  fossilis.  Il  livre  également  passage  à 
une  hernie  dépendant  de  la  vessie  interne  membianeuse.  Cette 
hernie  est  une  masse  sphérique  dont  le  diamètre  atteint  tout  au 
plus  un  demi-millimètre,  elle  n'est  pas  entourée  d'enveloppe 
osseuse  et  connuunique  directement  avec  la  cavité  de  la  vessie. 
Le  pédoncule  est  très  court,  noyé  dans  du  tissu  conjonctif, 
composé  lui-même  par  des  traînées  connectives  qui  le  fixent 
d'une  part  contre  la  vésicule  et  de  l'autre  contre  la  paroi  dor- 
sale du  tube  digestif.  Son  exti'émité  inférieure  est  creusée  d'un 
canal  s'ouvrant  sur  la  face  dorsale  du  tube  digestif;  les  muscles 
longitudinaux  de  ce  dernier  se  relèvent  pour  pénétrei'  dans  le 
pédoncule  ci  les  muscles  transversiiux  lui  forment  un  petit  man- 
chon basilain;  externe.  Le  canal  interne  du  tube,  revêtu  à  l'inté- 
rieur pai'  un  épithélium  cylindrique,  s'engage  en  décrivant  de 
nombreux  méandres  dans  le  pédoncule;  il  gagne  les  deux  tiers 
de  la  hauteur  de  ce  derniei-.  puis  disparaît.  Dans  aucun  cas  je 
n'ai  pu  distinguer  de  comnmnication  soit  avec  la  vessie  natatoire 
soit  avec  sa  hernie,  la  vésicule. 

D'après  ce  qui  précède  nous  voyons  que  le  jdan  sur  leijuel  est 


VESSIE  NATATOIRE  DES  LOCHES  1)' EUROPE.  437 

construit  la  vessie  natatoire  chez  le  Gobitistœnia  est  le  même  que 
chez  le  Misgurnus  fosslUs.  Dans  les  deux  cas  nous  trou\  ons  la 
vessie  proprement  dite,  la  vésicule  et  le  pédoncule.  Nous  devons 
entrer  dans  quelques  détails  histologiques  au  sujet  des  deux 
premières  parties.  La  vessie  comprend  deux  capsules  emboitées 
l'une  dans  l'autre,  l'externe  percée  d'orifices  est  osseuse;  l'in- 
terne imperforée  est  membraneuse  et  composée  de  deux  feuilles, 
séparées  l'une  de  l'autre  par  une  substance  semi-gélatineuse. 
La  première  est  composée  de  deux  lames,  une  externe, 
une  interne,  séparées  l'une  de  l'autre  par  un  tissu  inter- 
médiaire plus  ou  moins  abondant.  L'écartement  atteint  son 
maximum  dans  le  voisinage  de  la  hernie  ou  vésicule.  C!".aque 
lame  est  composée  de  tissu  conjouctif  fibreux.  Le  tissu  inter- 
médiaire, également  de  nature  conjonctive,  s'épaissit  à  certains 
endroits  par  le  dépôt  de  substance  cak-aire.  Le  feuillet  externe 
de  la  vessie  membraneuse,  plus  ou  moins  épais  suivant  les  régions, 
se  colore  faiblement  pai-  le  carmin,  il  renferme  les  fibres  connec- 
tives  lâchement  réunies  entre  elles.  Le  feuillet  interne  conserve 
à  peu  près  partout  la  même  épaisseur  et  il  se  colore  fortement  ; 
les  fibres  conjonctives  qui  le  constituent  sont  solidement  unies 
entre  elles. 

La  vésicule,  comme  nous  l'avons  vu  plus  haut,  est  creuse  et 
communique  librement  avec  la  cavité  de  la  vessie.  Ses  parois 
très  épaisses  sont  la  continuation  directe  de  celles  de  la  vessie, 
mais  en  diffèrent  en  quelques  points.  A  l'extérieur  nous  trou- 
vons une  enveloppe  très  forte  constituée  par  un  strate  très  serré 
de  fibres  ;  elle  paraît  être  la  continuation  de  la  lame  externe 
de  la  capsule  osseuse  et  présente  une  solution  de  continuité  sur 
la  ligne  médiane  ventrale.  En  dedans  se  place  un  tissu  conjouctif 
fibreux,  lâche,  se  c  )lorant  faiblement  et  renfermant  des  noyaux 
allongés.  Il  est  riche  en  vaisseaux  sanguins  ;  c'est  une  prolon- 
gation du  tissu  qui  sépare  les  deux  feuillets  de  la  vessie  mem- 
braneuse. Surtout  développé  sur  la  face  ventrale  de  la  vésicule, 


438  MAURICE    JAQUET. 

il  passe  par  la  solution  de  continuité  de  la  membrane  externe 
fibreuse  et  va  rejoindre  l'extrémité  supérieure  du  pédoncule 
pour  constituer  la  trame  de  ce  dernier,  La  paroi  interne  de  la 
vésicule  est  très  mince  au  col  et  s'épaissit  de  plus  en  plus  en 
gagnant  le  fond  de  la  poche.  Les  mailles  très  serrées  du  tissu 
conjonctif  qui  la  constituent  forment  un  feutrage  très  solide,  et 
sont  une  continuation  directe  du  feuillet  interne  de  la  vessie 
membraneuse. 

Nemachilus  harhatuUis. 

La  vessie  natatoire  de  Nemadiilus  harhafnhis  est  constituée 
par  deux  sphères  creuses  distinctes  et  accolées  aux  côtés  de  la 
colonne  vertébrale;  elles  dépendent  des  deux  premières  ver- 
tèbres (fig.  11 V  Examinées  par  la  face  dorsale,  elles  appa- 
raissent comme  deux  boules  séparées  l'une  de  l'autre  par  la 
colonne  vertébrale.  Le  diamètre  transversal  de  l'organe  atteint 
huit  millimètres,  c'est-à-dire  les  dimensions  de  la  largeur 
du  crâne  dans  sa  région  occipitale.  Le  diamètre  antéro-posté- 
rieur  de  chaque  boule  n'est  que  de  quatre  millimètres,  de  sorte 
que  l'organe  tout  entier  forme  une  masse  osseuse  allongée  trans- 
versalement. Les  deux  sphères  de  la  vessie,  vues  par  la  face 
ventrale,  sont  nettement  distinctes  l'une  de  l'autre  sur  presque 
toute  leur  étendue  ;  il  n'y  a  qu'un  point  qui  fasse  exception,  il 
est  situé  à  l'extrémité  postérieure;  là,  un  pont  (a,  tig.  11)  très 
étroit  passant  au-dessous  de  la  colonne  vertébrale  les  réunit 
l'une  à  l'autre.  Antérieurement,  chaque  sphère  pousse  en  dedans 
une  crête  pleine  {h)  qui  s'avance  jusque  près  de  l'extrémité 
postérieure  de  l'apophyse  émise  par  le  basi-occipital  (c).  Chaque 
sphère  présente  sur  sa  paroi  latérale  un  orifice  allongé  {a,  tig. 
12),  une  fente  mesurant  deu.\  millimètres  et  demi  de  longueur 
bordée  intérieurement  par  une  crête  saillante.  A  son  extrémité 
antérieure,  on  aperçoit  la  première  côte  cervicale  (&),  laquelle 


VESSIE    NATATOIRE    DES    LOCHES   d'eUROPE.  439 

sur  presque  toute  son  étendue  est  intimement  unie  à  la  vessie 
osseuse.  Voilà  tout  ce  que  l'on  peut  distinguer  de  l'organe  nata- 
toire dans  une  dissection. 

Chez  Nemachilus  barbaUdus,  l'ouverture  latérale  de  la  vessie 
est  placée  dans  un  écartement  des  muscles  longitudinaux  du 
tronc,  et  n'est  séparée  de  la  peau  que  par  du  tissu  semi-géla- 
tineux. Cette  vessie  est  composée  de  deux  parties  nettement 
distinctes,  une  capsule  externe  osseuse  et  une  interne  membra- 
neuse. 

Des  coupes  de  l'organe,  faites  dans  les  trois  directions,  nous 
apprennent  qu'il  existe  une  vésicule  et  le  rudiment  d'un  canal 
pneumatophore.  La  capsule  externe  osseuse  est  l'organe  de 
protection  ;  nous  remarquons  qu'elle  ne  présente  pas  l'ouver- 
ture cordiforme,  que  nous  avons  décrite  dan>  les  deux  cas 
précédents.  Sa  composition  liistologique  comprend  une  hime 
externe,  une  interne,  plus  ou  moins  distantes  l'une  de  l'autre 
suivant  les  régions  et  reliées  entre  elles  par  des  piliers  de 
substance  osseuse  avec  ostéoblastes.  Dans  les  espaces  ménai^és 
entre  les  piliers,  on  distingue  d'énormes  aréoles  l'ondes  limitées 
par  des  contours  très  nets,  l'intér-ieur  renferme  parfois  un 
noyau.  La  vessie  meuibraneuse  emboîtée  dans  la  capsule  osseuse 
est  composée  de  deux  couches  ;  une  externe  très  mince  fibreuse, 
une  interne  plus  épaisse  et  résistante  qui  concourt  à  la  forma- 
tion de  la  vésicule  et  du  p^-doncule  qui  la  réunit  à  fi  vessie.  Les 
deux  vessies  membraneuses  sont  séparées  l'une  de  l'autre  sur 
toute  leur  étendue  excepté  en  un  point  situé  dans  le  pont 
osseux  que  nous  avons  décrit  plus  haut.  Là  (b,  fig.  13\  se  trouve 
un  petit  canal  horizontal  recourbé  en  V  dont  le  sommet  est 
dirige  en  arrière.  Chaque  extrémité  de  ce  canal  microscopique 
débouche  dans  une  des  sphères  de  la  vessie  natatoire. 

Voyons  maintenant  la  constitution  de  la  vésicule,  du  canal 
pneumatophore  rudimentaire  et  leur  situation  vis-à-vis  de  la 
vessie. 


440  MAI  uicic  JACiii:  r. 

Da  sommet  du  canal  de  réunion  des  deux  cavités  des  vessies 
membraneuses  se  détache  un  cordon  plein  (C,  fii^-.  13)  se  diri- 
geant en  arrière  ;  il  sort  par  une  fente  du  pont  osseux  pour  se 
rendre  à  un  organe  spliérique,  la  vésicule  (d)  qui  ne  mesure 
qu'un  cinquième  de  millimètre.  Elle  est  donc  à  l'extérieur  de  la 
vessie  noyée  dans  du  tissu  conjonctif  lâche  (e)  renfermant  de 
nombreux  vaisseaux  sanguins.  Les  parois  de  la  vésicule  sont 
très  épaisses,  formées  de  deux  strates  fibreux  concentriques 
nettement  distincts  ;  l'intérieur  forme  une  petite  cavité  close  de 
toute  part.  A  la  face  ventrale  de  la  vésicule  est  suspendue  une 
tige  creuse  qui  descend  sur  la  face  dorsale  du  tube  digestif  et 
se  soude  à  ses  parois.  Le  canal  interne  s'oblitère  aux  deux 
extrémités  de  cette  tige,  de  sorte  qu'elle  n'entre  en  communica- 
tion ni  avec  l'intérieur  de  la  vésicule,  ni  avec  l'intérieur  du 
tube  digestif. 

Résumé. 

L'étude  de  la  vessie  natatoire  des  trois  poissons  Misgurnus 
fossilis,  Nemachlhis  harhatulus  et  Cohitis  fœnia  nous  révèle  les 
faits  généraux  suivants.  Cet  organe  excessivement  petit  par 
rapport  au  corps  de  l'animal  compi'end  trois  parties  toujours 
distinctes:  la  vessie  proprement  dite,  la  vésicule  et  le  canal 
jmeutnatophore  modifié.  La  vessie,  toujours  accolée  contre  les 
faces  ventrales  ou  latérales  de  la  région  antérieure  de  la  colonne 
vertébrale,  est  composée  de  deux  boîtes  englobées  l'une  dans 
l'autre;  l'externe  est  osseuse,  l'interne  est  membraneuse.  La 
première  présente  une  ouverture  sur  chaque  fianc  et  chez  Mis- 
gunius  et  Cohitis  une  ouverture  postérieure.  La  seconde  limite 
une  cavité  interne.  Les  deux  moitiés  de  la  vessie  communiquent 
largement  entre  elles  chez  Cohitis  tcenia,  moins  ouvertement 
chez  Misgurmis,  tandis  que  chez  Nemachilus  elles  sont  presque 
complètement  séparées  l'une  de  l'autre,  il  n'y  a  qu'un  canal 


VE.SSIE    NATArOlKK    1)E8    1.  -ClIES    1)  EUROPE.  441 

microscopique  de  réunion.  La  vésicule  toujours  placée  en  arrière 
de  la  vessie  n'est  pas  entourée  par  une  capsule  osseuse;  elle 
est  une  continuation  directe  de  la  vessie  membraneuse  dont  les 
parois  font  saillie  par  l'ouverture  .postérieure  qui  existe  dans 
l'enveloppe  osseuse  de  la  vessie  de  Mïsfiurnus  et  Cobitis.  Dans 
ces  deux  cas,  la  cavité  de  la  vésicule  comumnique  directement 
avec  l'intérieur  de  la  vessie  ;  chez  le  NemacMlus  la  vésicule, 
comparativement  beaucoup  plus  petite  que  dans  les  deux  cas 
précédents,  au  lieu  d'être  i-eliée  directement  à  la  vessie  est 
située  à  une  certaine  distance  de  cette  dei-nière,  un  long  pédon- 
cule plein  la  relie  au  canal  de  réunion  des  deux  sphères  de  la 
vessie.  Il  n'y  a  donc  plus  communication  entre  la  vésicule  et  la 
vessie. 

Quant  au  canal  pneumatophore,  il  est  différemment  constitué 
chez  les  trois  genres  examinés.  Il  est  toujours  situé  entre  la 
vésicule  et  le  tube  digestif.  Chez  Misgurnus  fossiUs  son  extré- 
mité antérieure  est  fermée  en  cœcum,  la  portion  moyenne  s'est 
transformée  en  glande  vasculaire  sanguine  ;  son  extrémité  infé- 
rieure est  remplacée  par  du  tissu  conjonctif  et  musculaire.  Chez 
Cobitis  tcenia  l'extrémité  inférieure  du  tube  pneumatophore 
s'ouvre  dans  le  tube  digestif,  monte  en  serpentant  à  la  ren- 
contre de  la  vésicule  qu'il  n'atteint  pas  et  se  termine  dans  le 
tissu  conjonctif  environnant.  Chez  NemacMlus  le  tube  enfermé 
dans  un  pédoncule  de  tissu  conjonctif  qui  relie  la  vésicule  à 
l'intestin,  se  ferme  en  cœcum  à  ses  deux  extrémités. 

Conclusion. 

Les  ouvrages  de  classification  font  rentrer  les  Acanthopsides 
d'Europe  dans  le  sous-ordre  des  Physostomes,  caractéi'isé  par  la 
communication  intime  existant  entre  l'intérieur  de  la  vessie 
natatoire  et  le  tube  digestif  au  moyen  d'un  canal  pneumato- 
phore.  Or,  nous  venons  de  démontrer  que  si  la  vessie   nata- 


442  MAURICE   JAQUET. 

toire  et  l'intestin  sont  reliés  l'une  à  l'autre  par  un  organe,  ce 
dernier  est  ou  glandulaire  ou  renferme  un  canal.  Mais  dans 
aucun  cas  ce  canal  ne  s'ouvre  en  même  temps  dans  la  vessie  et 
l'intestin.  Il  est  fermé  en  cœcum  à  l'une  de  ses  extrémités  ou 
aux  deux  à  la  fois. 

Il  en  résulte  que  les  Acanthopsides  d'Europe  doivent  être 
sortis  du  sous-ordre  des  Physostomes  tel  qu'on  le  comprend 
actuellement. 


INDEX   BIBLIOGRAPHIQUE 

Weber.  —  De  mire  et  aiiditu. 

CuviER  et  Valenc.ienne.  —  Histuire  naturelle  des  Poissons  de    France. 

1846. 
Th.  SiEBOLD.  —  Die  Sûsswasserfische  von  Mitteleuropa.  Leipzig,  186;i. 
E.  GouRiET.  —  Du  rôle  de  la  vessie  natatoire.  Ann.  Se.  Paris,  1866. 
A.  GiixTEK.  —  An  introduction  of  the  Study  of  Fishes.  Edinburgh,  ISM). 
V.  Fatio.  —  Faune  des  Vertébrés  de  la  Suisse.  Genève  et  Bâie,  1880. 
D''  E.  MoREAU.  —  Histoire  naturelle  des  Poissons  de  la  France.  Paris. 
H.  Rathke.  —  Beitràge  zur  Geschichte  der  Thierwelt.   Danzig  1820. 


Ueber  das 

Vorkommen  von  Klappenapparateii 

il]  lien 

Excretionsorganen  der  Trematoden 


Karl  KAMPMANN 

in  Genthin. 

Hierzu     Tafel     XIX     u  n  d     XX. 


Wâhrend  die  Kenntnis  von  Klappen  in  den  Excretionsappa- 
raten  der  Cestoden  auf  einen  Zeitraum  von  circa  zwanzig  Jahren 
zuriickgefûhrt  werden  kann,  ist  bisher  von  derartigen  Einrich- 
tungen  in  den  gleichnamigen  Organen  der  Trematoden  nichts 
bekannt  geworden,  und  selbst  die  in  jûngster  Zeit  auf  diesem 
Gebiete  verôffentlichten  Arbeiten  enthalten  keine  diesbezUg- 
lichen  Angaben. 

Der  Schwerpunkt  bei  der  Untersuchung  der  einzelnen  Ab- 
schnitte  des  Excretionsapparatcs  ist  bei  den  Trematoden  mit 
wenigen  Ausnahmen  und  vielleicht  mit  Reclit  auf  die  Beschaffen- 
heit  derjenigen  Theile  gerichtet  worden,  welche  die  Arbeit  der 
Aufnahme  der  Excretionsstoffe  aus  dem  Kôrper  bezw.  dessen 
Parenchym  tibernommen  hatten,  wâhrend  die  leitenden  und 
sammelnden  Abschnitte  nicht  so  eingehend  in  Beobachtung 
genoramen  wurden. 

Nicht  uninteressant  und  vor  allen  Dingen  nicht  ohne  wissen- 


444  KAUL    KAMl'MANN. 

schaftlichen  Weitli  diirfte  dio  Thatsache  sein,  dass  aucli  bei 
den  Treniatoden  iind  zwar  in  dcn  ziiletzt  erwâhnten  sammelnden 
iind  leitenden  Abschnitton  derartige  Klappen  und  klappenartig 
tiinctionirende  Einrichtungen  vorhanden  sind,  welche  in  gleicher 
Weise  wie  bei  hoher  organisirten  Thieren  daiïïr  Sorge  trag?n, 
dass  unter  iiornialen  Verhâltnissen  diejenigen  Stoffe.  welclie 
zur  Ausfuhr  aus  dem  Kôrpei'  bestininit  sind,  nidit  in  diejenigen 
Gebiete,  aus  denen  sie  kominen,  zuruckgelangen  konnen. 

Dièse  Einiicbtungen  finden  sich  bei  einigen  derjenigen 
Distomen,  deren  excretoriscbe  Apparate  Saramelkanâle  und 
eine  Endblase  besitzen  ;  sie  habeii  ihren  Sitz  an  der  Ueber- 
gangsstelle  aus  den  Kanàlen  in  die  Blase. 

Von  nicht  zu  unterschâtzender  Bedeutung  niag  es  sein,  dass 
der  Beweis  fiir  dièse  Bebauptung  nicbt  wie  bei  den  Klappen- 
apparaten  der  Oestoden  fast  nur  allein  durcb  die  am  toten 
Material  gewonnenen  mikroskopisclien  Prâparate,  sondern 
durcb  die  Beobachtung  ibrer  Function  am  lebenden  Thiere 
geliihrt  werden  kann. 

Das  Gebiet  dei'  auf  Lôsung  dieser  P'rage  gerichteten  Unter- 
suchungen  eistreckte  sicii  auf  eine  Reihe  von  Distomen^  und 
wenn  auch  die  Zabi  der  untersucliten  verschiedenen  Arten  bei 
der  unendlicb  grossen  Menge,  welche  es  von  diesen  iiberbaupt 
giebt,  eine  relativ  kleine  geblieben  ist,  so  diirfte  gegen  etwaige 
(laliin  zielcnde  Vorwiirfe  der  positive  Erfolg  der  angestellten 
Untersuchungen  entscbuitigend  ointreten  ;  das  Material  zur 
Prtifung  nnd  Bestâtigung  meiner  Angaben  bei  anderen  Distomen 
bieibt  fur  andere  Forscher  ein  um  so  grôsseres. 

Bevor  ich  auf  die  einzelnen  Methoden,  auf  die  einzelnen 
Arten  der  untersuchten  Thiere  und  die  bei  denselben  festge- 
stellten  Einrichtungen  eingehe,  wiil  ich,  unter  moglichster  Ver- 
meidung  unnothiger  Ausdehnung,  aus  derjenigen  Litteratui", 
welche  ftir  die  in  dieser  Arbeit  aufgestellte  Frage  in  Betracbt 
kommt,  Nachstehendes  hervorheben  : 


KLAri'KNAPPAKATEN    DER    TRICMA  TODKN.  445 

Sommer  '  aussert  sich  in  seinem  Werk  liber  Dist.  hepaticum 
in  Bezug  auf  den  excretorischen  Apparat  u.  a.  pag.  586  wie 
folgt  :  '  Die  Wand  des  excretorischen  Apparats  wird  von  einer 
libei'aiis  feineu,  structurlosen  und  elastisclien  Gewebsschiclit 
gebildet,  deren  Inuenflâclie  nirgends  eine  Zellausldeidung  zeigt, 
mithin  je'glicher  epithelialen  Dccke  eiitbehrt.  Wirkliche  Kiaj)- 
penvorrichtungen  an  den  Einschnûrungsstellen  des  Stammes 
sind  nirgends  nachweisbar  ;  ebenso  fehlen  dem  ietzteren  auch 
aile  Andeutungen  vom  Flimmerlappen,  deren  Anwesenheit  fiir 
eine  Anzahl  anderer  Distonien  von  den  Forscheni  behauptet 
worden  ist.  Ein  muskulôser  Belag  der  Wand  des  Stammes,  der 
ihm  ejgene  Conti'actilitat  verleihen  und  den  Charaktei-  eines 
Expulsionsorganes  geben  kônnte,  ist  nicht  vorhanden.  » 

Diesel'  Autor  sagt  ferner  pag.  586  :  «  Eine  in  allen  wesent- 
lichen  Theilen  korrekte  Schilderung  des  Organes  ist  endlich 
von  R.  Leuckart  in  dessen  grossen  Parasitenwerke  gegeben 
worden.  » 

Leuckart  '  giebt  uns  iiber  die  in  Frage  kommenden  Ab- 
schnitte  des  Excretionsapparates  bei  den  Trematoden  folgenden 
Aufschluss  :  «  Um  die  Anordnung  dièses  Excretionsapparates 
im  Allgemeinen  kennen  zu  lei-nen,  unterscheidet  man  daran  am 
besten  drei  verschiedene  Abschnitte  :  den  Sammelraum  mit 
seinem  Porus,  der  die  Absonderungsprodukte  nach  aussen 
bringt  (die  Endblase),  das  System  der  grcisseren  Gefâsse,  die 
vorzugsweise,  wie  es  scheint,  zur  Fortleitung  dienen,  und  die 
davon  ausgehenden  feinen  Capillaren,  die  ganz  ebenso,  wie  wir 
das  fur  die  entsprechenden  Theile  dei-  Cestoden  kennen  gelernt 
liaben,  je  in  einen  Flimmertrichter  auslaufen  und  in  tunctio- 
neller  P)eziehung  offenbar  am  wichtigsten  sind.  » 


'  SoMMKK.  Die  AnaUmue  des  Leberegels  Di>itonuuH  hepaticum  L.  Zeilsclirifl  fi 
wissenschaflliclie  Zooloi^ic   1880. 

^  R.  LiîucKAUT.  Die  Parasilen  des  Memr.hen,  I.  Bnud,  dritte  LiiH'cruii 
IF.  Audage,  Seite  ."{6. 


446  KAKL    KAMI'MANN. 

Von  irgend  welchen  Klappen  oder  klappenartig  functioniren- 
den  Einiichtunfien  im  Bereiche  der  Endblase  und  der  Sammel- 
gefâsse  saijt  Leuckart  nichts. 

Loos  '  bestâtigt  Fraipont's  Angaben  liber  den  Bau  der 
Hxcretionsorgane,  richtet  dabei  aber  sein  Hauptaugenmerk  auf 
die  Flimmertrichter.  also  auf  den  Ursprung  der  Kanàle  und 
erwàhnt  nichts  tiber  den  Eintritt  der  letzteren  in  die  Blase. 

Loos  hat  11.  a.  JDistommn  davigerum,  Distomum  endolohum, 
Bistomum  cygnoides,  Distomum  ovocaudahim  und  Distomum- 
glob  iporum  unte  rs  u  c  ht . 

Fraipont  ',  deni  wir  die  ergiebigsten  Autklàriingen  tiber  den 
Excretionsapparat  der  Trematoden  und  Cestoden  in  neuerer 
Zeit  verdanken,  hat  bei  dem  Distomum  squamida  t'ulgende  Ein- 
theilungen  der  Kxcretionsorgane  gemacht  ;  er  untefscheidet 
drei  Partien  :  «  la  vésicule  terminale,  un  système  de  gros 
canaux  qui  en  partent  et  un  système  de  fins  canicules  qui  dé- 
bouchent dans  ces  canaux  et  qui  prennent  leurs  points  d'origine 
dans  de  petits  entonnoirs  ciliés.  ■■■> 

Fraipont  beschreibt  sodann  die  einzelnen  Abschnitte  ein- 
gehend,  und  giebt  zu  den  Beschreibungen  die  erklârenden 
lUustrationen.  Er  spiicht  bei  der  Beschreibung  der  grossen 
Gefâsse  von  einei-  «  ScJieidewand  »  oder  einem  «  Diaphragma^, 
welche  an  der  Bifurcationsstelle  der  grossen  Leitungskanàle 
sich  befinden  ;  man  sieht  in  der  auf  Tafel  XVIII  gezeichneten 
Figur  2  an  der  genannten  Stelle  einen  Zipfel  in  den  Haupt 
stamm,  welchen  die  beiden  grossen  bilden,  hineinragen. 
Dieser  Zipfel,  falls  er  durch  das  j^anze  Lumen  des  Gefâsses 
geht,  kann  eventuell  als  Verschlussventil  aufgefasst  werden, 
und  auch  als  solches  fungiren,  immeihin  aber  erfûllt  er  nicht 


'  Beitrag  zur  Kenntniss  der  Trematoden.  Zeitschril't  iiir  wissenschaftliche 
Zoologie,  1885,  pag.  405. 

*.lul.  Fraipont.  Recherches  sur  l'appareil  excréteur  des  Trematodes  et 
Cestodes,  Archives  de  Biologie.  188f),  t.  I. 


KLAPPENAPPARATEN    DER    TREMATODEN.  147 

don  Zweck,  einen  Abschluss  zwischen  Blase  und  zufuhrenden 
Gefâssen  lierzustellen.  Seine  Fuiictioii  kann  sicli  lediglich 
darauf  besclirânken,  den  eineii  Kanal  zu  schliessen,  wâhrend 
sicli  der  andere  seines  Inlialts  entleaigt  und  ungekehrt  ;  einen 
Abschluss  der  Base  gegen  Riickstauung  ihres  Inhalts  in  die 
Gefâsse  zuriick  vermag  er  niclit  liei'zustellen. 

Fraipont  sagt  pag.  425  :  «  Au  point,  où  a  lieu  la  bifur- 
cation du  tronc  commun  d'origine  (Fig.  12),  on  remarque,  chez 
les  jeunes  Distomes,  une  cloison  ou  un  diaphragme,  sur  lequel 
nous  ne  pouvons  insister,  étant  donnée  notre  ignorance  du 
mode  de  développement  de  l'appareil.  » 

Dass  Fraipont  es  besonders  betont,  dass  man  bei  den 
jungen  Thieren  dièse  Beobachtungen  machen  kann,  hat,  wie 
wir  spâter  selien  werden,  seine  wohlbegriindete  Berechtigung. 

Derselbe  Forscher  schenkt  in  einer  zweiten  Arbeit  '  dem 
Eintritt  der  gtossen  Gelâssstàmme  in  die  Endblase  eingehen- 
dere  Beachtung.  Bei  diesen  vergleichenden  Untersuchungen 
der  Excretionsapparate  der  Cestoden  und  Trematoden  hat  er 
das  Distomum  divergens  als  Untersuchungsobjekt  gewâhlt  und 
bei  diesem  festgestellt,  dass  die  genannten  Gefâssstâmme  nicht 
direct  in  die  Blase  an  deren  Wand  einmtinden,  sondern  noch 
eine  gewisse  Strecke  in  das  Lumen  der  Blase  hineinragen. 
Dièses  Endstilck  der  Gefâssstâmme  ist  nach  Fraipont  im  Innern 
mit  Cilien  dicht  besetzt.  Er  sagt  pag.  2  :  «  Ces  deux  troncs  sont 
plus  rapprochés  de  la  face  dorsale  que  de  la  face  ventrale  du 
ver.  Leur  mode  d'insertion  sur  la  vésicule  est  particulier.  Ils 
ne  débouchent  pas  directement  dans  celle-ci,  mais  ils  y  pénè- 
trent jusqu'à  une  certaine  profondeur  en  conservant  leur  dia- 
mètre extérieur.  Le  bord  libre  de  leur  orifice  et  leur  paroi 
interne  sont  complètement  couverts  de  cils  vibratiles.    Cette 


^Recherches  sur   i  appareil  excréteur   des  Treniatodes  et  Cestodes.   Arcliive.« 
de  Biologie,  18S'l,  II. 

Rkv.  Suisse  dk  Zool.,  T.  II.  1894.  31 


448  KARL    KAMPMANN. 

couche  ciliaire  s'étend  dans  le  canal  jusqu'à  une  certaine 
distance  en  dehors  de  la  vésicule.   » 

Auch  tlbor  dièse  Beobachtun<>en  sind  von  Fraipont  Zeich- 
nungen  beigegeben,  indessen  ist  aus  denselben,  soweit  sie  die 
Figuren  3  und  5  betreifen,  wo  die  Objekte  kôrperlich  gedacht 
sind,  nicht  mit  absoluter  Sicherheit  zu  erkennen,  ob  dièse 
Fortsetzungen  der  Gefâssstanime  nicht  vielmehr  als  Verschluss 
der  Blase  gegen  das  Gefâss  dienen  soUen. 

Lang  '  bezeichnet  in  den  allgemeinen  Bemerkungen  iiber 
Plathelminthen  das  sogen.  Wassergefâsssystem,  fur  dièse  sehr 
charakteristisch,  «  als  ein  System  feiner,  einerseits  sich  im 
Mesoderra  veràstelnder,  andererseits  nach  aussen  mundender 
Kanàle  ;  »  und  weiter  unten  '  :  «  Auch  bei  den  Trematodeu 
finden  wir  typisch  zwei  Lângsstâmme,  die  entweder  durch  Ver- 
mittlung  einer  gemeinsamen  contractilen  Endblase  von  sehr 
verschiedener  Grosse  am  hintern  Kôrperende  nach  aussen 
mtinden  (Distoma)  oder  getrennt  durch  zwei  erweiterte  End- 
stucke  im  vordern  Kôrpertheile  dorsalwàrts  sich  nach  aussen 
ôffnen. 

MoNTECELLi  '  constatirt  bei  seiner  anatomisch-histologischen 
Beschreibung  einer  ganzen  x^nzahl  Distomen,  die  von  Pintner, 
Fraipont,  Loos  und  andern  angegebenen  Einrichtungen  der 
Excretionsorgane  ;  beziiglich  der  Abgânge  aus  den  Kanâlen  in 
die  Blase  macht  er  keine  Angaben, 

NOACK  '  macht  beziiglich  des  Excretionsapparates  bei  dem 
Dist.  davigerum  dieselbe  Eintheilung  wie  Fraipont  bei  Dist. 
squamula. 

Die  von  Noack  beschriebenen  beiden  Hauptstâmme  «  munden 


'  Lang.  Lehrbuch  der  vergl.  Anatomie.  188S,  pag.  133. 
^  Lang.  Lehrbuch  der  vergl.  Anatomie.  1881,  pag.  152. 
'  Studii  sui  Trematodi  endoparassiti  di  Fr.  Sav.  Monticelli.  Jeiia,  1893. 
■*  Die  Anatomie  und  Histologie  des  Distomam  davigerum  Rud.  Von  Eiiisl 
AoACK,  1892. 


KLAPPENAPPARATEN    DER   ÏREMATODEN.  449 

in  den  auf  ihror  Seite  gelegenen  Schenkel  der  Blase  und  zwar 
am  vordern  Ende,  meist  eiii  wenig  seitlich,  ohne  sicli  dabei 
raerklich  zu  erweitern. 

Der  Ceiitraltlieil,  also  die  Blase,  stellt  einen  lânglichen, 
sackartigen  Behâlter  dar,  welcher  sich  voriie  in  zwei  meist 
ungleich  lange  Schenkel  spaltet.  » 

Von  einem  Verschlussapparat  oder  dergleichen  an  der  Ein- 
trittsstelle  der  Hauptstâmme  in  die  Blase  liât  Noack  nichts 
erwâhnt  und  ansclieinend  auch  niclits  geselien,  denn  die  seiner 
Arbeit  beigefûgte  Zeichnung  (Taf.  I,  Fig.  2)  lâsst  die  genannten 
Stâmme  in  keiner  Weise  gehindert  in  die  Blase  eintreten. 

Braun  '  giebt  dem  Excretionsapparat  der  meisten  Distomen 
die  gleiche  Eintlieilung,  ohne  auch  niir  bei  einem  einzigen  der- 
selben  das  Vorhandensein  von  Klappen  oder  dergleichen  zu 
besprechen.  Ueber  den  Bau  der  Sammelrôhren  und  der  Blase 
sagt  Braun  Folgendes  :  «  Freilich  ist  es  in  solchen  Fâllen  schwer 
oder  unmôglich,  die  zipfelfôrmigen  Anhânge  der  Endblase 
gegen  die  sammelrôhren  abzugrenzen,  namentlich  wo  letztere 
das  gleiche  Caliber  wie  die  Kxcretionsblase  haben  oder  sich 
an  ihrem  hinteren  der  Einmiindungsstelle  zugerichteten  Ende 
mehr  oder  weniger  erweitern.  Vielleicht  wird  einmal  eine  ge- 
nauere  histologische  Analyse  der  Wandung  Unterschiede  er- 
kennen  lassen,  wie  z.  B.  Fraipont  angiebt,  dass  die  Endstucke 
der  Sammelrôhren  von  Dist.  divergens  Bud.,  die  bei  dieser 
Art  eine  Strecke  weit  in  das  Lumen  der  wenig  entwickelten 
Zipfel  der  Endblase  frei  hineinragen,  Wimpern  tragen,  sonst 
aber  wimperlos  siud.  Bis  wir  Genaueres  wissen,  mtissen  wir 
nach  anderen,  weniger  sicheren  Anhaltspunkten  suchen  ;  môg- 
licherweise  sind  solche  in  dem  verschiedenen  Inhalte  der 
Sammelrôhren  und  der  Excretionsblase  gegeben.  » 

In  den   Neapeler  Jahresberichten  finde  ich   in  den    Jahr- 

^  Bron.n's  Klassen  und  Ordnungen  des  Tkierreichs.  IV.  Band,  1892,  p.  642. 


450  KAKL    KAMPjMANK 

gangen  1879  bis  1892  keine  Angaben,  welche  darauf  hin- 
weisen,  dass  von  Zoologen  der  in  Rede  stehenden  Frage 
durcli  Verôffentlichnng  von  Untersuchungsbefiinden  anderweitig 
nâher  getreten  sei. 

Bevor  ich  zu  der  Darstellung  meiner  Beobachtungen  ûber- 
gehe,  will  ich  kurz  iiber  die  angewandten  Untersuchungs- 
metlioden  berichten. 

Dass  fur  die  Untersuchungen  der  in  Frage  koinmenden  Or- 
gane das  Alter  und  die  Geschlechtsreife  der  Thiere  rine  grosso 
Bedeutung  liaben,  ist  schon  in  Bezug  auf  letztere  bei  Be- 
schreibung  der  einzeluen  Untersucliungsobjekte  erwàhnt  wor- 
den  ;  je  mehr  der  Utérus  mit  Eiern  gefûllt,  nm  so  scliweror 
ist  eine  Untersucliung, 

Da  nun  die  Zuiiahme  der  Eier  mit  dem  zunehmenden  Alter 
wenigstens  eine  Zeit  iang  gleichen  Scliritt  zu  halten  pflegt, 
so  ist  es  einieuchtend,  d;iss  die  jungen  Thiere  zur  Untersuchung 
ein  passenderes  Material  bieten,  als  die  alten.  Auf  diesen  Um- 
stand  hat  auch  Fkaipont  '  hingewiesen  und  deshalb  die  jungen 
Distomen  zur  Untersuchung  enipfohlen.  uni  die  von  ihm  be- 
obachteten  Scheidewânde  in  den  Sammelkanâlen  und  Fort- 
setzungeii  mit  ilirer  Wimperung  in  der  Endblase  sehen  zu 
konnen. 

Dasselbe  giit  fur  die  von  mir  untersuchten  Distomen. 

Bei  der  Untersuchung  lebender  Thiere  ist  ferner  darauf  zu 
achten,  dass  die  Ortsbewegungen  derselben  unter  dem  Deck- 
glas  môglichst  eingeschrânkt  werden,  wàhrend  die  Thàtigkeit 
der  Oi-gane  ungestort  bleibt  ;  man  erreicht  dièses  nach  meinen 
Erfahrungen  ani  besten,  indein  man  die  Tliiere  mit  einem 
kleinen  Deckglase  direkt  belegt,  ohne  an  letzteres  Wachsfiisse 
oder  deigieichen  Unterstûtzungen  anzubringen  ;  von  Zeit  zu 
Zeit  setzt  man  dem  Prâparat  eine  Wenigkeit  physiologischer 

*  L.  c,  pag.  425. 


KLAPPENAl'PARATEN    DER   TREMATODEN.  451 

Kochsalzlôsung  zu.  Bei  dieser  Beliandluno-  bleiben  die  Thiere 
ziemlich  auf  demselben  Flecke  liegeii,  sie  werden  ausserordeiit- 
licli  ûbersichtlich  und  bleiben  2 — 3  Stunden  am  Leben. 

Die  auf  dièse  Weise  behandelten  Tliiere  zeigen  eine  sehr 
deutliche  Blase,  dièse  fûllt  sich  unter  dem  Deckglase,  ihre 
Coiitouren  treten  scharf  hervor,  ohne  dass  die  zufiihrenden 
Sammelkanâle  ihre  Dicke  oder  Fiille  ânderii  ;  bei  Thieren, 
welche  raaii  unter  Deckglâsern,  welche  Wachsfusse  tragen, 
untersucht,  kann  man  dièse  wiclitigen  Beobaclitungen  nicht 
machen,  die  Thiere  haben  hier  mehr  Spielraum  sich  zu  be- 
wegen,  den  Korper  zusammenzuziehen  und  auszudehnen  und 
bei  diesen  Bewegungen  die  Blase  zu  entleeren. 

Um  gutes  Material  fur-  Schnitte  zii  erhalten,  muss  man  nach 
meinem  Baturhalteii  die  Thiere  nicht  unter  dem  Deckglase 
tôten  ;  letzteres  erscheint  mir  fiir  Gewinnung  guten  Materials 
geradeza  hinderlich.  Den  Druck  des  Deckglases  hait  das 
lebende  Thier  fiir  die  Zeit  der  Untersuchung  aus,  der  elastische 
Korper  und  die  Muskeln  leisten  dem  Druck  von  oben  Wider- 
stand  und  weichen  nur  dem  lange  anhaltenden  Druck  ;  auf 
die  toten  Organe  aber  ûbt  das  Gewicht  des  Deckglases  schon 
einen  nachhaltigen  Eintiuss  aus,  es  drilckt  die  zarten  Klappen 
fest  an  die  Blasenwand,  es  verandert  ihre  normale  Lage  und 
Stellung. 

Diesem  Umstande  aliein  glaube  ich  es  zumessen  zu  miissen, 
dass  ich  die  im  Leben  bei  Dlst.  mentulafmn  so  deutlich  wahr- 
genommenen  Klai)pen  an  Schuitten  nicht  habe  wieder  tinden 
kônnen. 

Das  mir  zur  Verfiiguug  stehende  Material  war  unter  dem 
Deckglase  abgetotet  worden  ;  neues  konute  ich  trotz  ausge- 
dehntester  Beintihungen  nicht  erlangen. 

Dass  fiir  die  Feststellung  von  Klappen  am  toten  Material 
fast  nur  Lângsschnitte  angefertigt  wurden,  darf  wohl  kaum 
besonders  hervorgehoben  werden,  die  Nothwendigkeit  hierftir 


452  KAKL    KAMPMANN. 

liegt  in  der  anatomischen  Anorenung  der  Endblase  uiid  der 
Sammelkanâle  zuni  Korper. 

Beziiglicli  der  Tôtungs-  iiiid  Farbemethoden  sei  kurz  Fol- 
gendes  erwilhiit  :  Die  Abtotung  geschah  mit  Sublimât,  mit 
Alkohol  iind  mit  Ciiroin-Osmiumessigsaure. 

Distomum  isostomum  iind  Dist.  drrir/erum  habe  ich  mit  Pikro- 
karmiii,  Alaunkarmin,  Eosin,  Hâmatoxylin  und  mit  der  Doppel- 
fârbiing  Eosin-Hâmatoxylin  gefârbt  ;  auch  wurde  Boraxkarmin 
versucht,  die  iibrigen  Thiere  meisteiis  mit  dem  sich  als  am 
geeiguetsten  zeigendeii  Pikrokarmin  tingirt. 

Bei  Gelegenheit  des  zoologischeii  Praktikums  fand  ich  in 
den  Miiskehi  eiiies  Flusskrebses  Parasiten  :  es  war  das  Disto- 
mum  isostomum^  vei'treten  dui'ch  wenige  Exemplare. 

Der  Parasit  zeigte  sich  als  ein  zur  Beobachtung  und  Unter- 
suchung  im  lebenden  Zustande  iiusserst  geeignetes  Objekt,  und 
wenn  von  Professer  Schneider  und  Dr.  Gaffron  dièse 
riihmliche  Eigenschalt  besonders  hervorgehoben  wird  ',  dann 
kann  ich  micii  dieser  Ansicht  nur  im  weitesten  Sinnc  an- 
schliessen. 

Das  Bild,  welches  namentlich  der  Excretionsapparat  mir 
bot,  war  iiberraschend  ;  es  zeigte  sich  am  lebenden  Thiere 
ein  Klai)penapparat  zwischen  der  Endblase  und  den  Sammel- 
kaniilen,  welcher  uber  ailes  Erwarten  voUkomraen  und  exact 
functionirte. 

Bei  kehier  Art  der  naciiher  diirch  mich  untersuchten 
Distomen  habe  ich  iiber  den  ganzeu  Verlauf  des  unendHch 
fein  und  weitverzweigten  Kanalsystems  einen  so  iiberaus  klaren 
Ueberblick  gewiimen  konnen,  als  bei  diesem  Thiere. 

Ans  diesem  Gninde  habe  ich  auch  Veraulassung  s^enommen, 
in  Fig.  1  ein  Uebersichtsbild  des  ganzen  Apparates,  so  wie 
ich  ihn  nach  dem  Leben  gezeichnet  habe,  beizufugen. 

'  Gai-i"I(o.\.  Ziun  Nercensmtein  der  Tnnnatoden.  Zool.  Beiira<re. 


KLAPPENAPPARATEN    DEK   TREMAFOUEN,  453 

Die  baumartig  verzweigteii  kleinsten  Kanalclien  und  die 
grôsseren  Kanâle  fliessen  jederseits  in  einen  Hauptkanal  zu- 
sammen,  von  diesem  bleibt  der  vordcre  Hauptkanal  einstâm- 
mig,  wâhrend  man  an  dem  hintern  eine  Trennung  in  zwei 
ziendicli  gleicli  starke  und  gleicli  lang  nach  hinten  verlaufende 
Stâmme  wahrnehmen  kann. 

Gleich  hinter  dem  Bauclisaugnapf  treten  die  Hauptstamme 
von  vorne  und  voii  hinten  in  ein  ziemlich  auffàllig  erweitertes, 
fast  ini  rechten  Winkel  nach  innen  ziehendes  Geiâss.  Dièses 
kann  kaum  als  ein  Kanal  bezeichnet  werden,  es  hat  eine 
làuglich-ovale  Form  und  stellt  ein  Sannnelbecken  dar.  Aus 
diesem  Sammelbecken  fûhrt  ein  kiirzei-  enger  Kanal  in  die 
eigentliche  Endblase  ;  an  der  Mimilung  dièses  Kanals  in  die 
Blase  befindet  sich  eine  Klappe. 

Wir  sehen  bei  dem  unter  dem  Deckglase  liegenden  Distomum 
isostomum  die  Blase  sich  mit  Iiihalt  fullen,  der  Excretions- 
porus  ôffnet  sich  bisweilen,  es  tï  itt  Blaseninhalt  nach  aussen  ; 
in  diesem  Augenblick  beobachten  wir  nun  weiter,  dass  die 
vor  der  Mimduug  der  vorhin  erwahnten  Kanâle  befiudlichen 
Klappen  sich  jetzt  an  die  Blasenwand  anlegen,  das  Ziigangs- 
rohr  verschliessen  und  eine  Rucksîauung  in  die  Sammelbecken 
verhindern. 

Wàhrend  nun  die  Klappen  zwischen  den  Kaniilen  und  der 
Blase  einen  Verschluss  herstellen,  fullen  sich  wieder  die  Sam- 
melbecken, uni,  nachdem  der  Druch  der  Blase  aufgehôrt  hat^ 
sich  wieder-  zu  entleeren.  ISo  bleibt  FilUung  und  Leerung  einer- 
seits  der  Blase,  andererseits  der  Sammelbecken  stets  in  ab- 
wechselnder  Reihenfolge  iiii  Betfieb  ;  der  Apparat  t'unctionirt 
tadellos.     (Fig.  2.) 

Die  an  dem  lebenden  Objekt  geinachten  Beobachtungen 
kônnen  an  den  von  diesem  Tliiere  angefertigten  Schnitten 
bestâtigt  werden,  man  sieht  die  Klappen  als  selbsstândige 
Gebilde  durch  mehrere   ''-^chnitte  hinduich  ;  man  kann  ihren 


454  KARL    KAMFMANN. 

Veiiauf,  ihre  Stârke  und  Anordnung  beobachten.  Auch  gelingt 
es  bei  diesera  Objekt  Schnitte  anzufertigen,  auf  welchen  beide 
Klappen  (Fig.  3,  4,  5)  nachzuweisen  sind  ;  bei  alleii  anderen 
Arten,  welche  ich  untersuchte,  ist  mir  solches  nur  mangelhaft 
oder  gar  nicht  gegliickt. 

Die  bei  Dist.  isostomum  gewonnene  intéressante  Beobachtung 
veranlasste  micli,  da  das  vorhandene  Material  verbraucht  war, 
mir  neues  zu  verschaffen.  Diesem  Verlangen  stellten  sich  in- 
dessen  grôssere  Hindernisse,  als  zu  erwarten  war,  entgegen. 
Unter  circa  1400  Krebsen,  welche  ich  mir  aus  Ost-Preussen, 
Schlesien,  Posen,  Brandenburg  und  Mecklenburg  habe  schicken 
lassen,  habe  ich  nur  ein  Thier  gefunden,  welches  mit  Dist. 
isostomum  behaftet  war. 

Die  Unteisuchungsresultate  hinsichtlich  des  Excietions- 
apparates  waren  genau  dieselben  und  bestâtigten  eiuwands- 
frei  das  Vorhandensein  von  Klappen. 

Die  Auftindung  dieser  Klappe  bei  Dist.  isostomum  veranlasste 
mich,  bei  einer  Anzahl  anderei-  Distouien  mit  Endblase  und 
Kanalsystem  nach  âhnhchen  Einrichtungen  zu  suchen. 
Ichuntersuchte  zu  diesem  Zwecke  folgende  Arten  : 

1.  Distomum  mentulatum  Rudolphi. 
•J.  »  cirrigerum  Bser. 

3.  «  assula  Dujardin. 

4.  »  signatum  Rudolphi. 
').         »  naja  Rudolphi. 

6.  »  '  triganoceplialum. 

7.  "  crassicoUe. 

8.  »  clavigeriim  Rudolphi. 

9.  »  endolobum  Dujardin. 

Unter  den  geuannten  Distonieu  fanden  sich  Klappen  von  dem 
bei  Dist.  isost.  beschriebenen  Bau  nur  bei  Dist.  mentalatam. 
Dièses  Thier  eignete  sich,   da  es  in  den  vorhandenen   12 


KLAPPENAPl'ARATEN    DEll   TREMATODEN.  455 

Exemplaren  durchweg  eifrei  war,  zur  Beobachtung  im  leben- 
clen  Zustande  ganz  besonders  giit. 

Das  lange  schmale  Thier  ist  mit  einer  stinimgabelforinig 
gestalteten,  bis  ans  vordere  Ende  des  Thieres  reiclienden  Blase 
ausgestattet.   (Fig.  6.) 

Die  auf  den  Darmschenkeln  liegenden  Kanâle  und  Sammel- 
rôhren  begleiten  die  Blase  in  ihrem  ganzen  Verlauf,  bald  diclit 
an  dièse,  bald  weiter  an  den  Kôrperrand  herantretend,  in 
wellentormigen  Winduiigen.  Die  Kaniile  vereinigen  sich  etwa 
in  der  Mitte,  der  Kôrperlange  ;  hier  bilden  2,  3  und  niehr 
Gelasse,  von  denen  konstant  zwei  grôsser,  die  ilbrigen  wesent- 
lich  kl  einer  sind,  einen  gcmeinsamen  Stamm,  welcher  wieder 
âhnlich  wie  bei  Dist.  Isostomum  beckenartig  sich  erweitert, 
sich  nach  kurzem  Verlauf  der  Blasenwaml  zuwendet  und, 
dièse  von  vorn  nach  iiinten  begleitend,  sich  in  die  Blase  er- 
giesst.  (Fig.   7,  8,  9.) 

Hier  bilden  wieder  Blasen-  und  Gefâsswand  eine  Klappe, 
deren  Bewegungen  nian  deutlich  beobachten  kann.  Bei  dem 
Strudeln  der  aus  dem  Sammelrohr  in  die  Blase  fliessenden 
Excretionsfliissigkeit  hebt  sie  sich  mehr  oder  weniger  von 
der  Blasenwand  ab,  bei  starkerer  Ftiihmg  der  Blase  tritt  sie 
nâher  an  die  Wand  heran,  uiid  bei  Kntleerung  der  Blase  durch 
den  Excretionsporus  legt  sie  sich  fest  vor  die  Oeffiuing,  oder 
so  fest  an  die  Wand,  dass  nur  wenig  Fliissigkeit  in  die  Blnse 
gelangen,  erst  recht  aber  niclit  aus  der  Blase  in  die  Kanâle 
zurûckstauen  kann. 

Die  Miindimg  des  Sainmelrohres  ist  nicht  immer  an  einer 
bestimmten  Stelle  zu  siichen,  sie  zeigt  sich  einmal  niiher  der 
Gabelung  der  Blase,  einmal  niiher  an  das  vordere  Ende  der 
Blasenschenkel  verlegt,  immer  aber  ist  sie  nur  einmal  auf 
jeder  tSeite  vorhanden,  und  immer  ti-itt  das  Sammelrohr  von 
der  àusseren  Seite  des  Biasenschenkels  her  in  die  Blase  ein. 

Ich  habe  die  Thiere  stundeniang  unter  dem  Deckglase  iiegen 


456  KARL    KAMPMANN. 

gehabt,  wâhrend  des  Beobachtens  fiillte  sich  die  Blase  mit 
Excretionsstoffen  und  wurde  mit  zunehmender  Flillung  îiber- 
sichtlicher.  Mit  zunehmender  Flillung  verminderte  sich  zwar 
der  Zufluss,  verlangsamte  sich  auch,  bis  endlich  die  Blase  sich 
zusammenzog  und  ihren  Inhalt  durch  den  Excretionsporus 
entleerte  ohne  Ruckstauung  in  das  Sammelrohr. 

Tôtet  man  ein  unter  dem  Deckglas  liegendes  Dist.  mentula- 
fum  mit  Sublimât,  dann  sieht  man  eine  kurze  Weile  den  Aus- 
tritt  den  Excretionsstoffe  in  die  Blase  contiuuirlich  ertblgen, 
plôtzlich  setzt  die  Thâtigkeit  aus,  die  Klappe  schwingt  langsam 
ein  paar  mal  hin  und  her,  legt  sich  dann  an  die  Wand  an  und 
bleibt  hier  liegen,  wenn  der  ïod  eingetreten  ist. 

Trotzdem  die  Klappen  und  ihre  Functionen  am  lebenden 
Thier  bei  starker  Vergrôsserung  deutlich  wahrzunehmen  und 
eingehender  Beobachtung  zugànglich  sind,  ist  es  mir  nicht 
gelungen,  dieselben  an  Schnitten  nachzuweisen.  Ich  habe 
nicht  zu  ermitteln  vermocht,  wesshalb  ich  die  Klappen  am 
toten  Material  nicht  wiederfinden  konnte,  ich  vermuthe  aber 
dass  die  Behandlungsmethode  auf  die  tiberaus  zarten  und  l'einen 
Klappen  einen  derartig  ungiinstigen  Einfluss  ausgetibt  hat  und 
dass  vor  allen  Dingen  das  Dichranlegen  der  Klappen  an  die 
Blasenwand  eine  Grenze  zwischen  beiden  nicht  hat  leststellen 
lassen.  Die  Sammelrôhren  sind  auf  den  Schnitten  wohl  zu 
finden,  ihr  Eintritt  in  die  Blasenwand  dagegen  nicht. 

Die  negativen  Befunde  bei  den  von  Dist.  mentulatum  ange- 
fertigten  Schnitten  sind  indessen  nicht  ira  Stande,  die  Beobach- 
tungen  der  Klappen  am  lebenden  Thier  in  Frage  zu  stellen. 

Ein  anderes  Untersuchungsobjekt  fand  sich  in  Dist.  signa- 
tum,  aus  dem  Oesophagus  der  Bingelnatter  entnoramen. 

Dièses  durchweg  zur  Untersuchung  ira  lebenden  Zustande 
sehr  geeignete  Thier  zeigt  eine  sehr  grosse,  fast  iiber  die  ganze 
hintere  Kôrperliâlfte  sich  ausdehnende  Endblase  (Fig.  10)  von 
sehr  geringem  dorsoventralem  Durchmesser. 


KLAPPEXAPl'ARAl'KX    DER   THEMATODEN.  457 

Die  zahlreich  voihandeneu  Uterusschlingen,  welche  mit 
Eiern  gefiillt  sind,  driickeii  die  Blaseiiwandungen  bei  iliren 
Bewegungen  gegeneinander  uiid  gegeii  die  Ruckentlâche  des 
Thieres.  Hinter  dem  Bauclisaiigiiapf  sieht  maii  die  grossen 
Kanâle  von  jeder  Seite  der  Mitte  zustreben  (Fig.  10)  und  es 
macht  den  Eindruck,  als  ob  sich  die  Kanâle  hier  zu  einera 
genieinschaftlichen  kleinen  Sammeibecken  vereinigen,  um  aus 
dieseni  in  die  Blase  zu  munden. 

Der  Austritt  des  vermuthlicli  genieinsamen  Kanais  in  die 
Blase  habe  ich  trotz  sorgfâltigster  Beobachtung  nicht  erniitteln 
konnen;  auch  die  Schnittserien  haben  mich  bei  den  darauf 
gerichteten  Nachforschungen  iin  Stich  gelassen. 

Die  negativen  Resultate  der  Untersuchungen  von  Dist.  signa- 
tum  liaben  sich  noch  bei  anderen  Distomen-Arten  wiederholt. 
Bei  I)ist.  naja,  Dist.  triganocepludimi,  Dist.  crassicollr  haben 
die  von  mir  angestellten  Unteisuchungen  zu  keinem  definitiven 
Abschluss  uber  die  Verhaltnisse  zwischen  den  Sanimelkanâlen 
zur  Endblase  geftihrt;  die  Schuld  bierfûr  war  eiiizig  wohl  nur 
in  dem  Umstande  zu  suchen,  dass  aile  dièse  Arten  zur  Zeit  der 
Untersuchung  libermâssig  mit  Eiern  gefiillt  waren  und  durch 
die  Anwesenlieit  der  zahlreichen  iMer  eine  genaue  Feststellung 
der  that^âchlichenanatomischen  Einriclitung  der  excietorischen 
Endorgane  unmoglich  gemacht  wurde. 

Giinstiger  sind  meine  Untersuchungen  bei  Distomum  cirrige- 
rum,  Distomum  davigerum  und  Distomum  endolohum  ausge- 
fallen. 

Bei  diesen  Thieren  hnden  sich  zwar  nicht  selbststândi,<;e 
Klappen,  wie  wir  sie  bei  Dist.  isostomum  und  Dist.  mentulatîim 
kennen  gelernt  haben,  es  kommt  jedoch  an  der  Einmiindungs- 
stelle  der  Saramelrrthren  in  die  Endblase  eine  Einrichtung  zu 
Stande,  welche  in  gleicher  Vollkommenheit  eineii  Abschluss 
beider  Abschnitte  gegen  einander  zu  bewirken  verinag. 

Ich  werde  dieselbe  zunâchst  von  Dist.  cirrigerum  beschrei- 
ben. 


458  KARL   KAMrMAXN. 

Unter  der  grosse»  Anzahl  von  Krebsen,  welche  ich  mir  zur 
Beschaffung  von  Dist.  isostomum  hatte  kommen  lassen,  tanden 
sich  zwei  Thiere,  welche  ein  anderes  Distomum  und  zwar  das 
Distomum  cirrigerum  belierbergten.  Dièse  Païasiten  waren 
aber  nicht,  wie  Dist.  isostomum  frei  lebend  in  den  Krebsen  anzu- 
tretfen,  sondern  encystiit;  ich  fand  dieselben  etwa  25  Stiick 
fe>t  im  Muslielfleisch  sitzend  ;  ihre  Entfernung  ans  den  Cysten 
bereitete  einige  Schwierigkeiten. 

Wâhrend  die  von  Dist.  isostomum  gefundenen  Exemplaie 
olme  Eier  angetroffen  wui'den,  waren  im  Dist.  cirrigerum  die 
Uterussclilingen  mit  solclien  sehr  stark  gefiillt  Dieseï'  Um- 
stand  erscliwerte  mir  die  bei  diesem  Thiere  angestellten  Nach- 
forschungen  iiber  den  anatoniischen  Baii  dei-  Excretionsorgane. 

Dieser  ist  von  jenem  des  Dist.  isostomum.  insofern  wesentlich 
verschieden,  als  ihm  die  Sammelbecken  fehlen  und  auch  die 
Anordniing  der  Sammelkanale  eine  andere  ist  Wir  selien 
zwei  Hauptkanale  von  vorn  lierkommend,  ziemlicli  weit  vom 
Blasengrund  seitwârts  in  die  Blase  einmunden  (Fig.  11).  Vor 
ihreni  Eiiitritt  in  die  I^lase  zeigen  die  Kanâle  zwar  eine  kurze 
Strecke  laug  eine  Erweiterung,  aber  so  beckenartig,  wie  sie 
bei  Dist.  isostomum  im  Totalprâparat  zii  selien  ist,  ist  dieselbe 
kfineswegs. 

Nach  der  Blase  zu  verjiingen  sich  die  Kanâle  zusehends  ; 
sie  treten  unter  sehr  spitzein  Winkel  in  die  Blase  ein  (Fig.  12). 
Blasenwand  und  die  dieser  zugekehi'teKanalwand  verschmelzen 
zu  einer  langen,  dïmuen  Membraii  (Fig.  13  a),  welche  als  feines 
Hâutchen  die  Blascnwand  nacli  liinten  hiii  eine  Strecke  lang 
begleitet. 

Ani  lebendeii  Thier  sieht  man  luin,  dass  sich  dièses  Hâutchen 
bei  Kontraction  der  Blase  gegen  die  Wand  derselben  legt  und 
so  einen  Verschluss  der  Samenrôliren  herbeifuhrt;  nach  erfolg- 
ter  Eiitleerung  der  lilase  lost  sich  das  ^Hâutchen  wieder  und 
der  Zuhuss  ans  den  Kanâleii  i^t  wieder  frei. 


IvLAPPEXAPl'ARATEN    DER   TREMATODEN.  459 

Die  von  (liesein  Thiore  angefertigten  Schnitte  (Fig.  12  u.  13) 
bestatigen  den  am  lebenden  Tliiere  gemacliten  Befund. 

Wenngleicli  das  Résultat  der  am  Dist.  cirrigerum  gemachten 
Beobaclitungen  nicht  so  gunstig  ausgefallen  war  wie  bei  deiii 
Dist.  isostomum,  iiidem  nicht  so  deiitlich  fiinctionirende  Klappen 
gefunden  wiirden,  so  zeigte  doch  der  Befund  am  lebenden  und 
toten  Thier,  dass  bei  den  Beziehungen  zwischen  Blase  und 
Sammelrohr  dasselbe  Prinzip  hen-scht,  nàmlicli  critère  gegen 
letzteres  unter  gewissen  Bedingungen  zu  verschliessen  ;  es  kaon 
die  aus  Blasen-  und  Kanalwand  verschniolzeni'  zarte  Haut  als 
ein  «  klappeuartig  functionirender  Apparat  »  bezeichnet  werden. 

Das  Bist.  davigenim  zeigt  im  Totalprâi)arat  die  in  Fi  ;•.  14 
angegebene  Beschaffenheit  der  Endblase  nebst  den  in  dièse 
einmiindenden  Samuielkanillen.  Der  Eintritt  der  Kanâle  an 
der  Aussenseite  der  Blasenschenkel  ist  ganz  diarakteristisch 
und  t^'pisch  (Fig.  15),  nur  ausnahmswei^e  kommen  Abwei- 
cliungen  vor. 

A  m  lebenden  Thier  sieht  man  dies  Sammelrohr  scheinbar  in 
das  Lumen  des  Blasenschenkels  hineinragen  (Fig.  15),  dièses 
Bild  bekommt  mit  dem  von  Fraipont  beobachteten  Verhalten 
bei  Dist.  divergens  '  tiberraschende  Aehnlichkeit.  Man  beo- 
bachtet  sehr  gut,  dass  aus  dem  Sammelrohr  Excretstoffe,  kleine 
hellgraue,  auch  glashelle  Kôrnchen  und  flïissige  Massen  in  die 
Blase  hineingelangen^  und  dass  bei  einer  Kontraction  der  Blase 
keine  Theile  dieser  Massen  wieder  in  das  Rohr  zurucktreten. 

Ein  Flimmern  habe  ich  an  dem  Eintritt  des  Sammelrohres  in 
die  Blase  nicht  beobachtet. 

Die  von  Dist.  davigermn  angefertigten  Schnitte  geben  liber 
die  am  lebenden  Thier  gemachten  Beobaclitungen  einige  Auf- 
klarung. 

Die  in  den  Figuren  16,    17,  18  wiedergegebenen  Schnitte 

>  L.  c,  page  2,  PI.  I,  Fig.  3. 


460  KAKI,    KAMPMANN. 

lasseii  aiif  das  dcutlichste  erkemien,  dass  der  Eintritt  der 
Sammelrôhren  uicht  wie  Noack  '  angiebt  <^  am  vorderen  Ende, 
meist  ein  weiiig  seitlich  » ,  sondern  ganz  bedeutend  weit  nach 
hinten  und  an  der  Seite  dei-  Bliiseiischenkel  einmûnden. 

Dièse  typisclie  Art  der  Einmtlndung  liaben  wir  schon  her- 
voi-ragend  bei  Dist.  cirrigermn  kennen  gelernt.  Figur  16 
zeigt  den  Eintritt  in  den  linken  Blasenscbenkel,  wâhrend  die 
Figuren  17  und  18  den  Scbnitt  durcb  den  recMen  Blasen- 
scbenkel erkennen  lassen.  Die  aucb  bier  wiederverschmolzene 
Wand  der  Blase  und  des  Kanals  setzt  sicb  als  eine  diinne  feine 
Membran,  als  eine  Haut  in  die  Blase  fort  und  fungirt  aucb  bier 
wieder  als  Scbliessapparat  zwiscben  Blase  und  Sammelrobr. 

Aus  diesen  Ergebnissen  an  den  Scbnitten  erklârt  sicb  aucb 
die  am  lebenden  Thier  wabriienommene  Erscbeinung,  als  ob 
das  Robr  sicb  in  toto  ins  Blasenlumen  fortsetzte.  Die  gemein- 
same  Blasen-  und  Gefâsswand  tâuscbte  am  lebenden  Objekt 
dem  Beobacbter  ein  Bild  vor,  welcbes  den  Anscbein  batte,  als 
ob  das  ganze  Robr  eine  Strecke  weit  bineinrage.  Ich  muss 
nacb  diesen  meinen  Reobacbtungen  annebmen,  dass  Fraipont 
sicb  in  Bezuii  auf  diesen  Punkt  bei  Dist.  divergens  geirrt  haben 
kann  ;  leider  babe  icb  mir  keine  Exemplare  von  Dist.  divergens 
beschaffen  kônnen,  um  event.  mir  liber  die  Frage  voile  Auf- 
klârung  zu  verscbaffen.  Der  Verscbluss  durcb  die  genanute 
diinne  Membran  wird  bei  Kontractionen  der  Blase  genau  in 
derselben  Weise  berbeigetubrt,  wie  wir  es  bei  Dist.  cirrigerum 
geseben  liaben.  Wûrde  bei  Dist.  davigerum  ein  einfacbe> 
Hervorragen  des  ïSammelrobrs  in  die  Blase,  wie  Fraipont  es 
bei  Dist.  divergens  bescbreibt,  vorbanden  sein,  das  Lumen  des 
Kobis  nacb  der  Blase  zu  offen  steben,  dann  stânde  ja  dem 
Iliicktritt  des  Blaseninbalts  in  das  Sammelrobr  kein  Hindernis 
entgegen.     Dass   aber  ein  Verscbluss  bezweckt  wird,  zeigen 


pag 


sp  -29. 


KI.APPENAPPARATEN    DER   TREMATODEN.  461 

uns  die  P^xcretionsorgane  der  Cestoden  und  vieler  hôherer 
Thiere;  es  kann  demiiach  auch  wohl  smgenommen  werden,  da^s 
die  anntomischen  Einrichtungen  bei  dein  Dlst.  divergens  gaiiz 
alniliche  siiid,  wie  ich  sie  bei  dem  Disf.  davigerum  i^efunden 
habe. 

Wûrdeii  die  Sammelrôhren  sich,  wie  Noack  meint,  bei 
ilirer  Mlindiiiig  in  die  Blase,  wenn  auch  iinmerklich,  erweitern, 
dann  wiirde  uns  niclit  nur  die  Grenze  zwischen  Blase  und 
Sanimelrohr  fehien,  es  wiirde  die  einmal  ausgoschiedene  Excre- 
tionsfliissigkeit  in  die  JOinâle  zuriickstauen,  dièse  melir  oder 
wenii^er  erweitei-n  und  die  Aufnahme  der  Excretstoffe  in  die 
Kanâle  nicht  unwesentlich  stôren. 

Ganz  àhnlich,  wie  bei  dem  Dist.  davigerum  liegen  die  Ver- 
hâltnisse  bei  Bist.  endolobum. 

Wir  sehen  eine  anders  gestaltete  Blase,  es  fehien  die  nach 
vorn  sich  ausdehnenden  Schenkel,  die  Blase  bildet  einen  Cylin- 
der,  an  seinen  beiden  Seiten  beiinden  sich  die  Mûndungsstellen 
der  Sammelrôhren. 

Die  beigegebenen  Figuren  môgen  uns  orientiren. 

Figur  19  und  20  zeigt  schematisch  die  Blase  mit  den  Sam- 
melkanâlen;  Figur  21  lâsst  beide  Sammelkanâle  erkennen, 
wâhrenddie  Figuren  22  und  23  die  Einmiuidung  des  Sammel- 
rohres  in  die  Blase  auf  ihrer  linken  Seite  wiedergeben.  Wieder 
sehen  wir  die  gemeinsame  Wand  der  Blase  und  des  zufuhren- 
den  Sammeli'ohrs  einen  Verschluss  gegen  das  Kanallumen 
bilden  ;  wieder  zeigt  sich  das  Prinzip  ausgesprochen,  den  Aus- 
tritt  der  Excretstoffe  aus  den  Kanâlen  in  die  Blase  frei  zu 
gestatten,  deren  Rûcktritt  aber  aus  der  Blase  in  das  Kanal- 
system  zu  verhindern. 

Fassen  wir,  am  Schlusse  der  Darstellung  unserer  Betrach- 
tungen  angelangt,  noch  einmal  die  Ergebnisse  derselben  zusam- 
men,  so  haben  wir  die  Thatsache  festzustellen,  dass  bei  sâmmt- 
lichen  zur  Beobachtung  gelangten  Distomen  mit  excretorischer 


462  KARL   KAMl'MANN. 

Enclblase  die  Saramelgefâsse  seitlich  in  die  letztere  eintreten, 
welclie  Anordnung  allein  einen  klappenartigeii  Verschliiss  an 
der  Miindungsstelle  mOglich  macht. 

Die  Verschlussvorrichtungen  sind  auf  zwei  verschiedene 
Weisen  zur  Ausbildung  gelangt. 

Bei  Bist.  isostomum  und  Dist.  mentulatum  treten  die  Sammel- 
roliren  unter  einem  annâhernd  rechten  Winkel  an  die  Blase 
heran  und  in  diesem  Falle  werden  sie  bei  deu  Knntractionen 
der  Endblase  durch  IVei  in  den  Holilraum  der  letzteren  hinein- 
schwingende  Klappen  verschlossen. 

Bei  Dist.  cirrigerum,  Dist.  clavigerum  und  Dist.  endolohum 
hingegen  bilden  die  Sammelrôhi-en  mit  der  Wand  der  Endblase 
einen  sehr  spitzen  Winkel,  wobei  die  der  Blase  zugekelirte 
(médiane)  Wand  des  Sammelrohrs  mit  der  Blasenwand  zii 
einem  am  Grunde  dickeren,  gegen  die  Miindungsstelle  des 
Robres  sicb  verdîinnendem  Hâutcben  verschmilzt,  welches  bei 
der  Kontraction  der  Endblase  durch  den  Gegendruck  des 
Inbalts  derselben  vor  die  Mtindung  gelegt  wird  und  dièse  ver- 
schliesst. 


NOTE 


LARVE    DE   VÉLELLE 


Maurice   BEDOT 

Avec     1  o     planche     XXI 


Malgré  les  nombreux  travaux  dont  les  Siphonophores  ont  été 
l'objet  depuis  quelques  années,  on  n'est  pas  encore  parvenu  à 
jeter  un  jour  complet  sur  le  développement  des  Vélelles.  La 
transformation  de  l'œuf,  produit  par  la  méduse  GJirysomitra  en 
Rataria,  n'a  jamais  été  observée. 

Les  recherches  que  j'ai  pu  faire  sont  bien  loin  de  combler 
cette  lacune;  leur  seul  but  est  de  planter  un  nouveau  jalon,  en 
faisant  connaître  un  stade  larvaire  très  jeune,  et  qui  n'a  pas 
encore  été  décrit. 

Pendant  un  séjour  que  je  fis  au  bord  de  la  Méditerranée,  à 
Nice,  la  mer  fut  littéralement  couverte  de  Vélelles  pendant  une 
semaine  environ.  Il  était  facile  de  se  procurer  des  Rataires  à 
tous  les  degrés  de  développement. 

Le  stade  le  moins  avancé  que  j'aie  pu  observer  est  représenté 
par  une  larve  dessinée  sur  la  planche  XXI,  fig.  1.  Elle  me- 
sure 0'""',56  de  longueur  sur  0'"'°,3  de  largeur  ;  sa  forme  est 
ovoïde,  un  peu  élargie  à  la  partie  inférieure,  sur  laquelle  pren- 
nent naissance  deux  bourgeons.  La  partie  supérieure  est  légère- 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  32 


464  MAURICK    BEDOT. 

ment  colorée  en  vert  bleu.  On  distingue  en  outre  une  teinte  bru- 
nâtre très  faible  au  point  d'attache  des  bourgeons.  L'intérieur 
de  la  larve  est  occupé  par  deux  énormes  bulles  d'air  (;j),  qui 
représentent  la  première  ébauche  du  pneuniatophore. 

Sous  le  microscope,  on  distingue  facilement  les  deux  couches 
cellulaires  qui  constituent  l'enveloppe  de  cette  larve.  L'ecto- 
derme  (ec)  a  une  épaisseur  assez  uniforme.  L'entoderme,  au 
contraire,  est  fortement  épaissi  au  pôle  supérieur  (en)  et  s'amin- 
cit sur  les  côtés.  Il  ne  présente  pas,  à  l'intérieur,  une  surface 
unie,  mais  est  régulièrement  bosselé.  Une  lamelle  de  soutien  (/) 
sépare  les  deux  couches. 

Bien  que  cette  larve  fût  en  parfait  état  de  conservation,  on 
pouvait  distinguer,  au  pôle  supérieur,  une  rupture  des  tissus 
qui  n'est  pas  visible  sur  la  figure  1,  mais  que  l'on  voit  facilement 
sur  les  coupes.  Cette  disposition  donne  à  la  larve  l'aspect  d'un 
bourgeon  détaché  d'un  individu  producteur.  La  comparaison 
est  encore  plus  frappante  lorsqu'on  examine  les  coupes  repré- 
sentées sur  la  planche  XXI;  on  y  remarque,  en  etïet,  que  le  pôle 
supérieur  est  allongé  en  forme  de  pédoncule.  La  position  de  la 
larve,  dans  la  fig.  1,  n'en  peut  pas  donner  une  idée  exacte.  L'en- 
droit où  se  trouve  la  rupture  des  tissus  correspond  à  l'ouverture 
d'un  canal  (c)  qui  pénètre  dans  l'intérieur  de  la  larve.  C'est  le 
seul  point  où  se  trouve  une  communication  avec  le  milieu  am- 
biant. 

Lorsqu'on  examine  les  coupes  longitudinales  de  cette  larve, 
on  voit  que  l'épaississement  de  l'entoderme  dont  nous  avons 
parlé  correspond  aux  parois  de  ce  canal  (fig.  2  et  3  ep).  Les 
cellules,  très  nombreuses  et  resserrées  en  cet  endroit,  émettent 
de  fins  prolongements,  qui  viennent  se  fixer  sur  la  lamelle  de 
soutien.  Puis  l'entoderme  s'amincit  brusquement  et  ne  montre 
plus,  dans  la  partie  inférieure  de  la  larve,  qu'une  rangée  de 
noyaux  accolés  contre  la  lamelle  de  soutien. 

Au  milieu  de  la  coupe  se  trouve  une  vaste  cavité  (pn)  aux 


NOTE  SUR  UNE  LARVE  DE  VÉLELLE.  465 

contours  irréguliers,  qui  représente  l'ébauche  première  du 
pneumatophore.  Il  m'a  été  impossible  d'observer  d'une  façon 
certaine  si  cette  cavité  est  en  communication  avec  le  canal. 
L'examen  de  la  coupe  représentée  par  la  fig.  2  permettrait  de 
le  supposer,  mais  n'en  donne  pas  une  certitude  absolue. 

L'espace  compris  entre  la  cavité  du  pneumatophore  et  l'en- 
toderme  est  occupé  par  une  substance  transparente  (sa),  dans 
laquelle  on  entrevoit  quelques  rares  noyaux  isolés.  Ils  sont  par- 
fois un  peu  plus  nombreux  au  bord  de  la  cavité  (fig.  3),  sans 
cependant  que  l'on  puisse  observer  de  couche  limitante  conti- 
nue. La  substance  transparente  est  probablement  destinée  à  la 
formation  du  pneumatocyste. 

Cet  organe  n'est  pas  encore  formé  au  stade  représenté  par 
notre  larve,  mais  on  commence  à  en  voir  des  traces  sur  la  fig.  2. 
En  effet,  la  substance  transparente  prend  en  certains  endroits 
une  apparence  plus  homogène  et  des  contours  bien  limités  au 
bord  de  la  cavité  pneumatophore.  Mais  cette  disposition  n'est 
pas  visible  sur  toutes  les  coupes. 

Les  cellules  isolées,  dont  on  voit  les  noyaux  au  milieu  de  la 
substance  transpai-ente  (et  qui  sont  probablement  chargées  de 
la  sécréter)  proviennent  vraisemblablement  de  l'entoderme. 

A  la  partie  inférieure  de  la  larve  sont  attachés  deux  bour- 
geons (fig.  4  et  5),  représentant  le  premier  gastrozoïde  [g)  et  le 
premier  tentacule  {t}.  Ils  sont  formés  tous  deux  d'un  repli  de 
l'ectoderme,  tapissé  intérieurement  par  l'entoderme,  et  ne  lais- 
sent voir  aucune  ouverture  de  communication  avec  l'extérieur. 

Dans  la  région  où  prennent  naissance  les  deux  bourgeons,  il 
est  assez  difficile  de  suivre  exactement  le  parcours  des  deux 
couches  primitives  de  la  larve.  L'entoderme  parait  se  diviser  en 
deux  lamelles  :  l'une  reste  accolée  à  Fectoderme,  dont  elle  suit 
les  mouvements  en  s'infléchissant  dans  l'intérieur  des  bourgeons, 
l'autre  a  un  parcours  plus  direct  et  longe  la  partie  inférieure  de 
la  cavité  pneumatophore  (fig.  4  ens). 


466  MAURICE    BEDOT. 

Entre  ces  deux  lamelles  entodermales  se  trouve  une  fente 
(fig.  2  et  4  /*),  que  l'on  peut  considérer  peut-être  comme  l'ori- 
gine première  des  canaux  de  l'organe  central  ' . 

Les  questions  que  fait  naître  l'étude  de  cette  larve  ne  pour- 
ront être  résolues  qu'après  l'examen  d'un  matériel  plus  considé- 
rable. Il  sera  intéressant  de  voir  d'où  provient  la  forme  pédon- 
culée  du  pôle  supérieur,  à  quoi  correspond  le  canal  qui  traverse 
cette  région,  et  s'il  représente  peut-être  la  première  ébauche 
d'une  des  ouvertures  qui,  dans  les  stades  plus  avancés,  mettent 
eu  communication  la  cavité  pneumatophore  avec  l'extérieur. 

Quoi  qu'il  en  soit,  la  larve  que  nous  venons  de  décrire  ne 
présente,  dans  son  organisation,  aucun  caractère  qui  vienne  ap- 
puyer l'hypothèse  généralement  acceptée  de  la  formation  du 
pneumatophore  par  invagination  de  l'ectoderme. 

'  Comp.  M.  Bedot,  Contribution  à  l'étude  des  Vélelles.  Recueil  zool.  suisse, 
1885,  t.  2,  pi.  IX,  fig.  2  es. 


POUR    SERVIR    A    L'ÉTUDE 

DES 

ÉGHINODERMES 

PAR 

P.  de  LORIOL 

Avec    planches    XXII,    XXIll    et    XXIV. 


IV 

Les  espèces  d'Échinodermes  qui  feront  l'objet  de  ce  quatrième 
article  '  sont  au  nombre  de  quatorze  : 
Quatre  espèces  d'Échinodermes  fossiles  : 

Peltastes  Favrei  P.  de  Loriol. 
Poropeltaris  sculptopunctata  Quenstedt. 
Hemipygus  Rochati  P.  de  Loriol. 
Glypticus  sulcatus  Agassiz. 

Deux  espèces  d'Astérides  fossiles  : 
Astropeden  Carroni  P.  de  I^oriol. 
Pentagonaster  Picteti  P.  de  Loriol. 


'  Les  deux  premiers  artii-les  ont  paru  dans  te  Recueil  zoologique  suisse,  le 
troisième  dans  les  Mémoires  de  la  Société  de  physique  et  d'histoire  naturelle  de 
Genève. 


468  p.    DE    LOIUOL. 

Une  espèce  d'Astéride  des  mers  actuelles  : 
Stichaster  Suteri  P.  de  Loriol. 

Sept  espèces  de  Crinoïdes  fossiles  : 

Antedon  Arnaudi  P.  de  Loriol. 
Antedon  carentonensis  P.  de  Loriol. 
Apiocrinus  champlittensis.  P.  de  Loriol. 
Millericrinus  burgundicus  P.  de  Loriol. 
Millericrinus  helnensis  P.  de  Loriol. 
Millericrinus  mespiliformis  d'Orb.  (Schl.). 
Pentacrinus  Leufhardi  P.  de  Loriol. 


Glypticus  Sidcatus  (Goldfuss)  Agassiz. 


Echinus  sulcatus    Goldfiiss,  1829,  Petref.  Germ.,  p.  126,  pi.  40.  fig.  18. 
Glypticus  sulcatus  E.  Desor  et  P.  de  Loriol,  1871.  Écliinologie  helvétique.  Terr, 

jurassiques,  p.  206,  pi.  34,  fig.  o. 
Id.  Cotteuu,  1883,  Paléontol.  française.   Terr.  jurass.   ï.   X,   2, 

p.  :)l)3,  pi.  418.  lig.  8-16. 


Le  Glypticus  sidcatus,  espèce  bien  caractérisée,  est,  en  géné- 
ral, peu  répandu.  On  ne  l'a  cité,  en  France,  que  de  Morestel 
(Isère),  et  de  la  vigne  Droguet,  près  Chambéry.  Un  exemplaire 
très  bien  conservé  a  été  recueilli  à  Sylau,  près  Nantua,  dans  les 
couches  séquaniennes,  par  M.  Derriaz,  qui  l'a  donné  au  Musée 
de  Genève.  Cet  individu,  parfaitement  typique,  appartient  à  une 
variété  déjà  signalée  à  Nattheim.  La  surface  est  plus  tubercu- 
leuse; les  deux  sillons  verticaux  caractéristiques  des  aires  in- 
terambulacraires  sont  très  peu  définis;  et  les  granules  sont  rela- 
tivement abondants,  généralement  allongés  dans  un  sens  ou  dans 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERMES.      469 

l'autre,  et  disposés  en  petites  séries  transverses  assez  régu- 
lières. On  compte  toujours  trois  tubercules  dans  chacune  des 
deux  séries  qui  occupent  la  face  inférieure  des  aires  ambula- 
craires  et  interambulacraires. 

Le  Pseadodiadema  florescens  Ag.  a  été  aussi  recueilli  dans  la 
même  localité. 


Hemipygus  Rochati  P.  de  Loriol,  1894 
PI.  XXII,  lig.  ;{. 

Dimensions.  Diamètre  :  15  millim. 

Hauteur  par  rapport  au  diamètre  :  0,53 

Test  circulaire,  déprimé,  aplati  sur  la  face  supérieure;  la  face 
inférieure  est  un  peu  pulvinée.  Zones  porifères  onduleuses. 
Pores  petits,  disposés  par  simples  paires,  un  peu  multipliées, 
cependant,  près  du  péristome  ;  les  paires  sont  écartées  et  légère- 
ment en  relief.  Aires  ambulacraires  très  étroites,  onduleuses  et 
extrêmement  rétrécies  à  la  face  supérieure  ;  à  la  face  inférieure 
elles  portent  deux  rangées  de  petits  tubercules  perforés  et  fine- 
ment crénelés,  au  nombre  de  quatre  à  cinq  par  série;  au-dessus 
de  l'ambitus,  ces  tubercules  deviennent  alternes  par  suite  du 
grand  resserrement  de  l'aire,  et  ils  finissent  par  ne  plus  former 
qu'une  seule  rangée  irrégulière  de  gros  granules.  Les  granules 
miliaires  sont  en  fort  petit  nombre.  Dans  les  aires  interambu- 
lacraires, les  tubercules,  crénelés  et  tinement  perforés,  sont  au 
nombre  de  six  dans  chacune  des  deux  séries;  le  mamelon  est 
petit,  mais  porté  par  une  base  très  saillante.  Sur  la  face  infé- 
rieure, les  tubercules  augmentent  rapidement,  et  le  quatrième, 
à  l'ambitus,  se  trouve  brusquement  très  développé,  de  même  que 


470  P,    DE    LORIOL. 

les  autres  de  l'une  des  séries,  mais,  dans  l'autre  série,  le  dernier 
tubercule,  qui  touche  presque  l'appareil,  apical  est  singulière- 
ment petit  et  imperforé.  La  zone  miliaire,  extrêmement  étroite, 
est  occupée  par  un  double  filet  de  granules  serrés;  quelques 
petits  granules  se  montrent  encore  le  long  des  zones  porifères. 
Appareil  apical  très  régulier,  peu  étendu,  assez  en  relief, 
riaques  génitales  petites,  arrondies  sur  le  bord  externe,  qui 
parait  avoir  été  granuleux,  elles  seraient  presque  circulaires 
sans  l'échancrure  interne  du  périprocte  ;  elles  sont  à  peu  près 
égales  entre  elles,  celle  qui  porte  le  corps  madréporiforme  est 
un  peu  plus  grande,  de  même  que  la  voisine  ;  au  milieu  de  cha- 
que plaque  se  trouve  une  dépression  relativement  grande  et  très 
accentuée.  Sur  Tune  des  plaques,  j'ai  pu  distinguer  le  pore  gé- 
nital, qui,  dans  les  Hemipygus,  s'ouvre  un  peu  en  dessous,  à 
l'extrémité  externe  des  plaques.  Plaques  ocellaires  petites,  trian- 
gulaires, logées  dans  les  angles  externes  des  plaques  génitales. 
Périprocte  relativement  grand  et  circulaire.  Péristome  circu- 
laire, très  ouvert,  marqué  d'entailles  profondes;  son  diamètre 
égale  0,46  de  celui  de  l'oursin. 

Uapports  et  différences.  Cette  espèce  est  la  première  du  genre 
qui  ait  été  recueillie  dans  une  couche  crétacée.  Assez  voisine  de 
forme  de  YHemipygus  Matheyi  P.  de  Loriol,  de  l'étage  séqua- 
nien,  elle  s'en  distingue  par  ses  aires  ambulacraires  qui  sont 
plus  flexueuses  et  plus  rétrécies  à  la  face  supérieure,  et  dont  les 
tubercules  sont  moins  développés  et  prennent  plus  rapidement 
l'apparence  de  granules,  puis  par  ses  tubercules  interambula- 
€raires  plus  saillants,  plus  rapidement  développés  dès  la  face 
inférieure,  et  par  ses  plaques  génitales  plus  arrondies.  URemi 
pygus  tuberculosus  Cotteau,  aussi  de  l'étage  séquanien,  a  moins 
de  tubercules  interambulacraires  dans  chaque  série,  et  ils  sont 
plus  graduellement  développés  et  moins  saillants  ;  sa  face  supé- 
rieure est  aussi  moins  déprimée. 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERME.S.      471 

Localité.  Perte  du  Rhône.  Rhodanien.  Dans  la  marne  jaune 
caractéristique  dont  le  test  est  rempli. 

Collection.  Rochat,  au  Musée  de  Genève. 


Peltastes  FavreiV.  de  Loriol,  1894. 

PI.  XXII,  ITg.  1. 

Bimeuslons.  Diamètre  :  13  millim. 

Hauteur  par  rapport  au  diamètre  :  0,6 1 


Test  circulaire,  peu  élevé.  Face  supérieure  aplatie,  légère- 
ment convexe,  à  peine  un  peu  relevée  autour  du  périprocte. 
Face  inférieure  déprimée.  Zones  porifères  droites,  à  fleur  du 
test.  Pores  disposés  par  paires  un  peu  obliques,  régulièrement 
superposées;  un  petit  granule  sépare  les  deux  pores  dans  chaque 
paire.  Aires  ambulacraires  droites,  occupées  par  deux  rangées 
de  granules  assez  développés,  arrondis,  lisses  et  imperforés, 
très  serrés,  laissant  à  peine  la  place  pour  quelques  granules  mi- 
croscopiques qui  forment  un  petit  filet  irrégulier  au  milieu  de 
l'aire.  On  compte  treize  granules  par  série.  Les  tubercules 
interambulacraires  sont  relativement  petits,  imperforés,  créne- 
lés, et  au  nombre  de  quatre,  rarement  de  cinq,  dans  chacune  de 
leurs  deux  séries.  Les  trois  tubercules  qui  se  trouvent  à  la  face 
inférieure  croissent  très  graduellement  et  faiblement,  mais  le 
quatrième,  à  l'ambitus,  est  bien  plus  développé,  tout  en  restant 
d'un  faible  volume  ;  un  gros  granule  lisse  et  imperforé  termine 
la  série.  Des  granules  assez  abondants,  relativement  grossiers, 
accompagnés  de  petites  verrues  microscopiques,  occupent  tout 
le  reste  de  la  surface.  Appareil  apical  grand,  à  peine  renflé.  Les 


472  1'.    UK    LORIOL. 

sutures  des  plaques  sont  ponctuées.  Plaques  génitales  grandes^ 
fortement  incisées  près  de  leur  bord  externe  ;  le  pore  est  un  peu 
plus  rapproché  du  bord  interne.  La  plaque  madréporique,  très 
distincte,  est  peu  étendue.  Plaques  ocellaires  triangulaires,  bien 
développées.  Plaque  suranale  assez  grande,  triangulaire.  Péri- 
procte  un  peu  rhomboédrique.  Péristome  faiblement  entaillé, 
point  enfoncé,  peu  étendu;  son  diamètre  égale  0,46  de  celui  de 
l'oursin. 

Rapports  et  différences.  Voisine  du  Peltastes  Lardyi  (Ag.) 
Cotteau,  cette  espèce  s'en  distingue  par  sa  face  supérieure  plus 
uniformément  convexe,  ses  tubercules  bien  moins  développés, 
laissant  la  face  supéiieure  plus  nue  par  suite  de  la  nullité  pres- 
que complète  du  tubercule  supérieur,  puis  par  les  granules  des 
aires  ambulacraires  bien  moins  nombreux,  et  par  les  plaques 
génitales  fortement  laciniées  sur  leur  bord  externe. 

Localité.  Kislovosk  (Caucase).  Crétacé;  urgonien?.  Recueilli 
par  M.  Ernest  Favre  et  donné  par  lui  au  Musée  de  Genève. 


Poropeltaris  scidptopimctata  Quenstedt. 
PI.  XXII,  lli;.  2. 


Poropeltaris  sculjit,opun€latn  Quenstedt,   1875,   Petrefacteiikuiide   Deutsclilaiids 
Die  Echiiiiden,  p.  242,  pi.  69.  tig.  78. 


Le  genre  Poropeltaris  a  été  établi  avec  beaucoup  de  raison 
par  Quenstedt,  pour  un  petit  oursin  de  la  famille  des  Saléni- 
dées,  qui  présente  les  caractères  généraux  des  Peltastes,  mais 
dont  les  tubercules  sont  lisses  au  lieu  d'être  crénelés  à  la  base 


NOTES    POUR   SERVIR   A   l'ÉTUDE    DES   ÉCHINODERMES.  473 

du  mamelon.  Depuis  lors,  ce  genre  a  été  à  peu  près  passé  sous 
silence.  Cotteau  ne  le  mentionne  pas;  Pomel  indique  le  nom 
seulement,  en  ajoutant  qu'il  ne  le  connaît  pas;  Duncan,  dans  sa 
«  Re vision,  >  le  donne  comme  synonyme  du  genre  Peltastes  sous 
le  nom  inexact  de  Poropeltis,  de  même  que  le  genre  Psendosale- 
nia,  qui  a  les  tubercules  perforés.  Quenstedt  ne  connaissait 
qu'un  seul  exemplaire  du  Poropeltaris,  trouvé  à  Nattheim.  J'ai 
pu  étudier  un  autre  échantillon,  également  de  Nattheim,  conservé 
au  musée  de  Genève;  il  provient  de  la  collection  du  professeur 
Kurr,  dont  A.  Favre  avait  fait  l'acquisition.  Cet  individu,  sili- 
ceux, est  entièrement  vide  à  l'intérieur  et  fort  bien  conservé, 
seulement  la  surface  du  test  a  subi  une  légère  altération,  qui  ne 
permet  pas  d'observer  avec  toute  la  netteté  désirable  les  gra- 
nules les  plus  fins,  et  l'ornementation  de  l'appareil  apical.  Je 
crois  devoir  en  donner  la  description  pour  compléter  celle-  de 
Quenstedt,  qui  est  insuffisante. 

Dimensions.  Diamètre  :  9  millim. 

Hauteur  :  5  millim. 

Zones  porifères  un  peu  déprimées,  droites.  Aires  ambula- 
craires  étroites,  avec  deux  séries  de  douze  à  treize  gros  granules, 
serrés,  lisses  et  imperforés,  égaux  entre  eux  ;  le  milieu  de  l'aire 
est  étroit  et  garni  de  quelques  granules  très  fins,  qui  ne  sont 
pas  nettement  distincts.  Les  tubercules  interanibulacraires  sont 
imperforés,  non  crénelés  à  la  base  du  mamelon,  et  au  nombre 
de  trois  et  de  quatre  dans  chacune  des  deux  séries.  On  peut 
constater  très  bien  l'absence  de  crénelures,  mais,  si  l'on  avait 
quelque  doute,  Quenstedt  fait  remarquer  très  justement  que, 
dans  toutes  les  Salenidées  qui  ont  les  tubercules  crénelés,  le 
sommet  de  la  base  est  tronqué  et  constitue  comme  une  petite 
rampe  crénelée  autour  du  mamelon,  tandis  que,  dans  le  Poro- 
peltaris.,  cette  rampe  n'existe  point.  La  zone  miliaire  est  large  et 


474  p.    UE    LORTOL. 

occupée  par  deux  séries  de  gros  granules;  on  distingue  çà  et  là 
les  petites  verrues  microscopiques,  qui,  très  probablement,  gar- 
nissaient tout  le  reste  de  la  surface.  Appareil  apical  étendu, 
couvrant  une  grande  partie  de  la  face  supérieure.  Les  plaques 
génitales  sont  grandes,  à  peu  près  égales,  un  peu  lobées  de  cha- 
que côté  près  de  l'extrémité  externe,  perforées  vers  le  milieu  de 
leur  longueur  un  peu  plus  près  du  périprocte  ;  le  corps  madré- 
poriforme  est  dans  une  fente  étroite.  Plaques  ocellaires  triangu- 
laires, logées  dans  les  angles  externes  des  plaques  génitales. 
Plaque  suranale  triangulaire,  exactement  placée  comme  dans  les 
Peltastes.  Périprocte  petit.  Péristome  grand;  son  diamètre  égale 
0,55  de  celui  de  l'oursin. 


Astropecten  Carroni  P.  de  Loriol,  1894. 


PI.  XXIll.  fiii.  1 


Dimensions.    R  =  55  millim.      r  =  18  milliin.       R  =  or, 


La  face  ventrale  seule  est  connue.  Disque  relativement  très 
développé.  Toutefois,  autant  qu'il  est  possible  d'en  juger,  les  pla- 
ques ventrales  ne  formaient  pas  plus  de  deux  ou  trois  séries  très 
courtes  dans  les  aires  interambulacraires,  et  elles  étaient  fort 
petites.  Les  bras  sont  au  nombre  de  cinq  ;  leur  largeur,  à  la 
base,  est  de  18  miilim.;  ils  sont  rapidement  et  fortement  effilés. 
Angle  interbrachial  assez  aigu.  Plaques  marginales  au  nombre 
d'une  quarantaine  environ  de  chaque  côté  du  bras;  elles  sont 
assez  larges,  mais  très  minces;  leur  largeur,  près  de  l'angle  inter- 
brachial, est  de  4  millim.  avec  une  hauteur  de  1  'j,-2  millim. 
seulement.  On  peut  cimstater  nettement  que  ces  plaques  étaient 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERMES.      475 

couvertes  de  granules  fins  et  serrés,  mais  toute  trace  de  piquants 
a  disparu.  Les  sillons  ambulacraires  sont  largement  évasés 
dans  l'exemplaire  décrit.  On  distingue  fort  bien  les  pièces  ambu- 
lacraires, ainsi  que  les  intervalles  qui  donnaient  passage  aux 
tubes  ambulacraires  disposés  sur  deux  séries  et  l'un  vis-à-vis  de 
l'autre.  Plaques  adambulacraires  moins  larges  que  les  plaques 
marginales;  les  piquants  ambulacraires  ont  entièrement  disparu. 
L'exemplaire  que  je  viens  de  décrire  est  unique  jusqu'à  pré- 
sent. C'est  l'empreinte  très  nette  de  la  face  ventrale  de  l'astérie  ; 
elle  est  parfaitement  conservée,  et  l'un  des  bras  est  intact  jus- 
qu'à son  extrémité.  Cette  empreinte  se  trouve  au  centre  d'un 
rognon  provenant  des  chailles  de  l'étage  bajocien;  elle  a  été 
recueillie  à  Allouai,  près  St- Amour  (Jura)  par  M.  Victor  Car- 
RON,  qui  a  bien  voulu  me  la  communiquer  en  m'autorisant  à  la 
faire  connaître. 

Rapports  et  différences.  Je  n'hésite  pas  à  rapporter  cette 
espèce  au  genre  Astropeden.  Tous  les  caractères  que  l'on  peut 
apprécier  l'en  rapprochent.  Cependant,  comme  la  face  ventrale 
seule  est  connue,  et  encore  d'une  manière  incomplète,  il  est 
nécessaire  de  faire  quelques  réserves.  On  connaît  déjà  des 
espèces  à.' Astropeden  de  l'étage  bajocien.  Celle  qui  paraît  la 
plus  voisine  est  VAstr.  scarhurgensis  Wright,  dont  la  face 
dorsale  seule  a  été  figurée  ;  VA.  Carroni  s'en  distingue  facile- 
ment par  le  nombre  bien  plus  élevé  des  plaques  marginales  des 
bras  et  leur  hauteur  proportionnelle  plus  faible;  de  plus,  les 
plaques  adambulacraires  de  l'espèce  anglaise,  dont  quelques- 
unes  ont  été  figurées,  sont  à  peu  près  carrées.  Ni  V Astropeden 
Leckenbii  "Wright,  ni  VAstr.  Cotteswoldiœ  Wright,  ni  VAstr. 
Mandelslohi  Munster,  ne  sauraient  être  confondus.  Je  ne  vois 
aucune  espèce  parmi  les  autres  Astropecten  jurassiques,  assez 
nombreux,  qui  ont  été  décrits,  avec  laquelle  il  serait  utile  de 
comparer  celle  que  je  viens  de  décrire. 


476  p.     DF.    I.ORIOL. 


Pentar/oii aster  Picfefi  P.  de  Loriol,  1894, 


PI.  XXil. 


Dimensions.  Diamètre  maximum  très  a[»proximatit  :  28  mill. 


Corps  pentagoiial.  Les  côtés  du  pentagone  sont  évidés,  mais 
faiblement,  de  manière  à  détacher  cinq  bras  fort  courts,  même 
à  peine  marqués.  L'ensemble  n'a  plus  exactement  sa  forme  nor- 
male, aussi  ne  peut-on  dire  qu'approximativement  que  R  = 
14  millim.  et  r  =  10  millim. 

Les  plaques  marginales  dorsales  et  les  plaques  marginales 
ventrales  sont  identiques.  On  en  compte  six  de  chaque  côté  du 
pentagone,  et  il  y  en  avait  en  outre  une,  impaire,  à  l'extrémité  de 
chaque  angle,  qui  était  probablement  cundiforme;  sur  le  bord, 
elles  se  rencontrent  par  une  courbe  presque  continue.  La  série 
ventrale  ne  dépasse  point  la  série  dorsale,  et  le  sillon  qui  les 
sépare  est  peu  sensible.  Ces  plaques  sont  faiblement  convexes, 
rectangulaires,  un  peu  plus  larges  que  hautes  ;  les  deux  mé- 
dianes sont  un  peu  plus  grandes;  celle  qui  se  trouve  à  l'extré- 
mité de  l'arc  interbrachial,  de  chaque  côté,  est  plus  petite.  On 
distingue  çà  et  là  les  traces  d'une  granulation  serrée.  Leur  dia- 
mètre ne  dépasse  pas  4  millim.  La  surface  parquetée,  relative- 
ment assez  grande,  a  perdu  ses  ossicules  ;  sur  l'une  des  faces, 
je  ne  saurais  dire  si  c'est  la  dorsale  ou  la  ventrale,  il  n'en  reste 
qu'un  seul,  qui  est  un  peu  pentagonal  et  relativement  grand; 
l'autre  face  est  recouverte  par  une  gangue  qu'on  ne  peut  enle- 
ver, et  qui  empêche  de  voir  les  ossicules. 

Ilapporis  et  (lifferences.  Il  est  regrettable  que  les  ossicules  de 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERMES.      477 

cette  petite  espèce  ne  soient  pas  conservés,  mais  les  plaques 
marginales  sont  en  li^rande  partie  intactes,  et  elle  est  très  recoii- 
naissable.  Je  ne  connais  aucune  espèce  avec  laquelle  elle  pour- 
rait être  confondue.  Elle  rappelle  un  peu,  par  le  petit  nombre 
de  ses  plaques  marginales,  le  Mitraster  rugatus  (Forbes)  Sla- 
den,  mais  celles-ci  n'ont  pas  les  mêmes  proi)ortions  et  la  forme 
générale  est  différente. 

Localité.  Le  Havre.  Étage  Cénomanien. 

CoUecHon.  Pictet  ;  au  Musée  de  Genève. 


Stichaster  Stiteri  P.  de  Loriol,  1894. 
PI.  xxm.  fig.  i. 
Dimensions.  R  ^^  26-32  millim.;  r  =  10  milliin. 


Disque  assez  élevé,  un  peu  renflé. 

Cinq  bras  courts,  élevés,  trapus,  rapidement  effilés,  coniques, 
arrondis  à  leur  extrémité,  convexes  sur  leur  face  dorsale,  cou- 
pés verticalement  sur  les  côtés:  leur  largeur  à  la  base  est  égale 
à  la  moitié  de  leur  longueur,  ou  à  peu  près. 

Sillon  ambulacraire  large;  les  quatre  rangées  de  tubes  sont 
très  régulières.  Plaques  adambulacraires  longues  et  étroites  ; 
sur  chacune  est  articulé  un  piquant  relativement  long,  cylin- 
drique, arrondi  et  un  peu  renflé  au  sommet,  et  un  peu  plus  large 
que  la  plaque  elle-même.  Ces  piquants  forment  une  série  unique 
très  régulière;  leur  surface,  sous  un  fort  grossissement,  parait 
légèrement  échinulée.  En  dehors  des  plaques  adambulacraires 
se  trouve  une  série  de  petites  plaques   subquadrangulaires, 


478  p.    DE    LORIOL. 

séparées  par  de  larges  vacuoles  ;  viennent  ensuite  les  plaques 
marginales  au  nombre  d'une  vingtaine  de  chaque  côté,  conti- 
guës,  subrectangulaires  et  légèrement  granuleuses,  chacune 
porte  deux,  parfois  trois  piquants  très  courts,  épais,  cylindri- 
ques, arrondis  et  un  peu  renflés  à  l'extrémité. 

Sui'  la  déclivité  presque  verticale  des  côtés  du  bras  se  mon- 
trent des  plaques  longues,  étroites,  allongées,  un  peu  rétrécies 
à  leur  base,  et  séparées  par  des  aires  porifères  près  des  plaques 
marginales  qu'elles  touchent,  mais  contiguës  dans  leur  partie 
supérieure,  où  le  derme  paraît  finement  granuleux  ;  du  reste, 
ces  plaques  sont  lisses,  sauf,  çà  et  là,  un  petit  tubercule  arrondi 
vers  l'extrémité  du  bras. 

Les  ossicules  de  la  face  dorsale  du  bras  forment  cinq  séries 
rayonnantes  très  régulières.  Dans  les  séries  latérales,  chaque 
ossicule  porte  un,  ou  rarement  deux  piquants  en  forme  de  tuber- 
cule arrondi,  relativement  peu  volumineux,  très  court,  sessile, 
ou  à  peu  près,  fortement  sillonné;  dans  la  série  médiane,  les 
ossicules  sont  beaucoup  plus  larges  et  portent  six  à  sept  tuber- 
cules semblables,  vaguement  alignés  sur  deux  rangées  trans- 
verses; leur  nombre  diminue  naturellement  vers  l'extrémité  des 
bras.  Des  séries  de  petites  aires  porifères,  au  nombre  de  quatre, 
séparent  les  séries  tuberculeuses.  Sur  le  sommet  du  disque,  les 
tubercules,  semblables  aux  autres,  sont  disposés  en  petits 
groupes  séparés  par  des  aires  porifères. 

Plaque  madréporique  petite,  fortement  sillonnée,  entourée 
d'un  cercle  de  tubercules  semblables  aux  autres. 

Les  dents  sont  courtes,  arrondies  en  avant  ;  chacune  porte 
deux  piquants  plus  courts  et  plus  aciculés  que  les  piquants  ambu- 
lacraires,  l'un  en  avant,  l'autre  en  arrière. 

Les  pédicellaires  sont  rares  ;  quelques  pédicellaires  en  pince, 
très  petits,  se  voient  dans  l'intérieur  du  sillon  et  aussi  sur  les 
plaques  marginales  à  la  face  ventrale.  Je  n'en  vois  aucun,  ni  sur 
la  face  dorsale  des  bras,  ni  sur  le  disque. 


NOTES   POUR  SERVIR   A    l'ÉTUDE   DES  ÉCHINODERMES.  479 

Couleur  rouge  orangé. 

Rapports  et  différences.  Cette  espèce,  dont  tous  les  caractères 
sont  ceux  des  Stichaster,  ne  peut  être  confondue  avec  aucune 
de  celles  qui  ont  été  décrites  jusqu'ici.  La  forme  seulement  pré- 
sente quelque  analogie  avec  le  Stichaster  nutrix  Th.  Studer. 

Localité.  Nouvelle  Zélande.  Envoyé  par  M.  Suter  au  Musée 
de  Genève. 


Antedon  Arnaudi  P.  de  Loriol,  1894. 
PI.  XXIV,  fig.  i,  2. 

Dimensions.  Diamètre  de  la  pièce  centro- 

dorsale  :  11-13  millim. 

Hauteur  de  la  pièce  centro- 
dorsale  seule,  par  rapport 
à  son  diamètre  :  0,69-0,75 


Pièce  centro-dorsale  sub hémisphérique,  plus  ou  moins  élevée, 
mais  toujours  plus  large  que  haute,  très  légèrement  pentago- 
nale. 

La  face  dorsale  est  à  peine  ttonquée  dans  l'un  des  exemplai- 
res, elle  l'est  davantage  dans  les  autres,  mais  toujours  faible- 
ment ;  elle  ne  présente  ni  fossette  ni  cavité,  mais  de  simples 
rugosités. 

La  face  ventrale  est  plane,  ou  un  peu  concave.  Les  cinq  dé- 
pressions iuterradiales,  dans  lesquelles  étaient  logées  les  pièces 
basales,  ont  la  forme  d'un  cuilleron  allongé,  un  peu  dilaté  et 

Rev.  Suisse  de  Zool.,  T.  II.  1894.  33 


480  P.    DE    LORIOL. 

saillant  à  son  extrémité  externe,  le  bord  de  ces  dépressions  pa- 
rait légèrement  strié.  Dans  les  intervalles  se  trouvent  cinq  cavi- 
tés radiales  quadrangulaires,  un  peu  rétrécies  vers  le  centre  de 
la  pièce,  tronquées  droit  à  leur  extrémité  externe  et,  relativement, 
très  profondes.  Ces  cavités  sont  notablement  plus  longues  que 
la  moitié  du  rayon,  elles  aboutissent  en  plein,  au  centre,  dans 
une  cavité  ai-rondie,  peu  étendue  et  imparfaitement  définie; 
leurs  parois  sont  verticales;  je  n'ai  pu  apprécier  exactement 
leur  profondeur,  mais  elle  doit  arriver  au  moins  à  la  moitié  de 
la  hauteur  de  la  pièce  centro-dorsale.  L'intervalle  entre  ces 
cavités  radiales  est  exactement  occupé  par  les  dépressions  où 
étaient  logées  les  pièces  basales.  Une  seule  de  ces  dernières  est 
conservée  dans  l'un  des  exemplaires;  son  apparence  est  insolite, 
ell^B  a  la  forme  d'un  fer  de  lance  ;  ses  deux  côtés  sont  en  biseau  ; 
elle  est  rétrécie  à  son  extrémité  interne,  aiguë  à  son  extrémité 
externe,  qui  repose  dans  l'évasement  terminal  de  la  dépression 
où  elle  est  logée  ;  la  saillie  arrondie  qui  apparaît  assez  distinc- 
tement au  dehors  n'est  que  l'extrémité  de  cet  évasemeut.  et  non 
la  pièce  basale  elle-même.  La  face  ventrale  de  cette  dernière  est 
assez  profondément  évidée  et  fortement  striée. 

Les  facettes  articulaires  des  cirrhes  forment  deux  séries  sur 
chacune  des  cinq  faces,  à  peine  indiquées,  de  la  pièce  centro- 
dorsale;  on  en  compte  trois  à  quatre  par  rangée;  elles  sont  re- 
lativement grandes,  arrondies  ou  un  peu  elliptiques,  contiguës, 
séparées  par  des  angles  vifs,  très  finement  striées  sur  leur  pour- 
tour ;  l'orifice  du  canal  est  allongé  et  s'ouvre  entre  deux  petits 
bourrelets. 

Les  pièces  radiales  et  les  bras  sont  encore  inconnus. 

Les  trois  exemplaires  que  j'ai  sous  les  jeux  varient  un  peu 
dans  la  forme  de  la  pièce  centro-dorsale,  dont  la  hauteur  pro- 
portionnelle est  un  peu  plus  forte  dans  l'un  que  dans  les 
autres;  tandis  que  la  face  dorsale  n'est  que  faiblement  tron- 
quée. Les  autres  caractères  sont  identiques  ;  les  cavités  radiales 


NOTES   POUK   8KKVIK   A   l'ÉTUDE    DKS    ÉCMINODERMES.  481 

de  la  face  ventrale  ont  la  même  apparence  dans  ces  trois  indi- 
vidus. 

Rapports  et  différences.  L'espèce  que  je  viens  de  décrire  pré- 
sente les  plus  grandes  analogies  avec  V Antedon  paradoxa  (Gold- 
t'uss,  Glenofreniites)  Schlûter.  J'ai  cru  cependant  devoir  la  dis- 
tinguer par  les  caractères  suivants  :  La  pièce  controdorsale  est 
plus  haute,  relativement  à  son  diamètre;  dans  l'original  de  Gold- 
Fuss,  décrit  à  nouveau  par  ScHLiiïER' ,  la  hauteur  est  égale  à  0,50 
du  diamètre  ;  dans  les  deux  exemplaires  d'Angleterre  rapportés  à 
cette  espèce  par  Herbert  Carpenter'  elle  est  égale  à  0,50  et  0,53; 
dans  VA.  Arnaudi,  elle  atteint  0,69  au  minimum  et  0,75  au 
maximum.  La  face  dorsale  est  beaucoup  moins  tronquée  et  elle 
ne  présente  aucunement  les  cinq  cavités  radiales  allongées  for- 
mant une  étoile,  très  marquées  dans  l'original  de  Goldfuss  et 
également  dans  les  exemplaires  de  Carpenter.  Les  cinq  impres- 
sions dans  lesquelles  logeaient  les  pièces  basales  sont  plus  en 
fer  de  lance,  plus  étroites  vers  leur  extrémité  interne  ;  les.  cavi- 
tés radiales  de  la  face  ventrale  sont  relativement  plus  larges  et 
bien  plus  longues;  la  cavité  centrale  n'est  point  limitée  par 
une  paroi,  comme  dans  le  type,  mais,  d'après  Carpenter,  qui 
n'observait  pas  non  plus  de  paroi  dans  ses  exemplaires,  ce  serait 
simplement  là  un  défaut  de  conservation  ;  les  exemplaires  de 
VA.  Arnaudi  ne  me  paraissent  pas  contirmer  cette  manière  de 
voir,  mais  je  n'insiste  pas  là-dessus.  Enfin,  H.  Carpenter 
regarde  comme  un  caractère  important  la  présence  de  côtes 
rayonnant  du  centre,  inégales  (celles  qui  correspondent  aux  cinq 
angles  interradiaux  étant  les  plus  fortes)  qu'il  constate  au  fond 


'  Ueber  eiiiige  Aslylide  Criiioideii,  Zeitsch.  der  deiUschen  geolog.  Gesellschcfl. 
1878,  p.  42. 

'^  On  some  undescribed  Comatulse  froin  the  britisli  secundary  rocks,  Quart. 
Journal  geol.  Soc.  London,  vol.  3G,  p.  46,  pi.  5,  fig.  1. 


482  p.    DE    LORIOL. 

de  la  cavité  de  la  pièce  centro-dorsale  ;  ces  côtes  se  retrouve- 
raient dans  deux  Antedon  des  mers  actuelles,  et,  d'après  un 
indice,  Cakpenter  croit  qu'on  doit  pouvoir  aussi  les  reconnaî- 
tre dans  l'exemplaire  type  de  VAnt.  paradoxa  ;  or,  dans  V Ante- 
don Arnaudi,  les  cavités  radiales  sont  limitées  de  chaque  côté 
par  une  cloison  verticale,  qui  s'enfonce  au  moins  jusqu'à  la  moi- 
tié de  la  hauteur  de  la  pièce  centro-dorsale  (et  peut-être  plus 
bas),  de  sorte  que  la  cavité  de  celle-ci  se  trouve  comme  divisée 
en  cinq  loges  profondes,  et,  avec  cette  structure,  les  côtes  men- 
tionnées par  H.  Carpenter  ne  sauraient  exister.  D'après 
ScHLûTER  (loc.  cit.),  l'exemplaire  type  de  Y  Antedon  para- 
doxa est  le  seul  connu  ;  il  provient  du  Cénomanien  (Griinsand). 
Ainsi  qu'il  a  été  dit,  Carpenter  rapportait  à  l'espèce  deux 
autres  individus.  Il  serait  bien  intéressant  de  pouvoir  comparer 
les  pièces  basales  de  cette  espèce  avec  celles  de  VA.  Arnaudi, 
qui  sont  si  particulières,  et,  pour  arriver  à  une  comparaison 
tout  à  fait  correcte,  il  faudrait  encore  connaître  au  moins  ses 
pièces  radiales.  Dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances,  il  me 
serait  impossible  de  réunir  ces  deux  espèces.  Dans  V Antedon 
semiglobosus  Schltlter,  du  Cénomanien,  la  hauteur  de  la  pièce 
centro-dorsale  est  égale  à  la  moitié  de  son  diamètre  seulement  ; 
les  cavités  radiales  de  la  face  ventrale  sont  beaucoup  moins 
développées  ;  la  face  dorsale  est  fortement  tronquée  avec  une 
étoile  déprimée  au  milieu  ;  les  cirrhes  sont  plus  nombreux  et 
irrégulièrement  sériés.  VAnt.  Retzii  Lundgren,  de  la  craie  blan- 
che de  Suède,  est  bien  différent. 

Localités.   Courgeac  (Charente).    Talmont  (Charente  -  Infé- 
rieure). Étage  campanien  supérieur. 

Collection.  Arnaud  à  Angoulême. 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERMES.      483 


Antedon  carentonensis  P.  de  Loriol,  1894. 

PI.  XXIV,  lig.  3. 

Dimensions.  Diamètre  du  calice  :  4,5  millim. 

Hauteur  du  calice,  avec  les  pre- 
mières radiales  :  4  millim. 


Pièce  centro-dorsale  hémisphérique,  un  peu  conique  à  la  base, 
mais  nettement  pentagonale  sur  sa  face  ventrale  ;  sa  hauteur 
est  égale  à  la  moitié  de  son  diamètre. 

La  face  dorsale  est  légèrement  tronquée  ;  au  milieu  de  la 
troncature  se  trouve  une  légère  dépression  avec  cinq  cavités 
radiales  minuscules,  pareilles  à  des  pores,  qui  semblent  occuper 
les  angles  d'un  très  petit  pentagone.  Les  facettes  articulaires 
des  cirrhes,  un  peu  effacées  par  une  légère  usure  de  la  sur- 
face, sont  nombreuses,  mais  elles  ne  sont  pas  disposées  en 
séries  régulières  ;  on  en  compte  une  douzaine  sur  chacune  des 
cinq  faces  de  la  pièce,  lesquelles  ne  sont  pas  séparées  par  des 
angles  distincts  ;  ces  facettes  paraissent  peu  profondes  et  assez 
évasées.  L'orifice  du  canal  est  fort  petit  et  arrondi. 

Je  ne  connais  pas  la  face  ventrale.  Aux  angles  du  pentagone 
qu'elle  forme,  on  distingue  nettement  l'extrémité  triangulaire 
des  pièces  basales. 

Premières  pièces  radiales  très  obliques  à  Taxe  et  relativement 
élevées,  aussi  hautes  environ  que  la  pièce  centro-dorsale,  de 
sorte  que  la  cavité  qu'elles  forment  n'est  aucunement  évasée 
au  sommet,  mais  fort  étroite  et  tubuleuse  ;  sur  ses  parois  verti- 
cales on  distingue  les   cinq  sillons  habituels,  cinq  radiaux  et 


I 


484  p.    DK    LORIOL. 

cinq  aux  angles  interradiaux.  Elles  ne  débordent  aucunement 
en  dehors,  mais  sont  plutôt  un  peu  en  retrait,  et  devaient  être 
à  peine  visibles,  lorsque  les  secondes  radiales  étaient  en  place, 
ou  même  point  du  tout.  L'impression  du  ligament  élastique 
est  très  réduite  et  peu  marquée  ;  par  contre,  la  fossette  sous 
le  bourrelet  est  grande  et  très  profonde.  Le  bourrelet  lui- 
même  est  large,  arqué  et  peu  sailLmt;  Torifice  du  canal  est  lar- 
gement ouvert.  Impressions  du  ligament  interarticulaire  petites, 
subtriangulaires.  Impressions  musculaires  assez  profondes,  ru- 
gueuses, indistinctement  séparées,  et  nullement  limitées  par  une 
côte;  le  bord  supérieur  de  la  pièce  est  parfaitement  entier, 
sans  nulle  échancrure. 

Les  autres  pièces  radiales  ne  sont  pas  connues. 

Rapports  et  différences.  UAntedon  carentonensis ,  assez  voi- 
sin de  VAntedon  incurva  Carpenter,  du  cénomanien  de  Black- 
down,  s'en  distingue  par  la  forme  de  sa  pièce  centro-dorsale,  éle- 
vée, plus  conique  à  la  base,  par  ses  premières  pièces  radiales 
moins  élevées  l'elativement  à  la  hauteur  de  la  pièce  centro-dor- 
sale, aucunement  échancrées  sur  le  bord  supérieur,  avec  des 
impressions  autrement  disposées,  puis,  par  la  cavité  du  premier 
anneau  radial  tubuliforme  et  nullement  évasée  dans  sa  région 
supérieure.  Ce  rétrécissement  de  la  cavité  se  retrouve  identique 
dans  VAntedon  mysticum  (Hagenow)  Schliiter,  mais  les  autres 
caractères  de  cette  espèce  sont  bien  différents. 

Localité.  Rousselières  (Charente).  Étage  coniacien. 


Collection.  Arnaud  à  Angoulême. 


NOTES    POUR   SERVIR    A    I.  ÉTl'UK    DES    ÉCHINODERMES.  485 


Apiocrinus  champlittensis  P.  de  Loriol,  1894. 

PI.  XXIV.  lig.  4. 

Dimensions.  Hauteur  du  calice,  depuis  l'article 
basai  au  sommet  des  troisièmes 
pièces  radiales  :  22  millim. 

Hauteur  du  calice,  depuis  l'article 
basai  au  sommet  des  premières 
pièces  radiales  :  17  millim. 

Diamètre  du  calice  :  30  millim. 

Diamètre  de  la  tige  :  10  millim. 


Calice  sub-globuleux,  renflé  au  pourtour,  plus  lari^e  que  haut, 
entièrement  lisse.  Le  maximum  d'épaisseur  se  trouve  au  sommet 
des  pièces  basales  ;  à  partir  de  ce  point,  le  calice  se  resserre, 
puis  s'évase  de  nouveau  légèrement  sur  les  troisièmes  radiales. 
La  base  est  uniformément  arrondie. 

Article  basai  peu  développé  en  dehors,  pentagonal. 

Pièces  basales  grandes,  élevées,  pentagonales  en  dehors,  à 
peu  près  égales  entre  elles,  un  peu  plus  larges  que  hautes,  la 
hauteur  égalant  0,75  de  la  largeur;  elles  sont  fortement  ar- 
quées sur  leur  face  externe,  resserrées  à  leur  base.  Les  côtés 
latéraux  inférieurs  ont  les  '",oo  de  la  longueur  des  supérieurs  ; 
ce  chiffre  peut  varier  un  [)eu. 

Les  premières  pièces  radiales  ont,  en  dehors,  la  forme  d'un 
pentagone  renversé;  elles  sont  relativement  grandes,  leur  lar- 
geur est  de  18  millim,  et  leur  hauteur  de  9  millim  ;  leur  bord 
supérieur  est  un  peu  concave. 


486  p.    DE    LORIOL. 

Secondes  pièces  radiales  très  minces,  leur  face  inférieure  est 
convexe  pour  entrer  dans  la  concavité  de  la  première  radiale. 

Troisièmes  pièces  radiales  parfaitement  pentagonales  en 
dehors,  peu  élevées,  leur  hauteur  est  de  5  millim. 

Toutes  les  pièces  radiales  sont  exactement  soudées  entre 
elles  sur  leurs  côtés  latéraux,  sans  aucune  pièce  interradiale. 

Les  bras  ne  sont  pas  divergents.  Le  premiei-  article  brachial, 
qui  repose  sur  l'une  des  facettes  articulaires  de  la  troisième 
radiale,  est  presque  rectangulaire,  sa  hauteur  égale  deux  fois  et 
demi  sa  largeur  ;  le  second  est  plus  élevé  sur  son  bord  latéral 
externe  que  sur  l'interne.  Ces  deux  premiers  articles  sont  intime- 
ment unis  par  leurs  faces  latérales,  soit  entre  eux,  soit  avec 
leurs  voisins.  Les  deux  articles  suivants  sont  plus  ou  moins 
régulièrement  rectangulaires,  trois  ou  quatre  fois  plus  larges 
que  hauts  et  notablement  moins  larges  que  les  deux  premiers  ; 
ils  devaient  porter  des  pinnules,  qui  ne  se  peuvent  voir.  Le 
cinquième  article  est  axillaire.  Chacun  des  dix  premiers  bras  est 
donc  invariablement  composé  de  cinq  articles.  L'article  axillaire 
donne  naissance  à  deux  bras,  dont  l'un  reste  simple,  du  moins 
sur  toute  la  longueur  conservée,  c'est-à-dire  jusqu'au  douzième 
article,  tandis  que  l'autre,  tantôt  reste  simple,  tantôt  se  divise 
au  troisième  article  en  donnant  naissance  à  deux  bras  de  se- 
conde subdivision.  Je  ne  connais  pas  le  surplus  du  sommet,  mais 
on  peut  conjecturer  que  les  bras  demeuraient  relativement 
courts;  on  n'aperçoit  que  quelques  articles  des  pinnules. 

Un  petit  fragment  de  tige  de  9  millim.  de  diamètre  est  encore 
adhérent  au  calice;  je  compte  encore  neuf  articles  qui  vont  en 
augmentant  un  peu  de  diamètre  jusqu'à  l'article  basai,  dont  le 
diamètre  égale  à  peu  près  la  moitié  de  celui  du  calice. 

Les  caractères  externes  font  présumer  avec  une  grande  appa- 
rence de  certitude  que  l'espèce  appartient  au  genre  Aplocrinus, 

Rapports  et  différences.  Assez  voisine  de  VApiocriiius  magni- 


NOTES    POUR   SERVIR   A    l'kTUDK    DES    ÉCHINODERMES.  487 

ficus  d'Orbigny  par  la  forme  de  son  calice,  l'espèce  que  je  viens 
de  décrire  s'en  distingue  sans  peine  par  ses  pièces  basales  fort 
différentes  et  par  la  disposition  de  ses  bras.  Elle  se  rapproche 
aussi  de  VAp.  Changarnieri  P.  de  Loriol,mais  elle  en  diffère  par 
son  calice  bien  plus  renflé  au  pourtour,  plus  fortement  convexe 
sur  sa  base,  et  par  les  proportions  relatives  des  pièces  basales 
et  des  premières  pièces  radiales. 

Localité.  Cet  intéressant  et  précieux  échantillon  a  été  trouvé 
par  M.  Changarnier  à  Champlitte  (Haute-Saône).   Rauracien. 


Millericrimis  hurgundicus  P.  de  Loriol. 


PI.  XXIV.  tk.  o.  (i,  7. 


Millericrinus  burgundicus  P.  de  Loriol,  1884,  Paléontologie  française,  ï.  juras- 
sique, t.  XI.  I.  Crinoïdes,  p.  488,  pi.  94,  iig.  2-(i. 


Les  deux  individus  sur  lesquels  j'ai  établi  l'espèce  sont  fort 
incomplets  et  le  calice  ne  présente  plus  que  l'anneau  basai  avec 
l'article  basai,  qui  s'enfonçait  profondément  entre  les  pièces 
basales.  M.  Changarnier  a  recueilli,  au  même  niveau,  et  dans  la 
même  localité,  deux  autres  calices  plus  complets,  qui  me  parais- 
sent appartenir  certainement  à  cette  espèce,  et  justifieraient  son 
classement  dans  le  genre  Millericrinus,  qui,  jusqu'ici,  n'était 
que  probable. 

En  tous  cas,  ce  seront  ces  calices,  qui  ont  conservé  leurs  pre- 
mières pièces  radiales  et  que  je  décris  ici,  qui  devront  à  l'avenir 
représenter  le  Millericrinus  burgundicus. 

L'un  de  ces  calices  a  un  diamètre  maximum  de  28  millim.,avec 
une  hauteur  de  17  millim,  soit  '\/,,^',  l'autre  a  un  diamètre  de 

33* 


488  p.    DE    LORIOL. 

23  millim,  sur  une  hauteur  de  14  millim,  soit  "',„„.  En  Fétat 
où  ils  sont,  ils  paraissent  cupuliformes,  graduellement  et  forte- 
ment resserrés  vers  la  base,  qui  est  convexe  sans  être  déprimée, 
Le  pourtour  de  l'anneau  basai  est  circulaire,  celui  du  premier 
anneau  radial  tend  à  prendre  une  forme  pentagonale  au  sommet. 

Pièces  basales  pentagonales  en  dehors,  larges  et  relativement 
assez  élevées,  peu  rétrécies  à  la  base. 

Premières  pièces  radiales  grandes  et  larges;  leur  hauteur, 
mesurée  au  milieu  de  leur  face  externe,  qui  a  la  forme  d'un  pen- 
tagone renversé,  est  de  0,47  de  leur  largeur,  La  facette  arti- 
culaire présente  fort  peu  de  hauteur.  L'impression  du  ligament 
élastique,  faiblement  creusée,  en  occupe  un  peu  moins  de  la 
moitié  ;  la  fossette  sous  le  bourrelet  est  peu  étendue.  Bourrelet 
épais  et  saillant,  avec  un  foramen  bien  ouvert.  Impressions  du 
ligament  interarticulaire  triangulaires  et  profondes,  Lnpressions 
musculaires  peu  étendues,  rugueuses,  appuyées  sur  une  crête  peu 
élevée,  divisée  au  milieu  par  une  échancrure  étroite  et  pro- 
fonde. La  cavité  comprise  dans  le  premier  anneau  radial  a  un 
diamètre  égal  à  environ  0,45  de  celui  du  calice;  elle  s'évasait 
ensuite  notablement,  ainsi  que  le  montrent  les  replats  laissés 
hbres  ;  les  cinq  dépressions  au  fond  de  la  cavité,  sur  lesquelles 
reposait  l'organe  chambré,  sont  profondes. 

Article  basai  paraissant  au  dehors  pentagonal  et  de  grande 
dimension.  Un  article  basai  isolé,  trouvé  avec  les  calices  et  pa- 
raissant leur  appartenir  avec  une  presque  certitude,  vu  ses 
dimensions,  est  pentagonal  à  la  base  et  s'élève  en  forme  de 
pyramide  basse,  tronquée  au  sommet,  cinq  carènes,  allant  de 
la  base  au  sommet,  séparent  cinq  pans  granuleux  et  un  peu  gib- 
beux  au  milieu;  sa  hauteur  est  de  9  millim.,  et  le  diamètre  de 
sa  base  est  de  15  millim.  J'ai  déjà  décrit  l'article  basai  d'un 
autre  exemplaire  dont  une  partie  de  l'anneau  basai  est  seule 
conservée;  il  se  trouve  profondément  enfoncé  entre  les  pièces 
basales.  Il  me  paraît  très  probable  que  les  deux  autres  articles 


NOTES  POUR  SERVIR  A  l' ÉTUDE  DES  ÉCHINODERMES.      489 

basaux  isolés  que  j'ai  fait  figurer  (loc.  cit.),  et  qui  sont  moins 
larges  et  plus  élevés,  n'appartiennent  pas  à  cette  espèce,  mais 
peut-être  à  une  autre  qui  se  trouve  dans  la  même  localité  et  que 
je  décris  plus  loin. 

Trois  articles  de  la  tige  demeurés  adhérents  à  l'un  des  calices 
montrent  qu'elle  était  cylindrique  et,  relativement,  d'un  faible 
diamètre. 

Bapports  et  différences.  Le  3ÏUI.  hurgtmdictis  est  assez  voi- 
sin du  Mill  Hoferi  Mérian,  mais  il  en  diffère  par  sa  forme 
moins  élargie,  pentagonale  sur  le  bord  supérieur  du  premier 
anneau  radial,  par  ses  pièces  basales  moins  élevées,  et  par  quel- 
ques différences  dans  la  facette  articulaire  des  premières  pièces 
radiales. 

Localité.  Beaune  (Côte-d'Or),  Rauracien. 

Collections.  Chansçarnier.  Musée  de  Beaune. 


Millericrinus  belnensis  P.  de  Loriol,  1894. 

PI.  XXIV,  lig.  8,  9,  10. 

Dimensions.  Diamètre  du  calice  avec  le  pre- 
mier anneau  radial  :  24-30  millim. 
Hauteur  du  calice  avec  le  pre- 
mier anneau  radial  :  13-14  millim. 


Calice,  avec  le  premier  anneau  radial,  de  forme  circulaire, 
subhémisphérique,  uniformément  convexe  et  un  peu  déprimé  sur 
la  base,  un  peu  resserré  sur  les  premières  pièces  radiales  ;  la 
plus  grande  largeur  se  trouve  au  sommet  des  pièces  basales,  elle 
diminue  un  peu  à  partir  de  ce  point. 


490  p.    DE   LORIOL. 

Pièces  basales  pentagonales  sur  leur  face  externe,  relative- 
ment élevées,  un  peu  plus  larges  que  hautes,  resserrées  vers 
leur  base. 

Premières  pièces  radiales  deux  fois  aussi  larges  que  hautes 
sur  leur  face  externe,  qui  a  la  forme  d'un  pentagone  renversé, 
excavé  sur  sa  base,  qui  est  le  bord  supérieur;  leur  hauteur 
égale  0,70  de  la  hauteur  des  pièces  basales.  La  facette  articu- 
laire est  large  et  presque  horizontale,  ce  qui  contribue  à  don- 
ner au  calice  un  aspect  déprimé  ;  impression  du  ligament  élasti- 
que excavée,  avec  une  très  petite  fossette  sous  le  bourrelet  ;  ce 
dernier  est  peu  saillant,  mais  l'orifice  du  canal  est  bien  ouvert; 
impressions  du  ligament  interarticulaire  longues  et  profondes  ; 
impressions  musculaires  peu  étendues,  rugueuses,  appuyées  sur 
une  petite  crête  d'une  faible  saillie.  Article  basai  très  peu 
visible  en  dehors,  un  peu  irrégulièrement  pentagonal. 

Il  est  fort  probable  que  l'article  basai  que  j'ai  fait  figurer 
(Pal.  fr.,pl.  94,  fig.  5)  comme  appartenant  au  Mill.  hurgundi- 
cus,  et  peut-être  aussi  celui  qui  a  été  représenté  fig.  4,  doivent 
être  rapportés  au  Mil.  helnensis,  avec  lequel  ils  se  trouvent; 
comme  on  le  voit  aussi  dans  les  calices  de  cette  espèce^  ils  ap- 
paraissaient très  peu  au  dehors;  ils  sont  plus  élevés,  plus  coni- 
ques que  celui  du  3IilU.  hiirgundïcus,  dont  la  base  est  bien  plus 
développée. 

Le  premier  article  de  la  tige  est  très  concave  et  profondément 
enfoncé  dans  l'article  basai  ;  sa  facette  articulaire  est  fortement 
striée,  avec  cinq  dépressions  un  peu  pétaloïdes.  Les  autres  arti- 
cles de  la  tige  n'existent  plus. 

Cavité  calycinale  peu  étendue  ;  les  cinq  dépressions  péta- 
loïdes sur  lesquelles  reposait  l'organe  chambré  sont  peu  pro- 
fondes. 

Rapports  et  différences.  J'ai  sous  les  yeux  deux  calices  appar- 
tenant à  cette  espèce  ;  ils  ont  été  trouvés  avec  le  Mïllericrinus 


NOTES   POUR   SERVIR  A   l'ÉTUDE    DES   ÉCHIN0DERME8.  491 

hurgundicus.  On  les  distinguera  de  ceux  de  cette  dernière 
espèce  par  leur  forme  tout  à  fait  circulaire,  subhémisphérique, 
moins  élevée,  plus  nettement  convexe  sur  la  base,  plus  arron- 
die au  pourtour  et  un  peu  resserrée  sur  le  premier  anneau  ra- 
dial, puis  par  la  forme  et  les  proportions  des  pièces  basales  et 
la  faible  étendue  de  l'article  basai.  La  forme  et  les  proportions 
des  pièces  basales  et  des  premières  pièces  radiales  distinguent 
de  suite  ces  calices  de  celui  du  Mill.  mespiliformis  Schl. 

Localité.  Beaune  (Côte-d'Or).  Rauracien. 

Collections.  Changarnier.  Musée  de  Beaune. 


Millericrimis  mespiliformis  (Schl.)  d'Orbigny. 

PI.  XXIV.  fig.  11. 

Encrinites  mespiliformis       Schlotheini.  1820,  Petrefactenkuiide,  p.  33!2,  pi.  29, 

fig.  ri. 
Id.  Schlotheini,  182.3,  Nachtrag   ziir  Petrel'actenkunde, 

p.  90,  pi.  23,  fig.  3. 
Apiocrinites  mespiliformis    Goldfuss,  1833,  Petref.  Germ.,  t.  1.  p.    18'i-,  pi.  o7, 

fig.  1  A  a  I. 
Millericrinus  mespiliformis  d'Orbigny,   1839,   Hi.*^l.   nat.   des  (^Irinoïdes,    p.   66, 

pi.  1.3,  fig.  1-8. 
Apiucrinus  mespiliformis      Quen.stedt,   1876,  Echinoderiuen,   p.   328.    pi.  102. 

fig.  38-41,  43,  44  (al.  iucert.). 
Millericrinus  mespiliformis  P.  de  Loriol,  1891,  Descript.  de  la  faune  jurassique 

du    Portugal.    Écliinodermes,    p.    141.    i)l.    23. 

fig.  13-17.  (Voir  dans  cet  ouvrage  la  synonymie 

de  l'espèce.) 

Dimensions.  Diamètre  du  calice  :  36  millim. 

Hauteui-  du  calice ,  de  la  base  au  som- 
met du  premier  anneau  radial  :        18  millim. 

Diamètre  de  la  tige,  au  quatrième 

article  à  partir  du  calice  :  13  millim. 


492  p.    DE    LORIOL. 

Calice  très  déprimé,  très  renflé  et  arrondi  au  pourtour,  res- 
serré vers  le  sommet  des  pièces  basales  et  sur  les  premières 
radiales.  La  base  est  uniformément  convexe,  mais  faiblement, 
plutôt  déprimée.  La  hauteur,  avec  le  premier  anneau  radial 
seulement,  est  égale  à  la  moitié  du  diamètre. 

Article  basai  absolument  invisible  au  dehors  ;  il  formait  sans 
doute  une  colonne  qui  entrait  profondément  dans  le  calice. 

Pièces  basales  pentagonales  sur  leur  face  externe,  très  éle- 
vées, très  grandes,  resserrées  à  la  base,  graduellement  élargies 
jusqu'au  sommet  des  côtés  latéraux,  et  très  arquées;  elles  sont 
un  peu  plus  larges  que  hautes,  et  elles  constituent  tout  l'ensem- 
ble du  calice  lorsqu'il  n'a  conservé  que  ses  premières  pièces 
radiales. 

Premières  pièces  radiales  très  peu  élevées  et  très  arquées 
sur  leur  bord  supérieur  ;  elles  sont  enfoncées  entre  les  pièces 
basales,  et  n'apparaissent  au  dehors  que  sur  une  faible  hauteur. 
La  facette  articulaire  est  grande  et  très  peu  oblique.  Impres- 
sion du  ligament  élastique  large  et  très  excavée  ;  fossette  sous  le 
bourrelet  peu  distincte  ;  bourrelet  saillant  et  étroit  ;  orifice  du 
canal  resserré.  Impressions  du  ligament  interarticulaire  pro- 
fondes et  étroites.  Impressions  musculaires  peu  étendues,  ap- 
puyées sur  une  petite  crête  très  faible  et  usée  dans  l'exemplaire 
décrit.  La  cavité  du  calice,  circulaire  dans  le  premier  anneau 
radial,  s'évasait  ensuite  en  devenant  pentagonale,  ainsi  que  le 
font  pressentir  des  replats  triangulaires  bien  marqués. 

Tige  cylindrique,  épaisse;  je  ne  connais  que  trois  articles  : 
ils  sont  minces,  égaux  entre  eux,  et  ils  paraissent  avoir  été 
fortement  sillonnés  sur  leur  facette  articulaire. 

Rapports  et  différences.  Si  je  rapporte  cet  individu  au  Mill. 
mespUiformis,  qui,  à  ma  connaissance  du  moins,  n'avait  pas  encore 
été  recueilli  en  France,  ce  n'est  pas  sans  hésitation.  Cet  exem- 
plaire, bien   conservé,  provient  d'un  niveau  assez  inférieur  à 


NOTKS    l'Ol'H   SKRVIK    A    l'ÉIHIUE    DKS    KUIIINODP^RMES.  493 

celui  de  Nattheim,  mais  il  est  identique  au  calice  de  cette  localité 
qui  a  été  figuré  par  Quenstedt  (fig.  41,  loc.  cit.),  seulement  les 
premières  pièces  radiales  sont  encore  moins  apparentes  au 
dehors.  Ge  caractère  peut  varier,  ainsi  qu'on  le  voit  dans  la 
fig.  40  (loc.  cit.);  il  en  est  de  même,  paraît  il,  des  dimensions  de 
Tarticle  basai,  qui,  dans  notre  exemplaire,  n'apparaît  pas  au 
dehors,  comme  dans  la  figure  43  de  Quenst-edt.  Malgré  la  compa- 
raison la  plus  attentive,  je  ne  sais  trouver  aucune  différence 
entre  l'individu  décrit  et  ces  exemplaires  de  Nattheim  figurés 
par  Quenstedt.  Maintenant  il  y  en  a  d'autres  dans  cette  même 
localité  (et  j'en  ai  un  sous  les  yeux),  dont  la  forme  est  plus  éle- 
vée, moins  renflée  au  pourtour,  plus  resserrée  vers  la  base,  qui 
est  plus  fortement  convexe  ;  l'article  basai  est  invisible  au 
dehors,  et  les  premières  radiales  sont  plus  apparentes.  D'autres 
ont  des  premièies  radiales  plus  grandes,  une  forme  semblable, 
un  article  basai  souvent  très  grand  :  tel  est  l'exemplaire  original 
de  Schlotheim  et  la  plupart  de  ceux  du  Portugal  que  j'ai  décrits. 
J'ai  envisagé  ces  derniers  comme  devant  être  rapportés  au 
Mill.  ■mes2nliformis,  et  je  me  suis  fort  étendu  sur  les  variations 
que  pouvait  subir  l'espèce.  Je  suis  repris  par  quelques  hésita- 
tions, et  je  me  demande  si  j'ai  eu  parfaitement  raison,  et  si  deux 
espèces  ne  devraient  pas  être  distinguées.  Dans  tous  les  cas, 
l'espèce  du  Portugal  appartient  certainement  au  MUlerkrimis 
mespiliformis  typique,  tel  que  Schlotheim  l'a  compris,  de  même 
que  certains  exemplaires  de  Nattheim.  Maintenont  la  question 
est  de  savoir  si  les  exemplaires  de  Nattheim  originaux  des  figures 
de  Quenstedt  que  j'ai  citées,  et  celui  de  Beaune  que  je  viens  de 
décrire,  et  que  je  ne  sais  comment  séparer,  sont  vraiment  reliés 
à  ce  type  de  Schlotheim  par  des  passages  suffisants.  J'ai  cru 
précédemment  pouvoir  le  prouver,  et  le  fait  me  paraît  encore 
fort  probable,  sinon  absolument  certain.  Il  nous  manque  la  con- 
naissance des  secondes  et  des  troisièmes  radiales  et  des  bras, 
ainsi  que  des  séries  d'échantillons  un  peu  étendues,  pour  arriver 


494  V.    DE    LORIOL. 

à  une  conclusion  tout  à  fait  correcte,  aussi  je  crois  que  le  mieux 
est,  pour  le  moment  du  moins,  d'envisager  l'individu  décrit  ici 
comme  devant  être  rattaché  au  Mill.  tnespiliformis,  ainsi  que  je 
l'ai  fait.  Je  ne  répète  pas  ce  que  j'ai  écrit  ailleurs  sur  le  genre 
Pomatocrinus  Kônig,  je  n'ai  rien  à  ajouter. 

Localité.  Moulin  Maitrenseau,  près  Beaune  (Côte-d'Or).  Rau- 
racien.  Zone  à  Cidaris  florigemma  et  Balanocrimis  suhteres. 

Collection.  Cliangarnier-Moissenet,  à  Beaune. 


Penfacrimis  Leuthardi  P.  de  Loriol,  1894, 

PI.  XXIV,  fig.  12-17. 

Dimensions.  Hauteur  du  calice  :  5  millim. 

Diamètre  de  la  tise  :  2-3  millim. 


Calice  de  faibles  dimensions,  assez  étalé,  paraissant  aussi 
large  que  haut. 

Cinq  pièces  infrabasales  extrêmement  petites,  triangulaires, 
ai-rondies  en  dehors,  forment,  autour  du  canal  central,  un  an- 
neau compact,  dont  le  diamètre  égale  un  peu  plus  du  tiers  de 
celui  de  l'anneau  basai. 

Les  cinq  pièces  basales  sont  minces,  étroites,  oblongues,  for- 
tement crénelées  sur  leur  bord  dorsal,  contiguës  sur  la  moitié 
interne  environ  de  leur  longueur,  puis  écartées  l'une  de  l'autre, 
de  sorte  qu'elles  apparaissaient  en  dehors  comme  un  bouton 
enchâssé  entre  les  premières  pièces  radiales.  Leur  face  externe 
est  tout  à  fait  lisse. 

Premières  pièces  radiales  en  forme  de  pentagone  renversé  ; 


NOTES    POUR   SERVIR   A   l'ÉTJDE    DES    ÉCHINODERMES.  495 

leur  largeur  égale  2  '/-,  miHim.;  leur  hauteur  1  7-,  miHim.;  le 
sommet  du  pentagone  sépare  les  pièces  basai  es  sans  les  dépas- 
ser ;  leur  face  externe  est  lisse. 

Secondes  pièces  radiales  rectangulaires,  lisses,  de  1  millini. 
de  hauteur. 

Troisièmes  pièces  radiales  axillaires,  triangulaires,  à  peu 
près  aussi  hautes  que  larges,  convexes  en  dehors.  Chacune  est 
armée  d'une  longue  pointe  acérée,  dirigée  vers  le  sommet  ;  lors- 
que cette  pointe  est  complète,  la  hauteur  totale  des  troisièmes 
radiales  dépasse  notablement  celle  du  reste  du  calice. 

Chacune  des  facettes  articulaires  des  troisièmes  radiales 
porte  un  bras  dont  je  ne  puis  apprécier  la  longueur  que  dans  un 
seul  cas,  où  je  compte  neuf  articles  ;  ils  sont  lisses,  annulaires, 
très  convexes,  un  peu  iiTéguliers  de  forme,  alternativement  plus 
épais  tantôt  d'un  côté,  tantôt  de  l'autre.  Dans  l'un  des  bras,  que 
je  puis  suivre  en  partie  à  partir  du  calice,  un  article  verticillaire, 
après  ces  neuf  articles,  donne  naissance  à  deux  bras  de  seconde 
division,  dont  l'un,  après  seize  articles,  se  divise  de  nouveau  en 
deux  bras,  dont  l'un,  après  vingt-deux  articles,  donne  encore 
naissance  à  deux  autres  bras  très  déliés  de  quatrième  division, 
que  je  ne  puis  plus  suivre.  Dans  un  autre  bras  incomplet,  de 
plus  grande  taille,  un  fragment  de  onze  articles  précède  un  arti- 
cle verticillaire,  qui  donne  naissance  à  deux  bras,  dont  l'un  a 
18  articles  et  l'autre  17  ;  ces  deux  bras  se  subdivisent  encore 
en  deux  bras  très  minces  dont  je  puis  compter  22  articles.  Les 
articles  verticillaires  portent  une  longue  pointe,  qui  devient  un 
simple  tubercule  sur  les  bras  des  dernières  divisions.  Je  ne  sau- 
rais dire  si  les  choses  se  passent  de  la  même  manière  dans  tous 
les  rayons. 

Je  ne  distingue  les  pinnules  que  sur  quelques  rameaux  du 
sommet,  mais  pas  d'une  manière  complète  ;  elles  paraissent  très 
fines,  cylindriques,  composées  de  très  longs  articles. 

Tige  pentagonale,  légèrement  é vidée  sur  ses  faces,  avec  les 


496  F.    DE    LORIOL. 

angles  un  peu  obtus.  Les  premiers  articles,  à  partir  du  calice,  sur 
une  longueur  de  10  millini.  ou  plus,  sont  très  minces,  serrés,  un 
peu  inégaux,  très  arrondis  sur  les  angles;  trois  ou  quatre  de  ces 
articles  en  séparent  un  autre,  plus  épais,  lequel,  sur  chaque  face, 
porte  un  cirrhe  très  court.  Un  pore  marque  le  milieu  de  chaque 
face.  Plus  loin,  les  articles  deviennent  un  peu  plus  épais  sans 
dépasser  toutefois  la  hauteur  d'un  demi-millimètre,  ils  sont  égaux 
entre  eux,  et  le  pore  qui  se  trouve  au  milieu  de  chaque  face  est 
très  ouvert.  Peu  à  peu  les  pores  disparaissent,  les  articles  sont 
tout  à  fait  égaux  avec  V\  de  millim.  de  hauteur  au  maximum  sur 
un  diamètre  de  2  '/,  millim.  Les  crénelures  des  facettes  articu- 
laires sont,  la  plupart  du  temps,  visibles  en  dehors.  La  facette  ar- 
ticulaire est  plane,  avec  cinq  pétales,  acuminés  par  les  angles  du 
pentagone,  étroits  et  entourés  de  fortes  crénelures.  Je  ne  con- 
nais pas  la  longueur  de  la  tige.  Les  cirrhes  sont  relativement  peu 
nombreux  et  très  fins,  ils  paraissent  avoir  été  longs,  sans  que 
je  puisse  nulle  part  apprécier  leur  longueur  réelle.  Les  premiers 
articles  sont  annulaires,  de  peu  d'épaisseur  et  serrés;  rapidement 
ils  s'allongent  et  deviennent  cylindriques,  bien  plus  longs  que 
larges,  le  bord  de  leur  facette  articulaire  externe  est  denticulé 
en  dehors.  Les  articles  verticillaires  sont  un  peu  plus  épais  que 
les  autres  ;  la  facette  articulaire  du  cirrhe  est  tout  à  fait  superfi- 
cielle; l'orifice  du  canal  s'ouvre  entre  deux  petits  tubercules 
saillants.  Parmi  les  nombreux  fragments  de  tiges  épars  sur  les 
plaques,  il  en  est  qui  permettent  d'apprécier  la  longueur  de 
quelques  inter-verticilles  ;  sur  le  plus  long  de  ces  fragments,  on 
en  distingue  quatre  qui  comptent  13,  12,  Il  et  11  articles. 
Sur  un  autre  fragment,  seize  articles  composent  un  inter-verti- 
cille  ;  sur  un  autre  quatorze. 

li apports  et  différences.  La  présence  d'une  très  longue  pointe 
sur  chacune  des  troisièmes  pièces  radiales  caractérise  cette 
espèce  et  permet  de  la  reconnaître  sans  peine  ;  elle  se  distingue 


NOTES    POUR   SEUVIR   A    l'ÉTUDE    DES    ÉCHINODERMES.  497 

eu  outre  du  Peut.  Ândreœ  Uesor,  qui  se  rencontre  au  même 
niveau,  par  la  structure  de  son  calice,  dont  les  pièces  basales 
sont  bien  moins  prédominantes  et  ne  constituent  pas  en  dehors 
un  anneau  complet,  puis  aussi  par  la  plus  grande  rareté  de  ses 
cirrhes.  J'ai  déci'it^  sous  le  nom  de  Peut,  lupsingensis,  un  fragment 
de  tige  provenant  d'une  localité  voisine  et,  si  ce  n'est  de  la 
même  couche,  du  moins  à  peu  près  du  même  niveau  ;  cette  tige 
me  paraît  différer  de  celle  du  Pent.  Leuthardi  par  ses  articles 
])lus  élevés  proportionnellement  au  diamètre,  avec  des  faces 
planes  et  nullement  évidées,  puis  par  les  facettes  articulaires 
des  cirrhes  enfoncées  et  non  superficielles. 

La  présence  de  petites  pièces  infrabasales  est  un  fait  remar- 
quable. Elles  existent  dans  les  Extracritms,  mais,  à  ma  connais- 
sance du  moins,  on  ne  les  avait  point  encore  signalées  dans  une 
espèce  du  genre  Pentacrinus  ;  on  sait,  en  particulier,  qu'elles 
n'existent  dans  aucune  des  espèces  des  mers  actuelles. 

Localité.  Sichtern,  près  Liestal  (Bâie-Campagne),  sur  des 
plaques  recueillies  par  M.  Leuthardt,  professeur  à  Liestal.  Étage 
bathonien. 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  I 

Mtr.  1.     Chiroteuthis  Picteli.  Vue  d'ensemble  de  l'animal   par  la  face  dorsale, 
réduit  d'un-quart  environ. 


l..Joubin,    Céphalopc 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  II 

Chiroteuthis  Picteti. 

Fig.  2.     Contour  du  sac    viscéral  du  second    exemplaire,    réduit    d'un    quart 

envirou,  vu  par  la  face  ventrale. 
Fig.  .3.     La  membrane  buccale  vue  par  écartement  de  la  base  des  bras  ;  figure 

réduite  d'un  quart. 
Fig.  4  et  5.  Les  deux  mandibules  grossies  2  V2  fois. 
Fig.  6.     Schéma  de  la  disposition  des  ventouses  sur  la  face  inférieure  de  la 

palette  tentaculaire. 
Fig.  7.     Vue  d'une  des  ventouses  des  bras,   grossie  de  10  à  20  fois,   selon  le 

niveau  où  on  l'observe. 
Fig.  8.     Vue  d'une  ventouse  de  la  palette  tentaculaire  grossie  ;$5  à  40  fois. 
Fig.  9.     Dents  de  la  radula  grossies  80  fois  environ. 
Fig.  10.  La  plume,  vue  de  profil,  réduite  d'un  tiers  environ.  Les  lettres  A,  B, 

C,  D  indiquent  les  niveaux  où  ont  été  relevées  les  figures  11,   12, 

13  et  14. 
Fig.  11,  12,  13.  Coupes  faites  aux  niveaux  A,  B,  C  de  la  figure  10. 
Fig.  14.  Aspect  de  l'orifice  marqué  en  D  dans  la  figure  10. 
Fig.  15.  Organe  adhésif  du  bord  de  l'entonnoir. 
Fig.  16.  Bouton  adhésif  du  bord  du  manteau. 


Siiùsr  <h  Zool.  T.n.  m)i. 


foubin  ad  nat  pinxit 


L.  Joubin.      ^'éj^ïhalopodes  , 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  III 

Loligo  Picteti. 
Fisr.   I.     Ensemble  de  l'animal  vu  par  la  face  ventrale,  grossi  7  fois  environ. 


RcK  Suisse  de  Zool.  T.n.189^. 


FJM. 


I.  Joubin  ad  mtpinxù 


L. Joiibili,    C'éplialopodes. 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  IV 

Loligo  Picteti. 

Fig.  2.     Vue  du  Sme  bras  dorsal  gauche  grossi  17  fois. 

Hg.  3.     Tentacule  gauche  grossi  17  fois. 

Fig.  4.     Bras  hectocotylisé  grossi  17  fois. 

Fig.  5.     Bras  ventral  gauche,  sans  ventouse,  grossi  17  fois. 

Fig.  6.     Nageoires  abdominales,  vues  par  la  face  dorsale,  grossies  6  fois  environ. 

Fig.  7.     Fragment  de  l'extrémité  du  tentacule  grossi    60   fois  environ,    pour 

montrer  la  disposition  des  ventouses  dans   la   fossette  dentelée  qui 

les  enferme. 
Fig.  8.     Une  ventouse  des  bras  grossie  île  40  à  (JO  fois  selon  le  niveau  oii  on 

l'observe. 
F'ig.  9.     Le  siphon  vu  de  profd. 
Fig.  10.  Le  siphon  ouvert  et  étalé  pour  montrer  les  plis  et   les  glandes  qui  en 

tapissent  l'intérieur. 
Fig.  11.  Une  ventouse  tentaculaire  grossie  400  fois  environ. 
Fig.  12.   Ventouse  de  la  pointe  du  bras,  grossie  environ  Go  fois. 


Rn'.  Suisse  de  Zool.  T.n.ISQi. 


UkAKl.vW,mirim\UT,Fim}riu-t°'l(. 


L.  Joubin       *^  ^^pliulopodé 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  V 

.  1.   BnUiinia  lentuculata,  Liii.,  ouvirons  de  Rennes  (Ille  etVilaine). 

2.  •  Znnion'tisis,  B()iirij;uignat,  le  Doiiro  à  Zamora  (Portugal). 

:î.  .'  Sebelhina.  H.  Blanc,  le  Sebeto  à  Naples  (Italie). 

I.  »  allopoma,  Westerlund,  Villacher-Bad  (Carinlhie). 

.').  »  Tagina,  Sei-vain,  le  Tage  à  Cascaës  près   Lisbonne  | Portugal). 

G.  »  decipiens,  Millet,  l'Erve  prés  Chéméré  (Mayenne). 

7.  »  Stussichiana,  Letourneux,  marais  de  Cressida  à  Corfou  (Grèr.e). 

8.  »  limnoidea,  Servain,  la  Save  à  Sissek  (Croatie). 

9.  "  Letouineuxi,  Bourguignat,  marais  à  l'est  du  canal  de  la  Mah- 

inyoudié  (Egypte). 

10.  >'         Galbeclana,  Castro,  le  Minho  près  Valença  (Portugal). 

11.  .)         Sckweinfurthi,  Bourguignat.  lac  Mœris  au  Fayoua  (Egypte). 

12.  »        parva,  Locard,  Château-Soleil  près  Castellanne  (Bouclies-du- 

Rhône).  [Coll.  Locard.] 

1:î.  »  nmmœcia,  Servain,  l'Elbe  à  Hambourg  (Prusse). 

l'i.  »  Heliopolitana,  Bourguignat,  Baalbeck  (Syrie). 

].').  »  Hispanica,  Servain,  le  Guadalaviar  à  Valence  (Espagne). 

K;.  »  Stramicensis,  Locard,  Crémieu  (Isère).  [Coll.  Locard. j 

17.  »  Hipponensis,  Bourguignat,  environs  de  Bone  (Algérie). 

18.  »  Sebanica,   Bourguignat,  lac   desséché   de  Sébas   (province   de 

Constantine). 
11).         »         pluvacina,  Letourneux,  marais  de  Cressida  à  Corfou  (Grèce). 

20.  •>        iJairilensis.  Graëls,  Saint-Chamas  (Bouches-du-Rhône).   -Coll. 

Locard.] 

21.  »         gravida,  Bay,  environs  de  Troyes  (Aube). 

22.  >         potamieca.  Bourguignat,  gorges  d'Ollioules  (Var). 

23.  »         Michcmdi,  Duval  (var.  major),  l'Erve  près  Chéméré  (Mayenne). 
2i.         »         Blanci,  Bourguignat,  San-Germano  (Italie). 

23.         »        Narentana,  Bourguignat,  la  Narenta  (Dalmatie). 


[1.1894, 


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V  20 


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•benes    del  et  lith. 


A.  Locard.  Bythmie; 


I 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  VI 

Fig.  I.  Bythinia  Lusitanica,  Castro,  le  Minho  entre  Tuy  et  Valença  (Portugal). 

2.  '        pseudamnicola,  Bourguignat,  le  Nil  à  Rosette  (Egypte). 

3.  ■  Calveitina,    Bourguignat,    fossés    à    Ramié    près    Alexandrie 

(Egypte).     . 

4.  »         Hafienmnlleri,  Bourguignat,  lac  Faid-EI-Maïz  près  Bone  (Algérie). 

5.  »         ilysseca,  Letourneux,  la  Kerka  (Dalmatie). 

(t.  »  Lhothelleriei,  Bourguignat,  canaux  près  Alexandrie  (Egypte). 

7.  »  siiccinea.  Locard,  Beyrouth  (Syrie). 

S.  >  Corcyrensis,  Letourneux,  marais  de  (jressida  à  Corfou  (Grèce). 

{).  »  sphœrica,  Bourguignat,  le  Minho  près  Valença  (Portugal). 

10.  »  Carmlhoi,  Castro,  le  Minho  près  Valença  (Portugal). 

11.  »  elegans,  Locard,  le  Lido  près  Venise  (Italie). 

12.  »  Ardiissonica,   Ray,   l'Ardusson  an  Paraclet,   près  Nogent-sur- 

Seine  (Aube). 
l;j.         »        gracilis,  Locard,  Lysimachia,  au  nord  de  Missolonghi  (Grèce). 
14.         >;         subbadiella,  Bourguignat,  lac  Mareotis  (Egypte). 
lo.         ^        Grxca,  Locard,  lac  Copaïs  en  Béotie  (Grèce). 

16.  »        elxm,  Bourguignat,  Bahr-el-Houlé  (Syrie). 

17.  »        socialis,  Westerlund,  concha  d'Oro  près  Palerme  (Sicile.).  [Coll. 

Westerlund.] 

18.  »         Bayonnensis,  Locard.  lac  de  la  Négresse  (Basses-Pyrénées). 

19.  '■         Renei,  Letourneux.  marais  de  Cressida  à  Corfou  (Grèce). 
2().         »        Celtica,  Bourguignat,  la  Vilaine  à  Rennes  (Ille-et- Vilaine). 

21.  »  Damasci,  Bourguignat,  Damas  (Syrie). 

22.  »  viridis.  Letourneux.  marais  de  Cressida  à  Corlou  (Grèce). 

23.  "  Servainiana.  Letourneux,  marais  de  Cressida  à  Corfou  ((jrèce). 

24.  »  Bourlieri,  Bourguignat,  Ouargla  (Algérie). 

25.  »  Balatonica,  Servain,  Hambourg  (Prusse). 

2(>.         »        producta,  Menke,  Saint-Saulge  (Nièvre).  [Coll.  Locard.] 

27.  ■>        Punica,  Hagenmiiller,  lac  Faid-EI-Maïz  près  Bone  (Algérie). 

28.  ï         Alexandrina ,    Bourguignat,     lac    Mareotis    près    Alexandrie 

(Egypte). 


Suisse  de  Zool.TI!,1894 


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A.Locard.  Bythinies. 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  VII 

Fig.  1.       Ceratocarcinm  intermedius  n.  sp. 

la.     Ri'gion  antennaire  et  cadre  buccal,  vus  d'en  dessous. 
ib.     Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 
Fig.  2.       Hyastenus  suhinermis  n.  sp. 

2rt.     Main  gauctie,  vue  par  sa  face  externe. 
Fig.  3.       Micippa  cristata  var.  leevimana  n.  var.    La   main  gauche  vue  par  sa 
face  externe. 
3a  et  36.  Micippa  cristata  var.  granulipes  n.  var.  La  main  gauche  vue  [)ar 
sa  face  externe. 
Pilumniis  Bleekeri  Miers.  Partie  de  la  carapace  vu  d'en  dessus. 
Sphxrocarcinus  cochlearis  n.  sp. 
La  main  gauclie  vue  par  sa  face  externe. 
Dactylopodite  d'une  patte  aml)ulatoire. 
Artma  picta  n.  sp. 

La  main  droite  vue  par  sa  face  externe. 
Lophactœ  multicristata  n.  sp. 
Corps  vu  par  devant. 

Région  antennaire  et  cadre  l)uccal  vus  d'en  dessous. 
Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Ceratoplax  villosa  n .  sp. 

Région  antennaire  et  cadre  buccal  vus  d'en  dessous. 
Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Ceratoplax  leptochelis  n.  sp. 

Région  antennaire  et  cadre  buccal  vus  d'en  dessous. 
Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Capliyrn  natatri.r  n.  sp.  Patte  de  la  dernière  paire. 


Fig. 

4. 

Fig 

5. 

5a. 

56. 

Fig 

6. 

6«. 

Fig 

7. 

la. 

7b. 

le. 

Fig 

8. 

8a. 

86. 

Fig 

1). 

9a. 

96. 

Fig. 

10. 

Rev.  Suisse  de  Zool,  TE  189't. 

I 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  VIII 

FiiT.   11.     Litocheira  quadrispinosa  n.  sp. 

Ma.  Région  antennaire  et  cadre  buccal  vus  d'en  dessous. 
lib.  Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 
F'v^.   12.     Goniocaphijra  spec.  (an  truncatifrons  ?  de  Man.) 

I2a.  Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
P'ig.   13.     Paratelphusa  maculata  de  Man.  Bord  latéro-anlérieur  et  bord  frontal 

de  la  carapace. 
Fig.   14.     Paratelphusa  trideniata  H.  Milne  Edw.  Bord  latéro-antérieur  et  bord 
frontal  de  la  carapace. 
Matuta  Banksii  Leach.  Main  gauche  vue  par  sa  face  interne. 
Sphœrocarcinus  Bedoti  n.  gen.  et  n.  sp. 
Région  antennaire  et  cadre  buccal  vus  d'en  dessous. 
Corps  vu  par  devant. 
Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 

Porcellanella  triloba  White.   Dactylopodite  d'une  patte  ambulatoire. 
Polyonyx  hexagonalis  n.  sp. 
Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 

Pagurus  sigmoidalis  n.  sp.  Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Main  gauche  vue  par-dessous. 
Troisième  patte  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Pagurus  deformis  H.  Milne  Edw.  Main  gauche  vue  par  sa  face  ex- 
terne. 
Main  gauche  vue  par- dessous. 

Myctiris  brevidactylus  Stimpson.  Front  et  yeux  vus  par  devant. 
Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 

Myctiris  longicarpus  Latreille.  Front  et  yeux  vus  par  devant. 
Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 

Alpheus  amboinie.  n.  sp.  Main  gauche  vue  par  sa  face  externe. 
Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 
Patte  de  la  2me  paire. 

Alpheus  t7-identatus  n.   sp.   Portion   antérieure  du  corps,  vue  par 
dessus. 


Pig. 

lo. 

Fig. 

16. 

16a 

166. 

16c. 

Fig. 

17. 

Fig. 

18. 

18a. 

Fig. 

19. 

19rt 

19/; 

Fig. 

20. 

20a 

Fig. 

21. 

21a 

Fig. 

22. 

22a 

Fig. 

23. 

23a 

236 

Rer.  Sni.sse  de  Zool.  TE  JS9i. 


Uûi-ÂRitryfaRai,>/ùiztT,  F'i- 


L.  ZehntneK-    C-nistacés. 


I 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  IX 

Fig.  :2o.  Paraxins  Picteti  n.  sp. 

2o«.  Partie  antérieure  du  céphalothorax,  vue  par-dessus. 

236.  Main  droite  vue  par  sa  face  externe. 

25c.  Main  de  la  2'ne  paire  de  pattes. 

2od.  Propodite  et  dactylopodite  de  la  3me  paire  de  pattes. 

25e.  Nageoire  caudale. 

Fig.  26.  Philonicus  cervicalis  n.  sp. 

26a.  Partie  antérieure  du  corps,  vue  de  profil. 

266.  Mandibule  gauche. 

26c.  Deuxième  patte-mâchoire  gauche. 

Fig.  27.  Palxmonella  amhoinensis  n.  sp. 

27a.  Rostre  frontal  vu  de  prolil. 


Rev.  Suisse  deZooi.  T.ïï  JSO^j-. 


Pl.IX. 


Ml  Amt  V.  Werni^S.  Wuiter.  FroJikfiin  fM 


L.Zehntner.    C  rus  tac  é; 


Ta  fol    X. 

FIGURENERKL^RUXG 

Aile  Schnitte  sind  mit  dein  Zeiohuungsapparat  von  Abbé  gezoiehiiet. 

Fig.  1.  ,,  Krystalloïde  "  von  Mesostoma  lingua  0.  Sch.  a  im  oplischeii 
Durchschnitt  gesehen,  b,  c  uiid  d  gewohnliche  Ansiclit. 

Fig.  2.  Infusorium  aus  dem  Parenchym  von  Stenostoma  leiicops  0.  Sch.  a  von 
vorn,  6  von  der  Seite  gesehen. 

Fig.  3.  Liingsschnitt  durch  den  Parasiten  der  Piiaryngealtasche  von  Planaria 
gonocephala  Dugès. 

Fig.     4.  JNesselkapseln  von  Microstovia  lineare  Oe. 

Fig.  5.  INesselkapseln  von  Microstoma  lineare  Oe.  a  ruhende,  h  abgeschossene 
JNematocyste,  c  ein  Zwischenstadium. 

Fig.     6.  Epidermis  mit  Tasihaaren  von  Microstovia  lineare  Oe. 

Fig.     7.  Microstoma  cana  nov.  spec. 

Fig.     8.   Wimpergriibchen  von  Microstoma  cana  nov.  spec. 

Fig.  9.  Sogenanntes  ,,  .schiisselformiges  Organ  "  von  Stenostoma  agile  SiUi- 
man. 

Fig.  10.  Stenostoma  /ei<cops  mit  Ovarien.   o?i  Ovarien. 

Fig.  11.  (iehirn  und  Augen  von  Mesostoma  Ehrenhergii  0.  Scii.  im  Flachen- 
schnitt.  glz  Ganglienzellen,  sp  spongioplasmatisches  Nelzwerli  des  Gehirn- 
ganglions,  ni  Xervns  laterahs.  nly  iVervus  longitudinalis,  Rb  Pigment- 
becher,  gl  gangliose  AnschwelUing  am  Faserhailen  des  Retinakolbens, 
RK  Faserbailen  des  Retinakolbens,  RKst  Stabchenschicht  des  Retina. 

Fig.  12.  Mesostoma  minimum  nov.  spec. 

Fig.  13.  Mesostoma  perspicuum  nov.  spec. 

Fig.  14.  Spermatozoen  von  Mesostoma  perspicimm  nov.  spec. 

Fig.  15    Mesostoma  segne  nov.  spec. 

Fig.  16.  Spermatozoen  von  Mesostoma  segne  nov.  spec. 

Fig.  17.  Epidermiszellen  von  Mesostoma  segne  nov.  spec. 

Fig.  18.  Langs.schnitt  durch  den  Pharynx  von  Mesostoma  segne  nov.  spec. 
Ep  Epidermis,  m  Muskelfasern,  Pt  Pharyngealtasche,  ho  Lippenwuist  des 
Pharynx,  Pep  Epithelauskieiduiig  des  Pharynx,  vs  vorderer  Schhessmuskel, 
lis  hinterer  SchUessmuskei,  Oe  Oesophagus,  Dz  Darmzelle,  Al  Atrium- 
wand,  Pdi-  Penisdriise. 

Fig.  19.  Lângsschnitt  durch  den  Pénis  von  Mesostoma  segne  nov.  spec.  m  mus- 
kulcise  Wand  des  Pénis,  k  Kornersekret,  Sp  Sperma,  Pz  Parenchymzelle, 
T  chitiniise  Auskleidung  des  Pénis. 

Fig.  20.  Querschnitt  durch  die  Samenblase  des  Pénis  von  Mesostoma  segne  nov. 
spec.  dm  Lângsmuskeln,  Du  Diagonalmuskuhitur.  Sp  Sperma,  K  Korner- 
sekret, Er  Epitheirest. 


Fig.  21.  Querschitt  durcli  den  ausfiihreriden    Teil  des  Pénis    von  Mesostoma 

segne  nov.  spec. 
Fig.  22.  Spermatozoon  von  Mesostoma  annatum  nov.  spec. 
Fig.  23.  Langssclinitt  durch  den  Pénis  von   Mesostoma  armatum  nov.    spec. 

W  Waiidung  der  Samenblase,   ch  Chitinrôhre,  Bz  Borstenzâhne,  Z  Chitin- 

zahn,  C  Cocon  durch  die   Eiiiwirkung  der  Reagentien  gesclirumpft,  der 

umschliessende  Utérus  {Ut)  ist  in  natiirlicher  Lage  verblieben. 
Fig.  24.  Chitinteile  des  Pénis  von  Mesostoma  annatum  nov.  spec.  in  natiirlicher 

Lage  von  der  Riickenseite  gesehen. 
Fig.  2o.  Lângsschuitt  durch  das  Auge  von  Bothromesostoma  personatum  0.  Sch. 

gz  Ganglienzeilen,  G  Gehirnganglion,   Pi  Pignientbecher.   BKst  Stabchen- 

schicht  der  Retina,  Rk  Faserbalien  des  Retinakolbens. 
Fig.  26.  Querschnitt  durch  zwei  kopulirende  Individuen  von  Bothromesostoma 

personatîim  0.  Sch.  P  Pénis,  Sp  Sperma,  Bc  Bursa  copulatrix,  At  Epithel 

des  Atriums,   H  Hoden,   D  Dotterstocke^  Pi  Pigment,   Stz  Stâbclienzelle, 

Ph  Pharynx,  Da  Darm. 
Fig.  27.  Spermatozoen  von  Bothromesostoma  personatum  0.  Sch.  a  normal, 

b  u.  e,  durch  die  Einwirkung  des  Wassers  veràndert. 


Rrr.  Suisse  (Ir /ûoL  T.U.  JS9^. 


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O.Fuhrnuuui.     l'ui-bellnria . 


Tafel     XI. 
FIGURENERKL.'ERUNG 

Aile   Schnitte  sind  mit  dem  Zeichnungsapparat  von   Abbé  gezeichnet. 

Fig.  28.  Wassergefasssysteiii    von    Vorteoc  Schmidtii   Graff.    0   Ausnitindungs- 

ôffnung,  C  Ei,  Spd  Spiunclruse  der  Schwanzspitze. 
Fig.  29.  Pigmentbecher  des  Auges  von  Vortex  Iriquetrus  nov.  spec. 
Fig.  30.  Epidermiszellen  und  die  diesen  aufliegenden  Langsmuskelbander  des 

Hautmuskelschlauches  von  Vortex  triquetrus  nov.  spec. 
F'ig.  31.  Teil  eines  Lângsschnittes  durch  Pharynx,  Oesophagus  und  Darm  von 

Vortex  triquetrus  nov.  spec.   Ph  Pharynx,   0  Epithel  des  Oesophagus,  Orn 

Muscularis  des  Oesophagus,  Sp  Speicheldriise,  D  Darmzelle,  Dr  Driisenzelle. 
Fig.  32.  Chitinoser  Teil  des  Pénis  von  Vortex  triquetrm  nov.  spec. 
Fig.  33.  Oviduct  und  Receptaculuni  seminis  von   Vortex  triquetrus  nov.  spec. 

Oc  Oviduct.  Rs  Receptacuhim  seminis. 
Fig.  34.  Geschlechtsoffnung  von   Vortex  triquetrus  nov.  spec.   Sph  Sphincter, 

B  Radiarmuskehi,  Dr  Driisenzeilen. 
Fig.  35.  Sperniatozoon  von   Vortex  fuscus  nov.  spec. 
Fig.  36.  Chitinoser  Pénis  von  Vortex  fiiscus  nov.  spec. 
Fig.  37.  Cocon  von  Vortex  Graffii  Hallez? 
Fig.  38.  Teil   des   Pharynx   von    Vortex    Graffii   Hallez?    mit    fmgerfôrmigen 

Fortsâtzen. 
Fig.  39.  Geschlechtsorgane  von   Vortex  Graffii  Hallez?  in  Copulationsstellung. 

Ep  Epiderniis,   Bc  Bursa  copulatrix,  P  Pénis,  S  Samenblase,  K  Kôrner- 

sekret.  Sp  Sperma. 
Fig.  40.  Stiick  des  Dotterstockes  von    Vortex   ruber  nov.   spec,  nach  einem 

Quetschprâparat  gezeichnet. 
Fig.  41.  Kopf  von   Vortex  ruber   nov.    spec,    nach    dem    Leben   gezeichnet. 

G  Gehirn.  Pi  Pigmentbecher  des  Auges. 
Fig.  42.  Chitinoser  Pénis  von  Vortex  ruber  nov.  spec 
Fig.  43.  Chitintrichter  des  Pénis  von  Vortex  infuyidibuliformis  nov.  spec. 
Fig.  44.  Epidermis  von  Derostoma  unipunctatum  Oe.  nach  dem  Leben  gezeich- 
net. 
Fig.  43.  Spermatûzoon  von  Derostoma  unipunctatum  Oe. 
Fig.  46.  Derostoma   cxcum    nov.    spec    0  AusmiindungsofTnung  des    Wasser- 

gefâsssystems,    C   Ei,    G    Gehirn,    P    Pénis,     Ge  Geschlechtsoffnung,    H 

Hoden,  D  Darni,  P  Pharynx. 
Fig.  46a.  Querscimitt  durch  den  Hinterteil  des  Korpers   von  Derostoma  caecum 

nov.  spec 
Fig.  47.  Stabchen  von  Derostoma  cxcum  nov.  spec. 
Fig.  48.  Driisenzeilen  des  Darmes  von  Derostoma  csecum. 


Fig.  49.  Qnerschnitt  durch  die   Epiderniis  von   Derostoma  cœcum  nov.    spec. 

if  Kern,  F  Vacuolen.  B  Basilarmembran,  H  Hantmuskelschlauch. 
Fig.  50.  Querschnitt  durch  den  Korper  von  Derostomum  csecum  nov.  spec.  iu 

der  Gegend  der  Geschleclitsorgane.   Ep  Epiderniis,  a   Lângsniuskeln,    D 

Darm,  Dr  Darmdrusenzelle,  H  Hoden,  Do  Dotterstocke,  il<  Atriumepithel, 

P  Pénis,  Pd  Penisdriisen. 
Fig.  ol.  Querschnitt   durch   den   hinteren   Korperleil    von    Derostoma  aecum, 

D  Darm,  H  Hoden,  Do  Dotterstocke. 
Fig.  o2.  Langsschnitt  durch  den  Pénis  von  Derostoma  reecum  nov.  spec.  HMus- 

cularis  der  Samenblase,    Sp  Sperma,   K  Kornersekret,   Sch   Scheidewand 

zwischen   Vesicula   seminah's  und  granulorum,  Ch  Chitinauskieidung  des 

Pénis,  At  Atriumwandung.  Dok  Dotterkôrner,  Pa  Parenchyni,  Dr  Dnïsen- 

zelle. 
Fig.  53.  Chitinbekleidung  des  Pénis  von  Derostoma  cœcum  nov.  spec.  a  iin 

Durchschnitt,  b  in  der  Aufsiclil  gesehen. 
Fig.  54.  Spermatozoen  von  Derostoma  cœaim  nov.  s[tec.  a  normal,   b   durch 

die  Einwirkung  des  Wassers  veriindert. 
Fig.  00.  Spermatozoen  von  Planaria  gonocephala.    a  normal,  b  und  c  durch  die 

Einwirkumr  des  Wassers  verândert. 


Hev  Suisse  ,1c /ool.   TH.   /S94. 


O.Ful 


■bell.-u-icK 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XII. 

Fig.  1.  Arion  empiricorum.  Glande  pétlieuse.  a,  itorlion  glandulaire —  b,  îanal 
excréteur  — c,  face  interne  du  pied  —  d,  parois  latérales  du  corps  —  e, 
masse  buccale  rejetée  en  avant.  Grand,  nat. 

Fig.  2.  Limax  cineveus.  Portion  de  la  glande  pédieuse.  Mêmes  lettres  que  ci-des- 
sus. Gross.  5  fois. 

Fig.  3.  Succinea  amphibia.  Coupe  sagittale  du  pied,  a  et  6,  comme  ci-dessus  —  g, 
sole  du  pied  —  h,  sillon  prébuccal.  Gross.  6  fois. 

Fig.  4.  Hélix  acuta.  Coupe  transversale  de  la  partie  antérieure  du  pied,  a  et  a' , 
masses  supérieures  —  b,  leur  débouché  dans  le  canal  -—  c,  lumen  du  canal 

—  d,  cellules  glandulaires  —  e,  lacune  sanguine  —  f,  épithélium  externe 

—  g,  pied  —  h,  masse  buccale  —  i,  cavité  du  corps.  Gross.  30  fois. 

Fig.  5.  Hélix  aspersa.  Coupe  transversale  du  canal  de  la  glande  dans  sa  partie 
postérieure,  a,  lumen  du  canal  —  b,  sillon  longitudinal  —  c,  bourrelet  lon- 
gitudinal —  d,  méats  intercellulaires  —  e,  cellule  glandulaire  —  f,  épitbé 
lium  des  plis  du  plafond  (cilié  chez  cette  espèce)  — -  g,  cellules  rondes  rem- 
plissant les  plis  —  h,  épitliélinm  des  côtés  —  i,  fibres  conjonctives.  Gross, 
150  fois. 

Fig.  6.  Clausilia  plicata.  Coupe  transversale  du  pied,  partie  antérieure,  a,  lu- 
men du  canal  —  b,  cellules  glandulaires  —  d,  pied  —  e,  lacune  sanguine  — 
(/.épithélium  externe.  Gross.  30  fois. 

Fig.  7.  Clausilia  plicata.  Coupe  transversale  du  pied,  partie  postérieure,  a,  b,  d, 

e,  g,  comme  dans  la  fig.   précédente  —  e'  grande  lacune  sanguine  contenant 
du  sang  coagulé,  séparée  en  deux  par  le  diaphragme  f  —  h,  artère  pédieuse 

—  c,  nerfs  pédieux  —  k,  muscles  longitudinaux  du  pied.  Gross.  30  fois. 
Fig.  8.  Zonites  cellarius.  Coupe  transversale  du  pied  contracté,  partie  antérieure. 

a,  partie  antérieure  du  canal  de  la  glande  recourbée  en  haut  et  en  arrière 

—  a',  partie  du  canal  dans  sa  position  normale  —  b,  portion  glandulaire. 
Gross.  20  fois. 

Fig.  9.  Vitrina  pellucida.  Coupe  transversale  du  canal  de  la  glande,  a,  épithé- 
lium des  bourrelets  —  b,  cellules  rondes  sous -jacen tes —  c,  cellule  déformée 
des  méats  —  d,  méat  intercellulaire  —  e,  cellule  épithéliale  à  vacuole  — 

f,  lame  conjonctive  —  g,  lumen  du  canal.  Gross.  230  fois. 

Fig.  10.  Clausilia  plicata.  Coupe  transversale  du  canal  de  la  glande,  partie 
moyenne,  a,  lumen  du  canal  contenant  du  mucus  coagulé  avec  des  granula- 
tions —  6,  épithélium  du  plafond  —  c,  épithélium  vibratile  du  plancher  —  d, 
sillon  longitudinal  avec  les  méats  —  e,  une  cellule  des  méats.  Gross.  230 
fois. 

Fig.  H.  Teslacella  haliotidea.  Coupe  transversale  de  la  glande,  partie  moyenne. 
a,  épithélium  du  canal  excréteur  —  b,  cellules''glandulaires  —  e,  lame  conjonc- 
tive —  d,  lumen  du  canal  (les  éléments  épithéliaux  et  glandulaires  n'ont  pas 
été  représentés  partout).  Gross.  100  fois. 

Fig.  12.  Teslacella  haliotidea.  Schéma  du  cœcum  de  la  glande  pédieuse. 

Fig.  13.  Limax  cineveus.  Cellules  des  bourrelets  longitudinaux  (macération  dans 
bichromate  de  potasse  et  acide  osmique).  En  6  et  o  les  contours  seuls  des 
cellules  ont  été  représentés.  Gross.  900  fois. 


Rev.  Suisse  de  Zool.  T.  II.  /6W^. 


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MUUramare  ~î3Jl 


E.André.  Glande  pédieuse 


Imp  Jv.les  Rey  Genève 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XIII. 

Fig.  l.  Hélix  aciita.  Coupe  transversale  du  pied,  partie  médiane,  a,  cellules 
glandulaires'dans  différentes  périodes  de  sécrétion  —  6,  méats  —  c,  lumen 
du  canal  —  d,  artère  pédiense  —e,  lacune  sanguine  —  f,  pied  —  g.  épittié- 
lium  externe,  (iross.  oO  fois. 

Fig.  2.  Limax  cinereus.  Quatre  cellules  des  méats  dans  leur  position  normale 
(macération  dans  acide  osmique  el  bichromate  de  potasse).  Gross.  800 
fois. 

Fig.  3.  Schéma  d'un  méat  du  fond  du  sillon  (voir  p.  301). 

Fig.  4.  Vitrina  pellucida.  Cellule  épithéliale  à  vacuole  ouverte.  Gross.  400 
fois. 

Fig.  o.  Hélix  lapicida.  Différents  types  de  cellules  glandulaires  à  vacuole  (sur 
le  frais).  Gross.  400  fois. 

Fig.  6.  Arion  empiricorum.  Cellule  glandulaire  ordinaire  (sur  le'  frais).  Gross. 
450  fois. 

Fig.  7.  Limax  marginatus.  Epithélium  des  côtés  du  canal  excréteur  (d'après 
une  coupe).  Gross.  4oO  fois. 

Fig.  8.  Vitrina  pellucida.  (^lellules  glandulai.ies  ordinaires,  a,  pleine  de  granida- 
tions  —  b,  au  repos  (sur  le  frais).  Gross.  250  fois. 

Fig.  9.  Limax  marginatus.  Cellule  glandulaire  ordinaire  au  repos  (sur  le  frais). 
Gross.  450  fois. 

Fig.  10.  Snccinea  amphibiu.  Cellule  épilhéiiale  du  plafond  du  canal  (macération 
dans  acide  borique).  Gross.  1000  fois. 

Fig.  M.  Hélix  obvoluta.  Cellule  épithéliale  du  jdafond  du  canal.  Même  traitement 
et  même  grossissement  que  ci-dessus. 

Fig.  12.  Succinea  amphtbia.  Cellules  glandulaires  ordinaires,  a,  pleine  de  granu- 
lations —  b,  avec  le  réseau  et  quelques  granulations  —  c,  au  repos  (sur  le 
frais).  Gross.  250  fois. 

Fig.  13.  Arion  empiricorutn.  Embryon  de  23  jours.  Coupe  transversale  de  la 
glande  pédieusedans  sa  partie  antérieure,  a,  lumen  du  canal  —  b,  epithélium 
du  plancher  —c,  cellule  conjonctive  se  transformant  en  élément  glandulaire 
—  d,  cellules  conjonctives  du  pied.  Gross.  220  fois. 

¥\g.  14.  Vitrina  pellucida.  Formes  de  passage  entre  la  cellule  conjonctive  a  et 
la  cellule  glandulaire  d  (sur  le  frais).  Gross.  250  fois. 

Fig.  15.  Hélix  pomatia.  Stade  intermédiaire  entre  l'élément  conjonctif  et  la  cel- 
lule glandulaire  (vert  de  méthyle  acétique).  Gross.  501)  fois  (la  lithographie 
n'a  pas  rendu  exactement  le  réseau  cellulaire  et  le  réseau  nucléinien). 

Fig.  16.  Limax  cinereus.  Injection  du  canal  de  la  glande,  a,  canal  — 6,  portion 
glandulaire.  Gross.  5  fois. 

Fig.  17.  Limax  cinereus.  Face  interne  du  pied  injecté,  a,  glande  pédieuse  —  b, 
masse  buccale  —  c,  lacunes  du  pied  —  d,  paroi  du  corps.  Grand,  nat. 

Fig.  18.  Hélix  pomatia.  Coupe  transversale  du  pied  injecté  a,  lumen  du  canal 
de  la  glande  —  b,  partie  glandulaire  —  c,  artère  pédieuse  —  d,  paroi  infé- 
rieure de  la  cavité  du  corps.  Gross.  60  fois. 


lier  Siusse  cù  Zca/.Y.V/.Am. 


pixm. 


M.  Aruùv,  a!d. 


Ed.  Ûlira^nare^,  liai. 


E.André,  Glande  pédiouso. 


i 


Ta  tel     >>.1V. 


FlGl  HE.NEHKL.EIUNG 

Allé  Figuren  beziehen  sicli  auf  Limiiicythere  Deocoviensis  n.  ap. 


Fig. 

1.  Schale. 

Fig. 

±.  Struktur  der  Schalentlache. 

Fig. 

3.  Stniktiir  des  Sclialenraudes 

Fig. 

4.  Antenne  1. 

Fig. 

0.  Antenne  II. 

Fig. 

0.  Mandibel. 

Fig. 

7.  Maxille. 

Fig. 

8.  Fuss  I. 

Fig. 

9.  Fuss  II. 

Fig. 

10.  Fuss  III. 

Fi-. 

M.  Hinterleibsende. 

r 

l 


Rcy.  Suisse  cie  Zool.  TH.  189'^ 


PU¥. 


Zschokke  del. 


Ed  OJtràntare  hth 


F.  Zschokke.  Lirnnicvthere 


I 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XV 

a  ==  anus. 
a,  c  =  appendice  caudal. 
c.  c  =  couronnes  ciliaires. 
c,  s  =  cil  sensoriel  frontal. 

f  :=  segments  festonnés  de  la  région  post-ciliaire. 
i  =  tube  intestinal. 
l,e,d  =  lobe  céphalique  dorsal. 
/,  c,  V  =^  lobe  céphalique  ventral. 
n  =  néphridies. 
r,  p  =  région  parapodiale. 
*',  p,  c  =  région  post-ciliaire. 

s,  c,  c  =  segment  ailiforme  répondant  aux  couronnes  ciliaires. 
p,  c,  V  =  pinceau  de  cils  vibratiles  marquant  l'orifice  des  néphridies. 
s,  p  =  soies  parapodiales. 

t  =  tentacules. 
t,  0  =^  taches  oculaires. 


Fig.  1.  Stade  A.  .leune  larve  de  Chétoptère  ;  face  dorsale. 

Fig.  la.       »  Id.  face  ventrale. 

Fig.  16.  Région  céphalique  d'un  stade  larvaire  un  peu  plus  jeune  ;  face  dorsale. 

Fig.  2.  Stade  B.  Larve  de  Chétoptère  à  un  stade  plus  avancé  ;  face  dorsale. 

Fig.  ,3.  Stade  C.  Même  larve  plus  âgée  ;  face  dorsale. 

Fig.  4.  Stade  D.    Ménie   larve    plus  avancée   dans  son   développement  ;   face 

dorsale . 
Fig.  o.  Région  céphalique  d'un  stade  un  peu  plus  âgé  montrant  la  régression 

des  taches  oculaires  ;  face  dorsale. 
Fig.  6.  Stade  E.  Même  larve  plus  âgée  ;  face  dorsale. 
Fig.  7.  Stade  F.  Même  larve  encore  plus  âgée;  face  dorsale. 
Fig.  7a.  Soie  dorsale  du  stade  précédent. 

Fig.  la'.  Hampe  striée  de  cette  soie  dorsale  vue  à  un  plus  fort  grossissement. 
Fig.  76.  Soie  ventrale  du  stade  F. 

Toutes  ces  figures  —  à  l'exception  de  la  fig.  la'  —  ont  été  dessinées  avec  le 
même  grossissement,  soit  SO  diamètres  environ. 


ReF.  Suisse  de  Zool.  l'Jl.  -/^^4. 


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F.dBérajieck,del. 


Ed-  OItramareJith 


Ed.  Béraiiock. Chaetopt.oriis. 


EXPLICATION  DES  PLANCHKS 

Légende:  1-10,  segments  de  rahdomen  suivant  leur  niunéro  d'ordre.  — 
9t  neuvième  segment  ventral  (ou  plaque  sous-génitale,  chez  le  mâle).  —  z  dixième 
lergite.  —  vs  son  prolongement  formant  la  valvule  supérieure  de  l'anus  ou 
plaque  suranale.  —  vi  valvules  inférieures  de  l'anus.  —  c  cerci.  —a  appendices 
anaux.  —  Su  valves  inférieures  de  l'oviscapte.  —  9o  valves  supérieures  de 
rovisca[»te. 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XVI. 

Fig.  1-7.   GnjUotalpa  vulgarisL. 
^Fig.     1.  L'extrémité  de  l'abdomen  9)  face  ventrale. 

Fig.    2.  »  •          cT,  » 

Fig.  3.  Le  pénis  du  mâle,  vu  en  dessus.  —  y;  sa  partie  charnue.  — 
/■fossette  de  sa  base.  —  gi  sillon  longitudinal.  —  6  branche 
Irans verse  de  l'ancre  corné.  —  s,  r  les  deux  cornes  latérales  de 
celte  branche  (Cp.  fig.  4,  5).  —  i  l'extrémité  de  la  brandie  longi- 
tudinale de  l'ancre.  —  t  les  titillateurs  (cp,  fig.  6). 

Fig.  4.  L'ancre  cornée  du  pénis  vue  en  dessus.  —  6  sa  branche  transverse. 
—  r.  s  ses  cornes  terminales.  —  o  sa  branche  longitudinale. 
Cette  branche  étant  courbée,  elle  n'apparaît  sur  la  fig.  3  (i)  (]u'en 
fort  raccourci. 

Fig.     5.  La  même  vue  en  dessous. 

Fig.  (i  Les  titillateurs  vus  en  dessus.  —  c  leur  partie  postérieure  dilatée 
en  cuilleron.  —  e  leur  partie  antérieure  engagée  sous  la  branche 
litiiL'itudinale  de  l'ancre.  (Sur  la  fig.  3  on  ne  voit  que  leur  partie 
liostérienre  c). 

Fig.     7.  Un  tilillateur  vu  de  profil. 
Fig.  8-14.  Gryllotalpa  afrirana,P.-B. 

Fig.  H.  L'extrémité  de  l'abdomen  cf,  face  dorsale.  —  z  dixième  lergite.  — 
vs  valvule  supérieure  de  l'anus  ou  plaque  suranale.  —  vi  val- 
vules intérieures  de  l'anus.  —  c  cerci. 

Fig.  9.  L'extrémité  de  l'abdomen  cf  vue  par  derrière  et  ouverte.  —  Lettres 
comme  pour  la  fig.  8.  —  n  anus.  —  m  membrane  sous-anale 
(correspondant  peut-être  au  iO™e  tergite).  —  Si  huitième  seg- 
ment ventral  déplié.  —  f  neuvième  segment  ventral  ou  plaque 
sous 'génitale.  —  p  partie  charnue  du  pénis. 

Fig.  10.  Le  pénis  vu  en  dessus.  —  p  partie  charnue.  —  h  ancre  corné.  — 
0  sa  branche  longitudinale.  —  v  corps  charnus. 

Fig.  11.  Le  même  vu  en  dessons. 

Fig.  12.  Le  même  vu  de  profil. 

Fig.  13.  Les  titillateurs,  ici  soudés  en  une  seule  pièce,  [cp  tlg.  6.) 

Fig.  14.  Le  titillateur  droit  vu  de  profil. 
Fig.  15,  16.  Scapteriscus  didactijhis  L. 

Fig.  lo.  L'ancre  cornée  du  pénis  (notations  connue  [lour  les  lig.  4,  o). 

Fig.  16.  Un  titillateur. 
Fig.  17-19.  Genre  Cijlindrodes  (Q  ?) 

Fig.  17.  L'extrémité  de  l'abdomen,  face  dorsale. 

Fig.  18.  La  même,  face  ventrale.  —  :  le  lOme  tergite  très  peu  apparent, 
prolongé  au  milieu  pour  former  la  plaque  suranale. 

Fig.  19.  L'extrémité  de  l'abdomen,  face  ventrale,  dont  on  a  enlevé  les  8"'« 
et  Qrae  ventrites.  —  vs  valvule  supérieure  de  l'anus  (plaque  sur- 
anale). —  6  bourrelet  charnu  terminé  par  deux  pointes  cornées. 
Fig.  2!)-24.  Tridaclylus  variegatus. 
'  Fig.  20.  Les  deux  derniers  segments  ventraux  de  l'abdomen  (8rae  et  9">e) 
vus  en  dessous.  9-^ —  «  annexe  du  8me  ventrite  (fendu).  —  o  le 
dernier  segment  partagé  par  un  sillon. 

Fig.  21.  L'extrémité  de  l'abdomen,  soit  le  segment  anal  (10"'e  segment)  9^ 
vu  en  dessus.  —  z  dixième  tergite  prolongé  au  milieu  entre  le 
cerci  pour  former  la  plaque  suranale  et  comprimé.  —  c  cerci.  — 
a  appendices  anaux. 

Fig.  22.  Id.  vue  de  profil.  —  oi  valvule  anale  inférieure  droite.  —  x  plaque 
chitinisée. 

Fil.'.  %\.  Id.  cf  vue  en  dessous,  a[)rès  l'enlèvemenl  de  la  plaque  sous-génitale 
(9'ne  ventrite)  pour  montrer  que  les  appendices  anaux  inférieurs  a 
ne  sont  que  des  prolongements  des  valvules  inférieures  de 
l'anus  vi. 

Fig.  24.  Id.  vue  en  dessus.  —  vs  plaigne  suranale. 


Rev.  Suisse  de   ZooJ.  T.H.ISO^ 


PlanchoX\I 


Sd- 

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fe 

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Zehntner  del. 


(lo  Saussure  /f^;  Zeh Ri aoi-    .     G  rvll(>tal|>ipn  s 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCIIK  XVIL 

Fig.  25-34.  Rhipipteryx  mexirana  Sss. 

Fig.  25.  L'extrémité  de  l'abdomen  9»  t^'ce  dorsale.  — c  cerci.  — «  appen- 
dices anaux.  — 8m  valves  inférieures  de  Toviscapte.  —  9()  valves 
supérieures  de  l'oviscapte. 

Fig.  26.  Id.  face  ventrale  (mêmes  notations  que  pour  la  lig.  25). 

Fig.  27.  Id.  de  prolil.  —  Si  plaque  sous-génitale  dépendant  du  Hmesternite. 

Fig.  28.  L'extrémité  de  labdomen  cf,  face  dorsale.  —  vs  plaque  suranale 
a\ ec  ses  annexes  latéraux.—  9i  plaque  sous-génitale  (9me  ventrite). 

—  *  plaques  ctiitinisées. 

Fig.  29.  La  lurnie,  face  ventrale. 

Fig.  30.  La  même  de  profil. 

Fig.  31.  Le  segment  anal  9  (1<>"'®  segment)  vu  en  dessus,  ouvert,  déplié  et 
un  peu  déprimé.  —  /  parties  latérales  du  10'"e  tergite  (=  z. 
fig.  8,21.  24).  — rare  corné  unissant  les  parties  latérales.  — 
vs  plaque  suranale  (valvule  anale  supérieure).  —  ri  valvules 
anales  inférieures  portant  les  appendices  anaux  a.  —  i  tube 
intestinaL 

Fig.  32.  Id.  vu  en  dessous,  disséqué  pour  montrer  le  tube  intestinal  i.  — 
L'arceau  corné  r  est  vu  par  transparence  à  travers  le  rectum. 

Fig.  33.  Id.  vu  en  dessous,  le  9me  segment  ventral  étant  enlevé. 

Fig.  34.  Le  segment  anal  cf  vu  par  derrière,  ouvert  et  fortement  comprime 
(déformé),  pour  montrer  les  plaques  cornées  de  la  membrane  qui 
unit  les  difïerentes  parties  du  segment — *  plaque  en  forme  de 
crochet. 

Fig.  35.  ;i6.  Rhipipteryx  ryanipennis  Sss.  d*. 

Fig.  35.  L'extrémité  de  l'abdomen  vue  par  sa  face  dorsale.  —  9s  neuvième 
tergite  déplié  et  relevé,  vu  par  son  bord  supérieur  (soit  son  bord 
postérieur  relevé).  —  9i  plaque  sous-génitale. 

Fig.  36.  Id.  vue  de  profil. 

Fig.  37.  L'extrémité  de  l'abdomen  du  Rh.  forceps  Sss.  cf.   —  vs  plaque  sur- 
anale, ou  valvule  .supérieure  de  l'anus.  — 9i  plaque  sous-génitale. 

—  c  cerci.  —  a  appendices  anaux. 


Rev.  Suisse  deZool.  TJI.  189h: 


FIciiicheX\lI. 


Zekatner  -iel 


clf  Saussure  1-.  Zehntncr  Gi'vllotalpiens 


! 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XVIII 


Fii;.  I.  Misgurnus  fossilis.  Graiidoiir  douhle.  Face  latérale  de  la  région  du 
cou.  la  |)eau  est  enlevée,  a  muscle  latéro-dorsal,  h  uuiscle  latérn-veiitral, 
(•  vessie  natatoire,  d  nageoire  pectorale,  e  nerf  latéral. 

Fig.  2.  Mugurnus  fossilis.  Face  antérieure,  vessie  natatoire  osseuse,  grossie 
'i  fois,  a  vessie,  b  extrémité  de  la  seconde  cote,  c  première  côte,  d  première 
vertèbre,  e  canal  par  lequel  passent  les  vaisseaux  sanguins. 

Fig.  3.  Misgurnus  fossilis.  Face  postérieure  de  la  vessie  natatoire  osseuse, 
grossie  4  fois,  a  vessie,  b  extrémité  de  la  .seconde  côte,  t- ouverture  latérale, 
d  ouverture  [)Ostérienre  par  laquelle  passe  le  pédoncule  de  la  vésicule, 
e  face  postérieure  de  la  troisième  vertèbre. 

Fig.  4.  Misgurnus  fossilis.  Face  latérale  de  la  ve.ssie  natatoire  osseuse,  grossie 
4  fois,  a  vessie,  b  extrémité  de  la  seconde  côte,  c  première  côte,  d  ouver- 
ture latérale,  e  côte  de  la  troisième  vertèbre,  /"première  vertèbre,  7  seconde 
vertèbre,  h  troisième  vertèbre. 

Fig.  5.  Misgurnus  fossilis.  Coupe  transversale  de  la  paroi  de  la  vessie  nata- 
toire, a  enveloppe  fibreuse  externe,  b  enveloppe  lihreuse  interne,  <■  pilier  de 
tissu  conjonctif,  d  travée  de  substance  osseuse,  e  cavité  à  plusieurs  nucleus. 
/'ostéoblasles,  gi  feuillet  externe  de  la  capsule  interne,  h  traînées  conjonc 
tives  reliant  la  capsule  osseuse  à  la  capsule  membraneuse,  i  feuillet  interne 
de  la  capsule  membraneuse,  k  tissu  intermédiaire.  Verick.  oc.  )!,  obj.  2. 

l-'ig.  6.  Misgurnus  fossilis.  Coupe  antéro- postérieure  de  la  moitié  postérieure 
de  la  vessie  natatoire,  grossie  24  fois,  a  vésicule,  b  glande,  c  pilier  de  tissu 
conjonctif  reliant  la  glande  au  tube  digestif,  d  couclie  des  muscles  transxpr- 
saux  du  tube  digestif,  e  muscles  longitudinaux,  /'  muqueuse  intestinale, 
g  vaisseaux  sanguins,  h  capsule  osseuse,  ik  capsule  membraneuse. 

Fig.  7.  Misgurnus  fossilis.  Coupe  transversale  à  travers  la  paroi  de  la  vési- 
cule. Verick.  oc.  .'{,  obj.  2.  a  membrane  péritonéale.  b  réseau  tibro-cartila- 
gineux,  c  tissu  tibreux  interne. 

Fig.  H.  Misgurnus  fossilis.  Coupe  de  la  paroi  d'un  aciiii  glandulaire.  Verick. 
oc.  3.  obj.  6.  a  tissu  conjonctif  environnant,  b  noyaux  de  la  paroi  externe 
r,  d  cellules  glandulaires,  e  mucus  remplissant  en  partie  la  cavité  de  l'acini. 

Fig.  l>.  Cobitis  taenia.  Face  antérieure  de  la  vessie  natatoire,  grossis  8  dia- 
mètres, a  vessie.  /)  première  côte,  c  colonne  vertébrale. 

Fig.  10.  Cobitis  taenia.  Face  latérale  de  la  vessie  natatoire,  gross.  8  diamètres. 
a  ouverture  latérale  de  l;i  vessie  r.  b  première  côte,  d  seconde  côte,  e  co- 
lonne vertébrale. 

Fig.  11.  Neniachilus  barbatulus.  Face  ventrale  de  la  vessie  natatoire,  gross. 
8  diamètres,  a  pont  osseux  de  réunion  des  deux  spbères  d,  b  [)rolongements 
osseux  antérieurs,  c  apo|)byse  postérieure  ilu  basi-occipital.  e  première  côte, 
/■  colonne  vertébrale,  g  seconde  côte. 

Fig.  12.  Nemachihis  barbatulus.  Face  latérale  de  la  vessie  mitatoire.  Gross. 
8  diamètres,  a  ouverture  latérale,  b  première  côte,  c  vessie  osseuse,  d  pro- 
longement o.sseux  du  basi-occipital.  e  colonne  vertébrale.  /'  seconde  côte, 
g  apophyses  é|)ineuses  des  premières  vertèbres. 

Fig.  13.  Neniachilus  barbatulus.  (^oupe  horizontale  [)assant  par  le  pont  osseux 
qui  relie  les  deux  sphères  de  la  vessie.  Verick.  oc.  1,  obj.  0.  a  cavité  de 
chaque  sphère,  b  canal  de  réunion  des  deux  cavités,  e  pédoncule  de  la  vési- 
cule d,  e  tissu  conjonctif  environnant  la  vésicule,  /'  capsule  osseuse,  g  cap- 
sule membraneuse,  h  rein. 


R.-v  Suisse  de  Zool.T.U.  1894. 


'Inmlie.Wl. 


^    "^  - 


M.i>aqu<^'     •    Locht 


TAFKL  XIX 

i-'h.UliKNKKKI.^RUNG 

hs  =  Bauchsaugnapf. 

d  =  Darm. 

ebl  =  Endblase. 

ept  =  Epithel  der  Blaseiiwand. 

exp  =  Excretioiisporus. 
hhst  ==  hinterer  Haupfstaniiii. 

Ibls  =  linker  Blasenscheiikcl. 

Id  =  linker  Darmschenkel. 

Ihhst  =  linker  hinterer  Hauplslamm 

(klp  —  liiike  Kiappe. 

Iklpv  =  linke  klappenartige  Vorrifhtung. 
Isgf  =  linkes  Sainmelgefâss. 

Isk  =^  linker  Samrneikanal. 

Ismlb  =  linkes  Sanimelbecken. 

Ivhst  =  linker  vorderer  Hanplslanim. 

ms  =  Mundsaugnapf. 

rbls  =  rechter  Blasenschenkel. 

rd  =  rechter  Darnjschenkel. 

rhvst  =  rechter  vorderer  Hauptstainm. 

rklp  =  rechte  Kiappe. 

rklpv  =  rechte   klappenartige  Vorrichtung. 

rsk  =  rechter  Samrneikanal . 

rsgf  =^  rechtes  Sarnmelgefâss. 

rsmlb  ==  rechtes  Sammelbeckon. 

sgf  =  Sammelgefâss. 

sk  ==  Samrneikanal. 

vhst  =  vorderer  Hauptstamm. 

Fig.  1.  Distomum  isostomum.  Nacli  deni  Leben. 

Fig.  2.  Distomum  isostomum.  Schematisch. 

Fig.  3.  Distomum  isostomum.  Ser.  XI. 

Fig.  i.  Distomum  isostomum.  Ser.   X. 

Fig.  o.  Distomum  isostomum.  Sor.  0. 


Rcv  Smsse  de  Zool  T. M.  IS9^. 


Pi  XLX. 


l'kst 

b.s 


l.v.hst 

Ismlb 

Iklp 
ihhst- 


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Ismlb- 
Iklp  - 

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f' 


hhst 


'ipmann  àtl. 


K.  Kanipiiicum.      Trenialodoii 


TAFEL  XX 

KlGURKNERKL^.RUNG 

bs  =  Bauclisauguajtf. 
d  =  Darin. 
ebl  =  Eiulblase. 
ept  =  Epithel  rler  Blasenwaiid. 
exp  =  Excretioiis[)oru,s. 
hhst  =  hinteier  Hauptstamui. 
Ibis  =  liiiker  Blasenschenkol. 
Id  =  linker  Darmschenkel. 
Ihhst  =  liiiker  hinterer  Hanptstaruni 
Iklp  =  liiike  Klappe. 
Iklpv  =  linke  klappenartige  V'orrichtung. 
Isgf  r=  linkes  Sammelgofass. 
Isk  =  linker  Saiiimelkaiial. 
Ismlb  =  linkes  Sanimelbeckeii. 
Ivhst  =  linker  vorderer  Hauplstainni. 
VIS  =  Mnndsaugnapf. 
rblx  =  recliler  Blasenschenkel. 
)■(/  =  rechfer  Darmschenkel. 
rhvst  =  recliter  vorderer  Hauptstainm. 
rklp  =^  redite  Klappe. 
rklpv  =  rechte   klappenartige  Vorriclitung. 
rsk  =  recliter  Sammelkanal. 
rsgf  =  redites  Sammelgefâss. 
ysnilb  =  rechtes  Sammelbecken. 
sgf  =  Sammelgefâss. 
sk  =  Sammelkanal. 
rhst  =  vorderer  flauptstamm. 


Fig. 

ti-9. 

Distomum  mentulatuni 

.Nach  dem  Leben. 

Fig. 

10. 

Distomum  signatum. 

Nacli  dem  Leben. 

Fig. 

11. 

Distomum  cirrigerum . 

Fig. 

12. 

Distomum  cirrigerum. 

Ser.  V  b. 

Fig. 

i:i 

Distomum  cirrigerum. 

Ser.  VIII. 

Fig. 

14. 

Distomum  clavigerum. 

Nach  Total  prâparat 

Fig. 

15. 

Distomum  clavigerum. 

iSach  dem  Leben. 

Fig. 

K). 

Distomum  clavigerum. 

Ser.  VI. 

Fig. 

17. 

Distomum  clavigerum. 

Ser.  IV. 

Fig. 

18. 

Distomum  clavigerum. 

Ser.  VI. 

Kig. 

19. 

Distomum  endolobum. 

Fig. 

20. 

Distomum  endolobum. 

Ser.  VIII. 

Fig. 

21. 

Distomum  endolobum. 

Ser.  I. 

Fig. 

22. 

Distomum  endolobum. 

Ser.  II. 

Fig. 

23. 

Distomum  endolobum. 

Ser.  XVI 

!W  Siiissi'  dcZool.  T.n^  ISfl', 


PI  XX 


■Sljf 

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K.Kampnuniii       ''-eniatodei 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XXI 

r  =  canal  traversant  la  partie  supéripure,  pédonculée,  de  la  larve. 
ec  =  ectoilerme. 
en  =  entoderme. 

ens  =  lamelle  supérieure  de  lentoderme. 
ep  =  épaississement  de  rentoderme. 

f  =  fente  située  entre  les  deux  lamelles  de  l'entodernie,  à  la  partie 
basale  de  la  larve. 

(j  =  bourgeon  représentant  le  premier  gastrozoïde. 

/  =  lamelle  de  soutien. 

p  =  bulles  d'air  remplissant  la  cavité  pneumatophore. 
pu  =  cavité  [)neumatophore. 
sa  =  substance  transparente. 

t  =  bourgeon  représentant  le  premier  tentacule. 

Kig.  1.  Larve  de  Velelle.  Gross.  X  92. 

Fig.  2  et  3.  Coupes  longitudinales  de  la  larve.  Gross.  X  1?>(). 

Fig.  4  et  5.  Coupes  longitudinales  de  la  larve.  Gross.  X  130. 


Rev.  Suisse  de  Zoo/  TU  /SS4. 


PLXXl. 


M  FicLei.  del. 


Ed.  OUyaniare.Uih. 


M.BedoL.    \eloIla 


EXPLICATION  DE  LA  PLANCHE  XXII 

Kij^.   1.  Ifl,  [b.  Peltastes  Favrei  P.  de  Loriol,  de  grandeur  naturelle.  Fig,  le' 

id,  le,   grossissements  du  même  individu.  Fig.   if,  tubercule  interambula 

craire  grossi.  Fig.  ig,  paire  de  pores  grossie. 
Fig.  2,  2a,  26.    Poropeltaris  smlptopunctata   Quenstedt.    Grandeur    naturelle. 

Fig.  2c,  2d,  2e,  grossissements  du  même  individu.  Fig.  2/'.  tubercule  inter- 

ambnlacraire  grossi. 

Fig.  :i,  3a,  36.  Hemipygus  Rochati  P.  de  Loriol.  Grandeur  naturelle.  Fig.  3c, 
3rf,  3e,  grossissements  du  même  individu.  Fig.  3/",  paire  de  pores  grossie. 

Fig.  4,  4a.  Pentagonaster  Picteti  P.  de  Loriol,  de  grandeur  naturelle,  vu  sur 
l'une  des  faces  et  sur  l'autre.  Fig.  46,  4c,  le  même  vu  sur  deux  de  ses  faces 
latérales.  Grandeur  naturelle.  Fig.  4rf.  4e,  4/",  plaques  marginales  grossies. 


R,,:  Siusse  Je  Zool  TH.  /SP^f 


/y  xi/r 


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P.  de  Loriol.  Echinodermes. 


Imp  Jules  Rey.- Genève. 


EXPLlCATlOxX  DE  LA  l'LA.NCHK  XXIII 

Fig.  i.  Àstropecten  Carroni  P.  de  IjOriol.  Kmpreiiile  de  la  face  ventrale,  de 
grandeur  naturelle.  Fig.  la,  moule  en  pLître  de  ce  creux  donnant  à  eette 
face  ventr;de  son  aspect  réel.  Fig.  ih,  pièces  ambniacraires  grossies,  prises 
sur  le  creux.  Fig.  le.  fraiimenl  de  bras  grossi,  pris  sur  le  relief,  le  long  du 
sillon  ambulacraire;  les  plaques  marginales  allongées  en  dehors,  séparées  des 
plaques  ambniacraires  par  qnehjues  petites  plaques  ventrales. 

Fig.  2.  2a.  Stichaster  Siiteri  P.  de  Loriol,  de  grandeur  naturelle.  Fig.  26,  côté 
vertical  de  l'un  des  bras,  grossi,  «  plaques  marginales,  b  plaques  du  squelette 
dorsal  avec  un  tubercule.  Fig.  2r,  face  ventrale  du  bras,  fragment  grossi, 
a  plaques  marginales,  b  piquants  ambniacraires.  Fig.  2d,  plaques  adambu- 
lacraires  avec  leurs  facettes,  sur  lesquelles  s'articulent  les  piquants  ambu- 
lacraires.  Fig.  2e,  tond  du  sillon  ambulacraire,  grossi.  Fig.  2/',  fragment  de 
la  face  dorsale  d'un  bras,  pris  sur  la  ligne  médiane,  grossi.  Fig.  'Èg,  fragment 
de  la  face  dorsale  du  disque,  grossi.  Fig  2/i,  plaque  madréporiforme,  entourée 
d'un  cercle  de  tubercules,  grossie.  Fig.  i,  j,  tubercule  grossi.  Fig.  l-,  /,  pédi- 
cellaire  grossi. 


fis-r.  Suisse  de  2ccl  T.  If  /S ^4 


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Almei,  del  &  luA/. 


P  de  J.oriol.  Echinodermes. 


Imp,  Jules  Rej  .Genève. 


EXPrJCATIO.N  DE  I.A   PLANCHE  XXIV 


Fig.  1,  la.  Antedon  Arnaudi  P.  de  Loriol.  l'ièce  fentro-dorsale  de  grandeur 
aattirelle,  vue  de  profil  et  sur  la  face  dorsale. 

F\'^.  "2.  Autre  exemplaire  de  la  même  espèce,  pièce  centro-dorsale  un  peu  moins 
conique,  de  i;randeur  naturelle.  Fig.  2a,  la  même,  vue  sur  sa  face  ventrale, 
grossie;  on  distingue  une  des  pièces  basa  les  encore  en  |)lace,  elle  est  repré- 
sentée grossie,  lig.  26.  Fig.  2c,  la  nième  vue  de  profil,  grossie.  Fig.  2d, 
facette  articulaire  d'un  cirre,  grossie. 

Fig.  .1.  Anledon  carentonensis  P.  de  Loriol.  (^nlice  avec  le  premier  anneau 
radial,  de  grandeur  naturelle.  Fig.  '.Ui,  'M),  3c,  le  même,  grossi. 

Fig.  4.  Apiocnnm  chainphttensis  P.  de  Loriol,  di'  grandeur  naturelle.  Fig.  4rt, 
Tune  des  |)ièces  basales  de  grandeur  naturelle;  les  cinq  n'ont  pas  toutes 
e.xactement  la  même  hirgenr. 

Fig.  5,  Ort,  o6.  Millericrinus  hurgundicus  P.  de  l.,()ri(il.  Calice  avec  le  premier 
aiuieau  radial,  de  grandeur  naturelle,  vu  sm-  ses  Irois  faces.  Fig.  '\c,  l'une 
des  pièces  basales.  de  grandeur  naturelle. 

Fig.  (5.  Autre  calice  plus  grand  de  la  même  espèce,  de  grandeur  naturelle. 
Fig.  (ifl,  pièce  basale  du  même,  de  grandeur  naturelle. 

Fig.  7.  Article  basai  rapporte  à  la  même  espèce  .et  semblable  à  celui  qui  a  été 
représenté  dans  la  Paléontologie  française,  encore  enfoncé  dans  TaiHieaubasal 
d'un  calice  {loc.  cit.).  Grandeur  naturelle. 

Fig.  8,  8a.  Hl).  Millericrinus  lieincn.si.s  P.  de  l^oriol.  Calice  avec  le  premier 
anneau  radial,  da  grandeur  naturelle.  Fig.  Hc.  pièce  basale  du  même,  de 
grandeur  naturelle. 

Fig.  9.  Autre  calice  de  la  même  espèce,  de  grandeur  n.durelle.  Fig.  9a,  pièce 
basale  du  même,  de  grandeur  naturelle. 

Fig.  10,  lOrt.  Article  basai  rapporté  à  celte  espèce,  qui  devait  êl  e  peu  distinct 
au  deliors;  il  a  déjà  été  ligure  dans  la  Paléontologie  française  {loc.  cit., 
pi.  94,  lig.  o)en  le  rapportant  à  tort.  me. paraît-il  maiideuant.  au  Mill.  bur- 
(fundicu.s.  Grandeur  naturelle. 

Fig.   11.  Millericrinus  mespiliformis  Scbl.  Calice  de  grandeur  naturelle. 

Fig-  12.  Pentacrinus  Leuthardi  P.  de  Loriol.  Calice  vu  sur  la  face  dorsale, 
grossi  entre  3  et  4  fois.  On  dislingue  au  centre  les  cinq  pièces  basales.  Les 
pointes  des  premières  pièces  radiales  sont  plus  ou  moins  brisées.  Fig.  12a, 
pièces  basales  et  pièces  infrabasales  en. place,  fortement  grossies. 

Fig.  13.  (^alice  de  la  même  espèce  avec  un  fragment  de  tige,  grossi.  Les  pièces 
sont  un  peu  déplacées;  les  premières  radiales  sont  intactes.  Fig.  13fl,  frag- 
ment de  tige  pris  au  sommet  du  même  exemplaire,  plus  grossi. 

Fig.  14.  Fragment  de  bras  de  la  même  espèce,  de  grandeur  naturelle. 

Fig.  lo.  Fragment  de  tige  de  grandeur  naturelle.  Fig,  15«,  facette  articulaire 
gro.ssie. 
Fig. 16.  Fragment  de  tige  éloigné  du  calice,  grossi. 

Fig.  17.  Fragment  de  cirre  grossi. 

Les  originaux  des  (ig.  12  à  17  se  trouvent  sur  deux  fragments  d'une  même 

pbujue. 


Rev.  Suisse  de  Zûol  TH.  /SM. 


FI  XXIF. 


P.  de  Loriol.  Echinodermes 


Imp.  Jules  Rey.  Genève. 


ANNALES 

DU 

MUSÉE  D'HISTOIRE  NATURELLE 

DE     ' 

GENÈVE 

PUBLIÉES     SOUS    LA    DIRECTION     DE 

Maurice    BEDOT 

DIRECTEUR      DU      MUSÉE      D'HISTOIRE      NATURELLE 

AVEC   LA   COLLABORATION   DE 

MM.  Auguste  Brot,  Alfred  Cartier,  Victor  Fatio, 

PeRCEVAL    DE    LORIOL,    ALPHONSE    PiCTET,    HeNRI    DE    SaUSSURE 

et  Carl  Vogt 

Membres  de  la  Commission  du  Masée 

TOME  II 

Avec    24    planches    et    1     portrait 


GENÈVE 

IMPKIMEKIE   AUBERT-SCHUCHARDT 
1894 


CONDITIONS  DE  PUBLICATION  ET  DE  SOUSCRIPTION 

La  Revue  suisse  de  Zoologie  paraît  par  fascicules  sans 
nombre  déterminé  et  sans  date  fixe,  mais  formant  autant  que 
possible  un  volume  par  année. 

Les  auteurs  reçoivent  gratuitement  50  tirages  à  part  de 
leurs  travaux.  Lorsqu'ils  en  demandent  un  plus  grand  nombre, 
ils  leur  sont  livrés  au  prix  de  revient,  à  la  condition  cepen- 
dant de  ne  pas  être  mis  en  vente. 

Le  prix  de  souscription  est  fixé  à  40  fr.  par  volume,  pour  la 
Suisse,  et  à  43  fr.  pour  les  autres  pays  de  l'union  postale. 

Les  demandes  d'abonnement  doivent  être  adressées  au  di- 
recteur de  la  Revue  ou  à  rim})rimerie  Aubert-Schuchardt,  rue 
de  la  Pélisserie  18,  Genève. 


C.  PICTET  ET  M.  BEDOT 

compte  rendu  scientifique 
d'un  voyage  dans  l'archipel  malais 


PARTIE    GENERALE 

Eu  vente  i\  la  librairie  Cheibaliez,  à  Genève. 


Les  mémoires  formant  la  partie  spéciale  sont  publiés  dans  la  Revue 
Suisse  de  zoologie. 

Ont  déjà  paru  : 

C.  PiCTET.        Hydr aires  de  la  Baie  d'Amhoine.  Av.  ?,  pi. 

C.  Émery.        Formicides  de  l'Archipel  Malais.  Av.  1  pi. 

E.  Simon.         Arachnides  de  l'Archipel  Malais. 

P.  DE  LoRiOL.  Échinodermes  de  la  Baie  d'Amhoine.  Av.  3  pi. 

L.  JouBiN.        Céphalopodes  d'Amhoine,  Av.  4  pi. 

L.  Zehntner.  Crustacés  de  l'Archipel  Malais.  Av.  3  pi. 


REVUE  SUISSE  DE  ZOOLOGIE 

ANNALES    DU   MUSÉE    D'HISTOIRE   NATURELLE    DE    GENÈVE 

Tome  I.   189S.  Avec  17  planches. 

TABLE  DES  MATIÈRES 

M.  Hi'.DiiT.  Caiiiille  l'icfet.  Note  nécrologique.  —  C.  Pic.tkt.  Hydraires  de  la 
baie  d'Am!  oine.  avec  :{  pi.  —  E.  Bkrankc.k.  Embryogénie  et  liistologie  de  l'œil 
des  Alciopides,  avec  I  pi.  —  A.  Locard.  Les  Dreissensia  du  système  européen, 
avec  3  pi.  —  C.  Émery.  Formicides  de  l'Archipel  Malais,  avec  1  pL  —  M.  Bkdot. 
Revision  de  la  famille  des  Forskalidse.  —  E.  Bkranec.k.  Embryogénie  de  la 
glande  pinéale  des  Amphibiens,  avec  3  pi.  —  H.  de  Saussure.  Revision  de  la 
tribu  (les  Hètérogamiens.  —  E.  Simon.  Arachnides  de  l'Archipel]  Malais.  — 
G.  DU  Plessis.  Organisation  et  genre  de  vie  de  VEmea  lacustris,  îNémerlien  des 
environs  de  Genève,  avec  1  pi.  —  P.  de  Loriol.  Échinodermes  de  la  baie 
irAmboine,  avec  3  pi.  —  E.  André.  Anatomle  et  physiologie^des  Ancylus 
lacustris  et  fluviatUis,  avec  I  pi.  —  E.  Béraneck.  Organe  auditif  des  Alciopides. 
avec  1  pi. 


Tome  II.  1894.  Avec  ^4  planches  et  1   portrait. 

TABLE  DES  MATIÈRES 

M.  Bedot.  Hermann  Fol,  sa  vie  et  ses  travaux,  avec  i  portrait.  —  L.  Joubi.n. 
Cépb  ilo[)odes  d'Amboine.  avec  4  pi.  —  A.  Licard.  Les  Bi/</»Mta  du  système 
européen,  avec  2  pi.  —  L.  Zehxtner.  Crustacés  de  l'Archipel  Malais,  avec  3  pi. 

—  0.  FuHRMANiN.  Die  Tnrl)ellarien  der  Umgebung  von  jBasel,  avec  2  pi.  — 
E  André.  Recherches  sur  la  glande  pédieuse  des  Pulmonés,  avec  2  pi.  — 
F.  Zschokke.  Die  Thierwelt  dev  Juraseen,  avec  1  pi.  —  E.  Béraneck.  Quelques 
stades  larvaires  d'un  Cbétoptère,  avec  1  pi.  —  H.  de  Saussure'cI  L.  Zehntner. 
Notice  morphologique  sur  les  Gryllotalpiens,  avec  2  pi.  —  M.  Jaquet.  Recher- 
ches sur  la  vessie  natatoire  des  Loches  d'Europe,  avec  1  pi.  —  K.  Kamp.viann. 
Ueber  das  Vorkommen  von  Klappenapparaten  in  den  Excretionsorganen  der 
Trematoden,  avec  2  pi.  —  M.  Bedot.  Note  sur  une  larve  de  Velelle,  avec  1  pi 

—  P.  DE  LoRiOL.  Notes  pour  servir  à  l'étude  des^F-lchinodermes,  avec  3  pi. 


Voir  au  verso  de  la  couverture  les  conditions  d'abonnement. 


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5   WHSE  04830